Carnet d'information du logement : une obligation sans sanction, et pourquoi il faut la tenir quand même
Les pages du sujet récitent l’obligation. Aucune ne dit qu’elle n’est assortie d’aucune sanction, ni pourquoi il faut la tenir quand même — ce qui est derrière une cloison ne se prouve que par un document.
AUCUNE SANCTION, ET POURTANT
Le carnet ne demande pas de produire. Il demande de ne pas jeter.
Devis, factures, notices, attestations : tout ce qu’il contient arrive de toute façon entre vos mains. Le tenir coûte zéro euro.
- Obligatoire pour les demandes d’autorisation déposées depuis le 1er janvier 2023
- Cinq familles de travaux le déclenchent, de la toiture aux systèmes
- Le propriétaire l’établit ; les constructeurs se contentent de transmettre
- Remis à l’acquéreur au plus tard à l’acte authentique
OBLIGATOIRE DEPUIS
01/01/2023
SANCTION PRÉVUE
Aucune
TRAVAUX RÉALISÉS
35 000 €
PART INVÉRIFIABLE
25,7 %
CE QUE LA PREUVE DÉFEND
10 800 €
COÛT DU CARNET TENU
0 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le carnet est requis pour les logements neufs et pour ceux dont les travaux d’amélioration de la performance énergétique ont fait l’objet d’une demande d’autorisation déposée à compter du 1er janvier 20231. Cinq familles de travaux le déclenchent, et le texte les nomme2.
« Le propriétaire du logement » en assure l’établissement et la mise à jour, et il le transmet à l’acquéreur « au plus tard à la date de la signature de l’acte authentique »1.
Aucune sanction n’est prévue. Le coût de l’oubli n’est donc pas une amende : c’est l’impossibilité de prouver, cinq ans plus tard, ce qu’on a mis dans les murs.
Peu d’obligations immobilières auront été aussi discrètement ignorées. Le carnet d’information du logement existe depuis trois ans, il concerne une part croissante du parc, et la plupart des propriétaires qui y sont tenus n’en ont jamais entendu parler.
Cela s’explique : aucun texte ne prévoit d’amende, aucun contrôle n’est organisé, et rien ne bloque la vente d’un logement qui n’en a pas. On pourrait en conclure que le sujet ne mérite pas quinze minutes de lecture. Ce guide soutient l’inverse, pour une raison qui n’a rien de juridique.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Ludovic, 43 ans, technicien fibre à Amiens, qui rénove en 2024 une maison estimée 180 000 € et classée D : 9 000 € d’isolation des combles, 14 000 € de menuiseries et 12 000 € pour une pompe à chaleur. Sa déclaration préalable ayant été déposée après le 1er janvier 2023, il est tenu au carnet. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.
Quels logements et quels travaux sont concernés ?
Deux situations très différentes — l’une où l’on construit, l’autre où l’on améliore —, et une seule date qui les commande toutes les deux.
La première est la construction neuve. La seconde est la rénovation, lorsque les travaux améliorent la performance énergétique du logement1. Dans les deux cas, l’obligation se déclenche lorsque la demande de permis de construire ou la déclaration préalable est déposée à compter du 1er janvier 2023.
Ce point de départ mérite d’être retenu tel qu’il est écrit. Ce n’est ni la date des travaux, ni celle de la facture, ni celle de l’achèvement : c’est celle du dépôt de la demande d’autorisation. Un chantier réalisé en 2024 sur une déclaration déposée en décembre 2022 échappe donc à l’obligation.
Le champ des logements est large : locaux destinés à l’habitation et leurs annexes, y compris les logements-foyers, les chambres de service et les locations meublées1. Un investisseur qui rénove un studio meublé y est tenu au même titre qu’un propriétaire de maison.
Le point de vigilance. Beaucoup de travaux de rénovation énergétique se font sans autorisation d’urbanisme — une isolation intérieure, un changement de chaudière, une pompe à chaleur intérieure n’en réclament aucune. La lettre du texte lie l’obligation au dépôt d’une demande. En pratique, le doute se règle simplement : tenir le carnet ne coûte rien, et se demander si l’on y est tenu coûte plus de temps que de le faire.
Cinq familles de travaux, et rien d’autre
La liste est fermée. C’est confortable. Elle suit d’ailleurs la logique thermique du bâtiment, en traitant l’enveloppe avant les systèmes, ce qui la rend facile à retenir pour qui a déjà mené un chantier de rénovation énergétique et sait dans quel ordre les postes s’enchaînent.
- L’isolation thermique des toitures ou des combles. C’est la première ligne du texte, et ce n’est pas un hasard : c’est aussi le poste dont la performance est la plus difficile à vérifier après coup.
- L’isolation des murs donnant sur l’extérieur, façades, pignons, ou parois séparant une zone chauffée d’une zone qui ne l’est pas.
- Le remplacement ou l’amélioration des parois vitrées et des portes.
- L’isolation des planchers bas, sur terre-plein, sur vide sanitaire ou sur cave non chauffée.
- Les systèmes de chauffage, de refroidissement et d’eau chaude sanitaire — installation, régulation ou remplacement, y compris les raccordements aux réseaux et les circuits de distribution2.
Chez Ludovic, trois des cinq familles sont concernées : combles, menuiseries et pompe à chaleur. Un seul chantier suffisait, il en a fait trois.
Une précision utile pour un bailleur : ces travaux relèvent, du point de vue fiscal, de l’amélioration et non de l’agrandissement, puisqu’ils ne créent aucune surface. Ils se déduisent donc des revenus fonciers au régime réel, comme l’expose notre guide sur l’imputation du déficit foncier — et les factures qui servent à cette déduction sont exactement celles qui alimentent le carnet. Un expert-comptable les réclame déjà ; il suffit de les ranger deux fois.
Notre guide sur la déclaration préalable de travaux traite la question voisine de l’autorisation d’urbanisme, qui commande la date de déclenchement sans se confondre avec elle.
Que doit contenir le carnet ?
Trois blocs, dont le troisième est celui qui fait toute la valeur du document au moment où l’on doit s’en servir.
Les travaux eux-mêmes. Pour une rénovation, le carnet mentionne « les dates et la description des travaux »1. Pour une construction, il porte les plans et les schémas des réseaux d’eau, d’électricité, de ventilation et de chauffage.
Les matériaux et les équipements. Le texte réglementaire vise l’isolation de la toiture, celle des murs donnant sur l’extérieur, celle des parois vitrées et portes, celle des planchers bas, ainsi que les systèmes ayant « une incidence directe sur la performance énergétique »3. Et il ne se contente pas de la nature des travaux : il demande leurs caractéristiques — nature de l’isolant, résistance thermique, épaisseur pour les matériaux, marque, modèle et classe énergétique pour les équipements2.
Les documents attestant la performance. Diagnostic de performance énergétique, attestations réglementaires thermiques, certifications et labels, audits énergétiques3. Les justificatifs d’entretien des systèmes peuvent s’y ajouter, à titre facultatif.
Notez que rien de tout cela ne se fabrique. Ce sont des documents que le propriétaire reçoit de toute façon — devis établis avant le chantier, factures acquittées après, notices glissées dans les cartons d’emballage des équipements, attestations que les artisans remettent à la réception parce qu’un texte le leur impose déjà —, si bien que la totalité du contenu exigible transite entre ses mains sans qu’il ait la moindre démarche à entreprendre pour l’obtenir. Le carnet ne demande pas de les produire. Il demande de ne pas les jeter.
Le propriétaire, et personne d’autre
La répartition des rôles est nette, et elle place la charge là où on ne l’attend pas toujours — sur celui qui n’était pas sur le chantier.
« Le propriétaire du logement » assure l’établissement et la mise à jour du carnet1. Les constructeurs, eux, lui transmettent les éléments nécessaires à la réception des travaux — ils alimentent, ils ne tiennent pas.
Autrement dit, un artisan qui remet ses attestations a rempli son obligation. Si le propriétaire les range dans un tiroir sans les rassembler, le carnet n’existe pas, et personne d’autre ne le constatera.
Le format est prescrit : les éléments se transmettent « dans un format numérique répondant à un standard ouvert »1. Un dossier de fichiers PDF nommés lisiblement y répond. Aucune plateforme, aucun abonnement, aucun outil particulier n’est imposé.
Quand le carnet passe-t-il à l’acquéreur ?
À la vente, et le texte prend soin de fixer une échéance précise là où il aurait pu se contenter d’une obligation vague.
Le carnet est transmis à l’acquéreur « au plus tard à la date de la signature de l’acte authentique »1.
Deux observations pratiques en découlent.
La première est que l’échéance tombe après la négociation, c’est-à-dire au moment où elle ne peut plus rien peser sur le prix convenu. Le carnet n’est donc pas, comme le diagnostic de performance énergétique ou l’audit énergétique, une pièce du dossier qui pèse sur le prix. Notre guide sur l’audit énergétique obligatoire à la vente décrit ce qui se joue en amont, quand le prix se discute encore.
La seconde est que rien n’interdit — et tout conseille — de le communiquer bien plus tôt. Un vendeur qui remet un carnet complet dès la visite ne se conforme pas seulement à une obligation future : il apporte la preuve de ce qu’il annonce, au moment exact où cette preuve a de la valeur.
Que risque-t-on à ne pas l’établir ?
Rien. Absolument rien, au sens administratif du terme. Il faut le dire clairement, parce que beaucoup de pages du sujet laissent planer un doute qui n’a pas lieu d’être.
La section du code qui organise le carnet ne prévoit aucune amende, aucune astreinte, aucune sanction. Aucune autorité n’est chargée de vérifier son existence, et l’absence de carnet ne bloque ni une vente, ni une mise en location.
Ce constat en appelle un second, qui est le véritable sujet de ce guide. Une obligation sans sanction n’est pas une obligation sans conséquence — elle est une obligation dont la conséquence est commerciale plutôt que réglementaire.
Le vendeur qui ne peut rien produire ne paie pas d’amende. Il négocie sans preuve, et c’est infiniment plus cher.
Il faut d’ailleurs mesurer ce que l’absence de sanction révèle du texte. Le législateur n’a pas voulu créer une formalité de plus, contrôlée et punie ; il a voulu que l’information suive le logement, parce que c’est elle qui manque à chaque mutation. Le carnet n’est donc pas conçu comme une contrainte imposée au propriétaire, mais comme un actif constitué à son profit et transmis avec le bien. Un propriétaire qui le comprend ainsi le tient volontiers ; celui qui n’y voit qu’une obligation de plus ne le tient pas, et il a tort pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le droit.
Reste que l’absence de sanction n’exclut pas tout recours. Un acquéreur qui n’a pas reçu le carnet dispose d’un manquement contractuel à faire valoir, et la question se règle alors entre les parties plutôt que devant une administration. Elle se règle mal, tardivement, et pour des montants sans rapport avec l’effort qu’aurait demandé un dossier tenu à jour.
Ce que Ludovic peut prouver, et ce qu’il ne peut pas
Ses trois chantiers de 2024 ont coûté des sommes comparables, mais ils ne se valent pas du tout devant un acheteur de 2029, parce que deux d’entre eux se constatent d’un coup d’œil et que le troisième a disparu.
Deux postes se voient, un troisième a disparu derrière une plaque de plâtre
| Travaux | Montant | Constatable sans document |
|---|---|---|
| Menuiseries | 14 000 € | Oui — elles se voient et se touchent |
| Pompe à chaleur | 12 000 € | Oui — la marque figure sur l’appareil |
| Isolation des combles | 9 000 € | Non |
| Total | 35 000 € | 26 000 € sur 35 000 € |
Les 9 000 € d’isolation représentent 25,7 % du budget, et c’est exactement la part que personne ne peut vérifier. Un acheteur voit une trappe et de la laine ; il ne voit ni la résistance thermique, ni l’épaisseur, ni la nature de l’isolant — c’est-à-dire les trois caractéristiques que le carnet demande précisément de consigner2.
Un diagnostiqueur qui établit le diagnostic de performance énergétique sans justificatif retient des valeurs par défaut, plus prudentes que la réalité. Le logement est alors classé pour ce qu’on peut prouver, non pour ce qu’il vaut.
Cette mécanique dépasse le seul cas de la vente, et elle concerne au premier chef un bailleur. Une classe énergétique commande aujourd’hui le droit même de louer, selon un calendrier que notre guide sur le bailleur d’une passoire thermique détaille. Un propriétaire qui a réellement isolé mais ne peut pas le prouver se retrouve donc classé plus bas qu’il ne le mérite, avec les conséquences locatives qui vont avec — et il devra refaire mesurer ce qu’il a déjà payé.
Ce que la preuve défend au moment de vendre
Une classe énergétique. C’est peu à dire. C’est beaucoup à encaisser.
La maison de Ludovic vaut 180 000 € en classe D. Si les travaux documentés la font passer en classe C, et en retenant une valeur verte de 6 % entre deux classes voisines, elle vaut 190 800 €.
L’écart est de 10 800 €, soit 30,9 % du montant total des travaux qu’il a engagés — de sorte que près d’un tiers de ce qu’il a dépensé en 2024 pour améliorer sa maison ne se retrouvera dans son prix de vente qu’à la condition qu’il soit encore capable, cinq ans plus tard, de sortir trois documents d’un dossier. Un tiers du chantier. Pour un dossier.
Le carnet ne coûte rien : tout écart de prix est un gain net
| Valeur verte | Écart de prix | Rapport au coût d’une reconstitution |
|---|---|---|
| 3 % | 5 400 € | 7 fois |
| 6 % | 10 800 € | 14 fois |
| 10 % | 18 000 € | 23 fois |
La colonne de droite compare l’écart de prix aux 800 € qu’il faudrait dépenser pour faire établir un audit de reconstitution cinq ans après les travaux. Encore cet audit ne rendrait-il pas tout : il constaterait un état, sans pouvoir attester ce qui a été posé ni quand.
Tenir le carnet au fil de l’eau, lui, ne coûte rien. Les documents arrivent seuls ; il suffit de ne pas les perdre. C’est le rapport coût-bénéfice le plus favorable que nous connaissions dans la gestion d’un bien.
Une objection mérite d’être levée, parce qu’elle vient toujours : à quoi bon documenter une isolation si l’acheteur ne demande rien ? La réponse tient à qui pose la question. Un acquéreur qui achète pour habiter regarde la cuisine et la lumière, et ne réclamera peut-être jamais une résistance thermique. Un investisseur, lui, part du diagnostic de performance énergétique parce qu’il commande le droit de louer, et il en tire son prix. Or c’est précisément ce second acheteur qui négocie le mieux — et le seul contre lequel un dossier vaut quelque chose.
Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant
Aucun ne se produit au moment des travaux. Tous se découvrent des années après, quand il est trop tard pour y remédier.
Jeter les factures une fois le chantier réglé. C’est l’incident fondateur : 9 000 € d’isolation deviennent invérifiables, soit 25,7 % du budget de travaux, et le classement du logement se fait sur des valeurs par défaut. Le geste qui l’évite consiste à créer un dossier avant le premier devis, pas après la dernière facture.
Conserver les factures sans les caractéristiques. Une facture qui mentionne « isolation des combles, 9 000 € » ne prouve rien de thermique. Le texte demande la nature de l’isolant, sa résistance et son épaisseur — trois lignes que l’artisan fournit sur demande à la fin du chantier, et qu’il ne retrouvera plus cinq ans après.
Croire qu’une absence de sanction vaut absence d’enjeu. Aucune amende n’est prévue, et l’écart de prix atteint pourtant 10 800 € sur le cas décrit, soit quatorze fois le coût d’une reconstitution partielle qui, elle, ne rendrait pas tout.
Attendre l’acte authentique pour le remettre. Le texte n’exige rien avant, mais un carnet remis après la négociation n’a défendu aucun prix. Remis à la visite, il transforme 35 000 € annoncés en 35 000 € établis.
Comment le tenir sans y penser ?
En quatre gestes, dont trois se font pendant le chantier — au moment où tout le monde est encore joignable — et un seul après.
- Créez le dossier avant le premier devis. Un dossier daté, sur un disque ou dans un espace partagé, portant le nom du logement. Tout ce qui arrive ensuite y va, sans tri ni classement — le tri se fera plus tard, la perte est irréversible.
- Demandez les caractéristiques à la commande, pas à la livraison. Nature de l’isolant, résistance thermique, épaisseur, marque et modèle des équipements. Un artisan les donne volontiers quand il établit son devis ; il les cherche moins volontiers six mois après.
- Réclamez les attestations à la réception. C’est le moment où le texte prévoit que les constructeurs transmettent les éléments, et c’est le seul où ils sont encore mobilisables.
- Rangez chaque diagnostic à mesure. Diagnostic de performance énergétique, attestations thermiques, audits éventuels. Ils appartiennent au carnet, et ils sont les plus faciles à retrouver puisqu’ils arrivent par courriel.
Une remarque sur l’outil, puisque la question vient toujours. Le format doit répondre à « un standard ouvert » : des fichiers PDF dans un dossier nommé lisiblement y répondent parfaitement. Un gestionnaire qui suit plusieurs biens gagnera à normaliser les noms de fichiers ; un propriétaire d’un seul logement n’a besoin de rien de plus qu’un dossier.
La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des investisseurs, et un sujet réglementaire se vend d’autant mieux qu’on agite une sanction. Il n’y en a aucune, et nous le disons dès la sixième section plutôt que de l’enfouir. Le carnet d’information du logement ne se tient pas pour éviter une amende qui n’existe pas : il se tient parce que 9 000 € d’isolation invisible se prouvent ou ne se prouvent pas, et que la différence vaut 10 800 € cinq ans plus tard. C’est le seul conseil de tout notre corpus dont l’application coûte exactement zéro euro.
Un tiers du chantier. Pour un dossier.
Les menuiseries se voient, la pompe à chaleur porte sa marque. L’isolation, elle, a disparu derrière une plaque de plâtre — et c’est 25,7 % du budget.
- Pourquoi un diagnostiqueur sans justificatif retient des valeurs par défaut
- Ce qu’une classe énergétique vaut selon la valeur verte du marché
- Ce que l’absence de sanction révèle de l’intention du texte
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur les logements concernés, la date de déclenchement, le contenu exigé, la transmission à l’acquéreur, l’absence de sanction et la façon de le tenir.
Un chantier de rénovation en cours ?
Créez le dossier avant le premier devis. Ce qui se perd, ce sont les documents qu’on n’a pas rangés le jour où on les a reçus.
Faire le point sur votre dossier01 · L’obligation
01Qu'est-ce que le carnet d'information du logement ?
Un dossier réunissant ce qui a été fait au logement en matière de performance énergétique : les dates et la description des travaux, les matériaux et équipements posés avec leurs caractéristiques, et les documents attestant la performance — diagnostic de performance énergétique, attestations thermiques, labels, audits. Il est établi pour les logements neufs comme pour ceux qui font l'objet de travaux d'amélioration énergétique, et il suit le logement lorsqu'il change de mains.02Depuis quand est-il obligatoire, et pour quels travaux ?
Pour les constructions et rénovations dont la demande de permis de construire ou la déclaration préalable a été déposée à compter du 1er janvier 2023. Ce point de départ est celui du dépôt de la demande, et non celui des travaux, de la facture ou de l'achèvement : un chantier réalisé en 2024 sur une déclaration déposée en décembre 2022 échappe à l'obligation. Cinq familles de travaux la déclenchent, de l'isolation de la toiture aux systèmes de chauffage.03Quels travaux déclenchent l'obligation ?
L'isolation thermique des toitures ou combles ; celle des murs donnant sur l'extérieur, façades, pignons ou parois séparant une zone chauffée d'une zone qui ne l'est pas ; le remplacement ou l'amélioration des parois vitrées et des portes ; l'isolation des planchers bas sur terre-plein, vide sanitaire ou local non chauffé ; et l'installation, la régulation ou le remplacement des systèmes de chauffage, de refroidissement et d'eau chaude sanitaire, raccordements et circuits de distribution compris.
02 · La tenue
04Qui doit établir et tenir le carnet ?
Le propriétaire du logement, et personne d'autre. Les constructeurs lui transmettent les éléments nécessaires à la réception des travaux : ils alimentent, ils ne tiennent pas. Un artisan qui remet ses attestations a rempli son obligation ; si le propriétaire les range dans un tiroir sans les rassembler, le carnet n'existe pas. Le format doit répondre à « un standard ouvert », ce à quoi des fichiers PDF dans un dossier nommé lisiblement satisfont parfaitement.05Quand le carnet doit-il être remis à l'acquéreur ?
« Au plus tard à la date de la signature de l'acte authentique. » L'échéance tombe donc après la négociation, ce qui distingue le carnet du diagnostic de performance énergétique ou de l'audit, qui pèsent sur le prix parce qu'ils circulent avant. Rien n'interdit toutefois de le communiquer plus tôt, et tout y conseille : remis dès la visite, il apporte la preuve de ce que le vendeur annonce au moment exact où cette preuve a de la valeur.
03 · L’enjeu
06Que risque-t-on à ne pas établir le carnet ?
Rien au sens administratif. La section du code qui l'organise ne prévoit ni amende, ni astreinte, ni sanction ; aucune autorité n'est chargée de vérifier son existence, et son absence ne bloque ni une vente ni une mise en location. Mais une obligation sans sanction n'est pas une obligation sans conséquence : celle-ci est commerciale. Le vendeur qui ne peut rien produire ne paie pas d'amende, il négocie sans preuve — et cela coûte beaucoup plus cher.07Concrètement, que vaut le carnet au moment de vendre ?
Ce qu'il permet de prouver. Sur le cas de ce guide, 9 000 € d'isolation des combles représentent 25,7 % du budget de travaux et sont la seule part qu'un acheteur ne peut pas vérifier : il voit une trappe et de la laine, mais ni la résistance thermique, ni l'épaisseur, ni la nature de l'isolant. Un diagnostiqueur sans justificatif retient des valeurs par défaut, plus prudentes que la réalité. Une classe d'écart, à 6 % de valeur verte, représente 10 800 € sur une maison de 180 000 €.
04 · En pratique
08Comment le tenir sans y consacrer de temps ?
En créant le dossier avant le premier devis plutôt qu'après la dernière facture. Trois gestes suffisent ensuite : demander les caractéristiques à la commande — nature de l'isolant, résistance, épaisseur, marque et modèle des équipements —, réclamer les attestations à la réception, quand les constructeurs sont encore mobilisables, et ranger chaque diagnostic à mesure qu'il arrive. Rien ne se fabrique : ces documents sont reçus de toute façon, le carnet demande seulement de ne pas les perdre.
Le seul conseil de notre corpus dont l’application coûte zéro euro.
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Sources et date de contrôle
Trois textes, relus au 26 août 2026 : la section du code de la construction qui institue le carnet et fixe sa transmission, les articles réglementaires qui en détaillent le contenu, et l'arrêté qui énumère les travaux déclencheurs et les caractéristiques à consigner.
- Source 01
Articles L. 126-35-2 à L. 126-35-11 du code de la construction et de l'habitation — carnet d'information du logement — Légifrance. Le carnet est établi pour les logements neufs et pour ceux faisant l'objet de travaux d'amélioration de la performance énergétique, lorsque la demande de permis de construire ou la déclaration préalable est déposée à compter du 1er janvier 2023. Le champ couvre les locaux destinés à l'habitation et leurs annexes, y compris logements-foyers, chambres de service et locations meublées. « Le propriétaire du logement » en assure l'établissement et la mise à jour, les constructeurs lui transmettant les éléments nécessaires à la réception des travaux. Le contenu comprend, pour une rénovation, « les dates et la description des travaux », et pour une construction les plans et schémas des réseaux ; s'y ajoutent les matériaux, les notices d'équipements et les documents attestant la performance énergétique. Les éléments sont transmis « dans un format numérique répondant à un standard ouvert ». Le carnet est remis à l'acquéreur « au plus tard à la date de la signature de l'acte authentique ». Aucune sanction n'est prévue dans la section. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 02
Arrêté du 27 décembre 2022 relatif au carnet d'information du logement — Légifrance. Fixe les travaux de rénovation ayant une incidence significative sur la performance énergétique, qui déclenchent l'obligation : isolation thermique des toitures ou combles, isolation des murs donnant sur l'extérieur — façades, pignons ou parois séparant une zone chauffée d'une zone non chauffée —, remplacement ou amélioration des parois vitrées et des portes, isolation des planchers bas sur terre-plein, vide sanitaire ou local non chauffé, et installation, régulation ou remplacement des systèmes de chauffage, de refroidissement et d'eau chaude sanitaire, y compris raccordements aux réseaux et circuits de distribution. Il impose de consigner les caractéristiques des matériaux — nature de l'isolant, résistance thermique, épaisseur — et celles des équipements, dont la marque, le modèle et la classe énergétique. Entré en vigueur le lendemain de sa publication, le 29 décembre 2022. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 03
Articles R. 126-32 à R. 126-34 du code de la construction et de l'habitation — contenu du carnet — Légifrance. R. 126-32 et R. 126-33 énumèrent les matériaux et équipements à documenter : isolation thermique de la toiture, des murs donnant sur l'extérieur, des parois vitrées et portes, des planchers bas, ainsi que les systèmes de chauffage, de refroidissement et d'eau chaude sanitaire ayant « une incidence directe sur la performance énergétique ». R. 126-34 énumère les documents attestant la performance énergétique qui doivent figurer au carnet : diagnostic de performance énergétique, attestations réglementaires thermiques, certifications environnementales et labels, audits énergétiques. Les justificatifs d'entretien des systèmes peuvent y figurer à titre facultatif. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
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