Passoire thermique : louer, rénover ou vendre en 2026 ?
Votre artisan annonce 29 000 € de travaux et vous trouvez la somme démesurée. Vous comparez la mauvaise chose : sans ces travaux, votre loyer ne baisse pas, il s’arrête. La rénovation n’achète pas 7 021 € de valeur verte, elle achète 88 818 € de loyers futurs.
AVANT DE SIGNER LE DEVIS
Ce que la rénovation achète n’est pas ce qu’on vous montre
Le gain de valeur verte vaut 7 021 € sur ce dossier. Les loyers préservés en valent 88 818 €. C’est le second chiffre qui décide, et presque personne ne le calcule.
- Le calcul du flux locatif préservé
- Le reste à charge net d’aide et d’impôt
- Le plafond majoré, et quand il ne sert à rien
- Les quatre situations qui font rater la sortie
CLASSE G
2025
CLASSE F
2028
CLASSE E
2034
PARC VISÉ
9,4 M
RESTE À CHARGE
10 900 €
LOYERS PRÉSERVÉS
88 818 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Un logement classé G ne peut plus être loué en métropole depuis le 1er janvier 2025. Un classé F ne le pourra plus au 1er janvier 2028, un classé E au 1er janvier 20341. Au 1er janvier 2025, dernier état publié, cela visait 9,4 millions de logements, soit 30,5 % des résidences principales, et environ 2,52 millions de logements locatifs privés.
Avant même l’interdiction, une mesure moins connue mord déjà : depuis le 24 août 2022, le loyer d’un logement classé F ou G ne peut plus être augmenté — ni entre deux locataires, ni au renouvellement, ni par la révision annuelle1. Sur six ans, un loyer de 620 € gelé représente 3 231 € de manque à gagner cumulé.
La bonne comparaison n’est pas travaux contre loyer supplémentaire. C’est reste à charge contre flux locatif préservé : 15 950 € après une aide de 45 % contre 88 818 € de loyers actualisés sur quinze ans, soit un rapport de 5,6.
Ce guide fait trois choses que les pages sur ce sujet ne font pas. Il chiffre le parc réellement concerné plutôt que de citer « des millions de passoires ». Il pose la comparaison économique dans le bon sens. Et il dit d’où vient la baisse du compteur officiel, qui doit près de la moitié de son recul annuel à un changement de méthode de calcul.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Olivier, 58 ans, propriétaire de deux appartements loués à Limoges. Le premier, 55 m², est classé F : il vaut 110 000 € et rapporte 620 € par mois, soit 7 440 € par an et 6,76 % de rendement brut. Son artisan a chiffré la sortie de passoire à 29 000 € hors taxes. Exemple construit à partir des fourchettes de marché citées dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.
Quels logements sont interdits à la location, et quand ?
La loi ne dit pas « les G sont interdits ». Elle fixe une classe minimale exigée, et c’est la même chose formulée à l’envers — mais la nuance évite les erreurs de lecture.
Trois échéances, deux déjà passées ou imminentes
| Date | Classe minimale exigée | Classe devenant illouable | Logements concernés | Délai restant |
|---|---|---|---|---|
| 1er janvier 2025 | F | G | 1,5 million | en vigueur |
| 1er janvier 2028 | E | F | 2,4 millions | deux ans |
| 1er janvier 2034 | D | E | 5,5 millions | huit ans |
Trois précisions changent la portée de ce tableau. La mesure s’applique aux baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits à compter de la date : un bail en cours signé avant l’échéance continue jusqu’à son terme, mais sa reconduction tacite ne sera plus possible. Le calendrier vaut pour la métropole ; l’outre-mer suit son propre rythme. Et la sanction n’est pas une amende : le logement devient indécent, ce qui ouvre au locataire une action pour contraindre le bailleur aux travaux, voire une suspension du loyer prononcée par le juge.
Une quatrième précision mérite d’être posée, parce qu’elle décide de ce que vous pouvez encore faire. L’interdiction ne frappe pas le bien, elle frappe le contrat : un bail en cours reste valable jusqu’à son terme, mais il ne pourra ni être renouvelé ni se reconduire tacitement après l’échéance. Un bail de trois ans signé en 2026 sur un logement classé F court donc jusqu’en 2029, alors même que l’interdiction tombe en 2028 — mais il s’éteindra ensuite sans reconduction possible, et le bailleur qui compte sur cette respiration doit savoir qu’elle ne se renouvelle pas. En meublé, où le bail est d’un an, la respiration n’existe presque pas.
Pour Olivier, cela signifie une échéance à deux ans sur son appartement classé F. Ce n’est pas un horizon confortable : entre le devis, la demande d’aide, l’accord, la disponibilité de l’artisan et le chantier, deux ans se consomment vite.
Combien de logements sont réellement concernés ?
Les chiffres circulent au million près sans jamais leur source. Voici ceux du service statistique du ministère, au 1er janvier 20252.
Trente millions neuf cent mille résidences principales, réparties par étiquette
| Classe | Part du parc | Nombre de logements | Statut |
|---|---|---|---|
| A et B | 8,6 % | 2,6 millions | hors calendrier |
| C | 27,2 % | 8,4 millions | hors calendrier |
| D | 33,7 % | 10,4 millions | seuil de 2034 |
| E | 17,8 % | 5,5 millions | illouable en 2034 |
| F | 7,9 % | 2,4 millions | illouable en 2028 |
| G | 4,8 % | 1,5 million | illouable depuis 2025 |
Additionnez les trois dernières lignes : 9,4 millions de logements, 30,5 % du parc, sont visés par au moins une échéance. Le mot « passoire » ne désigne officiellement que les F et G — 3,9 millions, 12,7 % du parc — mais le calendrier de 2034 embarque les E, deux fois plus nombreux.
Dans le parc locatif privé, les F et G représentent 13,8 %, soit 1,1 million de logements. En rapportant ce taux à ce nombre, on déduit un parc locatif privé d’environ 8 millions de logements ; en y appliquant la proportion nationale de logements E, on obtient 2,52 millions de logements locatifs privés concernés d’ici 2034, soit 31,6 % du parc locatif privé. Cette dernière estimation suppose que les E se répartissent dans le locatif comme dans l’ensemble du parc, ce que la statistique publiée ne détaille pas.
Le point de vigilance, et il est statistique. Le nombre de passoires a baissé de 327 000 en un an. Mais près de 40 % de cette baisse — environ 130 800 logements — vient de la réforme du mode de calcul du diagnostic pour les petites surfaces, non de travaux2. Et depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 : environ 700 000 logements sortent ainsi du statut de passoire, toujours sans un chantier. Ne comptez pas sur un reclassement administratif pour votre propre bien : il peut arriver, il ne se planifie pas.
Ce qui est déjà interdit, avant même l’interdiction de louer
Beaucoup de bailleurs découvrent cette règle en la subissant, parce qu’elle ne porte pas de nom retentissant.
Depuis le 24 août 2022, le loyer d’un logement classé F ou G ne peut plus être augmenté, pour tout bail conclu, renouvelé ou tacitement reconduit après cette date1. Le blocage porte sur quatre choses à la fois : l’augmentation entre deux locataires au moment d’établir un nouveau bail, la hausse proposée au renouvellement, la révision annuelle sur l’indice de référence des loyers, et la réévaluation dans les zones d’encadrement. La mesure vise les locations vides comme meublées, y compris le bail mobilité ; les meublés de tourisme en sont exclus.
C’est la révision annuelle qui fait le plus de dégâts, parce qu’elle est automatique ailleurs et que son absence ne se voit pas. Sur l’appartement d’Olivier, avec une indexation hypothétique de 2 % par an, le loyer aurait dû passer de 620 à 632 € la première année, à 658 € la troisième et à 698 € la sixième. Le manque à gagner cumulé atteint 149 € après un an, 905 € après trois, et 3 231 € après six ans — soit plus de cinq mois de loyer perdus sans que rien ne l’annonce sur un relevé.
Une seule chose lève le gel : des travaux permettant au logement d’atteindre au moins la classe E, prouvés par un nouveau diagnostic postérieur aux travaux. Sortir de la classe G pour entrer en F ne suffit donc pas à débloquer le loyer, alors que cela suffit à redevenir louable — deux seuils différents, que l’on confond souvent.
Combien coûte la sortie de passoire ?
Le guide propriétaire du ministère chiffre à environ 29 000 € hors taxes la rénovation d’un appartement classé E visant un gain de deux classes3. C’est l’ordre de grandeur retenu ici pour faire passer l’appartement d’Olivier de F à D. Un gain d’une seule classe coûte nettement moins ; une maison individuelle, nettement plus.
Reste à savoir ce que l’aide publique en absorbe. MaPrimeRénov' rénovation d’ampleur finance un logement de plus de quinze ans classé E, F ou G à un taux qui ne dépend que des revenus du propriétaire : 80 % pour les revenus très modestes, 60 % pour les modestes, 45 % pour les intermédiaires et 10 % pour les supérieurs4. C’est le plafond de dépenses éligibles qui dépend du gain, non le taux : 30 000 € hors taxes pour un gain de deux classes, 40 000 € à partir de trois.
Sur 29 000 € de travaux, ce qui reste à sortir
| Taux d’aide | Montant de l’aide | Reste à charge | En années de loyer |
|---|---|---|---|
| 10 % — revenus supérieurs | 2 900 € | 26 100 € | 3,51 ans |
| 45 % — revenus intermédiaires | 13 050 € | 15 950 € | 2,14 ans |
| 60 % — revenus modestes | 17 400 € | 11 600 € | 1,56 an |
| 80 % — revenus très modestes | 23 200 € | 5 800 € | 0,78 an |
Quatre conditions accompagnent cette aide pour un bailleur, et elles ne sont pas anodines. Le cumul est limité à trois logements. Le propriétaire s’engage à louer en résidence principale pendant six ans minimum, dans l’année suivant le versement du solde. S’il cesse de louer avant ce terme, il rembourse un sixième de l’aide par année non louée. Et les travaux doivent être réalisés par un professionnel certifié reconnu garant de l’environnement.
Voici maintenant le calcul que personne ne fait. Sans travaux, l’appartement d’Olivier cesse d’être louable au 1er janvier 2028 : son revenu locatif ne baisse pas, il tombe à zéro. Ce que la rénovation achète, ce n’est donc pas un supplément de loyer, c’est la totalité du loyer futur. Actualisé à 3 % l’an, ce flux vaut 63 465 € sur dix ans, 88 818 € sur quinze ans et 110 688 € sur vingt.
Le calcul se refait sur n’importe quel dossier, et il tient en une ligne : on divise le loyer annuel par 1,03 élevé au rang de l’année, puis on additionne les quinze termes. Le taux de 3 % représente ce que l’argent immobilisé rapporterait ailleurs sans risque ; en le portant à 5 %, le flux sur quinze ans tomberait à 77 225 €, et la conclusion ne changerait pas d’un pouce. Remplacez 620 € par votre propre loyer et vous obtenez votre propre enjeu.
Rapporté au reste à charge de 15 950 € dans l’hypothèse d’une aide à 45 %, le rapport est de 5,6. Aucun arbitrage patrimonial ordinaire n’affiche un tel écart, et c’est ce qui rend la question mal posée dès qu’on la formule en « est-ce que ça vaut le coup ».
Le déficit foncier, et pourquoi son plafond majoré sert moins qu’on ne le croit
Un second levier se cumule avec l’aide, et il est très mal connu parce qu’il ne porte pas de nom commercial.
Un déficit foncier s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Ce plafond est porté à 21 400 € lorsque le déficit provient de travaux de rénovation énergétique faisant passer le logement d’une classe E, F ou G à une classe D au minimum — le texte exigeant que le bien atteigne effectivement une classe A, B, C ou D au plus tard le 31 décembre 2027, dans des conditions définies par décret. La date porte sur l’atteinte du classement, pas sur le paiement des factures : un chantier soldé à temps mais dont le nouveau diagnostic tarde fait perdre la majoration6.
Mais le calcul ne se fait pas dans l’ordre que tout le monde décrit. On lit partout que l’aide viendrait en déduction de la dépense déductible. C’est l’inverse : la doctrine fiscale range la subvention dans le revenu brut foncier de l’année où elle est encaissée, et laisse les travaux déductibles pour leur montant total9. Le résultat final se rejoint, mais le déficit — donc ce qui s’impute, donc le plafond qui mord — n’est pas du tout le même.
Déroulons sur l’année du chantier d’Olivier, avec une aide de 40 %. Ses recettes foncières ne sont pas 7 440 € mais 19 040 € : le loyer plus les 11 600 € d’aide. Ses charges sont les 29 000 € de travaux, en entier. Son résultat foncier ressort donc à −9 960 €, imputables sur son revenu global, ce qui lui fait économiser 2 988 € d’impôt à un taux marginal de 30 %.
Et voici ce que le calcul par la soustraction ne montre jamais : ce déficit de 9 960 € tient sous le plafond ordinaire de 10 700 €. La majoration à 21 400 €, mise en avant partout comme l’argument du dispositif, ne lui sert à rien. Il faudrait environ 48 000 € de travaux, à ce taux d’aide, pour qu’elle commence à produire un effet. Sur un appartement, c’est rare ; sur un immeuble entier ou une maison, c’est courant — et c’est là, seulement là, que l’argument porte.
L’année du chantier selon le taux d’aide, sur 29 000 € de travaux et 7 440 € de loyer
| Taux d’aide | Recettes foncières | Résultat foncier | Économie d’impôt | Reste à charge net | En années de loyer |
|---|---|---|---|---|---|
| 30 % | 16 140 € | −12 860 € | 3 858 € | 12 930 € | 1,74 an |
| 40 % | 19 040 € | −9 960 € | 2 988 € | 10 900 € | 1,47 an |
| 60 % | 24 840 € | −4 160 € | 1 248 € | 6 840 € | 0,92 an |
| 80 % | 30 640 € | +1 640 € | aucune | 3 062 € | 0,41 an |
La dernière ligne mérite qu’on s’y arrête. À 80 % d’aide, les recettes dépassent les charges : l’année du chantier dégage un bénéfice foncier de 1 640 €, imposé à 30 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux. Une aide maximale n’annule donc pas la fiscalité, elle la retourne — et un bailleur qui n’a pas anticipé cette ligne découvre un supplément d’impôt l’année suivant des travaux qu’il pensait entièrement financés.
Le reste à charge est calculé ici par comparaison avec l’année sans travaux, où le loyer de 7 440 € supporte 3 512 € d’impôt et de prélèvements sociaux et laisse 3 928 € de trésorerie. Le reste à charge réel d’Olivier n’est donc ni 29 000 €, ni 17 400 €, mais 10 900 € — un an et six mois de loyer, et 8,1 fois moins que le flux locatif que ces travaux préservent sur quinze ans.
Trois réserves. Ce levier ne fonctionne qu’en location nue au régime réel : en meublé, les travaux s’amortissent au lieu de créer un déficit imputable, ce qui change complètement le calendrier de l’avantage. L’imputation sur le revenu global suppose d’avoir un revenu global à réduire — un contribuable non imposable n’en tire rien. Et le calendrier compte : si l’aide est encaissée l’année suivant le paiement des travaux, le déficit se forme la première année et le revenu imposable ressort la seconde, ce qui déplace l’avantage sans le supprimer. Faites vérifier l’imputation par un expert-comptable avant d’engager le chantier ; la qualification des dépenses se joue sur le libellé des factures.
L’audit énergétique, obligatoire avant de vendre
Une obligation distincte du diagnostic s’ajoute pour qui choisit de vendre plutôt que de rénover, et son calendrier suit le même rythme7.
Un audit énergétique doit être remis à l’acquéreur dès la première visite pour tout logement en monopropriété — maison individuelle ou immeuble entier — classé F ou G depuis le 1er avril 2023, classé E depuis le 1er janvier 2025, et classé D à compter du 1er janvier 2034. Les logements en copropriété en sont dispensés, ce qui exempte l’appartement d’Olivier mais pas l’immeuble qu’il détiendrait en entier.
Le document n’est pas un diagnostic de plus. Il contient des scénarios de travaux chiffrés, en une ou plusieurs étapes, et il vise un objectif plus ambitieux que la loi locative : atteindre au moins la classe C pour un logement classé F ou G, la classe B pour un D ou un E. Autrement dit, l’audit remis à l’acheteur lui indique noir sur blanc ce que le bien coûtera à remettre à niveau — et cette information s’invite dans la négociation du prix.
Son coût n’est pas réglementé et se situe couramment entre 400 et 800 €, soit 5 à 11 % d’un loyer annuel sur ce dossier. C’est une dépense que le vendeur supporte, et c’est aussi, pour un propriétaire qui hésite encore, le document le plus utile à faire réaliser en premier : il chiffre les scénarios par gain de classes, ce qu’aucun devis d’artisan ne fait spontanément.
Rénover ou vendre ?
La seconde option existe et mérite d’être chiffrée plutôt que balayée.
Les données de transactions des notaires donnent l’ampleur de la décote. Sur les ventes de 2024, un appartement classé G s’est vendu en moyenne 12 % moins cher qu’un appartement classé D ; pour une maison, l’écart atteint 25 %5. La part des logements F et G dans les ventes de logements anciens est montée de 11 % en 2021 à 17 % en 2023, avant de refluer et de se stabiliser autour de 15 % début 2025 : les passoires se vendent, mais elles se vendent moins cher.
Deux issues, deux ordres de grandeur incomparables
| Décision | Ce que ça coûte | Ce que ça rapporte |
|---|---|---|
| Rénover, aide à 45 % | 15 950 € décaissés, 10 900 € net d’impôt | 88 818 € de loyers sur quinze ans, plus 7 021 € de valeur retrouvée |
| Vendre avant 2028 | Décote subie, de l’ordre de 6 % pour un F | 110 000 € immédiatement, plus la fin du souci |
| Ne rien faire | 0 € | Loyer nul à partir de 2028, et un bien à vendre décoté |
Notez le déséquilibre de la première ligne. La rénovation fait gagner 7 021 € de valeur — c’est le gain de valeur verte, calculé en retenant pour un F la moitié de la décote observée sur un G. Ce chiffre est celui que la plupart des articles mettent en avant, et il ne justifierait jamais 17 400 € de décaissement. Le vrai gain est douze fois plus élevé, et il se trouve dans la colonne du loyer.
La vente reste pourtant la bonne décision dans trois cas. Quand le bien est en copropriété et que l’assemblée refuse les travaux sur les parties communes, ce qui rend le gain de classes impossible seul. Quand le montant des travaux dépasse la valeur du bien, ce qui arrive sur les petites surfaces en zone détendue. Et quand le propriétaire n’a ni la trésorerie ni la capacité d’emprunt — auquel cas notre guide du stress test aide à mesurer où se situe la limite.
Le diagnostic qui décide de tout est-il fiable ?
C’est une question désagréable et il faut y répondre franchement : le diagnostic de performance énergétique a été modifié plusieurs fois depuis qu’il est devenu opposable, et ces modifications déplacent des centaines de milliers de logements d’une classe à l’autre sans qu’un seul mur ne bouge.
La réforme du calcul pour les petites surfaces en est l’exemple le plus net : à elle seule, elle explique près de 40 % de la baisse annuelle du nombre de passoires. Le coefficient de conversion de l’électricité a suivi : ramené de 2,3 à 1,9 par l’arrêté du 13 août 2025, il s’applique à tout diagnostic émis depuis le 1er janvier 2026 et fait sortir environ 700 000 logements de plus du statut de passoire. Un bien classé F aujourd’hui peut donc devenir E demain par voie réglementaire.
Trois conséquences pratiques en découlent. D’abord, un diagnostic reste valable dix ans, mais rien n’oblige à conserver le plus ancien : si votre bien a été diagnostiqué avant une réforme favorable, en faire réaliser un nouveau peut suffire à changer de classe. Ensuite, deux diagnostiqueurs peuvent aboutir à des résultats différents sur le même logement, notamment quand les données d’entrée — année de construction, nature de l’isolation, type de menuiseries — sont incomplètes : fournissez les factures de travaux antérieurs, elles pèsent sur le résultat. Enfin, un diagnostic contesté peut être refait, et le coût d’un second diagnostic est sans commune mesure avec l’enjeu.
Cela ne dispense de rien. Compter sur une réforme pour sauver un bien classé G revient à parier sur un texte qui n’existe pas encore, avec une échéance déjà passée.
Ce que votre locataire peut exiger, et depuis quand
Le calendrier ne se contente pas d’interdire de louer. Il rend le logement indécent, et la décence ouvre au locataire des recours qui existent indépendamment de toute sanction administrative.
La procédure commence sans juge. Le locataire demande la mise en conformité, sans que cela affecte la validité du bail en cours. À défaut d’accord ou de réponse dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie — sa saisine n’étant un préalable obligatoire pour personne avant d’aller devant le juge8.
Les pouvoirs du juge sont ensuite étendus, et c’est là que le risque devient financier. Il détermine la nature des travaux et le délai pour les exécuter. Il peut réduire le loyer ou en suspendre le paiement, avec ou sans consignation, et prolonger la durée du bail jusqu’à exécution des travaux. Un bailleur qui laisse traîner se retrouve donc avec un locataire en place, un loyer suspendu et des travaux ordonnés — la combinaison la plus défavorable possible.
Deux échappatoires existent, et elles sont écrites dans le même article. Le juge ne peut pas ordonner de travaux de mise en conformité avec le niveau de performance minimal lorsque l’immeuble relève du statut de la copropriété et que le copropriétaire démontre qu’il ne peut y parvenir malgré les diligences accomplies ; ni lorsque des contraintes architecturales ou patrimoniales font obstacle à l’atteinte de ce niveau. C’est la réponse juridique au blocage d’assemblée générale décrit plus loin, et elle vaut d’être connue : elle protège le copropriétaire diligent, pas le copropriétaire passif. Gardez les convocations, les demandes d’inscription à l’ordre du jour et les procès-verbaux — ce sont eux qui établissent la diligence.
Une conséquence supplémentaire frappe les logements dont l’occupant perçoit une aide au logement. L’organisme payeur constate l’indécence, notifie le bailleur, et conserve l’allocation au lieu de la lui verser. Pendant ce temps, le locataire ne règle que le loyer diminué du montant de l’allocation, et cette réduction ne peut fonder aucune action du bailleur en résiliation du bail10.
La durée de conservation est fixée par décret : dix-huit mois, renouvelables une fois. Si le logement n’est toujours pas décent à l’échéance, le montant conservé n’est pas récupéré par le bailleur, et celui-ci ne peut pas non plus en réclamer la part au locataire. Autrement dit, la somme est perdue des deux côtés du bail, définitivement.
Sur l’appartement d’Olivier, une allocation représentant une fraction courante du loyer se compte en milliers d’euros sur dix-huit mois — et cette perte s’ajoute au coût des travaux au lieu de s’y substituer. C’est la raison pour laquelle attendre une mise en demeure est la plus coûteuse des stratégies : elle ne repousse pas la dépense, elle y ajoute.
Ce qui fait rater une sortie de passoire
Quatre situations reviennent, et chacune se chiffre.
Le gain de classes insuffisant. Le propriétaire fait changer les fenêtres et la chaudière, dépense 18 000 €, et gagne une seule classe : son G devient F. Le logement redevient louable, mais le loyer reste gelé, puisque le déblocage exige d’atteindre au moins la classe E.
Il aura donc dépensé 18 000 € pour redevenir louable deux ans, jusqu’à l’échéance de 2028 qui interdira le F à son tour. Et l’aide d’ampleur, qui exige un gain minimal de deux classes, lui échappe : il perd les 11 600 € qu’un chantier correctement dimensionné lui aurait rapportés. C’est l’erreur la plus coûteuse de la liste, et elle vient d’avoir raisonné en gestes plutôt qu’en classes.
La copropriété qui bloque. L’isolation par l’extérieur, la toiture et parfois le système de chauffage relèvent des parties communes, donc d’un vote en assemblée générale. Un propriétaire seul ne peut pas atteindre la classe D si l’enveloppe du bâtiment n’est pas traitée — et c’est précisément la situation que l’article 20-1 protège, à condition d’en garder la trace écrite.
Le calendrier de la copropriété devient alors le sien : un ravalement avec isolation se vote un an, se finance deux, et se réalise la troisième. Sur les 29 000 € de travaux d’Olivier, la part relevant des communes se chiffre couramment à un tiers du devis, soit 9 667 € qu’il ne maîtrise pas. Demandez les trois derniers procès-verbaux et le plan pluriannuel de travaux avant de bâtir un calendrier.
L’engagement de location oublié. Le propriétaire encaisse l’aide, réalise les travaux, puis vend le bien dix-huit mois plus tard parce qu’une opportunité se présente.
Il doit rembourser un sixième de l’aide par année non louée : sur une aide de 11 600 €, cinq années manquantes représentent 9 667 € à restituer. L’engagement de six ans n’est pas une formalité, c’est une clause de remboursement, et elle transforme un arbitrage de vente en calcul à refaire.
Le plafond de trois logements. Un bailleur qui possède cinq lots classés F ou G dans le même immeuble raisonne souvent en chantier unique, avec une seule aide couvrant l’ensemble. L’aide d’ampleur est plafonnée à trois logements par bénéficiaire : les deux derniers se rénovent au tarif plein.
Sur cinq lots comparables à celui d’Olivier, le devis brut atteint 145 000 €. Les trois logements aidés à 60 % laissent 34 800 € à la charge du bailleur ; les deux suivants, sans aide, en coûtent 58 000 € — davantage à eux seuls que les trois premiers réunis. Le plafond se paie donc au prix de l’aide perdue sur ces deux lots, 34 800 € : le même chiffre que le reste à charge des trois premiers, ce qui n’est pas un hasard, trois lots à 40 % et deux lots à 60 % pèsent exactement autant. C’est ce montant qui décide de l’ordre des chantiers. La conséquence pratique : commencez par les deux logements les plus dégradés, ceux dont le gain de classes est le plus large, et gardez pour la fin ceux qui atteindront la classe D à moindre frais.
Ce qu’il faut faire selon votre étiquette
La conduite se déduit de la classe et du délai restant.
- Classé G. L’échéance est passée. Vous êtes en infraction dès la reconduction tacite du bail en cours, et le logement est juridiquement indécent. Deux issues seulement : engager les travaux immédiatement, ou vendre. Ne pas décider revient à choisir la seconde dans les pires conditions.
- Classé F. Deux ans. C’est suffisant pour un chantier en logement individuel, tout juste pour un chantier en copropriété. Demandez un audit énergétique avant le devis : il chiffre les scénarios par gain de classes, ce qu’un devis d’artisan ne fait pas.
- Classé E. Huit ans, ce qui laisse le temps de faire coïncider les travaux avec un changement de locataire — un logement vide se rénove plus vite et moins cher qu’un logement occupé. Ne confondez pas ce délai avec un répit : les carnets des artisans se rempliront à mesure que l’échéance de 2028 approche.
- Classé D. Rien à faire aujourd’hui, mais surveillez les réformes de calcul dans les deux sens. Un D obtenu avant une réforme défavorable peut redevenir E.
Reste une chose à dire, et elle ne sert pas notre intérêt commercial. Un bien qui ne peut pas atteindre la classe D pour un coût raisonnable n’est pas un bien à conserver, et aucun accompagnement n’y changera rien. Les petites surfaces en zone détendue, les logements en rez-de-chaussée sur vide sanitaire non isolable, les immeubles dont la copropriété refuse toute décision : dans ces cas, la seule question utile est le calendrier de vente, pas le plan de financement des travaux.
Et si vous achetez plutôt que vous ne détenez, la règle est symétrique : une passoire décotée est une bonne affaire uniquement si le chiffrage des travaux a été fait avant l’offre, jamais après. C’est l’objet de notre comparatif entre un bien à rénover et un bien déjà rénové, et le prix maximal qui en découle se calcule avec la méthode exposée dans notre guide de négociation à partir d’un rendement cible. Les provisions à constituer pour la suite figurent, elles, dans notre guide des frais qu’on oublie de compter.
Un second changement de facteur est déjà publié. Un arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août, ramène le facteur de conversion de l’électricité de 1,9 à 1,7 : sa notice indique qu’il « modifie de 1,9 à 1,7 la valeur du facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire pour l’électricité »11. Il ne s’applique qu’à compter du 1er janvier 2027 — la valeur de 1,9 reste donc celle en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026. Un logement chauffé à l’électricité verra son étiquette recalculée une seconde fois, et ce guide décrit l’état applicable aujourd’hui.
Votre étiquette décide de votre échéance, pas votre intuition
Classe, date du diagnostic, part relevant des parties communes, capacité à atteindre la classe D : quatre éléments qui se vérifient avant d’engager un chantier.
- Échéance réelle selon l’étiquette
- Ce qui relève de la copropriété
- Quand vendre vaut mieux que rénover
Questions fréquentes
Dix réponses directes sur le calendrier, le gel des loyers, le coût réel de la rénovation, l’audit à la vente et les droits du locataire.
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Échanger sur votre bien01 · Calendrier et parc
01Quels logements sont interdits à la location et à quelle date ?
En métropole, la classe minimale exigée est F depuis le 1er janvier 2025, ce qui rend les logements classés G illouables ; elle passe à E au 1er janvier 2028, ce qui exclut les F ; puis à D au 1er janvier 2034, ce qui exclut les E. La mesure s'applique aux baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits à compter de ces dates : un bail en cours court jusqu'à son terme mais ne pourra pas être reconduit.02Combien de logements sont concernés par le calendrier ?
Sur 30,9 millions de résidences principales au 1er janvier 2025, les classes E, F et G représentent 9,4 millions de logements, soit 30,5 % du parc — 5,5 millions de E, 2,4 millions de F et 1,5 million de G. Dans le parc locatif privé, les seules passoires F et G comptent 1,1 million de logements, soit 13,8 %. En y ajoutant les E, environ 2,52 millions de logements locatifs privés sont concernés d'ici 2034, près d'un tiers du parc.03Peut-on augmenter le loyer d'un logement classé F ou G ?
Non, depuis le 24 août 2022. Le blocage porte sur quatre choses : l'augmentation entre deux locataires, la hausse au renouvellement, la révision annuelle sur l'indice de référence des loyers, et la réévaluation en zone d'encadrement. Il vise les locations vides comme meublées, y compris le bail mobilité, mais pas les meublés de tourisme. Seuls des travaux permettant d'atteindre au moins la classe E, prouvés par un nouveau diagnostic, lèvent le gel.
02 · Coût et arbitrage
04Combien coûte la sortie de passoire thermique ?
Le guide propriétaire du ministère chiffre à environ 29 000 € hors taxes la rénovation d'un appartement classé E visant un gain de deux classes. MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur prend en charge de 10 % à 80 % selon les revenus, sur un plafond de dépenses de 30 000 € hors taxes pour un gain de deux classes. Sur un dossier avec une aide de 45 %, le décaissement net tombe à 15 950 €, puis à 10 900 € une fois l'effet fiscal pris en compte — soit un an et six mois de loyer.05Les travaux valent-ils le coup par rapport au loyer supplémentaire ?
La comparaison est mal posée. Sans travaux, le loyer ne baisse pas, il s'arrête à la date d'interdiction. Ce que la rénovation achète n'est donc pas un supplément de loyer mais la totalité du loyer futur : 88 818 € actualisés à 3 % sur quinze ans sur le dossier du guide, contre 10 900 € de reste à charge net, soit un rapport de 8,1. Le gain de valeur verte, lui, n'est que de 7 021 € — c'est le chiffre que la plupart des articles mettent en avant, et il ne justifierait jamais les travaux.06Une passoire thermique se vend-elle moins cher ?
Oui, et la décote est mesurée. Sur les transactions de 2024, un appartement classé G s'est vendu en moyenne 12 % moins cher qu'un appartement classé D ; pour une maison, l'écart atteint 25 %. La part des logements F et G dans les ventes de logements anciens est passée de 11 % en 2021 à 17 % en 2023, avant de se stabiliser autour de 15 % début 2025 : ces biens se vendent, mais décotés.
03 · Vente et diagnostic
07Faut-il un audit énergétique pour vendre une passoire thermique ?
Oui pour les logements en monopropriété — maison individuelle ou immeuble entier — classés F ou G depuis le 1er avril 2023, classés E depuis le 1er janvier 2025, et classés D à compter du 1er janvier 2034. Les appartements en copropriété en sont dispensés. L'audit contient des scénarios de travaux chiffrés visant au moins la classe C pour un F ou G, et coûte généralement entre 400 et 800 €.08Que peut faire un locataire si son logement devient indécent ?
Il demande d'abord la mise en conformité au bailleur, sans que cela affecte le bail en cours. À défaut d'accord ou de réponse dans les deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie. Le juge détermine ensuite la nature des travaux et le délai, et peut réduire le loyer ou en suspendre le paiement. Il ne peut toutefois pas ordonner l'atteinte du niveau de performance minimal lorsque l'immeuble est en copropriété et que le copropriétaire prouve ses diligences, ou lorsque des contraintes architecturales ou patrimoniales y font obstacle. En parallèle, l'organisme payeur conserve l'allocation de logement pendant dix-huit mois renouvelables une fois ; si le logement n'est toujours pas décent au terme, la somme n'est récupérée ni par le bailleur ni auprès du locataire.
04 · Locataire et statistiques
09Le nombre de passoires thermiques baisse-t-il vraiment ?
En partie seulement. Le compteur officiel a reculé de 327 000 logements en un an, mais près de 40 % de cette baisse — environ 130 800 logements — provient de la réforme du mode de calcul du diagnostic pour les petites surfaces, non de travaux. Une réforme annoncée du coefficient de conversion de l'électricité en retirerait 700 000 de plus, toujours sans chantier. Un reclassement administratif peut arriver ; il ne se planifie pas.10Le plafond de déficit foncier à 21 400 € s'applique-t-il vraiment à mon chantier ?
Moins souvent qu'on ne le dit. La subvention est comptée dans le revenu brut foncier de l'année où elle est encaissée, et les travaux restent déductibles pour leur montant total : le déficit qui en résulte est donc bien plus faible que la dépense nette. Sur 29 000 € de travaux avec 40 % d'aide et 7 440 € de loyer, le déficit ressort à 9 960 € et tient sous le plafond ordinaire de 10 700 €. Il faut environ 48 000 € de travaux, à ce taux d'aide, pour que la majoration commence à produire un effet — un immeuble ou une maison, rarement un appartement.
Un bien qui ne peut pas atteindre la classe D n’est pas un bien à conserver.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement incluant la rénovation et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut qu’une partie des biens doit être vendue plutôt que rénovée, ce qui exclut une part des demandes que nous recevons.
Sources et date de contrôle
- Source 01
Location et gel des loyers des passoires énergétiques — Ministère de la Transition écologique. Loi Climat et résilience du 22 août 2021. Niveaux de performance minimaux exigés en métropole : classe F à compter du 1er janvier 2025, classe E à compter du 1er janvier 2028, classe D à compter du 1er janvier 2034, pour les baux conclus, renouvelés ou tacitement reconduits. Gel des loyers des logements classés F et G depuis le 24 août 2022 : interdiction d'augmenter entre deux locataires, au renouvellement, par la révision annuelle et par réévaluation en zone encadrée ; locations vides, meublées et bail mobilité concernés, meublés de tourisme exclus. Le gel est levé par des travaux permettant d'atteindre au moins la classe E, prouvés par un nouveau diagnostic Consulté le 2026-08-19.
- Source 02
Le parc de logements par classe de performance énergétique au 1er janvier 2025 — SDES — Service des données et études statistiques, ministère de la Transition écologique. 30,9 millions de résidences principales. Répartition : A 3,3 %, B 5,3 %, C 27,2 %, D 33,7 %, E 17,8 %, F 7,9 %, G 4,8 %. Passoires F et G : 3,9 millions, 12,7 % du parc, dont 13,8 % du parc locatif privé soit 1,1 million de logements, 14,0 % des propriétaires occupants et 5,8 % du parc social. Baisse de 327 000 logements sur un an et de 836 000 sur deux ans, dont près de 40 % de la baisse annuelle imputable à la réforme du calcul pour les petites surfaces. Une réforme du coefficient de conversion de l'électricité retirerait 700 000 logements supplémentaires Consulté le 2026-08-19.
- Source 03
Guide propriétaire — Rénovation énergétique d'un logement — Ministère de la Transition écologique / Anah. Coût de rénovation énergétique d'un appartement classé E : environ 29 000 € hors taxes pour un gain de deux classes, avant aides Consulté le 2026-08-19.
- Source 04
MaPrimeRénov' pour une rénovation d'ampleur — France Rénov'. Financement jusqu'à 10 % à 80 % des dépenses selon les revenus — 80 % très modestes, 60 % modestes, 45 % intermédiaires, 10 % supérieurs —, sur un plafond de dépenses éligibles de 30 000 € hors taxes pour un gain de deux classes et 40 000 € à partir de trois. Logement de plus de quinze ans classé E, F ou G. Pour un propriétaire bailleur : trois logements au maximum, engagement de louer en résidence principale six ans minimum dans l'année suivant le versement du solde, remboursement d'un sixième de l'aide par année non louée, recours obligatoire à un professionnel reconnu garant de l'environnement Consulté le 2026-08-19.
- Source 05
La valeur verte des logements en France sur les transactions 2024 — Notaires de France. Un appartement classé G s'est vendu en moyenne 12 % moins cher qu'un appartement classé D en 2024 ; pour une maison, l'écart atteint 25 %. Part des ventes de logements anciens classés F ou G : 11 % en 2021, 17 % en 2023, stabilisée autour de 15 % début 2025 Consulté le 2026-08-19.
- Source 06
Article 156, I, 3° du code général des impôts — imputation des déficits fonciers — Légifrance. L'imputation du déficit foncier sur le revenu global est limitée à 10 700 €. « La limite mentionnée au deuxième alinéa du présent 3° est rehaussée, sans pouvoir excéder 21 400 € par an, à concurrence du montant des dépenses déductibles de travaux de rénovation énergétique permettant à un bien de passer d'une classe énergétique E, F ou G, au sens de l'article L. 173-1-1 du code de la construction et de l'habitation, à une classe de performance énergétique A, B, C ou D, au sens du même article L. 173-1-1, au plus tard le 31 décembre 2027, dans des conditions définies par décret. » La date du 31 décembre 2027 porte donc sur l'atteinte du nouveau classement, non sur le paiement des dépenses, dont les conditions relèvent du décret. Version en vigueur au 1er juillet 2026 Consulté le 2026-08-19.
- Source 07
Audit énergétique réglementaire — Ministère de la Transition écologique. Obligatoire à la vente des logements en monopropriété : classés F ou G depuis le 1er avril 2023, classés E depuis le 1er janvier 2025, classés D à compter du 1er janvier 2034. L'audit propose plusieurs scénarios de travaux chiffrés visant au moins la classe C pour un logement F ou G et la classe B pour un logement D ou E. Coût non réglementé, généralement de 400 à 800 € Consulté le 2026-08-19.
- Source 08
Article 20-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — logement non décent — Légifrance. Le locataire peut demander au bailleur la mise en conformité sans qu'il soit porté atteinte à la validité du contrat en cours. À défaut d'accord ou de réponse du bailleur dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie, sans que sa saisine ni son avis constituent un préalable à celle du juge. Le juge détermine la nature des travaux et le délai de leur exécution, et peut réduire le montant du loyer ou en suspendre le paiement, avec ou sans consignation, ainsi que prolonger la durée du bail. Le juge ne peut ordonner de travaux de mise en conformité avec le niveau de performance minimal lorsque l'immeuble est soumis au statut de la copropriété et que le copropriétaire démontre qu'il ne peut y parvenir malgré les diligences accomplies, ni lorsque des contraintes architecturales ou patrimoniales font obstacle à l'atteinte de ce niveau. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2025 Consulté le 2026-08-19.
- Source 09
BOI-RFPI-BASE-10-20 — Revenus fonciers, revenus bruts imposables, subventions et indemnités — BOFiP — Direction générale des finances publiques. § 120 : les subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles sont comprises dans le revenu brut de l'année de leur encaissement par le bailleur ; les dépenses payées à l'aide de ces subventions ou indemnités sont déductibles en totalité. § 80 : les recettes brutes imposables comprennent l'ensemble des indemnités ou subventions perçues par le contribuable Adresse dépinglée le 3 septembre 2026 : elle pointait une version figée, ce qui rendait toute péremption invisible au contrôle. Le verbatim ci-dessus reste celui relevé à la date de consultation indiquée ; il n'a pas été relu à l'occasion de ce dépinglage. Consulté le 2026-08-19.
- Source 10
Articles L. 843-1, L. 843-2 et R. 843-1 du code de la construction et de l'habitation — conservation des allocations de logement en cas de non-décence — Légifrance. L. 843-1 : lorsque l'organisme payeur a constaté que le logement ne répond pas aux caractéristiques de décence, l'allocation de logement est conservée par l'organisme payeur pendant une durée maximale fixée par voie réglementaire ; le bailleur est notifié et informé qu'il doit mettre le logement en conformité pour que l'allocation conservée lui soit versée. Pendant cette période, le locataire règle le loyer et les charges récupérables diminués du montant des allocations de logement, sans que cette réduction puisse fonder une action du bailleur en résiliation du bail. L. 843-2 : si le logement ne répond toujours pas aux caractéristiques de décence au terme du délai, le montant conservé n'est pas recouvré par le bailleur, qui ne peut pas non plus demander au locataire le paiement de la part de loyer non perçue. R. 843-1 : durée de dix-huit mois renouvelable une fois pour les personnes mentionnées à l'article R. 842-5 Consulté le 2026-08-19.
- Source 11
Arrêté du 19 août 2026 modifiant le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité — Légifrance. Publié au Journal officiel du 26 août 2026, entrée en vigueur le 1er janvier 2027. Notice : « Le présent arrêté modifie de 1,9 à 1,7 la valeur du facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire pour l’électricité ». Article 1er : « A l’annexe 3 de l’arrêté du 31 mars 2021 susvisé, la valeur : « 1,9 » est remplacée par la valeur : « 1,7 » ». Article 2 : « Au 2. de l’annexe 3 de l’arrêté du 15 septembre 2006 susvisé, la valeur : « 1,9 » est remplacée par la valeur : « 1,7 » ». Page lue le 31 août 2026.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif incluant la rénovation, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut qu’un bien incapable d’atteindre la classe D pour un coût raisonnable doit être vendu plutôt que rénové, ce qui exclut une part des demandes que nous recevons. Il signale également qu’une fraction importante de la baisse du nombre de passoires provient d’une réforme du mode de calcul et non de travaux — information qui va contre l’intérêt de tout acteur de la rénovation. Les montants cités sont des ordres de grandeur publiés en août 2026 ; le coût réel d’un chantier dépend du bâti et se chiffre sur place. Aucun rendement, délai, montant d’aide ou résultat de diagnostic n’est garanti.