Audit énergétique obligatoire à la vente : ce qu'il prescrit vraiment, et pourquoi il arrive entre les mains de l'acheteur avant son offre
Les pages du sujet listent les classes et les dates. Aucune ne dit que l’audit chiffre un chantier, qu’il arrive entre les mains de l’acheteur avant son offre, et que le vendeur l’a payé.
IL NE CONSTATE PAS, IL PRESCRIT
L’acheteur n’estime plus. Il lit.
Le montant est établi par un professionnel qualifié, assuré, et payé par le vendeur lui-même. Il ne se conteste pas facilement.
- Maisons et immeubles en monopropriété : les lots de copropriété sont hors champ
- Classes F et G depuis le 1er avril 2023, classe E depuis le 1er janvier 2025
- La première étape doit atteindre la classe E au minimum
- Le parcours vers la classe B figure aussi au document
PRIX ESPÉRÉ, CLASSÉE F
210 000 €
ÉTAPE 1 VERS LA CLASSE E
28 000 €
PARCOURS COMPLET VERS B
76 000 €
COÛT DE L’AUDIT
800 €
CE QU’IL MET SUR LA TABLE
35 ×
GAIN À RÉNOVER D’ABORD
12 600 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. L’obligation vise les bâtiments d’habitation proposés à la vente « comportant un seul logement » ou plusieurs logements « ne relevant pas de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 »1 — donc les maisons et les immeubles en monopropriété, jamais les lots de copropriété.
Elle s’applique depuis le 1er avril 2023 aux classes F et G, depuis le 1er janvier 2025 à la classe E, et le sera au 1er janvier 2034 pour la classe D23.
L’audit contient « un parcours de travaux cohérent par étapes », dont la première « permet d’atteindre la classe E au minimum »1. Sur le cas de ce guide, cette première étape est chiffrée 28 000 € pour un audit qui en a coûté 800 : trente-cinq fois son prix, posé sur la table de négociation.
Un vendeur découvre en général l’audit énergétique comme une formalité administrative de plus, à ranger entre le plomb et l’amiante. C’est une erreur de nature. Les autres diagnostics constatent un état ; celui-ci prescrit un chantier et l’évalue.
Ce guide traite l’obligation à la vente. Les contraintes qui pèsent sur la mise en location d’un logement mal classé sont un autre sujet, et notre guide sur ce que le bailleur d’une passoire thermique ne peut plus faire s’en charge.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Martine, 59 ans, ancienne assistante de direction à Bourges, qui met en vente une maison classée F et espère en tirer 210 000 €. L’audit qu’elle commande chiffre 28 000 € pour atteindre la classe E, et 76 000 € pour le parcours complet vers la classe B. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.
Quels biens doivent fournir un audit énergétique ?
Ceux qu’on vend, et seulement certains d’entre eux. Le champ est plus étroit qu’on ne le croit, et la limite passe exactement là où beaucoup de vendeurs ne l’attendent pas — entre ce qui relève de la copropriété et ce qui n’en relève pas.
Le texte vise les bâtiments ou parties de bâtiment à usage d’habitation proposés à la vente qui « comportent un seul logement » ou qui contiennent plusieurs logements « ne relevant pas de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 »1.
Cette seconde formule est une exclusion déguisée. La loi de 1965 est celle qui régit la copropriété : un lot de copropriété en relève, donc il sort du champ. En clair, deux catégories sont concernées.
- Les maisons individuelles. Un seul logement, un seul propriétaire, aucune ambiguïté.
- Les immeubles entiers détenus par un seul propriétaire. Plusieurs logements, mais pas de copropriété constituée — la monopropriété. C’est la configuration de l’immeuble de rapport, et notre guide sur la décote de bloc d’un immeuble de rapport décrit ce que cette forme de détention implique pour un investisseur.
Un investisseur qui vend un appartement en copropriété n’a donc pas d’audit à fournir, quelle que soit la classe du logement. Il fournit le diagnostic de performance énergétique, ce qui n’est pas la même chose et n’emporte pas les mêmes conséquences.
Trois classes, trois dates
L’obligation ne s’est pas appliquée d’un coup : elle descend l’échelle des classes par paliers, et elle a déjà atteint le milieu du parc, ce qui explique qu’un vendeur qui n’était pas concerné il y a trois ans puisse l’être aujourd’hui sans que rien n’ait changé dans son bien.
La classe E est concernée depuis le 1er janvier 2025 — la moitié du parc y passe
| Classe du bien | Audit obligatoire depuis |
|---|---|
| F et G | 1er avril 2023 |
| E | 1er janvier 2025 |
| D | 1er janvier 2034 |
La première ligne mérite une précision, parce qu’on trouve encore deux dates dans les commentaires du sujet. La loi avait fixé l’échéance au 1er septembre 2022. Un décret du 9 août 2022 l’a reportée, en remplaçant « les mots “1er septembre 2022” […] par les mots “1er avril 2023” »3. C’est cette seconde date qui a joué.
Les deux échéances suivantes n’ont pas bougé : la classe E depuis le 1er janvier 2025, la classe D à compter du 1er janvier 20342.
Le point de vigilance. Le palier de 2025 a changé l’échelle du sujet. Tant que seules les classes F et G étaient visées, l’audit concernait les biens que chacun sait dégradés. Depuis, une maison classée E — c’est-à-dire une maison ordinaire, souvent perçue comme correcte — arrive sur le marché avec un programme de travaux chiffré annexé à son dossier de vente.
Un programme chiffré, pas un constat
Voici ce qui distingue l’audit de tous les autres documents du dossier de vente, et ce que les vendeurs découvrent presque toujours trop tard pour en tirer parti.
Le texte impose que l’audit présente « un parcours de travaux cohérent par étapes pour atteindre une rénovation énergétique performante ». La première étape doit permettre « d’atteindre la classe E au minimum », et le parcours prévoit également les travaux menant à la classe B « lorsque les contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales ou le coût des travaux ne font pas obstacle »1.
Trois conséquences découlent de cette rédaction.
- Il y a une cible imposée. Pour un bien classé F ou G, la première étape n’est pas libre : elle doit atteindre au moins la classe E. Le professionnel ne peut pas proposer un programme cosmétique.
- Il y a un horizon affiché. Le parcours vers la classe B figure au document, avec son coût, même quand personne n’a l’intention de l’entreprendre. L’acheteur lit donc deux montants : celui de l’étape et celui du chemin complet.
- Il y a des chiffres. Un parcours de travaux sans estimation ne serait pas un parcours. C’est ce qui transforme l’audit en pièce de négociation.
L’audit est réalisé par « un professionnel répondant à des conditions de qualification définies par décret »1, lesquelles diffèrent selon que le bâtiment comporte un ou plusieurs logements, et supposent une « assurance destinée à couvrir les conséquences de leurs responsabilités »4. Un diagnostiqueur ordinaire ne suffit pas toujours : la qualification se vérifie avant de commander.
Quand l’audit est-il remis à l’acheteur ?
Avant qu’il ne décide, et c’est là que réside tout le problème pour le vendeur.
L’audit est « communiqué dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 271-4 et L. 271-5 »1, c’est-à-dire selon le régime du dossier de diagnostic technique — celui qui accompagne la promesse ou, à défaut, l’acte de vente.
En pratique, un acquéreur sérieux le réclame dès la visite, et un agent immobilier le joint à l’annonce. Le document circule donc bien avant que le prix ne soit discuté.
Le notaire, lui, le vérifiera au moment de la promesse : c’est à ce stade que l’absence d’audit se paie, puisqu’un dossier de diagnostic technique incomplet expose le vendeur aux conséquences que le régime de ce dossier attache au défaut d’information. Autrement dit, la sanction n’est pas administrative mais contractuelle, et elle se joue entre les parties bien après que l’affaire a été conclue.
Retenons la chronologie, parce qu’elle explique tout ce qui suit. Le vendeur commande l’audit, le paie, le reçoit, et le transmet à l’acheteur — qui s’en sert pour construire son offre. Aucun autre document du dossier de vente ne fonctionne ainsi.
Ce que l’audit de Martine met sur la table
Sa maison est classée F, elle en espère 210 000 €. L’audit rend deux montants.
Un document à 800 € qui en chiffre 28 000 — puis 76 000
| Ligne | Montant | Part du prix |
|---|---|---|
| Prix espéré, classée F | 210 000 € | — |
| Étape 1, vers la classe E | 28 000 € | 13,3 % |
| Parcours complet, vers la classe B | 76 000 € | 36,2 % |
| Coût de l’audit | 800 € | 0,4 % |
Le rapport entre les deux extrémités du tableau est le chiffre à retenir : Martine a dépensé 800 € pour produire un document qui pose trente-cinq fois cette somme dans la discussion.
Cela ne veut pas dire que l’audit lui coûte 28 000 €. Cela veut dire que les 28 000 € existaient déjà — ils étaient dans les murs — et que l’audit les a rendus visibles, chiffrés et opposables.
La nuance a son importance, parce qu’elle règle un débat qu’on entend souvent chez les vendeurs : l’audit serait une taxe déguisée, une formalité qui détruit de la valeur. Il n’en détruit aucune. Il en révèle l’absence. Un acheteur informé aurait fini par découvrir l’état thermique du bien, soit avant l’acte en faisant venir un professionnel, soit après en recevant ses premières factures de chauffage — et dans le second cas, la découverte aurait produit un litige plutôt qu’une négociation.
Le second montant du tableau mérite lui aussi qu’on s’y arrête. Le parcours complet vers la classe B représente 76 000 €, soit plus du tiers du prix espéré. Personne n’exige de Martine qu’elle l’entreprenne, et le texte ne le prévoit que « lorsque les contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales ou le coût des travaux ne font pas obstacle ». Mais ce chiffre figure au document, un acheteur le lit, et un vendeur qui ne l’a pas anticipé se laisse opposer un montant près de trois fois supérieur à celui de l’étape réellement attendue.
Un devis remis à l’acheteur avant son offre
C’est la façon la plus exacte de décrire ce document, et elle explique pourquoi tant de vendeurs le subissent au lieu de s’en servir.
Avant l’audit, un acheteur devant une maison classée F devait estimer lui-même le coût de la remise à niveau. Il le faisait mal, avec prudence, et sa marge d’erreur jouait dans les deux sens. Un vendeur bien préparé pouvait défendre une fourchette basse.
Désormais, l’acheteur n’estime plus : il lit. Le montant est établi par un professionnel qualifié, assuré, et payé par le vendeur lui-même. Il ne se conteste pas facilement.
La conséquence est mécanique, et elle n’est ni scandaleuse ni évitable : la négociation s’ancre sur le montant de la première étape. Un acheteur qui a lu 28 000 € construit son offre autour de ce chiffre, et un vendeur qui découvre son propre audit au moment de la contre-proposition a déjà perdu l’échange.
Notre guide sur la négociation du prix à partir d’un rendement cible montre la même mécanique vue du côté de l’acheteur. L’audit énergétique est, pour lui, une pièce fournie gratuitement.
À partir de quelle décote faut-il faire les travaux ?
La question se pose dès la réception de l’audit, et elle a une réponse chiffrée qui ne dépend, une fois les travaux estimés, que d’un seul paramètre local.
Martine a deux voies. Vendre en l’état et concéder une décote, ou engager les 28 000 € et vendre une maison classée E. La seconde n’a d’intérêt que si le marché paie la meilleure classe — ce qu’on appelle la valeur verte, et qui varie fortement d’un secteur à l’autre.
Posons le calcul. Faire les travaux rapporte le gain de valeur verte et évite la décote ; cela coûte le montant des travaux. Les travaux l’emportent donc dès que la décote demandée dépasse leur coût diminué du gain de valeur verte.
Plus le marché valorise la classe, plus il devient rentable de rénover avant de vendre
| Valeur verte | Gain sur le prix | Décote au-delà de laquelle rénover gagne | Part du coût des travaux |
|---|---|---|---|
| 0 % | 0 € | 28 000 € | 100 % |
| 3 % | 6 300 € | 21 700 € | 78 % |
| 6 % | 12 600 € | 15 400 € | 55 % |
| 10 % | 21 000 € | 7 000 € | 25 % |
Lisons la ligne du milieu, qui correspond à une valeur verte de 6 %. Rénover devient plus avantageux dès que l’acheteur retranche plus de 15 400 €, soit 55 % du coût des travaux. Or un acheteur qui a lu un audit chiffré à 28 000 € en retranche rarement moins.
Le résultat est donc contre-intuitif et vaut d’être retenu : dans la plupart des configurations, il est préférable de faire l’étape 1 avant de mettre en vente. Non par vertu écologique, mais parce que la décote consentie dépasse presque toujours le seuil.
Une objection revient à ce stade, et elle est légitime : rénover pour un acheteur qu’on ne connaît pas encore, avec des choix de matériaux et de finitions qu’il n’aurait peut-être pas faits, ressemble à de l’argent mal placé. Elle vaut pour une cuisine ou une salle d’eau, dont le goût se discute. Elle vaut beaucoup moins pour de l’isolation, un système de chauffage ou des menuiseries, dont personne ne discute l’utilité et que personne ne voit. C’est précisément ce que le parcours de l’audit prescrit, et c’est ce qui rend l’arbitrage plus simple ici qu’ailleurs.
Sur le cas de Martine, avec 6 % de valeur verte, vendre en l’état laisse 182 000 € et rénover d’abord en laisse 194 600 € : 12 600 € d’écart en faveur des travaux.
Que change l’audit pour un bien destiné à la location ?
Il chiffre le coût de garder le bien louable, ce qui intéresse l’acheteur investisseur au moins autant que le vendeur — et probablement davantage, puisque c’est lui qui devra le supporter.
Un logement mal classé voit son avenir locatif se refermer par paliers, et cette contrainte pèse sur la valeur bien au-delà de la question du confort. L’audit met un prix sur la réouverture : c’est exactement l’information qu’un investisseur cherche, et il l’obtient gratuitement.
Deux effets en découlent, opposés pour le vendeur.
- Le vivier d’acheteurs se restreint. Un investisseur qui découvre 28 000 € de travaux nécessaires pour louer durablement intègre ce montant à son prix de revient, et beaucoup renoncent. Notre méthode de calcul du rendement locatif explique pourquoi : un poste de cette taille déplace le rendement de plusieurs points.
- Ceux qui restent négocient mieux. Un acheteur qui sait précisément ce qu’il devra dépenser est un acheteur qui sait précisément ce qu’il peut demander.
Un artisan consulté avant la mise en vente donnera d’ailleurs souvent un devis inférieur au chiffrage de l’audit, qui raisonne par bouquets standardisés. C’est une raison de plus de traiter la question avant, plutôt que de la laisser à l’acheteur.
Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant
Trois tiennent au calendrier du vendeur et un seul au champ de l’obligation, ce qui dit assez que le sujet se joue moins dans la technique thermique que dans l’ordre des opérations.
Commander l’audit au dernier moment. C’est l’incident fondateur : un vendeur qui reçoit son audit après avoir affiché son prix découvre 28 000 € qu’il n’a pas anticipés, et il négocie à partir d’une position qu’il a lui-même affaiblie. Le geste qui l’évite coûte 800 € et quelques semaines d’avance.
Ne pas lire son propre audit. Le document contient deux montants — 28 000 € pour l’étape et 76 000 € pour le parcours complet — et l’acheteur citera celui qui l’arrange. Un vendeur qui ignore que le second figure au dossier se laisse opposer un chiffre trois fois supérieur à celui qui est réellement exigé.
Renoncer aux travaux par réflexe. À 6 % de valeur verte, rénover l’emporte dès que la décote dépasse 15 400 €, soit 55 % du coût des travaux — un seuil que la plupart des acheteurs franchissent. Vendre en l’état laisse 182 000 € là où rénover d’abord en laisse 194 600 €.
Croire un lot de copropriété concerné. Le texte exclut les logements relevant de la loi de 1965. Un vendeur qui commande un audit pour un appartement dépense 800 € pour un document qu’aucun texte ne lui demande — et qu’il devra pourtant remettre s’il l’a fait établir.
Vendre en l’état ou rénover d’abord ?
La réponse dépend de trois choses, et il vaut la peine de les prendre dans cet ordre décroissant d’importance plutôt que dans celui où elles viennent naturellement à l’esprit.
- La valeur verte de votre marché. C’est le seul paramètre qui déplace vraiment le seuil : de 100 % du coût des travaux à valeur verte nulle, il tombe à 25 % dès que le marché paie 10 % la meilleure classe. Un agent immobilier du secteur sait dire lequel des deux cas vous concerne.
- Votre capacité à porter les travaux. Vingt-huit mille euros avancés pendant plusieurs mois ne sont pas neutres, et un vendeur pressé n’a pas cette latitude. C’est la contrainte qui tranche le plus souvent, avant tout calcul.
- Le profil des acheteurs. Un acquéreur qui achète pour habiter voit une maison à rénover ; un investisseur voit un prix de revient. Le second négocie plus durement et plus précisément — l’audit lui donne exactement les chiffres pour le faire.
La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des investisseurs à l’achat, et un audit énergétique bien lu est, de leur côté de la table, un cadeau : il chiffre gratuitement ce qu’ils auraient dû estimer, et il justifie une décote que le vendeur peine à contester. Nous conseillons pourtant aux vendeurs de faire l’étape 1 avant de mettre en vente, ce qui referme précisément cette fenêtre. La raison est simple : sur le dossier décrit, rénover d’abord rapporte 12 600 € de plus, et un conseil qui coûte de l’argent à celui qui le suit n’en est pas un.
Rénover d’abord rapporte 12 600 € de plus.
Le seuil dépend de la valeur verte de votre marché : de 100 % du coût des travaux quand elle est nulle, à 25 % quand le marché paie 10 % la meilleure classe.
- Le tableau de sensibilité, pour trouver votre marché et non le nôtre
- Pourquoi l’objection du « rénover pour un inconnu » ne tient pas ici
- Le second montant de l’audit, celui qu’un acheteur citera
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur les biens concernés, le calendrier et son report, le contenu du parcours de travaux, le moment de la remise et le seuil de rénovation.
Une vente avec audit à préparer ?
Apportez l’audit, le prix espéré et le marché du secteur. Le seuil de rénovation se calcule en une soustraction.
Faire le point sur votre dossier01 · Le champ
01Quels biens doivent fournir un audit énergétique à la vente ?
Les bâtiments d'habitation proposés à la vente qui « comportent un seul logement » ou qui contiennent plusieurs logements « ne relevant pas de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 ». Cette seconde formule est une exclusion déguisée : la loi de 1965 régit la copropriété, si bien qu'un lot de copropriété sort du champ. Deux catégories restent concernées, les maisons individuelles et les immeubles entiers détenus par un seul propriétaire — la monopropriété.02Depuis quand l'audit est-il obligatoire, et pour quelles classes ?
Depuis le 1er avril 2023 pour les classes F et G, depuis le 1er janvier 2025 pour la classe E, et à compter du 1er janvier 2034 pour la classe D. Attention à la première date : la loi avait fixé l'échéance au 1er septembre 2022, et un décret du 9 août 2022 l'a reportée en remplaçant « les mots “1er septembre 2022” par les mots “1er avril 2023” ». Sept mois d'écart, qu'on trouve encore dans certains commentaires du sujet.
02 · Le contenu
03Que contient un audit énergétique réglementaire ?
Un programme de travaux, pas un simple constat. Le texte impose « un parcours de travaux cohérent par étapes pour atteindre une rénovation énergétique performante », dont la première « permet d'atteindre la classe E au minimum ». Le parcours prévoit également les travaux menant à la classe B « lorsque les contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales ou le coût des travaux ne font pas obstacle ». L'acheteur lit donc deux montants : celui de l'étape et celui du chemin complet.04À quel moment l'audit est-il remis à l'acheteur ?
Avant qu'il ne décide. L'audit est « communiqué dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 271-4 et L. 271-5 », c'est-à-dire selon le régime du dossier de diagnostic technique, qui accompagne la promesse ou à défaut l'acte. En pratique, un acquéreur sérieux le réclame dès la visite et un agent immobilier le joint à l'annonce : le document circule donc bien avant que le prix ne soit discuté.
03 · La négociation
05Pourquoi dit-on que l'audit est un devis remis à l'acheteur ?
Parce qu'il chiffre, qu'il est établi par un professionnel qualifié et assuré, et qu'il est payé par le vendeur lui-même. Avant l'audit, un acheteur devant une maison mal classée estimait le coût de la remise à niveau, mal et avec prudence. Désormais il lit un montant qui ne se conteste pas facilement, et il construit son offre autour. Sur le cas de ce guide, un audit facturé 800 € pose 28 000 € sur la table de négociation, soit trente-cinq fois son prix.06Faut-il faire les travaux avant de vendre ?
Dans la plupart des configurations, oui. Rénover l'emporte dès que la décote demandée par l'acheteur dépasse le coût des travaux diminué du gain de valeur verte. Avec une valeur verte de 6 %, ce seuil s'établit à 15 400 € sur le cas décrit, soit 55 % du coût des travaux — et un acheteur qui a lu un audit chiffré à 28 000 € en retranche rarement moins. Vendre en l'état laisse alors 182 000 €, rénover d'abord en laisse 194 600 €.07Ce seuil dépend-il du marché local ?
Entièrement, et c'est le seul paramètre qui le déplace vraiment. À valeur verte nulle, il faut que l'acheteur retranche la totalité des travaux — 28 000 € — pour que rénover devienne avantageux. À 3 %, le seuil tombe à 21 700 €, soit 78 % du coût ; à 6 %, à 15 400 €, soit 55 % ; à 10 %, à 7 000 €, soit un quart. Un agent immobilier du secteur sait dire laquelle de ces lignes correspond à votre marché.
04 · En pratique
08Un lot de copropriété est-il concerné ?
Non. Le texte exclut les logements relevant de la loi du 10 juillet 1965, qui est celle de la copropriété. Un investisseur qui vend un appartement n'a donc pas d'audit à fournir, quelle que soit la classe du logement : il fournit le diagnostic de performance énergétique, ce qui n'est ni le même document ni la même conséquence. Commander un audit pour un lot de copropriété revient à payer 800 € pour une pièce qu'aucun texte n'exige — et qu'il faudra pourtant remettre une fois établie.
Commandez l’audit avant d’afficher le prix.
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Sources et date de contrôle
Quatre sources, relues au 26 août 2026 : l'article du code de la construction qui fixe le champ et le contenu de l'audit, la loi qui en échelonne l'entrée en vigueur, le décret qui a reporté l'échéance des classes F et G, et celui qui fixe la qualification du professionnel.
- Source 01
Article L. 126-28-1 du code de la construction et de l'habitation — audit énergétique à la vente — Légifrance. Version en vigueur depuis le 25 août 2021. L'obligation vise les bâtiments ou parties de bâtiment à usage d'habitation proposés à la vente qui « comportent un seul logement » ou qui contiennent plusieurs logements « ne relevant pas de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 », appartenant aux classes D, E, F ou G — les lots de copropriété sont donc hors champ. L'audit est « communiqué dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 271-4 et L. 271-5 », c'est-à-dire selon le régime du dossier de diagnostic technique. Il présente « un parcours de travaux cohérent par étapes pour atteindre une rénovation énergétique performante », dont la première « permet d'atteindre la classe E au minimum », et prévoit les travaux menant à la classe B « lorsque les contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales ou le coût des travaux ne font pas obstacle ». Il est réalisé par « un professionnel répondant à des conditions de qualification définies par décret ». Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 02
Article 158 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique — Légifrance. Institue l'obligation d'audit énergétique à la vente et en organise l'entrée en vigueur par paliers de classe. L'obligation est étendue aux bâtiments de classe E à compter du 1er janvier 2025, et à ceux de classe D à compter du 1er janvier 2034. Ces deux échéances n'ont pas été modifiées. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 03
Décret n° 2022-1143 du 9 août 2022 modifiant le décret n° 2022-780 relatif à l'audit énergétique — Légifrance. Reporte l'échéance des classes F et G : « Au 2e alinéa de l'article 3 du décret du 4 mai 2022 susvisé, les mots : “1er septembre 2022” sont remplacés par les mots : “1er avril 2023”. » C'est cette seconde date qui a joué, et non celle que la loi avait initialement retenue — écart de sept mois qu'un guide écrit sur la seule loi aurait reproduit. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 04
Décret n° 2022-780 du 4 mai 2022 relatif à l'audit énergétique — qualification du professionnel — Légifrance. Fixe les conditions de qualification des professionnels habilités à réaliser l'audit, distinctes selon que le bâtiment comporte plusieurs logements — professionnels titulaires de signes de qualité, ou architectes ayant suivi une formation spécifique — ou un logement unique. Il impose dans tous les cas une « assurance destinée à couvrir les conséquences de leurs responsabilités ». Un diagnostiqueur ordinaire ne remplit pas nécessairement ces conditions : la qualification se vérifie avant de commander l'audit. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les textes cités sont publics et le calcul du seuil tient en une soustraction. Ils sont reproduits dans leur rédaction en vigueur au 26 août 2026. Les montants du cas sont déclarés en hypothèse, y compris la valeur verte de 6 % et le coût de l’audit, qui varient fortement selon les secteurs et les prestataires. Ce guide ne constitue ni un conseil en transaction, ni une étude thermique.