Le plan pluriannuel de travaux en copropriété : qui doit en avoir un, depuis quand, et pourquoi le fonds de travaux n'en finance qu'un quart
Ce qui déclenche l’obligation n’est pas la taille de la copropriété mais l’âge de l’immeuble : quinze ans après la réception, puis tous les dix ans.
DIX ANS À 2,5 % FONT UN QUART
Le fonds de travaux ne finance pas le plan. Il en amorce un quart.
La cotisation minimale au titre d’un plan adopté est de 2,5 % du montant des travaux qu’il prévoit. Sur les dix ans de l’échéancier, cela cumule 25 % — quel que soit le montant du plan, puisque c’est une propriété du taux.
- Le calendrier échelonné s’est achevé le 1er janvier 2025
- Quinze ans après la réception, puis une actualisation tous les dix ans
- Une seule voie de dispense, et elle passe par le diagnostic technique global
- 255 000 € à trouver sur un plan qui en prescrit 340 000
TOUTES TAILLES DEPUIS
1ᵉʳ janv. 2025
DÉCLENCHEUR
15 ans
ACTUALISATION
10 ans
TRAVAUX PRESCRITS
340 000 €
FINANCÉ PAR LE FONDS
85 000 €
RESTE À TROUVER
255 000 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
Votre copropriété doit-elle avoir un plan pluriannuel ?
Si votre immeuble a plus de quinze ans, oui. Depuis le 1er janvier 2025, plus aucune taille de copropriété n’échappe au calendrier : seul l’âge du bâtiment décide encore.
Le calendrier d’entrée en vigueur était échelonné sur trois ans, du plus grand syndicat au plus petit. Beaucoup de contenus en ligne le présentent encore comme une échéance à venir. Il est terminé depuis vingt mois.
Ce qui déclenche l’obligation n’est pas la taille mais l’âge de l’immeuble : quinze ans après la réception des travaux de construction, et une actualisation tous les dix ans. Une copropriété de six lots livrée en 2004 est donc concernée exactement comme une de trois cents lots.
Ce plan a un coût d’établissement, une conséquence sur la cotisation obligatoire au fonds de travaux, et deux votes distincts à deux majorités différentes. Il a aussi un chiffre que personne ne publie : le fonds de travaux ne finance qu’un quart de ce que le plan prescrit. Sur la copropriété de ce guide, cela laisse 255 000 € à trouver ailleurs.
Ce guide traite l’obligation elle-même. Il ne réécrit pas le mécanisme du fonds de travaux et son plancher assis sur le budget prévisionnel, que nous avons publiés dans notre guide sur l’assemblée générale de copropriété. Il ne traite pas non plus le contenu du diagnostic technique global, qui relève d’autres articles, ni les compétences exigées du prestataire, fixées par un décret que nous n’avons pas relu.
Le calendrier échelonné, et pourquoi il est terminé
L’article 171 de la loi Climat et résilience a fixé trois dates, et les trois sont passées.
Le texte est rédigé au futur parce qu’il a été écrit en 2021 : l’obligation s’applique « le 1er janvier 2023, pour les syndicats de copropriétaires comprenant plus de deux cents lots », « le 1er janvier 2024, pour les syndicats comprenant entre cinquante et un et deux cents lots » et « le 1er janvier 2025, pour les syndicats comprenant au plus cinquante lots »2.
Une précision compte sur le décompte des lots. Les seuils visent les lots « à usage de logements, de bureaux ou de commerces »2 : les caves, les places de stationnement et les combles ne se comptent pas, ce qui fait basculer certaines copropriétés d’une tranche à l’autre.
Ce détail n’a plus d’effet pratique aujourd’hui, puisque les trois tranches sont entrées en vigueur. Il en garde un pour apprécier ce qu’un syndic aurait dû faire et quand : une copropriété de soixante lots dont quarante logements relevait de la troisième tranche, pas de la deuxième.
Autrement dit, la question n’est plus « suis-je concerné » mais « où en est mon syndicat ». Elle se pose à l’ordre du jour de la prochaine assemblée.
Quinze ans, puis tous les dix ans
Le premier alinéa de l’article 14-2 pose la règle de fond, et elle ne parle jamais de taille.
« À l’expiration d’un délai de quinze ans à compter de la date de réception des travaux de construction de l’immeuble, un projet de plan pluriannuel de travaux est élaboré dans les immeubles à destination partielle ou totale d’habitation soumis à la présente loi. Il est actualisé tous les dix ans »1.
Trois éléments à retenir de cette phrase. Le point de départ est la réception des travaux de construction, pas l’achat, pas la mise en copropriété. Le délai est de quinze ans. Et l’obligation ne s’éteint jamais : elle se renouvelle par une actualisation décennale.
Le champ est large : les immeubles « à destination partielle ou totale d’habitation ». Un immeuble mixte avec des commerces en pied et des logements au-dessus y entre entièrement.
Une conséquence pratique se déduit immédiatement. Un immeuble neuf n’est pas concerné avant quinze ans, mais l’horloge tourne dès la réception : un investisseur qui achète en 2026 dans un immeuble reçu en 2013 sait que son syndicat devra élaborer le projet en 2028, et l’actualiser en 2038.
Le plan ne reste d’ailleurs pas dans un tiroir. Le texte prévoit que « les travaux prescrits dans le plan pluriannuel de travaux ainsi que leur échéancier […] sont intégrés dans le carnet d’entretien de l’immeuble »1, document que tout acquéreur peut demander avant d’acheter.
Ce que le plan doit contenir
Quatre rubriques, énumérées par le texte, et aucune n’est facultative.
Le projet se construit « à partir d’une analyse du bâti et des équipements de l’immeuble ainsi que du diagnostic de performance énergétique »1, et le cas échéant à partir du diagnostic technique global lorsqu’il a été réalisé. Le point de départ est donc documentaire avant d’être technique.
Il comprend ensuite, dans l’ordre du texte : « la liste des travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, à la préservation de la santé et de la sécurité des occupants, à la réalisation d’économies d’énergie et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre » ; une estimation du niveau de performance que ces travaux permettent d’atteindre ; « une estimation sommaire du coût de ces travaux et leur hiérarchisation » ; et « une proposition d’échéancier pour les travaux dont la réalisation apparaît nécessaire dans les dix prochaines années »1.
Le mot « sommaire » mérite qu’on s’y arrête. Le plan n’est pas un devis : il donne des ordres de grandeur, et l’écart entre l’estimation et les marchés réels est la source la plus fréquente de mauvaises surprises quatre ans plus tard.
Le mot « hiérarchisation » compte tout autant, parce que c’est lui qui rend le plan utilisable. Un plan qui liste trois cent quarante mille euros de travaux sans dire lesquels passent d’abord n’aide personne à décider.
Le projet est établi par un professionnel dont les compétences sont fixées par décret — un architecte, un bureau d’études ou un diagnostiqueur qualifié selon les cas. Le texte précise que cette personne peut différer de celle qui a établi le diagnostic technique global.
La copropriété de Franck
Franck détient un appartement et une cave dans une copropriété de 24 lots, dans un immeuble reçu en 2004. Ses tantièmes s’élèvent à 1 200 sur 10 000, soit 12 % des charges générales. Exemple construit, dont les tantièmes, le coût du plan et le montant des travaux sont des hypothèses déclarées.
Le délai de quinze ans est écoulé depuis 2019. Avec 24 lots, le syndicat relevait de la troisième tranche : son obligation s’applique depuis le 1er janvier 2025. La prochaine actualisation interviendra en 2035.
L’assemblée a voté les modalités d’élaboration, et le projet a coûté 4 800 € — soit 576 € pour Franck. Il prescrit 340 000 € de travaux sur dix ans, ravalement avec isolation en tête.
C’est à ce moment que la question devient financière plutôt que réglementaire, et que le calcul du chapitre 08 devient le seul qui compte vraiment.
Peut-on être dispensé de plan pluriannuel ?
Oui, et le texte le dit en une phrase que peu de syndics mettent en avant.
« Si le diagnostic technique global mentionné au deuxième alinéa du présent I ne fait apparaître aucun besoin de travaux au cours des dix années qui suivent son élaboration, le syndicat est dispensé de l’obligation d’élaborer un projet de plan pluriannuel de travaux »1.
La dispense est donc conditionnée à deux choses : qu’un diagnostic technique global ait été réalisé, et qu’il conclue à l’absence de besoin de travaux sur dix ans. La seconde condition est exigeante — un immeuble de plus de quinze ans sans aucun besoin de travaux décennal est rare.
Elle mérite pourtant d’être connue, parce qu’elle inverse un raisonnement courant. On présente souvent le diagnostic technique global comme une dépense supplémentaire venant s’ajouter au plan. Le texte en fait, dans un cas précis, une dépense qui le remplace.
Une nuance d’honnêteté sur ce point. La dispense porte sur l’obligation d’élaborer le projet, pas sur les autres obligations du syndicat, et elle ne dure que le temps de validité du constat qui la fonde. Un syndic qui l’invoque doit pouvoir produire le diagnostic et sa conclusion.
Enfin, l’absence de plan n’est pas neutre financièrement, mais dans l’autre sens. Le texte sur le fonds de travaux raisonne sur l’adoption : à défaut de plan adopté — que le syndicat en soit dispensé ou qu’il n’ait simplement rien voté —, la cotisation minimale repose sur le seul budget prévisionnel, mécanisme que nous détaillons ailleurs.
Pourquoi deux majorités dans le même article ?
Parce que le texte distingue la décision de faire établir le plan et la décision de l’adopter, et qu’il n’attache pas le même seuil aux deux.
L’assemblée de Franck réunit 6 000 tantièmes sur 10 000, dont 400 d’abstention. Les voix exprimées s’établissent donc à 5 600, et la majorité des exprimées à 2 801. La majorité de tous les copropriétaires, elle, reste à 5 001 quel que soit le nombre de présents.
Deux mille deux cents tantièmes séparent les deux seuils — 2 200 exactement, sur les dix mille de la copropriété. Faire établir le projet est facile ; l’adopter l’est beaucoup moins, et c’est précisément ce que le législateur a voulu.
Le texte organise d’ailleurs la suite en cas d’échec. Le syndic doit inscrire à l’ordre du jour « de chaque assemblée générale appelée à approuver les comptes soit la question de l’adoption de tout ou partie du projet de plan pluriannuel de travaux, s’il n’a pas été adopté, soit les décisions relatives à la mise en œuvre de l’échéancier »1. La question revient donc chaque année, indéfiniment.
Un point de méthode avant de passer au financement. Les deux seuils du tableau ci-dessus ne se comparent pas directement, puisque le premier se calcule sur les voix exprimées d’une assemblée donnée et le second sur la totalité des tantièmes de la copropriété : le premier bouge à chaque assemblée, le second jamais.
Retenez la formule « tout ou partie ». Une assemblée qui refuse l’ensemble peut adopter la seule première tranche de l’échéancier, ce qui débloque la situation sans engager les dix ans.
Le fonds de travaux finance-t-il le plan ?
Un quart. Le reste est à trouver ailleurs, et c’est le chiffre le plus utile de tout ce guide.
L’article 14-2-1 fixe la cotisation minimale au fonds de travaux lorsqu’un plan a été adopté : « le montant de la cotisation annuelle ne peut être inférieur à 2,5 % du montant des travaux prévus dans le plan adopté »3. C’est un second plancher, distinct de celui assis sur le budget prévisionnel que nous traitons ailleurs : le texte impose de ne descendre sous aucun des deux, et ce guide n’exploite que celui qui porte sur les travaux du plan, parce que c’est le seul dont dépend le calcul qui suit.
La ligne du haut et celle du bas se vérifient l’une par l’autre : 340 000 moins 85 000 font bien 255 000, et 12 % de 255 000 font 30 600. La proportion, elle, ne dépend d’aucune de nos hypothèses : dix années à 2,5 % font 25 %, quel que soit le montant du plan.
Vérifions-le autrement. Une cotisation annuelle de 2,5 % du montant des travaux, versée pendant les dix années de l’échéancier, cumule vingt-cinq centièmes de ce montant — soit un quart, exactement, sans qu’aucune hypothèse de coût n’intervienne dans le calcul. Le seul paramètre est la durée du plan, et le texte la fixe à dix ans.
C’est une propriété du taux, pas du dossier. Un plan de cent mille euros comme un plan d’un million laissent trois quarts à financer par appels de fonds, par emprunt collectif ou par subventions.
Ce que le fonds de travaux apporte n’est donc pas le financement du plan : c’est un amorçage régulier qui évite l’appel de fonds intégral au jour des travaux. La nuance est réelle et elle est utile, mais elle ne se confond pas avec « les travaux sont financés ».
Pour un bailleur, le chiffre à porter au plan de trésorerie est celui de la dernière ligne, pas celui de la deuxième. Notre guide sur le choix d’un appartement locatif explique où lire ces montants avant d’acheter.
Les quatre incidents qui reviennent
Le syndicat qui n’a rien fait. L’obligation s’applique depuis le 1er janvier 2025 pour les copropriétés d’au plus cinquante lots, et rien n’a été inscrit à l’ordre du jour. Le projet finira par être établi, et il coûtera les mêmes 4 800 € — 576 € pour Franck — avec deux années de retard sur l’échéancier des travaux.
La question se pose au syndic par écrit avant la convocation, parce qu’un point n’apparaît à l’ordre du jour que si quelqu’un l’y fait porter. Un copropriétaire peut d’ailleurs demander l’inscription d’une question à tout moment, et la demande écrite laisse une trace utile si l’autorité administrative s’invite ensuite dans le dossier.
L’élaboration d’office par l’autorité administrative. Le III de l’article 14-2 permet à l’autorité administrative de demander le plan adopté. À défaut de transmission « dans un délai d’un mois à compter de la notification de la demande », elle peut « élaborer ou actualiser d’office le projet de plan pluriannuel de travaux, en lieu et place du syndicat des copropriétaires et aux frais de ce dernier »1. Le coût de référence reste 4 800 € sur cette copropriété, mais aucun plafond légal ne s’y applique.
Le délai d’un mois est le point de vigilance : il court à compter de la notification de la demande, et il suppose qu’un plan adopté existe pour être transmis.
Le plan voté sans son financement. L’assemblée adopte l’échéancier, découvre l’année suivante que la cotisation minimale passe à 8 500 € — 1 020 € pour Franck — et se rend compte que dix ans de cotisation ne couvriront qu’un quart des 340 000 € prescrits.
Les deux votes se préparent ensemble. Adopter « tout ou partie » du plan permet précisément d’ajuster l’engagement au financement disponible.
L’estimation sommaire prise pour un devis. Le plan annonce 340 000 €, les marchés sortent trois ans plus tard à un montant supérieur, et le budget voté ne suffit plus. Le texte lui-même parle d’« une estimation sommaire du coût de ces travaux » : le mot figure dans la loi, et il vaut avertissement.
Un gestionnaire prudent provisionne sur la fourchette haute plutôt que sur l’estimation, et relit l’échéancier à chaque approbation des comptes, puisque le texte l’y ramène de toute façon chaque année.
Ce qu’un bailleur doit vérifier avant l’assemblée
Six points, tous accessibles avec les documents que le syndic doit vous adresser.
Un. La date de réception des travaux de construction. C’est elle qui déclenche le délai de quinze ans, et elle figure au carnet d’entretien.
Deux. Le nombre de lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces. Il détermine la tranche dont relevait le syndicat, donc depuis quand il est en retard le cas échéant.
Trois. L’existence d’un diagnostic technique global et sa conclusion. C’est la seule voie de dispense prévue par le texte.
Quatre. Le montant total des travaux prescrits par le projet de plan. Multiplié par 2,5 %, il donne la cotisation annuelle minimale ; multiplié par 75 %, il donne ce qui restera à financer.
Cinq. La hiérarchisation et l’échéancier. Ce sont eux qui permettent de voter « tout ou partie » plutôt que tout ou rien.
Six. L’intégration au carnet d’entretien, que le texte impose. Un plan adopté qui n’y figure pas est un plan qu’un futur acquéreur ne verra pas.
Si l’immeuble comporte des logements classés F ou G, ajoutez une septième lecture : le calendrier du plan et celui des interdictions de location ne coïncident pas nécessairement, et notre guide sur les passoires thermiques montre comment les faire coïncider. Nous répondons volontiers à une question sur un plan en cours d’adoption.
Faut-il voter le plan ?
La question est mal posée, et c’est peut-être la conclusion la plus utile de ce guide.
Le projet de plan doit être élaboré : ce n’est pas un choix, c’est une obligation depuis le 1er janvier 2025 pour toutes les tailles de copropriété. Le vote ne porte pas sur l’élaboration mais sur l’adoption de tout ou partie de l’échéancier, et cette adoption déclenche la cotisation de 2,5 %.
Trois situations se distinguent nettement. Un immeuble dont le projet ne prescrit rien dans les dix ans ne pose pas de question : le texte n’impose alors aucun vote d’adoption. Un immeuble avec des travaux de sécurité identifiés en pose une, mais dont la réponse est écrite d’avance, parce que le III permet à l’autorité administrative d’agir aux frais du syndicat. Un immeuble avec un ravalement énergétique en tête d’échéancier est le seul vrai cas d’arbitrage — et il se tranche sur le calendrier des interdictions de location plus que sur le confort de trésorerie.
Pour un investisseur, le raisonnement se retourne d’ailleurs volontiers. Adopter au moins la première tranche transforme une dépense subie en dépense programmée, et 30 600 € étalés valent mieux que 30 600 € appelés.
Un mot sur la transparence, pour finir. Hagnéré Investissement accompagne des investisseurs et perçoit des honoraires publics, détaillés sur notre page tarifs ; nos dossiers publiés montrent des opérations réelles. Nous ne réalisons ni diagnostics ni plans pluriannuels, et ce guide se lit avec les trois textes cités.
Ces trois textes ont été relus à leur page dans leur rédaction en vigueur au 27 août 2026. Les articles 14-2 et 14-2-1 de la loi de 1965 y figurent dans leur version du 1er janvier 2023, issue de la loi Climat et résilience du 22 août 2021 ; aucun des trois ne signale de version postérieure.
Faire établir le plan est facile. L’adopter ne l’est pas.
Les modalités d’élaboration se votent à la majorité des voix exprimées ; l’adoption de tout ou partie du plan à la majorité des voix de tous les copropriétaires. Deux mille deux cents tantièmes séparent les deux seuils sur une même assemblée.
- Pourquoi la question revient à chaque approbation des comptes
- Ce que permet la formule « tout ou partie »
- Ce que l’autorité administrative peut faire aux frais du syndicat
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur les copropriétés concernées, le déclencheur des quinze ans, le contenu obligatoire du plan, les deux majorités et ce que le fonds de travaux finance réellement.
Un projet de plan à l’ordre du jour ?
Apportez la convocation, le projet de plan et le dernier appel de fonds. Le calcul du reste à financer tient en deux multiplications.
Faire le point sur un plan01 · L’obligation
01Quelles copropriétés doivent avoir un plan pluriannuel de travaux ?
Toutes, depuis le 1er janvier 2025. L’article 171 de la loi Climat et résilience a échelonné l’entrée en vigueur : le 1er janvier 2023 au-delà de deux cents lots, le 1er janvier 2024 entre cinquante et un et deux cents lots, et le 1er janvier 2025 pour les syndicats comprenant au plus cinquante lots. Les seuils s’apprécient sur les lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces : caves et stationnements ne comptent pas.02À partir de quand un immeuble est-il concerné ?
Quinze ans après la réception des travaux de construction. L’article 14-2 vise « l’expiration d’un délai de quinze ans à compter de la date de réception des travaux de construction de l’immeuble », et impose une actualisation « tous les dix ans ». Le point de départ n’est ni l’achat, ni la mise en copropriété : c’est la réception, qui figure au carnet d’entretien.
02 · Le contenu
03Que doit contenir le plan pluriannuel ?
Quatre rubriques. La liste des travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, à la santé et à la sécurité des occupants, aux économies d’énergie et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ; une estimation du niveau de performance que ces travaux permettent d’atteindre ; « une estimation sommaire du coût de ces travaux et leur hiérarchisation » ; et une proposition d’échéancier pour les dix prochaines années. Le projet se construit à partir d’une analyse du bâti, du diagnostic de performance énergétique et, le cas échéant, du diagnostic technique global.04Peut-on être dispensé d’élaborer un plan pluriannuel ?
Oui, dans un cas précis. Le texte prévoit que « si le diagnostic technique global […] ne fait apparaître aucun besoin de travaux au cours des dix années qui suivent son élaboration, le syndicat est dispensé de l’obligation d’élaborer un projet de plan pluriannuel de travaux ». La dispense suppose donc qu’un diagnostic technique global ait été réalisé et qu’il conclue à l’absence de besoin sur dix ans.
03 · Les votes
05À quelle majorité le plan se vote-t-il ?
À deux majorités différentes selon la décision. Les modalités d’élaboration du projet se votent « à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance ». L’adoption de tout ou partie du plan est en revanche « soumise à la majorité des voix de tous les copropriétaires ». Sur une copropriété de 10 000 tantièmes dont 6 000 présents et 400 abstentions, les seuils sont respectivement de 2 801 et de 5 001.
04 · L’argent
06Le fonds de travaux finance-t-il le plan ?
Un quart seulement. La cotisation minimale au titre du plan est de 2,5 % du montant des travaux qu’il prévoit : dix années de cette cotisation cumulent 25 % du plan, quelle que soit son ampleur. Sur un plan prescrivant 340 000 € de travaux, le fonds aura cotisé 85 000 € au terme de l’échéancier, et il restera 255 000 € à financer par appels de fonds, emprunt collectif ou subventions.07Que risque une copropriété qui n’a pas de plan ?
Une élaboration d’office à ses frais. Le III de l’article 14-2 permet à l’autorité administrative de demander la transmission du plan adopté ; à défaut de transmission « dans un délai d’un mois à compter de la notification de la demande », ou si le plan transmis ne prescrit manifestement pas les travaux nécessaires à la sécurité des occupants, elle peut « élaborer ou actualiser d’office le projet de plan pluriannuel de travaux, en lieu et place du syndicat des copropriétaires et aux frais de ce dernier ».08Faut-il voter l’adoption du plan ?
La question ne porte pas sur l’élaboration, qui est obligatoire, mais sur l’adoption de l’échéancier — laquelle déclenche la cotisation de 2,5 %. Le texte permet d’adopter « tout ou partie » du projet, ce qui autorise à n’engager que la première tranche. Pour un bailleur, adopter transforme une dépense subie en dépense programmée : 30 600 € étalés valent mieux que 30 600 € appelés.
L’obligation ne se discute plus. Son financement, si.
Hagnéré Investissement accompagne des investisseurs et perçoit des honoraires publics. Nous ne réalisons ni diagnostics ni plans pluriannuels, et ce guide se lit avec les trois textes cités.
Sources et date de contrôle
Article 14-2 et article 14-2-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 171, VI, de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, relus à leur source dans leurs rédactions en vigueur.
- Source 01
Article 14-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — projet de plan pluriannuel de travaux — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2023, modifiée par la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, article 171 ; aucune version postérieure signalée. I : « À l’expiration d’un délai de quinze ans à compter de la date de réception des travaux de construction de l’immeuble, un projet de plan pluriannuel de travaux est élaboré dans les immeubles à destination partielle ou totale d’habitation soumis à la présente loi. Il est actualisé tous les dix ans. » Le projet comprend « la liste des travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, à la préservation de la santé et de la sécurité des occupants, à la réalisation d’économies d’énergie et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre », une estimation du niveau de performance atteignable, « une estimation sommaire du coût de ces travaux et leur hiérarchisation » et « une proposition d’échéancier pour les travaux dont la réalisation apparaît nécessaire dans les dix prochaines années ». Dispense : « Si le diagnostic technique global […] ne fait apparaître aucun besoin de travaux au cours des dix années qui suivent son élaboration, le syndicat est dispensé de l’obligation d’élaborer un projet de plan pluriannuel de travaux. » Les modalités d’élaboration se votent « à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance » ; l’adoption de tout ou partie du plan « est soumise à la majorité des voix de tous les copropriétaires ». III : à défaut de transmission du plan adopté « dans un délai d’un mois à compter de la notification de la demande », l’autorité administrative peut « élaborer ou actualiser d’office le projet de plan pluriannuel de travaux, en lieu et place du syndicat des copropriétaires et aux frais de ce dernier ». Consulté le 2026-08-27.
- Source 02
Article 171, VI, de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 — entrée en vigueur échelonnée — Légifrance. Version initiale, aucune version postérieure signalée. L’obligation de plan pluriannuel de travaux s’applique « le 1er janvier 2023, pour les syndicats de copropriétaires comprenant plus de deux cents lots », « le 1er janvier 2024, pour les syndicats comprenant entre cinquante et un et deux cents lots » et « le 1er janvier 2025, pour les syndicats comprenant au plus cinquante lots ». Les trois seuils s’apprécient sur les lots « à usage de logements, de bureaux ou de commerces ». Les trois dates sont passées : depuis le 1er janvier 2025, toutes les tailles de copropriété sont concernées. Consulté le 2026-08-27.
- Source 03
Article 14-2-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — cotisation au fonds de travaux au titre du plan — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2023, aucune version postérieure signalée. Lorsqu’un plan pluriannuel a été adopté, « le montant de la cotisation annuelle ne peut être inférieur à 2,5 % du montant des travaux prévus dans le plan adopté et à 5 % du budget prévisionnel ». À défaut d’adoption d’un plan, il « ne peut être inférieur à 5 % du budget prévisionnel ». L’assemblée, votant à la majorité des voix de tous les copropriétaires, peut décider d’un montant supérieur. Ce guide n’exploite que le plancher assis sur le montant des travaux du plan. Consulté le 2026-08-27.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.