Taxe d'aménagement : la facture qui arrive un an après le chantier, et les trois multiplications qui l'anticipent
Trois administrations, trois moments, aucune ligne sur le devis. C'est la facture la plus mal anticipée d'un projet de travaux, et la raison en est structurelle.
TROIS MULTIPLICATIONS
Elle arrive un an après. Elle se calcule le jour du devis.
Surface créée, valeur forfaitaire, taux de votre commune. Le résultat se met de côté tout de suite, ou se découvre quand le budget est clos.
- L'assiette ignore le coût des travaux : seule la surface compte
- L'abattement de moitié vaut 1 505,25 € sur le projet décrit
- Les taux s'empilent, de 1 % à 8,5 % selon la commune
- 10 % des surfaces d'habitation en collectif se déduisent d'office
VALEUR FORFAITAIRE, PROVINCE
892 €/m²
VALEUR FORFAITAIRE, ÎLE-DE-FRANCE
1 011 €/m²
CUMUL MAXIMAL DES TAUX
8,5 %
VALEUR DE L'ABATTEMENT
1 505,25 €
ÉCART ENTRE DEUX COMMUNES
840,40 €
SEUIL DE FRACTIONNEMENT
1 500 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. L’assiette est la surface créée multipliée par une valeur forfaitaire fixée par la loi : 892 € le mètre carré hors Île-de-France, 1 011 € en Île-de-France, actualisées chaque 1ᵉʳ janvier sur l’indice du coût de la construction1. Un abattement de moitié s’applique notamment aux cent premiers mètres carrés des locaux d’habitation2.
Les taux sont votés localement, et ils s’empilent : de 1 % à 5 % pour la part communale, au plus 2,5 % pour la part départementale, au plus 1 % pour la part régionale en Île-de-France3. Sur le cas de ce guide, l'écart entre la commune la moins chère et la plus chère atteint 840,40 € pour un projet identique.
La déclaration se fait dans les 90 jours suivant l’achèvement, sur l’espace fiscal en ligne. Au-delà de 1 500 € de taxe, le paiement se fractionne en deux titres — le second neuf mois après la fin des travaux.
C’est la facture la plus mal anticipée d’un projet de travaux, et la raison en est structurelle : elle naît d’un document d’urbanisme, se calcule sur une surface, et se réclame par l’administration fiscale plusieurs mois après que les artisans ont été payés. Trois administrations, trois moments, aucune ligne sur le devis.
Ce guide ne décrit pas le formulaire. Il chiffre ce que la taxe coûte, ce qui la fait varier du simple au double, et les trois leviers qui restent à un bailleur : l’abattement, les exonérations de plein droit, et le calendrier de trésorerie.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Yann, 38 ans, conducteur de travaux à Tours, qui aménage 45 m² de surface de plancher supplémentaires dans une maison destinée à la location. Nous rejouerons son projet, identique, dans trois communes différentes. Exemple construit à partir des valeurs et taux officiels cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.
Qu’est-ce qui déclenche la taxe, et à quel moment ?
La taxe est instituée de plein droit dans les communes dotées d’un plan local d’urbanisme ou d’un plan d’occupation des sols, sauf délibération contraire. Elle frappe « les opérations d’aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d’agrandissement des bâtiments » soumises à un régime d’autorisation4.
Deux mots comptent dans cette phrase, et ils décident de tout.
- « Soumises à un régime d’autorisation ». C’est l’autorisation d’urbanisme qui déclenche la taxe, pas les travaux eux-mêmes. Une déclaration préalable suffit à l’engager, au même titre qu’un permis. Un chantier mené sans autorisation ne fait pas disparaître la taxe : il ajoute une amende à une dette.
- « Agrandissement ». Rénover ne taxe pas. Créer de la surface taxe. La ligne de partage est celle de la surface de plancher ou de l’emprise au sol : refaire une salle de bains ne coûte rien, transformer des combles en pièce à vivre coûte.
Personne, dans la chaîne, n’a pour mission de vous en avertir. Le notaire ne la voit pas passer, puisqu’elle naît après la vente. L’artisan ne la chiffre pas, puisqu’elle ne relève pas de son devis. La banque ne la finance pas, puisqu’elle n’existe pas encore au moment du déblocage des fonds. C’est une dépense qui n’a pas de porteur, et c’est pour cela qu’elle surprend — un budget d’investissement bien construit lui réserve une ligne dès l’origine.
Le décalage temporel achève de la rendre invisible. Le fait générateur est l’autorisation, mais la déclaration intervient dans les quatre-vingt-dix jours suivant l’achèvement des travaux, et le titre de perception arrive après. Entre le dépôt du dossier et la facture, il s'écoule couramment plus d’un an.
Le point de vigilance. Aucun devis d’artisan ne la mentionne, aucun plan de financement bancaire ne la prévoit, et l’instructeur d’urbanisme n’a pas à la chiffrer. Elle se calcule soi-même, au moment du devis, ou elle se découvre un an plus tard.
Sur quoi la taxe se calcule-t-elle ?
Sur une surface, multipliée par une valeur fixée par la loi — et non par la valeur réelle des travaux. Un aménagement de combles à 400 € le mètre carré et un autre à 2 000 € produisent la même assiette.
Le texte est précis : la valeur est « fixée forfaitairement à 892 € pour les communes situées hors de la région d’Ile-de-France et à 1 011 € pour les communes situées dans la région d’Ile-de-France », montants « actualisés au 1ᵉʳ janvier de chaque année en fonction du dernier indice du coût de la construction » et arrondis à l’euro inférieur1.
Sur les 45 m² de Yann, cela donne 40 140 € d’assiette brute hors Île-de-France, 45 495 € en Île-de-France. Ce sont ces montants, et non le coût du chantier, que les taux viendront frapper.
Le point de vigilance. Deux conséquences opposées en découlent. Des travaux luxueux sur une petite surface sont peu taxés. Des travaux modestes sur une grande surface le sont lourdement. Un investisseur qui aménage large et sobre paie proportionnellement plus qu’un autre qui aménage petit et cher — ce qui est contre-intuitif, et rarement anticipé.
Encore faut-il savoir ce qui entre dans la surface taxable, car elle ne se confond ni avec la surface habitable, ni avec la surface Carrez. Elle repose sur la surface de plancher, que le code de l’urbanisme définit comme « la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades », après déduction d’une liste précise5 : les surfaces d’une hauteur sous plafond inférieure ou égale à 1,80 mètre, les vides et trémies d’escaliers et d’ascenseurs, les surfaces de stationnement, les combles non aménageables, les locaux techniques — et, dans un immeuble collectif, 10 % des surfaces d’habitation desservies par des parties communes intérieures.
Cette dernière déduction mérite l’attention d’un investisseur qui construit ou divise en collectif : elle retire un dixième de l’assiette d’un coup, sans démarche particulière, mais encore faut-il que le dossier la fasse apparaître.
Trois conséquences pratiques méritent d'être connues d’un investisseur. Un sous-sol ou des combles dont la hauteur reste sous 1,80 mètre ne sont pas taxés, ce qui rend le niveau de plancher fini d’un aménagement de combles autrement plus déterminant qu’il n’y paraît — un architecte ou un géomètre le sait, et le dessine en conséquence. Une division de logement qui ne crée aucune surface ne déclenche rien, même si elle exige une autorisation. Et un changement de destination sans création de surface ne taxe pas davantage, sujet que traite notre guide sur la transformation d’un local commercial en logement.
L’abattement de moitié, et la question qu’il pose à un bailleur
C’est le levier le plus important du calcul, et il divise la facture par deux. Un abattement de 50 % s’applique sur les valeurs forfaitaires, notamment pour « les cent premiers mètres carrés des locaux d’habitation et leurs annexes à usage d’habitation principale », ainsi que pour les locaux d’habitation et d’hébergement relevant du logement aidé, les locaux industriels ou artisanaux et certaines annexes2.
Sur le projet de Yann, en commune B, l'écart se mesure directement.
L’abattement ne se demande pas : il s’applique si le local y a droit. Encore faut-il que le local y ait droit
| Base retenue | Assiette | Taxe à 7,5 % |
|---|---|---|
| Sans abattement | 40 140 € | 3 010,50 € |
| Avec abattement de moitié | 20 070 € | 1 505,25 € |
| Valeur de l’abattement | — | 1 505,25 € |
Reste la question que se pose tout bailleur, et sur laquelle il vaut mieux être franc : les mots « à usage d’habitation principale » visent l’usage du local, non la personne qui l’occupe. Un logement loué nu, occupé par un locataire qui en fait sa résidence principale, entre dans cette catégorie — c’est la lecture retenue en pratique. Mais la qualification appartient au service instructeur, et elle se discute mal après coup.
Deux cas appellent une vérification préalable plutôt qu’une supposition : un logement destiné à la location saisonnière ou meublée de tourisme, qui n’est la résidence principale de personne ; et les annexes — abri, garage, dépendance — dont le rattachement à l’habitation principale n’a rien d’automatique. Poser la question au dépôt du dossier coûte un courriel.
Pourquoi le même projet coûte-t-il du simple au double ?
Parce que les taux ne sont pas nationaux, qu’ils s’empilent, et que leurs bornes sont larges.
Trois parts, trois plafonds — et la troisième n’existe qu’en Île-de-France
| Part | Qui la vote | Bornes |
|---|---|---|
| Communale ou intercommunale | la commune ou l'établissement | de 1 % à 5 % |
| Départementale | le département | au plus 2,5 % |
| Régionale | la région d'Île-de-France | au plus 1 % |
Le cumul va donc de 1 % dans une commune qui applique le plancher sans part départementale, à 8,5 % en Île-de-France lorsque les trois parts sont au maximum3. Voici ce que cela donne sur le projet de Yann, rejoué à l’identique.
Quarante-cinq mètres carrés, trois adresses, 840,40 € d'écart
| Commune | Taux cumulé | Taxe | Total avec archéologie |
|---|---|---|---|
| A — province, 3 % + 2,5 % | 5,5 % | 1 103,85 € | 1 184,13 € |
| B — province, 5 % + 2,5 % | 7,5 % | 1 505,25 € | 1 585,53 € |
| C — Île-de-France, 5 % + 2,5 % + 1 % | 8,5 % | 1 933,54 € | 2 024,53 € |
Deux points de taux. C’est tout ce qui sépare la commune A de la commune B, et cela suffit à déplacer la facture de 401,40 €. La part communale est le seul curseur réellement ouvert : le département plafonne à 2,5 % et l’immense majorité l’applique, la région d'Île-de-France plafonne à 1 %. Autrement dit, la variabilité tient presque entièrement à une délibération municipale, votée par des conseillers qui arbitrent entre financer les équipements publics et ne pas décourager la construction — arbitrage parfaitement légitime, mais qui se traduit sur votre titre de perception.
Un rapport de 1,71 entre les deux extrêmes, pour un projet strictement identique. Les taux se consultent auprès du service urbanisme, ou sur la délibération de la collectivité — et ils changent, puisqu’ils se votent chaque année.
La taxe d’archéologie préventive, qui s’ajoute sans prévenir
Elle figure sur le même titre de perception, et presque personne ne l’attend. Son assiette est « la valeur de l’ensemble immobilier servant d’assiette à la taxe d’aménagement », son taux est fixé à 0,40 %, elle est liquidée selon les mêmes modalités et recouvrée par un titre unique6.
Son nom déroute, et sa logique se comprend mieux quand on sait à quoi elle sert : financer les diagnostics et les fouilles préventives menés avant que des travaux ne détruisent d'éventuels vestiges. Elle frappe donc les mêmes opérations que la taxe d’aménagement, avec les mêmes abattements et les mêmes exonérations de plein droit, et se règle sur le même titre.
Quatre-vingts euros sur le projet de Yann hors Île-de-France, quatre-vingt-onze en Île-de-France. Ce n’est pas le poste qui fait basculer un budget, mais c’est celui qui explique pourquoi le montant reçu ne correspond jamais à celui qu’on avait calculé.
Quand faut-il déclarer, et quand faut-il payer ?
Depuis la réforme, la déclaration ne se fait plus auprès de l’urbanisme mais auprès de l’administration fiscale, et elle incombe au redevable. Elle intervient dans les quatre-vingt-dix jours suivant l’achèvement des travaux, depuis l’espace personnel en ligne, rubrique de gestion des biens immobiliers7.
Le paiement suit, et il se fractionne selon un seuil.
Mille cinq cents euros séparent un paiement unique d’un paiement en deux fois
| Montant de la taxe | Modalité |
|---|---|
| Jusqu'à 1 500 € | un titre unique, à partir de 90 jours après l’achèvement |
| Au-delà de 1 500 € | deux titres — l’un sous 90 jours, l’autre 9 mois après l’achèvement |
Le cas de Yann en commune B illustre la brutalité du seuil : sa taxe s'élève à 1 505,25 €. Elle dépasse la barre de 5,25 €, et bascule dans le paiement fractionné. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle sur le fond — étaler soulage la trésorerie — mais cela signifie qu’un second titre arrivera neuf mois après la fin du chantier, longtemps après que le dossier aura été classé.
Reste la question de la contestation. Le titre de perception mentionne les voies et délais de recours, et l’erreur la plus fréquemment corrigée n’est pas un désaccord sur les taux — ils sont publics — mais une surface mal reportée ou un abattement non appliqué. Une réclamation adressée au service des impôts, pièces à l’appui, se traite sans avocat. Le plan coté de l’architecte et l’attestation d’achèvement suffisent le plus souvent à établir la surface réelle.
Un mot enfin sur le traitement fiscal, et il appelle de la prudence plutôt qu’une affirmation. La taxe naît d’une opération de construction, de reconstruction ou d’agrandissement — précisément la catégorie de dépenses qui, en revenus fonciers, ne suit pas le régime des travaux d’amélioration. Son sort déclaratif se rattache donc à celui de l’opération qui l’a fait naître, et cette qualification se tranche au cas par cas. C’est une question pour un expert-comptable avant la déclaration, pas après un contrôle : notre guide sur l’imputation du déficit foncier détaille où passe la frontière entre amélioration et agrandissement, et pourquoi elle décide de tout.
Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant
Aucun ne relève du droit fiscal. Quatre omissions de méthode, toutes réparables au moment du devis.
Ne pas la provisionner du tout. C’est l’incident fondateur, et il rejoint la famille des frais qu’on ne voit pas venir. La taxe arrive quand l’enveloppe est consommée et les artisans payés : sur le projet de Yann en commune B, 1 585,53 € à sortir alors que le budget est clos. Le geste qui l'évite tient en trois multiplications, faites le jour du devis.
Calculer sur le coût des travaux. L’assiette est une surface multipliée par une valeur légale, jamais le montant du chantier. Un bailleur qui provisionne un pourcentage de son devis se trompe dans les deux sens. Sur les 45 m² de Yann, la taxe s'élève à 1 505,25 € que le chantier ait coûté 30 000 € ou 90 000 € : provisionner 2 % d’un devis de 30 000 € met 600 € de côté, soit 905,25 € de moins que nécessaire.
Supposer l’abattement acquis. Il vaut 1 505,25 € sur ce projet, soit la moitié de la facture. Il s’applique aux locaux d’habitation dans les conditions du texte, et la qualification appartient au service instructeur. Sur un bien destiné à la location saisonnière ou sur une annexe, la supposition coûte cher : c’est le montant qui double.
Ignorer les taux locaux. Le même projet coûte 1 184,13 € ici et 2 024,53 € ailleurs, soit 840,40 € d'écart. Sur une acquisition où l’on hésite entre deux communes, ce n’est pas décisif ; sur un programme de plusieurs opérations dans le même secteur, cela finit par compter, et cela se vérifie en une consultation de délibération.
Ce qu’on peut légitimement éviter
Il ne s’agit pas d’optimisation : les exonérations sont de plein droit, elles figurent au texte, et elles ne se demandent pas. Encore faut-il savoir qu’elles existent, et concevoir le projet en conséquence quand c’est possible.
- Les constructions de cinq mètres carrés ou moins. Le seuil est le même que celui qui déclenche la déclaration préalable, ce qui n’est pas un hasard : en dessous, aucune formalité et aucune taxe8.
- Les surfaces de stationnement aménagées au-dessus ou en dessous des immeubles. Un garage intégré au volume bâti ne suit pas le même régime qu’un garage isolé, ce qui peut orienter une conception.
- La reconstruction à l’identique d’un bâtiment détruit depuis moins de dix ans, sous les conditions du texte.
- Les locaux agricoles — serres, locaux d'élevage, stockage de matériel — et les constructions affectées à un service public, sous condition de maintien de l’affectation.
Notre guide sur la déclaration préalable de travaux détaille l’autre versant de la même opération : quelle autorisation déposer, à quel moment, et ce qu’on risque à s’en passer. Les deux se calculent ensemble, au même moment du projet.
La conclusion qui ne nous arrange pas. Il serait vendeur d'écrire que la taxe d’aménagement change la rentabilité d’une opération. Ce n’est pas vrai à cette échelle : 1 585,53 € sur un projet de travaux à plusieurs dizaines de milliers d’euros ne fait pas basculer un dossier, et aucun investisseur ne devrait renoncer à créer de la surface pour cette raison. Ce qu’elle change, c’est la trésorerie, et à un moment précis — un an après, quand plus personne ne l’attend. Le vrai sujet n’est donc pas de la réduire, c’est de la provisionner. Trois multiplications au moment du devis, une ligne dans le budget, et le problème disparaît.
Un dernier mot pour les opérations d’ampleur. Au-delà de cinq mille mètres carrés, le calendrier change : une part de la taxe devient exigible dès le neuvième mois suivant la délivrance de l’autorisation, et une autre au dix-huitième — donc avant l’achèvement, parfois même avant le démarrage effectif du chantier. Un promoteur le sait ; un investisseur qui monte sa première opération de cette taille l’apprend rarement à temps. La question se pose au service des impôts fonciers dès le dépôt du dossier, avec les plans en main.
Le notaire ne la voit pas. L'artisan ne la chiffre pas.
Elle naît après la vente, ne relève d'aucun devis, et n'existe pas encore au déblocage des fonds. C'est pour cela qu'elle surprend.
- Le seuil de 1 500 € qui fractionne le paiement en deux titres
- Les exonérations de plein droit qu'on n'utilise pas
- Le calendrier propre aux opérations de plus de 5 000 m²
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur le calcul, les taux, l'abattement, l'abri de jardin, la taxe d'archéologie, le paiement fractionné et les travaux sans autorisation.
Un projet de travaux à budgéter ?
Apportez la surface créée et l'adresse. Les trois multiplications se font en vingt minutes, et le montant se provisionne le jour du devis.
Faire le point sur votre projet01 · Le calcul
01Quand la taxe d'aménagement est-elle due ?
Le fait générateur est l'autorisation d'urbanisme, pas les travaux. Une déclaration préalable la déclenche au même titre qu'un permis de construire, dès lors que l'opération crée de la surface. La déclaration au fisc intervient ensuite dans les quatre-vingt-dix jours suivant l'achèvement, depuis l'espace personnel sur impots.gouv.fr, et le titre de perception arrive après. Entre le dépôt du dossier d'urbanisme et la facture, il s'écoule couramment plus d'un an — ce qui explique qu'elle soit si mal provisionnée.02Comment calculer la taxe d'aménagement ?
En trois multiplications. La surface de plancher ou l'emprise au sol créée, multipliée par la valeur forfaitaire — 892 € le mètre carré hors Île-de-France, 1 011 € en Île-de-France pour 2026 —, puis par les taux cumulés votés localement. Un abattement de moitié s'applique notamment aux cent premiers mètres carrés des locaux d'habitation. Le coût réel des travaux n'entre jamais dans le calcul : deux chantiers au budget très différent sur la même surface produisent la même taxe.03Quels sont les taux de la taxe d'aménagement ?
Ils sont votés localement et s'empilent. La part communale ou intercommunale ne peut être inférieure à 1 % ni excéder 5 %. La part départementale ne peut excéder 2,5 %. En Île-de-France s'ajoute une part régionale plafonnée à 1 %. Le cumul va donc de 1 % à 7,5 % en province, et jusqu'à 8,5 % en Île-de-France. Sur le projet de 45 m² décrit ici, l'écart entre la commune la moins chère et la plus chère atteint 840,40 €.
02 · Les cas
04Un abri de jardin est-il taxé ?
Oui au-delà de cinq mètres carrés, non en deçà. Les constructions dont la surface est inférieure ou égale à 5 m² sont exonérées de plein droit — c'est le même seuil que celui qui déclenche la déclaration préalable de travaux, et ce n'est pas un hasard. Au-delà, l'abri entre dans l'assiette au tarif plein, l'abattement de moitié réservé aux locaux d'habitation ne s'appliquant pas automatiquement à une annexe. La qualification se vérifie auprès du service instructeur.05L'abattement de 50 % s'applique-t-il à un logement locatif ?
Les mots du texte visent « les cent premiers mètres carrés des locaux d'habitation et leurs annexes à usage d'habitation principale ». La qualification porte sur l'usage du local, non sur la personne qui l'occupe : un logement loué nu et occupé par un locataire qui en fait sa résidence principale entre dans cette catégorie. Deux cas appellent une vérification préalable plutôt qu'une supposition : la location saisonnière ou meublée de tourisme, et les annexes. L'enjeu est la moitié de la facture.
03 · La facture
06Qu'est-ce que la taxe d'archéologie préventive qui figure sur mon titre ?
Une taxe distincte, assise sur la même valeur que la taxe d'aménagement, au taux de 0,40 %. Elle est liquidée selon les mêmes modalités et recouvrée par un titre unique, ce qui explique qu'elle apparaisse sans avoir été anticipée. Sur le projet décrit ici, elle représente 80,28 € hors Île-de-France et 90,99 € en Île-de-France. Ce n'est pas le poste qui fait basculer un budget, mais c'est celui qui explique l'écart entre le montant calculé et le montant reçu.07Peut-on payer la taxe en plusieurs fois ?
Le fractionnement est automatique au-delà d'un seuil. Jusqu'à 1 500 €, un titre unique est émis à partir de quatre-vingt-dix jours après l'achèvement. Au-delà, deux titres sont émis : l'un à régler sous quatre-vingt-dix jours, l'autre neuf mois après la fin des travaux. Le seuil est brutal — sur le cas décrit, la taxe atteint 1 505,25 € et bascule dans le paiement en deux fois pour 5,25 € de dépassement. Le second titre arrive alors longtemps après le classement du dossier.
04 · Sans autorisation
08Que se passe-t-il si j'ai fait des travaux sans autorisation ?
La taxe reste due. Le fait générateur est l'autorisation qui aurait dû être obtenue, et l'absence de dossier ne fait pas disparaître la dette fiscale : elle y ajoute l'exposition à l'amende prévue par le code de l'urbanisme, qui démarre à 1 200 € et se calcule au mètre carré construit. Régulariser reste donc préférable, y compris tardivement, puisque cela met fin au manquement d'urbanisme sans aggraver la situation fiscale.
Le sujet n'est pas de la réduire. Il est de la provisionner.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s'utilise sans nous : les valeurs sont au code général des impôts et les taux se consultent auprès de votre commune.
Sources et date de contrôle
- Source 01
Article 1635 quater H du code général des impôts — valeur forfaitaire par mètre carré — Légifrance. La valeur par mètre carré de surface servant d'assiette est « fixée forfaitairement à 892 € pour les communes situées hors de la région d'Ile-de-France et à 1 011 € pour les communes situées dans la région d'Ile-de-France ». Ces montants sont « actualisés au 1er janvier de chaque année en fonction du dernier indice du coût de la construction » publié par l'Institut national de la statistique et des études économiques, et arrondis à l'euro inférieur. L'assiette ne dépend donc jamais du coût réel des travaux. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 02
Article 1635 quater I du code général des impôts — abattement de 50 % — Légifrance. Un abattement de 50 % est appliqué sur les valeurs forfaitaires pour plusieurs catégories, dont les locaux d'habitation et d'hébergement ainsi que leurs annexes relevant du logement aidé, « les cent premiers mètres carrés des locaux d'habitation et leurs annexes à usage d'habitation principale », les locaux industriels au sens du A du I de l'article 1500 ou à usage artisanal et leurs annexes, ainsi que les locaux issus d'opérations de transformation. La qualification d'usage d'habitation principale porte sur l'usage du local et relève de l'appréciation du service instructeur. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 03
Article 1635 quater M du code général des impôts — taux de la taxe d'aménagement — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er septembre 2022. I : « Le taux de taxe d'aménagement fixé par une commune ou un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre ne peut être inférieur à 1 % et ne peut excéder 5 %. » II : le taux de la part départementale ne peut excéder 2,5 %. III : le taux de la part régionale, propre à l'Île-de-France, ne peut excéder 1 %. Le cumul théorique va donc de 1 % à 7,5 % hors Île-de-France, et jusqu'à 8,5 % en Île-de-France. Les taux sont votés localement et révisables. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 04
Article 1635 quater A du code général des impôts — institution et champ de la taxe d'aménagement — Légifrance. Sauf délibération contraire, une taxe d'aménagement est instituée dans les communes dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un plan d'occupation des sols. Sont soumises à la taxe les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du code de l'urbanisme. Le fait générateur est donc l'autorisation d'urbanisme — déclaration préalable comprise —, et non la réalisation des travaux. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 05
Article R. 111-22 du code de l'urbanisme — définition de la surface de plancher — Légifrance. Créé par le décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015. La surface de plancher de la construction est égale à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades, après déduction : de l'épaisseur des murs entourant les embrasures des portes et fenêtres donnant sur l'extérieur ; des vides et des trémies afférentes aux escaliers et ascenseurs ; des surfaces de plancher d'une hauteur sous plafond inférieure ou égale à 1,80 mètre ; des surfaces de plancher aménagées en vue du stationnement des véhicules ; des surfaces de plancher des combles non aménageables ; des locaux techniques nécessaires au fonctionnement d'un groupe de bâtiments ; des surfaces de plancher des caves ou celliers annexes à des logements ; et d'une surface égale à 10 % des surfaces de plancher affectées à l'habitation lorsque les logements sont desservis par des parties communes intérieures. La surface taxable ne se confond donc ni avec la surface habitable au sens de la loi Boutin, ni avec la superficie Carrez. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 06
Article 235 ter ZG du code général des impôts — taxe d'archéologie préventive — Légifrance. L'assiette est constituée par « la valeur de l'ensemble immobilier servant d'assiette à la taxe d'aménagement », déterminée selon les modalités des articles 1635 quater H à 1635 quater K. Le taux est fixé à « 0,40 % ». La taxe est liquidée selon les mêmes modalités que la taxe d'aménagement et recouvrée par les comptables publics compétents au moyen d'un titre unique de perception. Les redevances d'archéologie préventive antérieurement acquittées peuvent être déduites de la taxe due. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 07
Tout savoir sur la taxe d'aménagement — modalités de déclaration et de paiement — Ministère de l'économie et des finances. Page officielle. La déclaration des éléments nécessaires au calcul de la taxe incombe au redevable et s'effectue sur impots.gouv.fr, depuis l'espace personnel, rubrique « Gérer mes biens immobiliers », dans les quatre-vingt-dix jours suivant l'achèvement des travaux au sens fiscal. Modalités de paiement : lorsque le montant de la taxe est inférieur à 1 500 €, un titre de perception unique est émis à partir de quatre-vingt-dix jours après la date d'achèvement ; au-delà de 1 500 €, deux titres sont émis, l'un à régler sous quatre-vingt-dix jours, l'autre neuf mois après l'achèvement. Pour les projets d'une surface supérieure ou égale à 5 000 m², un calendrier propre s'applique, une part de la taxe devenant exigible au neuvième puis au dix-huitième mois suivant la délivrance de l'autorisation. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 08
Article 1635 quater D du code général des impôts — exonérations de plein droit — Légifrance. Version en vigueur du 1er janvier 2026 au 1er janvier 2027. L'article énumère onze catégories d'exonérations de plein droit, dont : « les constructions dont la surface est inférieure ou égale à 5 mètres carrés » ; les constructions affectées à un service public ou d'utilité publique, sous condition de conservation de l'affectation pendant cinq ans au moins ; les locaux d'habitation et d'hébergement relevant du logement aidé ; les surfaces agricoles — serres de production, locaux d'élevage, locaux de stockage de matériel ; les bâtiments des centres équestres de loisir ; les aménagements prescrits par un plan de prévention des risques ; la reconstruction de bâtiments détruits depuis moins de dix ans ; et « les surfaces annexes, à usage de stationnement, aménagées au-dessus ou en-dessous des immeubles ». Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
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