Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 19 août 20268 sourcesMéthode en cinq passes

Frais d’un investissement locatif : les onze postes, pas les trois

Votre simulateur annonçait 5,07 % net. Vous encaissez 1,87 %. L’écart ne vient d’aucune mauvaise surprise : il vient de six postes qui n’arrivent pas tous les ans, et qu’un tableau annuel ne peut pas voir par construction.

AVANT DE SIGNER L’OFFRE

Le poste qui coûte le plus n’est jamais celui qu’on vous montre

Ni la taxe foncière, ni l’assurance, ni les frais de gestion. Les six postes les plus lourds sont ceux qu’un propriétaire de première année n’a encore jamais payés — donc ceux qu’aucun tableau ne contient.

  • Les cinq charges annuelles jamais modélisées
  • Comment ramener un poste décennal en provision
  • La cotisation foncière due même en non professionnel
  • Ce qui transforme une provision en trou

RENDEMENT ANNONCÉ

5,07 %

RENDEMENT RÉEL

1,87 %

ÉCART

3,20 pts

POSTES COMPTÉS

3 sur 11

OUBLIÉ PAR AN

4 096 €

SUR DIX ANS

40 963 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Un simulateur de rendement compte trois charges : taxe foncière, assurance propriétaire non occupant, frais de gestion. Sur le dossier qui sert de fil rouge, cela fait 1 787 € par an, soit 21,6 % du loyer. Le compte réel en comprend onze et totalise 5 884 €, soit 71,1 % du loyer.

Les 4 096 € d'écart se répartissent en trois familles : cinq charges annuelles jamais modélisées — dont la cotisation foncière des entreprises, due en location meublée et absente de tous les guides1 —, six postes périodiques ramenés en provision, et la vacance.

Le classement des onze postes surprend. La relocation arrive en tête avec 0,444 point de rendement, devant les charges de copropriété non récupérables et l’entretien courant. La taxe foncière, dont tout le monde parle, ne figure même pas dans ce classement : elle est la seule que les simulateurs comptent déjà.

Ce guide ne liste pas des charges. Cette liste existe partout, et elle ne sert à rien parce qu’elle est annuelle. Il montre comment traiter les dépenses qui reviennent tous les quatre, huit ou vingt ans — celles qui n’ont aucune ligne dans un tableur et qui pèsent, ensemble, plus lourd que toutes les autres.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Malik, 47 ans, technicien réseau à Angers, propriétaire depuis six ans d’un T3 de 58 m² acheté 128 000 € tout compris et loué 690 € hors charges — 8 280 € par an, soit 6,47 % de rendement brut. Le logement est classé E au diagnostic de performance énergétique. Exemple construit à partir des fourchettes de marché citées dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.

Que compte réellement un simulateur de rendement ?

Trois lignes, presque toujours les mêmes. La taxe foncière, 980 € chez Malik. L’assurance propriétaire non occupant, 145 €2. Les frais de gestion, 8 % toutes taxes comprises des loyers encaissés, soit 662 €3. Total : 1 787 €, et un rendement net affiché de 5,07 %.

Ce n’est pas malhonnête. C’est simplement ce qu’un formulaire à trois champs peut faire. Le problème commence quand ce chiffre devient la base d’une décision, parce qu’il ignore huit postes dont six ne se laissent pas mettre dans un champ annuel.

La raison de cette pauvreté est structurelle et vaut la peine d'être comprise, parce qu’elle explique pourquoi le problème ne se corrigera pas tout seul. Un simulateur doit rendre un résultat en trente secondes à quelqu’un qui n’a pas encore acheté : il ne peut demander ni le décompte du syndic, ni l'âge de la chaudière, ni la classe énergétique, ni la durée moyenne des baux du quartier. Il modélise donc ce qui se saisit vite, et ce qui se saisit vite est précisément ce qui ne fait pas mal. Le diagnostiqueur qui passe avant l’achat, l’artisan qui chiffre la remise en état et le gestionnaire qui connaît le turnover de l’immeuble détiennent chacun un morceau du compte réel, et aucun formulaire ne les interroge.

Notre guide du rendement brut, net et net-net explique la mécanique des trois étages. Celui-ci s’attaque à ce qui manque au troisième.

Cinq charges annuelles que personne ne modélise

Commençons par les plus simples : celles qui reviennent chaque année, qu’aucun simulateur ne propose, et qui totalisent déjà 1 834 € chez Malik.

Cinq lignes annuelles qui doublent le poste de charges

Cinq charges annuelles que personne ne modélise — tableau 1
Charges de copropriété non récupérables520 €On retient le total des charges, pas la part qui reste au propriétaire
Entretien courant et petites réparations480 €Aucune facture la première année, donc aucune ligne
Expert-comptable420 €Facultatif, donc considéré comme optionnel — jusqu’au premier contrôle
Garantie contre les loyers impayés224 €Souscrite après coup, rarement budgétée avant
Cotisation foncière des entreprises190 €Personne ne sait qu’elle est due

La dernière ligne mérite un paragraphe entier, parce qu’elle est la plus méconnue. La location meublée est une activité commerciale pour cet impôt : vous en êtes redevable même en loueur non professionnel, sauf si vos recettes annuelles ne dépassent pas 5 000 €1. L’année de création est exonérée, ce qui explique pourquoi la première facture arrive en décembre de la deuxième année et surprend tout le monde.

Son montant ne se prédit pas. Il repose sur une base minimum fixée par la commune à l’intérieur d’un barème légal, à laquelle s’applique le taux voté localement : deux logements identiques dans deux communes voisines ne paient pas la même chose. Retenez l’ordre de grandeur, provisionnez, et lisez votre avis.

Le point de vigilance. Les charges de copropriété se lisent en deux temps. Le total figure sur l’appel de fonds ; la part récupérable sur le locataire est fixée par décret et ne recouvre pas tout. Ascenseur, entretien des parties communes et eau se récupèrent en partie ; les honoraires de syndic, les travaux et le fonds de travaux ne se récupèrent pas. Demandez au syndic la ventilation, pas le total.

Cette ventilation obéit à un texte précis, et non à l’usage : le décret du 26 août 1987 fixe la liste limitative des charges récupérables sur le locataire8. Tout ce qui n’y figure pas reste au propriétaire, sans négociation possible, et c’est précisément la part que les simulateurs ne connaissent pas. Les honoraires du syndic, les travaux votés, la cotisation au fonds de travaux et l’assurance de l’immeuble en font partie.

Un second mécanisme se greffe sur celui-là et produit des surprises dans les deux sens, à la hausse comme à la baisse. Les provisions versées chaque mois par le locataire doivent être régularisées au moins une fois par an, un mois après lui avoir communiqué le décompte par nature de charges et le mode de répartition. Si les provisions dépassent les dépenses réelles, vous remboursez ; dans le cas contraire, vous réclamez un complément — et vous disposez de trois ans pour le faire, mais un rappel tardif peut être écarté par le juge, et le locataire peut exiger un étalement sur douze mois si la régularisation intervient après la fin de l’année civile suivante8. Autrement dit, une régularisation oubliée deux ans devient une créance difficile à recouvrer sur un locataire qui, lui, a intégré le montant de sa quittance.

Comment provisionner ce qui n’arrive pas tous les ans ?

En divisant. Un poste qui coûte 4 200 € tous les vingt ans coûte 210 € par an, et cette ligne doit exister dans votre tableau même les années où rien ne se passe. C’est toute la méthode, et elle change le résultat de trois points.

Six dépenses qui n’ont aucune ligne dans un tableur annuel

Comment provisionner ce qui n’arrive pas tous les ans ? — tableau 2
Relocation : honoraires, remise en état, vacance2 275 €4 ans569 €
Remise à niveau énergétique9 000 €20 ans450 €
Renouvellement du mobilier3 200 €8 ans400 €
Quote-part de ravalement ou de toiture4 200 €20 ans210 €
Remplacement de la chaudière ou du ballon2 600 €15 ans173 €
Diagnostics à refaire280 €6 ans47 €

Deux lignes appellent une précision. Les diagnostics d’abord : le diagnostic de performance énergétique vaut dix ans, ceux de l'électricité et du gaz six ans en location, et l'état des risques doit dater de moins de six mois à la signature du bail4. Une relocation en déclenche donc au moins un, et ce n’est jamais le même.

La remise à niveau énergétique ensuite, qui est la ligne la plus incertaine et la plus datée à la fois. Le logement de Malik est classé E : il ne pourra plus être loué à partir du 1er janvier 20345. Ce n’est pas un risque, c’est une échéance. La provision de 9 000 € retenue ici correspond à un gain d’une classe ; le guide propriétaire du ministère chiffre à environ 29 000 € hors taxes la rénovation d’un appartement classé E visant deux classes, aides publiques non déduites6. Provisionner le bas de la fourchette est un choix, et il faut savoir qu’on le fait. Retenir la référence haute changerait le résultat de tout ce guide : la provision passerait de 450 à 1 450 € par an et le rendement net réel de 1,87 à 1,09 %, sur un dossier en tous points identique. Un seul poste, une seule hypothèse, et près d’un point de rendement.

Deux éléments jouent en sens inverse et méritent d'être portés au compte. Les aides publiques d’abord — MaPrimeRénov' pour une rénovation d’ampleur, certificats d'économies d'énergie, aides des collectivités — réduisent la facture nette sans qu’aucun montant ne puisse être annoncé à l’avance, puisqu’il dépend des revenus du propriétaire et des gestes retenus. Le gain de valeur ensuite : le guide ministériel relève qu’un passage de l'étiquette E à l'étiquette C s’accompagne d’une valorisation de 4 à 11 % du prix6. Sur les 128 000 € de Malik, cela représente 5 120 à 14 080 €, à mettre en face des travaux. La dépense reste une dépense, mais elle n’est pas perdue.

Une précision fiscale s’impose ici, parce qu’elle change le montant à mettre de côté. Une provision n’est pas une charge déductible : au régime réel, vous ne déduisez que la dépense effectivement payée, l’année où elle l’est. L’argent que vous placez sur un compte d’attente est donc de l’argent après impôt, et il ne réduira votre résultat que le jour du ravalement ou du remplacement de la chaudière. Cette asymétrie explique pourquoi tant de propriétaires ne provisionnent pas : l’effort est immédiat, l’avantage fiscal est différé de quinze ans, et rien dans la déclaration ne le rappelle.

Elle a une conséquence pratique que votre expert-comptable vous dira rarement spontanément, parce qu’elle ne relève pas de la déclaration : provisionnez sur un compte séparé, mais ne comptez pas cet argent comme une charge de l’année. Il sortira du résultat plus tard, en une fois, et il produira alors une économie d’impôt d’autant plus forte que la dépense sera concentrée — voire un amortissement si les travaux augmentent la valeur du bien et que vous relevez d’un régime qui l’autorise.

De 5,07 à 1,87 % : où sont passés les trois points ?

Additionnons. Le simulateur comptait 1 787 €. Les charges annuelles oubliées ajoutent 1 834 €, les provisions périodiques 1 849 €, la vacance 414 €. Total : 5 884 €, soit 71,1 % du loyer annuel au lieu des 21,6 % modélisés.

Le rendement net passe donc de 5,07 % à 1,87 %. 3,20 points de différence, sans qu’aucun accident ne soit survenu, sans travaux imprévus, sans locataire défaillant. Sur dix ans, les postes oubliés représentent 40 963 €, soit près de cinq années de loyer.

Les six postes les plus lourds, et aucun n’est celui dont on parle

De 5,07 à 1,87 % : où sont passés les trois points ? — tableau 3
Relocation569 €0,444 point
Charges de copropriété non récupérables520 €0,406 point
Entretien courant480 €0,375 point
Remise à niveau énergétique450 €0,352 point
Expert-comptable420 €0,328 point
Vacance414 €0,323 point

Regardez ce que ce classement ne contient pas. Ni la taxe foncière, ni l’assurance, ni les frais de gestion — précisément les trois que les simulateurs comptent. Les postes qui font mal sont ceux dont personne ne parle, et la raison est mécanique : on modélise ce qu’on a déjà payé, et un propriétaire de première année n’a encore payé aucun des six premiers.

Le poste le plus lourd est celui qu’on ne contrôle pas

Une relocation coûte 2 275 € chez Malik : un mois de loyer d’honoraires de mise en location, 550 € de remise en état, et six semaines de vacance entre deux baux. Divisé par quatre années d’occupation moyenne, cela fait 569 € par an — le premier poste du classement.

Sauf que ces quatre années sont une hypothèse. Personne ne publie de durée moyenne d’occupation exploitable au niveau d’un logement, et c’est le trou de donnée le plus gênant de tout ce dossier. Voici donc ce que l’hypothèse change.

Avec un bail moyen de deux ans, la provision monte à 1 138 € et le rendement réel tombe à 1,43 %. À trois ans, 758 € et 1,72 %. À quatre ans, 569 € et 1,87 %. À six ans, 379 € et 2,02 %. À huit ans, 284 € et 2,09 %. L'écart entre le meilleur et le pire cas atteint 0,66 point — davantage que la taxe foncière entière.

Ce chiffre a une conséquence pratique immédiate, et elle vaut mieux que n’importe quelle négociation de charges : tout ce qui allonge la durée d’occupation vaut de l’argent. Un logement bien entretenu, un loyer légèrement sous le marché, un propriétaire qui répond aux demandes en quarante-huit heures — ces trois choses ne coûtent presque rien et déplacent le poste le plus lourd du compte. Notre guide du stress test chiffre ce que la vacance devient quand elle dérape.

Ce qui transforme une provision en trou

Provisionner ne suffit pas. Trois situations transforment une ligne de tableur en découvert réel, et elles se ressemblent : la dépense arrive avant que la provision ne soit constituée.

Le ravalement voté la troisième année. La provision de 210 € par an suppose vingt ans pour réunir 4 200 €. Si l’assemblée générale vote les travaux au bout de trois ans, la cagnotte contient 630 € et l’appel de fonds en réclame 4 200 €.

Le trou vaut 3 570 €, soit plus de cinq mois de loyer, à sortir dans le délai fixé par l’assemblée. C’est l’argument décisif pour lire les trois derniers procès-verbaux avant d’acheter : un ravalement se vote des années avant d'être appelé, et le procès-verbal est communicable.

La chaudière qui lâche en janvier. Le remplacement est provisionné sur quinze ans, mais l’appareil avait déjà douze ans à l’achat. La panne survient la troisième année, quand la provision atteint 519 €.

Il manque 2 081 €, et le délai n’est pas négociable puisqu’un logement sans chauffage n’est pas décent. La parade tient en une ligne du rapport de visite : notez l'âge des équipements, pas seulement leur état de fonctionnement, et provisionnez sur la durée résiduelle plutôt que sur la durée de vie théorique.

La double relocation la même année. Deux locataires successifs partent en douze mois — une mutation, puis une séparation. Le tableur prévoyait une relocation tous les quatre ans.

La facture double : 4 550 € au lieu des 569 € provisionnés, soit un trou de 3 981 €. Ce scénario n’a rien d’exceptionnel sur un petit logement en centre-ville, et c’est la raison pour laquelle une réserve doit exister en plus des provisions — les deux ne se confondent pas, comme le détaille notre guide du budget d’entrée.

Ce qu’il faut faire de cette liste

Trois usages, selon l’endroit où vous en êtes.

  1. Avant d’acheter, refaites le calcul avec les onze lignes. Un rendement net annoncé sans provision périodique surestime le résultat de trois points environ. Si le dossier ne tient plus avec le compte complet, il ne tenait pas.
  2. Après l’achat, ouvrez un compte dédié aux provisions. Les 4 096 € annuels ne servent à rien s’ils restent sur le compte courant : ils y seront dépensés. Un virement automatique mensuel de 341 € transforme une ligne de tableur en argent disponible.
  3. Chaque année, réajustez trois postes. La taxe foncière suit une revalorisation indexée sur les prix7, les charges de copropriété se régularisent, et la durée résiduelle de vos équipements diminue mécaniquement.

Une dernière remarque, et elle va contre l’intérêt de qui vend de l’accompagnement. La plupart de ces onze postes ne se négocient pas et ne s’optimisent pas. On ne fait pas baisser une taxe foncière, un ravalement voté ou une échéance réglementaire. Ce qui se joue vraiment, c’est le prix d’achat — parce qu’il est le seul dénominateur sur lequel on peut agir — et la durée d’occupation, parce qu’elle est le seul numérateur qui se protège.

Reste un douzième poste que ce guide ne chiffre pas, faute de savoir le faire honnêtement : votre temps. Relire un décompte de charges, comparer deux devis, préparer un dossier de relocation, suivre une assemblée générale — cela représente quelques dizaines d’heures par an que personne ne facture et que personne ne compte. Les intégrer changerait le classement ; ne pas les mentionner reviendrait à faire ce que ce guide reproche aux simulateurs.

Autrement dit, un guide sur les frais oubliés ne sert pas à réduire les frais. Il sert à cesser de croire un rendement affiché, et à acheter en conséquence. Le prix maximal qui découle d’un rendement visé se calcule, et notre guide sur la négociation à partir d’un rendement cible en donne la formule complète.

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Un rendement se vérifie sur onze lignes, pas sur trois

Appel de fonds de copropriété, ventilation des charges récupérables, avis de cotisation foncière, procès-verbaux d’assemblée : quatre documents suffisent à reconstituer le compte réel.

  • La part de charges qui reste au propriétaire
  • Les provisions à poser dès la première année
  • Le coût réel d’une relocation
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur les charges oubliées, la cotisation foncière en meublé, les provisions périodiques et la part de copropriété qui reste au propriétaire.

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01 · Les frais oubliés

  • 01Quels frais oublie-t-on le plus souvent dans un investissement locatif ?
    Onze postes composent le compte réel, quand un simulateur en modélise trois. Les cinq charges annuelles absentes sont les charges de copropriété non récupérables, l'entretien courant, l'expert-comptable, la garantie contre les loyers impayés et la cotisation foncière des entreprises. S'y ajoutent six postes périodiques — relocation, mobilier, diagnostics, chaudière, ravalement, remise à niveau énergétique — qu'un tableau annuel ne peut pas voir. Sur le dossier du guide, l'ensemble représente 4 096 € par an, soit près de la moitié du loyer.
  • 02Un loueur en meublé non professionnel paie-t-il la cotisation foncière des entreprises ?
    Oui. La location meublée est une activité commerciale au sens de cet impôt, et le loueur en est redevable même sans statut professionnel, sauf si ses recettes annuelles n'excèdent pas 5 000 €. L'année de création est exonérée, ce qui explique pourquoi la première facture arrive en décembre de la deuxième année. Le montant dépend d'une base minimum fixée par la commune dans les limites d'un barème légal, à laquelle s'applique le taux voté localement : il ne se prédit pas.

02 · Provisions et rendement

  • 03Comment provisionner des travaux qui n'arrivent que tous les quinze ans ?
    En divisant le coût par la périodicité et en inscrivant le résultat chaque année, même les années où rien ne se passe. Un ravalement de 4 200 € tous les vingt ans coûte 210 € par an ; une chaudière de 2 600 € tous les quinze ans, 173 € par an. Attention à la durée résiduelle plutôt qu'à la durée de vie théorique : un équipement qui avait déjà douze ans à l'achat ne se provisionne pas sur quinze.
  • 04Pourquoi mon rendement locatif réel est-il plus faible qu'annoncé ?
    Parce que le rendement annoncé compte trois charges et que le compte réel en comprend onze. Sur le dossier du guide, les charges modélisées représentent 21,6 % du loyer, le compte complet 71,1 %. Le rendement net passe de 5,07 % à 1,87 %, soit 3,20 points d'écart, sans qu'aucun accident ne soit survenu. Sur dix ans, les postes oubliés totalisent 40 963 €, près de cinq années de loyer.
  • 05Quel poste pèse le plus lourd dans un investissement locatif ?
    La relocation, et personne n'en parle. Elle coûte un mois de loyer d'honoraires de mise en location, une remise en état et plusieurs semaines de vacance, soit 2 275 € chez le propriétaire du guide. Ramenée à quatre années d'occupation moyenne, la provision atteint 569 € par an, soit 0,444 point de rendement — devant les charges de copropriété non récupérables et l'entretien courant. Ni la taxe foncière ni l'assurance ne figurent dans les six premiers.

03 · Fiscalité et copropriété

  • 06Une provision pour travaux est-elle déductible fiscalement ?
    Non. Au régime réel, seule la dépense effectivement payée se déduit, l'année où elle l'est. L'argent placé sur un compte d'attente est donc de l'argent après impôt, et il ne réduira le résultat que le jour du ravalement ou du remplacement de la chaudière. Cette asymétrie — effort immédiat, avantage fiscal différé de quinze ans — explique pourquoi tant de propriétaires ne provisionnent pas.
  • 07Quelles charges de copropriété restent à la charge du propriétaire ?
    Toutes celles qui ne figurent pas dans la liste limitative du décret du 26 août 1987 : les honoraires du syndic, les travaux votés, la cotisation au fonds de travaux et l'assurance de l'immeuble notamment. Demandez au syndic la ventilation par nature, pas le total de l'appel de fonds. Les provisions versées par le locataire doivent par ailleurs être régularisées au moins une fois par an, un mois après communication du décompte.

04 · Remise à niveau

  • 08Combien coûte la mise aux normes énergétique d'un logement classé E ?
    Le guide propriétaire du ministère chiffre à environ 29 000 € hors taxes la rénovation d'un appartement classé E visant un gain de deux classes, avant aides. Un gain d'une seule classe coûte nettement moins. Ce n'est pas un risque mais une échéance : un logement classé E ne pourra plus être loué à partir du 1er janvier 2034. En contrepartie, le passage d'une étiquette E à une étiquette C s'accompagne d'une valorisation de 4 à 11 % du prix du bien.

Un rendement annoncé sans les onze postes n’est pas un rendement.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide montre que les frais réels divisent par plus de deux le rendement affiché par les simulateurs, y compris les nôtres tant qu’ils ne comptent que trois charges.

Aucun rendement garantiMontants variables selon la communeChiffres publiés en août 2026

Sources et date de contrôle

Votre simulateur annonçait 5,07 % net. Vous encaissez 1,87 %. L’écart ne vient d’aucune mauvaise surprise : il vient de six postes qui n’arrivent pas tous les ans, et qu’un tableau annuel ne peut pas voir par construction.

  • Source 01

    Je fais de la location meublée. Dois-je payer de la cotisation foncière des entreprises ? — impots.gouv.fr. La location meublée constitue une activité professionnelle commerciale entrant dans le champ de la cotisation foncière des entreprises, même pour un loueur non professionnel. Exonération si le chiffre d'affaires ou les recettes n'excèdent pas 5 000 €. Exonération totale l'année de création de l'activité Consulté le 2026-08-19.

  • Source 02

    Article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 — assurance obligatoire du copropriétaire non occupant — Légifrance. En vigueur depuis le 27 mars 2014 : chaque copropriétaire non occupant doit s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en cette qualité. L'assurance est donc obligatoire en copropriété, et son coût n'est encadré par aucun texte : le montant retenu dans ce guide est un relevé des tarifs publiés en août 2026. Consulté le 2026-08-21.

  • Source 03

    Tarifs de gestion locative — libre fixation par le mandataire — service-public.gouv.fr. L'agence fixe librement ses tarifs de gestion locative, réglés par le propriétaire au titre du mandat de gestion, et doit les afficher. Seuls les honoraires de mise en location imputables au locataire sont plafonnés. Les 6 à 10 % hors taxes des loyers encaissés sont un relevé des grilles publiées en août 2026, non un tarif réglementé. Consulté le 2026-08-21.

  • Source 04

    Quels sont les diagnostics immobiliers qu'un bailleur doit fournir au locataire ? — Service-public.gouv.fr. Diagnostic de performance énergétique valable dix ans ; états des installations intérieures d'électricité et de gaz valables six ans en location, exigibles lorsque l'installation a plus de quinze ans ; constat de risque d'exposition au plomb valable six ans en cas de présence, illimité en cas d'absence ; état des risques daté de moins de six mois à la signature du bail Consulté le 2026-08-19.

  • Source 05

    Location et gel des loyers des passoires énergétiques — Ministère de la Transition écologique. Loi Climat et résilience du 22 août 2021 : interdiction de louer un logement classé G en métropole depuis le 1er janvier 2025, classé F à compter du 1er janvier 2028 et classé E à compter du 1er janvier 2034 Consulté le 2026-08-19.

  • Source 06

    Guide propriétaire — Rénovation énergétique d'un logement — Ministère de la Transition écologique / Anah. Coût de rénovation énergétique d'un appartement classé E : environ 29 000 € hors taxes pour un gain de deux classes. Valorisation du bien de 4 à 11 % pour un passage de l'étiquette E à l'étiquette C. Aides mobilisables : MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur, certificats d'économies d'énergie, aides des collectivités Consulté le 2026-08-19.

  • Source 07

    BOI-IF-TFB-20-20-20-20 — Revalorisation forfaitaire annuelle des valeurs locatives — BOFiP — Direction générale des finances publiques. Coefficient de revalorisation déterminé sur la base de l'indice des prix à la consommation harmonisé, formule codifiée à l'article 1518 bis du CGI ; coefficient applicable en 2026 : 1,008 Consulté le 2026-08-19.

  • Source 08

    Charges locatives récupérables sur le locataire — Service-public.gouv.fr. Décret n° 87-713 du 26 août 1987 fixant la liste limitative des charges récupérables. Régularisation au moins annuelle, un mois après communication au locataire du décompte par nature de charges et du mode de répartition. Le propriétaire dispose de trois ans pour réclamer un impayé de charges ; le locataire peut exiger un étalement sur douze mois si la régularisation intervient après la fin de l'année civile suivante Consulté le 2026-08-19.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut que la plupart des onze postes recensés ne se négocient ni ne s’optimisent, et qu’aucun accompagnement n’y change quoi que ce soit : seuls le prix d’achat et la durée d’occupation se travaillent. Il montre également que les rendements nets affichés — y compris sur nos propres pages de réalisation, qui ne publient que trois postes de charges — surestiment le résultat d’environ trois points une fois les provisions périodiques intégrées. Les fourchettes citées sont des ordres de grandeur observés en août 2026, non des tarifs. Aucun rendement, délai ou accord de financement n’est garanti.