Diagnostic termites à la vente : où il est exigé, ce qu'il protège exactement, et pourquoi un document de sept mois ne vaut plus rien
Les pages du sujet listent le diagnostic parmi les autres. Aucune ne dit qu’il expire deux fois plus vite, ni que son absence retire au vendeur la clause d’exclusion pour ce défaut précis.
UN DOCUMENT QUI EXPIRE DEUX FOIS PLUS VITE
Un diagnostic périmé vaut un diagnostic absent.
Sans état termites en cours de validité, le vendeur ne peut pas s’exonérer de la garantie des vices cachés correspondante.
- L’obligation est géographique : elle suit les arrêtés préfectoraux
- La validité est de six mois, comptée jusqu’à l’acte
- L’état parasitaire n’est pas réglementé et ne le remplace pas
- La découverte de termites impose une déclaration en mairie
PRIX DE VENTE
195 000 €
COÛT DU DIAGNOSTIC
150 €
COÛT DU TRAITEMENT
14 000 €
RAPPORT
93 ×
VALIDITÉ
6 mois
POINT MORT DE LA DÉCOTE
7,2 %
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. L’état relatif à la présence de termites n’est pas exigé partout. Il l’est dans les zones que délimite un arrêté préfectoral, pris « lorsque, dans une ou plusieurs communes, des foyers de termites sont identifiés »1.
Là où il est exigé, son absence a une conséquence écrite : « en l’absence, lors de la signature de l’acte authentique de vente, d’un des documents mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 7° et 8° du I en cours de validité, le vendeur ne peut pas s’exonérer de la garantie des vices cachés correspondante »2. Le 3° est l’état termites.
Sa validité est de six mois, la plus courte du dossier3. Sur le cas de ce guide, 150 € économisés en exposent 14 000 — quatre-vingt-treize fois plus.
Le diagnostic termites est le moins cher du dossier de vente et le plus court en validité. Ces deux caractéristiques suffisent à expliquer pourquoi il est si souvent mal traité : on le commande trop tôt avec les autres, il expire avant l’acte, et personne ne s’en aperçoit jusqu’à ce qu’un acquéreur découvre des galeries dans une poutre.
Ce guide dit où il est exigé, ce qu’il protège exactement, et ce qui s’applique là où il ne l’est pas.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Josiane, 66 ans, ancienne libraire à Bayonne, qui vend une maison 195 000 €. L’état termites lui coûterait 150 €, et un traitement d’éradication avec reprise des bois attaqués 14 000 €. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client, et ces deux montants comme le taux de décote sont des hypothèses de travail.
Quand l’état termites est-il obligatoire ?
Dans les zones délimitées, et nulle part ailleurs. L’obligation est géographique, ce qui la distingue de la plupart des diagnostics de vente.
Le mécanisme est simple : « lorsque, dans une ou plusieurs communes, des foyers de termites sont identifiés, un arrêté préfectoral, pris sur proposition ou après consultation des conseils municipaux intéressés, délimite les zones contaminées ou susceptibles de l’être à court terme »1.
Trois conséquences pratiques, et la troisième est celle qu’on oublie.
- La carte est préfectorale, pas nationale. Elle se consulte en préfecture ou auprès de la mairie, et elle ne recouvre pas des départements entiers : à l’intérieur d’un même département, des communes sont classées et d’autres non.
- Elle évolue. Un arrêté se modifie quand de nouveaux foyers apparaissent. Une commune non classée il y a cinq ans peut l’être aujourd’hui, et la vérification se fait à la date de la vente.
- Le même article organise les zones de mérule séparément. Un bien peut relever de l’une sans relever de l’autre. Notre guide sur la mérule et la responsabilité du vendeur traite ce second régime, qui n’obéit pas aux mêmes règles.
Ce que l’absence du diagnostic coûte au vendeur
Elle ne lui coûte pas une amende. Elle lui retire une protection, ce qui est bien plus lourd.
Le texte est d’une précision chirurgicale : « en l’absence, lors de la signature de l’acte authentique de vente, d’un des documents mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 7° et 8° du I en cours de validité, le vendeur ne peut pas s’exonérer de la garantie des vices cachés correspondante »2.
Décomposons, parce que chaque membre de phrase porte une condition.
« En l’absence […] en cours de validité ». Un diagnostic périmé équivaut à un diagnostic absent. Un document de sept mois ne vaut rien de plus qu’une page blanche.
« Le vendeur ne peut pas s’exonérer ». La clause d’exclusion de garantie que tout compromis contient — celle par laquelle l’acquéreur prend le bien dans son état — devient inopérante. Notre guide sur les vices cachés et la clause d’exclusion détaille ce que cette clause protège d’ordinaire.
« La garantie des vices cachés correspondante ». La perte est ciblée : elle ne vise que le défaut que le diagnostic manquant aurait dû révéler. Un vendeur sans état termites reste couvert pour la toiture ; il ne l’est plus pour les termites.
Le point de vigilance. Cette rédaction est en vigueur depuis le 11 avril 2024, dans sa version issue de la loi du 9 avril 2024. Les commentaires antérieurs à cette date peuvent citer une liste de documents différente — la vérification se fait au texte, et la liste des documents visés compte autant que la règle elle-même.
Six mois, la plus courte du dossier
C’est la caractéristique qui fait le plus de dégâts, parce qu’elle contredit l’habitude de tout commander en même temps.
Quatre documents, quatre durées — et un rapport de un à six entre les extrêmes
| Document | Établi depuis |
|---|---|
| État relatif à la présence de termites | Moins de six mois |
| Constat de risque d’exposition au plomb | Moins d’un an |
| État de l’installation intérieure de gaz | Moins de trois ans |
| État de l’installation intérieure d’électricité | Moins de trois ans |
Ces durées se comptent par rapport à la date de la promesse ou de l’acte authentique3. Un vendeur qui fait établir tout son dossier au moment de la mise en vente dispose donc de six mois pour signer — délai généreux dans un marché rapide, très court dans un marché lent.
Le calcul se fait à l’envers de l’intuition : ce n’est pas la date du compromis qui compte pour l’acte, mais celle de chacun des deux. Un diagnostic valide au compromis et périmé à l’acte laisse le vendeur sans protection au moment précis où la vente se conclut.
Le diagnostiqueur qui établit le dossier connaît ces durées et les signale rarement de lui-même. Notre guide sur les diagnostics obligatoires et le dossier technique recense l’ensemble des pièces exigibles.
Quelle différence avec l’état parasitaire ?
L’un est réglementé, l’autre non. Tout découle de là, et la confusion entre les deux est la plus répandue du sujet.
L’état relatif à la présence de termites est le document que la loi désigne. Il porte sur les termites et sur eux seuls, il obéit à une méthode définie, il figure au dossier de diagnostic technique, sa validité est de six mois, et son absence prive le vendeur de la clause d’exclusion pour ce défaut.
L’état parasitaire est un document contractuel. Aucun texte ne le définit, ne l’impose ni ne lui attache de durée de validité. Il couvre en général l’ensemble des agents de dégradation biologique du bois — termites, mais aussi capricornes, vrillettes et champignons lignivores dont la mérule.
Ce qui en découle mérite d’être posé sans ambiguïté.
- Un état parasitaire ne remplace pas un état termites. Dans une zone délimitée, produire l’un à la place de l’autre revient à ne rien produire du tout, la règle d’exonération ne visant que le document réglementé.
- Il couvre davantage. C’est son intérêt réel : un capricorne des maisons ne figure dans aucun diagnostic obligatoire, et il fait pourtant des dégâts comparables.
- Il n’ouvre aucune protection automatique. Sa valeur est probatoire, pas légale : il établit ce que le vendeur savait et ce qu’il a cherché à savoir.
Ce que Josiane joue sur 150 €
Sa maison est située dans une commune classée. Elle a donc le choix entre commander l’état termites et ne pas le commander — le second n’étant pas une infraction, mais un pari.
Cent cinquante euros contre quatorze mille : le rapport le plus déséquilibré du dossier de vente
| Ligne | Montant |
|---|---|
| Prix de vente | 195 000 € |
| État relatif à la présence de termites | 150 € |
| Traitement d’éradication et reprise des bois | 14 000 € |
| Part du prix que représente le traitement | 7,2 % |
| Rapport entre l’exposition et l’économie | 93 fois |
Si Josiane fournit un état termites valide, la clause d’exclusion figurant au compromis reste opposable à l’acquéreur, y compris si des termites apparaissent ensuite — sous réserve, comme toujours, qu’elle n’ait pas connu le vice.
Si elle ne le fournit pas, elle a économisé 150 € et perdu la faculté de s’exonérer pour ce défaut précis. Un acquéreur qui découvre l’infestation dispose alors de deux ans à compter de la découverte pour agir, et le traitement de 14 000 € se discute devant un juge plutôt qu’entre voisins.
Deux professionnels se trouvent sur le chemin de Josiane, et aucun des deux n’a exactement le même rôle. Le diagnostiqueur établit le document et engage sa propre responsabilité sur ce qu’il a constaté ; le notaire vérifie que la pièce figure au dossier et qu’elle est en cours de validité à la date de l’acte. Ni l’un ni l’autre ne décidera à sa place de le commander : le premier ne vient que si on l’appelle, et le second constate ce qu’on lui remet. Un agent immobilier attentif le rappelle au moment de la mise en vente ; beaucoup se contentent de transmettre la liste des diagnostics sans signaler que l’un d’eux expire deux fois plus vite que les autres.
Que faire quand on découvre des termites ?
Le déclarer en mairie, et ce n’est pas facultatif.
Le texte impose que, dès qu’il a connaissance de la présence de termites dans un immeuble bâti ou non bâti, l’occupant en fasse la déclaration en mairie ; à défaut d’occupant, la déclaration incombe au propriétaire, et pour les parties communes d’un immeuble en copropriété, au syndicat des copropriétaires4.
Trois précisions comptent.
- C’est l’occupant qui déclare en premier. Dans un bien loué, l’obligation pèse donc sur le locataire — ce qui ne dispense pas le bailleur informé d’agir, ni ne l’exonère de ce qu’il sait au moment de vendre.
- Le déclencheur est la connaissance, pas la certitude. Le texte parle de la présence de termites, sans exiger un diagnostic préalable : des indices constatés suffisent à ouvrir l’obligation.
- Le texte ne vise que les termites. La mérule relève d’une disposition distincte, avec ses propres destinataires et ses propres effets.
La déclaration n’est pas un aveu qui se retournerait contre son auteur : c’est une information de police administrative, destinée à cartographier les foyers. Elle est en revanche datée — et cette date établit ce que le propriétaire savait, ce qui compte au moment de vendre.
C’est aussi par ce circuit que la carte se construit. Les arrêtés préfectoraux ne délimitent pas des zones à partir d’une intuition : ils s’appuient sur les foyers identifiés, et ces foyers remontent des déclarations. Un propriétaire qui déclare contribue donc à faire classer sa propre commune, ce qui rendra le diagnostic obligatoire pour tous ses voisins à la prochaine vente. Ce mécanisme circulaire explique que les zones classées s’étendent avec le temps plutôt qu’elles ne se rétractent, et il donne une raison supplémentaire de vérifier le classement à chaque opération plutôt qu’une fois pour toutes.
Ce qui s’applique là où aucun diagnostic n’est exigé
Le droit commun, et il est moins confortable qu’il n’y paraît pour l’une comme pour l’autre partie.
Hors des zones délimitées, aucun état termites n’est exigible. La règle qui prive le vendeur de la clause d’exclusion ne joue donc pas : la clause tient, et l’acquéreur qui découvre une infestation se heurte à elle.
Sauf sur un point, et il est décisif : une clause d’exclusion ne protège jamais le vendeur qui connaissait le vice. C’est là que le sujet bascule du terrain réglementaire au terrain de la preuve.
Un vendeur hors zone qui a vu des indices, reçu un devis de traitement ou déclaré des termites en mairie ne peut pas se retrancher derrière l’absence de diagnostic obligatoire. À l’inverse, celui qui a fait établir un état parasitaire volontaire dispose d’une pièce datée montrant ce qu’il a cherché — sans protection légale automatique, mais avec un dossier.
C’est la seule raison sérieuse de commander un état parasitaire hors zone, et elle vaut d’être dite comme telle : ce document n’achète pas une immunité, il achète une trace.
La nuance a des conséquences opposées selon le côté de la table. Pour un vendeur de bonne foi, faire établir un état parasitaire à 150 € documente une recherche et rend improbable le reproche d’avoir dissimulé ce qu’il ignorait. Pour un vendeur qui soupçonnait quelque chose, le même document devient une pièce à charge : il rend écrit et daté ce qui n’était qu’une intuition. C’est un cas rare où la prudence d’un acteur dépend de ce qu’il sait déjà, et où le même geste protège l’un et expose l’autre.
Un artisan appelé pour un devis de traitement produit d’ailleurs le même effet, sans que personne y songe : son devis est daté, il décrit une infestation, et il établit la connaissance du vendeur aussi sûrement qu’un diagnostic. Demander un chiffrage « pour voir » n’est jamais neutre une fois la vente engagée.
Faut-il traiter avant de vendre ?
La question se pose dès qu’une infestation est connue avant la mise en vente, et elle a une réponse chiffrée.
Un acquéreur informé négocie. Il ne retranche pas le coût du traitement : il retranche le coût du traitement, plus l’incertitude, plus le désagrément. La décote demandée dépasse donc régulièrement le devis.
Le point mort se situe à 7,2 % du prix — au-delà, traiter revient moins cher
| Décote négociée | Montant | Écart avec le traitement |
|---|---|---|
| 4 % | 7 800 € | − 6 200 € |
| 6 % | 11 700 € | − 2 300 € |
| 8 % | 15 600 € | + 1 600 € |
| 12 % | 23 400 € | + 9 400 € |
Tant que l’acquéreur retranche moins de 14 000 € — soit 7,2 % du prix —, laisser négocier coûte moins cher que traiter. Au-delà, traiter l’emporte.
Le tableau appelle une lecture prudente, parce qu’il compare une dépense certaine à une négociation qui ne l’est pas. Le traitement se chiffre au devis et se paie ; la décote, elle, dépend de l’acquéreur qu’on aura en face, de l’état du marché local et de la façon dont l’information lui parvient. Un vendeur qui parie sur une décote de 6 % peut se retrouver devant une demande de 12 %, et il ne le saura qu’après avoir laissé passer le moment de traiter.
L’expérience penche donc du côté du traitement, pour une raison qui n’est pas dans le tableau : un bien traité, facture à l’appui, se vend à un acquéreur rassuré, tandis qu’un bien infesté se vend à celui qui accepte le risque — et celui-là négocie toujours plus dur. Notre guide sur la négociation du prix à partir d’un rendement cible décrit cette mécanique vue du côté de l’acheteur.
Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant
Trois relèvent du calendrier ou du vocabulaire, un seul du fond.
Laisser expirer le diagnostic entre le compromis et l’acte. C’est l’incident le plus fréquent, parce que six mois passent vite dans un marché lent. Un état termites périmé équivaut à un état absent : le vendeur perd la clause d’exclusion et s’expose aux 14 000 € du traitement pour 150 € qu’il croyait avoir dépensés utilement.
Produire un état parasitaire à la place de l’état termites. Le premier n’est pas réglementé et ne figure pas dans la liste du texte. En zone délimitée, le fournir revient à ne rien fournir, puisque la règle d’exonération ne vise que le document réglementé — même exposition de 14 000 €, avec en plus la conviction d’avoir fait le nécessaire.
Ne pas vérifier le classement de la commune. Les arrêtés évoluent, et une commune non classée il y a cinq ans peut l’être aujourd’hui. Un vendeur qui découvre l’obligation la veille de l’acte n’a plus le temps de faire établir un document, et il signe sans la clause d’exclusion — soit la même exposition de 14 000 € pour un appel en mairie qu’il n’a pas passé.
Se croire protégé hors zone alors qu’on savait. Aucune clause d’exclusion ne couvre le vendeur qui connaissait le vice. Des indices vus, un devis reçu ou une déclaration faite en mairie établissent cette connaissance — et le traitement de 14 000 € revient alors au vendeur malgré l’absence de diagnostic obligatoire.
Ce qu’un investisseur doit vérifier avant d’acheter
Trois choses, dans cet ordre, et aucune ne demande plus d’un quart d’heure.
- Le classement de la commune. S’il est classé, l’état termites doit figurer au dossier et dater de moins de six mois à la date de l’acte. S’il n’y est pas, l’acquéreur est en position de force : le vendeur ne pourra pas s’exonérer pour ce défaut.
- La date du document, pas seulement son existence. C’est le contrôle que personne ne fait, et il se lit en haut de la première page.
- Ce que le document couvre. Un état parasitaire n’est pas un état termites, et un état termites ne dit rien des capricornes ni de la mérule. Dans une maison ancienne à charpente apparente, la question mérite un état parasitaire volontaire — pour l’information, pas pour la protection.
La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des acheteurs, et l’absence d’état termites chez un vendeur est, de notre côté de la table, une position avantageuse : elle prive l’autre partie de sa clause d’exclusion et ouvre une négociation. Nous conseillons pourtant aux vendeurs de le commander, et de le commander tard plutôt que tôt pour qu’il soit encore valide à l’acte. Cent cinquante euros contre 14 000 €, c’est le meilleur rapport de tout le dossier de vente — et un conseil qui ferme une fenêtre de négociation dont nous profitons reste un conseil juste.
Quatre-vingt-treize fois. Le meilleur rapport du dossier de vente.
La perte de la faculté d’exonération est ciblée : elle ne vise que le défaut que le document manquant aurait dû révéler. Mais elle est totale sur ce défaut-là.
- Pourquoi un document valide au compromis peut ne plus l’être à l’acte
- Ce que l’état parasitaire achète vraiment : une trace, pas une immunité
- Le point mort entre traiter et laisser négocier
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur les zones délimitées, la perte de la clause d’exclusion, la validité de six mois, l’état parasitaire, la déclaration en mairie et l’arbitrage entre traiter et décoter.
Une vente en zone termites ?
Apportez le classement de la commune, la date du diagnostic et le devis de traitement s’il existe. La vérification tient en un quart d’heure.
Faire le point sur votre dossier01 · L’obligation
01Quand le diagnostic termites est-il obligatoire ?
Dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, et nulle part ailleurs. Le texte prévoit que « lorsque, dans une ou plusieurs communes, des foyers de termites sont identifiés, un arrêté préfectoral, pris sur proposition ou après consultation des conseils municipaux intéressés, délimite les zones contaminées ou susceptibles de l'être à court terme ». La carte est préfectorale et non nationale : à l'intérieur d'un même département, des communes sont classées et d'autres non. Elle évolue aussi, et la vérification se fait à la date de la vente.02Que risque un vendeur qui ne le fournit pas ?
Il ne risque pas une amende : il perd une protection. Le texte dispose qu'« en l'absence, lors de la signature de l'acte authentique de vente, d'un des documents mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 7° et 8° du I en cours de validité, le vendeur ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés correspondante ». Le 3° est l'état termites. La clause d'exclusion que contient tout compromis devient donc inopérante — mais pour ce défaut seulement, le vendeur restant couvert pour le reste.03Combien de temps l'état termites est-il valable ?
Moins de six mois, la durée la plus courte du dossier de diagnostic technique — contre moins d'un an pour le constat de risque d'exposition au plomb et moins de trois ans pour les installations de gaz et d'électricité. Le délai se compte par rapport à la date de la promesse de vente ou de l'acte authentique : un document valide au compromis mais périmé à l'acte laisse le vendeur sans protection au moment précis où la vente se conclut.
02 · Les documents
04Quelle différence entre l'état termites et l'état parasitaire ?
L'un est réglementé, l'autre non. L'état relatif à la présence de termites est le document que la loi désigne : il porte sur les termites seuls, figure au dossier de diagnostic technique, vaut six mois, et son absence prive le vendeur de la clause d'exclusion. L'état parasitaire est contractuel : aucun texte ne le définit ni ne lui attache de durée, mais il couvre en général l'ensemble des agents de dégradation du bois — capricornes, vrillettes et champignons lignivores compris.05Un état parasitaire peut-il remplacer l'état termites ?
Non. Dans une zone délimitée, produire l'un à la place de l'autre revient à ne rien produire au regard de la règle d'exonération, puisque l'état parasitaire ne figure pas dans la liste du texte. Son intérêt est ailleurs : il couvre davantage — un capricorne des maisons ne figure dans aucun diagnostic obligatoire et fait pourtant des dégâts comparables — et il établit ce que le vendeur a cherché à savoir. Il achète une trace, pas une immunité.
03 · La découverte
06Que faire quand on découvre des termites ?
Le déclarer en mairie, et ce n'est pas facultatif. Dès qu'il a connaissance de leur présence dans un immeuble bâti ou non bâti, l'occupant en fait la déclaration ; à défaut d'occupant, elle incombe au propriétaire, et pour les parties communes d'un immeuble en copropriété, au syndicat des copropriétaires. Dans un bien loué, l'obligation pèse donc d'abord sur le locataire — ce qui ne dispense pas le bailleur informé d'agir, ni ne l'exonère de ce qu'il sait au moment de vendre.07Que se passe-t-il hors des zones délimitées ?
Le droit commun s'applique. Aucun état termites n'étant exigible, la règle qui prive le vendeur de sa clause d'exclusion ne joue pas et la clause tient. Sauf sur un point décisif : elle ne protège jamais le vendeur qui connaissait le vice. Un propriétaire qui a vu des indices, reçu un devis de traitement ou déclaré des termites en mairie ne peut donc pas se retrancher derrière l'absence de diagnostic obligatoire.
04 · L’arbitrage
08Faut-il traiter avant de vendre ou laisser négocier ?
Tant que l'acquéreur retranche moins que le coût du traitement, laisser négocier revient moins cher. Sur le cas de ce guide, le point mort se situe à 14 000 €, soit 7,2 % du prix : une décote de 6 % coûte 11 700 € et reste avantageuse, une décote de 8 % coûte 15 600 € et ne l'est plus. L'expérience penche toutefois du côté du traitement, parce qu'un bien traité facture à l'appui se vend à un acquéreur rassuré, quand un bien infesté se vend à celui qui accepte le risque — et celui-là négocie plus dur.
Le document réglementé protège. L’autre informe.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les textes cités sont publics et les arrêtés préfectoraux se consultent en mairie.
Sources et date de contrôle
Quatre articles du code de la construction et de l'habitation, relus au 26 août 2026 : la délimitation des zones par arrêté préfectoral, la règle qui prive le vendeur de sa clause d'exclusion en l'absence de document valide, les durées de validité du dossier de diagnostic technique, et l'obligation de déclaration en mairie.
- Source 01
Article L. 131-3 du code de la construction et de l'habitation — délimitation des zones — Légifrance. « Lorsque, dans une ou plusieurs communes, des foyers de termites sont identifiés, un arrêté préfectoral, pris sur proposition ou après consultation des conseils municipaux intéressés, délimite les zones contaminées ou susceptibles de l'être à court terme. » Le même article organise séparément les zones de présence d'un risque de mérule, par un arrêté préfectoral consultable en préfecture : un bien peut relever de l'un des deux régimes sans relever de l'autre. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 02
Article L. 271-4 du code de la construction et de l'habitation — dossier de diagnostic technique et exonération — Légifrance. Version en vigueur depuis le 11 avril 2024, issue de la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024. « En l'absence, lors de la signature de l'acte authentique de vente, d'un des documents mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 7° et 8° du I en cours de validité, le vendeur ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés correspondante. » Le 3° du I est l'état relatif à la présence de termites. La perte de la faculté d'exonération est ciblée : elle ne porte que sur le défaut que le document manquant aurait dû révéler. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 03
Article D. 271-5 du code de la construction et de l'habitation — durées de validité — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er septembre 2019. Les documents du dossier de diagnostic technique doivent avoir été établis, par rapport à la date de la promesse de vente ou de l'acte authentique, depuis « moins de six mois » pour l'état relatif à la présence de termites, « moins d'un an » pour le constat de risque d'exposition au plomb, et « moins de trois ans » pour les états des installations intérieures de gaz et d'électricité. L'état termites a donc la durée de validité la plus courte du dossier. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 04
Article L. 126-4 du code de la construction et de l'habitation — déclaration en mairie — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er juillet 2021. Dès qu'il a connaissance de la présence de termites dans un immeuble bâti ou non bâti, l'occupant de l'immeuble contaminé en fait la déclaration en mairie ; à défaut d'occupant, la déclaration incombe au propriétaire ; pour les parties communes d'un immeuble en copropriété, elle incombe au syndicat des copropriétaires. Le déclencheur est la connaissance de la présence, et non un diagnostic préalable. Le texte vise les seuls termites, la mérule relevant d'une disposition distincte. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
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