Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 27 août 20263 sourcesMéthode en cinq passes

Avant d’acheter un immeuble à diviser : le document gratuit qui gèle les règles d’urbanisme pendant dix-huit mois

« Les dispositions d’urbanisme, le régime des taxes et participations d’urbanisme ainsi que les limitations » administratives ne peuvent être remises en cause pendant dix-huit mois à compter de la délivrance du certificat. C’est le seul document gratuit d’un dossier d’acquisition qui immobilise une règle — encore faut-il demander le bon, et assez tôt.

UN DOCUMENT GRATUIT, DIX-HUIT MOIS DE RÈGLES FIGÉES

Le plan local d’urbanisme se révise sans prévenir. Un certificat le fige pour vous.

La protection couvre les dispositions d’urbanisme, le régime des taxes et les limitations administratives, telles qu’elles existaient à la date du certificat. Elle ne couvre ni la sécurité publique, ni le droit de faire les travaux.

  • Le type b dit si le terrain peut recevoir l’opération, le type a non
  • Les dix-huit mois courent de la délivrance, pas de la demande
  • Le silence de la mairie protège mais ne répond à rien
  • Et la prorogation est refusée dès que les règles ont changé

DURÉE DE LA CRISTALLISATION

18 mois

SOIT, DANS LE DOSSIER SUIVI

549 jours

INSTRUCTION D’UN CERTIFICAT DE TYPE B

61 jours

JOURS UTILES APRÈS LA RÉVISION DU PLAN

293 jours

TAXE D’AMÉNAGEMENT ÉVITÉE

3 568 €

VALEUR DU PROJET PROTÉGÉE

96 000 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Deux certificats existent, et un seul répond à votre question. Le premier « indique les dispositions d’urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété »1. Le second dit en outre « si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération »1.

La protection dure dix-huit mois. Une demande d’autorisation déposée « dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d’un certificat d’urbanisme »1 échappe aux règles nouvelles.

Et le silence de la mairie protège sans répondre. Le certificat tacite « a exclusivement les effets prévus par le quatrième alinéa de l’article L. 410-1, y compris si la demande portait sur les éléments mentionnés au b de cet article »2.

Le corpus traite l’autorisation d’urbanisme sous plusieurs angles — purger un permis de construire, la déclaration préalable, la taxe d’aménagement. Le certificat d’urbanisme vient avant tous ces guides : il ne demande rien, il n’autorise rien, il fige.

Deux certificats, et un seul répond à la question

La distinction est portée par deux lettres de l’article L. 410-1, et elle décide de l’utilité du document. Le certificat de type a « indique les dispositions d’urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété »1 et la liste des taxes applicables au terrain. C’est une photographie de la règle, pas un avis sur un projet. Un acquéreur qui lit ce document y trouvera la zone, le coefficient, les servitudes et la liste des taxes, c’est-à-dire tout ce qu’il aurait fini par apprendre en consultant le plan local d’urbanisme en mairie, avec cette différence considérable que la lecture, cette fois, est datée et opposable.

Le certificat de type b va plus loin, mais seulement si la demande le lui permet. Il dit « si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l’état des équipements »1 publics existants ou prévus. Pour cela, la demande doit décrire le projet : elle « est accompagnée d’une note descriptive succincte de l’opération indiquant, lorsque le projet concerne un ou plusieurs bâtiments, leur destination et leur sous-destination »3.

La différence de délai est le seul prix à payer : 1 mois d’instruction pour le type a, 2 mois pour le type b. Sur une acquisition dont le compromis prévoit 3 mois avant l’acte, ces 30 jours supplémentaires tiennent sans difficulté dans le calendrier, à condition d’avoir déposé la demande le jour de la signature du compromis plutôt qu’un mois après.

Un acquéreur qui demande un certificat de type a apprendra donc quelle règle s’applique, et rien sur ce qu’il compte faire. C’est l’écart le moins cher à corriger de tout le dossier : les deux documents se demandent au même guichet, sur le même formulaire, et le second coûte un mois d’instruction de plus.

Ce que chaque certificat dit, et en combien de temps

Deux certificats, et un seul répond à la question — tableau 1
Certificat a, dit d’informationles dispositions d’urbanisme, les limitations administratives, les taxes applicables1 mois
Certificat b, dit opérationnelen outre, si le terrain peut recevoir l’opération décrite et l’état des équipements2 mois
Certificat tacite, né du silencerien : il ne répond à aucune question, même posée au titre du b

Le dossier « est adressé au maire de la commune dans laquelle le terrain est situé »3. Le texte que nous avons lu n’exige nulle part que le demandeur soit propriétaire : il demande l’identité du demandeur, rien de plus. Un acquéreur sous compromis, un chasseur d’immeubles ou un architecte peuvent donc déposer, ce qui change tout au moment où l’on veut savoir avant de signer.

Que gèle exactement un certificat d’urbanisme ?

Trois objets, nommés dans la même phrase, et l’un des trois n’a rien à voir avec le droit de construire : « les dispositions d’urbanisme, le régime des taxes et participations d’urbanisme ainsi que les limitations »1 administratives au droit de propriété, telles qu’elles existaient à la date du certificat.

Le deuxième objet est celui qu’on n’attend pas. Une commune qui relève le taux communal de la taxe d’aménagement ne l’applique pas à celui qui détient un certificat en cours de validité et dépose son autorisation dans le délai. Sur l’assiette du projet de notre dossier, 178 400 €, le passage d’un taux de 3 % à un taux de 5 % représente 5 352 € contre 8 920 €, soit 3 568 € d’écart — pour un document qui ne coûte rien. Le calcul de l’assiette elle-même relève d’un autre exercice, détaillé dans notre guide sur la taxe d’aménagement.

L’ordre de grandeur mérite d’être posé, parce qu’il décide de l’effort qu’on met dans la démarche. Sur les 340 000 € du dossier de Marceau, les 3 568 € de taxe évitée représentent à peine plus de un pour cent du prix ; ce qui se joue vraiment, ce sont les 96 000 € d’écart entre l’immeuble divisé et l’immeuble en l’état, c’est-à-dire la totalité de la marge de l’opération. La cristallisation ne protège pas un budget, elle protège un projet.

Une exception est prévue, et elle est large : la cristallisation joue « à l’exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique »1. Un risque naturel nouvellement identifié, une servitude de protection, une prescription de sécurité incendie ne se laissent pas geler. Ce que recouvre exactement cette formule n’est pas dans le texte, et nous ne le dirons pas à sa place.

Ce que la cristallisation atteint, et ce qui lui échappe

Que gèle exactement un certificat d’urbanisme ? — tableau 2
Les dispositions d’urbanisme applicables au terrainouiL. 410-1, quatrième alinéa
Le régime des taxes et participations d’urbanismeouiL. 410-1, quatrième alinéa
Les limitations administratives au droit de propriétéouiL. 410-1, quatrième alinéa
Les dispositions de sécurité ou de salubrité publiquenonexception du même alinéa
Le droit de réaliser les travauxnonle certificat n’autorise rien

Pendant combien de temps, et à partir de quand ?

Dix-huit mois, et le point de départ n’est pas celui qu’on croit. Le texte protège la demande d’autorisation déposée « dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d’un certificat d’urbanisme »1 : c’est la délivrance qui compte, pas la demande.

La nuance vaut deux mois. Une demande de certificat de type b s’instruit en deux mois : « le délai d’instruction est de deux mois à compter de la réception en mairie de la demande »3, contre un mois pour le type a3. Ces deux mois s’ajoutent donc devant la protection, ils ne la consomment pas.

Pour le certificat obtenu par le silence, le texte prend soin de le dire : « Le délai de dix-huit mois prévu au quatrième alinéa de l’article L. 410-1 court à compter de la date d’acquisition du certificat d’urbanisme tacitement obtenu »3, et ce même si un certificat exprès est délivré plus tard. Une mairie qui répond avec retard ne rallonge donc rien.

Le certificat tacite protège sans répondre

C’est la disposition la plus contre-intuitive du dossier, et elle tient en une phrase. « A défaut de notification d’un certificat d’urbanisme dans le délai fixé par les articles R. 410-9 et R. 410-10, le silence gardé par l’autorité compétente vaut délivrance d’un certificat d’urbanisme tacite. Celui-ci a exclusivement les effets prévus par le quatrième alinéa de l’article L. 410-1, y compris si la demande portait sur les éléments mentionnés au b de cet article »2.

Lisons la fin. Vous avez demandé si votre terrain peut recevoir votre opération. La mairie n’a pas répondu. Vous obtenez la cristallisation des règles pendant dix-huit mois, et vous n’obtenez aucune réponse à votre question. Le mot « exclusivement » ferme la porte que le « y compris » semblait entrouvrir. Un lecteur pressé lira dans ce « y compris » une extension généreuse — le tacite vaudrait même pour les demandes de type b — alors qu’il dit exactement l’inverse : même quand vous avez posé la question la plus complète, le silence ne vous répond pas, il se borne à figer le décor.

La conséquence pratique est double, et elle va dans les deux sens. Un acquéreur pressé peut se satisfaire du tacite : il a la protection, qui est ce qu’il cherchait pour tenir son calendrier. Un acquéreur qui achetait pour diviser, lui, se retrouve protégé sur des règles dont il ignore toujours si elles autorisent sa division. Le silence de la mairie ne se lit ni comme un oui ni comme un non. Le résultat est cohérent avec ce qu’un silence peut porter : l’état d’une règle à une date s’établit sans examen, la conformité d’un projet particulier ne le peut pas, et le texte n’accorde que le premier.

D’où un réflexe simple : relancer la mairie avant l’expiration du délai, par écrit, en rappelant que la demande portait sur le b. Le certificat exprès arrivera peut-être tard, mais il arrivera — et il n’aura, lui, rien perdu en route.

Peut-on prolonger la protection ?

Oui, mais à une condition qui l’écarte précisément dans le cas où l’on y penserait. « Le certificat d’urbanisme peut être prorogé par périodes d’une année sur demande présentée deux mois au moins avant l’expiration »3. Voilà pour la mécanique.

La condition est ailleurs, et elle retourne le mécanisme : la prorogation est accordée « si les prescriptions d’urbanisme, les servitudes administratives de tous ordres et le régime des taxes n’ont pas changé »3. Autrement dit, on peut proroger tant qu’il n’y avait rien à geler, et on ne le peut plus dès qu’il y a quelque chose à geler.

Un bailleur doit donc raisonner à l’envers de son intuition. La prorogation n’est pas un filet de sécurité contre la révision d’un plan local d’urbanisme ; elle est un confort administratif tant que rien ne bouge. Le seul chemin qui protège d’une révision est de déposer l’autorisation avant le terme des dix-huit mois — et un dépôt se prépare, ce qui prend des semaines. Cela signifie qu’un acquéreur informé d’une révision en cours ne doit pas se demander s’il prorogera son certificat, mais à quelle date son architecte aura un dossier déposable, et travailler à rebours depuis le terme jusqu’à cette date-là.

Ce que le certificat ne fait pas

Il n’autorise rien. Ce n’est pas une nuance de vocabulaire : un certificat de type b favorable ne dispense d’aucune demande de permis ni d’aucune déclaration préalable, et il n’engage la commune que sur les règles applicables, pas sur l’issue de l’instruction. Il fige des règles, il ne délivre pas un droit. La confusion se comprend d’autant mieux qu’un certificat de type b favorable ressemble à un feu vert, qu’il se rédige dans les termes du projet et qu’il émane de l’autorité qui délivrera ensuite le permis ; mais l’instruction d’un permis rouvre l’examen complet du dossier, sur les mêmes règles, avec un niveau de détail que la note descriptive ne comportait pas.

Il ne dit rien non plus de ce que le terrain supporte physiquement. Un sol pollué, une capacité portante insuffisante, un réseau saturé se découvrent ailleurs, et le certificat qui indique « l’état des équipements » publics n’est pas une étude de sol. Notre guide sur la transformation d’un local commercial en logement montre à quel point ces deux ordres de question se répondent sans se confondre.

Il ne protège pas non plus contre lui-même. Ce que le texte gèle, ce sont « les dispositions d’urbanisme […] telles qu’elles existaient à la date du certificat », et non la lecture qu’en a faite le service instructeur. Ce que produit un certificat erroné se discute devant le juge, et nous n’avons pas lu de décision qui le règle. Le geste utile est en amont : un géomètre ou un architecte relit le document avant qu’on ne bâtisse un calendrier dessus.

Le dossier de Marceau, date par date

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Marceau signe le 20 janvier 2026 un compromis à 340 000 € sur un immeuble de rapport qu’il veut diviser. Il dépose une demande de certificat de type b le 4 mars 2026 ; la mairie le délivre le 4 mai 2026, au terme des deux mois d’instruction. La protection court alors jusqu’au 4 novembre 2027. Entre-temps, le 15 janvier 2027, la commune approuve une révision de son plan local d’urbanisme qui plafonne à quatre le nombre de logements créés par division, et relève de 3 % à 5 % son taux de taxe d’aménagement — deux décisions qui, prises trois mois plus tôt ou trois mois plus tard, n’auraient pas eu le même effet sur ce dossier.

Du compromis au dernier jour utile, date par date

Le dossier de Marceau, date par date — tableau 3
20 janvier 2026compromis signéaucun sur les règles d’urbanisme
4 mars 2026demande de certificat de type bouvre deux mois d’instruction
4 mai 2026délivrance du certificatles règles sont gelées0 jour
15 janvier 2027révision du plan local d’urbanismesans effet sur ce projet256 jours
4 septembre 2027dernier jour pour demander une prorogationdemande vouée au refus, les règles ayant changé488 jours
4 novembre 2027terme de la cristallisationles règles nouvelles s’appliquent549 jours

Les nombres se recomposent à la lecture : 549 jours de protection, dont 256 jours avant la révision du plan et 293 jours après. Ces derniers 293 jours sont les seuls qui comptent vraiment, puisque ce sont eux qui séparent Marceau d’une règle qui interdirait son projet. Il aura eu 104 jours entre son compromis et la délivrance, et 61 jours d’instruction sur les deux mois annoncés.

Le 4 septembre 2027 est la date la plus trompeuse du tableau. Marceau peut y déposer une demande de prorogation dans les formes, deux mois avant le terme comme le texte l’exige ; elle sera refusée, parce que les prescriptions ont changé le 15 janvier. La seule action utile, à cette date, est de déposer le permis.

Combien coûte un certificat d’urbanisme ?

Rien en droits, et deux mois en calendrier. C’est le rapport le plus favorable de tout le dossier d’acquisition : un document gratuit qui immobilise dix-huit mois de règles et, dans notre exemple, 3 568 € de taxe d’aménagement.

Le coût réel est ailleurs, et il est double. Le premier est le temps d’instruction, qui s’ajoute au calendrier d’une acquisition : deux mois pour un type b, à caler avant la signature ou pendant la condition suspensive. Notre guide sur les clauses suspensives montre comment cette attente s’organise sans bloquer l’opération.

Cette attente se compare mal à ce qu’elle sécurise. 61 jours d’instruction contre 549 jours de règles gelées : le rapport est exactement de un à neuf, et il n’existe aucun autre document du dossier d’acquisition qui offre ce rendement-là.

Le second est le temps de préparation de la note descriptive, sans laquelle le certificat retombe au niveau du type a. Un architecte la rédige à partir d’une esquisse ; un acquéreur qui s’en charge seul décrit vaguement, et reçoit une réponse vague. La qualité de la question détermine ici la qualité de la réponse, ce qui est rarement vrai en matière administrative.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Aucun des quatre ne porte sur une règle d’urbanisme mal lue. Dans les quatre, la règle était connue.

Le certificat demandé après le compromis, et de type a. L’acquéreur obtient une photographie des règles et rien sur son projet. Le plan est révisé sept mois plus tard, la division devient impossible, et la valeur du projet — chiffrée à 96 000 € d’écart entre l’immeuble divisé et l’immeuble en l’état — disparaît avec elle.

Le certificat demandé trop tard dans le calendrier. Le dépôt intervient six semaines avant la signature de l’acte, l’instruction en prend huit, et l’acquéreur signe sans savoir. Les 12 400 € de frais d’études déjà engagés le sont sur une hypothèse que rien ne garantit.

La prorogation demandée dans les formes, et refusée. La demande est déposée deux mois avant le terme, comme le texte l’exige, mais les prescriptions ont changé entre-temps : la condition posée par l’article R*410-17 n’est pas remplie3. Le certificat s’éteint à sa date, et 3 568 € de taxe supplémentaire deviennent exigibles.

Le tacite pris pour un accord. La mairie ne répond pas dans les deux mois. L’acquéreur en déduit que son projet passe, alors que le certificat tacite « a exclusivement les effets prévus par le quatrième alinéa »2 : il est protégé sur des règles qu’il n’a jamais vues appliquées à son cas. Le permis déposé quatorze mois plus tard est refusé, et les 12 400 € d’études sont perdus une seconde fois.

Le point commun des quatre tient en une phrase : le certificat était disponible, gratuit, et demandé au mauvais moment ou sous la mauvaise forme.

Six gestes avant de signer un compromis

Aucun ne coûte de droits. Le plus cher est un délai.

  1. Demandez un certificat de type b, jamais un type a. Le premier photographie la règle, le second dit si votre opération y entre. Un mois d’instruction sépare les deux, et c’est le seul écart entre les deux documents.
  2. Déposez avant le compromis, ou dès sa signature. Deux mois d’instruction s’accommodent d’une condition suspensive ; ils ne s’accommodent pas d’un acte prévu six semaines plus tard.
  3. Faites rédiger la note descriptive par un architecte. C’est elle qui transforme la demande en question précise. Sans elle, la mairie répond à la question qu’elle veut.
  4. Inscrivez le terme des dix-huit mois dans un agenda, à compter de la délivrance. Pas de la demande. Dans le dossier de Marceau, la nuance vaut 61 jours.
  5. Relancez la mairie avant l’expiration du délai d’instruction. Un certificat tacite protège mais ne répond pas. Une relance écrite coûte un courrier et vaut une réponse.
  6. Ne comptez pas sur la prorogation. Elle est refusée dès que les règles ont changé, c’est-à-dire dès qu’elle servirait. Le seul geste qui protège est le dépôt de l’autorisation avant le terme, et un dépôt se prépare.

Un mot pour finir sur ce que ce guide laisse de côté. Il ne traite pas le contentieux du certificat, ni les cas où le document délivré comporte une erreur, questions qui appellent un avocat plutôt qu’un guide. Il ne dit pas non plus ce que recouvre l’exception de sécurité ou de salubrité publique, dont la portée se juge au cas par cas. Et il suppose un projet déjà dessiné : un notaire consulté au compromis pose la bonne question dans le bon ordre, à savoir ce qu’on veut faire avant de demander si on peut le faire.

61 JOURS D’INSTRUCTION, 549 JOURS DE PROTECTION

Un rapport de un à neuf.

Aucun autre document d’un dossier d’acquisition n’offre ce rendement : deux mois d’attente contre dix-huit mois de règles immobilisées, sans droits à payer.

  • Pourquoi la demande se dépose le jour du compromis
  • Pourquoi la note descriptive détermine la qualité de la réponse
  • Ce que la révision d’un plan change, et ce qu’elle ne change plus
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur la différence entre les deux certificats, la durée et le point de départ de la cristallisation, ce qu’elle gèle et ce qui lui échappe, les effets du certificat tacite, la prorogation et ce que le document n’autorise pas.

Un immeuble à diviser, un plan local d’urbanisme en cours de révision ?

Le premier document du dossier n’est pas le devis de l’architecte : c’est un certificat de type b, et il se demande avant la signature du compromis.

Faire le point sur un projet

01 · Les deux types

  • 01Quelle différence entre un certificat d’urbanisme a et b ?
    Le type a « indique les dispositions d’urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété » et la liste des taxes applicables au terrain : c’est une photographie de la règle. Le type b dit en outre « si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l’état des équipements » publics. Un mois d’instruction sépare les deux, et c’est le seul écart de coût.
  • 02Combien de temps un certificat d’urbanisme gèle-t-il les règles ?
    Dix-huit mois à compter de la délivrance, et non de la demande. L’article L. 410-1 protège la demande d’autorisation déposée « dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d’un certificat d’urbanisme ». Sur un certificat de type b délivré au bout de deux mois d’instruction, la protection commence donc deux mois après le dépôt de la demande.

02 · La cristallisation

  • 03Que gèle exactement la cristallisation ?
    Trois objets : « les dispositions d’urbanisme, le régime des taxes et participations d’urbanisme ainsi que les limitations » administratives au droit de propriété, telles qu’elles existaient à la date du certificat. Le deuxième est le moins connu : une hausse du taux communal de la taxe d’aménagement ne s’applique pas au titulaire d’un certificat en cours de validité qui dépose dans le délai.
  • 04Y a-t-il des règles que le certificat ne gèle pas ?
    Oui, et l’exception est large. La cristallisation joue « à l’exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique ». Un risque nouvellement identifié ou une prescription de sécurité s’appliquent malgré le certificat. Le texte ne définit pas le périmètre exact de cette exception.

03 · Le tacite

  • 05Que se passe-t-il si la mairie ne répond pas ?
    Le silence vaut certificat tacite, mais il ne répond à rien. L’article R410-12 énonce que ce certificat « a exclusivement les effets prévus par le quatrième alinéa de l’article L. 410-1, y compris si la demande portait sur les éléments mentionnés au b de cet article ». On obtient donc la protection de dix-huit mois sans savoir si le terrain peut recevoir le projet.
  • 06Le délai de dix-huit mois court-il aussi pour un certificat tacite ?
    Oui, et depuis la date d’acquisition du tacite. L’article R410-18 précise que « le délai de dix-huit mois prévu au quatrième alinéa de l’article L. 410-1 court à compter de la date d’acquisition du certificat d’urbanisme tacitement obtenu », y compris si un certificat exprès est délivré plus tard. Une mairie qui répond en retard ne rallonge donc pas la protection.

04 · Les limites

  • 07Peut-on prolonger un certificat d’urbanisme ?
    Il « peut être prorogé par périodes d’une année sur demande présentée deux mois au moins avant l’expiration », mais à une condition qui retourne le mécanisme : « si les prescriptions d’urbanisme, les servitudes administratives de tous ordres et le régime des taxes n’ont pas changé ». La prorogation est donc refusée précisément dans le cas où la cristallisation servait à quelque chose.
  • 08Un certificat d’urbanisme vaut-il autorisation de construire ?
    Non. Il fige des règles, il n’accorde aucun droit de réaliser des travaux. Un certificat de type b favorable ne dispense ni d’un permis ni d’une déclaration préalable, et l’instruction de cette demande rouvre l’examen complet du dossier sur les mêmes règles, avec un niveau de détail que la note descriptive ne comportait pas.

On étudie un projet de division pendant des semaines. On oublie de figer la règle qui l’autorise.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Nous exposons les textes ; sur un projet de division, l’interlocuteur utile est un architecte.

Les textes lus mot à mot dans leur version en vigueurL’assiette de la taxe est posée, non dérivée : elle a son propre guideLe guide ne définit pas l’exception de sécurité ou de salubrité publique

Sources et date de contrôle

Les textes du code de l’urbanisme relatifs au certificat d’urbanisme, lus en verbatim dans leur version en vigueur au 27 août 2026.

  • Source 01

    Article L. 410-1 du code de l'urbanisme — les deux certificats et la cristallisation de dix-huit mois — Légifrance. Version en vigueur depuis le 25 novembre 2018, issue de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, article 59. Le certificat de type a « indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété » et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain. Le certificat de type b indique en outre « si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements » publics existants ou prévus. Quatrième alinéa : lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée « dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme », « les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations » administratives au droit de propriété telles qu'elles existaient à la date du certificat ne peuvent être remises en cause, « à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique ». Consulté le 2026-08-27.

  • Source 02

    Article R410-12 du code de l'urbanisme — le certificat tacite et ses seuls effets — Légifrance. Version en vigueur consultée au 27 août 2026. « A défaut de notification d'un certificat d'urbanisme dans le délai fixé par les articles R. 410-9 et R. 410-10, le silence gardé par l'autorité compétente vaut délivrance d'un certificat d'urbanisme tacite. Celui-ci a exclusivement les effets prévus par le quatrième alinéa de l'article L. 410-1, y compris si la demande portait sur les éléments mentionnés au b de cet article. » Consulté le 2026-08-27.

  • Source 03

    Articles R410-1, R410-3, R410-9, R410-10, R410-17 et R410-18 du code de l'urbanisme — demande, délais, prorogation — Légifrance. Section « Certificat d'urbanisme », vingt et un articles, version en vigueur consultée au 27 août 2026 ; texte modificateur le plus récent affiché : décret n° 2023-1037 du 10 novembre 2023, applicable aux demandes déposées à compter du 1er janvier 2024. R410-1 : la demande « est accompagnée d'une note descriptive succincte de l'opération indiquant, lorsque le projet concerne un ou plusieurs bâtiments, leur destination et leur sous-destination ». R410-3 : « Le dossier de la demande de certificat d'urbanisme est adressé au maire de la commune dans laquelle le terrain est situé. » R410-9 : pour le certificat de type a, « le délai d'instruction est d'un mois à compter de la réception en mairie de la demande ». R410-10 : pour le type b, « le délai d'instruction est de deux mois à compter de la réception en mairie de la demande ». R410-17 : « Le certificat d'urbanisme peut être prorogé par périodes d'une année sur demande présentée deux mois au moins avant l'expiration » du délai, « si les prescriptions d'urbanisme, les servitudes administratives de tous ordres et le régime des taxes n'ont pas changé ». R410-18 : « Le délai de dix-huit mois prévu au quatrième alinéa de l'article L. 410-1 court à compter de la date d'acquisition du certificat d'urbanisme tacitement obtenu », y compris si un certificat exprès est délivré ultérieurement. Consulté le 2026-08-27.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les textes cités ont été lus sur Légifrance avant citation, dans leur version en vigueur au 27 août 2026, et sont reproduits mot à mot. Le guide expose des textes : il ne dit pas ce que recouvre « la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique », faute d’avoir lu une décision qui en dresse le périmètre. Il ne recalcule pas l’assiette de la taxe d’aménagement, qui a son propre guide : les 178 400 € du dossier de Marceau sont posés, non dérivés, et les taux de 3 % et 5 % sont des hypothèses de comparaison. Les 96 000 € de valeur de projet et les 12 400 € de frais d’études sont du même ordre. Nous ne publions ni fréquence de révisions de plans locaux d’urbanisme, ni proportion de certificats tacites, faute de les avoir mesurées. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur un projet de division, l’interlocuteur utile est un architecte.