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Guide de décisionVérifié le 24 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Clauses suspensives : la clause standard protège le prix, pas le projet

La clause suspensive de prêt que l’agence pré-remplit protège le prix, pas le projet. Sur un achat à 78 000 € avec 20 000 € de travaux, elle laisse un trou de 27 431 € — et demander son prêt à de meilleures conditions que le compromis fait perdre le dépôt.

AVANT DE SIGNER LE COMPROMIS

On négocie le compromis, pas la demande de prêt

Les paramètres écrits — montant, taux plafond, durée — se calibrent avec un courtier avant de signer. Ensuite, les demandes se déposent exactement dans ces bornes : vouloir mieux fabrique la preuve qui coûte le dépôt.

  • Le trou de 27 431 € que laisse la clause standard
  • L’arrêt du 25 juin 2026 sur les demandes non conformes
  • La symétrie de décembre 2022 qui protège l’acquéreur
  • Les quatre clauses propres à un achat locatif

TROU DE LA CLAUSE STANDARD

27 431 €

COUVERTURE DU BESOIN

74 %

DÉPÔT EN JEU

3 900 €

DURÉE MINIMALE LÉGALE

1 mois

DÉLAI RÉALISTE

45-60 j

ARRÊT CLÉ

25/06/2026

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Le montant de la clause standard est le prix d’achat seul. Frais et travaux n’y figurent pas. Une offre qui couvre le prix mais refuse les travaux réalise la condition : le projet est ruiné, la vente se fait quand même1.

La demande de prêt doit coller au compromis. La Cour de cassation a jugé en juin 2026 que des demandes faites à 1,30 % quand la promesse plafonnait à 1,75 % ne sont pas conformes : la condition est réputée accomplie, et l’indemnité d’immobilisation est perdue2.

La symétrie ne joue pas contre vous. En décembre 2022, la même chambre a jugé qu’un montant maximal stipulé n’oblige jamais à accepter une offre bancaire inférieure3. Votre demande doit être conforme ; l’offre de la banque, elle, ne s’impose pas.

Ce guide ne fournit pas de clauses à recopier — une clause se rédige par votre notaire, sur votre dossier. Il fournit ce qui manque partout ailleurs : les deux mécanismes précis par lesquels une condition suspensive échoue, chiffrés sur un cas, et les quatre demandes à formuler chez le notaire qui distinguent un achat locatif d’un achat de résidence principale.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Romain, cas construit, et non un dossier réel, repris de notre guide sur l'achat d’un appartement locatif : un T2 de 44 m² à 78 000 €, avec 20 000 € de travaux et 3 000 € d’ameublement. Le dépôt de garantie est posé à 5 % par hypothèse déclarée. Tous les montants se recalculent sur le vôtre.

Que protège vraiment la condition suspensive de prêt ?

Moins que vous ne le croyez, et c’est écrit dedans.

La protection légale est réelle : dès que l’acte indique que le prix est payé même partiellement à l’aide d’un prêt, la vente est conclue sous la condition suspensive de son obtention, pour une durée qui ne peut être inférieure à un mois, et si la condition défaille, toute somme versée d’avance est intégralement restituable sans retenue1. Ce socle de l’article L. 313-41 du code de la consommation ne se négocie pas — notre guide des dix-huit étapes le rappelle au moment du compromis, et il n’y a pas à y revenir ici.

Tout se joue dans ce que la clause décrit. Elle ne protège que l’obtention du prêt tel qu’elle le définit : un montant, un taux maximal, une durée. Si la définition est plus étroite que votre besoin réel, la protection s’arrête avant votre projet — et la définition standard, pré-remplie par l’agent immobilier à partir du seul prix de vente, est presque toujours plus étroite que le besoin d’un investisseur qui achète pour rénover.

Pourquoi une offre conforme peut-elle ruiner le projet ?

Le besoin de Romain ne s’arrête pas à 78 000 €.

Ce que la clause standard couvre, contre ce que le projet exige

Pourquoi une offre conforme peut-elle ruiner le projet ? — tableau 1
Prix d’achat78 000 €Oui
Frais d’acquisition au barème7 431 €Non
Travaux20 000 €Non
Besoin finançable105 431 €Couvert à 74 %

Le scénario d'échec n’a rien d’exotique, les banques finançant les travaux avec bien plus de réticence que les murs. Elle accepte les 78 000 €, refuse les 20 000 € de travaux : l’offre est conforme à la clause, la condition est réalisée, Romain est engagé. Il lui reste deux issues, toutes deux mauvaises — sortir 20 000 € de son épargne, en espérant qu’elle existe, ou renoncer et abandonner le dépôt de garantie de 3 900 €, la protection légale ne jouant pas puisque le prêt décrit par la clause a bien été obtenu.

Le taux plafond mérite le même soin que le montant. Trop serré, il transforme la moindre remontée des barèmes en course perdue ; trop large, il vous engage à accepter une offre chère que vous auriez refusée. La bonne mesure vient du courtier, qui connaît les barèmes réellement pratiqués pour votre profil et votre capacité d’emprunt, et elle s'écrit avec une marge — pas avec le taux espéré du meilleur scénario.

La parade se formule en une phrase chez le notaire : le montant inscrit dans la condition doit être le besoin finançable complet — prix, frais et travaux, soit 105 431 € ici — et non le prix seul. Une banque qui refuse ce montant-là fait défaillir la condition, et le dépôt revient. Le chiffrage des travaux par un artisan avant le compromis, que recommande déjà notre guide du premier investissement, cesse ici d'être une prudence : c’est lui qui donne le chiffre à écrire dans la clause.

Une demande trop belle peut-elle faire perdre le dépôt ?

C’est le piège inverse, et la Cour de cassation vient d’en fixer le prix.

Dans l’affaire jugée le 25 juin 2026, la promesse stipulait un prêt de 1 475 000 € au taux nominal maximal de 1,75 %. L’acquéreuse a déposé ses demandes à 1,30 % — de meilleures conditions, donc plus dures à obtenir — et a essuyé des refus. La cour d’appel y avait vu une condition défaillie ; la Cour de cassation censure : des demandes formées à un taux inférieur aux conditions prévues au contrat ne sont pas conformes, et l’article 1304-3 du code civil répute alors la condition accomplie, parce que celui qui y avait intérêt en a empêché l’accomplissement2. Conséquence mécanique : la vente tient, l’indemnité d’immobilisation est perdue.

Transposé au dossier de Romain : si son compromis plafonne le taux à 4,20 % et qu’il demande 3,60 % pour améliorer son rendement, chaque refus bancaire cesse de le protéger. Les 3 900 € du dépôt sont en jeu, non parce que le financement était impossible, mais parce que la demande ne correspondait pas au contrat.

La règle de conduite est simple et contre-intuitive : on négocie le compromis, pas la demande de prêt. Les paramètres écrits — montant, taux plafond, durée — se calibrent avec un courtier avant de signer, avec une marge réaliste ; ensuite, les demandes se déposent exactement dans ces bornes. Vouloir mieux que le compromis après signature, c’est fabriquer soi-même la preuve qui vous coûtera le dépôt.

Le même arrêt porte un second enseignement, moins commenté. L’acquéreuse avait demandé une prorogation du délai de réalisation sans révéler les refus de crédit déjà essuyés ; la Cour reproche aux juges du fond de ne pas avoir recherché si ce silence manquait à l’exigence de bonne foi de l’article 1104 du code civil2. Une prorogation se demande cartes sur table : solliciter du temps en cachant que la partie est déjà perdue peut suffire, à lui seul, à faire basculer le dossier.

D’où une hygiène simple pendant toute la vie du délai. Datez chaque dépôt de demande, conservez chaque refus, transmettez-les au notaire dès réception — c’est ce dossier qui prouve, le jour venu, que la condition a défailli malgré des demandes conformes, et c’est lui qui rend le dépôt. Un acquéreur qui « attend de voir » sans traces écrites plaide mal, même de bonne foi.

Ce que la banque offre ne s’impose pas

La rigueur joue sur vos demandes. Elle ne joue pas sur les offres qu’on vous fait.

En décembre 2022, la même troisième chambre civile a tranché le cas symétrique : une promesse stipulait un prêt d’un montant maximal de 414 000 €, la banque n’a offert que 407 000 €, l’acquéreur a refusé. Les vendeurs réclamaient l’indemnité ; la Cour juge que l’indication d’un montant maximal n’oblige pas l’acquéreur à accepter une offre inférieure, la condition défaillant alors sans faute de sa part3. Promesse caduque, dépôt restitué.

Les deux arrêts tracent ensemble une ligne nette. Votre demande doit reproduire les caractéristiques du compromis, ni plus dures ni plus exigeantes ; l'offre de la banque, elle, doit atteindre ce que le compromis décrit pour réaliser la condition, et rien ne vous force à vous contenter de moins. La conformité est un devoir à l’entrée et une protection à la sortie — la confondre dans un sens coûte le dépôt, la confondre dans l’autre fait renoncer à un droit.

Le délai écrit, et ce qui se passe à son terme

Un mois est le plancher légal. Ce n’est pas le délai réaliste.

Entre le dépôt des demandes, l'édition des offres et le délai de réflexion incompressible, un financement ordinaire consomme quarante-cinq à soixante jours ; écrire trente jours dans le compromis, c’est programmer soi-même la course contre la montre, puis la demande de prorogation — précisément la situation où la bonne foi de l’article 1104 se juge. Le délai se calibre avec le courtier en même temps que le taux, et il s'écrit large plutôt que juste.

À l'échéance, trois issues seulement. La condition est réalisée : la vente s’exécute. Elle a défailli malgré des demandes conformes et documentées : la promesse est caduque et le dépôt revient intégralement, sans retenue ni pénalité. Ou bien les parties prorogent d’un commun accord, par écrit, avenant à l’appui — jamais par un échange de textos que chacun relira à sa façon devant le juge. Le silence, lui, n’est pas une issue : un délai expiré sans levée d’option ni prorogation ouvre une zone grise dont personne ne sort gagnant, et qu’un avenant d’une page aurait fermée.

Que demander à son notaire, au-delà du prêt ?

Quatre protections, aucune dans le compromis type.

Les travaux votés entre compromis et acte. Les appels de fonds hors budget prévisionnel incombent à celui qui est copropriétaire à la date d’exigibilité4 : un ravalement voté après votre compromis et appelé après l’acte tombe sur vous — 4 800 € sur le cas de Romain — alors que vous n’avez pas voté. Les parties peuvent convenir d’une autre répartition entre elles : demandez la clause qui met à la charge du vendeur les travaux votés avant le transfert de propriété, et exigez les procès-verbaux des trois dernières assemblées avant de signer.

L’autorisation de changement d’usage. Si le projet suppose du meublé de tourisme, l’article L. 631-7 du code de la construction et de l’habitation permet aux communes de soumettre ce changement d’usage à autorisation préalable5 — et la location d’un meublé de tourisme est expressément un changement d’usage au sens de ce texte. Une condition suspensive d’obtention de cette autorisation évite d’acheter un projet que la mairie refusera. Un régime fiscal ne rattrape jamais un usage interdit.

Le diagnostic de performance énergétique et son seuil. Pour un bien annoncé E, F ou G, une clause peut subordonner la vente à un diagnostic récent atteignant une classe donnée, ou tirer les conséquences chiffrées d’un déclassement — le gel des loyers et le calendrier d’interdiction sont détaillés dans notre guide des passoires thermiques. Le diagnostic se conteste et se refait ; le calendrier, non.

La purge du droit de préemption. La déclaration d’intention d’aliéner ouvre à la commune deux mois pour préempter, mécanisme décrit dans notre guide de l'off-market. La clause type la vise, mais vérifiez qu’elle couvre aussi le locataire en place le cas échéant : un congé pour vendre mal purgé se plaide des années.

Ce qui coûte cher aux acquéreurs

Quatre erreurs reviennent, et chacune se chiffre.

Le montant de la clause limité au prix, 20 000 €. La banque accepte les murs, refuse les travaux, l’offre est conforme : les 20 000 € du chantier sortent de l'épargne ou la vente s’exécute sans eux. Le trou complet — frais compris — atteint 27 431 € sur ce dossier.

La demande de prêt plus belle que le compromis, 3 900 €. Demander 3,60 % quand la promesse plafonne à 4,20 % rend chaque refus inopposable : condition réputée accomplie, dépôt perdu. C’est l’enseignement direct de l’arrêt du 25 juin 2026.

L’offre inférieure acceptée par peur, 0 € de protection gâchée. Accepter 93 000 € quand la clause en couvrait 105 431, c’est renoncer sans y être tenu : depuis décembre 2022, une offre sous le plafond stipulé ne réalise pas la condition. Le dépôt serait revenu — celui qui l’ignore paie la différence sur son épargne.

Le ravalement voté entre compromis et acte, 4 800 €. Appelé après le transfert, il incombe à l’acquéreur sans clause contraire. Une phrase chez le notaire et la lecture des procès-verbaux l’auraient mis à la charge du vendeur.

Ce qu’il faut faire, et dans quel ordre

Tout se joue avant la signature du compromis. Après, il est trop tard.

  1. Chiffrez le besoin finançable complet — prix, frais au barème, travaux sur devis d’artisan — avant le compromis, jamais après.
  2. Faites écrire ce montant dans la condition suspensive, avec un taux plafond et une durée calibrés par votre courtier, marge réaliste comprise.
  3. Déposez vos demandes exactement dans les bornes du compromis — même montant, taux au plus égal au plafond, même durée — et gardez la preuve écrite de chaque dépôt.
  4. N’acceptez jamais une offre inférieure par crainte de perdre le dépôt : elle ne réalise pas la condition, et le dépôt revient de droit.
  5. Ajoutez les clauses d’investisseur pertinentes — travaux votés au vendeur, changement d’usage, seuil de diagnostic — en les formulant avec le notaire, pas en recopiant un modèle.
  6. Lisez les procès-verbaux des trois dernières assemblées avant de signer : c’est là que dorment les 4 800 € du prochain appel de fonds.

Un dernier point, qui résume l’esprit de la démarche. La condition suspensive n’est pas une formalité que l’agent immobilier remplit en marge du prix : c’est le seul texte du compromis qui décide, en cas de coup dur, si vous perdez un projet ou si vous perdez un projet et votre dépôt. Elle mérite le quart d’heure de notaire qu’elle coûte, et elle se rédige depuis votre plan de financement réel — pas depuis le prix affiché dans l’annonce.

Vingt mille euros d’un côté. Trois mille neuf cents de l’autre. Une phrase chez le notaire entre les deux.

UN QUART D’HEURE CHEZ LE NOTAIRE

Le seul texte du compromis qui décide du sort du dépôt

Besoin finançable complet, taux plafond réaliste, clauses d’investisseur : trois sujets à poser au notaire avant la signature, depuis votre plan de financement réel.

  • Votre besoin finançable, chiffré poste par poste
  • Des demandes de prêt conformes et documentées
  • Les procès-verbaux d’assemblée lus avant de signer
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Onze réponses directes sur le montant à écrire dans la clause, la conformité des demandes de prêt, les deux arrêts de cassation et les clauses propres à l’investisseur.

Vous voulez faire relire un compromis ?

Apportez le projet d’acte, vos devis et votre plan de financement. L’échange ne remplace pas la consultation de votre notaire et ne garantit aucune issue.

Faire le point sur votre dossier

01 · La clause et son montant

  • 01Qu'est-ce que la condition suspensive d'obtention de prêt ?
    La protection légale de l'acquéreur qui finance à crédit : dès que l'acte mentionne un prêt, la vente est conclue sous condition de son obtention, pour une durée qui ne peut être inférieure à un mois, et toute somme avancée est intégralement restituable si la condition défaille. Mais elle ne protège que le prêt tel que la clause le décrit — montant, taux maximal, durée — et la description standard couvre le prix seul.
  • 02Pourquoi la clause standard est-elle dangereuse pour un investisseur ?
    Parce qu'elle inscrit le prix d'achat et rien d'autre. Sur un achat à 78 000 € avec 20 000 € de travaux et 7 431 € de frais, le besoin finançable atteint 105 431 € mais la clause n'en couvre que 74 %. Une banque qui accepte le prix et refuse les travaux délivre une offre conforme : la condition est réalisée, l'acquéreur reste engagé et sort les travaux de sa poche.
  • 03Que faut-il écrire comme montant dans la condition suspensive ?
    Le besoin finançable complet : prix, frais d'acquisition au barème et travaux chiffrés sur devis d'artisan. Sur le cas décrit, 105 431 € et non 78 000 €. Une banque qui refuse ce montant fait alors défaillir la condition, et le dépôt de garantie revient intégralement.

02 · Conformité des demandes

  • 04Peut-on demander son prêt à un meilleur taux que celui du compromis ?
    Non, et c'est l'enseignement de l'arrêt du 25 juin 2026. Des demandes déposées à 1,30 % quand la promesse plafonnait à 1,75 % ont été jugées non conformes : la condition est réputée accomplie par l'article 1304-3 du code civil, parce que l'acquéreur s'est rendu l'obtention plus difficile, et l'indemnité d'immobilisation est perdue. On négocie le compromis, pas la demande de prêt.
  • 05Suis-je obligé d'accepter une offre de prêt inférieure au montant stipulé ?
    Non. La Cour de cassation a jugé en décembre 2022 que l'indication d'un montant maximal — 414 000 € dans l'affaire — n'oblige pas l'acquéreur à accepter une offre inférieure, 407 000 € en l'espèce. La condition défaille alors sans faute, la promesse est caduque et le dépôt est restitué. Votre demande doit être conforme au compromis ; l'offre de la banque, elle, ne s'impose pas.
  • 06Que se passe-t-il si je demande une prorogation du délai ?
    Elle se demande cartes sur table. Dans l'arrêt du 25 juin 2026, la Cour reproche aux juges de ne pas avoir vérifié si la demande de prorogation formée sans révéler les refus de crédit déjà reçus manquait à la bonne foi de l'article 1104 du code civil. Datez chaque dépôt, conservez chaque refus, transmettez tout au notaire au fil de l'eau.

03 · Les clauses d’investisseur

  • 07Qui paie un ravalement voté entre le compromis et l'acte ?
    Celui qui est copropriétaire à la date d'exigibilité de l'appel de fonds — donc l'acquéreur pour tout appel postérieur à l'acte, même s'il n'a pas voté les travaux. Vendeur et acquéreur peuvent convenir entre eux d'une autre répartition : demandez la clause mettant à la charge du vendeur les travaux votés avant le transfert, et lisez les procès-verbaux des trois dernières assemblées.
  • 08Quelles clauses ajouter pour un projet de meublé de tourisme ?
    Une condition suspensive d'obtention de l'autorisation de changement d'usage. L'article L. 631-7 du code de la construction et de l'habitation permet aux communes de soumettre ce changement à autorisation préalable, et la location d'un meublé de tourisme en est expressément un. Acheter d'abord et demander ensuite, c'est risquer de posséder un projet interdit.
  • 09Une clause sur le diagnostic de performance énergétique est-elle utile ?
    Pour un bien annoncé E, F ou G, oui. La clause peut subordonner la vente à un diagnostic récent atteignant une classe donnée, ou tirer les conséquences d'un déclassement — gel des loyers et calendrier d'interdiction à l'appui. Le diagnostic se conteste et se refait ; le calendrier réglementaire, lui, ne se négocie pas.

04 · En pratique

  • 10Le notaire est-il obligatoire pour rédiger ces clauses ?
    La rédaction de l'acte relève de son monopole, et c'est une chance : les clauses d'investisseur décrites ici se formulent en quelques phrases dans un rendez-vous, sur la base de votre plan de financement réel et de vos devis. Recopier un modèle trouvé en ligne, c'est précisément reproduire la clause standard dont ce guide chiffre les échecs.
  • 11Que risque-t-on au total avec une clause mal calibrée ?
    Les deux mécanismes se cumulent rarement mais encadrent tout le risque : 20 000 € de travaux à sortir de l'épargne si le montant de la clause s'arrête au prix, et 3 900 € de dépôt perdus si la demande de prêt ne colle pas au compromis. Entre les deux, une phrase chez le notaire et des demandes déposées dans les bornes écrites.

Vingt mille euros d’un côté, trois mille neuf cents de l’autre, une phrase chez le notaire entre les deux.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide explique comment sécuriser seul une condition suspensive avec son notaire, dont l’intervention relève du monopole et ne se remplace pas.

Pas une consultation juridiqueArrêts cités vérifiés sur LégifranceDépôt et taux du cas : hypothèses déclarées

Sources et date de contrôle

La clause suspensive de prêt que l’agence pré-remplit protège le prix, pas le projet. Sur un achat à 78 000 € avec 20 000 € de travaux, elle laisse un trou de 27 431 € — et demander son prêt à de meilleures conditions que le compromis fait perdre le dépôt.

  • Source 01

    Article L. 313-41 du code de la consommation — condition suspensive d'obtention du prêt — Légifrance. En vigueur depuis le 1er juillet 2016. Lorsque l'acte indique que le prix est payé, même partiellement, à l'aide d'un ou plusieurs prêts, il est conclu sous la condition suspensive de leur obtention. « La durée de validité de cette condition suspensive ne peut être inférieure à un mois. » À défaut de réalisation, toute somme versée d'avance par l'acquéreur « est immédiatement et intégralement remboursable sans retenue ni indemnité ». Consulté le 2026-08-24.

  • Source 02

    Cass. 3e civ., 25 juin 2026, n° 24-14.137 — demandes de prêt non conformes et condition réputée accomplie — Légifrance. Promesse stipulant un prêt de 1 475 000 € sur vingt-cinq ans au taux nominal maximal de 1,75 % ; demandes déposées à 1,30 %, refusées. Cassation au visa de l'article 1304-3 du code civil : des demandes formées « à un taux inférieur aux conditions prévues au contrat » ne sont pas conformes, et la condition est réputée accomplie lorsque celui qui y avait intérêt en a empêché l'accomplissement. La Cour reproche aussi aux juges du fond de ne pas avoir recherché, au regard de l'article 1104, si la demande de prorogation formée sans révéler les refus déjà reçus manquait à la bonne foi. Renvoi devant la cour d'appel de Versailles. Décision d'espèce, inédite. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 03

    Cass. 3e civ., 14 décembre 2022, n° 21-24.539 — le montant maximal n'oblige pas à accepter une offre inférieure — Légifrance. Publié au bulletin. Promesse stipulant un prêt d'un montant maximal de 414 000 € à 2 % sur vingt-cinq ans ; la banque n'offre que 407 000 €, les acquéreurs refusent. Rejet du pourvoi des vendeurs : l'indication d'un montant maximal du prêt n'est pas de nature à contraindre les acquéreurs à accepter toute offre d'un montant inférieur ; la condition a défailli sans faute de leur part et la promesse est caduque, l'indemnité de 38 600 € n'étant pas due. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 04

    Vente d'un lot de copropriété : qui paie les charges ? — service-public.gouv.fr. Le vendeur supporte les provisions du budget prévisionnel exigibles avant le transfert de propriété. Les provisions des dépenses hors budget prévisionnel — travaux votés en assemblée — incombent à celui qui est copropriétaire à la date d'exigibilité de l'appel de fonds, que le chantier ait commencé ou non. Le vendeur et l'acquéreur peuvent convenir entre eux d'une répartition différente, sans effet à l'égard du syndicat. Règle issue de l'article 6-2 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 05

    Article L. 631-7 du code de la construction et de l'habitation — changement d'usage des locaux d'habitation — Légifrance. Permet aux communes, par décision de l'organe délibérant, de soumettre à autorisation préalable le changement d'usage des locaux d'habitation. Le fait de louer un local meublé en tant que meublé de tourisme constitue un changement d'usage au sens de ce texte. Consulté le 2026-08-24.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide explique comment sécuriser seul une condition suspensive avec son notaire, dont l’intervention relève du monopole et ne se remplace pas. Les montants cités valent pour le cas construit décrit — dépôt de garantie et taux y sont des hypothèses déclarées — et se recalculent sur le vôtre. Ce guide n’est pas une consultation juridique ; les deux arrêts cités sont des décisions d’espèce, et votre clause se rédige sur votre dossier.</p