La cotisation foncière des entreprises du loueur en meublé : pourquoi le seuil de 5 000 € ne protège presque jamais une première année
Deux guides du site mentionnent cet impôt en trois paragraphes. Aucun ne donne le barème, la liste des exonérations, la règle d’annualisation des recettes, ni la déclaration sans laquelle la franchise de démarrage ne joue pas.
L’IMPÔT QUI ARRIVE DEUX ANS APRÈS LE PREMIER LOYER
Vous avez encaissé 2 480 €. Le fisc en retient 7 440.
Le seuil d’exonération de 5 000 € s’apprécie sur douze mois reconstitués. Une première année incomplète ne fait pas passer dessous — elle y ressemble seulement.
- Tout loueur en meublé est redevable, professionnel ou non
- Le seuil de 5 000 € équivaut à un loyer de 416 € par mois
- La base est votée par la commune dans une fourchette de 1 à 2,39
- Deux exonérations sur quatre supposent une délibération municipale
LOYER MENSUEL
620 €
ENCAISSÉ EN 2024
2 480 €
RETENU APRÈS ANNUALISATION
7 440 €
PLEIN TARIF
158 €
SELON LA COMMUNE
66 à 158 €
SUR QUATRE EXERCICES
395 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Tout loueur en meublé y est assujetti, professionnel ou non. L’exonération existe si les recettes n’excèdent pas 5 000 €1 — mais ces recettes sont ramenées à douze mois, ce qui change tout la première année.
Le montant vient d’une base minimum que la commune vote dans une fourchette. Sur la première tranche du barème de juillet 2026, elle va de 250 € à 597 €1 : deux communes voisines facturent du simple au double et demi.
Les exonérations que l’on cherche en priorité — celle du meublé de tourisme classé notamment — ne sont pas de plein droit : elles supposent une délibération de la commune2.
C’est un petit impôt. Cent cinquante-huit euros par an sur le dossier de ce guide, contre plusieurs milliers pour la taxe foncière. Il mérite pourtant un guide entier, parce qu’il est le seul dont les investisseurs découvrent l’existence en ouvrant une enveloppe, un soir de décembre, deux ans après avoir signé chez le notaire et un an après avoir cru que leur budget annuel était stabilisé — et parce que ses règles sont contre-intuitives à chaque étage, du seuil d’exonération jusqu’au calendrier.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Nathalie, 39 ans, orthophoniste à Angers. Elle loue un T2 meublé 620 € par mois et a déclaré son activité le 1er septembre 2024. Son premier avis lui parviendra en décembre 2025, pour un montant qu’elle n’a jamais budgété. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.
Un loueur en meublé paie-t-il vraiment cet impôt ?
Oui, et le statut de non-professionnel n’y change rien.
La position de l’administration est constante : « La location de locaux meublés constitue par nature une activité commerciale professionnelle », et « même si vous n’êtes pas une entreprise mais un particulier, vous restez redevable »6.
La logique est celle du statut. Louer meublé, c’est exercer une activité commerciale — c’est ce qui ouvre l’amortissement et le régime des bénéfices industriels et commerciaux, que notre guide sur la fiscalité de la location meublée détaille. On ne peut pas prendre l’avantage sans la contrepartie.
Une conséquence en découle, et elle explique la forme de l’avis. Cet impôt est local : il se rattache à un lieu d’exercice, pas au domicile du bailleur. Nathalie habite Angers et loue à Angers, ce qui simplifie tout ; un investisseur qui vit à Lyon et loue à Saint-Étienne relève de Saint-Étienne, avec le taux et la base votés là-bas.
Le guide s’arrête à ce constat et ne va pas plus loin, parce que la situation d’un loueur détenant des logements dans plusieurs communes appelle une réponse que nous n’avons pas pu vérifier à sa source. C’est la première question à poser au service des impôts des entreprises, et l’une des rares que nous conseillons de ne pas trancher seul.
Ce que ce guide calcule, et ce qu’il ne calcule pas. Un loueur en meublé n’a en général pas de local professionnel distinct : ce qu’il reçoit est une cotisation minimum, assise sur une base forfaitaire et non sur la valeur locative d’un bureau. Tout ce guide raisonne sur cette cotisation minimum. Le taux global voté localement est une hypothèse déclarée, et l’avis ajoute des frais de gestion que nous ne chiffrons pas, faute de les avoir vérifiés à leur source.
Cinq mille euros, sur douze mois reconstitués
C’est le point où ce guide a failli publier l’inverse de ce que dit le texte.
L’exonération existe : « Les redevables réalisant un montant de chiffre d’affaires ou de recettes inférieur ou égal à 5 000 € sont exonérés de la cotisation minimum »1. Un lecteur en déduit naturellement qu’une première année commencée en septembre, avec 2 480 € encaissés, passe sous le seuil.
Le même article referme la porte quelques lignes plus loin : « Lorsque la période de référence ne correspond pas à une période de douze mois, le montant du chiffre d’affaires ou des recettes est ramené ou porté, selon le cas, à douze mois »1.
Les 2 480 € de Nathalie deviennent donc 7 440 €. Elle est redevable, et elle l’aurait été même en démarrant le 1er décembre.
Quatre mois d’activité, deux résultats opposés
| Lecture | Recettes retenues | Résultat |
|---|---|---|
| Ce qui a été encaissé | 2 480 € | sous le seuil |
| Ce que le texte impose | 7 440 € | redevable |
Le seuil se lit donc comme un loyer, pas comme un encaissement. Cinq mille euros sur douze mois font 416 € par mois : au-delà, l’exonération est fermée quelle que soit la date de démarrage, quel que soit le nombre de mois de vacance, et quelle que soit la première année. Nathalie loue 620 €. Elle est à 204 € au-dessus.
Qui décide du montant ?
Le législateur fixe une fourchette, et la commune choisit dedans. C’est pour cette raison qu’aucun guide ne peut vous annoncer un chiffre.
Le barème du décret du 29 juin 2026 — six tranches, six fourchettes
| Recettes annuelles | Base minimum votée par la commune |
|---|---|
| Jusqu’à 10 000 € | entre 250 € et 597 € |
| Jusqu’à 32 600 € | entre 250 € et 1 194 € |
| Jusqu’à 100 000 € | entre 250 € et 2 509 € |
| Jusqu’à 250 000 € | entre 250 € et 4 183 € |
| Jusqu’à 500 000 € | entre 250 € et 5 974 € |
| Au-delà de 500 000 € | entre 250 € et 7 769 € |
Sur la tranche de Nathalie, l’écart entre le plancher et le plafond est de 2,39 fois. Avec un taux global de 26,5 % — hypothèse déclarée, le vrai taux se lit sur l’avis —, cela donne 66 € dans une commune et 158 € dans la voisine. Quatre-vingt-douze euros par an, 920 € sur dix ans, pour le même appartement et le même loyer.
Aucune règle nationale ne dit où une commune se place dans sa fourchette, et le chiffre ne se devine pas depuis un tableur. Il se lit sur l’avis, ou se demande au service des impôts des entreprises avant l’achat.
L’avis se déchiffre en trois lignes, et c’est un exercice qui vaut la peine d’être fait une fois. La base d’imposition doit correspondre à l’un des montants de la fourchette de votre tranche. Le taux affiché est la somme des taux votés par la commune et l’intercommunalité. Le produit des deux donne la cotisation, à laquelle s’ajoutent des frais de gestion. Si la base ne tombe pas dans la fourchette de votre tranche de recettes, c’est que la déclaration ne dit pas ce que vous croyez qu’elle dit.
Pourquoi la première facture arrive-t-elle si tard ?
Parce que deux règles se superposent, et qu’elles décalent chacune d’un cran.
La première est une franchise de démarrage. Le texte prévoit que la cotisation « n’est pas due pour l’année de la création », et que « la base du nouvel exploitant est réduite de moitié pour la première année d’imposition »3. Deux années douces, donc, avant le plein tarif.
La seconde est la période de référence, et c’est celle qui surprend. Elle est « l’avant-dernière année précédant celle de l’imposition »4. Les recettes qui déterminent la tranche ont donc deux ans d’âge : un exercice faste se paie deux ans plus tard, souvent au moment où l’activité a ralenti.
Ce que Nathalie paiera, année par année
Reprenons son dossier avec les deux règles appliquées dans l’ordre.
Quatre exercices, 395 € au total, et un plein tarif qui n’arrive qu’en troisième année
| Année | Recettes de référence | Base retenue | Cotisation |
|---|---|---|---|
| 2024 — création | — | non due | 0 € |
| 2025 | 2024, annualisées | 299 € | 79 € |
| 2026 | 2024, annualisées | 597 € | 158 € |
| 2027 | 2025 | 597 € | 158 € |
| Total | quatre exercices | 395 € |
Le premier avis arrive en décembre 2025 pour 79 €, ce qui surprend peu. Le deuxième arrive un an plus tard pour le double, et c’est celui-là qui déclenche les appels à l’expert-comptable — un doublement sans changement de situation, qui n’est que la fin de la réduction de moitié.
Rapporté au loyer annuel de 7 440 €, le plein tarif représente 2,1 % des recettes. C’est peu, et c’est pourtant l’un des onze postes que notre guide sur les frais qu’on oublie montre absents des simulateurs.
La sortie obéit à la même logique de décalage, en sens inverse. La cotisation est annuelle et se rattache au 1er janvier : un loueur qui cesse son activité en cours d’année reste redevable de l’exercice entamé, et c’est l’année suivante qu’il n’aura plus rien à payer. Vendre en février ne dispense pas de l’avis de décembre.
Une hausse de loyer, à l’inverse, met deux ans à se voir. Nathalie qui passerait à 700 € en 2026 verrait ses recettes de référence recalculées sur 2026, donc sur l’avis de 2028 — sans changer de tranche pour autant, puisque 8 400 € restent sous les 10 000 € du premier palier. Ce décalage est confortable quand les loyers montent et désagréable quand ils baissent, puisqu’on paie alors sur des recettes qu’on n’a plus.
Lesquelles sont automatiques ?
Deux sur quatre. Les deux autres dépendent d’un vote de votre commune, et c’est la nuance que les pages du sujet effacent presque toujours.
Deux exonérations acquises, deux suspendues à un vote municipal
| Situation | Régime |
|---|---|
| Location accidentelle d’une partie de son habitation, sans caractère périodique | de plein droit |
| Pièces meublées de son habitation principale, résidence principale du locataire | de plein droit |
| Meublé de tourisme classé compris dans son habitation personnelle | sur délibération |
| Tout ou partie de son habitation personnelle louée en meublé | sur délibération |
Les deux premières sont écrites sans condition d’adoption locale : sont exonérés « les propriétaires ou locataires qui louent accidentellement une partie de leur habitation personnelle, lorsque d’ailleurs cette location ne présente aucun caractère périodique », et « les personnes qui louent ou sous-louent en meublé une ou plusieurs pièces de leur habitation principale, sous réserve que les pièces louées constituent pour le locataire ou le sous-locataire sa résidence principale »2.
Les deux suivantes visent « les personnes qui louent en meublé des locaux classés » et « les personnes qui louent ou sous-louent en meublé tout ou partie de leur habitation personnelle »2, et elles ne s’appliquent que si la commune les a votées.
Autrement dit, faire classer un meublé de tourisme n’exonère de rien par soi-même. Le classement produit d’autres effets, que notre guide sur la réglementation des meublés de tourisme détaille ; sur cet impôt-ci, il ouvre une porte que la commune seule peut déverrouiller.
Le formulaire sans lequel rien ne se règle
Il existe une déclaration à déposer, et son oubli est la cause la plus banale des avis incohérents.
Le texte impose une déclaration de droit commun « l’année précédant celle de l’imposition au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai », et surtout, en cas de démarrage d’activité, une déclaration provisoire qui « doit être fournie avant le 1er janvier de l’année suivant celle de la création »5.
Nathalie, qui a déclaré son activité le 1er septembre 2024, devait donc déposer avant le 1er janvier 2025. C’est cette déclaration qui porte à la connaissance de l’administration ses recettes, sa commune et sa situation — et qui déclenche la franchise de l’année de création comme la réduction de moitié de l’année suivante.
Le point mérite d’être souligné parce qu’il inverse un réflexe. On imagine volontiers qu’un avantage fiscal se réclame après coup, sur justificatifs. Ici, il découle d’une déclaration faite avant même d’avoir reçu quoi que ce soit, dans les quelques mois qui suivent le démarrage — c’est-à-dire au moment précis où un bailleur s’occupe de son premier locataire et de rien d’autre. Un expert-comptable saisi dès la création la dépose sans qu’on le lui demande ; un bailleur qui gère seul l’apprend en recevant un avis qui ne ressemble pas à ce qu’il attendait.
- Sans déclaration, la base est établie sans vous. L’administration retient ce dont elle dispose, et la correction se fait ensuite par réclamation, avec les délais que cela suppose.
- La date est calée sur la création, pas sur le premier loyer. Une activité déclarée en décembre laisse quelques semaines, pas un an.
- Un changement se déclare aussi. Le même texte vise le changement d’exploitant ou d’activité en cours d’année, avec le même délai.
Ce que peuvent coûter deux cents euros de recettes
Le barème n’est pas progressif. Il procède par paliers, et un palier franchi fait doubler un plafond.
Un loueur à 9 900 € de recettes annuelles reste dans la première tranche, dont le plafond de base est de 597 €. À 10 100 €, il bascule dans la deuxième, dont le plafond est de 1 194 €. Si sa commune se place au plafond dans les deux cas, sa cotisation passe de 158 € à 316 € : deux cents euros de recettes en plus peuvent en coûter cent cinquante-huit.
La prudence s’impose sur ce chiffre, et mieux vaut le dire que le laisser impressionner. Rien n’oblige une commune à se placer au plafond dans les deux tranches, et beaucoup ne le font pas. L’effet de seuil est donc un maximum, pas une fatalité — mais il existe, et il tombe autour de 834 € de loyer mensuel, ce qui est le loyer d’un T3 dans beaucoup de villes moyennes.
Trois idées reçues, et pourquoi elles tombent
Elles reviennent dans toutes les conversations sur le sujet, et aucune ne résiste au texte.
- « Je suis non-professionnel, donc je ne suis pas concerné. » Le statut de loueur en meublé non professionnel relève de l’impôt sur le revenu. Il n’a aucun effet ici : l’administration retient la nature commerciale de l’activité, pas le statut de celui qui l’exerce.
- « Ma première année est incomplète, donc je passe sous les 5 000 €. » Les recettes sont ramenées à douze mois. C’est l’incident chiffré plus bas, et il coûte 158 € par an.
- « Mon meublé est classé, donc je suis exonéré. » L’exonération du classement suppose une délibération de la commune, et elle ne vise que les locaux compris dans l’habitation personnelle du loueur. Un investissement locatif classique n’entre dans aucune des deux conditions.
Une quatrième circule et mérite d’être traitée à part : détenir le bien en société ne change rien. La cotisation suit l’activité et son lieu d’exercice, pas la forme juridique de celui qui la mène.
Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant
Trois se produisent la première année, quand personne ne surveille. Le quatrième se produit le jour où l’on augmente le loyer.
Croire que la première année incomplète exonère. C’est l’erreur que ce guide a lui-même failli commettre. Les 2 480 € encaissés par Nathalie sur quatre mois sont ramenés à 7 440 €, et l’exonération se referme. Elle paiera 158 € par an au plein tarif, soit 1 580 € sur dix ans, là où elle croyait ne rien devoir.
Ne pas déposer la déclaration provisoire. Elle est due avant le 1er janvier de l’année suivant la création. Son absence prive de la réduction de moitié de la première année d’imposition — 79 € sur le dossier de Nathalie — et oblige à réclamer ensuite, ce qui coûte plus de temps que d’argent.
Compter sur une exonération qui suppose un vote. Deux des quatre exonérations dépendent d’une délibération de la commune. Bâtir un plan de trésorerie sur une exonération non votée coûte 158 € par an, et 1 580 € sur dix ans, sans aucun recours possible.
Augmenter le loyer sans regarder le palier. Passer de 820 € à 850 € de loyer mensuel fait franchir 10 000 € de recettes annuelles et peut faire passer la cotisation de 158 € à 316 €. Trois cent soixante euros de loyer gagnés dans l’année, 158 € repris par le barème deux ans plus tard.
Faut-il en tenir compte avant d’acheter ?
Oui, mais pas pour la raison qu’on croit. Le montant ne fera jamais basculer une opération ; l’ignorance de son existence, elle, fausse un plan de trésorerie de la troisième à la dixième année.
- Inscrire la ligne dès le premier tableau. Une provision de 160 € par an et par logement meublé est une approximation prudente sur la première tranche du barème. Notre guide sur le calcul du rendement locatif montre pourquoi les postes oubliés pèsent plus que ceux qu’on négocie.
- Demander le taux et la base avant de signer. Le service des impôts des entreprises de la commune les communique, et un gestionnaire locatif qui travaille sur le secteur les connaît. Un agent immobilier qui vend du meublé sur la ville depuis dix ans les connaît aussi, même s’il ne pense jamais à en parler. Cela prend un appel.
- Vérifier la délibération si l’on vise le classement. Une commune qui a voté l’exonération du 3° b change la donne pour un meublé compris dans l’habitation personnelle. Une commune qui ne l’a pas votée rend le classement neutre sur cet impôt.
La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des investisseurs, et un chasseur immobilier n’a aucun intérêt commercial à parler d’un impôt de 158 € : c’est trop petit pour justifier un honoraire et assez agaçant pour refroidir. Nous le mettons pourtant en avant parce qu’il est le meilleur test de sérieux d’une simulation. Un tableau qui ne porte pas cette ligne n’a probablement pas les dix autres que nous documentons ailleurs, et l’écart cumulé, lui, n’a plus rien de négligeable.
Une ligne à 160 € qui teste le sérieux d’une simulation.
Un tableau qui ne porte pas cette charge n’en porte généralement pas dix autres. Prise seule elle est négligeable ; l’écart cumulé ne l’est plus.
- Pourquoi la deuxième facture double sans que rien n’ait changé
- Ce que la déclaration provisoire déclenche, et quand elle est due
- Le palier de recettes qui peut doubler la cotisation
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur l’assujettissement du loueur non professionnel, l’annualisation du seuil de 5 000 €, le barème de la base minimum, le calendrier de démarrage, l’exonération du meublé classé et la déclaration à déposer.
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Faire le point sur votre dossier01 · Le principe
01Un loueur en meublé non professionnel paie-t-il la cotisation foncière des entreprises ?
Oui. L'administration retient que « la location de locaux meublés constitue par nature une activité commerciale professionnelle » et que « même si vous n'êtes pas une entreprise mais un particulier, vous restez redevable ». Le statut de loueur non professionnel relève de l'impôt sur le revenu et n'a aucun effet ici. C'est la contrepartie du régime des bénéfices industriels et commerciaux, qui ouvre l'amortissement du bien.02Le seuil d'exonération de 5 000 € s'apprécie-t-il sur les recettes encaissées ?
Non, et c'est le piège principal du sujet. L'exonération de cotisation minimum joue si les recettes n'excèdent pas 5 000 €, mais le texte ajoute que « lorsque la période de référence ne correspond pas à une période de douze mois, le montant du chiffre d'affaires ou des recettes est ramené ou porté, selon le cas, à douze mois ». Quatre mois d'activité à 620 € font 2 480 € encaissés et 7 440 € retenus. Le seuil se lit donc comme un loyer : 5 000 € sur douze mois, soit 416 € par mois.
02 · Le montant
03Comment le montant est-il calculé ?
Par une base minimum multipliée par le taux voté localement. Le barème issu du décret du 29 juin 2026 compte six tranches de recettes, et chacune ouvre une fourchette dans laquelle la commune choisit : de 250 € à 597 € jusqu'à 10 000 € de recettes, de 250 € à 1 194 € jusqu'à 32 600 €, et ainsi de suite jusqu'à 7 769 € au-delà de 500 000 €. Sur la première tranche, l'écart entre le plancher et le plafond est de 2,39 fois : avec un taux global de 26,5 %, cela fait 66 € dans une commune et 158 € dans la voisine.04Pourquoi la première facture arrive-t-elle si tard ?
Parce que deux règles décalent chacune d'un cran. La cotisation « n'est pas due pour l'année de la création », et « la base du nouvel exploitant est réduite de moitié pour la première année d'imposition ». Le plein tarif n'arrive donc qu'en troisième année. S'y ajoute la période de référence, qui est « l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition » : les recettes qui déterminent la tranche ont deux ans d'âge, ce qui rend le doublement de la deuxième facture incompréhensible pour qui ignore la réduction de moitié.
03 · Les exonérations
05Un meublé de tourisme classé est-il exonéré ?
Pas automatiquement. L'article 1459 compte quatre situations : deux exonérations de plein droit — la location accidentelle d'une partie de l'habitation personnelle sans caractère périodique, et les pièces meublées de l'habitation principale constituant la résidence principale du locataire — et deux qui supposent une délibération de la commune. Celle du meublé de tourisme classé fait partie des secondes, et elle ne vise que les locaux compris dans l'habitation personnelle du loueur. Un investissement locatif classique ne remplit ni l'une ni l'autre condition.06Faut-il déposer une déclaration ?
Oui, et son oubli est la cause la plus banale des avis incohérents. En cas de démarrage d'activité, « une déclaration provisoire doit être fournie avant le 1er janvier de l'année suivant celle de la création ». Elle porte à la connaissance de l'administration les recettes, la commune et la situation du loueur, et c'est elle qui déclenche la franchise de l'année de création comme la réduction de moitié de l'année suivante. Sans elle, la base est établie sur ce dont l'administration dispose, et la correction passe par une réclamation.
04 · En pratique
07Que se passe-t-il si mes recettes dépassent 10 000 € ?
Le barème procède par paliers et non par tranches progressives : franchir 10 000 € de recettes fait passer le plafond de la base de 597 € à 1 194 €. Si la commune se place au plafond dans les deux cas, la cotisation passe de 158 € à 316 €, et deux cents euros de recettes supplémentaires peuvent en coûter cent cinquante-huit. Rien n'oblige toutefois une commune à se placer au plafond dans les deux tranches : l'effet de seuil est un maximum, pas une fatalité. Il tombe autour de 834 € de loyer mensuel.08Faut-il en tenir compte avant d'acheter ?
Le montant ne fera jamais basculer une opération — 158 € par an sur le dossier de ce guide, soit 2,1 % des recettes. Mais l'ignorer fausse un plan de trésorerie de la troisième à la dixième année, et un tableau qui ne porte pas cette ligne n'en porte généralement pas dix autres. Une provision de 160 € par an et par logement meublé est prudente sur la première tranche. Le taux et la base réels se demandent au service des impôts des entreprises de la commune avant de signer.
Un impôt de 158 € qu’aucun professionnel n’a intérêt à vous expliquer.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les textes cités sont publics et le calcul tient dans une multiplication.
Sources et date de contrôle
Articles 1647 D, 1459, 1478, 1467 A et 1477 du code général des impôts, relus à leur source dans leur rédaction en vigueur au 27 août 2026, et la fiche de la Direction générale des finances publiques sur la location meublée.
- Source 01
Article 1647 D du code général des impôts — cotisation minimum et barème de la base — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er juillet 2026, modifiée par le décret n° 2026-562 du 29 juin 2026, art. 2. Le 1° du I fixe le barème de la base minimum que le conseil municipal vote : entre 250 € et 597 € pour un montant de chiffre d'affaires ou de recettes inférieur ou égal à 10 000 € ; entre 250 € et 1 194 € au-delà de 10 000 € et jusqu'à 32 600 € ; entre 250 € et 2 509 € au-delà de 32 600 € et jusqu'à 100 000 € ; entre 250 € et 4 183 € au-delà de 100 000 € et jusqu'à 250 000 € ; entre 250 € et 5 974 € au-delà de 250 000 € et jusqu'à 500 000 € ; entre 250 € et 7 769 € au-delà de 500 000 €. Le texte dispose que « les redevables réalisant un montant de chiffre d'affaires ou de recettes inférieur ou égal à 5 000 € sont exonérés de la cotisation minimum ». Il précise que « le montant du chiffre d'affaires ou des recettes à prendre en compte s'entend de celui, hors taxes, réalisé au cours de la période de référence définie à l'article 1467 A » et que « lorsque la période de référence ne correspond pas à une période de douze mois, le montant du chiffre d'affaires ou des recettes est ramené ou porté, selon le cas, à douze mois ». Lecture confirmée par deux identifiants Légifrance distincts renvoyant à la même version en vigueur. Consulté le 2026-08-27.
- Source 02
Article 1459 du code général des impôts — exonérations applicables aux locations meublées — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2016, modifiée par la loi n° 2015-1785 du 29 décembre 2015, art. 91. Sont exonérés de plein droit, au 1°, « les propriétaires ou locataires qui louent accidentellement une partie de leur habitation personnelle, lorsque d'ailleurs cette location ne présente aucun caractère périodique », et au 2°, « les personnes qui louent ou sous-louent en meublé une ou plusieurs pièces de leur habitation principale, sous réserve que les pièces louées constituent pour le locataire ou le sous-locataire sa résidence principale ». Le 3° soumet en revanche à une délibération de la commune ou de l'établissement public de coopération intercommunale, prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis, l'exonération des personnes qui louent en meublé des locaux classés dans les conditions prévues à l'article L. 324-1 du code du tourisme lorsque ces locaux sont compris dans leur habitation personnelle, et celle des personnes qui louent ou sous-louent en meublé tout ou partie de leur habitation personnelle. Ces deux dernières ne sont donc pas de plein droit. Consulté le 2026-08-27.
- Source 03
Article 1478 du code général des impôts — année de création et réduction de moitié — Légifrance. Version en vigueur depuis le 21 février 2026, modifiée par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 44. Le II prévoit qu'en cas de création d'un établissement, « la cotisation foncière des entreprises n'est pas due pour l'année de la création », et que « la base du nouvel exploitant est réduite de moitié pour la première année d'imposition ». La réduction de moitié porte donc sur la première année d'imposition, c'est-à-dire l'année suivant celle de la création, et non sur l'année de création elle-même, déjà exonérée. Consulté le 2026-08-27.
- Source 04
Article 1467 A du code général des impôts — période de référence — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2011, modifiée par la loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010, art. 108. L'article dispose que « sous réserve des II, III, IV et VI de l'article 1478, la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de douze mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l'année civile ». Les recettes qui déterminent la tranche du barème ont donc deux ans d'âge. Consulté le 2026-08-27.
- Source 05
Article 1477 du code général des impôts — déclarations et délais — Légifrance. Version en vigueur depuis le 20 juin 2015, modifiée par l'ordonnance n° 2015-681 du 18 juin 2015. Le I dispose que « les contribuables doivent déclarer les éléments servant à l'établissement de la cotisation foncière des entreprises l'année précédant celle de l'imposition au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai ». Le II prévoit qu'en cas de création d'établissement ou de changement d'exploitant ou d'activité en cours d'année, « une déclaration provisoire doit être fournie avant le 1er janvier de l'année suivant celle de la création ou du changement ». Consulté le 2026-08-27.
- Source 06
Je fais de la location meublée. Dois-je payer de la cotisation foncière des entreprises ? — impots.gouv.fr — Direction générale des finances publiques. Page publiée le 7 septembre 2016, modifiée le 8 juillet 2026. Elle énonce que « la location de locaux meublés constitue par nature une activité commerciale professionnelle » et que « même si vous n'êtes pas une entreprise mais un particulier, vous restez redevable de la CFE ». Elle rappelle l'exonération lorsque le chiffre d'affaires ou les recettes n'excèdent pas 5 000 €, en renvoyant à l'article 1647 D du code général des impôts. Elle ne traite ni de l'exonération de l'année de création ni des déclarations à souscrire, qui ont été vérifiées directement dans les articles 1477 et 1478. Consulté le 2026-08-27.
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