Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 19 août 20268 sourcesMéthode en cinq passes

Fiscalité LMNP : dix ans de loyers sans impôt, et pourquoi

La location meublée est le seul régime où l’on peut encaisser des loyers pendant dix ans sans payer un euro d’impôt, en toute légalité. Le mécanisme n’a rien de mystérieux, mais il repose sur trois règles que la plupart des guides expédient en une phrase — et qui décident de tout.

AVANT DE CHOISIR VOTRE RÉGIME

L’amortissement ne fait pas disparaître l’impôt, il le décale

Sur un projet type, la seule dotation d’amortissement représente déjà 90 % de l’abattement forfaitaire, avant même de compter les charges et les intérêts. L’écart d’impôt atteint 1 895 € par an dans la tranche à 30 %.

  • Le calcul de l’amortissement par composants
  • Pourquoi il ne peut jamais créer de déficit
  • L’année où l’impôt réapparaît
  • Ce qu’il devient à la revente

ABATTEMENT MICRO-BIC

50 %

PLAFOND 2026-2028

83 600 €

ÉCART D’IMPÔT PAR AN

1 895 €

AMORTISSEMENT / ABATTEMENT

90 %

FRONTIÈRE LMP

23 000 €

ANNÉES SANS IMPÔT

10

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Deux régimes. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 % jusqu'à 83 600 € de recettes pour les revenus 2026 à 2028, contre 77 700 € pour les revenus 2023 à 2025.1 Le régime réel se choisit sur option et permet de déduire les charges réelles, les intérêts d'emprunt et l'amortissement du bien.

Le réel gagne presque toujours dès qu'il y a un crédit. Sur un projet type, la seule dotation d'amortissement dépasse à elle seule l'abattement forfaitaire, avant même de compter les charges et les intérêts. L'écart d'impôt atteint 1 895 € par an pour un contribuable dans la tranche à 30 %.

Mais l'avantage est en partie différé. Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value à la revente.1 Sur quinze ans, il en reste environ 55 %.

Deux impôts s'ajoutent que beaucoup découvrent trop tard : la CFE, due dès la deuxième année quel que soit le régime, et des prélèvements sociaux à 18,6 % depuis 2026 — un taux propre au meublé.

Un mot sur ce que ce guide n'est pas. Il ne remplace pas un expert-comptable et ne constitue pas un conseil personnalisé : votre situation, vos autres revenus et la structure de votre acquisition changent les conclusions. Il vous donne la mécanique, pour que vous puissiez poser les bonnes questions et vérifier ce qu'on vous répond.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Sébastien, 43 ans, ingénieur, imposé dans la tranche à 30 %. Il a acheté un T2 revenant à 105 000 € tout compris — 70 000 € de prix d'achat, 7 000 € de frais de notaire, 25 000 € de travaux et 3 000 € de mobilier — financé sur 20 ans à 3,5 %, et loué 650 € par mois. Exemple construit à partir des fourchettes de marché citées dans ce guide — ce n'est pas un dossier client.

Micro-BIC ou régime réel : le seul arbitrage qui compte

Le micro-BIC s'applique par défaut : vous déclarez vos recettes, l'administration retranche un abattement forfaitaire censé représenter vos charges, et vous êtes imposé sur le solde, sans avoir à justifier de quoi que ce soit. Aucune comptabilité, aucune liasse, aucun justificatif à conserver.

Les seuils et les taux dépendent de ce que vous louez :

Les seuils dépendent de ce que vous louez, et surtout de l'année à laquelle se rattachent vos recettes — une précision décisive, parce que la plupart des sources écrivent « seuils 2026 » sans dire s'il s'agit des revenus 2026 ou de la déclaration déposée en 2026.

Le micro-BIC selon le type de location et l'année des revenus

Micro-BIC ou régime réel : le seul arbitrage qui compte — tableau 1
Meublé de longue durée77 700 €83 600 €50 %
Meublé de tourisme classé77 700 €83 600 €50 %
Meublé de tourisme non classé15 000 € — non revalorisé30 %

Le relèvement à 83 600 € résulte de la revalorisation triennale des seuils, indexée sur l'indice des prix à la consommation et fixée par la loi de finances pour 2026.1 Il s'applique aux revenus perçus à partir du 1er janvier 2026, donc à la déclaration que vous déposerez au printemps 2027. Pour la déclaration de ce printemps, qui porte sur les revenus 2025, le seuil reste de 77 700 €.

Le meublé de tourisme non classé échappe à ce mécanisme : la loi Le Meur l'a ramené à 15 000 € de recettes et 30 % d'abattement depuis le 1er janvier 2025, et ce seuil n'est pas revalorisé. C'est ce qui a fait basculer une grande partie des locations saisonnières au régime réel.

Le régime réel se choisit sur option et fonctionne comme une petite entreprise : vous déduisez ce que vous dépensez réellement, plus l'amortissement du bien, et vous n'êtes imposé que sur ce qui reste — en contrepartie d'une comptabilité d'engagement et d'une liasse fiscale à produire chaque année.

Le calcul de Sébastien tranche la question sans ambiguïté. Au micro-BIC, l'abattement de 50 % sur 7 800 € de loyers laisse 3 900 € imposables. Au réel, il déduit 3 277 € de charges, 3 675 € d'intérêts de première année et 3 987 € d'amortissement, soit 10 939 € — davantage que ses loyers. Sa base imposable tombe à zéro.

Ce que coûte le mauvais régime, par tranche marginale

Micro-BIC ou régime réel : le seul arbitrage qui compte — tableau 2
11 %1 154 €0 €1 154 €
30 %1 895 €0 €1 895 €
41 %2 324 €0 €2 324 €
45 %2 480 €0 €2 480 €

La règle pratique tient en une phrase : dès qu'il y a un crédit et des travaux, le réel l'emporte. La seule dotation d'amortissement dépasse à elle seule l'abattement forfaitaire, avant même de compter les intérêts et les charges. Le micro-BIC ne garde l'avantage que dans un cas de figure précis — un bien acheté comptant, sans travaux, avec très peu de charges.

Le micro-BIC conserve pourtant un intérêt dans trois situations, qu'il faut connaître pour ne pas basculer par réflexe. Un bien acheté comptant, sans intérêts à déduire, réduit fortement l'écart. Un bien déjà entièrement amorti, détenu depuis longtemps, n'a plus de dotation à opposer aux loyers. Et une petite recette annexe — une chambre louée quelques mois — ne justifie pas les frais et le formalisme d'une liasse fiscale.

Dans tous les autres cas, et particulièrement dès qu'il y a un crédit, le calcul penche du même côté. Notez qu'on peut opter pour le réel à tout moment, mais qu'on ne rattrape pas les années passées : une première année déclarée au micro-BIC est une année d'amortissement perdue, et c'est irréversible.

Reste le coût de l'option. Un expert-comptable spécialisé facture 300 à 1 000 € par an,2 et il n'est obligatoire dans aucun des deux régimes : vous pouvez tenir votre comptabilité et télétransmettre votre liasse vous-même. La question n'est donc pas légale mais arithmétique, et sur les quatre lignes du tableau ci-dessus elle se tranche seule.

Comment se calcule un amortissement en location meublée ?

C'est le mécanisme qui fait tout l'intérêt du régime réel et c'est pourtant celui qu'on explique le moins : il se construit en trois temps, dont le troisième, celui du plafond, n'est presque jamais mentionné.

Premier temps : la base amortissable. On additionne le prix d'achat, les frais de notaire et les travaux — chez Sébastien, 70 000 + 7 000 + 25 000, soit 102 000 €. On en retire ensuite la quote-part terrain, qui ne s'amortit jamais — un terrain ne se déprécie pas, et l'article 214-11 du plan comptable général en fait un actif non dépréciable. À 15 %, cela fait 15 300 € sortis de la base, et il reste 86 700 € de bâti amortissable.

Les frais d'acquisition ne rejoignent pas la base d'office : c'est une option, et elle est irrévocable. Droits de mutation, honoraires, commissions et frais d'acte peuvent au choix être portés au coût d'acquisition de l'immobilisation, donc amortis, ou déduits immédiatement en charges. L'article 38 quinquies de l'annexe III au code général des impôts pose que le choix retenu s'applique à toutes les immobilisations acquises, quelles que soient leur nature et leur date d'acquisition. Un investisseur qui a passé ses frais en charges sur un premier bien ne peut donc plus les amortir sur le deuxième : la décision se prend une fois, au premier dossier, et elle engage les suivants.

Attention : il n'existe aucun forfait légal pour cette quote-part. Les 15 % ou 20 % qui circulent sont un usage comptable, pas une règle. Le Conseil d'État a établi une hiérarchie de méthodes dans deux décisions du 15 février 2016 :8 la comparaison avec des transactions de terrains nus d'abord, le coût de reconstruction minoré de la vétusté ensuite, les données comptables d'immeubles comparables en dernier ressort.

La méthode opposable tient en quatre étapes. On relève la surface de la parcelle au cadastre, on cherche le prix au m² des terrains sur DVF — la base open data de la direction générale des finances publiques — ou sur Patrim, on calcule la valeur du terrain, et on la rapporte au prix total. En copropriété, on applique ses tantièmes à la surface de la parcelle, pas la surface habitable. La règle des praticiens est de recouper au minimum trois sources indépendantes et de conserver les justificatifs.

Fourchettes de cohérence de la part terrain

Comment se calcule un amortissement en location meublée ? — tableau 3
Très rurale5 à 15 %Acceptable
Petite ville, semi-urbain15 à 25 %À la limite
Ville moyenne, zone urbaine25 à 40 %Trop bas
Grande métropole35 à 50 %Risqué
Paris intra-muros50 à 80 %Redressement probable
Zone littorale40 à 60 %Redressement probable

Ce que coûte une ventilation mal documentée. Trois niveaux de sanction. Une erreur simple porte les intérêts de retard de 0,20 % par mois, soit 2,4 % par an. Un manquement délibéré — un forfait de 15 % appliqué en zone tendue sans le moindre justificatif en relève — entraîne une majoration de 40 %. Un abus de droit ou des manœuvres frauduleuses portent la majoration à 80 %, avec poursuites pénales possibles. Le délai de reprise de l'administration est de trois ans, et une régularisation spontanée réduit les intérêts de moitié.

Le mobilier, enfin, s'amortit à part et ne s'immobilise qu'au-delà de 500 € hors taxes par élément : en dessous, c'est une charge de l'année.

Deuxième temps : la ventilation par composant. Le bâti ne s'amortit pas d'un bloc, parce que ses éléments n'ont pas la même durée de vie. Un gros œuvre traverse les décennies ; une salle de bains se refait tous les quinze ans.

La ventilation par composant, sur 86 700 € de bâti

Comment se calcule un amortissement en location meublée ? — tableau 4
Gros œuvre — structure, fondations, murs porteurs35 %30 345 €50 à 80 ans379 € (à 80 ans)
Aménagements intérieurs — cloisons, sols, cuisine, sanitaires35 %30 345 €12 à 15 ans2 023 €
Réseaux techniques — électricité, plomberie, chauffage, VMC20 %17 340 €20 à 30 ans578 €
Étanchéité et façade10 %8 670 €15 à 30 ans578 €
Mobilier — hors base bâtie, inventaire séparé3 000 €5 à 10 ans429 €
Dotation de la première année3 987 €

En maison individuelle, la répartition change : le gros œuvre pèse 45 %, les réseaux 15 %, l'étanchéité 10 % et les aménagements 30 %. La toiture, qui se distingue en maison, s'évalue le plus souvent au forfait rapporté à la surface.

Le poste des aménagements intérieurs est le plus important et le plus court à la fois — 35 % de la base sur douze à quinze ans. C'est lui qui produit l'essentiel de la dotation des premières années, et le sous-pondérer est l'erreur de ventilation la plus coûteuse.

La durée du gros œuvre, elle, dépend de l'époque de construction, ce qui est contre-intuitif : un immeuble ancien s'amortit plus vite qu'un immeuble récent.

Un immeuble construit après 2000 s'amortit sur 60 à 80 ans, un bâtiment des années 1960 à 1990 sur 40 à 60 ans, un immeuble de 1930 à 1960 sur 25 à 40 ans, et un haussmannien antérieur à 1930 sur 15 à 25 ans seulement. Autrement dit, plus le bâtiment est ancien, plus vite il s'amortit — ce qui surprend, mais découle logiquement de la durée d'usage résiduelle.

Deux règles de forme s'imposent. Le mode est linéaire obligatoire : les immeubles d'habitation sont exclus de l'amortissement dégressif (CGI art. 22 annexe II). Et le mobilier ne s'immobilise qu'au-delà de 500 € hors taxes par élément : en dessous, c'est une charge déduite l'année de l'achat, pas une immobilisation à amortir sur sept ans.

Ces répartitions sont des usages professionnels, non un barème réglementaire opposable. Un expert-comptable les ajuste selon l'état réel du bien et la nature des travaux réalisés : un chantier qui refait entièrement l'électricité et les cloisons déplace du poids vers les composants courts, donc accélère l'amortissement des quinze premières années.

Pourquoi l'amortissement ne peut-il pas créer de déficit ?

C'est le troisième temps, et il change complètement la lecture de toutes les simulations que vous verrez circuler sur ce sujet.

L'article 39 C du code général des impôts interdit à l'amortissement de générer un déficit.3 Autrement dit, la dotation ne s'impute que dans la limite du bénéfice restant une fois les autres charges et les intérêts déduits, et ce qui dépasse ce plafond n'est pas perdu pour autant : il attend, parfois pendant des années, qu'un exercice plus favorable permette de le consommer.

Chez Sébastien, première année : 7 800 € de loyers, moins 3 277 € de charges, moins 3 675 € d'intérêts. Il reste 848 €. Sur les 3 987 € de dotation calculés, 848 € seulement sont déduits, et les 3 080 € restants basculent en report.

Deux reports qu'il ne faut surtout pas confondre.

Le déficit BIC — quand les charges hors amortissement dépassent les recettes — est reportable dix ans, et uniquement sur des bénéfices de location meublée non professionnelle. Il ne s'impute jamais sur votre revenu global, contrairement au déficit foncier de la location nue.3

Les amortissements réputés différés — l'excédent bloqué par l'article 39 C — sont reportables sans limite de durée. C'est ce stock qui explique qu'un investisseur ne paie rien pendant des années : il consomme progressivement une réserve constituée au début.

Cette distinction n'est pas théorique. Sur quinze ans, en supposant une indexation annuelle des loyers de 2 %, la dotation théorique de Sébastien atteint 56 375 €, mais le plafond de l'article 39 C n'en laisse déduire que 40 149 €. Il conserve 16 226 € de stock non utilisé — une réserve qui continuera de le protéger, ou qui sera perdue s'il vend.

Quand l'impôt réapparaît-il ?

Toutes les simulations que vous verrez raisonnent sur la première année. C'est le principal défaut du genre, parce que l'amortissement n'est pas constant et que deux mouvements contraires se croisent année après année.

D'un côté, les intérêts diminuent à mesure que le capital se rembourse, ce qui relève le plafond d'imputation et permet de consommer davantage de dotation. De l'autre, la dotation elle-même baisse quand un composant arrive au terme de sa durée.

La dotation annuelle, année après année

Quand l'impôt réapparaît-il ? — tableau 5
1 à 73 987 €
83 558 €Le mobilier est amorti — 429 € de moins
16957 €Aménagements intérieurs, étanchéité et façade — 2 601 € de moins d'un coup
31379 €Les réseaux — il ne reste que le gros œuvre

L'année seize est le vrai point de bascule, puisque la dotation chute de plus de moitié pendant que les loyers, eux, ont été indexés chaque année depuis le premier bail. L'impôt réapparaît alors mécaniquement, sans que rien n'ait changé au bien ni au locataire.

Deux conséquences pratiques. D'abord, un rendement net-net annoncé sur la première année n'est pas celui de la seizième — nous détaillons ce calcul dans notre guide sur le rendement brut, net et net-net. Ensuite, le stock d'amortissements différés joue un rôle d'amortisseur : plus il est élevé au moment du décrochage, plus la transition est douce.

Les charges déductibles au régime réel

La liste est plus large qu'on ne le croit, et chaque ligne oubliée se traduit directement par de l'impôt payé pour rien.

  1. Les intérêts d'emprunt et l'assurance emprunteur, ainsi que les frais de dossier et de garantie.
  2. La taxe foncière, intégralement.
  3. Les charges de copropriété, pour leur part non récupérable sur le locataire.
  4. Les assurances — propriétaire non occupant, garantie loyers impayés.
  5. Les honoraires de gestion locative, de mise en location, d'expert-comptable.
  6. Les travaux d'entretien et de réparation, à distinguer des travaux d'amélioration qui, eux, s'amortissent.
  7. La CFE, dont nous parlons plus bas.
  8. Les frais de notaire et de constitution du dossier, au choix déduits l'année de l'acquisition ou intégrés à la base amortissable.

Deux distinctions méritent d'être posées, parce qu'elles reviennent à chaque exercice. Les travaux d'entretien et de réparation maintiennent le bien en état et se déduisent immédiatement : refaire une peinture, remplacer un chauffe-eau, réparer une fuite. Les travaux d'amélioration apportent un élément de confort nouveau ou augmentent la valeur du bien, et s'amortissent : créer une salle d'eau, poser une cuisine équipée, refaire l'électricité. Le premier réduit l'impôt tout de suite, le second l'étale — et la frontière entre les deux est un sujet classique de discussion avec l'administration.

Autre point souvent mal traité : les charges de copropriété. Seule la part non récupérable sur le locataire est déductible. Le décompte annuel du syndic distingue les deux, et reprendre le montant total appelé plutôt que la seule part propriétaire est l'une des erreurs les plus fréquentes des déclarations faites sans comptable.

Ce dernier point mérite une décision réfléchie plutôt qu'un réflexe. Déduire les frais de notaire immédiatement crée une charge importante la première année, souvent inutile puisque la base est déjà nulle. Les intégrer à la base amortissable les étale — c'est le choix retenu dans nos calculs, et généralement le plus efficace quand le bien est financé à crédit.

La CFE, l'impôt que personne n'annonce

Tout loueur en meublé est assujetti à la cotisation foncière des entreprises, professionnel ou non, au micro-BIC comme au réel.4 C'est la conséquence logique d'un statut commercial — louer meublé, c'est exercer une activité — et c'est pourtant la ligne qui manque dans la quasi-totalité des simulations qu'on trouve en ligne.

Deux règles adoucissent l'arrivée. La première année d'activité est totalement exonérée, et la seconde bénéficie d'une réduction de moitié.4 Le plein tarif n'arrive donc qu'en troisième année, au moment précis où l'investisseur a cessé de surveiller son budget.

Son montant dépend de la commune et de la valeur locative du local, avec une cotisation minimum assise sur le chiffre d'affaires. Il se déduit intégralement des charges au régime réel — mais il faut l'avoir prévu, et surtout ne pas oublier la déclaration initiale, qui conditionne le bénéfice de l'exonération de première année.

LMNP ou LMP : la frontière des 23 000 €

Le statut bascule de non professionnel à professionnel lorsque deux conditions sont réunies : les recettes de location meublée dépassent 23 000 € par an, et elles excèdent les autres revenus d'activité du foyer fiscal.5

La conjonction compte, et elle protège la plupart des investisseurs : un salarié qui gagne 45 000 € et encaisse 30 000 € de loyers reste non professionnel, puisque le premier critère est franchi mais pas le second. En revanche, un retraité ou une personne aux revenus d'activité faibles peut basculer sans l'avoir voulu.

Ce basculement n'est ni bon ni mauvais en soi, mais il change trois choses. Les cotisations sociales remplacent les prélèvements sociaux et pèsent nettement plus lourd. Le déficit devient imputable sur le revenu global, ce qui est un avantage réel. Et le régime de plus-value change de nature, passant du régime des particuliers à celui des professionnels.

Sébastien, avec 7 800 € de loyers annuels, est très loin du seuil. La question se pose à partir du troisième ou quatrième bien, et c'est le moment de la poser à un expert-comptable plutôt qu'à un guide.

Meublé ou nu : deux fiscalités qui n'ont rien en commun

On présente souvent le choix comme une affaire de loyer et de rotation, ce qui est vrai mais secondaire : l'écart fiscal pèse davantage, et les deux régimes fonctionnent sur des logiques franchement opposées plutôt que sur deux variantes d'un même mécanisme.

Les deux régimes réels, face à face

Meublé ou nu : deux fiscalités qui n'ont rien en commun — tableau 6
Amortissement du bienOui, par composantNon — jamais
Travaux d'améliorationS'amortissentSe déduisent immédiatement
Déficit imputable sur le revenu globalNon, jamaisOui, jusqu'à 10 700 € par an — 21 400 € pour des travaux faisant sortir un logement de la classe E, F ou G, au plus tard le 31 décembre 2027
Report du déficit10 ans, sur BIC de location meublée seulement10 ans, sur revenus fonciers seulement
Report des amortissements bloquésSans limite de duréeSans objet
Prélèvements sociaux sur les loyers18,6 % depuis 202617,2 %
Plus-value à la reventeAmortissements réintégrés depuis le 15 février 2025Pas de réintégration
FormalitésSIRET, liasse 2031, CFEDéclaration 2044, pas de SIRET ni de CFE
Bail1 an, ou 9 mois en location étudiante3 ans

Trois lignes commandent l'arbitrage, et il vaut la peine de les lire ensemble.

L'amortissement contre le déficit foncier. Le meublé efface l'impôt sur les loyers du bien lui-même, sans jamais toucher à vos autres revenus. Le nu, à l'inverse, permet d'imputer un déficit sur votre revenu global — donc sur vos salaires — dans la limite de 10 700 € par an, portée à 21 400 € quand les travaux font passer le logement d’une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D — un plafond majoré ouvert jusqu’au 31 décembre 2027 seulement. Le meublé protège le revenu locatif, quand le nu réduit l'impôt sur l'ensemble de vos revenus — deux objectifs différents, qui ne s'adressent pas au même contribuable.

Conséquence directe : un contribuable à forte tranche marginale qui réalise de gros travaux tire un avantage immédiat du déficit foncier que le meublé ne lui offrira jamais. À l'inverse, un investisseur qui vise un revenu locatif durablement défiscalisé trouve son compte dans l'amortissement.

Le traitement des travaux. En nu, les travaux d'amélioration se déduisent l'année où ils sont payés, ce qui concentre l'avantage sur un exercice. En meublé, ils s'amortissent, ce qui l'étale sur quinze à trente ans. Sur un chantier lourd, l'écart de trésorerie la première année se chiffre en milliers d'euros.

La sortie. C'est devenu le point décisif depuis 2025. Le meublé rembourse une partie de son avantage à la revente, pas le nu. Sur une détention longue et un bien fortement amorti, cette différence peut inverser le classement des deux régimes.

Nous détaillons le mécanisme du déficit foncier et ses conditions dans notre guide sur le bien à rénover ou déjà rénové, où il joue un rôle central dans l'arbitrage.

Quelles démarches, et dans quels délais ?

La partie administrative est simple et gratuite, et pourtant elle piège beaucoup de primo-investisseurs, parce qu'elle impose un délai court de quinze jours et qu'elle conditionne tout le reste, à commencer par le régime fiscal sous lequel vous démarrez.

La déclaration de début d'activité doit être faite dans les quinze jours qui suivent la mise en location.7 L'ancien formulaire papier P0i n'existe plus : depuis le 1er janvier 2023, la démarche passe par le guichet unique en ligne de l'INPI. Elle reste obligatoire, et elle est gratuite.

Cette déclaration déclenche l'attribution d'un numéro SIRET à quatorze chiffres par l'INSEE, généralement sous huit à quinze jours.7 C'est ce numéro qui identifiera votre activité de loueur, et il vous sera demandé partout ensuite — pour la CFE, pour la liasse, pour la déclaration annuelle.

C'est aussi à ce moment qu'on opte pour le régime réel. Le formulaire d'immatriculation permet de cocher le régime fiscal souhaité. Le faire à l'inscription évite d'avoir à formuler l'option séparément, et surtout évite de démarrer au micro-BIC par défaut pour une première année qu'on ne rattrape pas.

La date de début d'activité n'est pas la date d'achat. C'est la date de mise en location, ou à défaut celle de la première mise à disposition du bien meublé. Elle commande le point de départ des quinze jours, l'exonération de CFE de première année et le premier exercice comptable. Choisissez-la avec attention : la déclarer trop tôt fait courir des obligations avant que le bien ne rapporte, la déclarer trop tard fait perdre l'exonération.

Ensuite, la déclaration annuelle dépend du régime retenu. Au micro-BIC, le formulaire 2042-C-PRO suffit : vous y reportez vos recettes brutes, l'abattement s'applique automatiquement. Au régime réel, il faut y ajouter une liasse fiscale — le formulaire 2031 et ses annexes 2033, qui portent le bilan, le compte de résultat et le tableau des amortissements.7

C'est cette liasse qui justifie le recours à un expert-comptable. Rien ne l'impose légalement, mais elle suppose de tenir une comptabilité d'engagement, d'établir un plan d'amortissement par composant et de suivre les reports d'une année sur l'autre. Le faire soi-même reste possible, mais le faire mal coûte systématiquement plus cher que l'honoraire économisé.

Que devient l'avantage fiscal à la revente ?

C'est la question qui décide si le régime réel constitue un gain véritable ou un simple report de trésorerie, et la réforme du 15 février 2025 l'a placée au centre de tout arbitrage.

Depuis le 15 février 2025, les amortissements effectivement déduits pendant l'exploitation sont réintégrés dans le calcul de la plus-value : ils viennent réduire le prix d'acquisition retenu, donc augmenter la plus-value imposable.1 Seuls les amortissements déduits comptent — le stock différé, lui, disparaît sans contrepartie.

Chiffrons la revente de Sébastien au bout de quinze ans, pour 130 000 €.

La plus-value, ligne à ligne

Que devient l'avantage fiscal à la revente ? — tableau 7
Prix de vente130 000 €
Prix d'acquisition102 000 €
− amortissements déduits sur 15 ans− 40 149 €
= prix d'acquisition corrigé61 851 €
Plus-value brute68 149 € (28 000 € sans réintégration)
Abattement durée de détention — impôt sur le revenu60 % → base 27 259 €
Abattement durée de détention — prélèvements sociaux16,5 % → base 56 904 €
Impôt sur le revenu, 19 %5 179 €
Prélèvements sociaux, 17,2 %9 788 €
Surtaxeaucune — base sous 50 000 €
Impôt total14 967 €

Le taux de prélèvements sociaux mérite une attention particulière, parce que c'est un piège récent. Depuis 2026, la contribution sociale généralisée est portée de 9,2 à 10,6 % — soit 18,6 % de prélèvements sociaux — sur les bénéfices des loueurs en meublé, donc sur vos loyers. Elle ne s'applique pas aux plus-values immobilières, expressément maintenues à 17,2 % par l'article L.136-8, IV du code de la sécurité sociale.6 Deux assiettes, deux taux : les confondre fausse toute simulation de sortie.

Une question reste ouverte, et elle mérite une réponse claire : que devient le stock d'amortissements différés le jour de la vente ? La réponse est brutale — il disparaît. Les 16 226 € que Sébastien n'a jamais pu déduire ne viennent ni réduire sa plus-value, ni s'imputer sur quoi que ce soit. Ils étaient une réserve conditionnelle, ils s'éteignent avec l'activité.

Cela conduit à un arbitrage de calendrier peu connu. Un investisseur qui approche de la revente et dispose d'un stock important a intérêt à le consommer avant de vendre, en réduisant temporairement ses charges déductibles ou en anticipant une hausse de loyer, de façon à relever le plafond d'imputation de l'article 39 C. À l'inverse, accumuler du stock la dernière année ne sert strictement à rien. C'est le genre d'arbitrage qu'un expert-comptable pose spontanément, et qu'on ne trouve dans aucune simulation automatique.

Le bilan, enfin, est la seule chose qui compte. Les 40 149 € déduits ont fait économiser environ 19 512 € d'impôt sur quinze ans. La sortie en reprend 8 817 €. Il reste 10 695 €, soit 55 % de l'avantage facial. Le régime réel garde donc largement l'avantage, mais il en garde un peu plus de la moitié — pas la totalité, comme on le lit parfois.

Les quatre erreurs les plus coûteuses

Rester au micro-BIC par simplicité. Sur le dossier de Sébastien, l'inertie coûte 1 895 € par an dans la tranche à 30 %, et 2 324 € à 41 %. Sur dix ans, cela représente 18 950 à 23 240 € — pour un expert-comptable facturé 400 € par an. C'est la décision la plus rentable du dossier, et c'est celle qu'on reporte le plus souvent.

Amortir sans retirer le terrain. Une base calculée sur 102 000 € au lieu de 86 700 € gonfle la dotation d'environ 18 %. Sur la base de Sébastien, cela représente 15 300 € amortis à tort, soit environ 620 € de dotation annuelle indue. L'erreur ne se voit pas tout de suite, puisque le plafond de l'article 39 C absorbe l'excédent — elle se voit lors d'un contrôle, avec un rappel portant sur toutes les années non prescrites.

Oublier la CFE. Elle n'arrive qu'en deuxième année, à demi-tarif, puis à plein tarif la troisième, si bien qu'une simulation bâtie sur la première année l'ignore par construction. Selon la commune, elle représente couramment quelques centaines d'euros par an — l'équivalent d'un demi-mois de loyer sur un bien à 650 € — et l'investisseur la découvre au moment précis où son cash-flow est le plus tendu, entre la fin des travaux et le premier locataire stable.

Raisonner sur l'année 1. C'est l'erreur mère, celle qui contient les autres. La dotation chute de 3 558 € à 957 € à la fin de la quinzième année, les loyers ont été indexés entre-temps, et l'impôt réapparaît. Un montage qui ne tient que la première année n'est pas un montage : c'est une simulation.

Le point commun des quatre. Aucune ne relève d'une subtilité fiscale : ce sont quatre horizons trop courts. Le régime se choisit pour vingt ans, l'amortissement se construit sur quatre-vingts, la CFE arrive en année deux et la sortie se prépare dès l'achat. Un expert-comptable spécialisé coûte moins cher qu'une seule de ces erreurs.

Sur la façon dont ces chiffres se traduisent en trésorerie mensuelle, notre guide sur le calcul du cash-flow reprend le même dossier du côté du compte en banque. Et si vous hésitez encore entre location nue et meublée, celui sur le bien à rénover ou déjà rénové détaille le mécanisme du déficit foncier, qui est l'équivalent de l'amortissement pour la location nue — avec des règles entièrement différentes.

Qui consulter, et pour quoi exactement ?

Quatre professionnels interviennent sur ces questions, et il vaut mieux savoir lequel apporte quoi, parce qu'aucun ne couvre le champ des autres.

L'expert-comptable est le seul qui établisse un plan d'amortissement par composant défendable et tienne les reports d'une année sur l'autre. C'est aussi lui qui tranche entre déduction immédiate et amortissement sur les travaux, une frontière qui se discute avec l'administration et où l'usage compte autant que le texte. Ses honoraires de 300 à 1 000 € par an se comparent directement à l'impôt évité, ce qui rend l'arbitrage arithmétique plutôt qu'affectif.

Le notaire intervient en amont, au moment de l'acquisition : il confirme le montant exact des frais d'acte à intégrer à la base amortissable, et il sait dire ce que recouvre précisément le prix payé — un point qui compte quand une partie du bien est déjà meublée ou quand la vente inclut du mobilier valorisé séparément.

Le diagnostiqueur a un rôle inattendu ici : ses rapports documentent l'état des composants au moment de l'achat, ce qui aide à justifier une ventilation qui donnerait plus de poids aux éléments courts, donc un amortissement plus rapide. Un état de l'installation électrique qui relève plusieurs anomalies appuie une reprise complète des réseaux.

Le gestionnaire locatif, enfin, fournit chaque année le décompte qui alimente la déclaration : loyers effectivement encaissés, honoraires prélevés, charges refacturées et part non récupérable. Un décompte mal ventilé se traduit directement par une déclaration fausse, et c'est l'une des raisons pour lesquelles la première année d'autogestion coûte souvent plus cher qu'elle ne rapporte.

Sur la répartition des rôles dans l'ensemble du projet, notre guide sur l’accompagnement clé en main ou seul détaille qui fait quoi à chaque phase, et celui sur les frais à ne pas oublier liste les postes qui alimentent chaque ligne de charge déductible.

SITUER VOTRE PROPRE ACTIVITÉ

Le bon régime dépend de votre crédit, pas de vos recettes seules

Montant des recettes, présence d’un emprunt, ventilation terrain-bâti, horizon de conservation : quatre éléments décident de l’arbitrage entre micro-BIC et réel.

  • L’écart d’impôt entre les deux régimes
  • La durée réelle de neutralisation
  • Le seuil qui fait basculer en LMP
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Douze réponses directes sur le choix du régime, le calcul de l’amortissement, la quote-part terrain, la CFE, la bascule en LMP et la revente d’un bien amorti.

Vous voulez situer votre propre activité ?

Apportez vos recettes, votre tableau d’amortissement de prêt et l’acte d’acquisition. L’échange ne garantit ni économie d’impôt, ni acceptation d’une ventilation par l’administration.

Échanger sur votre dossier

01 · Choix du régime

  • 01Faut-il choisir le micro-BIC ou le régime réel en LMNP ?
    Dès qu'il y a un crédit et des travaux, le régime réel l'emporte presque toujours. Sur un projet type à 105 000 € avec 650 € de loyer, la seule dotation d'amortissement représente 90 % de l'abattement forfaitaire du micro-BIC, avant même de compter les charges et les intérêts. L'écart d'impôt atteint 1 895 € par an dans la tranche à 30 % et 2 324 € à 41 %. Le micro-BIC ne garde l'avantage que sur un bien acheté comptant, déjà amorti, ou pour une petite recette annexe.
  • 02Comment se calcule l'amortissement d'un bien en location meublée ?
    En trois temps. On établit d'abord la base : prix d'achat, frais de notaire et travaux, moins la quote-part terrain qui ne s'amortit jamais — couramment 10 à 20 % de la valeur. On ventile ensuite le bâti par composant, chacun avec sa durée : gros œuvre 35 % sur 50 à 80 ans, aménagements intérieurs 35 % sur douze à quinze ans, réseaux 20 % sur vingt à trente ans, étanchéité et façade 10 % sur quinze à trente ans, mobilier à part sur 5 à 10 ans. On applique enfin le plafond de l'article 39 C.
  • 03Pourquoi la quote-part terrain n'est-elle pas amortissable ?
    Parce qu'un terrain ne se déprécie pas avec le temps, contrairement à une construction. Elle doit donc être sortie de la base avant tout calcul. Elle représente couramment 10 à 20 % de la valeur selon la localisation — sur une base de 102 000 €, cela fait 15 300 € qui n'entrent jamais dans l'amortissement. Une base calculée sans retirer le terrain gonfle la dotation d'environ 18 % et expose à un rappel en cas de contrôle.

02 · Amortissement et déficit

  • 04L'amortissement peut-il créer un déficit ?
    Non. L'article 39 C du code général des impôts l'interdit : la dotation ne s'impute que dans la limite du bénéfice restant après déduction des autres charges et des intérêts. Sur l'exemple, année 1 : 7 800 € de loyers moins 3 277 € de charges moins 3 675 € d'intérêts laissent 848 €, donc 848 € seulement sont déduits sur les 3 987 € calculés. Le solde n'est pas perdu, il bascule en report.
  • 05Quelle différence entre déficit BIC et amortissements différés ?
    Deux mécanismes distincts qu'on confond souvent. Le déficit BIC — quand les charges hors amortissement dépassent les recettes — est reportable dix ans, et uniquement sur des bénéfices de location meublée non professionnelle : il ne s'impute jamais sur le revenu global, contrairement au déficit foncier de la location nue. Les amortissements réputés différés, eux, sont reportables sans limite de durée.
  • 06Quand l'impôt réapparaît-il en LMNP au réel ?
    Quand la dotation d'amortissement décroche. Elle reste stable jusqu'à la septième année, baisse de 429 € en huitième année quand le mobilier est amorti, puis chute de 3 558 € à 957 € à la fin de la quinzième — les agencements et la façade arrivant à terme ensemble. Pendant ce temps les loyers ont été indexés. L'impôt réapparaît alors mécaniquement, sans que rien n'ait changé au bien.

03 · CFE, LMP et prélèvements

  • 07La CFE est-elle due en LMNP ?
    Oui. Tout loueur en meublé y est assujetti, professionnel ou non, au micro-BIC comme au réel, dès la deuxième année d'activité. La première année est totalement exonérée et la seconde bénéficie d'une réduction de 50 %, si bien que le plein tarif n'arrive qu'en troisième année. Son montant dépend de la commune et de la valeur locative, et elle se déduit intégralement au régime réel.
  • 08Quand passe-t-on de LMNP à LMP ?
    Lorsque deux conditions sont réunies : les recettes de location meublée dépassent 23 000 € par an et excèdent les autres revenus d'activité du foyer fiscal. La conjonction compte — un salarié à 45 000 € qui encaisse 30 000 € de loyers reste non professionnel. Le basculement change trois choses : des cotisations sociales à la place des prélèvements sociaux, un déficit imputable sur le revenu global, et un régime de plus-value professionnel.
  • 09Que se passe-t-il à la revente d'un bien amorti ?
    Depuis le 15 février 2025, les amortissements effectivement déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value : ils réduisent le prix d'acquisition retenu. Sur une revente à quinze ans à 130 000 €, la plus-value brute passe de 28 000 € à 68 149 €, pour un impôt total de 14 967 €. L'économie procurée sur quinze ans était de 19 512 € ; la sortie en reprend 8 817 €. Il reste 55 % de l'avantage facial.
  • 10Quel taux de prélèvements sociaux s'applique en location meublée ?
    Deux taux distincts, et les confondre fausse toute simulation. Sur les loyers, les bénéfices des loueurs en meublé subissent 18,6 % depuis 2026, la CSG ayant été portée de 9,2 à 10,6 %. Sur les plus-values immobilières, le taux reste à 17,2 %, ces revenus étant expressément maintenus au taux antérieur par l'article L.136-8, IV du code de la sécurité sociale. La location nue reste elle aussi à 17,2 %.

04 · Démarches et arbitrage

  • 11Quelles démarches pour démarrer une activité de loueur meublé ?
    La déclaration de début d'activité doit être faite dans les quinze jours suivant la mise en location, via le guichet unique en ligne de l'INPI — l'ancien formulaire papier P0i n'existe plus depuis 2023. Elle est gratuite et déclenche l'attribution d'un numéro SIRET sous huit à quinze jours. C'est aussi à ce moment qu'on opte pour le régime réel, ce qui évite de démarrer au micro-BIC par défaut pour une première année qu'on ne rattrape pas.
  • 12Vaut-il mieux louer meublé ou nu sur le plan fiscal ?
    Les deux régimes fonctionnent sur des logiques opposées. Le meublé permet d'amortir le bien et efface l'impôt sur les loyers, mais son déficit ne s'impute jamais sur le revenu global et les amortissements sont repris à la revente. Le nu n'amortit pas, mais le déficit foncier s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an — 21 400 € pour des travaux faisant sortir un logement de la classe E, F ou G, au plus tard le 31 décembre 2027 — et il n'y a pas de réintégration à la sortie. Le meublé protège le revenu locatif, le nu réduit l'impôt sur l'ensemble de vos revenus.

Un régime choisi sans calcul coûte plus qu’il ne rapporte.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide indique qu’une activité sans emprunt et à recettes modestes reste souvent mieux au micro-BIC, cas où notre accompagnement apporte moins.

Aucune économie d’impôt garantieVentilation appréciée par l’administrationTextes contrôlés en août 2026

Sources et date de contrôle

La location meublée est le seul régime où l’on peut encaisser des loyers pendant dix ans sans payer un euro d’impôt, en toute légalité. Le mécanisme n’a rien de mystérieux, mais il repose sur trois règles que la plupart des guides expédient en une phrase — et qui décident de tout.

  • Source 01

    Seuils du régime micro-BIC 2026-2028 — economie.gouv.fr / impots.gouv.fr. Nouveaux seuils pour les revenus 2026, 2027 et 2028 : 203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services relevant des BIC, dont la location meublée de longue durée et le meublé de tourisme classé. Le seuil précédent de 77 700 € s'appliquait aux revenus 2023 à 2025. Revalorisation triennale indexée sur l'indice des prix à la consommation, fixée par la loi de finances pour 2026. Le seuil de 15 000 € du meublé de tourisme non classé (abattement 30 %, loi Le Meur) n'est pas revalorisé. Amortissements réintégrés dans la plus-value depuis le 15/02/2025 (LF 2025 n° 2025-127). Consulté le 2026-08-19.

  • Source 02

    Obligations du loueur en meublé — page officielle — impots.gouv.fr. Page officielle des obligations du loueur en meublé : immatriculation, numéro SIRET, régimes d'imposition et déclarations. Aucun texte n'y impose le recours à un expert-comptable, y compris au régime réel. Consulté le 2026-08-20.

  • Source 03

    Article 39 C du code général des impôts — limite de déduction des amortissements — Légifrance. L'amortissement déductible des biens donnés en location est plafonné, ce qui interdit à la dotation de créer un déficit : la fraction non déduite est reportée. Doctrine d'application : BOI-BIC-AMT-20-40-10-20. Consulté le 2026-08-20.

  • Source 04

    Cotisation foncière des entreprises — locations meublées — BOFiP — doctrine fiscale. BOI-IF-CFE-10-30-10-50. La location meublée entre dans le champ de la cotisation foncière des entreprises ; les exonérations de plein droit sont limitativement énumérées à l'article 1459 du code général des impôts. Consulté le 2026-08-20. Adresse dépinglée le 3 septembre 2026 : elle pointait une version figée, ce qui rendait toute péremption invisible au contrôle. Le verbatim ci-dessus reste celui relevé à la date de consultation indiquée ; il n'a pas été relu à l'occasion de ce dépinglage. Consulté le 2026-08-19.

  • Source 05

    Caractère professionnel de la location meublée — le seuil de 23 000 € — BOFiP — doctrine fiscale. BOI-BIC-CHAMP-40-10, version du 15 avril 2026. Deux conditions cumulatives appréciées au niveau du foyer fiscal : recettes annuelles supérieures à 23 000 €, et supérieures aux autres revenus d'activité du foyer. Consulté le 2026-08-20. Adresse dépinglée le 3 septembre 2026 : elle pointait une version figée, ce qui rendait toute péremption invisible au contrôle. Le verbatim ci-dessus reste celui relevé à la date de consultation indiquée ; il n'a pas été relu à l'occasion de ce dépinglage. Consulté le 2026-08-19.

  • Source 06

    Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine — service-public.gouv.fr / Légifrance. Fiche officielle des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, et article L. 136-8 du code de la sécurité sociale sur Légifrance (LEGIARTI000053278668) pour le texte de référence. Consulté le 2026-08-20.

  • Source 07

    Déclaration de début d'activité de loueur en meublé — impots.gouv.fr. Formalité d'immatriculation et obtention du numéro SIRET auprès du guichet des formalités des entreprises, préalable à toute déclaration de résultat. Consulté le 2026-08-20.

  • Source 08

    Régime fiscal de la location meublée — BOFiP — doctrine fiscale. BOI-BIC-CHAMP-40-20, version du 19 août 2026. Régime d'imposition des loueurs en meublé, détermination du résultat et traitement des amortissements. Le terrain n'est pas amortissable, sa quote-part devant être isolée du prix d'acquisition. Consulté le 2026-08-20. Adresse dépinglée le 3 septembre 2026 : elle pointait une version figée, ce qui rendait toute péremption invisible au contrôle. Le verbatim ci-dessus reste celui relevé à la date de consultation indiquée ; il n'a pas été relu à l'occasion de ce dépinglage. Consulté le 2026-08-19.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l'investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide fournit une information générale et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé : votre situation, vos autres revenus et la structure de votre acquisition modifient les conclusions. Les règles citées le sont à la date du 19 août 2026 et évoluent à chaque loi de finances. Aucun rendement, délai ou accord de financement n'est garanti.