Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 26 août 20262 sourcesMéthode en cinq passes

Denormandie : ce que la réduction rapporte réellement chaque année, et à partir de quel plafond de loyer elle cesse d'être avantageuse

Les présentations du mécanisme additionnent la réduction d’impôt et les loyers. Aucune ne retranche ce que le plafonnement de ces mêmes loyers a coûté, ni ne dit que le seuil se calcule après impôt.

TROIS TAUX, UN SEUL RENDEMENT ANNUEL

12 % sur six ans et 18 % sur neuf rapportent la même chose chaque année.

Deux pour cent de la base par an. Choisir neuf ans prolonge l’avantage, il ne l’augmente pas — et il ajoute trois ans de plafond de loyer.

  • Acquisition jusqu’au 31 décembre 2027, et non 2026
  • Le Denormandie a échappé à la baisse des taux du Pinel
  • Les 25 % de travaux se calculent sur le coût total
  • Le point mort du loyer se calcule après impôt, pas avant

BASE RETENUE

189 000 €

RÉDUCTION SUR NEUF ANS

34 020 €

PAR AN

3 780 €

TAUX ANNUEL, TOUTES DURÉES

2 %

POINT MORT DU LOYER

597 €/mois

ACQUISITION JUSQU’AU

31/12/2027

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. La réduction s’applique « au logement que le contribuable acquiert entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2027 et qui fait ou qui a fait l’objet de travaux d’amélioration »1, dans une commune « dont le besoin de réhabilitation de l’habitat en centre-ville est particulièrement marqué ou qui a conclu une convention d’opération de revitalisation »1. Les travaux doivent représenter « au moins 25 % du coût total de l’opération »2.

Contrairement au Pinel, le Denormandie n’a pas subi la baisse des taux de 2023 et 2024 : le texte la réserve « aux acquisitions, autres que celles mentionnées au 5° du B du I »1, c’est-à-dire précisément les travaux d’amélioration.

Sur le cas de ce guide, la réduction vaut 3 780 € par an. Elle s’annule si le plafond de loyer se situe plus de 597 € par mois sous le marché — et non 315 €, parce que le loyer abandonné aurait été imposé.

Le Denormandie est l’une des rares réductions d’impôt encore ouvertes sur l’immobilier locatif ancien, et la seule qui récompense la rénovation de logements en centre-ville de villes moyennes. Il se présente comme un avantage fiscal ; il fonctionne comme un contrat.

On y échange une réduction étalée contre trois engagements : rénover à hauteur d’un quart du budget, louer nu à un locataire dont les ressources sont plafonnées, et respecter un plafond de loyer pendant six à douze ans. Ce guide chiffre les deux côtés de l’échange.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Fabrice, 41 ans, technicien de maintenance à Châtellerault, qui achète un appartement de 65 m² à 120 000 €, paie 9 000 € de frais et engage 60 000 € de travaux. Il vise un engagement de location de neuf ans. Le marché local situe le loyer à 780 €. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.

Qu’est-ce que le Denormandie ?

Une réduction d’impôt sur le revenu, accordée en contrepartie d’un investissement locatif rénové dans certaines communes — et il faut lire chacun de ces mots, parce que chacun porte une condition qui peut faire tomber l’avantage à elle seule.

Le texte la réserve « au logement que le contribuable acquiert entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2027 et qui fait ou qui a fait l’objet de travaux d’amélioration définis par décret »1. Deux mots de cette phrase méritent qu’on s’y arrête.

« Acquiert » vise la date d’acquisition, pas celle des travaux. Le calendrier à surveiller est donc celui de l’acte, et il court jusqu’à la fin 2027.

« Fait ou a fait » ouvre deux chemins : acheter un logement à rénover et faire les travaux soi-même, ou acheter un logement déjà rénové par un vendeur qui a supporté les travaux. Le second existe et il se commercialise ; il suppose de vérifier que la nature et le montant des travaux répondent aux conditions, ce qui ne se présume pas.

Le point de vigilance. Une doctrine administrative encore en ligne indique que la réduction s’applique aux investissements réalisés « du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2026 ». Elle est antérieure à la loi qui a prorogé. Le texte en vigueur dit 2027. Sur ce sujet plus qu’un autre, la date se lit dans le code, pas dans un commentaire.

La condition qui façonne l’opération

« Le montant des travaux de rénovation, d’amélioration ou de transformation facturés par une entreprise doit représenter au moins 25 % du coût total de l’opération »2.

Cette phrase paraît anodine et elle décide de la forme du dossier. Le pourcentage se calcule sur le coût total, travaux compris — pas sur le prix d’achat. Un investisseur qui achète 150 000 € et prévoit 40 000 € de travaux n’atteint pas le seuil : 40 000 sur 190 000 font 21 %. Il lui faut soit acheter moins cher, soit dépenser davantage.

Deux exigences se cachent en outre dans le mot « facturés par une entreprise ». Les travaux réalisés soi-même ne comptent pas, et les matériaux achetés sans pose non plus. Un artisan doit facturer la prestation, ce qui suppose de renoncer aux économies que l’auto-rénovation permettrait — et de constituer, dès le premier devis, un dossier de factures qu’un expert-comptable saura présenter si l’administration le demande. Notre guide sur les frais qu’on oublie dans un investissement locatif recense ce qui entre dans un coût total et ce qui n’y entre pas.

Chez Fabrice, 60 000 € de travaux sur un coût total de 189 000 € représentent 31,7 %. Le seuil est franchi avec de la marge, ce qui compte : un devis qui dérape à la baisse ne doit pas faire passer l’opération sous les 25 %.

Combien la réduction rapporte-t-elle vraiment ?

Voici le point que les présentations commerciales laissent systématiquement dans l’ombre, et il renverse l’intuition qu’on se fait d’un barème à trois étages.

Les taux sont de 12 % pour un engagement de six ans, 18 % pour neuf ans, et 21 % en cas de prorogation jusqu’à douze. La réduction s’impute « d’un sixième ou d’un neuvième de son montant chaque année », sans que le solde puisse être reporté sur les années suivantes2.

Faites la division. Douze pour cent sur six ans font 2 % par an. Dix-huit pour cent sur neuf ans font 2 % par an. Le taux annuel est le même. Choisir neuf ans plutôt que six ne rapporte pas davantage chaque année : cela prolonge l’avantage de trois ans, en échange de trois ans d’engagement supplémentaires.

Trois taux affichés, un seul rendement annuel — jusqu’à la dernière prorogation

Combien la réduction rapporte-t-elle vraiment ? — tableau 1
6 ans12 %22 680 €3 780 €
9 ans18 %34 020 €3 780 €
Prorogation de 9 à 12 ans3 %5 670 €1 890 €

La dernière ligne est la seule qui change le rendement annuel, et elle le change vers le bas : les trois années de prorogation finale ne rapportent que 1 % de la base par an, moitié moins que les précédentes. Un investisseur qui prolonge jusqu’à douze ans accepte donc trois années de contrainte pour un avantage divisé par deux.

Une précision qui vaut de l’argent : le Denormandie a échappé à la baisse des taux qui a frappé le Pinel. Le texte réserve les taux réduits de 2023 et 2024 « aux acquisitions, autres que celles mentionnées au 5° du B du I »1 — et le 5° désigne précisément les logements faisant l’objet de travaux d’amélioration. Les 12, 18 et 21 % sont intacts.

Trois plafonds bornent la base

La réduction ne se calcule pas sur ce qu’on a dépensé, mais sur ce que le texte accepte de retenir — distinction qui n’a aucune importance tant qu’on reste sous les bornes, et qui devient la variable principale dès qu’on les approche.

  1. 5 500 € par mètre carré de surface habitable. Sur les 65 m² de Fabrice, cela autorise 357 500 € — très au-dessus de son coût réel. Ce plafond mord surtout dans les villes chères, où il coupe la base bien avant le second.
  2. 300 000 € par contribuable et par an. Le plafond global des acquisitions retenues, tous investissements confondus sur l’année.
  3. Deux logements au plus par année d’imposition. « Au titre d’une même année d’imposition, la réduction d’impôt ne peut être calculée que de deux logements au plus »2. Ce troisième plafond est le moins cité et le plus contraignant pour qui construit un patrimoine rapidement.

À ces trois bornes s’ajoute une quatrième, extérieure au mécanisme : le plafonnement global des avantages fiscaux, qui limite à 10 000 € par an la somme des réductions dont un foyer peut bénéficier. Les 3 780 € de Fabrice y entrent confortablement, mais un contribuable qui cumule plusieurs avantages doit vérifier qu’il ne perd pas une partie de sa réduction faute de place — et le solde perdu ne se reporte pas.

Ce que Fabrice obtient, ligne à ligne

Reprenons son dossier en partant de la base, puisque c’est elle qui commande tout.

La base est le prix de revient, dans la limite des plafonds

Ce que Fabrice obtient, ligne à ligne — tableau 2
Prix d’acquisition120 000 €
Frais d’acquisition9 000 €
Travaux facturés60 000 €
Coût total, et base retenue189 000 €
Part des travaux31,7 %
Réduction sur neuf ans, à 18 %34 020 €
Réduction annuelle3 780 €

Trente-quatre mille euros d’impôt en moins sur neuf ans, pour 189 000 € engagés. Rapporté au coût, l’avantage brut représente 18 % — ce qui est considérable, et ce n’est pas le chiffre final.

Une remarque sur la base, puisqu’elle détermine tout le reste. Elle retient le prix de revient, c’est-à-dire le prix d’acquisition augmenté des frais et du montant des travaux : les 9 000 € de frais de Fabrice y entrent donc et produisent, à eux seuls, 1 620 € de réduction sur neuf ans. C’est l’une des rares situations où des frais d’acquisition travaillent en faveur de l’investisseur plutôt que contre lui, et elle mérite d’être signalée parce qu’elle est contre-intuitive pour qui a l’habitude de les traiter comme une perte sèche.

Notre méthode de calcul du rendement locatif impose de compter ce qu’une opération rapporte et ce qu’elle coûte. Le Denormandie a un coût, et il ne figure sur aucune ligne du montage.

Ce que le plafond de loyer reprend

La réduction s’achète par un engagement de location à loyer plafonné, à un locataire dont les ressources le sont aussi. C’est la contrepartie, et elle se chiffre comme n’importe quelle dépense.

La condition de ressources mérite d’être prise au sérieux plutôt que traitée comme une formalité de dossier. Elle restreint le vivier de candidats, ce qui allonge les délais de relocation et pèse sur la vacance ; un gestionnaire habitué à ces baux vous dira qu’il faut compter davantage de visites pour un logement conventionné que pour le même bien loué librement. Notre guide sur le calcul du risque de vacance locative donne la méthode pour en chiffrer l’effet, qui vient s’ajouter au manque à gagner sur le loyer lui-même.

Le manque à gagner est la différence entre le loyer que le marché aurait payé et celui que l’engagement autorise, multipliée par la durée. Sur neuf ans, chaque euro de loyer mensuel abandonné représente 108 € de recettes en moins.

Mais ces recettes auraient été imposées, et c’est là que le calcul intuitif se trompe. La réduction d’impôt, elle, est nette : un euro de réduction est un euro. Un euro de loyer, non. Pour un bailleur imposé à 30 % auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, il ne reste que 52,8 % de chaque euro encaissé. Le loyer abandonné coûte donc environ la moitié de son montant affiché.

Le loyer abandonné se compte après impôt, la réduction se compte en entier

Ce que le plafond de loyer reprend — tableau 3
80 €8 640 €4 562 €29 458 €
160 €17 280 €9 124 €24 896 €
240 €25 920 €13 686 €20 334 €
315 €34 020 €17 963 €16 057 €
597 €64 476 €34 043 €0 €

Les plafonds de loyer varient selon la zone et se révisent chaque année : nous ne les publions pas ici, ils se relèvent au moment de l’étude. Ce que ce tableau donne, c’est la règle de conversion — et elle vaut quel que soit le barème en vigueur.

Notre guide sur la fixation du loyer au prix du marché aide à établir le premier terme de la soustraction, celui que personne ne peut vous donner à distance.

À partir de quel écart l’avantage s’annule-t-il ?

Le calcul tient en une division, et il donne le chiffre le plus utile de ce guide.

Il a surtout le mérite de trancher une question que les simulateurs commerciaux contournent, parce qu’ils additionnent la réduction d’impôt aux loyers sans jamais retrancher ce que le plafonnement de ces mêmes loyers a coûté. Additionner un avantage et ignorer sa contrepartie donne toujours un résultat flatteur ; c’est le mécanisme ordinaire de la présentation d’un montage fiscal, et il suffit d’une soustraction pour le défaire.

Le calcul intuitif donne 315 €. La réduction annuelle vaut 3 780 € ; divisée par douze mois, elle représente 315 € de loyer mensuel. Ce chiffre circule, et il est faux.

Il compare une réduction nette à un loyer brut. Or le loyer qu’on renonce à percevoir aurait été imposé : ne pas l’encaisser fait aussi économiser l’impôt correspondant. À 47,2 % de taux marginal et de prélèvements sociaux cumulés, la perte réelle ne vaut que 52,8 % du loyer abandonné.

Le point mort corrigé s’établit donc à 597 € par mois. Il faut que le plafond de loyer se situe près de six cents euros sous le marché pour que la réduction cesse d’être avantageuse — ce qui est beaucoup, et ce qui rend le Denormandie nettement plus favorable que le calcul intuitif ne le laissait croire.

La formule se recalcule pour n’importe quel dossier. Prenez 2 % de votre base, divisez par douze, puis divisez encore par la part nette d’un euro de loyer dans votre situation — 52,8 % pour une tranche à 30 %. Une base de 300 000 € donne ainsi 947 € par mois ; une base de 120 000 € en donne 379.

La conclusion pratique reste la même, avec une marge bien plus large. Le Denormandie est d’autant plus intéressant que le marché locatif local est proche des plafonds — c’est-à-dire dans les villes moyennes détendues, précisément celles que le mécanisme vise. Il faut un marché très au-dessus des plafonds, de près de six cents euros par mois, pour que la réduction se dissolve entièrement dans le loyer abandonné.

Où peut-on investir en Denormandie ?

Dans des communes désignées, et la liste ne figure pas dans la loi — ce qui explique qu’on trouve en ligne autant de cartes contradictoires que de sites qui en publient.

Le texte pose le critère : la réduction « s’applique aux logements situés dans les communes dont le besoin de réhabilitation de l’habitat en centre-ville est particulièrement marqué ou qui ont conclu une convention d’opération de revitalisation »1. Il renvoie ensuite : « la liste des communes répondant à la condition liée au besoin de réhabilitation de l’habitat en centre-ville est fixée par arrêté des ministres chargés du logement et du budget »1.

Trois conséquences pratiques.

  1. La liste évolue. Un arrêté se modifie, et une commune peut y entrer ou en sortir. La vérification se fait à la date de l’acquisition, pas sur une liste imprimée l’an dernier.
  2. Deux portes d’entrée coexistent. Le besoin marqué de réhabilitation, constaté par arrêté, et la convention de revitalisation, signée par la collectivité. Une commune absente de l’arrêté peut être éligible par la seconde voie.
  3. Le centre-ville n’est pas toute la commune. Le critère vise l’habitat en centre-ville. Un notaire ou le service urbanisme de la mairie confirmeront la situation du bien mieux qu’une carte trouvée en ligne.

Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant

Trois se jouent avant l’acte, un seul après, et cette répartition est plutôt une bonne nouvelle : elle signifie que l’essentiel se prévient à la table du compromis, quand rien n’est encore engagé.

Calculer les 25 % sur le prix d’achat. Le seuil porte sur le coût total, travaux compris. Un investisseur qui achète 150 000 € et prévoit 40 000 € de travaux croit être à 26,7 % alors qu’il est à 21 % : l’opération perd la totalité de sa réduction, soit 34 020 € sur un dossier comparable à celui décrit.

Croire que neuf ans rapportent plus que six. Les deux durées donnent 3 780 € par an. Le choix de neuf ans allonge l’avantage, il ne l’augmente pas — et il ajoute trois ans de plafond de loyer, soit jusqu’à 11 340 € de recettes abandonnées si l’écart atteint 315 € par mois.

Comparer une réduction nette à un loyer brut. C’est l’erreur qui fait circuler un point mort de 315 € au lieu de 597 €. Elle conduit à écarter des opérations qui tenaient : un écart de 240 € par mois laisse encore 20 334 € d’avantage net sur neuf ans, quand le calcul intuitif n’en voyait que 8 100 €.

Reprendre une date périmée. Une doctrine encore consultable annonce une fin au 31 décembre 2026 alors que le texte dit 2027. Un investisseur qui renonce à une acquisition en 2027 sur la foi de ce commentaire abandonne 34 020 € auxquels il avait droit.

Faut-il faire du Denormandie ?

La réponse dépend d’un seul chiffre, et ce chiffre est local.

  1. Si l’écart entre le marché et le plafond est faible — moins d’une centaine d’euros par mois —, l’avantage reste presque entier. C’est le cas dans les villes moyennes détendues, où les plafonds sont proches des loyers pratiqués, et c’est là que le mécanisme a été conçu pour agir.
  2. Si l’écart approche les 597 € du point mort, l’opération se réduit à un exercice fiscal sans bénéfice. Mieux vaut alors acheter le même bien sans engagement, louer au marché et déduire ses travaux au régime réel.
  3. Si les travaux sont substantiels et le bien mal placé, aucune réduction ne rattrape un mauvais emplacement. Notre guide sur l’imputation du déficit foncier présente la voie alternative pour un bien rénové sans contrainte de loyer.

La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des investisseurs, et un mécanisme fiscal se vend bien : il donne un chiffre à montrer et une échéance pour décider. Nous ne présentons pourtant jamais une réduction d’impôt comme un motif d’achat. Sur le dossier décrit, l’avantage passe de 34 020 € à 20 334 € si le plafond de loyer se situe 240 € sous le marché, et il ne devient nul qu’à 597 €. Un bien qui ne tient pas sans la réduction ne tient pas avec elle. Le calcul se fait donc dans l’ordre inverse de celui qu’on nous demande : d’abord l’opération, ensuite l’avantage.

315 € OU 597 € ?

Un euro de réduction est un euro. Un euro de loyer, non.

Le loyer auquel on renonce aurait été imposé : sa perte réelle ne vaut que 52,8 % de son montant. Le seuil en est presque doublé.

  • La formule : 2 % de la base, divisés par douze, puis par la part nette
  • Pourquoi les simulateurs commerciaux ne retranchent jamais la contrepartie
  • Ce que les frais d’acquisition rapportent, contre toute attente
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur la date limite, la condition des 25 %, les taux, les plafonds, le point mort du loyer et les communes éligibles.

Une opération Denormandie sur la table ?

Apportez le prix, le devis de travaux et le loyer du secteur. Le point mort se calcule en une division, et il décide.

Faire le point sur votre dossier

01 · Le principe

  • 01Qu'est-ce que le Denormandie ?
    Une réduction d'impôt sur le revenu accordée en contrepartie d'un investissement locatif rénové dans certaines communes. Le texte la réserve « au logement que le contribuable acquiert entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2027 et qui fait ou qui a fait l'objet de travaux d'amélioration définis par décret ». Deux chemins s'ouvrent donc : acheter un logement à rénover et faire les travaux, ou acheter un logement déjà rénové par un vendeur qui les a supportés — à condition de vérifier que leur nature et leur montant répondent aux conditions.
  • 02Jusqu'à quand le Denormandie s'applique-t-il ?
    Aux acquisitions réalisées jusqu'au 31 décembre 2027. Attention à une doctrine administrative encore consultable qui indique une fin au 31 décembre 2026 : elle est antérieure à la loi de prorogation et n'a pas été mise à jour. C'est la date d'acquisition qui compte, et non celle des travaux, si bien que le calendrier à surveiller est celui de l'acte.
  • 03Comment se calcule la condition des 25 % de travaux ?
    Sur le coût total de l'opération, travaux compris — pas sur le prix d'achat. Un investisseur qui achète 150 000 € et prévoit 40 000 € de travaux n'est pas à 26,7 % mais à 21 %, et son opération perd toute la réduction. Deux exigences se cachent en outre dans la formule « facturés par une entreprise » : les travaux réalisés soi-même ne comptent pas, et les matériaux achetés sans pose non plus.

02 · Les taux

  • 04Quels sont les taux, et le Denormandie a-t-il subi la baisse du Pinel ?
    Douze pour cent pour un engagement de six ans, dix-huit pour neuf ans, vingt-et-un en cas de prorogation jusqu'à douze. Le Denormandie a échappé à la baisse qui a frappé le Pinel : le texte réserve les taux réduits de 2023 et 2024 « aux acquisitions, autres que celles mentionnées au 5° du B du I », et ce 5° désigne précisément les logements faisant l'objet de travaux d'amélioration. Les taux pleins sont donc intacts.
  • 05Un engagement de neuf ans rapporte-t-il plus qu'un engagement de six ans ?
    Pas chaque année. Douze pour cent sur six ans font 2 % par an ; dix-huit pour cent sur neuf ans font également 2 % par an. Choisir neuf ans prolonge l'avantage de trois années, il ne l'augmente pas — et il ajoute trois ans de plafond de loyer. La prorogation finale de neuf à douze ans est encore moins favorable : ses 3 % étalés sur trois années ne représentent que 1 % de la base par an, moitié moins que les précédentes.

03 · Les limites

  • 06Quels plafonds limitent la réduction ?
    Trois, plus un quatrième extérieur au mécanisme. La base est plafonnée à 5 500 € par mètre carré de surface habitable et à 300 000 € par contribuable et par an. « Au titre d'une même année d'imposition, la réduction d'impôt ne peut être calculée que de deux logements au plus » — c'est le plafond le moins cité et le plus contraignant pour qui construit vite. S'y ajoute le plafonnement global des avantages fiscaux à 10 000 € par an, dont le dépassement fait perdre le solde sans report possible.
  • 07À partir de quel écart de loyer l'avantage s'annule-t-il ?
    Plus loin qu'on ne le croit, parce que le calcul intuitif compare une réduction nette à un loyer brut. Prendre 2 % de la base et diviser par douze donne 315 € par mois sur le cas décrit — et c'est faux : le loyer auquel on renonce aurait été imposé, si bien que sa perte réelle ne vaut que 52,8 % de son montant pour un bailleur à 30 % de tranche marginale et 17,2 % de prélèvements sociaux. Le point mort corrigé s'établit à 597 € par mois. Il faut donc un plafond de loyer près de six cents euros sous le marché pour que la réduction cesse d'être avantageuse.

04 · En pratique

  • 08Dans quelles communes peut-on investir ?
    Dans celles « dont le besoin de réhabilitation de l'habitat en centre-ville est particulièrement marqué ou qui ont conclu une convention d'opération de revitalisation ». La liste n'est pas dans la loi : elle « est fixée par arrêté des ministres chargés du logement et du budget », donc elle évolue et se vérifie à la date de l'acquisition. Deux portes d'entrée coexistent, et une commune absente de l'arrêté peut rester éligible par la convention. Enfin le critère vise l'habitat en centre-ville, pas toute la commune.

Un bien qui ne tient pas sans la réduction ne tient pas avec elle.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les textes cités sont publics et le calcul du point mort tient en une division.

Article 199 novovicies relu dans sa rédaction en vigueurDoctrine périmée signalée : elle annonce 2026, le texte dit 2027Plafonds de loyer non publiés : ils dépendent de la zone et de l’année

Sources et date de contrôle

Deux sources fiscales, relues au 26 août 2026 : l'article du code général des impôts qui porte la réduction — sa fenêtre d'acquisition, ses taux et sa condition de commune — et la doctrine administrative qui en fixe la base, les plafonds et le seuil de travaux.

  • Source 01

    Article 199 novovicies du code général des impôts — réduction d'impôt en faveur de l'investissement locatif — Légifrance. Version en vigueur du 11 avril 2024 au 1er janvier 2027. Le 5° du B du I ouvre la réduction « au logement que le contribuable acquiert entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2027 et qui fait ou qui a fait l'objet de travaux d'amélioration définis par décret ». Le VI réserve les taux réduits des acquisitions de 2023 et de 2024 « aux acquisitions, autres que celles mentionnées au 5° du B du I » : le Denormandie conserve donc les taux pleins de 12 %, 18 % et 21 %. Le IV bis pose la condition de localisation : la réduction « s'applique aux logements situés dans les communes dont le besoin de réhabilitation de l'habitat en centre-ville est particulièrement marqué ou qui ont conclu une convention d'opération de revitalisation », et « la liste des communes répondant à la condition liée au besoin de réhabilitation de l'habitat en centre-ville est fixée par arrêté des ministres chargés du logement et du budget ». Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 02

    BOI-IR-RICI-365 — Dispositif « Denormandie ancien » : champ d'application et modalités — BOFiP — Bulletin officiel des finances publiques. « Le montant des travaux de rénovation, d'amélioration ou de transformation facturés par une entreprise doit représenter au moins 25 % du coût total de l'opération. » La base est plafonnée à 5 500 € par mètre carré de surface habitable et à 300 000 € par contribuable et par an. « Au titre d'une même année d'imposition, la réduction d'impôt ne peut être calculée que de deux logements au plus. » L'imputation se fait « d'un sixième ou d'un neuvième de son montant chaque année » selon l'engagement initial, et « le solde ne peut pas être imputé sur les années suivantes ». Cette doctrine, datée de 2024 pour sa partie champ d'application, indique une fin au 31 décembre 2026 : elle est antérieure à la loi de prorogation et c'est le texte du code qui prévaut. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les textes cités sont publics et le calcul du point mort tient en une division. Ils sont reproduits dans leur rédaction en vigueur au 26 août 2026. Les plafonds de loyer et de ressources ne sont pas publiés ici : ils dépendent de la zone et se révisent chaque année. Les montants du cas sont déclarés en hypothèse. Ce guide ne constitue pas une consultation fiscale.