Financer la rénovation énergétique d'un logement loué : les aides ne font que le quart du travail, et le rehaussement du plafond coûte de l'argent
On présente la rénovation énergétique comme une addition d'aides, et les comparateurs alignent des montants bruts. Le calcul montre autre chose : les deux tiers de l'avantage se jouent ailleurs que dans les subventions.
DÉPOSER AVANT DE SIGNER
Un devis accepté ferme la porte des certificats d'économies d'énergie
L'ordre dans lequel on sollicite les intervenants décide du montant des aides. Diagnostic, devis ventilé, dossiers, puis signature — jamais l'inverse.
- L'éco-prêt à 50 000 € sur vingt ans, ouvert aux bailleurs
- Les aides imposables, et pourquoi la règle est cohérente
- L'euro de déficit qui ne vaut pas le même montant selon où il s'impute
- Le rehaussement qui accélère la trésorerie et coûte 1 840 €
DEVIS DE RÉNOVATION GLOBALE
45 000 €
AIDES DIRECTES
12 200 €
RESTE À FINANCER
32 800 €
ÉCONOMIE D'IMPÔT
9 167 €
COÛT RÉELLEMENT SUPPORTÉ
23 633 €
INTÉRÊTS ÉVITÉS SUR 20 ANS
13 260 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le prêt à taux zéro est ouvert aux bailleurs. L’avance sans intérêt finance les travaux d’amélioration de la performance énergétique de logements achevés depuis plus de deux ans, dans la limite de 30 000 € par logement, portée à 50 000 € en rénovation globale, remboursable sur deux cent quarante mois1.
Les aides entrent dans le revenu imposable. « Les subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles sont comprises dans le revenu brut »4. On ne déduit donc que ce qu’on a réellement supporté.
Et le plafond rehaussé change de taux. Porté à 21 400 € pour une sortie de classe E, F ou G au plus tard le 31 décembre 20276, il déplace de l’imputation d’un taux de 47,2 % vers un taux de 30 %.
Ce guide ne traite pas du calendrier d’interdiction de louer, que notre guide sur les passoires thermiques couvre. Il traite de ce que la rénovation coûte réellement une fois les aides et l’impôt passés.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Perrine. Exemple construit, et non un dossier réel : un appartement classé F, loué 640 € par mois, qu’une rénovation globale de 45 000 € fait passer en C. Le montant des aides, celui des charges courantes, la tranche marginale de 30 % et le taux de marché de 3,60 % sont des hypothèses déclarées. Les plafonds, les durées et les conditions sont ceux des textes.
Trois aides, trois logiques
Elles arrivent souvent dans le même dossier. Elles n’ont ni le même financeur, ni la même mécanique, ni le même traitement fiscal.
La prime de transition énergétique, connue sous son nom commercial, est une subvention publique versée après travaux, sous conditions de ressources pour les occupants et sous conditions de location pour les bailleurs2.
Les certificats d'économies d'énergie ne sont pas une aide publique mais une obligation privée. Les personnes qui vendent de l'électricité, du gaz, de la chaleur ou du froid aux consommateurs finals au-delà d’un seuil sont soumises à des obligations d'économies d'énergie, dont elles se libèrent en réalisant des économies ou en acquérant des certificats3. La prime que reçoit un particulier est le prix que le fournisseur paie pour ce certificat.
L'éco-prêt à taux zéro, enfin, n’est pas une aide au sens strict : c’est un prêt. Le crédit d’impôt bénéficie à la banque, pas au bailleur1 ; ce que le bailleur reçoit est un financement dont il ne paie pas les intérêts. La distinction n’est pas académique, et la section suivante la chiffre.
Que vaut vraiment un prêt à taux zéro ?
Exactement les intérêts qu’on ne paie pas. Et sur vingt ans, ce n’est pas négligeable.
L’avance sans intérêt finance les travaux d’amélioration de la performance énergétique globale de logements achevés depuis plus de deux ans à la date de début d’exécution des travaux, et les propriétaires bailleurs y ont accès au même titre que les occupants1. Le montant ne peut excéder 30 000 € par logement, porté à 50 000 € pour les travaux permettant d’atteindre une performance énergétique globale ; la durée de remboursement ne peut excéder cent quatre-vingts mois, portée à deux cent quarante mois dans ce même cas1.
Perrine emprunte 32 800 € — son reste à financer après aides — sur deux cent quarante mois. La mensualité s'établit à 137 €. Le même montant emprunté au taux de marché retenu de 3,60 % donnerait une mensualité de 192 €, soit 55 € de plus chaque mois pendant vingt ans.
Le total des intérêts évités atteint 13 260 €, soit 40,4 % du capital emprunté et 29,5 % du devis initial. C’est, en valeur, davantage que la prime de transition énergétique elle-même — et pourtant c’est la ligne dont on parle le moins, parce qu’elle ne se voit sur aucun relevé.
La prime pour un bailleur : à quelles conditions ?
Elle est ouverte, mais elle engage sur six ans. Le calcul se fait donc à l'échelle d’un cycle locatif entier.
Les propriétaires bailleurs peuvent bénéficier de la prime pour financer des dépenses en faveur de la rénovation énergétique du logement qu’ils donnent à bail2. Trois obligations en découlent. Le logement doit être loué à titre de résidence principale dans un délai d’un an suivant la demande de paiement. Il doit l'être pour une durée minimale de six ans à compter de cette demande. Et le bailleur informe le locataire des travaux financés par la prime.
Une quatrième condition passe presque toujours inaperçue, et elle a un coût. En cas de réévaluation du loyer, le bailleur déduit le montant de la prime des travaux justifiant l’augmentation2. Sur un chantier de 45 000 € financé à hauteur de 9 000 €, la base de travaux opposable au locataire tombe à 36 000 € : la prime ampute de 20 % ce qui pourra justifier une hausse.
Deux bornes complètent le tableau. Un ménage peut bénéficier de la prime dans la limite de trois logements sur une période de cinq années consécutives2, ce qui écarte les portefeuilles importants. Et le logement doit être achevé depuis au moins quinze ans en France métropolitaine — condition plus stricte que les deux ans exigés pour l'éco-prêt, et qui exclut une partie du parc récent.
Les certificats d'économies d'énergie
C’est le dispositif le plus mal compris des trois, parce qu’il ne ressemble pas à une aide.
Les vendeurs d'énergie au-delà d’un certain volume sont soumis à des obligations d'économies d'énergie, dont ils se libèrent en réalisant directement ou indirectement des économies, ou en acquérant des certificats3. Financer les travaux d’un particulier crée un certificat que l’obligé récupère : la prime versée est le prix d’achat de ce certificat, pas un geste commercial.
Deux conséquences pratiques en découlent. La première est que le montant se négocie : plusieurs obligés proposent des barèmes différents pour les mêmes travaux, et l'écart entre deux offres se chiffre en centaines d’euros. La seconde est que la demande doit être déposée avant l’acceptation du devis — un dossier engagé après signature est refusé, sans exception et sans recours.
Sur le dossier de Perrine, les certificats représentent 3 200 €, soit 7,1 % du devis. Avec la prime de 9 000 €, le total des aides atteint 12 200 € et couvre 27,1 % du chantier. Le reste à financer s'établit à 32 800 €, l'équivalent de cinquante et un mois de loyer.
Les aides sont-elles imposables ?
Oui, et c’est la ligne que la plupart des bailleurs au réel oublient de déclarer.
Le revenu brut foncier est constitué du montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, et le texte ajoute une phrase brève : les subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles sont comprises dans le revenu brut4. Une prime qui finance des travaux eux-mêmes déductibles entre donc dans le revenu imposable.
La règle est cohérente, et il faut le dire pour éviter le contresens : elle n’ajoute pas un impôt, elle empêche une double déduction. Les dépenses d’amélioration afférentes aux locaux d’habitation sont déductibles5 ; si l’on déduisait 45 000 € tout en encaissant 12 200 € en franchise d’impôt, on déduirait des dépenses qu’on n’a pas supportées. En pratique, la base nette est de 32 800 € — exactement le reste à charge.
L’erreur classique consiste à déduire le devis brut et à ne rien déclarer d’autre. Elle est facile à repérer par l’administration, puisque les organismes versent les primes en les déclarant, et elle porte sur 12 200 € de base — soit 5 758 € d’impôt sur ce seul dossier. Notre guide sur le déficit foncier détaille la mécanique d’ensemble.
Le déficit foncier, et ses deux taux
Un point technique commande tout le calcul, et il est presque toujours passé sous silence : l’euro de déficit ne vaut pas le même montant selon l’endroit où il s’impute.
L’année des travaux, le revenu brut de Perrine s'établit à 19 880 € — 7 680 € de loyers et 12 200 € d’aides — pour 47 100 € de charges. Le déficit foncier atteint donc 27 220 €.
Ce déficit s’impute en deux temps. Une fraction va sur le revenu global, dans la limite d’un plafond ; elle réduit l’impôt sur le revenu au taux de la tranche marginale, soit 30 %, mais elle ne rend aucun prélèvement social, puisque le revenu global n’y est pas soumis. Le reliquat s’impute sur les revenus fonciers des dix années suivantes6, où il efface à la fois l’impôt et les prélèvements sociaux — soit 47,2 %.
L'écart entre les deux taux atteint 17,2 points. Un euro imputé sur le revenu global vaut donc moins qu’un euro reporté sur des revenus fonciers futurs, et cette asymétrie renverse une conclusion que l’on lit partout.
Le rehaussement à 21 400 € est-il une bonne nouvelle ?
Pour la trésorerie, oui. Pour le total encaissé, non — et l'écart se chiffre.
L’imputation sur le revenu global est limitée à 10 700 €, et cette limite est rehaussée sans pouvoir excéder 21 400 € par an à concurrence des dépenses de rénovation énergétique permettant à un logement de passer d’une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D6. Les travaux éligibles sont ceux énumérés par le décret d’application7.
Un déficit de 27 220 €, imputé sous les deux plafonds
| Plafond ordinaire | Plafond rehaussé | |
|---|---|---|
| Imputé sur le revenu global, à 30 % | 10 700 € | 21 400 € |
| Reporté sur les fonciers, à 47,2 % | 16 520 € | 5 820 € |
| Années pour absorber le reliquat | 3 | 2 |
| Économie d’impôt totale | 11 007 € | 9 167 € |
Le rehaussement fait donc gagner une année d’attente et perdre 1 840 €. Il ne s’agit pas d’un défaut de la mesure mais de son effet mécanique : elle déplace des euros d’un taux de 47,2 % vers un taux de 30 %. Pour un bailleur dont les autres revenus fonciers absorberaient rapidement le reliquat, c’est une perte sèche ; pour un bailleur qui n’a que ce logement et une trésorerie tendue, l’année gagnée vaut peut-être ces 1 840 €.
Un mot sur ce qui n’est pas un choix. Le plafond est une limite, pas une option : on ne renonce pas au rehaussement. La seule variable qui reste au bailleur est le calendrier de paiement des travaux, qui décide de l’exercice d’imputation.
La condition à justifier au 31 décembre 2027
Le rehaussement n’est pas acquis à la déclaration. Il est acquis à la preuve, et la preuve a une date.
Le contribuable doit justifier du nouveau classement du logement au plus tard le 31 décembre 20276, par un diagnostic de performance énergétique établissant l'état initial en classe E, F ou G et l'état après travaux en classe A, B, C ou D7.
La sanction du défaut de justification est écrite, et elle est lourde : les revenus fonciers des années d’imputation sont reconstitués selon les règles ordinaires6. Autrement dit, l’administration refait le calcul comme si le rehaussement n’avait jamais existé, et les 9 167 € d'économie sont remis en cause.
Deux conséquences pratiques en découlent, et elles concernent le chantier autant que la déclaration. La première est qu’un diagnostic après travaux doit être commandé, payé et conservé — ce n’est pas une formalité optionnelle. La seconde est que le résultat énergétique doit être atteint, pas seulement visé : un chantier qui s’arrête en classe D reste dans les clous, un chantier qui s’arrête en classe E fait tomber tout l'édifice.
Combien coûte réellement une rénovation à 45 000 € ?
Descendons les trois marches, dans l’ordre.
Du devis affiché au coût effectivement supporté
| Étape | Montant | Part du devis |
|---|---|---|
| Devis de rénovation globale | 45 000 € | 100 % |
| Après les aides | 32 800 € | 72,9 % |
| Après l'économie d’impôt | 23 633 € | 52,5 % |
Vingt-trois mille six cent trente-trois euros, soit trente-sept mois de loyer et 4,2 années de revenu foncier net. À quoi s’ajoute, pour être complet, les 13 260 € d’intérêts que le prêt à taux zéro évite sur vingt ans — un gain qui ne réduit pas le coût du chantier mais la charge de son financement.
Deux réserves, parce qu’un calcul sans réserve est un argument commercial. La première tient à l'étalement : l'économie d’impôt de 9 167 € ne tombe pas en une fois, elle se répartit sur trois exercices, quand le devis se paie en quelques mois. Notre guide sur l'acompte de prélèvement à la source explique comment cette économie se transforme en trésorerie plus tôt qu'à la déclaration.
La seconde tient au régime. Tout ce calcul suppose le régime réel. Au micro-foncier, l’abattement forfaitaire remplace toute déduction : les travaux ne se déduisent pas, les aides ne se déclarent pas, et le coût réel du devis reste de 32 800 €. Un chantier de cette ampleur commande donc l’option pour le réel, et cette option engage trois ans.
Ce qui se cumule et ce qui ne se cumule pas
Trois autres leviers existent autour du dossier, et ils obéissent à des règles distinctes.
La taxe sur la valeur ajoutée à taux réduit s’applique de plein droit aux prestations de rénovation énergétique portant sur des locaux d’habitation achevés depuis plus de deux ans, sans démarche particulière : elle est déjà dans le devis. Notre guide sur la TVA sur les travaux montre que la ventilation entre les trois taux vaut, sur un chantier de cette taille, plusieurs milliers d’euros.
L'exonération de taxe foncière pour rénovation énergétique existe, mais elle est locale : les communes et intercommunalités peuvent, par délibération, exonérer de 50 à 100 % pendant trois ans les logements achevés depuis plus de dix ans, dès 10 000 € de dépenses dans l’année ou 15 000 € sur trois ans8. Perrine franchit largement les deux seuils ; reste à savoir si sa commune a délibéré, ce que notre guide sur la taxe foncière du bailleur apprend à vérifier.
Le cumul entre la prime et les certificats, enfin, est la règle et non l’exception : les deux dispositifs sont conçus pour se superposer, et c’est leur addition qui donne les 12 200 € du dossier. Ce qui ne se cumule pas, en revanche, ce sont les déductions : les travaux financés par une aide ne se déduisent qu'à hauteur de ce qui reste à charge, et c’est tout le sens de la règle sur les subventions.
Qui fait quoi
Quatre acteurs, et l’ordre dans lequel on les sollicite décide du montant des aides.
Le diagnostiqueur intervient deux fois : avant travaux pour établir la classe de départ, après travaux pour établir la classe d’arrivée. Ces deux documents ne sont pas une formalité, ce sont les pièces justificatives du rehaussement, et leur absence fait tomber 9 167 € d'économie.
L'artisan établit un devis ventilé par nature de travaux. Cette ventilation sert trois fois : pour la taxe sur la valeur ajoutée, pour l'éligibilité des postes aux aides, et pour la déduction fiscale. Un devis global au forfait complique les trois.
Le courtier monte l'éco-prêt. Toutes les banques ne le distribuent pas, les délais varient, et l’offre doit être obtenue avant le démarrage des travaux : c’est la contrainte de calendrier la plus serrée du dossier.
L'expert-comptable, enfin, arbitre le régime et le calendrier de paiement. Micro-foncier ou réel, travaux payés en décembre ou en janvier : ces deux décisions déplacent plusieurs milliers d’euros et ne se rattrapent pas après coup.
Ce qui coûte cher aux bailleurs
Cinq erreurs, et la première se commet en signant un devis.
Signer le devis avant de déposer les dossiers. La demande de certificats d'économies d'énergie doit précéder l’acceptation du devis, et l’offre de prêt doit être obtenue avant le démarrage. Un devis signé trop tôt fait perdre 3 200 € de certificats, sans recours.
Ne pas déclarer les aides encaissées. Les subventions destinées à financer des charges déductibles entrent dans le revenu brut. Déduire 45 000 € sans déclarer 12 200 € expose à un redressement portant sur 5 758 € d’impôt, sur une opération que les organismes déclarent eux-mêmes.
Rester au micro-foncier. L’abattement forfaitaire remplace toute déduction : le chantier coûte alors 32 800 € nets au lieu de 23 633 €, soit 9 167 € de différence pour une case non cochée.
Ne pas commander le diagnostic après travaux. Le rehaussement se justifie au plus tard le 31 décembre 2027, faute de quoi les revenus fonciers des années d’imputation sont reconstitués et 9 167 € d'économie sont remis en cause.
Oublier la contrainte de six ans. La prime impose une location en résidence principale pendant six ans à compter de la demande de paiement. Une revente ou un changement d’usage avant terme expose au remboursement des 9 000 € perçus.
Dans quel ordre monter le dossier ?
Sept étapes, et l’ordre compte autant que le contenu.
Une remarque pour finir sur la nature de ce sujet. On présente la rénovation énergétique comme une addition d’aides, et les comparateurs alignent des montants bruts. Le calcul montre autre chose : sur 45 000 € de devis, les aides directes ne pèsent que 27,1 %, quand l’effet fiscal en pèse 20,4 % et les intérêts évités 29,5 % de plus. Les deux tiers de l’avantage se jouent donc ailleurs que dans les subventions.
Ce qui reste, une fois cette répartition comprise, tient à deux gestes. Déposer les dossiers avant de signer quoi que ce soit, et choisir le régime réel. Le reste est de l’arithmétique.
Le diagnostic après travaux, avant le 31 décembre 2027
À défaut de justification du nouveau classement, les revenus fonciers des années d'imputation sont reconstitués et 9 167 € d'économie sont remis en cause.
- Vos deux diagnostics commandés et conservés
- Vos dossiers d'aides déposés avant la signature du devis
- Votre régime et votre calendrier de paiement arbitrés
Questions fréquentes
Douze réponses directes sur l'éco-prêt, la prime, les certificats, l'imposition des aides et le rehaussement du plafond de déficit foncier.
Un chantier de rénovation énergétique à monter ?
Apportez le diagnostic actuel, les devis et votre dernier avis d'imposition. L'échange ne remplace pas une consultation fiscale.
Faire le point sur votre dossier01 · Les dispositifs
01Un propriétaire bailleur a-t-il droit à l'éco-prêt à taux zéro ?
Oui, au même titre qu'un propriétaire occupant. L'avance sans intérêt finance les travaux d'amélioration de la performance énergétique globale de logements achevés depuis plus de deux ans à la date de début d'exécution des travaux, et les bénéficiaires peuvent être des propriétaires occupants, des propriétaires bailleurs ou des sociétés civiles. Le montant ne peut excéder 30 000 € par logement, porté à 50 000 € pour les travaux atteignant une performance énergétique globale, et la durée de remboursement va jusqu'à cent quatre-vingts mois, portée à deux cent quarante mois dans ce même cas.02Que vaut concrètement un prêt à taux zéro ?
Exactement les intérêts qu'on ne paie pas. Sur 32 800 € empruntés sur deux cent quarante mois, la mensualité s'établit à 137 € contre 192 € au taux de marché retenu de 3,60 %, soit 55 € d'écart chaque mois pendant vingt ans. Le total des intérêts évités atteint 13 260 €, soit 40,4 % du capital emprunté et 29,5 % du devis initial. C'est, en valeur, davantage que la prime elle-même — et pourtant c'est la ligne dont on parle le moins, parce qu'elle n'apparaît sur aucun relevé.03Quelles obligations la prime impose-t-elle à un bailleur ?
Quatre. Le logement doit être loué à titre de résidence principale dans un délai d'un an suivant la demande de paiement, et pour une durée minimale de six ans à compter de cette demande. Le bailleur informe le locataire des travaux financés par la prime. Et, en cas de réévaluation du loyer, il déduit le montant de la prime des travaux justifiant l'augmentation : sur un chantier de 45 000 € financé à hauteur de 9 000 €, la base opposable au locataire tombe à 36 000 €. S'y ajoutent deux bornes : trois logements au maximum par ménage sur cinq années consécutives, et un logement achevé depuis au moins quinze ans en France métropolitaine.04Les certificats d'économies d'énergie sont-ils une aide publique ?
Non, et c'est ce qui les rend mal compris. Les vendeurs d'électricité, de gaz, de chaleur ou de froid au-delà d'un certain volume sont soumis à des obligations d'économies d'énergie, dont ils se libèrent en réalisant des économies ou en acquérant des certificats. Financer les travaux d'un particulier crée un certificat que l'obligé récupère : la prime versée est le prix d'achat de ce certificat. Deux conséquences pratiques en découlent — le montant se négocie entre plusieurs obligés, et la demande doit être déposée avant l'acceptation du devis, sans exception.
02 · La fiscalité
05Les aides perçues sont-elles imposables ?
Oui, et c'est la ligne que la plupart des bailleurs au réel oublient. Le texte est bref : les subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles sont comprises dans le revenu brut. La règle n'ajoute pas un impôt, elle empêche une double déduction : si l'on déduisait 45 000 € de travaux tout en encaissant 12 200 € en franchise, on déduirait des dépenses qu'on n'a pas supportées. La base nette est donc de 32 800 €, exactement le reste à charge. Déduire le devis brut sans déclarer les aides expose à un redressement portant sur 5 758 € d'impôt.06Pourquoi un euro de déficit foncier ne vaut-il pas toujours la même chose ?
Parce qu'il ne s'impute pas au même endroit. La fraction qui va sur le revenu global réduit l'impôt sur le revenu au taux de la tranche marginale — 30 % dans l'exemple — mais ne rend aucun prélèvement social, puisque le revenu global n'y est pas soumis. Le reliquat s'impute sur les revenus fonciers des dix années suivantes, où il efface à la fois l'impôt et les prélèvements sociaux, soit 47,2 %. L'écart entre les deux taux atteint 17,2 points, et cette asymétrie renverse une conclusion que l'on lit partout.07Le rehaussement du plafond à 21 400 € est-il avantageux ?
Pour la trésorerie oui, pour le total encaissé non. Sur un déficit de 27 220 €, le plafond ordinaire de 10 700 € laisse 16 520 € à reporter sur les revenus fonciers au taux de 47,2 %, pour une économie totale de 11 007 € absorbée en trois ans. Le plafond rehaussé imputant 21 400 € au taux de 30 %, l'économie tombe à 9 167 € mais s'absorbe en deux ans. Le rehaussement fait donc gagner une année et perdre 1 840 € : il déplace des euros d'un taux de 47,2 % vers un taux de 30 %. Ce n'est pas un choix — le plafond est une limite, pas une option.08Jusqu'à quand le rehaussement s'applique-t-il ?
La limite est rehaussée sans pouvoir excéder 21 400 € par an à concurrence des dépenses de rénovation énergétique permettant à un logement de passer d'une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D, au plus tard le 31 décembre 2027. Le contribuable doit justifier du nouveau classement à cette date par un diagnostic de performance énergétique établissant l'état initial et l'état après travaux. À défaut, les revenus fonciers des années d'imputation sont reconstitués selon les règles ordinaires — et l'économie de 9 167 € est remise en cause.
03 · Le calcul
09Combien coûte réellement une rénovation à 45 000 € ?
23 633 €, soit 52,5 % du devis affiché. Les aides directes — 9 000 € de prime et 3 200 € de certificats — ramènent le reste à financer à 32 800 €, soit 72,9 % du devis. L'économie d'impôt de 9 167 € fait descendre la dernière marche. À quoi s'ajoutent 13 260 € d'intérêts évités sur vingt ans grâce au prêt à taux zéro, qui ne réduisent pas le coût du chantier mais la charge de son financement. Sur ce dossier, les aides directes ne pèsent que 27,1 % de l'avantage total : les deux tiers se jouent ailleurs.10Ce calcul vaut-il au micro-foncier ?
Non, et c'est une différence de 9 167 € sur ce dossier. Au micro-foncier, l'abattement forfaitaire remplace toute déduction : les travaux ne se déduisent pas, les aides ne se déclarent pas, et le coût réel du devis reste de 32 800 €. Un chantier de cette ampleur commande donc l'option pour le régime réel — option qui engage trois ans et qui se décide avant, non après le paiement des travaux.
04 · La méthode
11Quelles autres économies peuvent s'ajouter ?
Trois, et elles obéissent à des règles distinctes. La taxe sur la valeur ajoutée à taux réduit s'applique de plein droit aux prestations de rénovation énergétique sur des locaux d'habitation achevés depuis plus de deux ans : elle est déjà dans le devis, mais la ventilation entre les trois taux vaut plusieurs milliers d'euros sur un chantier de cette taille. L'exonération de taxe foncière pour rénovation énergétique existe, mais elle est locale et suppose une délibération de la commune : de 50 à 100 % pendant trois ans, dès 10 000 € de dépenses dans l'année ou 15 000 € sur trois ans. Enfin, la prime et les certificats se cumulent — c'est la règle, pas l'exception.12Dans quel ordre monter le dossier ?
L'ordre compte autant que le contenu. Diagnostic avant travaux d'abord, puisqu'il fixe la classe de départ et donc l'éligibilité au rehaussement. Devis ventilé ensuite, par nature de travaux et par taux de taxe sur la valeur ajoutée. Puis les demandes d'aides — certificats d'abord, prime ensuite — impérativement avant de signer le devis. L'offre d'éco-prêt doit être obtenue avant le démarrage du chantier. Et le diagnostic après travaux se commande dès la fin du chantier : c'est la pièce qui sécurise tout le montage jusqu'au 31 décembre 2027.
Deux gestes suffisent. Le reste est de l'arithmétique.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif incluant le pilotage de travaux, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète, y compris pour un bailleur qui monte seul son dossier.
Sources et date de contrôle
- Source 01
Article 244 quater U du code général des impôts — l'éco-prêt à taux zéro — Légifrance. Les établissements de crédit et sociétés de financement bénéficient d'un crédit d'impôt au titre des avances remboursables sans intérêt consenties pour financer des travaux d'amélioration de la performance énergétique globale de logements achevés depuis plus de deux ans à la date de début d'exécution des travaux. Les bénéficiaires peuvent être des propriétaires occupants, des propriétaires bailleurs ou des sociétés civiles. Le montant de l'avance ne peut excéder 30 000 € par logement, porté à 50 000 € pour les travaux permettant d'atteindre une performance énergétique globale ou bénéficiant de certaines aides. La durée de remboursement ne peut excéder cent quatre-vingts mois, portée à deux cent quarante mois dans ce même cas. Dispositions applicables aux offres d'avance émises à compter du 1er avril 2024, version modifiée par la loi n° 2025-127 du 14 février 2025. Consulté le 2026-08-25.
- Source 02
Décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique — Légifrance. Article 1er, II : les propriétaires bailleurs peuvent bénéficier de la prime pour financer des dépenses en faveur de la rénovation énergétique du logement qu'ils donnent à bail. Le logement doit être loué à titre de résidence principale dans un délai d'un an suivant la demande de paiement, et pour une durée minimale de six ans à compter de cette demande ; le bailleur informe le locataire des travaux financés par la prime et, en cas de réévaluation du loyer, déduit le montant de la prime des travaux justifiant l'augmentation. Article 3, VII : « Un ménage peut bénéficier de la prime de transition énergétique au titre du II de l'article 1er du présent décret dans la limite de trois logements » sur une période de cinq années consécutives. Le logement doit être achevé depuis au moins quinze ans en France métropolitaine, deux ans dans les départements et régions d'outre-mer mentionnés. Consulté le 2026-08-25.
- Source 03
Article L. 221-1 du code de l'énergie — les certificats d'économies d'énergie — Légifrance. Sont soumises à des obligations d'économies d'énergie les personnes qui mettent à la consommation des carburants automobiles et celles qui vendent de l'électricité, du gaz, de la chaleur ou du froid aux consommateurs finals et dont les ventes annuelles excèdent un seuil défini par décret. Ces personnes peuvent se libérer de leurs obligations soit en réalisant, directement ou indirectement, des économies d'énergie, soit en acquérant des certificats d'économies d'énergie. Version en vigueur depuis le 2 juillet 2025, modifiée par la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025. Consulté le 2026-08-25.
- Source 04
Article 29 du code général des impôts — les subventions dans le revenu brut — Légifrance. Le revenu brut des immeubles est constitué par « le montant des recettes brutes perçues par le propriétaire, augmenté du montant des dépenses incombant normalement à ce dernier et mises par les conventions à la charge des locataires ». « Les subventions et indemnités destinées à financer des charges déductibles sont comprises dans le revenu brut. » Version en vigueur depuis le 1er janvier 2005, modifiée par la loi n° 2004-1485 du 30 décembre 2004. Consulté le 2026-08-25.
- Source 05
Article 31 du code général des impôts — les charges déductibles des revenus fonciers — Légifrance. Sont déductibles pour la détermination du revenu net des propriétés urbaines les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire, les primes d'assurance, ainsi que les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement. Version en vigueur au 21 février 2026, modifiée par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026. Consulté le 2026-08-25.
- Source 06
Article 156 du code général des impôts — l'imputation des déficits fonciers — Légifrance. 3° du I : l'imputation du déficit foncier sur le revenu global est limitée à 10 700 €, la fraction excédant cette limite et celle provenant des intérêts d'emprunt s'imputant sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Cette limite est portée à 15 300 € dans certains cas, et rehaussée « sans pouvoir excéder 21 400 € par an » à concurrence des dépenses déductibles de travaux de rénovation énergétique permettant à un logement de passer d'une classe énergétique E, F ou G à une classe de performance énergétique A, B, C ou D, « au plus tard le 31 décembre 2027 ». À défaut de justification du nouveau classement à cette date, les revenus fonciers des années d'imputation sont reconstitués selon les règles ordinaires. Version en vigueur au 25 août 2026. Consulté le 2026-08-25.
- Source 07
Décret n° 2023-297 du 21 avril 2023 — les travaux ouvrant droit au rehaussement — Légifrance. Le décret précise les dépenses de travaux de rénovation énergétique ouvrant droit au bénéfice du rehaussement temporaire du montant du déficit foncier imputable sur le revenu global prévu par le quatrième alinéa du 3° du I de l'article 156 du code général des impôts. Les travaux éligibles sont ceux énumérés à l'article D. 319-17 du code de la construction et de l'habitation. Le contribuable justifie du classement du logement par un diagnostic de performance énergétique établissant l'état initial en classe E, F ou G et l'état après travaux en classe A, B, C ou D. Consulté le 2026-08-25.
- Source 08
Article 1383-0 B du code général des impôts — l'exonération de taxe foncière pour rénovation énergétique — Légifrance. Les communes et les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre peuvent, par délibération, exonérer de 50 % à 100 % de taxe foncière sur les propriétés bâties, pendant trois ans à compter de l'année qui suit celle du paiement des travaux, les logements achevés depuis plus de dix ans ayant fait l'objet de dépenses de prestations de rénovation énergétique. Le montant des dépenses doit atteindre 10 000 € au cours de l'année précédant la première année d'application, ou 15 000 € au cours des trois années qui la précèdent. L'exonération n'est pas renouvelable pendant les dix années suivant son expiration. Version applicable au 1er janvier 2025. Consulté le 2026-08-25.
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Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif incluant le pilotage de travaux, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète, y compris pour un bailleur qui monte seul son dossier. Les textes cités le sont dans leur rédaction en vigueur ; le devis, le montant des aides, le loyer, les charges courantes, la tranche marginale et le taux de marché sont des hypothèses déclarées et se recalculent sur votre situation. Les barèmes des aides évoluent par arrêté et se vérifient à la date du dossier. Ce guide n’est pas une consultation fiscale.</p