La TVA sur les travaux d'un logement locatif : trois taux, une mention qui engage, et un rappel qui efface le gain
La TVA sur les travaux ressemble à un gisement d'optimisation. Le calcul montre qu'elle n'en est pas un : une ventilation exacte rapporte 2 918 €, une ventilation optimiste rapporte zéro — le rappel porte sur le même différentiel.
UNE SYMÉTRIE QUI RÈGLE LA QUESTION
Le rappel porte sur le même différentiel que celui que la ventilation fait gagner
Une ligne passée à 5,5 % « parce que ça se défend » offre un gain nul en espérance — avec en prime les intérêts de retard. La ventilation est une qualification, pas un levier.
- Les trois taux, et la frontière qui ne passe pas où l'on croit
- L'attestation supprimée en mars 2025, remplacée par une mention
- Qui paie le rappel selon qui s'est trompé
- Pourquoi l'économie ne vaut que la moitié au régime réel
CHANTIER HORS TAXE
26 000 €
FACTURE VENTILÉE
28 282 €
AU TAUX NORMAL
31 200 €
TAUX MOYEN CONSTATÉ
8,78 %
GAIN DE LA VENTILATION
2 918 €
APRÈS IMPÔT AU RÉEL
1 541 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Trois taux, une condition commune. Le taux de 10 % vise les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien portant sur des locaux à usage d’habitation achevés depuis plus de deux ans1 ; celui de 5,5 % les prestations de rénovation énergétique sur les mêmes locaux2 ; le taux normal, tout le reste.
L’attestation a disparu en mars 2025. Le client certifie désormais directement sur le devis ou la facture que les conditions sont remplies3, et conserve les pièces jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivante.
Et cette mention l’engage. Lorsqu’elle est inexacte de son fait, le preneur est solidairement tenu du complément de taxe3 — soit, sur le chantier décrit, exactement les 2 918 € que la ventilation avait fait gagner.
Ce guide ne traite pas du choix des travaux ni de leur réception, que notre guide sur la réception de chantier couvre. Il traite de la ligne du devis que personne ne lit : celle du taux.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Ariane, cas construit et non un dossier réel : un T3 loué 700 € par mois, achevé depuis plus de deux ans, qu’elle rénove pour 26 000 € hors taxe — 12 400 € de rénovation énergétique, 11 200 € d’amélioration, 2 400 € d'équipement. La ventilation retenue et le taux marginal de 47,2 % sont des hypothèses déclarées. Tout se recalcule sur votre devis.
Quel taux pour quels travaux ?
Trois régimes, et la frontière ne passe pas où l’on croit.
Le taux de 10 % s’applique aux travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien — autres que de construction ou de reconstruction — portant sur des locaux à usage d’habitation achevés depuis plus de deux ans1. C’est le régime de droit commun de la rénovation : cuisine, salle de bains, sols, peintures, menuiseries, électricité.
Le taux de 5,5 % vise les prestations de rénovation énergétique portant sur la pose, l’installation, l’adaptation ou l’entretien de matériaux, équipements, appareils ou systèmes ayant pour objet d'économiser l'énergie ou de recourir à une énergie renouvelable, dans des locaux d’habitation achevés depuis au moins deux ans2. La liste précise des équipements et leurs niveaux de performance sont fixés par arrêté4.
Le taux normal de 20 % s’applique à tout le reste : logements de moins de deux ans, travaux assimilés à une construction neuve, et — point le plus souvent manqué — les équipements ménagers et mobiliers. Un réfrigérateur, un lave-linge, un meuble non fixé restent à 20 % même livrés et posés au milieu d’un chantier facturé à 10 %.
Sur le devis d’Ariane, cela donne trois lignes : 12 400 € à 5,5 %, 11 200 € à 10 %, 2 400 € à 20 %. La facture s'établit à 28 282 € toutes taxes comprises, soit 2 282 € de TVA — un taux moyen de 8,78 %.
Le logement de plus de deux ans
C’est la condition commune aux deux taux réduits, et elle est plus large qu’elle n’en a l’air.
Les deux régimes réduits supposent des locaux à usage d’habitation achevés depuis plus de deux ans à la date de début des travaux1. La date qui compte est celle de l’achèvement, pas celle de l’acquisition : un logement de 1975 acheté le mois dernier remplit la condition.
Le taux réduit tombe en revanche lorsque les travaux, réalisés sur une période de deux ans au plus, ont pour effet de concourir à la production d’un immeuble neuf. La certification que le preneur doit porter sur le devis vise précisément ce point : il atteste que les travaux n’ont pas eu pour effet de surélever le bâtiment, de le rendre à l'état neuf, ni d'augmenter la surface de plancher de plus de 10 %3.
Ces trois bornes méritent d'être connues avant de dessiner un projet, car elles décident du taux sur l’ensemble du chantier. Un aménagement de combles qui ajoute 12 % de surface de plancher fait basculer l’opération au taux normal — soit, sur 26 000 €, un écart de 3 770 € entre les extrêmes de l'échelle.
Une précision utile pour un investisseur : le fait que le logement soit loué, vacant ou destiné à l'être ne change rien. Ce qui compte est l’usage d’habitation à l’issue des travaux, et l’ancienneté du bâti.
Qu’est-ce qu’un travail de rénovation énergétique ?
Une liste, et une notion voisine qui l'élargit.
La nature et le contenu des prestations éligibles à 5,5 %, ainsi que les caractéristiques et niveaux de performance des matériaux et équipements concernés, sont précisés par arrêté4. Il ne s’agit donc pas d’une appréciation mais d’une liste, avec des seuils techniques.
La notion qui l'élargit est celle des travaux induits : les travaux annexes rendus indispensables par la pose ou l’installation des matériaux et équipements éligibles5. Reboucher et reprendre une cloison après le passage d’une isolation par l’intérieur en fait partie ; refaire l’ensemble des peintures de la pièce n’en fait pas partie.
La limite est posée explicitement : les travaux induits ne visent ni les travaux d’ordre esthétique, ni les autres travaux de rénovation réalisés concomitamment5. C’est exactement la frontière que les devis mal ventilés franchissent : on isole un mur à 5,5 %, puis on fait passer la totalité des finitions de l’appartement au même taux.
Pour un bailleur confronté à une échéance énergétique, la question a une portée qui dépasse la TVA : notre guide sur les passoires thermiques en location montre que ces travaux ne sont pas facultatifs, et le taux réduit en abaisse le coût d’entrée sans le supprimer.
Ce que mars 2025 a changé
L’attestation a disparu ; l’engagement, lui, est resté.
Jusqu'à cette date, bénéficier d’un taux réduit supposait de remettre à l’entreprise une attestation — normale ou simplifiée — sur un formulaire dédié. La loi de finances pour 2025 a supprimé cette formalité6 : depuis le 1er mars 2025, le client certifie directement sur le devis ou la facture que les conditions d’application du taux réduit sont remplies.
Le contenu de cette certification est précis. Le preneur atteste que l’immeuble est à usage d’habitation et achevé depuis plus de deux ans, que les travaux réalisés sur une période de deux ans au plus n’ont pas eu pour effet de surélever le bâtiment, de le rendre à l'état neuf ou d’augmenter la surface de plancher de plus de 10 %, et, le cas échéant, qu’il s’agit de travaux de rénovation énergétique3.
Un modèle de mention existe, et une autre rédaction est admise dès lors que tous les éléments de fond y figurent3. Pour les travaux inférieurs à 1 000 € toutes taxes comprises, une mention allégée suffit : nom et adresse du client et du bien, nature des travaux, et confirmation que l’immeuble a plus de deux ans3.
Reste l’obligation de conservation, qui survit à la simplification : le preneur conserve le devis ou la facture portant la certification, ainsi que les notes des entreprises, jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la facturation des travaux3. Sur un chantier facturé en année N, cela mène au 31 décembre N+5.
Qui paie le rappel ?
Cela dépend de qui s’est trompé, et la doctrine le dit sans ambiguïté.
Deux situations sont distinguées, et la distinction est décisive pour un bailleur.
Lorsque les mentions portées sur le devis ou la facture sont inexactes du fait du preneur, et qu’il en résulte l’application injustifiée d’un taux réduit, le client est solidairement tenu du complément de taxe — c’est-à-dire du différentiel entre le taux normal et le taux réduit indûment appliqué3.
Lorsque en revanche le prestataire a appliqué le taux réduit à des équipements qui en sont exclus, ou qu’il ne peut produire la certification du client à la demande de l’administration, il demeure seul redevable3.
Ce qu’un rappel coûterait à Ariane. Sur les 12 400 € passés à 5,5 %, le différentiel avec le taux normal atteint 1 798 €. Sur les 11 200 € passés à 10 %, il atteint 1 120 €. Si toute la ventilation tombe, le rappel s'élève à 2 918 €.
C’est exactement le montant que la ventilation lui avait fait gagner. Le rappel n’entame pas le gain : il l’efface.
La conséquence pratique est une règle de conduite simple. La ventilation d’un devis n’est pas un levier d’optimisation à pousser au maximum : c’est une qualification à établir correctement. Une ligne passée à 5,5 % « parce que ça se défend » offre un gain nul en espérance — le différentiel gagné d’un côté est exactement celui qu’on rendra de l’autre — avec en prime les intérêts de retard.
Combien la ventilation rapporte-t-elle ?
Onze pour cent du chantier, sur le dossier d’Ariane.
Reprenons les trois lignes. À 5,5 %, les 12 400 € de rénovation énergétique donnent 13 082 €. À 10 %, les 11 200 € d’amélioration donnent 12 320 €. À 20 %, les 2 400 € d'équipement donnent 2 880 €. Total : 28 282 €.
Le même chantier facturé intégralement au taux normal aurait coûté 31 200 €. L'écart s'établit à 2 918 €, soit 11,2 % du montant hors taxe et 4,2 mois de loyer.
Une manière plus parlante de mesurer l’enjeu consiste à regarder l’amplitude des trois taux sur la même assiette. Sur 26 000 € hors taxe, le taux normal représente 5 200 € de TVA, le taux intermédiaire 2 600 €, le taux réduit 1 430 €. Du plus cher au moins cher, l'écart atteint 3 770 € — soit les 14,5 points qui séparent 20 % de 5,5 %.
Ce chiffre situe le sujet. Sur un chantier de rénovation moyen, la ligne du taux pèse davantage que la plupart des postes que l’on négocie longuement — et elle ne se négocie pas : elle se qualifie.
Ce que l'économie vaut vraiment
La moitié, si l’on est au régime réel.
Un bailleur non assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée ne la récupère pas : il déduit ses travaux pour leur montant toutes taxes comprises. Économiser de la TVA revient donc à réduire d’autant la charge déductible de ses revenus fonciers.
Avec une tranche marginale de 30 % et des prélèvements sociaux de 17,2 %, le taux marginal atteint 47,2 %. Les 2 918 € économisés ne valent donc, après impôt, que 1 541 € : 1 377 € sont repris par la déduction en moins.
Ce mécanisme est exactement celui que notre guide sur l'imputation du déficit foncier décrit à propos des travaux eux-mêmes, et il produit ici un effet contre-intuitif : plus on est imposé, moins l'économie de TVA rapporte. Un bailleur au micro-foncier, qui ne déduit rien, garde l’intégralité des 2 918 €.
Il ne faut pas en tirer de conclusion absurde — personne ne renonce à un taux réduit. Mais cela recadre l’effort : passer une demi-journée à ventiler un devis rapporte 1 541 € au réel et 2 918 € au micro, et c’est le second qui devrait y consacrer le plus de soin.
Et pour les travaux de l’immeuble ?
Les mêmes règles, avec un intermédiaire de plus.
Un ravalement, une réfection de toiture ou le remplacement d’une chaudière collective relèvent des mêmes taux que les travaux privatifs : 10 % pour l’amélioration ordinaire, 5,5 % pour ce qui relève de la rénovation énergétique, sous la même condition d’ancienneté du bâtiment. La différence est que le preneur n’est pas le copropriétaire mais le syndicat des copropriétaires, représenté par son syndic.
C’est donc lui qui porte la certification sur le devis, et lui qui conserve les pièces. Pour un bailleur, la conséquence est double : il ne maîtrise pas la ventilation, et il n’est pas exposé personnellement au rappel — mais il en supporte la quote-part si le syndicat est repris. Notre guide sur les travaux en copropriété détaille la chaîne de décision qui y conduit.
Une vérification utile en assemblée : les devis soumis au vote comportent-ils une ventilation par taux ? Un devis global au taux normal sur un poste manifestement énergétique représente, à l'échelle d’un immeuble, des sommes sans commune mesure avec celles d’un appartement — et la question posée en séance coûte trente secondes.
Un dernier point pour les bailleurs qui financent des travaux d’amélioration : la ventilation par taux se combine avec la distinction fiscale entre entretien, réparation et amélioration, qui décide de la déductibilité. Ce sont deux découpages différents du même devis, et notre guide sur le choix du régime fiscal montre pourquoi il vaut mieux les demander tous les deux à l’artisan plutôt que de les reconstituer après coup.
Qui fait quoi
Quatre acteurs, et celui qui porte le risque n’est pas celui qui rédige.
L'artisan établit le devis et applique le taux. C’est lui qui connaît la nature technique des travaux, et lui qui reste seul redevable s’il applique un taux réduit à des équipements qui en sont exclus. Demander une ventilation ligne à ligne, plutôt qu’un prix global, est le geste qui rend tout le reste possible.
Le maître d'œuvre, sur un chantier d’ampleur, arbitre entre les lots et repère les travaux induits — ceux qui suivent le taux de la prestation principale. C’est aussi lui qui alertera si le projet approche des bornes de la surélévation ou des 10 % de surface de plancher.
L'expert-comptable traite la seconde moitié du sujet : ce que l'économie vaut après impôt, et si les travaux relèvent de l’entretien déductible ou de l’amélioration. Les deux questions se posent sur le même devis et n’ont pas la même réponse.
Le diagnostiqueur, enfin, intervient en amont sur les chantiers énergétiques : c’est son rapport qui documente l'état initial, et donc la réalité de l’amélioration. Notre guide sur les diagnostics obligatoires en location rappelle que ce document sert bien au-delà de la location.
Ce qui coûte cher aux bailleurs
Cinq erreurs, et la première ne se voit qu’au contrôle.
Ventiler au plus favorable. Faire passer les finitions générales au taux de la rénovation énergétique expose à un rappel de 1 798 € sur le seul poste concerné, et de 2 918 € si toute la ventilation tombe — exactement le gain espéré, plus les intérêts.
Oublier les équipements ménagers. Ils restent à 20 % même livrés et posés au milieu d’un chantier à 10 %. Sur 2 400 € d'équipement, la différence de traitement représente 240 €, et c’est une erreur que l’administration repère sans difficulté.
Signer un devis sans mention de certification. Depuis mars 2025, c’est elle qui ouvre le droit au taux réduit. Un devis muet expose à ce que le prestataire régularise au taux normal — soit 2 918 € de plus sur le chantier décrit.
Ne pas conserver les pièces. L’obligation court jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la facturation. Un dossier perdu au bout de trois ans laisse sans défense face à un rappel de 2 918 €.
Franchir une borne sans le savoir. Surélévation, remise à l'état neuf, augmentation de plus de 10 % de la surface de plancher : chacune fait basculer l’opération au taux normal, et l'écart avec le taux réduit atteint 3 770 € sur 26 000 €.
Que vérifier sur un devis ?
Six points, et le premier est une demande à formuler avant même de recevoir le devis.
Une remarque pour finir sur la nature de ce sujet. La TVA sur les travaux ressemble à un gisement d’optimisation, et elle est présentée ainsi un peu partout. Le calcul montre qu’elle n’en est pas un : le gain d’une ventilation exacte est réel — 2 918 € sur ce chantier — mais le gain d’une ventilation optimiste est rigoureusement nul, puisque le rappel porte sur le même différentiel.
Ce qui reste, une fois cette symétrie comprise, est plus simple qu’une optimisation : une qualification à faire correctement, un devis à faire ventiler, et un dossier à garder six ans. Trois gestes, et aucun ne demande d’arbitrage.
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- Votre devis ventilé par nature de travaux
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Questions fréquentes
Douze réponses directes sur les trois taux, la condition d'ancienneté, les travaux induits, la mention de certification et la responsabilité du rappel.
Un devis de travaux vous paraît mal ventilé ?
Apportez le devis détaillé et la date d'achèvement du bâtiment. L'échange ne remplace pas une consultation fiscale.
Faire le point sur votre dossier01 · Les taux
01Quels sont les trois taux de TVA sur les travaux ?
Le taux de 10 % pour les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans. Le taux de 5,5 % pour les prestations de rénovation énergétique sur les mêmes locaux. Et le taux normal de 20 % pour tout le reste — logements de moins de deux ans, travaux assimilés à une construction neuve, équipements ménagers et mobiliers.02La condition d'ancienneté porte-t-elle sur l'achat ou sur le bâtiment ?
Sur le bâtiment. La date qui compte est celle de l'achèvement, pas celle de l'acquisition : un logement de 1975 acheté le mois dernier remplit la condition. Ce qui compte est l'usage d'habitation à l'issue des travaux et l'ancienneté du bâti — que le logement soit loué, vacant ou destiné à l'être ne change rien.03Qu'est-ce qui fait perdre le taux réduit ?
Trois bornes, que la certification du preneur vise expressément : des travaux qui, sur une période de deux ans au plus, ont pour effet de surélever le bâtiment, de le rendre à l'état neuf, ou d'augmenter la surface de plancher de plus de 10 %. Un aménagement de combles qui ajoute 12 % de surface fait basculer l'opération au taux normal.04Qu'est-ce qu'un travail induit ?
Un travail annexe rendu indispensable par la pose ou l'installation des matériaux et équipements éligibles au taux de 5,5 %. Reboucher une cloison après le passage d'une isolation en fait partie ; refaire l'ensemble des peintures de la pièce n'en fait pas partie. Les travaux induits ne visent ni les travaux d'ordre esthétique, ni les autres travaux de rénovation réalisés concomitamment.
02 · La mention
05L'attestation de TVA existe-t-elle encore ?
Non, depuis le 1er mars 2025. La loi de finances pour 2025 a supprimé l'attestation normale et l'attestation simplifiée : le client certifie désormais directement sur le devis ou la facture que les conditions du taux réduit sont remplies. Un modèle de mention existe, et une autre rédaction est admise dès lors que tous les éléments de fond y figurent.06Que doit contenir la mention de certification ?
Que l'immeuble est à usage d'habitation et achevé depuis plus de deux ans, que les travaux réalisés sur une période de deux ans au plus n'ont pas eu pour effet de surélever le bâtiment, de le rendre à l'état neuf ou d'augmenter la surface de plancher de plus de 10 %, et le cas échéant qu'il s'agit de travaux de rénovation énergétique. Sous 1 000 € toutes taxes comprises, une mention allégée suffit.07Combien de temps faut-il conserver les pièces ?
Jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant la facturation des travaux. Sur un chantier facturé en année N, cela mène au 31 décembre N+5. Le preneur conserve le devis ou la facture portant la certification, ainsi que les notes émises par les entreprises.08Qui paie le rappel en cas de taux erroné ?
Cela dépend de qui s'est trompé. Lorsque les mentions sont inexactes du fait du preneur, celui-ci est solidairement tenu du complément de taxe. Lorsque le prestataire a appliqué le taux réduit à des équipements qui en sont exclus, ou qu'il ne peut produire la certification du client, il demeure seul redevable.
03 · Le calcul
09Combien la ventilation rapporte-t-elle ?
Sur un chantier de 26 000 € hors taxe ventilé entre 12 400 € à 5,5 %, 11 200 € à 10 % et 2 400 € à 20 %, la facture s'établit à 28 282 € contre 31 200 € au taux normal : 2 918 € d'écart, soit 11,2 % du montant hors taxe et 4,2 mois de loyer. Le taux moyen constaté ressort à 8,78 %.10Une ventilation optimiste est-elle rentable ?
Non, et c'est une symétrie exacte. Le rappel porte sur le différentiel entre le taux normal et le taux réduit appliqué à tort — c'est-à-dire précisément le gain espéré. Sur le chantier décrit, si toute la ventilation tombe, le rappel s'élève à 2 918 €, exactement ce que la ventilation avait fait gagner. Le rappel n'entame pas le gain : il l'efface.11L'économie de TVA vaut-elle son montant ?
Pas au régime réel. Un bailleur non assujetti ne récupère pas la TVA : il déduit ses travaux toutes taxes comprises. Économiser 2 918 € de TVA réduit donc d'autant la charge déductible, et l'économie ne vaut plus que 1 541 € après un taux marginal de 47,2 %. Au micro-foncier, où rien n'est déduit, elle reste entière.
04 · La copropriété
12Les travaux de copropriété suivent-ils les mêmes règles ?
Oui, avec un intermédiaire de plus. Ravalement, toiture, chaudière collective relèvent des mêmes taux et de la même condition d'ancienneté, mais le preneur est le syndicat des copropriétaires, représenté par son syndic. C'est lui qui porte la certification et conserve les pièces ; le bailleur n'est pas exposé personnellement au rappel, mais il en supporte la quote-part.
Une qualification à faire correctement. Pas une optimisation.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif incluant le pilotage de travaux, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de vérification d'un devis.
Sources et date de contrôle
- Source 01
Article 279-0 bis du code général des impôts — taux de 10 % sur les travaux — Légifrance. La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 10 % sur les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien autres que ceux mentionnés à l'article 278-0 bis A, portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans, à l'exception de la part correspondant à la fourniture d'équipements ménagers ou mobiliers. Le taux réduit ne s'applique pas aux travaux qui, réalisés sur une période de deux ans au plus, concourent à la production d'un immeuble neuf, ni à ceux qui augmentent la surface de plancher des locaux existants de plus de 10 %. Consulté le 2026-08-25.
- Source 02
Article 278-0 bis A du code général des impôts — taux de 5,5 % sur la rénovation énergétique — Légifrance. La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 5,5 % sur les prestations de rénovation énergétique portant sur la pose, l'installation, l'adaptation ou l'entretien de matériaux, d'équipements, d'appareils ou de systèmes ayant pour objet d'économiser l'énergie ou de recourir à de l'énergie produite à partir de sources renouvelables, dans des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans. La nature et le contenu de ces prestations, ainsi que les caractéristiques et les niveaux de performance des matériaux, équipements, appareils et systèmes concernés, sont précisés par arrêté. Consulté le 2026-08-25.
- Source 03
BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40 — modalités d'application du taux réduit sur les travaux — BOFiP-Impôts. Document du 22 octobre 2025. § 80 : le preneur certifie sur le devis ou la facture que l'immeuble est à usage d'habitation et achevé depuis plus de deux ans, que les travaux réalisés sur une période de deux ans au plus n'ont pas eu pour effet de surélever le bâtiment, de le rendre à l'état neuf ou d'augmenter la surface de plancher de plus de 10 %, et le cas échéant qu'il s'agit de travaux de rénovation énergétique. § 85 : un modèle de mention figure dans les documents de référence ; une autre rédaction est admise dès lors que tous les éléments de fond y figurent. § 90 : pour les travaux d'un montant inférieur à 1 000 € toutes taxes comprises, une mention allégée suffit — nom et adresse du client et du bien, nature des travaux, confirmation que l'immeuble a plus de deux ans. § 100 : le preneur conserve les factures, devis et notes jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant la facturation des travaux. § 220 : lorsque les mentions du devis ou de la facture sont inexactes du fait du preneur et qu'il en résulte l'application injustifiée d'un taux réduit, le preneur est solidairement tenu au paiement du complément de taxe, égal au différentiel entre le taux normal et le taux réduit appliqué à tort. § 230 : le prestataire demeure seul redevable lorsqu'il a appliqué un taux réduit à des équipements qui en sont exclus, ou lorsqu'il ne peut produire la certification du preneur à la demande de l'administration. Consulté le 2026-08-25.
- Source 04
Arrêté du 4 décembre 2024 relatif à la nature et aux caractéristiques des prestations de rénovation énergétique bénéficiant du taux réduit — Légifrance. Arrêté pris pour l'application de l'article 278-0 bis A du code général des impôts, entré en vigueur le 1er janvier 2025. Il fixe la nature et le contenu des prestations de rénovation énergétique éligibles au taux réduit de 5,5 %, ainsi que les caractéristiques et les niveaux de performance des matériaux, équipements, appareils et systèmes concernés, codifiés aux articles 30-0 D et suivants de l'annexe IV au code général des impôts. Consulté le 2026-08-25.
- Source 05
BOI-TVA-LIQ-30-20-95 — travaux d'amélioration de la qualité énergétique — BOFiP-Impôts. Document du 22 octobre 2025. Les prestations de rénovation énergétique doivent porter sur des locaux achevés depuis au moins deux ans, affectés ou destinés à être affectés à l'issue des travaux à un usage d'habitation. Les travaux induits sont les travaux annexes rendus indispensables par les travaux de pose ou d'installation des matériaux et équipements éligibles au taux de 5,5 % ; ils ne visent ni les travaux d'ordre esthétique, ni les autres travaux de rénovation réalisés concomitamment. Consulté le 2026-08-25.
- Source 06
Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, article 41 — suppression de l'attestation — Légifrance. L'article 41 supprime la nécessité, pour le preneur de la prestation, d'attester par écrit sur un formulaire dédié que les conditions prévues à l'article 279-0 bis du code général des impôts sont satisfaites pour bénéficier du taux réduit. Le client certifie désormais directement sur le devis ou la facture que ces conditions sont remplies. La mesure s'applique depuis le 1er mars 2025, l'attestation normale et l'attestation simplifiée n'étant plus requises. Consulté le 2026-08-25.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif incluant le pilotage de travaux, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de vérification d’un devis, y compris pour un bailleur qui conduit son chantier seul. Les textes et la doctrine cités le sont dans leur rédaction en vigueur ; la ventilation du chantier, le loyer et le taux marginal sont des hypothèses déclarées et se recalculent sur votre devis. Ce guide n’est pas une consultation fiscale.</p