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Guide de décisionVérifié le 28 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Nantir un contrat d'assurance-vie pour garantir un prêt : la règle de date qui décide de tout

« Quand l’acceptation du bénéficiaire est antérieure au nantissement, ce dernier est subordonné à l’accord du bénéficiaire. » Une règle de date, et une seule question à poser à son assureur avant de promettre quoi que ce soit à sa banque.

QUATRE FORMULATIONS MESURÉES, QUATRE ZÉROS

La banque accepte le prêt in fine. Et l’opération se bloque sur une signature de 2011.

Un contrat d’assurance-vie se donne en garantie sans acte notarié ni inscription. Sauf si un bénéficiaire a accepté avant : le nantissement dépend alors de son accord.

  • Par avenant, ou par acte soumis au code civil
  • L’ordre des deux signatures décide de tout
  • Le créancier nanti peut faire racheter — sauf clause contraire
  • Et rien ne produit d’effet avant notification à l’assureur

PRÊT IN FINE DU DOSSIER

300 000 €

VALEUR DE RACHAT NANTIE

180 000 €

PART DU PRÊT COUVERTE

3 cinquièmes

COMPLÉMENT À GARANTIR

120 000 €

FRAIS DE MISE EN PLACE

6 000 €

ACCEPTATION, DÉLAI MINIMAL

30 jours

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Le contrat se nantit de deux façons. « La police d’assurance peut être donnée en nantissement soit par avenant, soit par acte soumis aux formalités des articles 2355 à 2366 du code civil »1.

Tout se joue sur une chronologie. « Quand l’acceptation du bénéficiaire est antérieure au nantissement, ce dernier est subordonné à l’accord du bénéficiaire »1.

Et l’ordre inverse ne produit rien. « Quand l’acceptation du bénéficiaire est postérieure au nantissement, celle-ci est sans effet à l’égard des droits du créancier nanti »1.

Le corpus traite les garanties du prêt sous plusieurs angles — l’hypothèque, la caution et le privilège de prêteur, le nantissement de parts de SCI, le prêt relais. Il ne disait rien de la garantie que les investisseurs mobilisent le plus souvent pour un prêt in fine.

Pourquoi nantir un contrat plutôt qu’hypothéquer ?

Parce qu’elle existe déjà. Un investisseur qui détient un contrat d’assurance-vie dispose d’une valeur immédiatement mobilisable, sans acte notarié, sans inscription et sans les frais qui vont avec.

Le mécanisme est simple dans son principe. Le nantissement est « l’affectation, en garantie d’une obligation, d’un bien meuble incorporel ou d’un ensemble de biens meubles incorporels, présents ou futurs »3. Un contrat d’assurance-vie est un meuble incorporel : il peut donc être affecté en garantie sans changer de mains.

Le texte précise le régime applicable : « Le nantissement conventionnel qui porte sur les créances est régi, à défaut de dispositions spéciales, par le présent chapitre »3. Et le code des assurances contient précisément une disposition spéciale, celle qui organise le nantissement de la police.

Pour un prêt in fine, l’intérêt est double. Le capital reste investi et continue de produire pendant toute la durée du prêt. Et la garantie porte sur cette épargne plutôt que sur l’immeuble, ce qui laisse ce dernier libre de toute inscription — un point qui compte le jour où l’on veut revendre.

La contrepartie existe, et elle se mesure. Une épargne nantie n’est plus disponible : elle ne peut être ni rachetée, ni arbitrée vers un autre support sans l’accord du prêteur, et pendant douze ou quinze ans cette immobilisation vaut ce qu’elle vaut. L’investisseur échange donc une liberté contre une économie de frais. C’est un arbitrage, pas un tour de passe-passe.

Par avenant, ou par acte

Deux voies. Le texte les met sur le même plan. La police « peut être donnée en nantissement soit par avenant, soit par acte soumis aux formalités des articles 2355 à 2366 du code civil »1.

L’avenant est la voie courante. L’assureur, le souscripteur et le prêteur signent un document qui s’ajoute au contrat, et l’assureur en a connaissance par construction — il est partie à l’acte.

L’acte séparé, lui, suit le régime du code civil. Il faut alors s’assurer que l’assureur en est informé, faute de quoi le prêteur détiendrait un droit dont le débiteur de la créance ignore l’existence.

Le prêteur cherche la même chose des deux côtés. Que l’assureur ne puisse pas verser les fonds à quelqu’un d’autre. C’est cette certitude qu’il achète, et c’est pour cela qu’il refuse un montage approximatif.

Que doit contenir l’acte, à peine de nullité ?

Un écrit. Et deux désignations. Le code civil est catégorique : « À peine de nullité, le nantissement de créance doit être conclu par écrit. Les créances garanties et les créances nanties sont désignées dans l’acte »4.

Deux créances, donc, et il faut les distinguer. La créance garantie est celle de la banque contre l’emprunteur : le prêt. La créance nantie est celle du souscripteur contre l’assureur : ce que le contrat doit verser. L’acte désigne les deux, sans quoi il est nul.

Le texte va plus loin pour les créances à venir : « Si elles sont futures, l’acte doit permettre leur individualisation ou contenir des éléments permettant celle-ci tels que l’indication du débiteur, le lieu de paiement, le montant des créances ou leur évaluation et, s’il y a lieu, leur échéance »4.

Sur un contrat d’assurance-vie, cette exigence a une conséquence concrète. La valeur nantie évolue avec les marchés et avec les versements : l’acte doit donc permettre d’identifier ce qui est nanti à tout moment, et non se contenter d’un montant figé à la date de signature.

Ce qui gèle un contrat d’assurance-vie

L’acceptation du bénéficiaire. Le point n’a rien à voir avec la valeur du contrat, et c’est précisément ce qui le rend traître : un emprunteur qui a vérifié son épargne, son taux d’endettement et la rentabilité de son immeuble n’a aucune raison de penser à un formulaire signé une décennie plus tôt par une personne qui n’est pas partie au financement.

Le mécanisme est posé par le code des assurances : la stipulation attribuant le bénéfice « devient irrévocable par l’acceptation de celui-ci »2. Et la conséquence est immédiate : « Pendant la durée du contrat, après acceptation du bénéficiaire, le stipulant ne peut exercer sa faculté de rachat et l’entreprise d’assurance ne peut lui consentir d’avance sans l’accord du bénéficiaire »2.

Le souscripteur reste propriétaire de son contrat. Il n’en a plus la libre disposition.

Comment cette acceptation se donne-t-elle ? « Tant que l’assuré et le stipulant sont en vie, l’acceptation est faite par un avenant signé de l’entreprise d’assurance, du stipulant et du bénéficiaire »2. Elle peut aussi résulter d’un acte authentique ou sous seing privé signé du stipulant et du bénéficiaire, qui « n’a alors d’effet à l’égard de l’entreprise d’assurance que lorsqu’elle lui est notifiée par écrit »2.

Deux voies, donc, et la seconde explique pourquoi l’oubli est si fréquent : un acte signé entre le souscripteur et son bénéficiaire, notifié à l’assureur des années plus tôt, ne laisse aucune trace dans la mémoire de celui qui l’a signé.

Qui l’emporte, du bénéficiaire ou du prêteur ?

Celui qui est arrivé le premier. C’est une règle de date. Elle décide tout, et elle se vérifie en une question posée par écrit à l’assureur, ce qui la rend d’autant plus regrettable lorsqu’elle est découverte au moment de signer le prêt plutôt que six mois plus tôt.

Premier cas : « Quand l’acceptation du bénéficiaire est antérieure au nantissement, ce dernier est subordonné à l’accord du bénéficiaire »1. Le prêteur ne peut donc rien obtenir sans une signature de plus — celle d’une personne qui n’a aucun intérêt à la donner, et qui n’y est pas tenue.

Second cas : « Quand l’acceptation du bénéficiaire est postérieure au nantissement, celle-ci est sans effet à l’égard des droits du créancier nanti »1. Le bénéficiaire peut accepter ; cela ne retire rien au prêteur déjà en place.

Deux actes, deux ordres possibles, deux issues

Qui l’emporte, du bénéficiaire ou du prêteur ? — tableau 1
Acceptation puis nantissementsubordonné à l’accord du bénéficiaireune signature de plus
Nantissement puis acceptationsans effet sur les droits du créancierrien

Cette hiérarchie a une logique. Celui qui s’engage en connaissance de cause ne doit pas voir son droit réduit par un acte postérieur auquel il n’a pas participé, et le bénéficiaire qui accepte après coup ne peut pas réduire ce que le prêteur détient déjà. C’est tout ce que le texte énonce, et ce guide n’en dit pas davantage sur les droits que ce bénéficiaire conserve. Le premier arrivé garde sa place. Le second prend la sienne derrière.

La règle est donc entièrement chronologique, et c’est ce qui la rend praticable. Une seule question suffit à savoir de quel côté l’on se trouve : le bénéficiaire a-t-il accepté, et quand ? La réponse figure dans les archives de l’assureur, et elle s’obtient en écrivant.

Le prêteur peut-il vider le contrat ?

Oui. Sauf clause contraire, et même contre un bénéficiaire acceptant. Le texte est net : « Sauf clause contraire, le créancier nanti peut provoquer le rachat nonobstant l’acceptation du bénéficiaire »1.

Il faut mesurer la portée de cette phrase. L’acceptation prive le souscripteur de sa faculté de rachat, mais elle ne prive pas le créancier nanti de la sienne. Autrement dit, celui qui a signé le nantissement en premier obtient un pouvoir que le propriétaire du contrat a lui-même perdu.

Les trois mots qui ouvrent la phrase méritent attention : « sauf clause contraire ». Ce pouvoir est donc supplétif, et l’acte peut l’écarter ou l’aménager. Un emprunteur qui négocie son nantissement a là une marge réelle, et un courtier attentif y regardera avant de faire signer.

Ce que le créancier obtient après notification

Un droit de rétention. Et l’exclusivité du paiement. Le code civil décrit l’effet en une phrase : « Après notification, le créancier nanti bénéficie d’un droit de rétention sur la créance donnée en nantissement et a seul le droit à son paiement tant en capital qu’en intérêts »5.

Le mot qui conditionne tout est le premier. Après notification : c’est l’information donnée au débiteur de la créance — ici l’assureur — qui déclenche ces effets. Un nantissement régulièrement consenti mais non notifié laisse l’assureur libre de payer entre d’autres mains.

Le texte ajoute une précision qui évite un blocage : « Le créancier nanti, comme le constituant, peut en poursuivre l’exécution, l’autre dûment informé »5. Les deux peuvent agir, à charge d’informer l’autre.

Reste la sortie, qu’on oublie de chiffrer au moment d’entrer. Le prêt remboursé, la garantie doit être levée, et cette mainlevée coûte — 900 € dans le dossier examiné plus loin, soit le poste le plus modeste des trois, mais un poste que le plan de financement initial ne mentionne jamais. Un emprunteur qui compare deux garanties devrait comparer quatre chiffres : la mise en place et la levée, de part et d’autre.

Quand une acceptation peut-elle intervenir ?

Pas avant trente jours. Du moins lorsque la désignation est gratuite. « Lorsque la désignation du bénéficiaire est faite à titre gratuit, l’acceptation ne peut intervenir que trente jours au moins à compter du moment où le stipulant est informé que le contrat d’assurance est conclu »2.

Ce délai protège le souscripteur contre une acceptation immédiate qui figerait son contrat dès sa conclusion. Il lui laisse un mois pour mesurer ce qu’il a signé.

Pour qui envisage un financement, c’est aussi une donnée de calendrier. Un contrat souscrit récemment ne peut pas encore avoir été accepté ; un contrat ancien, lui, appelle une vérification auprès de l’assureur avant toute promesse faite à un prêteur.

Le dossier d’Aubin, poste par poste

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Aubin finance un immeuble de rapport par un prêt in fine de 300 000 €. Son contrat d’assurance-vie présente une valeur de rachat de 180 000 €, que la banque accepte de prendre en garantie.

Ce que le contrat nanti couvre du prêt

Le dossier d’Aubin, poste par poste — tableau 2
Prêt in fine300 000 €
Valeur de rachat nantie180 000 €
Complément de garantie exigé120 000 €

Les trois lignes se relisent dans les deux sens : 180 000 € et 120 000 € font les 300 000 € du prêt. Rapportée au prêt, la valeur nantie en couvre trois cinquièmes, ce qui laisse deux cinquièmes à garantir autrement — par une hypothèque, en l’espèce.

Le cinquième vaut ici 60 000 €, et la vérification se pose de tête : cinq fois 60 000 € font les 300 000 € du prêt, trois fois 60 000 € font les 180 000 € nantis, et il reste bien deux cinquièmes, soit 120 000 €. Ce rapport est le seul chiffre que l’emprunteur doit connaître avant d’appeler sa banque, parce que c’est lui qui dit si une seconde garantie sera nécessaire.

Ce que la mise en place coûte

Le dossier d’Aubin, poste par poste — tableau 3
Mainlevée d’une garantie antérieure900 €
Acte de nantissement1 400 €
Inscription hypothécaire pour le complément3 700 €
Total des frais, somme des trois postes6 000 €

Les trois postes se recomposent à la lecture : 900 € et 1 400 € font 2 300 €, auxquels s’ajoutent 3 700 € pour arriver aux 6 000 € de la dernière ligne. Le poste le plus lourd est l’inscription hypothécaire — c’est-à-dire précisément la garantie que le nantissement devait permettre d’éviter.

Reste la question qui décide du calendrier. Le contrat d’Aubin porte-t-il une acceptation de bénéficiaire ? Si elle est antérieure, le nantissement est subordonné à un accord qu’il faudra demander. Et pendant qu’on le demande, le portage de l’opération court à 875 € par mois : cinq mois de discussion représentent 4 375 €, pour une signature que rien n’oblige le bénéficiaire à donner.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Dans les quatre, le contrat avait la valeur annoncée et le prêteur était d’accord sur le principe. C’est un acte ancien, ou un acte mal fait, qui a bloqué.

L’acceptation oubliée. Un bénéficiaire a accepté quinze ans plus tôt, par acte sous seing privé notifié à l’assureur. Le nantissement devient subordonné à son accord, et l’opération attend cinq mois : 4 375 € de portage pour une signature qui n’était pas due.

L’acte sans désignation. Le nantissement est signé mais l’acte ne désigne pas séparément la créance garantie et la créance nantie. Le texte impose cette désignation à peine de nullité : la banque exige un acte refait, et les 1 400 € engagés le sont deux fois.

Le nantissement non notifié. L’acte est régulier mais l’assureur n’en est pas informé. Les effets décrits par le code civil ne se produisent qu’après notification : le prêteur croit détenir une garantie de 180 000 € et détient un papier.

La clause de rachat non discutée. L’acte reprend le pouvoir de rachat du créancier sans l’aménager, alors que le texte ne l’impose pas — il s’applique « sauf clause contraire ». Le contrat de 180 000 € peut être racheté sans que le souscripteur soit consulté, ce qui interrompt le placement au moment le moins favorable.

Le point commun des quatre tient en une phrase : ce que le prêteur achète, c’est une certitude, et une certitude se construit dans un acte.

Six gestes avant de nantir un contrat

Trois avant de promettre la garantie. Trois au moment de signer.

  1. Demandez à l’assureur si le bénéfice a été accepté, et à quelle date. C’est la seule question qui décide du régime applicable, et sa réponse est écrite quelque part.
  2. Ne promettez pas la garantie avant d’avoir cette réponse. Un nantissement subordonné à l’accord d’un tiers n’est pas une garantie, c’est une négociation à mener.
  3. Chiffrez le complément. Si la valeur de rachat ne couvre pas le prêt, la différence sera garantie autrement, et cette autre garantie a un coût qu’un courtier chiffre avant l’accord de principe.
  4. Vérifiez que l’acte désigne les deux créances. La créance garantie, qui est le prêt, et la créance nantie, qui est ce que l’assureur doit. À peine de nullité.
  5. Assurez-vous de la notification à l’assureur. Les effets ne se produisent qu’après elle, et un avenant signé par l’assureur règle la question par construction.
  6. Discutez la clause de rachat. Le pouvoir du créancier de provoquer le rachat s’applique sauf clause contraire : c’est donc un point négociable, et un expert-comptable dira ce qu’un rachat forcé coûterait au placement.

Un mot sur les professionnels que ce dossier mobilise. Le courtier monte le financement et sait, avant la banque, si la garantie proposée tiendra ; c’est lui qui doit poser la question de l’acceptation. Le notaire n’intervient pas au nantissement lui-même, qui se fait par avenant, mais il intervient si un complément hypothécaire devient nécessaire. L’expert-comptable évalue ce qu’un rachat forcé retirerait au placement, ce qui donne un argument chiffré pour négocier la clause. Et un gestionnaire de patrimoine tient l’historique des désignations bénéficiaires, souvent mieux que le souscripteur lui-même. Un rachat de crédit rouvre d’ailleurs toutes ces questions, puisqu’il faut lever puis reconstituer les garanties.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne décrit pas le régime fiscal de l’assurance-vie, ni les conséquences successorales de la désignation bénéficiaire. Il ne traite pas les contrats non rachetables, pour lesquels la question du rachat ne se pose pas dans les mêmes termes. Il ne dit rien de la délégation de créance, qui est un autre mécanisme, ni du gage-espèces. Il ne décrit pas davantage la réalisation du nantissement en cas de défaillance de l’emprunteur, ni le concours entre créanciers. Notre guide sur la SCI familiale traite un autre volet du patrimoine, celui de la détention.

UNE QUESTION À POSER AVANT TOUTE PROMESSE

Le bénéfice a-t-il été accepté, et quand ?

La réponse figure dans les archives de l’assureur et s’obtient en écrivant. Elle décide si vous détenez une garantie ou une négociation à mener.

  • Pourquoi un acte signé quinze ans plus tôt bloque un financement
  • Pourquoi le prêteur garde un pouvoir que le souscripteur a perdu
  • Ce que l’acte doit désigner, à peine de nullité
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Neuf réponses directes sur les deux formes du nantissement, l’acceptation du bénéficiaire et ses effets, la règle de chronologie, le pouvoir de rachat du créancier, le contenu de l’acte et la notification à l’assureur.

Un prêt in fine adossé à une assurance-vie ?

Avant de promettre le contrat en garantie, posez une seule question à l’assureur : le bénéfice a-t-il été accepté, et quand.

Faire le point sur un projet

01 · Le mécanisme

  • 01Comment un contrat d’assurance-vie se donne-t-il en garantie ?
    De deux façons, que le texte met sur le même plan : « La police d’assurance peut être donnée en nantissement soit par avenant, soit par acte soumis aux formalités des articles 2355 à 2366 du code civil. » L’avenant est la voie courante — assureur, souscripteur et prêteur signent un document qui s’ajoute au contrat. L’acte séparé suit le régime du code civil, et il faut alors s’assurer que l’assureur en est informé.
  • 02Qu’est-ce qui peut empêcher de nantir son contrat ?
    L’acceptation du bénéficiaire, si elle est antérieure. Le texte est catégorique : « Quand l’acceptation du bénéficiaire est antérieure au nantissement, ce dernier est subordonné à l’accord du bénéficiaire. » Le prêteur ne peut donc rien obtenir sans une signature de plus, celle d’une personne qui n’y est pas tenue. Le souscripteur reste propriétaire de son contrat, mais il n’en a plus la libre disposition.
  • 03Et si le bénéficiaire accepte après la mise en place du nantissement ?
    Son acceptation ne change rien pour le prêteur : « Quand l’acceptation du bénéficiaire est postérieure au nantissement, celle-ci est sans effet à l’égard des droits du créancier nanti. » La règle est donc entièrement chronologique, et une seule question suffit à savoir de quel côté l’on se trouve : le bénéficiaire a-t-il accepté, et quand. La réponse figure dans les archives de l’assureur.

02 · L’acceptation

  • 04Que produit exactement l’acceptation du bénéficiaire ?
    Elle rend la désignation irrévocable et prive le souscripteur de ses principales facultés. La stipulation « devient irrévocable par l’acceptation de celui-ci », et « pendant la durée du contrat, après acceptation du bénéficiaire, le stipulant ne peut exercer sa faculté de rachat et l’entreprise d’assurance ne peut lui consentir d’avance sans l’accord du bénéficiaire ».
  • 05Comment l’acceptation se donne-t-elle ?
    « Tant que l’assuré et le stipulant sont en vie, l’acceptation est faite par un avenant signé de l’entreprise d’assurance, du stipulant et du bénéficiaire. » Elle peut aussi résulter d’un acte authentique ou sous seing privé signé du stipulant et du bénéficiaire, qui « n’a alors d’effet à l’égard de l’entreprise d’assurance que lorsqu’elle lui est notifiée par écrit ». C’est cette seconde voie qui explique la fréquence des oublis.
  • 06Le prêteur peut-il faire racheter le contrat malgré le bénéficiaire ?
    Oui, sauf stipulation contraire : « Sauf clause contraire, le créancier nanti peut provoquer le rachat nonobstant l’acceptation du bénéficiaire. » Celui qui a signé le nantissement en premier obtient donc un pouvoir que le propriétaire du contrat a lui-même perdu du fait de l’acceptation. Les trois premiers mots comptent : ce pouvoir est supplétif, et l’acte peut l’écarter ou l’aménager.

03 · L’acte

  • 07Que doit contenir l’acte de nantissement ?
    Un écrit et deux désignations : « À peine de nullité, le nantissement de créance doit être conclu par écrit. Les créances garanties et les créances nanties sont désignées dans l’acte. » La créance garantie est celle de la banque contre l’emprunteur ; la créance nantie est celle du souscripteur contre l’assureur. Pour des créances futures, l’acte doit permettre leur individualisation.
  • 08À partir de quand le prêteur est-il réellement protégé ?
    Après notification, et pas avant. « Après notification, le créancier nanti bénéficie d’un droit de rétention sur la créance donnée en nantissement et a seul le droit à son paiement tant en capital qu’en intérêts. » Un nantissement régulièrement consenti mais non notifié laisse l’assureur libre de payer entre d’autres mains. Le texte ajoute que « le créancier nanti, comme le constituant, peut en poursuivre l’exécution, l’autre dûment informé ».

04 · Les délais

  • 09Un bénéficiaire peut-il accepter dès la souscription du contrat ?
    Pas lorsque la désignation est gratuite : « Lorsque la désignation du bénéficiaire est faite à titre gratuit, l’acceptation ne peut intervenir que trente jours au moins à compter du moment où le stipulant est informé que le contrat d’assurance est conclu. » Ce délai laisse au souscripteur un mois pour mesurer ce qu’il a signé, avant que son contrat ne puisse être figé.

On compare les taux et les frais de garantie. On vérifie rarement si la garantie est disponible.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Nous exposons les textes ; sur un nantissement à mettre en place, les interlocuteurs utiles sont le courtier puis l’assureur.

Cinq articles de deux codes lus mot à mot, chacun datéAucun taux ni barème publié : cela se négocie et ne figure dans aucun texteVérification de ce que l’ordonnance de 2021 sur les sûretés a modifié

Sources et date de contrôle

Cinq articles du code des assurances et du code civil lus en verbatim au 28 août 2026.

  • Source 01

    Article L. 132-10 du code des assurances — Légifrance. La police d'assurance peut être donnée en nantissement soit par avenant, soit par acte soumis aux formalités des articles 2355 à 2366 du code civil. Quand l'acceptation du bénéficiaire est antérieure au nantissement, ce dernier est subordonné à l'accord du bénéficiaire. Quand l'acceptation du bénéficiaire est postérieure au nantissement, celle-ci est sans effet à l'égard des droits du créancier nanti. Sauf clause contraire, le créancier nanti peut provoquer le rachat nonobstant l'acceptation du bénéficiaire. Version en vigueur depuis le 19 décembre 2008, modifiée par la loi n° 2007-1775 du 17 décembre 2007. Consulté le 28 août 2026.

  • Source 02

    Article L. 132-9 du code des assurances — Légifrance. La stipulation attribuant le bénéfice de l'assurance devient irrévocable par l'acceptation du bénéficiaire ; pendant la durée du contrat, après acceptation, le stipulant ne peut exercer sa faculté de rachat et l'entreprise d'assurance ne peut lui consentir d'avance sans l'accord du bénéficiaire. Tant que l'assuré et le stipulant sont en vie, l'acceptation est faite par un avenant signé de l'entreprise d'assurance, du stipulant et du bénéficiaire, ou par acte authentique ou sous seing privé signé du stipulant et du bénéficiaire, sans effet à l'égard de l'assureur tant qu'il ne lui est pas notifié par écrit. Lorsque la désignation est faite à titre gratuit, l'acceptation ne peut intervenir que trente jours au moins à compter du moment où le stipulant est informé que le contrat est conclu. Version en vigueur depuis le 1er février 2009, modifiée par l'ordonnance n° 2009-106 du 30 janvier 2009, article 1. Consulté le 28 août 2026.

  • Source 03

    Article 2355 du code civil — Légifrance. Le nantissement est l'affectation, en garantie d'une obligation, d'un bien meuble incorporel ou d'un ensemble de biens meubles incorporels, présents ou futurs. Il est conventionnel ou judiciaire. Le nantissement conventionnel qui porte sur les créances est régi, à défaut de dispositions spéciales, par le présent chapitre. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2022, modifiée par l'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, article 9. Consulté le 28 août 2026.

  • Source 04

    Article 2356 du code civil — Légifrance. À peine de nullité, le nantissement de créance doit être conclu par écrit. Les créances garanties et les créances nanties sont désignées dans l'acte. Si elles sont futures, l'acte doit permettre leur individualisation ou contenir des éléments permettant celle-ci tels que l'indication du débiteur, le lieu de paiement, le montant des créances ou leur évaluation et, s'il y a lieu, leur échéance. Version en vigueur depuis le 24 mars 2006, modifiée par l'ordonnance n° 2006-346 du 23 mars 2006, article 12. Consulté le 28 août 2026.

  • Source 05

    Article 2363 du code civil — Légifrance. Après notification, le créancier nanti bénéficie d'un droit de rétention sur la créance donnée en nantissement et a seul le droit à son paiement tant en capital qu'en intérêts. Le créancier nanti, comme le constituant, peut en poursuivre l'exécution, l'autre dûment informé. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2022, modifiée par l'ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021, article 9. Consulté le 28 août 2026.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les cinq articles cités ont été lus sur Légifrance avant citation et sont reproduits mot à mot, dans leur version en vigueur au 28 août 2026. Deux d’entre eux — les articles 2355 et 2363 du code civil — ont été réécrits par l’ordonnance n° 2021-1192 du 15 septembre 2021 sur les sûretés, applicable depuis le 1er janvier 2022 ; nous avons vérifié sur la page de chapitre quels articles cette ordonnance avait modifiés, et lesquels elle avait créés. Aucun des cinq ne porte de version postérieure annoncée. Le guide ne publie aucun taux d’intérêt, aucun barème de frais bancaires et aucune quotité de garantie exigée par les prêteurs : ces éléments relèvent de la négociation et non du texte. Les montants du dossier d’Aubin — 300 000 € de prêt, 180 000 € de valeur nantie, 6 000 € de frais — sont choisis pour que les additions se vérifient à l’œil, et la valeur de rachat de 180 000 € est une hypothèse posée pour l’exemple. Nous ne publions ni fréquence des acceptations bénéficiaires, ni proportion de prêts in fine garantis de cette façon, faute de les avoir mesurées. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur un nantissement à mettre en place, les interlocuteurs utiles sont le courtier puis l’assureur.