Renégocier, racheter ou moduler son crédit locatif : les trois leviers, et celui par lequel tout le monde commence à tort
Trois leviers permettent d'alléger un crédit locatif en cours. Le plus rentable est gratuit, le plus visible coûte 5 834 € et met quatre-vingt-quinze mois à les rembourser. Presque tout le monde commence par le second.
LE LEVIER LE PLUS RENTABLE N'A PAS DE VENDEUR
Le rachat a un taux, des offres et un courtier ; l'assurance n'a ni vitrine ni commission
C'est pourtant elle qui rapporte le plus sur ce dossier, sans frais, sans indemnité et sans négociation — la résiliation étant ouverte à tout moment depuis 2022.
- Le seul chiffre qui compte : la charge d'intérêts restante
- L'indemnité au bon plafond, pas les 3 % par défaut
- Le test de charge globale, que le fisc applique aussi
- Pourquoi le même gain vaut 1,89 fois moins au régime réel
ÉCONOMIE D'ASSURANCE
8 216 €
GAIN DU RACHAT
7 064 €
FRAIS DU RACHAT
5 834 €
POINT MORT
95 mois
GAIN AU RÉGIME RÉEL
3 730 €
RAPPORT MICRO / RÉEL
1,89 ×
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Commencez par l’assurance. La résiliation est possible à tout moment depuis la loi du 28 février 20224, sans frais, sans indemnité et sans renégocier quoi que ce soit d’autre. Sur le cas décrit, elle rapporte plus que le rachat.
Le rachat se juge sur sa charge globale, pas sur son taux. L’indemnité de remboursement anticipé est plafonnée au plus restrictif de deux montants : un semestre d’intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, ou 3 % du capital restant dû2.
Et l'économie n’a pas la même valeur selon votre régime. Au réel, les intérêts sont déductibles : l'État en finançait déjà près de la moitié, et l'économie est amputée d’autant. Le même dossier vaut 7 064 € au micro-foncier et 3 730 € au réel.
Ce guide ne traite pas de l’obtention du prêt, que notre méthode de calcul de la capacité d’emprunt couvre en amont. Il traite du prêt une fois signé : ce qu’on peut encore en faire, dans quel ordre, et à quelles conditions cela vaut la peine.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Antoine, cas construit et non un dossier réel : 165 000 € empruntés sur vingt ans à 4,15 %, il y a trente mois, pour un bien loué nu. Les taux de refinancement retenus s’appuient sur les séries publiées de l’Observatoire Crédit Logement/CSA5 ; les tarifs d’assurance — 0,34 % en contrat de groupe, 0,11 % en délégation — sont des hypothèses déclarées, et elles varient fortement avec l'âge et l'état de santé. Tout se recalcule sur votre tableau d’amortissement.
Où en est le prêt, exactement ?
Rien ne se décide avant d’avoir lu le tableau d’amortissement.
Sur le prêt d’Antoine, la mensualité hors assurance s'établit à 1 013 €. Après trente échéances, il a payé 16 431 € d’intérêts et il lui reste 151 043 € de capital dû, sur 210 mois. Les intérêts qu’il paiera s’il ne fait rien : 61 678 €.
Ce dernier chiffre est le seul qui compte, et c’est celui que personne ne calcule. Il ne figure pas sur les relevés bancaires, qui affichent le capital restant dû et l'échéance, pas la charge d’intérêts à venir. Il s’obtient pourtant en une soustraction : la mensualité multipliée par le nombre d'échéances restantes, moins le capital restant dû. Tout le reste du guide consiste à faire baisser ce nombre pour moins que ce qu’il rapporte.
Une remarque sur le calendrier, qui explique pourquoi le sujet se pose maintenant. Un prêt amortissable paie ses intérêts d’abord : sur les trente premiers mois, Antoine a remboursé 13 957 € de capital et payé 16 431 € d’intérêts. Plus on agit tôt, plus la masse d’intérêts sur laquelle on agit est grosse. Un rachat envisagé à dix ans du terme porte sur une charge d’intérêts déjà largement consommée, et les frais fixes, eux, ne diminuent pas.
Pourquoi commencer par l’assurance ?
Parce que c’est le seul levier gratuit, immédiat, et qu’il rapporte souvent davantage que le rachat.
La loi du 28 février 2022 a ouvert la résiliation du contrat d’assurance emprunteur à tout moment, sans attendre de date anniversaire, pour tous les contrats y compris ceux en cours4. Elle a aussi supprimé le questionnaire de santé lorsque deux conditions sont réunies : la part assurée n’excède pas 200 000 € par personne, et le remboursement s’achève avant le soixantième anniversaire de l’assuré4. Ces deux conditions sont cumulatives, et beaucoup d’investisseurs les remplissent sans le savoir.
L'écart de tarif entre un contrat de groupe et une délégation vient rarement d’une différence de garanties. Il vient de deux choses. La première est la mutualisation : le contrat de groupe applique un tarif moyen à une population large, tandis que la délégation tarifie le profil. La seconde est plus mécanique et compte au moins autant : le contrat de groupe se calcule le plus souvent sur le capital initial, la délégation sur le capital restant dû. Le premier fait payer la même prime la dernière année que la première, alors que le risque assuré a fondu.
Sur le dossier d’Antoine, le contrat de groupe à 0,34 % du capital initial coûte 47 € par mois, soit 9 818 € sur les 210 mois restants. Une délégation à 0,11 % du capital restant dû coûte 1 602 € sur la même période. L'écart s'établit à 8 216 €, pour une démarche qui ne comporte ni indemnité, ni frais de dossier, ni renégociation.
Retenez le rapport : cette économie représente 1,16 fois le gain que le rachat de prêt dégagera plus loin, en ayant coûté 5 834 € de moins. La banque ne peut refuser la substitution que si le contrat proposé n’offre pas un niveau de garantie équivalent, et elle doit motiver son refus.
La modulation, ou comment payer moins d’intérêts sans rien renégocier
Le deuxième levier gratuit, et le plus mal compris.
La plupart des contrats de prêt immobilier prévoient une faculté de modulation de l'échéance, généralement à la hausse comme à la baisse, dans une fourchette de 10 à 30 %, activable une fois par an après une première année de remboursement. Elle s’exerce sur simple demande, sans frais dans la majorité des contrats.
Moduler à la hausse ne fait pas baisser le taux. Cela raccourcit la durée, et une durée plus courte porte moins d’intérêts. Sur le prêt d’Antoine refinancé, une majoration de 10 % de l'échéance porte la mensualité à 1 047 € et ramène la durée de 210 à 185 mois : vingt-cinq mois de moins. La charge d’intérêts tombe alors à 42 539 €, soit 6 242 € économisés1.
Ce levier a deux qualités que le rachat n’a pas. Il ne coûte rien, donc il n’a pas de point mort : le gain est acquis dès la première échéance majorée. Et il est réversible, puisque la modulation à la baisse existe symétriquement dans le même contrat — un bailleur qui traverse une période de vacance peut revenir en arrière l’année suivante. Notre guide sur le rendement, le cash-flow et le taux de rendement interne montre pourquoi cette réversibilité vaut cher dans un plan de trésorerie.
Sa limite est évidente et il faut la dire : moduler à la hausse consomme de la trésorerie. C’est un arbitrage entre cash-flow présent et charge d’intérêts future, pas un gain gratuit au sens strict. Il n’a de sens que si le cash-flow le supporte sans tension.
Le rachat vaut-il ses frais ?
C’est la question centrale, et elle ne se tranche pas sur l'écart de taux.
Antoine emprunte à 4,15 % alors que les séries publiées donnent, en juin 2026, 3,22 % sur vingt ans et 3,12 % sur quinze5. Sur sa durée résiduelle et avec son profil, retenons 3,35 %. L'écart affiché est de quatre-vingts centimes, ce qui paraît largement suffisant : la règle empirique qui circule veut qu’un point d'écart justifie l’opération.
Cette règle est fausse, parce qu’elle ignore trois choses : la durée restante, le montant des frais, et le fait que la charge d’intérêts d’un prêt amortissable est déjà partiellement consommée. Il faut donc calculer.
Premier poste : l’indemnité de remboursement anticipé. Le code de la consommation la plafonne au plus restrictif de deux montants — la valeur d’un semestre d’intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, ou 3 % du capital restant dû avant le remboursement2. Sur le dossier d’Antoine, le semestre d’intérêts vaut 3 134 € et les 3 % valent 4 531 €. C’est donc 3 134 € qui s’appliquent. Beaucoup de simulateurs retiennent d’office les 3 %, ce qui surestime ici la pénalité de 1 397 €.
Deuxième et troisième postes : les frais de dossier du nouveau prêt, 950 €, et la garantie, 1 750 €. Total des frais : 5 834 €.
Le gain, maintenant. Le nouveau prêt porte 48 781 € d’intérêts contre 61 678 € pour l’ancien, soit 12 898 € d'économie brute. Frais déduits, il reste 7 064 €, et la mensualité passe de 1 013 € à 952 €.
Le point mort. L'économie tombe par mensualités de 61 €, les frais se paient d’un coup. Il faut donc 95 mois, soit près de huit ans, pour rembourser les 5 834 €. Il reste ensuite 115 mois de gain net. L’opération est bonne — mais elle suppose de conserver le bien et le prêt pendant huit ans au minimum, ce qui n’est ni acquis ni sans coût d’opportunité.
C’est ici que la règle empirique se retourne. Un écart de quatre-vingts centimes sur un prêt de 165 000 € avec dix-sept ans à courir donne un point mort de huit ans. Le même écart sur le même prêt à dix ans du terme le porterait au-delà de la durée restante : l’opération deviendrait perdante sans que le taux affiché ait bougé d’un centime.
Le test que l’administration applique
Il se trouve que le fisc pose exactement la question que l’investisseur devrait se poser.
Les frais liés à la souscription d’un emprunt substitutif ne sont pas, en principe, déductibles. L’administration admet toutefois qu’ils le soient — avec les dépenses de résiliation anticipée du prêt initial et, le cas échéant, les intérêts compensatoires versés en cas de renégociation avec le même établissement — « si la résiliation et la souscription d’un emprunt substitutif ont effectivement permis de diminuer le montant global de la charge d’intérêts restant dus ». Et elle précise comment s’apprécie cette condition : il faut « prendre en compte globalement la charge constituée par les intérêts du nouvel emprunt et les frais ci-dessus »3.
Traduit en arithmétique, cela donne une comparaison en deux nombres. La charge de l’ancien prêt : 61 678 €. Celle du nouveau, frais compris : 54 615 €. L'écart de 7 064 € est positif, donc la condition est remplie et les frais sont déductibles.
Ce qui mérite d'être souligné, c’est que ce test n’est pas une formalité fiscale plaquée sur l’opération : c’est le bon critère économique. Un rachat qui échoue à ce test — parce que la durée s’allonge, parce que les frais sont trop lourds, parce que l'écart de taux est trop mince — est un rachat qui ne fait pas gagner d’argent. Le fait qu’il fasse alors perdre en plus la déduction des frais ne fait qu’ajouter une punition à une mauvaise décision déjà prise.
Deux pièges se cachent derrière ce test. Le premier est l’allongement de durée : un courtier peut afficher une mensualité spectaculairement plus basse en repartant sur vingt ans, ce qui augmente la charge d’intérêts globale tout en donnant l’impression d’un gain. Le second concerne les frais d’emprunt en général, qui suivent le sort des intérêts dont ils découlent — frais de dossier, inscriptions, cautionnement, mainlevée, primes d’assurance décès garantissant le remboursement3.
Combien vaut vraiment l'économie ?
Pas ce qu’elle affiche, et l'écart entre les deux régimes atteint presque le double.
Le raisonnement tient en une phrase. Au régime réel, les intérêts d’emprunt sont déductibles des revenus fonciers : chaque euro d’intérêt payé réduit l’impôt et les prélèvements sociaux. Économiser un euro d’intérêt, c’est donc perdre la déduction correspondante. Le gain net n’est pas l’euro entier, mais ce qu’il en reste après le taux marginal.
Avec une tranche marginale à 30 % et des prélèvements sociaux fonciers à 17,2 %, le taux marginal atteint 47,2 %. Le gain de 7 064 € devient 3 730 €. Au micro-foncier, où l’abattement forfaitaire remplace toute déduction de charge et où les intérêts ne sont donc pas déduits, le gain reste de 7 064 € en totalité. Rapport entre les deux : 1,89.
La location meublée obéit à la même logique avec un paramètre différent : les intérêts y sont également déductibles au régime réel, mais les prélèvements sociaux sur les bénéfices industriels et commerciaux s'établissent à 18,6 % et non à 17,2 %, si bien que le taux marginal monte à 48,6 % et que le gain tombe à 3 631 € — la hiérarchie est identique, seul le montant se déplace, et notre guide sur la fiscalité de la location meublée détaille le reste du calcul.
Trois conséquences pratiques en découlent, et aucune n’est intuitive.
Le point mort en durée ne bouge pas. C’est le point que l’on manque le plus souvent. Les frais de l’opération sont déductibles eux aussi, sous la condition vue plus haut : ils subissent le même abattement que le gain. Le rapport entre les deux est donc inchangé, et les 95 mois restent 95 mois. Ce qui change n’est pas le quand, c’est le combien.
La hiérarchie des leviers, elle, ne change pas non plus. Les primes d’assurance garantissant le remboursement de l’emprunt sont déductibles au même titre que les intérêts3. L'économie d’assurance de 8 216 € devient donc 4 338 € au réel, et reste supérieure au gain du rachat. L’ordre des trois leviers résiste au changement de régime.
En revanche, l’arbitrage contre un autre emploi du capital change. Un bailleur au réel qui hésite entre payer 5 834 € de frais de rachat et placer cette somme compare 3 730 € de gain à ce que le placement rapporterait — pas 7 064 €. Notre guide sur le choix du régime fiscal détaille cette mécanique de l’abattement, qui joue ici à l’envers de l’intuition : le régime le plus avantageux à l’impôt est celui où la renégociation rapporte le moins.
Une nuance à ne pas escamoter. Lorsque le bien dégage un déficit foncier, la part de déficit provenant des intérêts d’emprunt n’est imputable que sur les revenus fonciers des dix années suivantes, et non sur le revenu global. L’abattement n’est alors pas immédiat mais différé, et sa valeur réelle dépend des revenus fonciers à venir — notre guide sur l'imputation du déficit foncier pose la règle et ses limites.
À qui parler, et dans quel ordre
Chacun de ces interlocuteurs a un intérêt propre, et aucun n’est aligné sur le vôtre par construction.
Votre banquier est le seul à pouvoir renégocier sans frais de garantie ni mainlevée, puisque le prêt reste chez lui. C’est aussi celui qui a le moins intérêt à le faire. La pratique observée est simple : une renégociation interne s’obtient bien mieux avec une offre concurrente écrite en main qu’avec un argumentaire.
Le courtier vit d’une commission sur le prêt substitué. Il est donc structurellement plus enclin au rachat qu'à la modulation ou à la délégation d’assurance, qui ne le rémunèrent pas ou peu. Cela n’enlève rien à son utilité pour obtenir un taux — mais cela explique pourquoi le levier le plus rentable est rarement celui qu’on vous propose en premier.
Le notaire n’intervient que si le prêt initial est garanti par une hypothèque ou un privilège de prêteur de deniers, auquel cas la mainlevée a un coût qui s’ajoute aux frais. Avec une caution mutuelle, ce poste disparaît et une part de la garantie initiale peut même être restituée : c’est une question à poser avant de chiffrer.
Le courtier en assurance emprunteur, distinct du précédent, opère sur le levier gratuit. Son intervention n’engage rien puisque la résiliation est possible à tout moment et que l’ancien contrat court jusqu'à l’acceptation du nouveau.
L'agent immobilier n’a rien à voir avec le crédit, et c’est pourtant lui qui détient la donnée qui décide du rachat : la durée pendant laquelle vous garderez le bien. Un point mort de huit ans ne se compare pas à la durée du prêt mais à votre horizon de détention, et cet horizon dépend du marché local autant que de vos intentions — c’est le raisonnement que pose notre guide sur la négociation du prix à rendement cible, appliqué ici à la sortie plutôt qu'à l’entrée.
L'expert-comptable, enfin, est le seul à pouvoir dire ce que l’opération vaut après impôt sur votre situation — et notamment si vous êtes en déficit foncier reportable, cas où le calcul ci-dessus se décale dans le temps.
Ce qui coûte cher aux bailleurs
Cinq erreurs reviennent, et elles se classent par ordre de coût croissant.
Retenir 3 % d’indemnité au lieu du plafond réel. Le plafond est le plus restrictif des deux montants, et à ce stade du prêt, c’est le semestre d’intérêts qui l’emporte. Sur le dossier d’Antoine, l'écart entre les deux calculs atteint 1 397 €, soit près d’un quart des frais totaux — de quoi faire renoncer à une opération qui valait la peine.
Laisser courir l’assurance de groupe. C’est le levier gratuit, et son abandon coûte ici 8 216 € avant impôt, davantage que le gain du rachat. Aucune indemnité ne s’y oppose depuis 2022, et le questionnaire de santé lui-même disparaît sous les seuils de 200 000 € et de soixante ans4.
Racheter en allongeant la durée. La mensualité baisse, la charge d’intérêts globale monte, et la condition de déduction des frais n’est plus remplie3. On paie alors des frais non déductibles pour un résultat économiquement négatif, en croyant avoir gagné parce que le prélèvement mensuel a diminué. Sur le dossier d’Antoine, repartir sur vingt ans au lieu des 210 mois restants ferait remonter la charge d’intérêts au-delà des 61 678 € de départ, et les 5 834 € de frais deviendraient une perte sèche.
Racheter trop tard. Le point mort de 95 mois suppose 210 mois restants. À dix ans du terme, les mêmes 5 834 € s’amortissent sur une charge d’intérêts bien plus faible, et l’opération devient perdante à écart de taux inchangé : c’est la durée restante, pas le taux affiché, qui a déplacé la frontière. Un rachat se décide sur la durée restante autant que sur le taux.
Confondre gain affiché et gain encaissé. Au régime réel, les 7 064 € annoncés valent 3 730 €. Un plan de trésorerie bâti sur le premier chiffre se trompe de 3 334 € — et c’est précisément le montant qui sert souvent à justifier la décision.
Dans quel ordre s’y prendre ?
Du gratuit vers le coûteux, et jamais l’inverse. L’ordre n’est pas une préférence de méthode : il découle du fait qu’un levier sans frais n’a pas de point mort, produit son effet dès la première échéance, ne consomme aucune capacité de négociation auprès de la banque, et laisse intacte la possibilité de faire le suivant — alors qu’un rachat engage des frais irrécupérables et ferme, pour plusieurs années, la discussion sur le taux.
Une remarque pour finir, qui explique pourquoi l’ordre est si souvent inversé. Le rachat est le levier le plus visible : il a un taux, il fait l’objet d’offres, il occupe les comparateurs, et quelqu’un est payé pour vous le vendre. L’assurance et la modulation n’ont ni vendeur ni vitrine. Ce sont pourtant, sur ce dossier, 8 216 € d’un côté et 6 242 € de l’autre, contre 7 064 € pour le rachat — et ils ne coûtent rien.
Deux démarches gratuites. Un courrier, une case à cocher.
Et c'est celui par lequel on commence
L'ordre se déduit d'une règle simple : un levier sans frais n'a pas de point mort, produit son effet dès la première échéance, et laisse intacte la possibilité de faire le suivant.
- Votre charge d'intérêts restante, calculée sur votre tableau
- Votre indemnité chiffrée au plus restrictif des deux plafonds
- Votre point mort comparé à votre horizon de détention
Questions fréquentes
Douze réponses directes sur l'ordre des leviers, la délégation d'assurance, le plafond de l'indemnité, le point mort et l'effet du régime fiscal sur le gain.
Vous hésitez entre renégocier et attendre ?
Apportez le tableau d'amortissement, l'offre de prêt et la fiche d'assurance. L'échange ne remplace ni un conseil en investissement financier ni une consultation fiscale.
Faire le point sur votre dossier01 · Par où commencer
01Par quel levier faut-il commencer ?
Par l'assurance emprunteur, systématiquement. C'est le seul des trois qui ne coûte rien, ne suppose aucune négociation et produit son effet immédiatement. Sur le dossier décrit, elle rapporte 8 216 € avant impôt, contre 7 064 € pour le rachat de prêt — lequel exige 5 834 € de frais et quatre-vingt-quinze mois pour les rembourser.02Peut-on changer d'assurance emprunteur en cours de prêt ?
Oui, à tout moment et sans frais depuis la loi du 28 février 2022, y compris pour les contrats déjà en cours. Le prêteur ne peut refuser la substitution que si le contrat proposé n'offre pas un niveau de garantie équivalent, et il doit motiver son refus. L'ancien contrat continue de courir jusqu'à l'acceptation du nouveau : la démarche n'expose à aucune interruption de couverture.03Le questionnaire de santé est-il toujours obligatoire ?
Non. Il est supprimé lorsque deux conditions cumulatives sont réunies : la part assurée n'excède pas 200 000 € par assuré sur l'encours cumulé, et le remboursement s'achève avant le soixantième anniversaire de l'assuré. Beaucoup d'investisseurs remplissent ces deux conditions sans le savoir, notamment sur un premier bien financé seul.04Pourquoi la délégation coûte-t-elle si souvent moins cher ?
Pour deux raisons qui se cumulent. La première est la tarification du profil plutôt qu'un tarif moyen appliqué à une population large. La seconde est plus mécanique et pèse au moins autant : le contrat de groupe se calcule le plus souvent sur le capital initial, la délégation sur le capital restant dû. Le premier fait payer la même prime la dernière année que la première, alors que le risque assuré a fondu.
02 · Le rachat
05Comment se calcule l'indemnité de remboursement anticipé ?
Elle est plafonnée au plus restrictif de deux montants : la valeur d'un semestre d'intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, ou 3 % du capital restant dû avant le remboursement. Sur le dossier décrit, le semestre vaut 3 134 € et les 3 % valent 4 531 € : c'est donc 3 134 € qui s'appliquent. Retenir les 3 % par défaut surestime la pénalité de 1 397 €.06Un écart d'un point de taux justifie-t-il un rachat ?
Pas en soi. Cette règle empirique ignore la durée restante, le montant des frais et le fait que la charge d'intérêts d'un prêt amortissable est déjà partiellement consommée. Sur le cas décrit, un écart de quatre-vingts centimes avec dix-sept ans à courir donne un point mort de quatre-vingt-quinze mois. Le même écart à dix ans du terme rendrait l'opération perdante, sans que le taux ait bougé.07Comment calcule-t-on le point mort d'un rachat ?
En divisant les frais totaux par l'économie mensuelle. Sur le dossier décrit, 5 834 € de frais et 61 € d'économie par mensualité donnent 95 mois, soit près de huit ans, après quoi il reste 115 mois de gain net. Ce point mort se compare à la durée pendant laquelle vous comptez conserver le bien, pas à la durée du prêt.08Les frais du rachat sont-ils déductibles ?
Sous une condition précise. L'administration admet la déduction des frais de l'emprunt substitutif, des dépenses de résiliation anticipée et des intérêts compensatoires si l'opération a effectivement permis de diminuer le montant global de la charge d'intérêts restant dus, appréciée en prenant en compte globalement les intérêts du nouvel emprunt et ces frais. Un rachat qui échoue à ce test ne fait pas gagner d'argent, et perd en outre la déduction.
03 · L'effet du régime
09L'économie a-t-elle la même valeur selon le régime fiscal ?
Non, et l'écart approche le double. Au régime réel, les intérêts sont déductibles : économiser un euro d'intérêt, c'est perdre la déduction correspondante. Avec une tranche marginale à 30 % et des prélèvements sociaux fonciers à 17,2 %, le gain de 7 064 € tombe à 3 730 €. Au micro-foncier, où les intérêts ne sont pas déduits, il reste entier. Rapport entre les deux : 1,89.10Le régime change-t-il la date du point mort ?
Non, et c'est le point le plus souvent manqué. Les frais de l'opération sont déductibles au même titre que le gain, sous la condition de charge globale : ils subissent le même abattement. Le rapport entre les deux est donc inchangé et les 95 mois restent 95 mois. Ce qui change n'est pas le moment où l'opération devient rentable, mais le montant qu'elle rapporte.
04 · En pratique
11Qu'apporte la modulation d'échéance ?
Un raccourcissement de durée, donc moins d'intérêts, sans renégocier ni payer de frais. Sur le prêt refinancé du cas décrit, majorer l'échéance de 10 % la porte à 1 047 € et ramène la durée de 210 à 185 mois : vingt-cinq mois de moins et 6 242 € d'intérêts économisés. Le gain est acquis dès la première échéance majorée, sans point mort, et la modulation à la baisse permet de revenir en arrière.12Faut-il se méfier d'une mensualité fortement abaissée ?
Oui, car elle s'obtient souvent en rallongeant la durée. La charge d'intérêts globale augmente alors, l'opération est économiquement perdante, et la condition de déduction des frais n'est plus remplie. Sur le dossier décrit, repartir sur vingt ans au lieu des 210 mois restants ferait remonter la charge d'intérêts au-delà des 61 678 € de départ, et les 5 834 € de frais deviendraient une perte sèche.
Deux démarches gratuites. Un courrier, une case à cocher.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Nous ne sommes ni courtier en crédit ni courtier en assurance et ne percevons aucune commission sur les opérations décrites ici.
Sources et date de contrôle
- Source 01
Article L313-47 du code de la consommation — remboursement anticipé — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er avril 2018. L'emprunteur peut toujours, à son initiative, rembourser par anticipation, en partie ou en totalité, les prêts régis par les sections 1 à 5 du présent chapitre. Le contrat de prêt peut interdire les remboursements égaux ou inférieurs à 10 % du montant initial du prêt, sauf s'il s'agit de son solde. L'indemnité éventuellement due au titre des intérêts non échus ne peut excéder un montant qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat, est fixé suivant un barème déterminé par décret. Le prêteur fournit gratuitement et sans tarder à l'emprunteur, après réception de la demande, les informations nécessaires à l'examen de cette faculté. Consulté le 2026-08-25.
- Source 02
Article R313-25 du code de la consommation — barème de l'indemnité de remboursement anticipé — Légifrance. Version en vigueur au 25 août 2026. L'indemnité de remboursement anticipé ne peut excéder la valeur d'un semestre d'intérêt sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, sans pouvoir dépasser 3 % du capital restant dû avant le remboursement. Le plafond applicable est le plus restrictif des deux. Pour les prêts à taux variable, une majoration est possible afin de garantir au prêteur le taux moyen initial, calculée sur la période écoulée depuis l'origine du contrat. Consulté le 2026-08-25.
- Source 03
BOI-RFPI-BASE-20-80 — Revenus fonciers, charges déductibles, intérêts et frais d'emprunt — BOFiP-Impôts. Document du 1er septembre 2017. § 190 : les frais d'emprunt doivent être regardés comme ayant le caractère de charges déductibles au même titre que le montant des intérêts de l'emprunt dont ils découlent ; sont notamment visés les frais de constitution du dossier, les frais d'inscriptions hypothécaires ou en privilège de prêteur de deniers, les sommes versées à un organisme de cautionnement, les frais de mainlevée, les agios ou commissions de banque, et les primes afférentes à un contrat d'assurance-vie ou d'assurance-décès souscrit pour garantir le remboursement de l'emprunt. § 220 : les frais liés à la souscription d'un emprunt substitutif n'ouvrent pas droit, en principe, à déduction, à l'exception des primes afférentes aux assurances ; il est toutefois admis que ces frais, les dépenses de résiliation anticipée de l'emprunt initial et, le cas échéant, les intérêts compensatoires versés en cas de renégociation d'un prêt avec le même établissement soient considérés comme déductibles si la résiliation et la souscription d'un emprunt substitutif ont effectivement permis de diminuer le montant global de la charge d'intérêts restant dus ; pour l'appréciation de cette condition, il convient de prendre en compte globalement la charge constituée par les intérêts du nouvel emprunt et les frais ci-dessus. Consulté le 2026-08-25.
- Source 04
Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l'assurance emprunteur — Légifrance. Résiliation du contrat d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais et sans attendre de date anniversaire, applicable à tous les emprunteurs y compris pour les contrats en cours depuis le 1er septembre 2022. Suppression du questionnaire de santé et de tout examen médical lorsque la part assurée sur l'encours cumulé n'excède pas 200 000 € par assuré et que l'échéance de remboursement intervient avant le soixantième anniversaire de l'assuré — les deux conditions étant cumulatives. Le prêteur ne peut refuser la substitution que si le contrat proposé n'offre pas un niveau de garantie équivalent, et doit motiver son refus. Consulté le 2026-08-25.
- Source 05
Observatoire Crédit Logement/CSA — analyse du marché du crédit immobilier, deuxième trimestre 2026 — Crédit Logement / CSA. Publication de juillet 2026. Taux moyen des crédits immobiliers du secteur concurrentiel : 3,24 % au deuxième trimestre 2026 et 3,26 % en juin 2026. Taux moyens par durée en juin 2026 : 3,12 % sur quinze ans, 3,22 % sur vingt ans, 3,30 % sur vingt-cinq ans. Durée moyenne des prêts accordés : 251 mois au deuxième trimestre 2026. Consulté le 2026-08-25.
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