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Guide de décisionVérifié le 26 août 20267 sourcesMéthode en cinq passes

Permis de louer : ni un permis, ni un label — ce que l'autorisation préalable de mise en location garantit vraiment

Les pages sur le sujet sont écrites depuis le guichet. Elles décrivent bien la procédure et manquent les deux seules choses qui changent la position d'un bailleur.

NI UN PERMIS, NI UN LABEL

Le bail survit à l'irrégularité. Le bailleur, lui, paie seul.

Louer sans autorisation est « sans effet sur le bail dont bénéficie le locataire ». Le texte le dit en toutes lettres.

  • Deux régimes qu'on confond : l'un se dépose après le bail, l'autre avant
  • Un mois de silence vaut autorisation — et ne qualifie rien
  • L'autorisation revient à chaque relocation, pas une fois pour toutes
  • Déposée pendant l'instruction du prêt, la formalité ne coûte rien

INSTRUCTION

1 mois

DÉCLARATION, APRÈS LE BAIL

15 jours

AMENDE SIMPLE

5 000 €

AMENDE AGGRAVÉE

15 000 €

COÛT D'UN DÉPÔT TARDIF

1 560 €

COÛT D'UN DÉPÔT À TEMPS

0 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Deux régimes portent des noms voisins et fonctionnent à l’envers l’un de l’autre. La déclaration se dépose « dans un délai de quinze jours suivant la conclusion du contrat de location »1 : elle ne retarde rien. L'autorisation préalable, elle, conditionne la mise en location et s’instruit avant2 : elle coûte un mois.

Au terme d’un mois sans réponse expresse, le silence vaut autorisation3. Mais cette autorisation tacite « est sans incidence sur la qualification du logement », qu’il s’agisse de sa décence ou de son caractère indigne4. Un mois de silence ne prouve rien.

Louer sans autorisation est « sans effet sur le bail dont bénéficie le locataire »4. Le locataire garde tout. Le bailleur, lui, encourt jusqu'à 5 000 € — 15 000 € en cas de nouveau manquement dans les trois ans, ou de location malgré un refus5.

Les pages qui traitent du sujet sont écrites depuis le guichet : définition, zones, pièces à fournir, sanctions. Elles décrivent correctement la procédure et manquent les deux seules choses qui changent la position d’un bailleur — que le bail survit, et que le papier obtenu ne garantit pas ce qu’on croit.

Elles confondent aussi, très souvent, les deux régimes. C’est fâcheux, parce que l’un se dépose après la signature et l’autre avant : se tromper coûte un mois de loyer sur chaque lot.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Loïc, 43 ans, chef d'équipe logistique à Amiens, qui achète un petit immeuble de trois lots à 195 000 €, plus 14 500 € de frais, dans une commune ayant instauré l’autorisation préalable. Chaque lot se loue 520 €. Il comptait signer les baux le mois suivant la remise des clés. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.

Déclaration ou autorisation : lequel s’applique chez vous ?

Le code de la construction et de l’habitation prévoit deux dispositifs distincts, institués par la même loi et souvent désignés par le même surnom. Ils n’ont pourtant ni le même moment, ni le même effet.

Deux régimes, deux calendriers opposés — et c’est le calendrier qui coûte

Déclaration ou autorisation : lequel s’applique chez vous ? — tableau 1
Momentaprès la signature du bailavant la mise en location
Délai15 jours suivant la conclusion du contratinstruction d’un mois
Document remisun récépisséune autorisation, expresse ou tacite
Décalage de mise en locationaucunun mois
Amende encourueau plus 5 000 €au plus 5 000 €, 15 000 € en cas d’aggravation
Effet de l’absence sur le bailaucunaucun

La colonne de droite est celle qu’on appelle « permis de louer ». C’est un abus de langage commode, et il induit deux erreurs : il suggère un régime national, alors que la délimitation est locale ; et il suggère un contrôle de qualité, alors que la section 03 montrera qu’il n’en est rien.

Le régime déclaratif, lui, ne coûte que l’oubli. Quinze jours après la signature, un récépissé, dont une copie est transmise au locataire. Rien à attendre, rien à décaler. Beaucoup de bailleurs qui croient subir un permis de louer sont en réalité sous ce régime-là, et s’infligent un mois d’attente sans raison.

Le surnom est trompeur sur un dernier point, et celui-là coûte cher aux bailleurs installés. Un permis, dans le langage courant, s’obtient une fois. Celui-ci non. L’autorisation se rattache à une mise en location, pas à un logement : elle se redemande à chaque locataire nouveau. Un propriétaire qui l’a obtenue à l’achat, qui a loué trois ans sans incident, qui voit partir son locataire et qui en installe un autre sans rien redéposer vient de recommencer un manquement — et si les trois ans ne sont pas écoulés depuis le premier, il est passé dans la tranche supérieure sans s’en apercevoir.

Comment savoir si son bien est concerné ?

Ni l’un ni l’autre régime n’est national. Ce sont les intercommunalités compétentes en matière d’habitat, ou à défaut les communes, qui délimitent les zones. Le texte les rattache à « l’objectif de lutte contre l’habitat indigne » et exige leur cohérence avec le programme local de l’habitat6.

Trois conséquences pratiques en découlent, et la troisième est celle qui sauve un calendrier.

  1. La réponse s’obtient auprès de la collectivité, pas d’une base nationale. Le service habitat de l’intercommunalité ou de la commune sait immédiatement si l’adresse est en zone, et sous quel régime. Un appel suffit.
  2. Le zonage peut être infra-communal. Une rue peut être concernée et la suivante non : les délibérations visent souvent des secteurs de logements dégradés, pas des communes entières.
  3. La délibération prévoit sa propre date d’entrée en vigueur, et celle-ci ne peut être fixée à moins de six mois de sa publication. Une commune qui vient de délibérer laisse donc un semestre avant que le régime ne morde — information utile pour un investisseur qui achète dans un secteur en cours de classement.

Le point de vigilance. La question se pose au service habitat avant l’offre, pas à la remise des clés. Un agent immobilier ne la pose presque jamais, un notaire la vérifie rarement d’office, et c’est le seul appel du parcours d’acquisition qui peut déplacer une mise en location d’un mois entier.

Que l’autorisation garantit-elle, au juste ?

Moins qu’on ne l’imagine, et le code prend la peine de le dire.

Tout dépend d’un mot : expresse ou tacite. Une autorisation expresse, prononcée après examen et le cas échéant après visite, dit quelque chose du logement. Une autorisation tacite, née du seul écoulement d’un délai dans un service qui n’a peut-être jamais ouvert le dossier, ne dit rien — et le code prend la peine de le préciser lui-même, ce qu’un texte ne fait que lorsque la confusion est prévisible.

Sur le principe, l’examen est large. L’autorité peut refuser ou soumettre à conditions l’autorisation « lorsque le logement ne respecte pas les caractéristiques de décence prévues à l’article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 […] ou est susceptible de porter atteinte à la sécurité des occupants et à la salubrité publique »2. La décence figure donc bien au texte, et la décision de rejet « est motivée et précise la nature des travaux ou aménagements prescrits ».

L’autorité dispose en outre d’un pouvoir de visite. Elle « peut faire procéder à toutes visites qui lui paraissent utiles pour examiner le logement », entre six heures et vingt et une heures lorsque les lieux sont habités, et l’autorisation du juge des libertés et de la détention devient nécessaire si l’occupant s’y oppose2. Un refus prononcé après visite est donc un signal sérieux, et il vaut la peine d'être lu ligne à ligne : il dit ce qu’il faut réparer.

Mais l’autorisation peut aussi naître du silence. « À défaut de notification d’une décision expresse dans un délai d’un mois à compter du dépôt de la demande », le silence vaut autorisation3. Autrement dit : un service débordé qui ne répond pas délivre la même autorisation qu’un service qui a visité.

Et c’est là que le code coupe court à toute illusion. L’autorisation délivrée à titre tacite « est sans incidence sur la qualification du logement », précise-t-il, ni quant aux caractéristiques de décence, ni quant au caractère indigne de l’habitat4.

La conséquence est directe. Un bailleur qui a obtenu son autorisation par écoulement du délai n’a reçu aucun quitus. Son locataire conserve entièrement son action en non-décence. Le maire conserve entièrement ses pouvoirs de police de l’habitat indigne — sujet que traite notre guide sur les arrêtés de mise en sécurité et d’insalubrité. Le papier obtenu prouve une chose et une seule : que la demande a été déposée et qu’aucune décision expresse n’a suivi.

Le point de vigilance. La ligne de partage n’est donc pas entre « autorisé » et « refusé », mais entre « autorisé après examen » et « autorisé par défaut ». Un bailleur a intérêt à savoir dans quel cas il se trouve, et cela se demande : un service qui a instruit le dossier notifie une décision expresse. Dans les deux cas, les diagnostics du dossier technique restent dus intégralement, et la mise aux normes de décence avec eux.

Quand faut-il déposer, dans un parcours d’acquisition ?

C’est la question qui coûte de l’argent, et c’est celle qu’aucune page ne pose, parce qu’elles décrivent la formalité depuis le guichet plutôt que depuis le projet.

Loïc a trois lots. Chaque lot suppose sa propre autorisation, et l’autorisation « doit être jointe au contrat de bail à chaque nouvelle mise en location ou relocation »7. Ce n’est donc pas une formalité qu’on accomplit une fois pour l’immeuble : elle revient à chaque rotation de locataire.

La bonne nouvelle est que les trois instructions courent en parallèle. Déposées le même jour, elles s’achèvent le même jour. La mauvaise est que le mois d’instruction s’ajoute au calendrier si l’on dépose après la remise des clés.

Le dépôt est gratuit. C’est le moment où on le fait qui se paie

Quand faut-il déposer, dans un parcours d’acquisition ? — tableau 2
Pendant l’instruction du prêt ou le délai de rétractationaucun0 €
Après la remise des clés1 mois1 560 €
Par lot1 mois520 €

Trois lots. Un mois. Zéro euro de frais de dossier. Le déséquilibre est complet : la formalité elle-même ne coûte rien, aucun timbre, aucune taxe, aucun honoraire, et pourtant elle se paie 1 560 € dès lors qu’on la déclenche trois semaines trop tard — parce qu’un logement vide ne rapporte rien pendant qu’un dossier s’instruit, et qu’un dossier s’instruit aussi bien avant la signature qu’après.

Mille cinq cent soixante euros, soit 8,3 % du loyer annuel de l’immeuble, pour une formalité qui ne coûte rien à déposer. L'écart ne tient qu'à la date.

Rien n’interdit de déposer avant d'être propriétaire, dès lors que le propriétaire actuel y consent — une clause au compromis suffit, exactement comme pour une clause suspensive négociée au compromis. Le dossier s’instruit pendant que le prêt s’instruit, et les deux aboutissent ensemble.

Reste la question du contenu. La demande se dépose sur un formulaire dont le modèle est fixé par arrêté, en mairie ou par voie électronique lorsque la collectivité l’a prévu3. Les pièces attendues varient d’une collectivité à l’autre, mais la logique est constante : l’instructeur cherche à savoir si le logement est sûr et salubre. Les diagnostics déjà réalisés par un diagnostiqueur pour la vente ou la location servent le plus souvent de base, et les faire établir tôt évite d’avoir à les commander deux fois.

Et si l’autorisation est refusée ? Le refus est motivé, et il désigne ce qui doit être corrigé. Deux voies s’ouvrent alors, dans cet ordre. La première est de faire les travaux et de redéposer : c’est la plus rapide, et c’est aussi celle qui règle le problème de fond. La seconde est le recours, gracieux auprès de l’auteur de la décision ou contentieux devant le tribunal administratif. Louer malgré le refus n’est pas une option : c’est le seul cas où l’amende de 15 000 € est encourue dès le premier manquement.

Un mot enfin sur la délégation. Un établissement intercommunal peut déléguer à ses communes membres la mise en œuvre et le suivi du dispositif sur leurs territoires respectifs6. La conséquence est pratique : l’interlocuteur n’est pas toujours celui qu’on croit, et une demande adressée au mauvais guichet n’ouvre pas le délai d’un mois.

Ce que l’absence d’autorisation change, et ne change pas

Beaucoup de bailleurs imaginent qu’un bail signé sans autorisation serait fragile, voire nul. C’est l’inverse, et le texte est sans ambiguïté : « la mise en location de locaux à usage d’habitation par un bailleur, sans autorisation préalable, est sans effet sur le bail dont bénéficie le locataire »4.

Trois conséquences, et elles vont toutes dans le même sens.

  1. Le locataire ne perd rien. Son bail court, son droit au maintien dans les lieux court, son préavis reste le sien. L’irrégularité administrative du bailleur ne lui est pas opposable.
  2. Le bailleur supporte seul la sanction. L’amende le vise lui, et le produit en est versé à la commune ou à l'établissement qui l’a prononcée.
  3. La régularisation reste possible et utile. Déposer tardivement ne rétroagit pas sur l’amende éventuelle, mais met fin au manquement — et un manquement qui dure est un manquement qui se constate.

Un dernier point, souvent mal compris : une autorisation obtenue ne fait pas obstacle à l’exercice ultérieur des pouvoirs de police sanitaire. Le maire qui a autorisé la mise en location peut parfaitement, six mois plus tard, prendre un arrêté sur le même logement si son état le justifie. L’autorisation est un feu vert administratif ponctuel, pas une immunité.

L'échelle des amendes, et ce qui la déclenche

Le code construit trois marches, et la troisième surprend souvent.

Le montant ne dépend pas de l'état du logement, mais du comportement du bailleur

L'échelle des amendes, et ce qui la déclenche — tableau 3
Mise en location sans avoir déposé la demande5 000 €
Nouveau manquement dans les trois ans15 000 €
Mise en location malgré un refus d’autorisation15 000 €
Absence de déclaration, en régime déclaratif5 000 €

Le montant maximal n’est pas le montant probable. Une commune qui découvre un bailleur de bonne foi, régularisant dès le premier courrier, ne prononce généralement rien. Celle qui découvre un immeuble entier loué sans dossier, dans un secteur classé précisément pour son habitat dégradé, applique l'échelle. La proportionnalité n’est pas une formule de style : le texte l’impose.

Trois garde-fous encadrent le prononcé, et ils méritent d'être connus. L’intéressé doit avoir été informé de la possibilité de présenter ses observations dans un délai déterminé. L’amende doit être proportionnée à la gravité des manquements. Et elle ne peut être prononcée plus d’un an après leur constatation5.

Un an. C’est court. Et le point de départ compte autant que la durée : la prescription court depuis la constatation des faits, non depuis le manquement lui-même, ce qui signifie qu’un logement loué irrégulièrement depuis quatre ans mais jamais contrôlé n’a jamais fait courir le moindre délai — l’horloge ne démarre qu’au moment où quelqu’un s’en aperçoit, et elle démarre alors pour un an seulement.

Ce dernier point est le plus utile en pratique. La prescription court depuis la constatation, non depuis le manquement : un bailleur qui régularise spontanément avant tout contrôle ne sera généralement jamais constaté, donc jamais sanctionné. La régularisation tardive vaut donc toujours mieux que l’attente.

Pour Loïc, l'échelle se lit ainsi. Trois lots loués sans autorisation, c’est jusqu'à 15 000 € au premier manquement — 9,6 mois de loyer de l’immeuble entier. En cas de nouveau manquement dans les trois ans, jusqu'à 45 000 €, soit 28,8 mois : deux ans et demi de loyer.

Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant

Aucun ne tient au droit. Quatre erreurs de calendrier ou de lecture, toutes gratuites à éviter.

Confondre les deux régimes. Croire qu’on relève de l’autorisation quand on relève de la déclaration fait perdre un mois pour rien : 1 560 € sur l’immeuble de Loïc. Croire l’inverse expose à 5 000 € par lot. Un appel au service habitat tranche en deux minutes, et c’est le premier geste du parcours.

Déposer après la remise des clés. L’instruction dure un mois pendant lequel les lots restent vides, alors que le dossier aurait pu s’instruire en parallèle du prêt. Le coût est le même — 1 560 € — pour une formalité qui, déposée trois semaines plus tôt, n’aurait rien coûté du tout.

Prendre l’autorisation tacite pour un quitus de décence. Un mois de silence administratif ne qualifie pas le logement. Le bailleur qui s’en contente et néglige la mise aux normes garde entièrement en face de lui l’action en non-décence de son locataire et la police du maire, sur un bien qu’il croit validé. Le coût ne se lit pas sur une amende mais sur des travaux différés puis imposés, et sur des mois de loyer suspendus : sur l’immeuble de Loïc, chaque mois de blocage vaut 1 560 €.

Oublier de joindre l’autorisation au bail suivant. Elle est due « à chaque nouvelle mise en location ou relocation ». Un bailleur qui l’a obtenue à l’achat et ne la renouvelle pas à la rotation suivante replonge dans le manquement — et cette fois dans le champ des 15 000 € si les trois ans ne sont pas écoulés.

Ce que la formalité coûte vraiment au rendement

Le calcul est court, et il conclut dans un sens qui n’arrange personne — ni le bailleur pressé, ni nous.

La formalité ne coûte rien. Le retard coûte 0,74 point la première année, la sanction 0,60 point pour toujours

Ce que la formalité coûte vraiment au rendement — tableau 4
Dépôt anticipé, aucun décalage8,94 %
Dépôt après la remise des clés, première année8,19 %
Exposition maximale au premier manquement réalisée8,34 %

Sur 209 500 € de prix de revient et 18 720 € de loyer annuel, l’opération ressort à 8,94 % brut : elle franchit le critère de sélection de 8 % que nous appliquons. Un dépôt tardif la ramène à 8,19 % la première année. Une amende maximale l’installe durablement à 8,34 %, puisqu’elle s’inscrit dans le prix de revient : 0,74 point perdu la première année dans un cas, 0,60 point perdu pour toujours dans l’autre.

La conclusion qui ne nous arrange pas. Il serait commode d'écrire que le permis de louer protège l’investisseur en écartant les biens dégradés. Ce n’est pas ce que dit le texte. Une autorisation tacite ne qualifie rien, une autorisation expresse porte sur la sécurité et la salubrité et non sur la décence, et l’absence d’autorisation laisse le bail intact. Ce dispositif protège le locataire et le quartier ; il ne protège pas l’acheteur, et un investisseur qui s’y fierait pour juger de l'état d’un immeuble se tromperait de document. Ce qui protège l’acheteur reste ce qui l’a toujours protégé : visiter, faire diagnostiquer, et chiffrer les travaux avant de signer. Sur les 209 500 € engagés ici, aucune ligne du dossier administratif ne remplace cette vérification-là.

Reste une remarque de gestion, pour qui délègue. L’autorisation revient à chaque relocation, et c’est typiquement la formalité qu’un bailleur oublie et qu’un gestionnaire suit. Si vous confiez la gestion locative à un professionnel, la question mérite d'être posée au mandat : qui dépose, dans quel délai, et qui supporte l’amende en cas d’oubli. La réponse ne va pas de soi, et elle se lit rarement dans les conditions générales.

UNE FORMALITÉ GRATUITE

0 € si vous déposez à temps. 1 560 € sinon.

Le dépôt ne coûte rien : ni timbre, ni taxe, ni honoraire. C'est le moment où on le fait qui se paie, en mois de loyer.

  • Le zonage peut être infra-communal, et aucune base nationale ne le recense
  • Trois lots déposés le même jour s'instruisent en un mois, pas en trois
  • La prescription court depuis la constatation, pas depuis le manquement
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur les communes concernées, la différence entre les deux régimes, les délais, la validité du bail, la décence et les amendes encourues.

Un immeuble à mettre en location ?

Apportez l'adresse et le nombre de lots. Le régime applicable se vérifie en un appel, et le calendrier de dépôt en découle.

Faire le point sur votre projet

01 · Qui est concerné

  • 01Le permis de louer est-il obligatoire partout en France ?
    Non, il n'existe aucun régime national. Ce sont les intercommunalités compétentes en matière d'habitat, ou à défaut les communes, qui délimitent les zones concernées, au regard de l'objectif de lutte contre l'habitat indigne. Le zonage peut même être infra-communal : une rue peut être visée et la suivante non. La seule façon fiable de savoir est d'appeler le service habitat de la collectivité, qui indique immédiatement si l'adresse est en zone et sous quel régime. Aucune base nationale ne permet cette vérification.
  • 02Quelle différence entre déclaration et autorisation de mise en location ?
    Le moment, et il change tout. La déclaration se dépose dans les quinze jours suivant la conclusion du bail : elle ne retarde aucune mise en location et donne lieu à un récépissé, dont une copie est transmise au locataire. L'autorisation préalable conditionne au contraire la mise en location et s'instruit avant, pendant un mois. Confondre les deux fait perdre un mois de loyer pour rien, ou expose à une amende. Les deux régimes encourent des sanctions distinctes.

02 · La procédure

  • 03Combien de temps dure l'instruction d'une demande d'autorisation ?
    Un mois à compter du dépôt. À défaut de notification d'une décision expresse dans ce délai, le silence gardé par le président de l'intercommunalité ou le maire vaut autorisation préalable de mise en location. Plusieurs demandes déposées le même jour s'instruisent en parallèle : sur un immeuble de trois lots, le délai reste d'un mois et non de trois. Rien n'interdit de déposer avant d'être propriétaire, avec l'accord du vendeur — une clause au compromis suffit.
  • 04Le bail est-il nul si je loue sans autorisation ?
    Non, et le texte est explicite : la mise en location sans autorisation préalable « est sans effet sur le bail dont bénéficie le locataire ». Le locataire conserve son bail, son droit au maintien dans les lieux et l'intégralité de ses droits. L'irrégularité administrative ne lui est pas opposable. C'est le bailleur seul qui supporte la sanction, et le produit de l'amende est versé à la commune ou à l'établissement qui l'a prononcée.

03 · La portée

  • 05Une autorisation obtenue garantit-elle que mon logement est décent ?
    Non, et c'est le point le plus mal compris. Le code précise que l'autorisation délivrée à titre tacite « est sans incidence sur la qualification du logement au regard des caractéristiques de décence ou du caractère indigne de l'habitat ». Un mois de silence administratif ne qualifie rien. Même une autorisation expresse ne certifie pas la décence : l'examen porte sur la sécurité des occupants et la salubrité publique. Le locataire conserve son action en non-décence, et le maire ses pouvoirs de police.
  • 06Quelle amende risque-t-on à louer sans autorisation ?
    Jusqu'à 5 000 € pour une mise en location sans dépôt de la demande. Le maximum passe à 15 000 € en cas de nouveau manquement dans un délai de trois ans, et à 15 000 € également lorsque le logement est loué malgré une décision de rejet. Trois garde-fous encadrent le prononcé : l'intéressé doit pouvoir présenter ses observations, l'amende doit être proportionnée à la gravité des manquements, et elle ne peut être prononcée plus d'un an après leur constatation.

04 · Les suites

  • 07Faut-il renouveler l'autorisation à chaque locataire ?
    Oui. Le texte impose que l'autorisation soit jointe au contrat de bail « à chaque nouvelle mise en location ou relocation ». Ce n'est donc pas une formalité accomplie une fois pour toutes à l'acquisition : elle revient à chaque rotation de locataire. C'est l'oubli le plus fréquent chez les bailleurs installés, et il replonge dans le champ des 15 000 € si le précédent manquement date de moins de trois ans. En gestion déléguée, la question mérite d'être tranchée au mandat.
  • 08Peut-on régulariser après avoir loué sans autorisation ?
    Oui, et c'est presque toujours le bon réflexe. La régularisation ne fait pas disparaître rétroactivement un manquement déjà constaté, mais elle y met fin — or un manquement qui perdure est un manquement qui finit par se constater. La prescription joue par ailleurs en faveur du bailleur diligent : l'amende ne peut être prononcée plus d'un an après la constatation des faits. Déposer spontanément avant tout contrôle reste donc nettement préférable à l'attente.

Le dispositif protège le locataire. Pas l'acheteur.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s'utilise sans nous : le dépôt est gratuit et le service habitat de votre collectivité répond au téléphone.

Textes relus dans leur rédaction en vigueurLoi du 9 avril 2024 prise en compteMontants du cas déclarés en hypothèse

Sources et date de contrôle

  • Source 01

    Articles L. 634-1 à L. 634-5 du code de la construction et de l'habitation — déclaration de mise en location — Légifrance. Chapitre IV du titre III. L. 634-1 : délimitation des zones soumises à déclaration par l'EPCI compétent en matière d'habitat ou, à défaut, la commune. L. 634-2 : transmission de la délibération aux organismes payeurs des aides au logement. L. 634-3 : la déclaration est effectuée « dans un délai de quinze jours suivant la conclusion du contrat de location » ; « le dépôt de la déclaration donne lieu à la remise d'un récépissé, dont une copie est transmise pour information par le propriétaire au locataire » ; « l'absence de déclaration de mise en location est sans effet sur le bail dont bénéficie le locataire ». L. 634-4 : sanctions, une amende « au plus égale à 5 000 € » pouvant être prononcée en cas de manquement aux obligations déclaratives. L. 634-5 : modalités d'application par décret. Le régime déclaratif s'accomplit donc APRÈS la signature du bail, à la différence de l'autorisation préalable. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 02

    Article L. 635-3 du code de la construction et de l'habitation — conditions de délivrance de l'autorisation — Légifrance. Version en vigueur depuis le 11 avril 2024. Alinéa 1 : « La mise en location d'un logement situé dans les zones soumises à autorisation préalable de mise en location est subordonnée à la délivrance d'une autorisation par le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat ou, à défaut, par le maire de la commune. Cette autorisation préalable ne concerne pas les logements mentionnés au second alinéa du I de l'article L. 635-1. » Alinéa 2 : l'autorité « peut refuser ou soumettre à conditions l'autorisation préalable de mise en location lorsque le logement ne respecte pas les caractéristiques de décence prévues à l'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 […] ou est susceptible de porter atteinte à la sécurité des occupants et à la salubrité publique. La décision de rejet de la demande d'autorisation préalable de mise en location est motivée et précise la nature des travaux ou aménagements prescrits pour satisfaire aux exigences précitées. » Alinéa 3 : l'autorité « peut faire procéder à toutes visites qui lui paraissent utiles pour examiner le logement » ; lorsque les lieux sont à usage d'habitation, les visites ne peuvent être effectuées qu'entre six heures et vingt et une heures ; l'autorisation du juge des libertés et de la détention est nécessaire lorsque l'occupant s'oppose à la visite. Vérification menée à la source le 2026-08-26 : le mot « décence » figure bien au texte — l'examen n'est donc pas limité à la sécurité et à la salubrité. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 03

    Article L. 635-4 du code de la construction et de l'habitation — procédure et décision tacite — Légifrance. Version en vigueur depuis le 27 mars 2014. La demande d'autorisation préalable de mise en location est adressée à l'EPCI compétent en matière d'habitat ou à la commune, selon un formulaire dont le modèle est fixé par arrêté ministériel ; elle peut être déposée par voie électronique lorsque la collectivité l'a prévu. « À défaut de notification d'une décision expresse dans un délai d'un mois à compter du dépôt de la demande d'autorisation, le silence gardé par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire vaut autorisation préalable de mise en location. » Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 04

    Article L. 635-8 du code de la construction et de l'habitation — portée de l'absence d'autorisation et de l'autorisation tacite — Légifrance. Version en vigueur depuis le 27 mars 2014, créé par la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014, article 92. Texte intégral : « La mise en location de locaux à usage d'habitation par un bailleur, sans autorisation préalable, est sans effet sur le bail dont bénéficie le locataire. L'autorisation préalable de mise en location délivrée à titre tacite est sans incidence sur la qualification du logement au regard des caractéristiques de décence ou du caractère indigne de l'habitat défini à l'article 1er-1 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement. » Deux conséquences : le bail survit à l'irrégularité, et l'autorisation obtenue par écoulement du délai ne vaut ni quitus de décence, ni protection contre la police de l'habitat indigne. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 05

    Article L. 635-7 du code de la construction et de l'habitation — sanctions — Légifrance. Version en vigueur depuis le 11 avril 2024. Lorsqu'une personne met en location un logement sans avoir préalablement déposé la demande d'autorisation prévue au chapitre, le maire de la commune exerçant la compétence ou le président de l'EPCI peut ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 5 000 €. En cas de nouveau manquement dans un délai de trois ans, le montant maximal de cette amende est porté à 15 000 €. Lorsqu'une personne met en location un logement en dépit d'une décision de rejet de sa demande, une amende au plus égale à 15 000 € peut être prononcée. Le prononcé intervient « après avoir informé l'intéressé de la possibilité de présenter ses observations dans un délai déterminé ». L'amende est proportionnée à la gravité des manquements constatés et ne peut être prononcée plus d'un an à compter de leur constatation. Le produit des amendes est intégralement versé à la commune ou à l'établissement concerné. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 06

    Article L. 635-1 du code de la construction et de l'habitation — délimitation des zones soumises à autorisation préalable — Légifrance. Modifié par la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024. L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat ou, à défaut, le conseil municipal peut délimiter des zones soumises à autorisation préalable de mise en location sur des territoires présentant une proportion importante d'habitat dégradé. Ces zones sont délimitées au regard de l'objectif de lutte contre l'habitat indigne et en cohérence avec le programme local de l'habitat en vigueur et le plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisées. La délibération précise la date d'entrée en vigueur du dispositif, « qui ne peut être fixée à un délai inférieur à six mois à compter de la publication de la délibération », ainsi que le lieu et les modalités de dépôt de la demande d'autorisation. Un EPCI peut déléguer à ses communes membres la mise en œuvre et le suivi des articles L. 635-3 à L. 635-10. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 07

    Article L. 635-5 du code de la construction et de l'habitation — autorisation jointe au bail — Légifrance. Version en vigueur depuis le 27 mars 2014. « Cette autorisation doit être jointe au contrat de bail à chaque nouvelle mise en location ou relocation. » L'obligation n'est donc pas accomplie une fois pour toutes à l'acquisition : elle revient à chaque rotation de locataire. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

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