Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 25 août 20263 sourcesMéthode en cinq passes

Restituer le dépôt de garantie : la vétusté divise la retenue par trois, et la majoration se calcule sur le loyer

La majoration de retard ne se calcule pas sur la somme retenue mais sur le loyer. Retenir 63 € de trop coûte 78 € dès la première période mensuelle — et le dépôt entier en dix mois.

L'ASSIETTE DE LA PÉNALITÉ EST LE LOYER

Un litige de 63 € produit exactement la même pénalité qu'un litige de 700 €

En asseyant la majoration sur le loyer et non sur la somme litigieuse, le législateur a rendu la rétention abusive systématiquement perdante — quel que soit le montant en jeu.

  • Les deux délais, et le seul critère qui les sépare
  • La vétusté appliquée poste par poste, devis à l'appui
  • Ce que coûte un mois, trois mois, six mois de retard
  • La seule cause qui écarte la majoration

RÉCLAMÉ AU DEVIS

2 000 €

JUSTIFIABLE APRÈS VÉTUSTÉ

717 €

SOLDE À RESTITUER

63 €

MAJORATION PAR MOIS

78 €

APRÈS SIX MOIS

468 €

COÛT SI ON GARDE TOUT

1 560 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Deux délais, selon l'état des lieux. Le dépôt se restitue dans un mois lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, dans deux mois sinon, à compter de la remise des clés1.

La majoration se calcule sur le loyer, pas sur la retenue. À défaut de restitution dans les délais, le dépôt restant dû est majoré d’une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal, pour chaque période mensuelle commencée en retard1. C’est ce qui rend une petite retenue contestée si coûteuse.

Et la vétusté divise par près de trois ce qu’on peut retenir. Le locataire ne répond pas des réparations occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure2. Sur le cas décrit, 2 000 € réclamés deviennent 717 € justifiables.

Ce guide ne traite pas de la réalisation de l'état des lieux, que notre guide sur les travaux en logement occupé aborde sous un autre angle et que la pratique documente abondamment. Il traite de ce qui vient après : combien on peut retenir, dans quel délai, et ce que coûte une erreur d’appréciation.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Émilie, cas construit et non un dossier réel : un logement loué 780 € par mois, avec un dépôt de garantie du même montant, dont le locataire part après cinq ans en laissant un état des lieux de sortie non conforme à celui d’entrée. Les devis et les durées de vie retenues sont des hypothèses déclarées, à ajuster sur votre dossier et sur la grille de vétusté annexée à votre bail.

Combien, et dans quel délai ?

Un mois de loyer au maximum, restitué en un ou deux mois selon un seul critère.

Le dépôt de garantie ne peut être supérieur à un mois de loyer en principal — charges exclues — et ne fait l’objet d’aucune révision pendant toute l’exécution du contrat, même renouvelé1. Un loyer qui augmente n’entraîne donc jamais de complément de dépôt.

La restitution intervient dans un délai maximal de deux mois à compter de la remise en main propre ou par lettre recommandée des clés au bailleur ou à son mandataire. Ce délai est ramené à un mois lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d’entrée1.

Deux précisions sur ce point de départ, parce qu’il est plus souvent mal identifié qu’on ne le croit. Le délai court à compter de la remise des clés, non de la fin du bail ni de la date de l'état des lieux : un locataire qui rend les clés trois jours après l'état des lieux décale le point de départ d’autant. Et le critère qui détermine le délai n’est pas l’existence de dégradations mais la conformité des deux états des lieux — un logement rendu en parfait état mais dont l'état des lieux mentionne une différence quelconque relève du délai de deux mois.

Un dernier élément, spécifique aux immeubles en copropriété : le bailleur peut conserver une provision ne pouvant excéder 20 % du montant du dépôt jusqu'à l’arrêté annuel des comptes de l’immeuble1. Sur un dépôt de 780 €, cela représente 156 €, et le solde de 624 € doit être restitué dans les délais ordinaires.

Que peut-on réellement retenir ?

Uniquement ce qui est dû, et uniquement ce qui est justifié.

Le texte autorise à déduire les sommes restant dues au bailleur et celles dont il pourrait être tenu, sous réserve qu’elles soient dûment justifiées1. Trois catégories entrent dans ce champ : les loyers et charges impayés, les réparations locatives non effectuées, et les dégradations imputables au locataire. La loi met en effet à sa charge l’entretien courant du logement, des équipements mentionnés au contrat, les menues réparations et l’ensemble des réparations locatives définies par décret3.

Les réparations locatives sont définies comme les travaux d’entretien courant et les menues réparations, y compris le remplacement d'éléments assimilables, consécutifs à l’usage normal des locaux et équipements à usage privatif ; le décret en donne une liste en annexe2. On y trouve les menues réparations des portes et fenêtres, le remplacement des vitres détériorées, les menus raccords de peinture, le remplacement de quelques lames de parquet, l’entretien courant des appareils.

Mais la même législation pose immédiatement la limite qui décide de tout : le locataire n’est pas tenu de ces réparations lorsqu’elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure2. Autrement dit, un poste peut figurer sur la liste des réparations locatives et n'être malgré tout pas imputable, parce que ce qui l’a rendu nécessaire est l’usure du temps et non l’usage du locataire.

Sur le plan de la preuve, l’exigence est symétrique. Un devis ne suffit pas à établir que la dégradation est imputable : il faut confronter l'état des lieux d’entrée et celui de sortie, et c’est cette confrontation, non le montant du devis, qui fonde la retenue. Un état des lieux d’entrée sommaire — la mention « bon état » sur une ligne — rend presque toute retenue indéfendable, ce qui est le meilleur argument qui soit en faveur d’un état des lieux d’entrée minutieux.

Combien la vétusté retire-t-elle du devis ?

Sur le cas d'Émilie, près des deux tiers — 64 % exactement.

Le principe est simple : on n’impute au locataire que la part de durée de vie qu’il a consommée en excès, jamais la valeur du neuf. Un revêtement en fin de vie qui devait être remplacé de toute façon ne se facture pas au partant, même s’il est effectivement remplacé après son départ.

Les trois postes réclamés, avant et après vétusté.

Remise en peinture d’une chambre : devis de 640 €, peinture posée il y a cinq ans pour une durée de vie de sept ans. Abattement de 71 %, part imputable 183 €.

Revêtement de sol du séjour : devis de 1 180 €, posé il y a sept ans pour une durée de vie de dix ans. Abattement de 70 %, part imputable 354 €.

Nettoyage de fin de bail : 180 €. Une prestation ne subit pas de vétusté, le montant reste entier.

Total réclamé : 2 000 €. Total justifiable : 717 €. Écart : 1 283 €, soit un montant réclamé 2,79 fois supérieur à ce qui peut être retenu.

Ces durées de vie ne sortent pas de nulle part, et c’est le point pratique le plus utile de ce guide : elles se fixent à l’avance, dans une grille de vétusté annexée au bail. La loi prévoit que les modalités de prise en compte de la vétusté sont déterminées par décret, après avis de la commission nationale de concertation2, et la pratique s’est organisée autour de grilles issues d’accords collectifs.

Une grille annexée au bail transforme une discussion en calcul. Sans elle, chaque poste se négocie au cas par cas, le bailleur retient au neuf, le locataire conteste tout, et l’affaire se règle au rapport de force. Avec elle, les deux parties appliquent le même abattement et l'écart se réduit à des faits vérifiables.

Pourquoi une petite retenue coûte si cher

Parce que la pénalité ne se calcule pas sur ce qu’on retient, mais sur ce qu’on loue.

Le texte est net : à défaut de restitution dans les délais, le dépôt de garantie restant dû au locataire est majoré d’une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal, pour chaque période mensuelle commencée en retard1. L’assiette est le loyer. Elle ne dépend ni du montant retenu, ni de la gravité de l’erreur, ni de la bonne foi du bailleur.

Sur le loyer d'Émilie, cela fait 78 € par mois commencé. Rapporté au solde de 63 € qu’elle aurait dû restituer, l’arithmétique est brutale.

Ce que le retard coûte, contre un solde dû de 63 €. Après un mois : 78 €, soit déjà 1,2 fois la somme retenue. Après trois mois : 234 €, soit 3,7 fois. Après six mois : 468 €, soit 7,4 fois. Après douze mois : 936 €, soit 14,8 fois.

Il suffit d’une seule période mensuelle de retard pour que la pénalité dépasse la somme litigieuse.

Le raisonnement se prolonge dans le cas le plus courant de tous : le bailleur qui conserve l’intégralité du dépôt par précaution, en attendant d’y voir clair. Il retient 780 € là où 717 € étaient justifiés. Si le litige dure, la majoration atteint le montant du dépôt en dix mois : il devra alors restituer 780 € et payer 780 € de majoration, soit 1 560 € — c’est-à-dire 2,18 fois ce qu’il pouvait légitimement retenir au départ.

Une exception existe, et elle est la seule protection réelle du bailleur : la majoration n’est pas due lorsque l’origine du défaut de restitution résulte de l’absence de transmission par le locataire de l’adresse de son nouveau domicile1. D’où un réflexe qui coûte trente secondes : faire porter la nouvelle adresse sur l'état des lieux de sortie, ou conserver la preuve qu’elle n’a pas été communiquée.

Dans quel ordre faut-il calculer ?

Quatre étapes, et la première n’est pas celle qu’on croit.

La tentation naturelle consiste à additionner les devis, à les comparer au dépôt, et à conclure qu’il n’y a rien à rendre. Sur le dossier d'Émilie, cette méthode donne 2 000 € contre 780 € : rien à restituer, et la conviction d'être largement dans son droit. Elle est fausse à chaque étape.

Le bon ordre est le suivant. Un : appliquer la vétusté poste par poste, ce qui ramène les 2 000 € à 717 €. Deux : comparer au dépôt de 780 €, ce qui laisse un solde de 63 €. Trois : si l’immeuble est en copropriété, retenir éventuellement une provision, dans la limite de 20 % du dépôt — soit 156 €, plafond qui absorbe ici la totalité des 63 €. Quatre : restituer le solde après l’arrêté annuel des comptes.

La différence entre les deux méthodes n’est pas de 63 €. Elle est de 63 € plus la majoration, plus les frais de la procédure que le locataire engagera, plus le temps passé — et notre guide sur les loyers impayés montre que le coût d’un contentieux locatif, quel qu’en soit l’objet, dépasse presque toujours l’enjeu qui l’a déclenché.

Un mot sur la forme, qui compte autant que le fond : les retenues doivent être justifiées, ce qui suppose de transmettre au locataire le décompte, les devis ou factures, et le rapprochement des deux états des lieux. Un solde restitué sans explication, même exact, laisse le locataire sans moyen de vérifier — et l’incite à contester.

Colocation, meublé, départ anticipé : ce qui change

Trois situations méritent d'être distinguées, parce que la règle générale s’y applique différemment.

En colocation, le dépôt est unique lorsque le bail l’est, et il ne se restitue qu’au départ du dernier occupant. Un colocataire qui part n’a donc aucun droit à récupérer sa part auprès du bailleur : il la récupère, s’il le peut, auprès de celui qui le remplace. C’est une source de conflit permanente, que notre guide sur la colocation, sa solidarité et son rendement replace dans l’ensemble du régime — et qu’un simple paragraphe au bail, prévoyant les modalités de ce rachat entre colocataires, désamorce.

En location meublée, le plafond du dépôt est porté à deux mois de loyer en principal, ce qui double l’assiette de la retenue sans changer la règle de la majoration : celle-ci reste calculée sur 10 % du loyer mensuel. Le rapport entre le risque et l’enjeu s’améliore donc légèrement, mais l’inventaire du mobilier devient la pièce décisive — le mobilier subit une vétusté rapide, et notre budget d’ameublement en location meublée donne les durées de vie usuelles des équipements.

En cas de départ anticipé pendant le préavis, enfin, le point de départ reste la remise des clés. Un locataire qui libère les lieux un mois avant la fin de son préavis mais conserve les clés ne déclenche rien ; celui qui les rend déclenche le délai, même s’il reste redevable du loyer jusqu’au terme du préavis. Ces deux dettes se compensent, mais elles ne se confondent pas : le loyer restant dû se déduit du dépôt au titre des sommes restant dues, et ne repousse pas l'échéance de restitution.

Qui fait quoi

Quatre interlocuteurs, et deux d’entre eux décident du sort de la retenue avant même le départ du locataire.

Le gestionnaire, lorsqu’il y en a un, réalise les états des lieux et détient donc la pièce qui fonde tout. La qualité de l'état des lieux d’entrée décide de ce qui sera défendable cinq ans plus tard, et c’est un point à regarder dans le mandat autant que le taux d’honoraires — sujet que notre comparatif de la gestion en agence ou en direct traite en détail.

L'artisan établit le devis, et il l'établit toujours au neuf, parce que c’est ce qu’on lui demande. Ce n’est pas à lui d’appliquer la vétusté ; c’est au bailleur de le faire, et de le montrer dans son décompte.

Le syndic détermine la date de l’arrêté annuel des comptes, qui borne la provision de 20 %. Un bailleur qui invoque cette provision sans connaître cette date s’expose à la conserver trop longtemps.

Le commissaire de justice intervient si l'état des lieux ne peut être établi contradictoirement. Son constat coûte, mais il vaut preuve — et sur un dossier où 1 283 € séparent le réclamé du justifiable, la question mérite d'être posée avant le départ, pas après.

Le conciliateur de justice, enfin, est gratuit et souvent décisif. Sur un litige à 63 € de principal et 78 € de majoration mensuelle, aucune des deux parties n’a intérêt à un contentieux, et un tiers suffit généralement à faire appliquer le calcul que ce guide décrit.

Ce qui coûte cher aux bailleurs

Cinq erreurs, et elles se produisent toutes dans le même mois.

Retenir au neuf. Les 2 000 € de devis deviennent 717 € une fois la vétusté appliquée. Retenir le montant des devis expose à restituer 1 283 € de trop, majoration en sus.

Garder tout par précaution. C’est le réflexe le plus coûteux du sujet : conserver 780 € au lieu de 717 € fait courir 78 € par mois, et la majoration atteint le montant du dépôt en dix mois — 1 560 € au total.

Croire que la majoration porte sur la somme retenue. Elle porte sur le loyer. Un litige de 63 € produit exactement la même pénalité qu’un litige de 700 €, ce qui rend absurde toute rétention de petit montant.

Se tromper de point de départ. Le délai court à compter de la remise des clés, pas de la fin du bail ni de l'état des lieux. Trois jours d'écart peuvent faire basculer dans une période mensuelle supplémentaire, soit 78 €.

Ne pas recueillir la nouvelle adresse. C’est la seule cause qui écarte la majoration. Une ligne sur l'état des lieux de sortie protège d’une pénalité qui atteint 936 € au bout d’un an.

Comment procéder ?

Six gestes, dont deux se font des années à l’avance.

Une remarque pour finir sur l'économie de ce sujet. Le dépôt de garantie est la plus petite somme du dossier locatif : un mois de loyer, mobilisé pendant des années, restitué en une fois. C’est aussi celle qui produit le plus de contentieux, et l’explication tient entièrement dans la règle de calcul de la majoration.

En asseyant la pénalité sur le loyer et non sur la somme litigieuse, le législateur a rendu la rétention abusive systématiquement perdante, quel que soit le montant en jeu. Un bailleur qui retient 63 € de trop risque exactement ce que risque celui qui en retient 700. La conclusion pratique s'écrit en une ligne : on ne retient que ce qu’on peut justifier, et on rend le reste avant l'échéance.

DEUX GESTES QUI SE FONT DES ANNÉES À L'AVANCE

La grille de vétusté et l'état des lieux d'entrée

Une grille annexée au bail transforme la discussion de sortie en calcul. Un état des lieux d'entrée sommaire rend presque toute retenue indéfendable cinq ans plus tard.

  • Votre grille de vétusté annexée dès la signature
  • Votre décompte de sortie justifié poste par poste
  • Votre délai de restitution calculé sur la bonne date
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Douze réponses directes sur le montant du dépôt, les délais de restitution, les retenues justifiables, la vétusté et la majoration de retard.

Un locataire conteste votre décompte de sortie ?

Apportez les deux états des lieux, les devis et la date de remise des clés. L'échange ne remplace pas une consultation juridique.

Faire le point sur votre dossier

01 · Montant et délais

  • 01Quel est le montant maximal du dépôt de garantie ?
    Un mois de loyer en principal, charges exclues, en location nue. Il ne fait l'objet d'aucune révision pendant l'exécution du contrat, même renouvelé : un loyer qui augmente n'entraîne jamais de complément de dépôt. En location meublée, le plafond est porté à deux mois de loyer en principal.
  • 02Dans quel délai faut-il restituer le dépôt ?
    Deux mois à compter de la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, ramenés à un mois lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée. Le point de départ est la remise des clés, non la fin du bail ni la date de l'état des lieux — trois jours d'écart peuvent faire basculer dans une période mensuelle supplémentaire.
  • 03Que peut-on retenir sur le dépôt ?
    Les sommes restant dues au bailleur et celles dont il pourrait être tenu, sous réserve qu'elles soient dûment justifiées : loyers et charges impayés, réparations locatives non effectuées, dégradations imputables au locataire. Un devis ne suffit pas à établir l'imputabilité : c'est la confrontation des deux états des lieux qui fonde la retenue.

02 · La vétusté

  • 04Comment applique-t-on la vétusté ?
    En n'imputant au locataire que la part de durée de vie qu'il a consommée en excès, jamais la valeur du neuf. Sur le cas décrit, une peinture de 640 € posée il y a cinq ans pour une durée de vie de sept ans subit un abattement de 71 % : la part imputable tombe à 183 €. Un revêtement de 1 180 € posé il y a sept ans pour dix ans de vie tombe à 354 €.
  • 05Combien la vétusté fait-elle perdre au bailleur ?
    Sur le cas décrit, 2 000 € de devis deviennent 717 € justifiables — un écart de 1 283 €, le montant réclamé valant 2,79 fois ce qui peut être retenu. Le locataire n'est pas tenu des réparations occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure, même lorsqu'elles figurent sur la liste des réparations locatives.

03 · La majoration

  • 06Comment se calcule la majoration de retard ?
    Sur le loyer, et non sur la somme retenue. À défaut de restitution dans les délais, le dépôt restant dû est majoré d'une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal, pour chaque période mensuelle commencée en retard. Sur un loyer de 780 €, cela représente 78 € par mois commencé, quel que soit le montant du litige.
  • 07Que coûte un petit litige non réglé ?
    Beaucoup plus que le litige lui-même. Contre un solde dû de 63 €, la majoration atteint 78 € après un mois — soit déjà 1,2 fois la somme retenue —, 234 € après trois mois, 468 € après six et 936 € après douze. Une seule période mensuelle suffit à ce que la pénalité dépasse l'enjeu.
  • 08Que risque un bailleur qui conserve tout le dépôt ?
    Sur le cas décrit, il retient 780 € là où 717 € étaient justifiés. La majoration atteint le montant du dépôt en dix mois : il devra alors restituer 780 € et payer 780 € de majoration, soit 1 560 € au total — 2,18 fois ce qu'il pouvait légitimement retenir au départ.
  • 09Existe-t-il un cas où la majoration n'est pas due ?
    Un seul : lorsque l'origine du défaut de restitution résulte de l'absence de transmission par le locataire de l'adresse de son nouveau domicile. D'où un réflexe qui coûte trente secondes — faire porter la nouvelle adresse sur l'état des lieux de sortie, ou conserver la preuve qu'elle n'a pas été communiquée.

04 · Cas particuliers

  • 10Peut-on conserver une part du dépôt en copropriété ?
    Oui, une provision ne pouvant excéder 20 % du montant du dépôt, jusqu'à l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble. Sur un dépôt de 780 €, cela représente 156 € au maximum, le solde de 624 € devant être restitué dans les délais ordinaires. Encore faut-il connaître la date de cet arrêté, que détient le syndic.
  • 11Comment se restitue le dépôt en colocation ?
    Lorsque le bail est unique, le dépôt l'est aussi et ne se restitue qu'au départ du dernier occupant. Un colocataire qui part n'a donc aucun droit à récupérer sa part auprès du bailleur : il la récupère, s'il le peut, auprès de celui qui le remplace. Un paragraphe au bail prévoyant les modalités de ce rachat entre colocataires désamorce le conflit.
  • 12Que faut-il transmettre au locataire ?
    Un décompte justifié : les devis ou factures, et le rapprochement des deux états des lieux poste par poste. Les retenues doivent être dûment justifiées, et un solde restitué sans explication — même exact — laisse le locataire sans moyen de vérifier, ce qui l'incite à contester.

On ne retient que ce qu'on justifie. On rend le reste avant l'échéance.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif incluant la mise en gestion, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de calcul, y compris pour un bailleur qui gère seul.

Pas une consultation juridiqueTextes relus en vigueurDevis et durées de vie déclarés en hypothèse

Sources et date de contrôle

  • Source 01

    Article 22 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — dépôt de garantie — Légifrance. Version en vigueur depuis le 27 mars 2014. Le dépôt de garantie ne peut être supérieur à un mois de loyer en principal et ne doit faire l'objet d'aucune révision durant l'exécution du contrat de location, éventuellement renouvelé. Il est restitué dans un délai maximal de deux mois à compter de la remise en main propre, ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, des clés au bailleur ou à son mandataire, déduction faite, le cas échéant, des sommes restant dues au bailleur et des sommes dont celui-ci pourrait être tenu, sous réserve qu'elles soient dûment justifiées. Ce délai est ramené à un mois lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée. Lorsque le logement est situé dans un immeuble collectif, le bailleur peut conserver une provision ne pouvant excéder 20 % du montant du dépôt de garantie jusqu'à l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble. À défaut de restitution dans les délais prévus, le dépôt de garantie restant dû au locataire est majoré d'une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal, pour chaque période mensuelle commencée en retard ; cette majoration n'est pas due lorsque l'origine du défaut de restitution résulte de l'absence de transmission par le locataire de l'adresse de son nouveau domicile. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 02

    Décret n° 87-712 du 26 août 1987 relatif aux réparations locatives — Légifrance. Article 1er : sont des réparations locatives les travaux d'entretien courant et de menues réparations, y compris les remplacements d'éléments assimilables auxdites réparations, consécutifs à l'usage normal des locaux et équipements à usage privatif ; ont notamment le caractère de réparations locatives les réparations énumérées en annexe au décret, laquelle vise notamment les menues réparations des portes et fenêtres et le remplacement des vitres détériorées, les menus raccords de peintures, le remplacement de quelques lames de parquet et la pose de raccords de moquette, ainsi que l'entretien courant et les menues réparations des appareils. Le locataire n'est toutefois pas tenu de ces réparations lorsqu'elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure, conformément au d de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989, dont les modalités de prise en compte de la vétusté sont déterminées par décret en Conseil d'État après avis de la commission nationale de concertation. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 03

    Article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — obligations du locataire — Légifrance. Le d met à la charge du locataire l'entretien courant du logement, des équipements mentionnés au contrat et les menues réparations ainsi que l'ensemble des réparations locatives définies par décret en Conseil d'État, sauf si elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure. Les modalités de prise en compte de la vétusté de la chose louée sont déterminées par décret en Conseil d'État après avis de la Commission nationale de concertation. Consulté le 2026-08-25.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif incluant la mise en gestion, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de calcul, y compris pour un bailleur qui gère seul. Les règles citées le sont au texte en vigueur ; les devis, les durées de vie et le rythme de dégradation sont des hypothèses déclarées et se recalculent sur votre dossier et sur la grille annexée à votre bail. Ce guide n’est pas une consultation juridique.</p