La colocation : le brut double, le net gagne 42 %, et une seule chambre vide renverse tout
Sur le même T4, la colocation rapporte 3 776 € de plus par an que la location familiale — soit 42 % et non les 103 % que le loyer brut laisse espérer. Et cet écart tient à une hypothèse unique : que toutes les chambres se louent.
LA MOYENNE RASSURE, LA CONCENTRATION TUE
Il faudrait 12,7 semaines de vide par chambre pour annuler l'avantage, et une seule chambre invendable y suffit
Parce qu'une chambre structurellement invendable ne perd pas quelques semaines : elle en perd cinquante-deux. Le net tombe alors sous celui de la location familiale.
- Le brut double, le net gagne 42 % : où passe la différence
- La vacance comptée en semaines-chambre, pas en mois
- Baux multiples : pourquoi c'est juridiquement une division
- La solidarité du sortant, et comment on la perd en signant
ÉCART DE LOYER BRUT
+103 %
ÉCART DE RÉSULTAT NET
+42 %
GAIN ANNUEL
3 776 €
CHARGES SPÉCIFIQUES
5 250 €
SEUIL DE VACANCE
12,7 sem.
UNE CHAMBRE VIDE
−964 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le brut double, le net gagne 42 %. Sur le cas chiffré ici, 3 776 € de plus par an après vacance et charges spécifiques, soit un rendement net de 7,48 % contre 5,29 %. C’est considérable, et cela reste très en dessous de ce que le loyer affiché laisse croire.
Le risque n’est pas la vacance moyenne, c’est la vacance concentrée. Il faudrait 12,7 semaines de vide par chambre et par an pour annuler l’avantage. Mais une chambre invendable toute l’année, à elle seule, fait passer la colocation sous la location familiale.
Le choix du bail n’est pas administratif. Des baux multiples font juridiquement du logement une division, soumise au code de la construction : en dessous de 14 m² et 33 m³, la division est interdite2, et la mise en location de tels locaux est punie de deux ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende3.
Ce guide ne traite pas du choix du régime fiscal, que notre guide sur la fiscalité de la location meublée couvre en détail. Il traite de la décision d’exploitation : faut-il colouer ce bien plutôt que le louer à un ménage, et sous quelle forme de bail.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Lucie, cas construit et non un dossier réel : un T4 de 78 m² revenant à 172 000 € frais inclus, qui se loue 780 € par mois à un ménage ou se divise en quatre chambres à 395 € charges comprises. Les durées de séjour et les délais de relocation retenus sont des hypothèses déclarées, et ce sont précisément celles qu’il faut adapter à son marché. Tout se recalcule sur le vôtre.
Pourquoi le loyer brut double-t-il ?
Parce qu’on ne vend plus la même chose.
Un ménage loue des mètres carrés et paie au mètre carré : 780 € pour 78 m², soit dix euros du mètre. Un colocataire loue une chambre et l’usage de communs, et il paie pour un service — meublé, équipé, charges comprises, sans engagement long. Sur le marché de Lucie, cette chambre se loue 395 € charges comprises, ce qui donne 1 580 € par mois pour le même appartement.
En année pleine, l'écart se lit brutalement : 9 360 € contre 18 960 €, soit 9 600 € de plus, un doublement à 103 %. Rapporté au prix de revient de 172 000 €, le rendement brut passe de 5,44 % à 11,02 %.
C’est ce chiffre-là qui circule, et c’est celui qui décide beaucoup d’achats. Il n’est pas faux. Il est simplement incomplet, parce qu’il compare un loyer hors charges à un loyer charges comprises, et qu’il ignore trois choses que la colocation consomme et que la location familiale ne consomme pas : de la vacance, du mobilier, et du temps. Notre méthode de calcul du rendement brut, net et net-net pose le cadre général ; ce guide l’applique au cas particulier où le locataire n’est plus un mais quatre.
La vacance ne se compte pas en mois, mais en semaines-chambre
C’est le changement de dénominateur qui rend le sujet contre-intuitif.
Dans une location familiale, la vacance est un événement rare et gros : un locataire part tous les trois ou quatre ans, et il faut cinq semaines pour relouer. Sur l’année moyenne, cela fait 1,5 semaine perdue sur 52, soit un taux de vacance de 2,8 %.
Dans une colocation, la vacance est un événement fréquent et petit. Quatre chambres dont chacune tourne tous les quinze mois, plus trois semaines pour la reprendre : le cycle complet d’une chambre dure 68 semaines, dont trois de vide. Cela donne 3,1 départs par an et 9,2 semaines-chambre perdues sur les 208 que compte l’année — soit 4,4 %. Compter les rotations sur la seule durée d’occupation, en oubliant que la relocation fait partie du cycle, surestime leur fréquence et fausse tout le reste.
Le taux est plus élevé, mais à peine, et l’intuition qui veut que la colocation soit « beaucoup plus risquée » ne résiste pas au calcul. Elle est surtout plus fréquemment sollicitée : 3,1 relocations par an contre une tous les trois ans et demi, c’est un rythme de travail différent, pas un risque différent. Notre guide sur le calcul du risque de vacance locative détaille la manière d’estimer ces durées sur son propre marché plutôt que de reprendre des moyennes.
Il y a toutefois une asymétrie que la moyenne cache, et nous y reviendrons : quatre chambres qui perdent chacune un peu plus de deux semaines ne coûtent pas la même chose qu’une chambre qui reste vide un an pendant que les trois autres tournent parfaitement. La moyenne est identique. Le résultat, non.
Qu’est-ce que la colocation coûte en plus ?
Cinq postes, dont un seul est vraiment gros.
Le premier est le plus évident et le plus oublié dans les comparaisons : les fluides et l’accès internet. Un loyer charges comprises signifie que le bailleur paie l'électricité, l’eau, le chauffage et la connexion. Sur le cas de Lucie, cela représente 2 460 € par an, entièrement absents du calcul familial où le locataire ouvre ses propres contrats.
Le deuxième est le mobilier. Quatre chambres équipées plus des communs vivables, cela représente 11 200 € au départ, qu’il faut amortir sur une durée réaliste — sept ans donnent 1 600 € par an. Notre budget d’ameublement en location meublée détaille les postes et les niveaux de gamme qui tiennent la rotation.
Les trois derniers sont plus modestes mais réels : 400 € de renouvellement et de casse, 70 € de sur-prime d’assurance — la colocation sort du contrat propriétaire non occupant standard, comme l’explique notre comparatif des assurances du bailleur —, et 720 € de ménage des parties communes, poste qu’il vaut mieux assumer que confier aux colocataires si l’on tient à la durée de vie du logement.
Total des charges spécifiques : 5 250 € par an. C’est ce montant, et non la vacance, qui absorbe l’essentiel de l'écart de loyer.
Ce qui reste vraiment
Le brut doublait. Le net progresse de 42 %.
Du côté familial : 9 360 € de loyers, moins 2,8 % de vacance, soit 9 098 €. Du côté colocation : 18 960 € de loyers, moins 4,4 % de vacance, moins 5 250 € de charges spécifiques, soit 12 874 €.
L'écart s'établit à 3 776 € par an. Le rendement net de vacance et de charges passe de 5,29 % à 7,48 %, ce qui reste un écart considérable — deux points et deux dixièmes sur un actif immobilier, cela ne se trouve pas ailleurs facilement.
Deux lectures de ce résultat sont possibles, et les deux sont vraies. La première : la colocation tient ses promesses, et 42 % de résultat en plus justifient largement le travail supplémentaire. La seconde : le doublement du brut s’est transformé en 42 % de net, ce qui signifie que six euros sur dix de l'écart de loyer sont absorbés avant d’arriver au propriétaire. Un plan d’acquisition bâti sur le rendement brut affiché se trompe de moitié.
Le mobilier, pour finir sur ce point, se récupère en 3,0 ans d'écart net. Ce n’est pas un investissement lourd rapporté à ce qu’il débloque, et c’est un argument que l’on entend rarement dans les discussions sur l’ameublement.
À partir de quand l’avantage disparaît-il ?
La question se résout exactement, et la réponse est rassurante avant d'être inquiétante.
Cherchons le nombre de semaines de vide par chambre et par an qui ramènerait le net de la colocation au niveau du net familial. L'équation est simple : le loyer brut multiplié par le taux d’occupation, moins les charges spécifiques, doit égaler 9 098 €. Elle donne 12,7 semaines par chambre et par an, soit un taux de vacance de 24,3 %.
Comparé aux 2,3 semaines observées dans nos hypothèses, cela laisse 10,4 semaines de marge. Autrement dit, il faudrait que chaque chambre reste vide trois mois par an pour que l’opération cesse d'être supérieure. La marge est confortable, et elle explique pourquoi la colocation résiste bien à des marchés qui se tendent.
Sauf que la vacance ne se répartit pas. Reprenons les mêmes 12,7 semaines de marge, mais concentrées : une seule chambre invendable, vide toute l’année, pendant que les trois autres tournent normalement. Le net tombe à 8 134 €, soit 964 € de moins que la location familiale. Deux chambres dans ce cas, et l'écart atteint 5 704 € en défaveur de la colocation.
La moyenne disait 24,3 % de tolérance. La réalité dit qu’une chambre sur quatre suffit, parce qu’une chambre structurellement invendable ne perd pas quelques semaines : elle perd cinquante-deux.
Ce qui rend une chambre invendable est rarement mystérieux : neuf mètres carrés sans fenêtre correcte, une pièce de passage, un accès par la chambre voisine, une exposition sur cour à un mètre du mur d’en face. Ces défauts se voient à la visite d’achat, et ils ne se corrigent pas. C’est la raison pour laquelle un T4 dont la quatrième chambre est mauvaise doit être évalué comme un T3 en colocation, pas comme un T4 avec une chambre à décote.
Bail unique ou baux multiples ?
Ce choix a l’air d’une formalité de rédaction. C’est en réalité le point le plus lourd de conséquences du dossier.
La loi définit la colocation comme la location d’un même logement par plusieurs locataires qui y établissent leur résidence principale, formalisée « par la conclusion d’un contrat unique ou de plusieurs contrats entre les locataires et le bailleur »1. Les deux voies sont donc ouvertes, et elles n’engagent pas du tout la même chose.
Le bail unique ne divise rien. Le logement reste un logement, loué à plusieurs personnes qui signent ensemble, et c’est la clause de solidarité qui rend alors chacun redevable de la totalité du loyer en cas de défaillance de l’un d’eux — là où des baux individuels ne tiennent chacun que pour sa part5. Les règles de décence s’appliquent au logement dans son ensemble, sans exigence de surface par chambre au-delà du droit commun. C’est la voie souple, et c’est celle de la grande majorité des colocations.
Les baux multiples font basculer le logement dans un autre régime. La loi le dit sans ambiguïté : lorsque la colocation est formalisée par plusieurs contrats, elle constitue une division du logement, soumise aux exigences du code de la construction et de l’habitation1. Par dérogation, les espaces privatifs doivent alors atteindre au moins 9 m² et 20 m³1.
Cette dérogation ne se comprend qu’en regardant la règle générale à laquelle elle déroge. Le code de la construction interdit toute division d’immeuble mettant à disposition des locaux d’habitation d’une superficie et d’un volume habitables inférieurs à 14 m² et 33 m³, ainsi que ceux dépourvus d’alimentation en eau potable, d'évacuation des eaux usées ou d’accès à l'électricité2. Mettre en vente ou en location des logements issus d’une division opérée en violation de cette interdiction est puni de deux ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende3.
Une commune ou un établissement intercommunal peut en outre soumettre à autorisation préalable les travaux conduisant à la création de plusieurs locaux d’habitation, dans les zones d’habitat dégradé ou dans des secteurs délimités par le plan local d’urbanisme4. La demande se dépose auprès du président de l’intercommunalité ou du maire, et le silence gardé quinze jours vaut autorisation4.
Sur le T4 de Lucie, la question se pose concrètement. Quatre privatifs au minimum légal de 9 m² laissent 42 m² de communs sur 78, ce qui est très confortable — le seuil ne mord donc pas. Mais si elle opte pour des baux multiples et qu’un privatif tombe sous 9 m² après cloisonnement, elle ne se met pas en irrégularité contractuelle : elle sort de la dérogation et retombe dans le régime de la division, dont le seuil est de 14 m² et dont la sanction est pénale.
Ce que la clause de solidarité couvre, et pendant combien de temps
C’est la protection principale du bailleur en bail unique, et elle a une date de péremption précise.
La règle tient en deux branches. La solidarité d’un colocataire qui donne congé, et celle de la personne qui s’est portée caution pour lui, prennent fin à la date d’effet du congé lorsqu’un nouveau colocataire figure au bail. À défaut, elles s'éteignent au plus tard à l’expiration d’un délai de six mois après la date d’effet du congé1.
Deux conséquences pratiques en découlent, et elles vont dans des directions opposées.
La première est favorable au bailleur : tant qu’aucun remplaçant n’a signé, le sortant reste tenu six mois. Sur le cas de Lucie, cela représente 2 370 € de loyer couvert par colocataire sortant, et jusqu'à 9 480 € si les quatre partaient sans être remplacés. C’est une garantie substantielle, souvent supérieure au dépôt de garantie.
La seconde va dans l’autre sens, et c’est celle qu’on oublie : faire entrer un remplaçant éteint immédiatement la solidarité du sortant. Un bailleur pressé de relouer une chambre, qui signe un avenant avec le nouvel arrivant sans avoir soldé les comptes du partant, perd le jour même son recours contre lui. L’ordre des opérations n’est pas indifférent : on solde, puis on remplace.
Un troisième point, souvent ignoré, concerne l’acte de cautionnement lui-même. L’engagement de la caution doit identifier le colocataire dont le départ met fin à son engagement, à peine de nullité1. Un acte de caution générique, rédigé pour « la colocation », s’expose donc à être écarté — et le bailleur découvre alors qu’il n’a pas de caution du tout.
Enfin, la loi ouvre pour les charges une option qui simplifie beaucoup la gestion : elles peuvent être récupérées soit par provisions avec régularisation annuelle, soit sous forme d’un forfait versé avec le loyer, qui ne donne lieu à aucun complément ni régularisation1. Le forfait ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport aux charges réelles, et il se révise dans les mêmes conditions que le loyer. Notre guide sur les charges récupérables et la régularisation annuelle montre ce que cette option fait gagner en temps et ce qu’elle fait perdre quand les coûts de l'énergie montent.
Qui vérifie quoi
La colocation mobilise plus d’interlocuteurs que la location classique, et leurs compétences ne se recouvrent pas.
L'agent immobilier connaît le loyer par chambre pratiqué dans le quartier, donnée qui n’existe dans aucune base publique et qui décide de tout le calcul. Il connaît aussi, ce qui compte autant, le délai réel de relocation d’une chambre selon la saison — un départ en juin et un départ en novembre ne se remplacent pas dans les mêmes délais.
Le gestionnaire qui accepte la colocation la facture plus cher que la location classique, et c’est justifié : quatre entrées et sorties par an, quatre états des lieux, quatre dossiers, un forfait de charges à piloter. Un mandat au même taux qu’un T2 familial signale généralement que le gestionnaire n’a pas mesuré la charge.
L'artisan intervient si le projet suppose de cloisonner. C’est là que le seuil de 9 m² se joue, et une cloison mal placée peut faire basculer un privatif sous le seuil sans que personne ne s’en rende compte avant un contrôle.
Le syndic détient le règlement de copropriété, qui peut comporter une clause d’habitation bourgeoise ou limiter le nombre d’occupants. La colocation n’est pas une activité commerciale et ne tombe pas sous les mêmes interdictions que la location touristique, mais le règlement mérite d'être lu avant l’achat plutôt qu’après.
L'expert-comptable, enfin, arbitre le régime et l’amortissement du mobilier, dont on a vu qu’il pèse 1 600 € par an dans le résultat.
Ce qui coûte cher aux bailleurs
Cinq erreurs reviennent, de la plus discrète à la plus lourde.
Acheter sur le rendement brut. Les 11,02 % affichés deviennent 7,48 % une fois la vacance et les charges spécifiques comptées. Un prix d’achat négocié sur le premier chiffre paie 5 250 € de charges annuelles que le vendeur n’a pas mentionnées.
Compter la quatrième chambre comme les trois autres. Une chambre invendable ne décote pas, elle disparaît. Elle fait tomber le net à 8 134 €, soit 964 € en dessous de la location familiale — l’opération devient perdante alors que le rendement moyen affiché reste flatteur.
Signer avec le remplaçant avant de solder le sortant. L’arrivée d’un nouveau colocataire au bail éteint immédiatement la solidarité du partant. Ce sont jusqu'à 2 370 € de garantie par sortant qui s'évaporent le jour de la signature, et l’ordre des opérations est la seule chose qui les préserve.
Rédiger une caution générique. L’acte doit désigner le colocataire dont le départ met fin à l’engagement, à peine de nullité. Une caution nulle, c’est le même montant de 2 370 € perdu, avec en prime la découverte tardive qu’il n’y avait aucune garantie.
Cloisonner sans vérifier les seuils. C’est la seule erreur du dossier dont la sanction n’est pas financière mais pénale : deux ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende pour la mise en location de locaux issus d’une division irrégulière. Rapporté aux 3 776 € que l’opération rapporte annuellement, cette amende représente vingt années de gain.
Comment décider ?
En six vérifications, dont la première élimine la moitié des dossiers.
Un mot pour finir sur la manière dont ce sujet est habituellement présenté. La colocation est vendue comme un doublement de loyer, et elle est critiquée comme un cauchemar de gestion. Les deux caricatures se nourrissent du même défaut : elles raisonnent sur le loyer affiché plutôt que sur le résultat, et sur des impressions de rotation plutôt que sur des semaines-chambre.
Le calcul, lui, dit une chose plus sobre et plus utile. La colocation rapporte 42 % de plus, ce qui est beaucoup ; elle demande quatre fois plus de relocations, ce qui est du travail ; et elle repose sur une hypothèse unique — que toutes les chambres se louent — dont la vérification prend une visite. Ce que le calcul dit surtout, c’est que cette visite vaut 3 776 € par an.
Comptez les chambres louables, pas les pièces du plan
Une chambre borgne, de passage ou donnant sur un mur à un mètre ne se loue pas. Ce défaut se voit à la visite d'achat, et il ne se corrige pas.
- Vos chambres réellement louables, comptées une à une
- Votre loyer par chambre relevé sur le marché local
- Votre seuil de vacance calculé avant l'offre d'achat
Questions fréquentes
Douze réponses directes sur le rendement réel, la vacance en semaines-chambre, le choix du bail, les surfaces minimales et la clause de solidarité.
Vous hésitez à passer un bien en colocation ?
Apportez le plan, le règlement de copropriété et les loyers pratiqués dans le quartier. L'échange ne remplace pas une consultation juridique.
Faire le point sur votre dossier01 · Le rendement
01La colocation double-t-elle vraiment le loyer ?
Le loyer brut, oui : sur le cas décrit, 18 960 € contre 9 360 €, soit 103 % de plus. Le résultat net, non : après vacance et charges spécifiques, l'écart tombe à 3 776 €, soit 42 %. Six euros sur dix de l'écart de loyer sont absorbés avant d'arriver au propriétaire, principalement par les fluides, l'internet et l'amortissement du mobilier.02Quel rendement net attendre d'une colocation ?
Sur le T4 décrit, revenant à 172 000 € frais inclus, le rendement net de vacance et de charges spécifiques s'établit à 7,48 % en colocation contre 5,29 % en location familiale. Deux points et deux dixièmes d'écart sur un actif immobilier, cela reste considérable — mais c'est très loin des 11,02 % de rendement brut affichés.03La vacance est-elle plus élevée en colocation ?
À peine, si l'on raisonne correctement. Quatre chambres tournant tous les quinze mois avec trois semaines de relocation donnent 9,2 semaines-chambre perdues sur 208, soit 4,4 %, contre 2,8 % en location familiale. La colocation n'est pas plus risquée, elle est plus fréquemment sollicitée : 3,1 relocations par an contre une tous les trois ans.
02 · La vacance
04À partir de quel niveau de vacance la colocation devient-elle perdante ?
Il faudrait 12,7 semaines de vide par chambre et par an, soit un taux de vacance de 24,3 %, pour ramener le net au niveau de la location familiale. Comparé aux 2,3 semaines des hypothèses retenues, cela laisse 10,4 semaines de marge. La moyenne est donc très confortable — et c'est exactement ce qui trompe.05Que se passe-t-il si une chambre ne se loue pas ?
Tout bascule. Une seule chambre invendable, vide toute l'année pendant que les trois autres tournent normalement, fait tomber le net à 8 134 € — soit 964 € en dessous de la location familiale. Deux chambres dans ce cas, et l'écart atteint 5 704 € en défaveur de la colocation. La vacance moyenne rassure, la vacance concentrée tue.
03 · Le bail et les surfaces
06Faut-il un bail unique ou des baux multiples ?
Le bail unique dans la grande majorité des cas. Il ne divise pas le logement, les règles de décence s'appliquent à l'ensemble, et la clause de solidarité protège le bailleur. Des baux multiples font juridiquement du logement une division soumise au code de la construction, avec une exigence de 9 m² et 20 m³ par espace privatif — et une sanction pénale si l'on sort de cette dérogation.07Quelle surface minimale par chambre ?
Neuf mètres carrés et vingt mètres cubes pour les espaces privatifs, mais seulement en baux multiples, par dérogation expresse. La règle générale interdit toute division mettant à disposition des locaux d'habitation de moins de 14 m² et 33 m³, ou dépourvus d'eau potable, d'évacuation des eaux usées ou d'accès à l'électricité. Sortir de la dérogation, c'est retomber sous cette interdiction.08Quelle sanction en cas de division irrégulière ?
Deux ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende pour la mise en vente, en location ou à disposition d'autrui de locaux issus d'une division réalisée en méconnaissance des interdictions. S'y ajoute une peine complémentaire possible d'interdiction d'exercer pendant cinq ans. Rapportée aux 3 776 € que l'opération rapporte annuellement, cette amende représente vingt années de gain.09Faut-il une autorisation pour diviser ?
Parfois, et cela dépend de la commune. Un établissement intercommunal compétent en matière d'habitat, ou à défaut le conseil municipal, peut soumettre à autorisation préalable les travaux créant plusieurs locaux d'habitation dans un immeuble existant, dans les zones d'habitat dégradé ou dans des secteurs délimités par le plan local d'urbanisme. La demande se dépose en mairie, et le silence gardé quinze jours vaut autorisation.
04 · La solidarité
10Combien de temps dure la solidarité d'un colocataire qui part ?
Elle prend fin à la date d'effet du congé lorsqu'un nouveau colocataire figure au bail, et à défaut au plus tard six mois après cette date. Sur le cas décrit, ces six mois représentent 2 370 € de loyer couvert par colocataire sortant, et jusqu'à 9 480 € si les quatre partaient sans être remplacés.11Faut-il faire entrer le remplaçant rapidement ?
Pas avant d'avoir soldé les comptes du partant. L'arrivée d'un nouveau colocataire au bail éteint immédiatement la solidarité du sortant, et donc le recours contre lui. Un bailleur pressé de relouer perd le jour de la signature une garantie qui pouvait courir encore plusieurs mois. On solde, puis on remplace.12Comment rédiger l'acte de cautionnement ?
En désignant nommément le colocataire dont le départ met fin à l'engagement de la caution, à peine de nullité. Un acte générique rédigé pour la colocation dans son ensemble s'expose à être écarté, et le bailleur découvre alors qu'il n'a aucune garantie — soit, sur le cas décrit, 2 370 € qui n'existaient que sur le papier.
Le brut double. Le net gagne 42 %.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de comparaison, y compris lorsque la conclusion est de renoncer à la colocation.
Sources et date de contrôle
- Source 01
Article 8-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — la colocation — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er juillet 2021. I : la colocation est définie comme la location d'un même logement par plusieurs locataires, constituant leur résidence principale, et formalisée par la conclusion d'un contrat unique ou de plusieurs contrats entre les locataires et le bailleur ; sont exclues les locations consenties aux époux et aux partenaires liés par un pacte civil de solidarité. II : lorsque la colocation est formalisée par la conclusion de plusieurs contrats, elle constitue une division du logement soumise aux exigences du code de la construction et de l'habitation ; par dérogation, la surface et le volume habitables des locaux privatifs doivent être au moins égaux respectivement à 9 mètres carrés et 20 mètres cubes ; le montant de la somme des loyers perçus de l'ensemble des colocataires ne peut être supérieur au montant du loyer applicable au logement en application des articles 17 ou 25-9. V : les charges peuvent être récupérées soit dans les conditions de l'article 23, soit sous la forme d'un forfait versé simultanément au loyer, dont le montant ne peut donner lieu à complément ni à régularisation ultérieure, ne doit pas être manifestement disproportionné au regard des charges dues, et se révise dans les mêmes conditions que le loyer. VI : la solidarité d'un des colocataires et celle de la personne qui s'est portée caution pour lui prennent fin à la date d'effet du congé régulièrement délivré lorsqu'un nouveau colocataire figure au bail, et au plus tard à l'expiration d'un délai de six mois après la date d'effet du congé ; l'acte de cautionnement identifie le colocataire pour lequel le congé met fin à l'engagement de la caution, à peine de nullité. Consulté le 2026-08-25.
- Source 02
Article L126-17 du code de la construction et de l'habitation — interdiction de division — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er juillet 2021, issue de la recodification opérée par l'ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier 2020, qui reprend l'ancien article L111-6-1. Est interdite toute division d'immeuble en vue de mettre à disposition des locaux à usage d'habitation d'une superficie et d'un volume habitables inférieurs respectivement à 14 mètres carrés et à 33 mètres cubes, ou qui ne sont pas pourvus d'une installation d'alimentation en eau potable, d'une installation d'évacuation des eaux usées ou d'un accès à la fourniture de courant électrique, ou qui n'ont pas fait l'objet de diagnostics amiante et risque de saturnisme. Sont également interdites les divisions d'immeubles frappés d'une interdiction d'habiter, d'un arrêté de péril, déclarés insalubres, ou comportant au moins un quart de logements de catégorie IV. Consulté le 2026-08-25.
- Source 03
Article L183-15 du code de la construction et de l'habitation — sanctions pénales — Légifrance. Le fait de mettre en vente, en location ou à la disposition d'autrui des locaux à usage d'habitation provenant d'une division réalisée en méconnaissance des interdictions définies aux articles L. 126-17 et L. 126-21 est puni d'un emprisonnement de deux ans et d'une amende de 75 000 €. Les personnes physiques encourent en outre la peine complémentaire d'interdiction, pour une durée de cinq ans au plus, d'exercer une activité professionnelle ou sociale dès lors que les facilités que procure cette activité ont été sciemment utilisées pour préparer ou commettre l'infraction. Consulté le 2026-08-25.
- Source 04
Divisions de bâtiments existants — articles L126-16 à L126-22 du code de la construction et de l'habitation — Légifrance. Section en vigueur au 1er septembre 2021. L126-18 : l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat ou, à défaut, le conseil municipal peut délimiter des zones d'habitat dégradé, ou susceptible de le devenir, dans lesquelles les travaux conduisant à la création de plusieurs locaux à usage d'habitation dans un immeuble existant sont soumis à autorisation préalable. L126-19 : même faculté dans des secteurs délimités par le plan local d'urbanisme. L126-20 : la demande est adressée au président de l'établissement public de coopération intercommunale ou au maire ; la décision est notifiée dans un délai de quinze jours, le silence valant autorisation. L126-22 : renvoie aux sanctions applicables en cas de mise en vente ou en location de locaux issus d'une division contrevenant aux articles L126-17 et L126-21. Consulté le 2026-08-25.
- Source 05
La colocation : quelles sont les règles ? — Service-public. Fiche mise à jour le 21 mars 2025. Distinction entre bail commun signé par tous les colocataires et baux individuels portant chacun sur une chambre privative. En baux individuels, chaque colocataire dispose d'une chambre privative d'au moins 9 mètres carrés. Les colocataires doivent assurer le logement contre les risques locatifs, collectivement ou individuellement. En bail commun, la clause de solidarité peut rendre chaque colocataire redevable de la totalité du loyer en cas de défaillance de l'un d'eux ; en baux individuels, chacun n'est tenu que de sa part. Chaque colocataire peut demander individuellement une aide au logement. Consulté le 2026-08-25.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de comparaison, y compris lorsque la conclusion est de renoncer à la colocation. Les règles de droit citées le sont au texte en vigueur ; les hypothèses de marché — loyer par chambre, durées de séjour, délais de relocation, coût du mobilier — sont déclarées et se recalculent sur votre bien. Ce guide n’est pas une consultation juridique.</p