Vendre un bien loué : la décote d'usage vaut 12 %, le calcul en justifie 1,7
On vous dira qu'un bien loué se vend 10 à 15 % moins cher. Le calcul dit l'inverse : attendre l'échéance ne justifie qu'une décote de 1,7 %, parce que le bien reste loué pendant l'attente.
LE CALENDRIER D'ABORD, LE PRIX ENSUITE
La décote du bien loué est une convention, pas un calcul
Et comme toutes les conventions, elle profite à celui qui l'invoque. Un vendeur qui arrive avec deux nombres — la décote justifiée par son loyer réel et le coût actualisé de l'attente — ne discute plus d'un pourcentage d'usage.
- Pourquoi le congé ne se donne qu'à l'échéance du bail
- Pourquoi attendre ne coûte presque rien
- Ce que le loyer hérité justifie vraiment, en euros
- Le prix du congé, définitif si le locataire préempte
DÉCOTE D'USAGE
12 %
DÉCOTE JUSTIFIÉE
1,7 %
ÉCART RÉCUPÉRABLE
15 500 €
SI LOYER −20 %
8,3 %
FENÊTRE DU CONGÉ
6 mois avant
PRÉEMPTION
2 mois
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le congé pour vendre ne se donne qu'à l'échéance du bail, six mois avant en location vide, trois en meublé1. Décider un mois après un renouvellement, c’est attendre trente-sept mois — pas six.
Le congé vaut offre de vente au locataire. Il doit indiquer le prix à peine de nullité, et le locataire dispose des deux premiers mois du préavis pour l’accepter, puis de deux mois pour réaliser, quatre s’il emprunte1. Le prix que vous écrivez est définitif.
Un locataire de plus de 65 ans aux ressources modestes ne peut pas recevoir congé sans offre de relogement1. Dans ce cas la vente occupée n’est pas un arbitrage : c’est la seule option.
Ce guide ne traite pas de l’impôt de sortie, que notre comparatif du rendement, du cash-flow et du TRI chiffre avec la réintégration des amortissements. Il traite de la question posée avant : faut-il vendre occupé ou attendre de vendre libre, et à quel prix chacune de ces deux sorties se justifie.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Serge, cas construit et non un dossier réel : un appartement valant 150 000 € libre, loué 571 € hors charges avec 76 € de charges récupérables. La décote de marché, le délai de commercialisation, le taux d’actualisation du temps et le rendement local sont des hypothèses déclarées ; les délais de congé et de préemption sont ceux du texte. Tout se recalcule sur le vôtre.
Posons les deux sorties une bonne fois, puisque tout le guide les compare. Vendu libre, l’appartement de Serge vaut 150 000 €. Vendu occupé avec la décote d’usage de 12 %, il vaut 132 000 € — soit 18 000 € de perte apparente. Le reste du guide consiste à savoir ce que ces 18 000 € achètent réellement.
Quand peut-on donner congé pour vendre ?
À l'échéance du bail. Jamais avant, jamais entre deux.
C’est la contrainte que la plupart des vendeurs découvrent trop tard, et elle commande tout le reste. Un bail vide court trois ans chez un bailleur particulier ; le congé pour vendre se délivre six mois avant son terme, trois mois en location meublée1. En dehors de cette fenêtre, il n’existe aucun moyen de récupérer le logement pour le vendre libre.
La conséquence est arithmétique et parfois brutale pour Serge. Si Serge décide de vendre un mois après avoir reconduit le bail, l'échéance suivante est dans trente-cinq mois : il devra donner congé dans vingt-neuf mois, et récupérera le logement dans trente-cinq. Si au contraire son échéance tombe dans sept mois, il donne congé le mois prochain et récupère le bien dans sept.
Entre les deux, il existe un piège de calendrier qu’il faut nommer : une échéance dans moins de six mois est déjà perdue. Le congé arriverait trop tard, le bail se reconduit pour trois ans, et l’attente saute de cinq mois à quarante et un. C’est la seule configuration où quelques semaines d’hésitation coûtent trois ans.
Combien coûte vraiment d’attendre ?
Beaucoup moins qu’on ne le dit, et pour une raison simple : le bien reste loué.
L’erreur de raisonnement consiste à traiter l’attente comme un temps mort. Elle ne l’est pas : pendant les mois qui séparent la décision de l'échéance, les loyers continuent d’entrer. Seuls les mois de commercialisation, logement vide, coûtent réellement — trois mois sur ce dossier, soit 1 941 € au coût incrémental que détaille notre guide de la vacance locative.
Vendre libre, selon le moment où l’on décide
| Échéance dans | Attente réelle | Loyers perçus | Net actualisé | Contre vendu occupé |
|---|---|---|---|---|
| 5 mois — trop tard | 41 mois | 23 411 € | 148 502 € | + 16 502 € |
| 6 mois | 6 mois | 3 426 € | 147 094 € | + 15 094 € |
| 12 mois | 12 mois | 6 852 € | 147 500 € | + 15 500 € |
| 24 mois | 24 mois | 13 704 € | 148 100 € | + 16 100 € |
| 35 mois | 35 mois | 19 985 € | 148 417 € | + 16 417 € |
Le tableau est presque plat, et c’est son enseignement. Que l'échéance tombe dans six mois ou dans trente-cinq, le résultat actualisé varie de moins de mille cinq cents euros — parce que les loyers encaissés pendant l’attente compensent presque exactement le coût du temps. L’attente n’est pas le problème que l’on croit.
D’où le seuil qui décide vraiment : à partir de quelle décote vendre occupé devient-il équivalent ? La réponse est 1,1 % à 1,9 % selon le calendrier — 1,9 % à six mois d'échéance, 1,7 % à douze, 1,3 % à vingt-quatre, 1,1 % à trente-cinq. Autrement dit, une décote de 12 % sur un bien loué au prix du marché n’est justifiée par aucun calcul de calendrier — elle transfère simplement quinze mille euros au futur acquéreur.
Qu’est-ce qui justifie une décote, alors ?
Le loyer, pas l’occupation. C’est le point que les estimations à l’emporte-pièce ratent complètement.
Un acquéreur qui reprend un bail en cours n’hérite pas seulement d’un locataire : il hérite d’un loyer, et de l’impossibilité de le corriger librement. En zone tendue, le plafonnement de la relocation lui interdit de dépasser le loyer du locataire précédent, et la dérogation pour loyer manifestement sous-évalué ne lui permet de combler que la moitié de l'écart au voisinage — mécanisme que détaille notre guide sur la manière de fixer un loyer.
La décote se calcule alors, au lieu de se négocier au doigt mouillé.
Ce que le loyer hérité justifie réellement
| Loyer en place | Rattrapable à la relocation | Perte pérenne annuelle | Décote justifiée |
|---|---|---|---|
| Au marché — 571 € | 571 € | 0 € | 0 % |
| 10 % en dessous — 514 € | 542 € | 343 € | 4,2 % |
| 20 % en dessous — 457 € | 514 € | 685 € | 8,3 % |
Le raisonnement est celui d’une capitalisation : la perte de loyer est pérenne, puisque la moitié de l'écart ne se rattrape jamais, et elle se capitalise au rendement du marché local. Un loyer vingt pour cent sous le marché justifie donc 12 458 € de décote, soit 8,3 % — et pas un euro de plus au titre de l’occupation elle-même.
Deux conséquences pratiques en découlent. Un vendeur dont le bien est loué au prix du marché doit refuser toute décote significative, et il a les chiffres pour le démontrer à l’acquéreur. Et un vendeur dont le loyer est très inférieur au marché a intérêt à vendre libre précisément pour cette raison : la décote qu’on lui opposerait est réelle, et elle disparaît avec le locataire.
Le prix écrit dans le congé est définitif
Et c’est la seule décision de ce guide qu’on ne peut pas corriger.
Le congé pour vendre n’est pas qu’une notification : il vaut offre de vente au locataire, et doit à peine de nullité indiquer le prix et les conditions de la vente projetée1. Le locataire dispose des deux premiers mois du préavis pour l’accepter, puis de deux mois pour réaliser la vente — quatre s’il notifie recourir à un prêt2.
Si le locataire préempte, la vente se fait à ce prix, sans négociation, sans visite, sans mise en concurrence. Un vendeur qui aurait fixé son prix de congé huit mille euros sous ce que le marché aurait donné ne peut plus revenir dessus : il découvre la valeur réelle de son bien après l’avoir vendue.
Deux garde-fous existent, et il faut les connaître dans les deux sens. Le premier protège le locataire : si le bailleur décide ensuite de vendre à des conditions plus avantageuses à un tiers, une nouvelle offre doit lui être faite, et un montage destiné à contourner cette règle expose à une amende pouvant atteindre 6 000 € et à des dommages-intérêts2. Le second protège le vendeur, indirectement : le locataire qui n’accepte pas dans le délai perd tout droit d’occupation à l’expiration du préavis.
La conduite à tenir est donc l’inverse de l’intuition commerciale. On ne fixe pas un prix de congé « pour voir », ni un prix bas pour rassurer : on fait estimer le bien par deux professionnels avant de rédiger le congé, et on écrit le prix qu’on accepterait d’un acquéreur quelconque.
Quand le choix n’existe pas
Il y a un cas où tout ce qui précède devient théorique.
Un locataire âgé de plus de soixante-cinq ans dont les ressources annuelles sont inférieures à un plafond réglementaire — 23 403 € pour une personne seule hors Île-de-France2 — ne peut pas recevoir congé sans qu’une offre de relogement correspondant à ses besoins et à ses possibilités lui soit faite. En pratique, cette obligation est très difficile à satisfaire, et le bail se reconduit.
Deux conditions se cumulent, et il faut les vérifier plutôt que les supposer : l'âge du locataire et le niveau de ses ressources. La protection tombe en revanche si le bailleur lui-même est âgé de plus de soixante-cinq ans ou dispose de ressources inférieures au même plafond — une symétrie que beaucoup ignorent.
Quand la protection joue, la vente occupée n’est plus un arbitrage mais la seule sortie disponible, et la décote se négocie alors sur la seule base qui vaille : le loyer en place et sa capacité de rattrapage. Un investisseur, lui, achètera volontiers un bien loué à un locataire stable et protégé — le risque d’impayé, que notre guide des loyers impayés chiffre à 16 030 € l'épisode, est ici quasi nul — c’est un profil de risque locatif excellent, ce que le vendeur peut légitimement faire valoir.
Qui doit voir le dossier avant le congé ?
Trois professionnels, et l’ordre dans lequel on les consulte compte autant que leur avis.
Un agent immobilier d’abord, ou plutôt deux, pour l’estimation du bien libre. C’est le nombre qui figurera dans le congé et qui deviendra définitif si le locataire préempte : le faire estimer par un seul professionnel, ou pire l’estimer soi-même à partir d’annonces, revient à jouer plusieurs milliers d’euros sur une intuition. Serge demande deux estimations écrites et retient la plus haute des deux s’il peut la justifier, puisque c’est le seul prix qu’il ne pourra plus relever.
Un notaire ensuite, avant la rédaction du congé et non après. Le congé pour vendre est un acte formaliste dont la nullité se plaide sur des détails — le prix manquant, les conditions imprécises, la notice d’information absente — et un congé annulé fait perdre un cycle entier de bail, soit trois ans. C’est aussi lui qui saura dire si la protection du locataire âgé s’applique, question qui suppose de connaître les ressources du locataire et non de les deviner.
Un expert-comptable enfin, si le bien a été détenu en meublé au régime réel : la réintégration des amortissements dans la plus-value change le produit net de la vente, parfois de plusieurs dizaines de milliers d’euros, et ce calcul doit être fait avant de choisir la date de cession — notre comparatif du rendement, du cash-flow et du TRI montre l’ampleur de cette reprise sur un dossier chiffré.
Un quatrième intervenant apparaît si le locataire ne part pas à l’issue du préavis : le commissaire de justice, qui constate et engage la procédure. C’est un scénario rare quand le congé est régulier, et fréquent quand il ne l’est pas — raison de plus pour que le notaire ait relu l’acte plutôt que de découvrir sa nullité devant le juge.
Ce qui coûte cher aux vendeurs
Quatre erreurs reviennent, et chacune se chiffre.
Accepter la décote d’usage sans la calculer, 15 500 €. Douze pour cent sur un bien loué au prix du marché ne correspondent à rien : le calendrier n’en justifie que 1,7 %, et le loyer hérité aucun. L'écart part intégralement dans la poche de l’acquéreur.
Laisser passer la fenêtre du congé, 15 500 €. Une échéance dans cinq mois est déjà perdue : le congé arriverait trop tard et le bail se reconduit pour trois ans. C’est la seule configuration du guide où quelques semaines d’hésitation coûtent trois ans d’attente — et si le besoin de liquidité impose alors de vendre occupé, la décote consentie vaut 15 500 €.
Fixer un prix de congé sans estimation, 8 000 €. Le congé vaut offre de vente et le prix y est définitif si le locataire préempte. Deux estimations professionnelles coûtent quelques centaines d’euros et se font avant la rédaction, jamais après.
Ignorer la protection du locataire âgé, 15 500 €. Congé délivré, préavis écoulé, et un locataire qui reste : la procédure a échoué avant de commencer. Il ne reste que la vente occupée, dont la décote d’usage coûte 15 500 € si elle n’a pas été recalculée sur le loyer réel.
Ce qu’il faut faire, et dans quel ordre
Le calendrier d’abord, le prix ensuite. Jamais l’inverse.
Un dernier point, qui résume l’esprit de la démarche. La décote du bien loué est une convention de marché, pas un calcul — et comme toutes les conventions, elle profite à celui qui l’invoque. Un vendeur qui arrive avec deux nombres, la décote justifiée par son loyer réel et le coût actualisé de l’attente, ne discute plus d’un pourcentage d’usage : il discute de son bien. C’est un déplacement de terrain qui vaut, sur ce dossier, une quinzaine de milliers d’euros, et il ne demande qu’un tableur et la date d'échéance du bail.
Douze pour cent de décote d’usage. Un virgule sept de décote justifiée.
Trois données décident si l'arbitrage existe
La date d'échéance du bail, l'âge et les ressources du locataire, et l'écart du loyer en place au marché. Sans ces trois-là, on négocie une convention plutôt qu'un bien.
- Votre fenêtre de congé, ouverte ou déjà fermée
- Votre décote justifiée, calculée sur le loyer réel
- Vos deux sorties comparées en actualisé
Questions fréquentes
Douze réponses directes sur la fenêtre du congé, le coût réel de l'attente, la décote justifiée par le loyer hérité et la protection du locataire âgé.
Vous préparez la sortie d'un bien loué ?
Apportez le bail, sa date d'échéance et le loyer en place. L'échange ne remplace pas la rédaction du congé par un professionnel.
Faire le point sur votre dossier01 · Le calendrier
01Quand peut-on donner congé pour vendre ?
Uniquement à l'échéance du bail, avec un préavis de six mois en location vide et de trois mois en location meublée. En dehors de cette fenêtre, il n'existe aucun moyen de récupérer le logement pour le vendre libre. Décider un mois après un renouvellement signifie donc attendre trente-cinq mois, pas six.02Que se passe-t-il si l'échéance est dans moins de six mois ?
La fenêtre est déjà fermée. Le congé arriverait trop tard, le bail se reconduit pour trois ans, et l'attente passe de cinq mois à quarante et un. C'est la seule configuration où quelques semaines d'hésitation coûtent trois ans, et c'est pourquoi la première chose à faire est de relever la date d'échéance.03Combien coûte réellement d'attendre l'échéance ?
Beaucoup moins qu'on ne le dit, parce que le bien reste loué pendant l'attente. Seuls les mois de commercialisation à vide coûtent — trois mois, 1 941 € sur le cas décrit. Que l'échéance tombe dans six mois ou dans trente-cinq, le résultat actualisé varie de moins de mille cinq cents euros : les loyers encaissés compensent presque exactement le coût du temps.
02 · La décote
04Quelle décote la vente occupée justifie-t-elle ?
Entre 1,1 % et 1,9 % au titre du calendrier, selon le moment où l'on décide. Une décote de 12 % sur un bien loué au prix du marché n'est justifiée par aucun calcul : elle transfère quinze mille euros au futur acquéreur. Ce qui justifie une décote réelle, c'est le loyer hérité, pas l'occupation en elle-même.05Pourquoi le loyer en place justifie-t-il une décote ?
Parce que l'acquéreur en hérite et ne peut pas le corriger librement. En zone tendue, le plafonnement de la relocation lui interdit de dépasser le loyer du précédent locataire, et la dérogation pour loyer sous-évalué ne comble que la moitié de l'écart au voisinage. La perte est donc pérenne et se capitalise : un loyer 20 % sous le marché justifie 12 458 € de décote, soit 8,3 %.
03 · La préemption
06Le congé pour vendre engage-t-il le prix ?
Définitivement. Le congé vaut offre de vente au locataire et doit indiquer le prix à peine de nullité. Si le locataire préempte, la vente se fait à ce prix, sans négociation, sans visite et sans mise en concurrence. Un prix fixé huit mille euros trop bas est perdu — d'où l'obligation pratique de faire estimer le bien par deux professionnels avant de rédiger le congé.07De combien de temps dispose le locataire pour préempter ?
Des deux premiers mois du préavis pour accepter l'offre. S'il accepte, il dispose ensuite de deux mois pour réaliser la vente, portés à quatre mois s'il notifie recourir à un prêt. À l'expiration du préavis, le locataire qui n'a pas accepté perd tout droit d'occupation des lieux.
04 · Le locataire protégé
08Peut-on vendre moins cher à un tiers après le congé ?
Pas sans refaire une offre au locataire. Si le bailleur décide de vendre à des conditions plus avantageuses qu'annoncées dans le congé, une nouvelle offre doit être notifiée au locataire. Un montage destiné à contourner cette règle expose à une amende pouvant atteindre 6 000 € et à des dommages-intérêts.09Peut-on donner congé à un locataire âgé ?
Pas sans offre de relogement correspondant à ses besoins et à ses possibilités, si le locataire a plus de soixante-cinq ans et des ressources inférieures à un plafond réglementaire — 23 403 € annuels pour une personne seule hors Île-de-France à titre indicatif. En pratique cette obligation est difficile à satisfaire, et le bail se reconduit.10Cette protection connaît-elle des exceptions ?
Une, et elle est symétrique : la protection ne joue pas lorsque le bailleur lui-même est âgé de plus de soixante-cinq ans ou dispose de ressources inférieures au même plafond. Deux conditions se cumulent par ailleurs du côté du locataire — l'âge et les ressources — et elles se vérifient plutôt qu'elles ne se supposent.11Un bien loué à un locataire protégé est-il invendable ?
Non, mais il ne se vend qu'occupé. La décote se négocie alors sur la seule base qui vaille : le loyer en place et sa capacité de rattrapage. Un investisseur achètera d'ailleurs volontiers ce profil, qui présente un risque locatif faible — un locataire stable et solvable est un actif, et le vendeur peut légitimement le faire valoir.12Par quoi commencer quand on envisage de vendre ?
Par le calendrier, jamais par le prix. Relever la date d'échéance du bail, compter six mois à rebours, vérifier l'âge et les ressources du locataire, puis seulement comparer le loyer en place au marché. Ces trois vérifications prennent une heure et déterminent si l'arbitrage entre vente occupée et vente libre existe réellement.
Douze pour cent de décote d'usage. Un virgule sept de décote justifiée.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous ; nous n'intervenons pas comme agent immobilier à la vente. Ce guide donne la méthode complète pour arbitrer seul entre vente occupée et vente libre.
Sources et date de contrôle
- Source 01
Article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — congé donné par le bailleur — Légifrance. Le congé donné par le bailleur ne peut l'être qu'à l'échéance du bail, moyennant un préavis de six mois en location vide. Lorsqu'il est fondé sur la décision de vendre, le congé doit, à peine de nullité, indiquer le prix et les conditions de la vente projetée ; il vaut offre de vente au profit du locataire, valable pendant les deux premiers mois du préavis. Le bailleur ne peut s'opposer au renouvellement du bail d'un locataire âgé de plus de soixante-cinq ans dont les ressources sont inférieures à un plafond réglementaire sans qu'une offre de relogement correspondant à ses besoins et à ses possibilités lui soit faite ; cette protection ne joue pas lorsque le bailleur lui-même est âgé de plus de soixante-cinq ans ou dispose de ressources inférieures au même plafond. Consulté le 2026-08-24.
- Source 02
Préavis et formalités du congé donné par le propriétaire (bailleur) — service-public.gouv.fr. Préavis de six mois en location vide et de trois mois en location meublée, avant la date d'échéance du bail. Le congé pour vendre doit mentionner le motif, le prix et les conditions de la vente, la description du bien, et être accompagné de la notice d'information sur les droits du locataire. Le locataire dispose des deux premiers mois du préavis pour accepter l'offre, puis de deux mois pour réaliser la vente, portés à quatre mois s'il notifie recourir à un prêt. Le locataire âgé de plus de 65 ans aux ressources modestes bénéficie d'une reconduction automatique — seuil indicatif de 23 403 € annuels pour une personne seule hors Île-de-France. Un montage consistant à vendre ensuite à un tiers à des conditions plus avantageuses expose à une amende pouvant atteindre 6 000 € et à des dommages-intérêts. Consulté le 2026-08-24.
- Source 03
Arrêté du 13 décembre 2017 relatif au contenu de la notice d'information jointe au congé pour reprise ou pour vendre — Légifrance. Fixe le contenu de la notice d'information relative aux obligations du bailleur et aux voies de recours et d'indemnisation du locataire, qui doit être jointe au congé délivré par le bailleur en raison de sa décision de reprendre ou de vendre le logement. Son absence est une cause de nullité du congé. Consulté le 2026-08-24.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
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