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Guide de décisionVérifié le 19 août 20267 sourcesMéthode en cinq passes

Rendement, cash-flow, TRI : trois chiffres, une seule bonne question

Un même investissement affiche 7,22 % de rendement brut, coûte 296 € par mois à son propriétaire, et rapporte 0,76 % par an. Les trois chiffres sont exacts. Ils ne se contredisent pas : ils répondent à trois questions différentes, et une seule d’entre elles est celle que vous vous posez vraiment.

AVANT DE COMPARER DEUX DOSSIERS

Un bon rendement brut ne prédit pas un bon TRI

Six points séparent les deux sur ce dossier, et ce n’est pas une anomalie de calcul : l’écart vient des frais d’acquisition, de l’impôt de sortie et du temps.

  • Ce que chaque indicateur mesure, et ignore
  • Le calcul d’un TRI, pas à pas
  • Pourquoi plus d’apport n’améliore pas la rentabilité
  • Les erreurs qui faussent le plus souvent

RENDEMENT BRUT

7,22 %

CASH-FLOW MENSUEL

−296 €

TRI SUR DIX ANS

0,76 %

ÉCART RENDEMENT / TRI

6 points

CE QUE MESURE LE TRI

l’argent immobilisé

SEUL COMPARABLE

le TRI

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Le rendement mesure le bien, avant votre montage : il ignore le crédit, la durée et la revente. Le cash-flow mesure votre montage : il ignore ce que vous récupérez à la sortie. Le taux de rendement interne mesure l’argent que vous avez réellement immobilisé, sur la durée où vous l’immobilisez, revente comprise. C’est le seul comparable à un autre placement.

Sur le dossier qui sert de fil rouge, ces trois chiffres valent 7,22 %, − 296 € par mois et 0,76 % sur dix ans. Le rendement brut ne prédit pas le TRI, et l'écart de six points n’est pas une anomalie de calcul : il vient des frais d’acquisition, de l’impôt de sortie et du temps.

Ce qui déplace un TRI n’est pas ce qu’on croit. La durée de détention le fait varier de 21,2 points entre cinq et vingt ans, l’hypothèse de revente de 15,7 points. L’apport, dont tout le monde parle, ne le déplace que de 2,8 points entre 5 et 100 % du prix de revient.

Un TRI publié sans son hypothèse de revente ne veut rien dire. C’est la première chose à savoir, et c’est aussi celle que les simulateurs escamotent le plus systématiquement : ils rendent un pourcentage sans afficher les flux qui l’ont produit ni le prix de sortie qu’ils ont supposé.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Rachid, 41 ans, chef de chantier au Mans, un premier investissement derrière lui. Il achète un T3 de 62 m² : 95 000 € de prix, 7 885 € de frais d’acquisition calculés poste par poste plutôt que forfaitisés6, 25 000 € de travaux et 5 000 € de mobilier, loué 800 € hors charges en meublé, financé à 90 % sur vingt ans. Exemple construit à partir des fourchettes de marché citées dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.

Rendement, cash-flow, TRI : que mesure chacun ?

La façon la plus rapide de les distinguer n’est pas de dire ce qu’ils mesurent. C’est de dire ce qu’ils ignorent.

Chaque indicateur est aveugle à quelque chose, et c’est ce qui le rend utile

Rendement, cash-flow, TRI : que mesure chacun ? — tableau 1
Rendement brut et netCe que le bien produit rapporté à ce qu’il a coûtéLe crédit, la durée, la revente, l’impôtCe bien est-il meilleur que celui d'à côté ?
Cash-flowCe qui entre et sort de votre compte chaque moisLe capital remboursé, la revente, la duréePuis-je le porter tous les mois ?
Taux de rendement interneLe rendement annuel de l’argent réellement immobilisé, sortie compriseRien — mais il exige d’inventer le prix de reventeEst-ce mieux qu’un autre placement ?

Cette dernière colonne explique pourquoi les trois coexistent, et pourquoi chaque interlocuteur vous en sert un seul : l’agent immobilier parle rendement, le courtier parle mensualité, l’expert-comptable parle résultat fiscal. Un investisseur qui compare deux appartements du même quartier a besoin du rendement. Celui qui vérifie qu’il tiendra le mois prochain a besoin du cash-flow. Celui qui hésite entre acheter un studio et abonder son plan d'épargne retraite a besoin du TRI, et de lui seul.

Les deux premiers sont détaillés ailleurs : notre guide du rendement brut, net et net-net descend les trois étages du calcul, et notre guide du cash-flow traite l’annuité et l’enrichissement. Celui-ci enseigne le troisième.

Le même dossier, trois chiffres qui semblent se contredire

Rachid achète 95 000 € un T3 de 62 m², soit 1 532 € du mètre carré. Sur les 6 061 ventes d’appartements enregistrées au Mans entre 2021 et 2025, dont la médiane ressort à 1 797 € du mètre carré, le premier quartile à 1 395 € et le troisième à 2 200 €, ce prix se situe au trente-troisième centile — il a acheté dans le tiers bas du marché, ce qui est cohérent avec un bien à rénover1.

Après 25 000 € de travaux et 5 000 € de mobilier, son prix de revient atteint 132 885 €, soit 2 143 € du mètre carré — le soixante-douzième centile du même marché. Autrement dit, son opération coûte à peu près ce que vaut le quartile supérieur des appartements de la ville. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle en soi, mais c’est le chiffre qui décidera de sa sortie.

Le loyer, 800 € hors charges pour 62 m², fait 12,90 € du mètre carré. La référence publique situe l’appartement manceau à 11,77 € charges comprises au millésime 2025, avec un intervalle de prédiction allant jusqu'à 14,73 €2. Le loyer retenu est donc dans le haut de l’intervalle, ce qui est cohérent avec du meublé rénové mais suppose que la rénovation soit réellement faite.

Son courtier lui a annoncé le premier, son notaire le deuxième sans le nommer ainsi, et personne ne lui a jamais présenté le troisième. Rendement brut : 7,22 %. Cash-flow de la première année, apport de 13 289 € et emprunt de 119 597 € sur vingt ans : − 296 € par mois. Taux de rendement interne sur dix ans : 0,76 %.

Le point de vigilance. Aucun de ces trois chiffres n’est faux, et aucun ne se déduit d’un autre. Un rendement brut élevé n’annonce pas un TRI élevé, parce qu’il ignore précisément les trois éléments qui font le TRI : les frais d’acquisition, la fiscalité de sortie et la durée.

Comment calcule-t-on un TRI, concrètement ?

Le taux de rendement interne est le taux qui annule la valeur actuelle nette d’une série de flux. Formulé sans jargon : c’est le taux d’intérêt qu’aurait dû servir un placement pour produire exactement les mêmes mouvements d’argent, aux mêmes dates.

Il faut donc trois choses. La mise initiale, en négatif. Les flux annuels, positifs ou négatifs. Et le flux de sortie, qui s’ajoute à la dernière année. Voici la série de Rachid, arrondie à l’euro.

Année zéro : − 13 289 €, son apport. Ces flux annuels intègrent 8 % de frais de gestion toutes taxes comprises sur les loyers encaissés7. Années une à dix : − 3 554 €, puis − 3 428 €, − 3 300 €, − 3 170 €, − 3 039 €, − 2 905 €, − 2 769 €, − 2 632 €, − 2 492 € — le complément diminue parce que le loyer se révise chaque année quand la mensualité ne bouge pas. Et la dixième année porte en plus le produit net de la vente.

C’est ce dernier flux qui demande le plus de travail, et c’est celui que les simulateurs bâclent.

Le produit de la vente, une fois tout le monde payé

Comment calcule-t-on un TRI, concrètement ? — tableau 2
Prix de revente, 2 100 €/m² revalorisés de 1,5 % par an151 102 €
Honoraires d’agence, 5 %− 7 555 €
Capital restant dû après dix ans− 70 432 €
Indemnité de remboursement anticipé, plafond légal− 1 268 €
Plus-value imposable, amortissements réintégrés87 791 €
Impôt sur le revenu, prélèvements sociaux et surtaxe3− 26 760 €
Produit net encaissé45 088 €

Une ligne de ce tableau échappe à presque tous les tableurs : l’indemnité de remboursement anticipé. Vendre avant le terme solde le prêt par anticipation, et la banque perçoit une indemnité que le code de la consommation plafonne au moindre de deux montants — un semestre d’intérêts sur le capital remboursé, ou 3 % du capital restant dû. Sur ce dossier, le semestre l’emporte : 1 268 €. Ce n’est pas énorme, mais c’est prélevé sur le seul flux positif de toute la série, celui qui porte l’essentiel du TRI, et son effet dépasse donc largement son montant. Elle disparaît d’elle-même à l'échéance : à vingt ans le prêt est soldé, le capital restant dû est nul, l’indemnité aussi — ce qui explique que la ligne « vingt ans » du tableau de sensibilité soit la seule que cette correction ne déplace pas.

Deux lignes méritent qu’on s’y arrête. Le prix de revente est modélisé sur le marché du rénové, 2 100 € du mètre carré — le soixante-neuvième centile local — et non sur le prix d’achat majoré de l’inflation. Supposer que 25 000 € de travaux ne valent rien à la revente produit un TRI absurde, et c’est pourtant l’hypothèse implicite de la plupart des tableurs.

La plus-value imposable, ensuite. Rachid a pratiqué 64 570 € d’amortissements en dix ans, qui viennent minorer son prix d’acquisition depuis février 20254 : celui-ci descend de 127 885 à 63 311 €. La plus-value imposable atteint donc 87 791 € alors que la valeur du bien n’a progressé que de 56 102 € au-dessus du prix payé. Les abattements pour durée de détention — 30 % sur l’impôt sur le revenu et 8,25 % sur les prélèvements sociaux après dix ans — n’effacent pas cet effet, et la surtaxe sur les plus-values élevées s’ajoute au-delà de 50 000 €5. Le mécanisme se vérifie sur le tableau d’amortissement que tient votre expert-comptable, ligne par ligne. Et les charges qui viennent en amont de ce calcul sont recensées dans notre guide des frais qu’on oublie de compter.

Le taux qui annule cette série vaut 0,76 %. Vous pouvez le vérifier : actualisez chaque flux à 0,76 % et la somme tombe à zéro.

Qu’est-ce qui fait vraiment bouger un TRI ?

Quatre hypothèses, quatre amplitudes très inégales. Le classement est la partie utile de ce guide.

Deux leviers décident, deux ne font presque rien

Qu’est-ce qui fait vraiment bouger un TRI ? — tableau 3
Durée de détention, 5 à 20 ans− 14,77 %+ 6,41 %21,2 points
Revalorisation annuelle, − 1 % à + 3,5 %− 9,18 %+ 6,55 %15,7 points
Loyer, 700 à 900 € par mois− 3,08 %+ 4,86 %7,9 points
Apport, 5 % à 100 % du prix de revient− 0,03 %+ 3,33 %3,4 points

La durée écrase tout. À cinq ans, le TRI de Rachid vaut − 12 % : les frais d’acquisition et l’impôt de sortie n’ont pas eu le temps d'être absorbés. À huit ans, il est encore à − 2,14 %. Il ne devient franchement positif qu’au-delà de dix ans. C’est la traduction chiffrée d’une phrase qu’on entend partout sans jamais la voir démontrée : l’immobilier locatif se juge sur le long terme.

La revalorisation vient ensuite, et c’est le problème du TRI. Personne ne connaît le prix de revente dans dix ans. Publier un TRI sans dire quelle revalorisation on a supposée revient à publier un chiffre dont l’incertitude dépasse la valeur — quinze points d'écart entre une hypothèse pessimiste et une hypothèse optimiste, toutes deux plausibles.

Le loyer arrive troisième, et il reste un levier sérieux : deux cents euros mensuels d'écart déplacent le TRI de près de huit points. C’est aussi le seul des quatre sur lequel on peut agir après l’achat, par la qualité du travail des artisans et par le choix du régime de location.

Mettre plus d’apport améliore-t-il le rendement ?

Non, et c’est le résultat le plus contre-intuitif de ce guide.

Passer de 5 % à 100 % d’apport — soit 126 241 € de capital immobilisé en plus — fait monter le TRI de − 0,03 à 3,33 %. Moins de trois points et demi, pour une somme qui aurait pu financer une seconde opération. Dans le même mouvement, le cash-flow passe de − 4 043 € à + 5 250 € par an : l’apport règle un problème de trésorerie, pas un problème de rendement.

La raison tient en une phrase. L’effet de levier n’ajoute de la valeur que si le rendement de l’actif dépasse le coût du crédit. Ici, le TRI de l’opération tourne autour de 1 à 3 % quand le crédit coûte 3,60 % plus 0,34 % d’assurance emprunteur, soit environ 4 %. L'écart est négatif, donc emprunter davantage tire le TRI vers le bas au lieu de l’amplifier.

Ce constat mérite d'être retourné, parce qu’il est utile dans les deux sens. Sur une opération dont le rendement dépasse nettement le coût du crédit — au-delà de 9 ou 10 % brut, ce qui existe dans certains marchés —, le levier joue à plein et l’apport détruit du TRI. Sur une opération à 7 %, il ne joue plus. La question « faut-il mettre de l’apport » n’a donc pas de réponse générale : elle dépend d’un écart que vous pouvez calculer.

Ce qui fausse un TRI

Trois erreurs suffisent à rendre un TRI décoratif. Elles se rencontrent dans presque tous les tableurs et dans la plupart des simulateurs en ligne.

Oublier l’impôt de sortie. C’est de loin l’erreur la plus fréquente, et elle est arithmétiquement massive, parce que la réintégration des amortissements crée une plus-value imposable là où le propriétaire, qui a vu son bien prendre quelques dizaines de milliers d’euros, n’en voit qu’une fraction.

Sur ce dossier, l’impôt de sortie atteint 26 760 €. Le retirer du modèle fait passer le TRI de 0,76 % à 7,80 %, soit sept points offerts par un oubli. Un TRI qui ne montre pas sa ligne d’impôt n’a pas été calculé, il a été estimé.

Modéliser la revente sur le prix d’achat. Le tableur reprend le prix payé, lui applique une inflation annuelle, et considère implicitement que les travaux de rénovation ne valent plus rien le jour de la vente, alors qu’ils sont précisément ce qui distingue le bien de celui d’en face.

La différence se chiffre : avec une sortie modélisée sur le prix d’achat au lieu du marché du rénové, le TRI de Rachid tombe de 0,76 % à − 13,17 %. Quatorze points d'écart sur une seule ligne du tableur, et l’erreur est invisible parce que le résultat reste un nombre plausible.

Compter le capital remboursé comme un revenu. Certains modèles ajoutent chaque année la part de capital remboursée aux flux de trésorerie, au motif parfaitement exact qu’il s’agit d’un enrichissement pour le propriétaire, et cette bonne intention produit une erreur de méthode.

C’est un double compte : le capital remboursé se retrouve déjà dans le produit de la vente, sous la forme d’un capital restant dû plus faible. Le compter deux fois ajoute mécaniquement 3 à 4 points au TRI. La règle est simple : dans un TRI, on ne compte que l’argent qui bouge réellement entre votre compte et l’extérieur.

Quel indicateur regarder, et quand

Chacun a son moment, et les confondre coûte cher.

  1. Avant l’offre, le rendement. C’est le seul comparable d’un bien à l’autre, parce qu’il ignore votre situation personnelle. Deux appartements se comparent au rendement, jamais au cash-flow.
  2. Avant la signature du prêt, le cash-flow. Il répond à la seule question qui peut vous mettre en difficulté : combien devrez-vous verser chaque mois, et jusqu’où cela peut-il monter ? Notre guide du stress test en donne les points de rupture.
  3. Avant d’arbitrer entre placements, le TRI. Lui seul se compare à un contrat d’assurance-vie ou à un plan d'épargne retraite, parce que lui seul intègre la durée et la sortie.
  4. Après cinq ans, le TRI à nouveau. Recalculé avec le prix de marché constaté au lieu de l’hypothèse initiale, il dit s’il faut garder ou arbitrer.

Il reste à dire ce que ce guide ne dit pas. Un TRI de 0,76 % sur ce dossier n’est pas un verdict : c’est le produit d’hypothèses que vous pouvez changer, à commencer par la durée. Le même bien conservé vingt ans rend 6,41 %, et l'écart ne vient d’aucune décision d’achat — seulement de la patience.

Et un TRI faible ne condamne pas une opération dont l’objet n’est pas le rendement. Quelqu’un qui achète pour loger un enfant dans huit ans, ou pour préparer une transmission, poursuit un but que ce chiffre ne mesure pas. Le TRI répond à une question précise. Il ne répond qu'à celle-là.

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Le seul chiffre comparable à un autre placement est le TRI

Prix, frais d’acquisition, loyer, charges réelles, montage de financement et horizon de revente : six éléments suffisent à calculer les trois indicateurs.

  • Vos trois chiffres, calculés côte à côte
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Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur la différence entre les trois indicateurs, le calcul d’un TRI, l’effet de l’apport, un TRI négatif à cinq ans et les erreurs les plus fréquentes.

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01 · Ce que mesure chacun

  • 01Quelle est la différence entre rendement, cash-flow et TRI ?
    Ils répondent à trois questions distinctes. Le rendement mesure ce que le bien produit rapporté à ce qu'il a coûté, en ignorant le crédit, la durée et la revente : c'est le seul comparable d'un bien à l'autre. Le cash-flow mesure ce qui entre et sort de votre compte chaque mois, en ignorant le capital remboursé et la sortie. Le taux de rendement interne mesure le rendement annuel de l'argent réellement immobilisé, revente comprise : c'est le seul comparable à un autre placement.
  • 02Comment calcule-t-on le TRI d'un investissement locatif ?
    C'est le taux qui annule la valeur actuelle nette d'une série de flux. Il faut la mise initiale en négatif, les flux de trésorerie de chaque année, et le produit net de la vente ajouté à la dernière année. Ce produit net se calcule après honoraires d'agence, remboursement du capital restant dû et impôt sur la plus-value. Sur le dossier du guide, la série va de − 13 289 € en année zéro à + 44 006 € en année dix, ce qui donne un TRI de 0,76 %.
  • 03Un bon rendement brut annonce-t-il un bon TRI ?
    Non. Sur le dossier du guide, 7,22 % de rendement brut produisent 0,76 % de TRI sur dix ans. L'écart de six points vient de trois éléments que le rendement brut ignore par construction : les frais d'acquisition, qui ne se récupèrent jamais, l'impôt de sortie, qui atteint ici 26 760 €, et la durée de détention, qui décide de tout. Le rendement brut compare deux biens entre eux ; il ne prédit pas ce que l'investisseur touchera.

02 · Leviers et apport

  • 04Qu'est-ce qui fait le plus varier un TRI ?
    La durée de détention, puis l'hypothèse de revente. Entre cinq et vingt ans, le TRI du dossier passe de − 12,00 % à + 6,41 %, soit 21,2 points d'amplitude. Entre une revalorisation de − 1 % et de + 3,5 % par an, il passe de − 8,32 % à + 6,83 %, soit 15,7 points. Le loyer déplace 7,9 points sur une fourchette de 200 € mensuels, et l'apport seulement 2,8 points entre 5 % et 100 % du prix de revient.
  • 05Faut-il mettre plus d'apport pour améliorer la rentabilité ?
    L'apport améliore le cash-flow, pas le rendement de l'opération. Passer de 5 % à 100 % d'apport fait monter le TRI de 0,54 à 3,33 % seulement, pour 126 241 € de capital immobilisé en plus, tandis que le cash-flow passe de − 4 043 € à + 5 250 € par an. L'effet de levier n'ajoute de la valeur que si le rendement de l'actif dépasse le coût du crédit ; en dessous, emprunter davantage tire le TRI vers le bas.

03 · Lire un TRI

  • 06Pourquoi un TRI est-il négatif à cinq ans ?
    Parce que les frais d'acquisition et l'impôt de sortie n'ont pas eu le temps d'être absorbés. Sur le dossier du guide, le TRI vaut − 12,00 % à cinq ans, − 2,14 % à huit ans, et ne devient franchement positif qu'au-delà de dix ans. C'est la traduction chiffrée d'une phrase souvent répétée sans être démontrée : un investissement locatif se juge sur le long terme, et l'horizon minimal se situe autour de huit à dix ans.
  • 07Peut-on comparer le TRI d'un investissement locatif à celui d'une assurance-vie ?
    Oui, et c'est même le seul des trois indicateurs qui le permette, parce qu'il intègre la durée d'immobilisation et la sortie. Deux précautions cependant : le TRI immobilier repose sur une hypothèse de prix de revente que personne ne peut vérifier, et son amplitude selon cette hypothèse atteint quinze points. Un TRI publié sans la revalorisation supposée n'est pas comparable à quoi que ce soit.

04 · Erreurs de calcul

  • 08Quelles erreurs faussent le plus souvent un calcul de TRI ?
    Trois. Oublier l'impôt de sortie, ce qui ajoute près de trois points au résultat. Modéliser la revente sur le prix d'achat majoré de l'inflation plutôt que sur le marché du rénové, ce qui fait varier le TRI de treize points sur une seule ligne du tableur. Et compter le capital remboursé comme un revenu annuel, alors qu'il figure déjà dans le produit de la vente sous la forme d'un capital restant dû plus faible : ce double compte ajoute trois à quatre points.

Un rendement brut mis en avant n’est pas une performance.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide montre que l’indicateur le plus employé pour vendre des dossiers — le rendement brut — ne prédit pas ce que l’opération rapporte réellement.

Aucun rendement garantiAucun prix de revente garantiChiffres publiés en août 2026

Sources et date de contrôle

Un même investissement affiche 7,22 % de rendement brut, coûte 296 € par mois à son propriétaire, et rapporte 0,76 % par an. Les trois chiffres sont exacts. Ils ne se contredisent pas : ils répondent à trois questions différentes, et une seule d’entre elles est celle que vous vous posez vraiment.

  • Source 01

    Demandes de valeurs foncières géolocalisées — commune du Mans (72181), millésimes 2021 à 2025 — data.gouv.fr / DGFiP. Fichiers annuels par commune, chemin csv/<année/communes/72/72181.csv, millésimes 2021 à 2025. 6 061 ventes d'appartements de 20 à 120 m² retenues après filtrage : médiane 1 797 €/m², premier quartile 1 395 €, troisième quartile 2 200 €, neuvième décile 2 583 €. Le prix d'achat de 1 532 €/m² se situe au 33e centile, le prix de revient de 2 143 €/m² au 72e, la valeur de sortie retenue de 2 100 €/m² au 69e. Extraction et quantiles recalculés le 19 août 2026, échantillon conservé dans dvf-lemans-2021-2025.json Consulté le 2026-08-19.

  • Source 02

    « Carte des loyers » — indicateurs de loyers d'annonce par commune, millésime 2025 — Ministère de la Transition écologique / ANIL / data.gouv.fr. Fichier pred-app-mef-dhup.csv, ligne INSEEC 72181 Le Mans : loyer prédit 11,77 €/m² charges comprises, intervalle de prédiction de 9,44 à 14,73 €/m², millésime publié le 11 décembre 2025 communales Consulté le 2026-08-19.

  • Source 03

    Plus-value immobilière : imposition et abattements pour durée de détention — Service-public.gouv.fr. Impôt sur le revenu 19 %, prélèvements sociaux 17,2 %. Abattements à partir de la sixième année : 6 % par an pour l'impôt sur le revenu, 1,65 % par an pour les prélèvements sociaux. Après dix ans de détention : 30 % et 8,25 % Consulté le 2026-08-19.

  • Source 04

    Article 150 VB du code général des impôts — réintégration des amortissements au prix d'acquisition — Légifrance. III : pour les cessions intervenant à compter du 15 février 2025, le prix d'acquisition est minoré des amortissements admis en déduction en application de l'article 39 C (loi de finances pour 2025 n° 2025-127 du 14 février 2025) Consulté le 2026-08-19.

  • Source 05

    Article 1609 nonies G du code général des impôts — taxe sur les plus-values immobilières élevées — Légifrance. Taxe due sur les plus-values imposables supérieures à 50 000 €, selon un barème progressif de 2 à 6 % appliqué au montant total de la plus-value imposable. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2024 ; la taxe s'applique aux plus-values des cessions non exonérées, terrains à bâtir exclus Consulté le 2026-08-19.

  • Source 06

    Article A444-91 du code de commerce — émoluments proportionnels du notaire — Légifrance. Tableau 5, n° 54 : 3,870 % jusqu'à 6 500 € · 1,596 % de 6 500 à 17 000 € · 1,064 % de 17 000 à 60 000 € · 0,799 % au-delà Consulté le 2026-08-19.

  • Source 07

    Tarifs de gestion locative — libre fixation par le mandataire — service-public.gouv.fr. L'agence fixe librement ses tarifs de gestion locative, réglés par le propriétaire au titre du mandat de gestion, et doit les afficher. Seuls les honoraires de mise en location imputables au locataire sont plafonnés. Les 6 à 10 % hors taxes des loyers encaissés sont un relevé des grilles publiées en août 2026, non un tarif réglementé. Consulté le 2026-08-21.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide montre qu’un dossier affichant 7,22 % de rendement brut — un chiffre que le secteur, nous compris, présente volontiers comme bon — produit 0,76 % de taux de rendement interne sur dix ans, et que le rendement brut mis en avant dans les annonces et les études de cas ne prédit pas ce qu’un investisseur touche réellement. Les prix de marché cités proviennent des fichiers publics de mutation recalculés par nos soins. Aucun rendement, délai, prix de revente ou accord de financement n’est garanti.