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Guide de décisionVérifié le 31 août 20266 sourcesMéthode en cinq passes

L’archéologie préventive sur un chantier locatif : deux délais légaux, un troisième que la loi ne fixe pas, et des fouilles à votre charge

« En l’absence de prescriptions dans les délais, l’Etat est réputé avoir renoncé à édicter celles-ci. » Un mois pour le diagnostic, trois pour les fouilles — et entre les deux, un délai que la loi ne fixe pas.

SIX ARTICLES DU CODE DU PATRIMOINE, LUS LE 31 AOÛT 2026

Un mois pour prescrire un diagnostic. Et des fouilles que vous paierez sans les piloter.

Les délais de prescription sont écrits et courts, le silence de l’État vaut renonciation — mais la durée du diagnostic, elle, n’est fixée par aucun texte.

  • Deux délais légaux qui ne courent pas du même point de départ
  • Un silence qui éteint le pouvoir de prescrire
  • Une convention de délais, seul levier calendaire de l’aménageur
  • Et des obligations de déclaration qui visent aussi le propriétaire

TEXTES LUS SUR LÉGIFRANCE

6

PRESCRIPTION DU DIAGNOSTIC

1 mois

PRESCRIPTION DES FOUILLES

3 mois

CHARGE DES FOUILLES

aménageur

DÉCALAGE SUR LE DOSSIER

13 mois

BARÈME DE FOUILLES PUBLIÉ

0

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Un mois, puis trois mois. « Les prescriptions de diagnostic sont délivrées dans un délai d’un mois à compter de la réception du dossier »2, et « Les prescriptions de fouilles sont délivrées dans un délai de trois mois à compter de la réception du rapport de diagnostic »2.

Le silence libère. « En l’absence de prescriptions dans les délais, l’Etat est réputé avoir renoncé à édicter celles-ci »2.

Les fouilles sont à la charge de l’aménageur. « Leur réalisation incombe à la personne projetant d’exécuter les travaux ayant donné lieu à la prescription »5.

Notre guide sur la taxe d’aménagement traite la redevance d’archéologie préventive, qui est une taxe. Ce guide-ci porte sur ce qui la précède : la prescription, le diagnostic et la fouille.

Qu’est-ce que l’archéologie préventive ?

Une mission de service public. Régie par les principes de la recherche scientifique, et non par ceux de l’aménagement, cette définition explique à elle seule pourquoi un projet parfaitement financé, parfaitement instruit et parfaitement calé peut se voir imposer des mois de retard sans que personne ait commis de faute.

Le texte la pose en deux phrases : « L’archéologie préventive, qui relève de missions de service public, est partie intégrante de l’archéologie. Elle est régie par les principes applicables à toute recherche scientifique »1.

Retenez ce que cela implique pour un aménageur. La décision de prescrire ne s’apprécie pas au regard du coût du projet ni de son calendrier : elle se fonde sur un intérêt scientifique, apprécié par l’État.

Un outil d’anticipation existe, et le texte le nomme sans en organiser l’accès dans l’article que nous avons lu. « Avec le concours des établissements publics ayant des activités de recherche archéologique et des collectivités territoriales, l’Etat dresse et met à jour la carte archéologique nationale »3.

Une remarque sur l’ordre des choses, car il déroute souvent. La prescription n’intervient pas au moment des travaux mais bien en amont : le délai court « à compter de la réception du dossier » par l’autorité compétente en matière d’archéologie, et non du début du chantier. Un maître d’ouvrage qui découvre l’archéologie au moment de creuser a déjà passé plusieurs étapes où la question se posait.

Ce que ce guide ne dit pas doit être posé tout de suite. Il n’indique pas comment consulter cette carte, ni quelles zones font l’objet d’une présomption de prescription : ces modalités relèvent de textes que nous n’avons pas lus.

Combien de temps l’État a-t-il pour prescrire ?

Un mois pour le diagnostic. Trois pour les fouilles. Et un silence qui, passé ces délais, vaut renonciation définitive de l’État à prescrire quoi que ce soit — ce qui fait de ces deux dates les seules bonnes nouvelles du dispositif pour un aménageur.

Le premier délai est bref : « Les prescriptions de diagnostic sont délivrées dans un délai d’un mois à compter de la réception du dossier »2. Il double dans un cas : « Ce délai est porté à deux mois lorsque les aménagements, ouvrages ou travaux projetés sont soumis à une étude d’impact en application du code de l’environnement »2.

Le second est plus long, et son point de départ n’est pas le même : « Les prescriptions de fouilles sont délivrées dans un délai de trois mois à compter de la réception du rapport de diagnostic »2.

Cette différence de point de départ est le point que la plupart des plannings manquent. Le premier délai court depuis la réception du dossier, le second depuis la réception du rapport : entre les deux, il y a le diagnostic lui-même, dont la durée n’est fixée par aucun des textes que nous avons lus.

La sanction du dépassement est favorable à l’aménageur, et elle est écrite : « En l’absence de prescriptions dans les délais, l’Etat est réputé avoir renoncé à édicter celles-ci »2. Le silence ne proroge rien, il éteint.

Faites l’addition, car elle est trompeuse. Les deux délais légaux font 4 mois, ou 5 avec une étude d’impact — mais ils ne se suivent pas : entre le premier et le second, il faut réaliser le diagnostic. Un planning qui additionne 1 et 3 mois se trompe sur ce que ces chiffres mesurent.

Une exigence de forme accompagne ces prescriptions et mérite d’être connue : elles « sont motivées »2. Une prescription sans motifs n’est donc pas conforme à ce que le texte impose, et ce guide ne dit pas ce qu’un juge en ferait.

Le trou noir du calendrier

Entre la prescription et le rapport, un délai que la loi ne fixe pas. Elle le renvoie à une convention, ce qui veut dire qu’il se négocie — et qu’un aménageur qui signe sans discuter cette clause abandonne le seul levier calendaire dont il dispose sur toute la procédure.

Le texte est explicite sur ce renvoi : « Une convention, conclue entre la personne projetant d’exécuter des travaux et l’établissement public ou la collectivité territoriale ou le groupement de collectivités territoriales dont dépend le service archéologique territorial chargé d’établir le diagnostic d’archéologie préventive, définit les délais de réalisation des diagnostics »4.

Comprenez ce que ce renvoi déplace. Les deux délais de prescription sont légaux et opposables ; la durée du diagnostic, elle, est contractuelle. Elle se négocie, et c’est le seul endroit du dispositif où l’aménageur a la main.

Notez qui signe cette convention : elle est conclue avec « l’établissement public ou la collectivité territoriale ou le groupement de collectivités territoriales dont dépend le service archéologique territorial »4. Le cocontractant n’est donc pas l’État qui prescrit, mais l’opérateur qui réalise — deux interlocuteurs distincts, à deux moments distincts.

C’est donc là que se joue le calendrier réel du projet. Notre guide sur les délais d’un projet locatif montre ce que pèse une phase préalable non bornée sur un plan de financement.

Ce que ce guide ne dit pas mérite d’être posé ici. Il ne donne aucun ordre de grandeur de durée de diagnostic : aucun texte lu n’en fixe, et la convention est propre à chaque opération.

Qui réalise les fouilles, et qui les paie ?

L’État décide. L’aménageur exécute et paie. La séparation tient en une phrase de deux propositions, et elle produit une situation économique singulière : celui qui supporte le coût n’a la main ni sur le principe de l’opération, ni sur sa conduite scientifique, ni sur son étendue.

Le texte partage les rôles ainsi : « L’Etat assure la maîtrise scientifique des opérations de fouilles d’archéologie préventive mentionnées à l’article L. 522-1. Leur réalisation incombe à la personne projetant d’exécuter les travaux ayant donné lieu à la prescription »5.

Trois conséquences en découlent pour un budget. La prescription s’impose sans négociation sur son principe. L’exécution relève de l’aménageur, donc de son marché et de sa trésorerie. Et la maîtrise scientifique reste à l’État, ce qui signifie que l’aménageur paie une opération qu’il ne pilote pas.

Ce que le texte ne dit pas, et que ce guide ne suppléera pas : il ne fixe aucun prix, aucun barème, aucun plafond. Le coût dépend de la surface, de la profondeur et de ce qui se trouve dans le sol.

Comparez avec le régime du diagnostic, car la différence est instructive. Pour le diagnostic, le texte prévoit une convention avec l’opérateur et laisse les délais à la négociation. Pour les fouilles, il dit seulement que la réalisation incombe à l’aménageur : ni délai, ni convention, ni encadrement du prix ne figurent dans les articles que nous avons lus.

Une nuance de vocabulaire mérite d’être relevée. Le texte dit que la réalisation « incombe » à l’aménageur, non qu’il doit la faire lui-même : il sollicite des opérateurs, et c’est de leurs offres que sortira le prix.

Que faire si l’on trouve quelque chose en creusant ?

Déclarer immédiatement. Conserver. Ces deux obligations ne dépendent d’aucune prescription préalable : elles s’appliquent sur n’importe quel chantier, y compris celui qui n’a jamais fait l’objet du moindre diagnostic, et elles visent le propriétaire au même titre que celui qui creuse.

Le texte énumère longuement ce qui les déclenche : « des monuments, des ruines, substructions, mosaïques, éléments de canalisation antique, vestiges d’habitation ou de sépulture anciennes, des inscriptions ou généralement des objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art, l’archéologie ou la numismatique »6.

La chaîne de déclaration est écrite, et elle vise deux personnes à la fois. le texte oblige « l’inventeur de ces vestiges ou objets et le propriétaire de l’immeuble où ils ont été découverts » à « en faire la déclaration immédiate au maire de la commune, qui doit la transmettre sans délai au préfet »6.

Observez la longueur de cette énumération, car elle dit l’étendue du champ. Elle ne vise pas seulement des objets précieux : des « substructions », des « éléments de canalisation antique » ou de simples « vestiges d’habitation »6 suffisent, et la formule se termine par une catégorie ouverte — « généralement des objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art, l’archéologie ou la numismatique »6.

Relevez que l’obligation pèse aussi sur le propriétaire, et pas seulement sur celui qui découvre. Un maître d’ouvrage ne peut donc pas se retrancher derrière son entreprise de terrassement.

Une responsabilité de garde s’ajoute à la déclaration : « Le propriétaire de l’immeuble est responsable de la conservation provisoire des monuments, substructions ou vestiges de caractère immobilier découverts sur ses terrains »6.

Une question se pose que les articles lus ne règlent pas, et il faut la poser plutôt que d’y répondre à leur place : que devient le chantier pendant ce temps ? Le texte impose de déclarer et de conserver ; il ne dit pas, dans les dispositions que nous avons lues, si les travaux doivent s’arrêter, ni pour combien de temps. Ce guide ne le déduira pas d’un autre régime.

L’administration dispose enfin d’un pouvoir d’intervention étendu. Elle « peut faire visiter les lieux où les découvertes ont été faites ainsi que les locaux où les objets ont été déposés et prescrire toutes les mesures utiles pour leur conservation »6.

Ce que le calendrier coûte à Roseline

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Roseline projette 6 logements pour un budget de travaux posé à 720 000 €.

Le scénario retenu est celui d’une prescription complète : diagnostic prescrit, puis fouilles prescrites. Nous posons quatre mois pour le diagnostic lui-même et cinq mois pour les fouilles — aucun texte lu ne fixe l’une ou l’autre de ces durées.

Treize mois entre le dépôt du dossier et la reprise du chantier

Ce que le calendrier coûte à Roseline — tableau 1
Prescription du diagnostic1 moisdélai légal
Réalisation du diagnostic4 moisconvention, hypothèse posée
Prescription des fouilles3 moisdélai légal
Réalisation des fouilles5 moishypothèse posée
Total13 mois

La colonne des durées s’additionne à l’écran : 1 + 4 + 3 + 5 font les 13 mois du total. Deux de ces quatre lignes seulement sont des délais légaux ; les deux autres sont des hypothèses, et la troisième colonne le dit pour chacune.

Lisez la troisième colonne avant les deux premières, car c’est elle qui dit ce que le tableau vaut. Deux lignes sur quatre reposent sur des textes ; les deux autres sur des hypothèses que nous avons posées faute de mieux. Un lecteur qui refait ce calendrier sur son propre dossier doit donc remplacer les lignes 2 et 4 par ses propres chiffres, et garder les lignes 1 et 3 telles quelles.

Le coût suit deux chemins distincts. Les fouilles, posées à 84 000 €, représentent 11,7 % du budget et 14 000 € par logement. Le portage du décalage, posé à 2 400 € par mois, ajoute 31 200 € sur les 13 mois — soit 115 200 € de surcoût, dont 72,9 % pour les fouilles et 27,1 % pour le portage.

Rapportez ces 115 200 € aux 6 logements du projet : cela fait 19 200 € par logement, dont 14 000 € de fouilles et 5 200 € de portage. C’est un ordre de grandeur qui déplace un plan de financement, et il ne dépend d’aucune décision de l’aménageur.

Le scénario inverse mérite d’être chiffré aussi, parce qu’il est prévu par le texte. Si l’État ne prescrit rien dans le mois, il est réputé y avoir renoncé : le décalage se limite à ce mois d’attente, et le surcoût tombe à 0 €. Entre les deux scénarios, l’écart est de 12 mois et de 115 200 €.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Quatre erreurs de lecture, sur des opérations montées avec soin. Les montants sont ceux du dossier de Roseline.

Le planning bâti sur les seuls délais légaux. Le maître d’ouvrage additionne 1 mois et 3 mois, et prévoit un décalage de 4 mois. Il oublie la durée du diagnostic, que la loi renvoie à une convention : sur le dossier, ce sont 9 mois de plus, et 21 600 € de portage supplémentaire.

Les fouilles crues à la charge de l’État. L’aménageur budgète la redevance mais pas les fouilles. Le texte dit que leur réalisation « incombe à la personne projetant d’exécuter les travaux » : ce sont 84 000 € qui manquent au plan de financement, soit 11,7 % du budget.

La découverte non déclarée. Une entreprise met au jour des substructions et poursuit le terrassement. L’obligation de déclaration immédiate pèse sur l’inventeur et sur le propriétaire, et la conservation provisoire incombe à ce dernier : le maître d’ouvrage engage sa responsabilité sur un chantier à 720 000 €.

Le silence de l’État pris pour un retard. Passé le délai, l’aménageur attend une prescription qui ne viendra pas. Le texte prévoit que l’État « est réputé avoir renoncé » : chaque mois d’attente inutile coûte 2 400 € de portage pour rien.

Le point commun des quatre tient en une ligne. Dans chacun, un délai ou une charge a été attribué à la mauvaise partie.

Une cinquième erreur mérite d’être signalée, moins coûteuse mais plus fréquente : croire que l’archéologie relève des diagnostics immobiliers. Elle n’y figure pas. Aucune pièce du dossier de diagnostic technique ne porte sur le sous-sol archéologique d’un terrain, et un acquéreur qui s’en remet à ce dossier ne verra jamais venir la question.

Six vérifications avant de déposer

Trois avant le dépôt. Trois pendant le chantier. Aucune ne demande de compétence archéologique : ce sont des vérifications de calendrier et de contrat.

  1. Regardez la carte archéologique avant l’acquisition. L’État la dresse et la met à jour, et c’est le seul élément d’anticipation que les textes lus mentionnent.
  2. Ne budgétez pas la seule redevance. Elle relève de la fiscalité de l’aménagement ; les fouilles, elles, incombent à celui qui projette les travaux.
  3. Comptez 4 mois de délais légaux, pas 4 mois de décalage. Entre le mois du diagnostic et les 3 mois des fouilles, il y a le diagnostic lui-même, dont la durée est conventionnelle.
  4. Négociez la convention de délais. C’est le seul endroit du dispositif où l’aménageur a la main sur le calendrier.
  5. Faites porter l’obligation de déclaration dans vos marchés de travaux. Elle pèse sur l’inventeur et sur le propriétaire, donc sur vous.
  6. Datez la réception du dossier et celle du rapport. Ce sont les deux points de départ, et le silence de l’État au-delà vaut renonciation.

Un mot sur les professionnels que ce sujet mobilise, et sur leur ordre. L’architecte ou le maître d’œuvre porte le dossier qui déclenche le délai d’un mois, et c’est sa date de réception qui compte. L’artisan terrassier est celui qui découvre, et l’obligation de déclaration le vise au même titre que le propriétaire : la clause doit figurer dans son marché. Le notaire, à l’acquisition, peut interroger la situation du terrain avant l’offre. Le courtier voit son plan de financement décalé de plusieurs mois, ce qui touche les conditions du prêt. L’expert-comptable traite le coût des fouilles au bilan de l’opération, sujet que ce guide ne couvre pas. Et le diagnostiqueur immobilier n’a rien à y faire : l’archéologie ne figure dans aucun diagnostic technique.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne traite pas la redevance d’archéologie préventive, exposée dans notre guide sur la taxe d’aménagement. Il n’a pas lu la partie réglementaire du code du patrimoine, ni le régime de propriété du patrimoine archéologique, ni les modalités de consultation de la carte archéologique. Il ne traite ni la déclaration préalable de travaux, ni le référé préventif, ni les études préalables supprimées en 2026.

SIX LOGEMENTS, UN BUDGET POSÉ À 720 000 €

13 mois de décalage, 115 200 € de surcoût posé.

Quatre mois seulement viennent de la loi ; les neuf autres sont des hypothèses. Si l’État ne prescrit rien, le décalage tombe à un mois et le surcoût à zéro.

  • Pourquoi additionner un mois et trois mois donne un faux planning
  • Pourquoi la redevance et les fouilles sont deux choses distinctes
  • Pourquoi l’obligation de déclarer vise aussi le maître d’ouvrage
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur la nature de l’archéologie préventive, les délais de prescription, la durée du diagnostic, la charge des fouilles et les découvertes en cours de chantier.

Un projet de construction à étudier ?

La première question est celle de la situation du terrain, la seconde celle de la date de réception du dossier.

Faire le point sur un projet

01 · Le cadre

  • 01Qu’est-ce que l’archéologie préventive, juridiquement ?
    Une mission de service public régie par les principes de la recherche. Le texte la définit ainsi : « L’archéologie préventive, qui relève de missions de service public, est partie intégrante de l’archéologie. Elle est régie par les principes applicables à toute recherche scientifique. » C’est cette qualification qui explique que la décision de prescrire ne s’apprécie ni au regard du coût du projet, ni de son calendrier.
  • 02Dans quel délai l’État peut-il prescrire un diagnostic ?
    Un mois, porté à deux dans un cas. « Les prescriptions de diagnostic sont délivrées dans un délai d’un mois à compter de la réception du dossier. Ce délai est porté à deux mois lorsque les aménagements, ouvrages ou travaux projetés sont soumis à une étude d’impact en application du code de l’environnement. » Le point de départ est la réception du dossier, non le début des travaux.

02 · Les délais

  • 03Que se passe-t-il si l’État ne prescrit rien dans les délais ?
    Il perd la possibilité de le faire. Le texte est net : « En l’absence de prescriptions dans les délais, l’Etat est réputé avoir renoncé à édicter celles-ci. » Le silence n’est donc pas un retard à attendre : passé le délai, l’aménageur peut poursuivre.
  • 04Combien de temps dure le diagnostic lui-même ?
    Aucun des textes lus ne le fixe : la loi renvoie à une convention. « Une convention, conclue entre la personne projetant d’exécuter des travaux et l’établissement public ou la collectivité territoriale ou le groupement de collectivités territoriales dont dépend le service archéologique territorial chargé d’établir le diagnostic d’archéologie préventive, définit les délais de réalisation des diagnostics. » C’est le seul endroit du dispositif où l’aménageur a la main sur le calendrier.

03 · Les coûts

  • 05Qui paie les fouilles ?
    L’aménageur. « L’Etat assure la maîtrise scientifique des opérations de fouilles d’archéologie préventive mentionnées à l’article L. 522-1. Leur réalisation incombe à la personne projetant d’exécuter les travaux ayant donné lieu à la prescription. » Celui qui supporte le coût n’a donc la main ni sur le principe de l’opération, ni sur sa conduite scientifique.
  • 06Combien coûtent des fouilles ?
    Aucun texte lu ne fixe de prix, de barème ni de plafond, et ce guide n’en publie aucun. Le coût dépend de la surface, de la profondeur et de ce que le sol contient. Le montant utilisé dans le dossier chiffré de ce guide est une hypothèse posée, signalée comme telle à chacun de ses emplois.

04 · Le chantier

  • 07Que faire si l’on découvre des vestiges en creusant ?
    Déclarer immédiatement au maire, et conserver. Le texte oblige « l’inventeur de ces vestiges ou objets et le propriétaire de l’immeuble où ils ont été découverts » à « en faire la déclaration immédiate au maire de la commune, qui doit la transmettre sans délai au préfet ». Il ajoute que « Le propriétaire de l’immeuble est responsable de la conservation provisoire des monuments, substructions ou vestiges de caractère immobilier découverts sur ses terrains ».
  • 08Les travaux doivent-ils s’arrêter en cas de découverte ?
    Les articles que nous avons lus ne le disent pas. Ils imposent la déclaration et la conservation provisoire, et prévoient que l’autorité administrative « peut faire visiter les lieux où les découvertes ont été faites […] et prescrire toutes les mesures utiles pour leur conservation ». Ce guide ne déduit pas de ces dispositions une obligation d’arrêt dont ni la durée ni les conditions ne sont écrites.

Ce guide ne publie aucun coût de fouilles. Aucun texte lu n’en fixe, et le sol décide du reste.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Sur une prescription archéologique, l’interlocuteur est le service régional de l’archéologie.

Six articles du code du patrimoine lus sur LégifranceAucune version postérieure annoncéeUn tableau qui distingue les délais légaux des hypothèses

Sources et date de contrôle

L’État dispose d’un mois pour prescrire un diagnostic d’archéologie préventive à compter de la réception du dossier, et de trois mois pour prescrire des fouilles à compter du rapport. Passé ces délais, il est réputé y avoir renoncé. Entre les deux, il y a le diagnostic lui-même, dont la durée relève d’une convention — et les fouilles, elles, incombent à l’aménageur.

  • Source 01

    Article L521-1 du code du patrimoine — la nature de l’archéologie préventive — Légifrance. L’archéologie préventive, qui relève de missions de service public, est partie intégrante de l’archéologie. Elle est régie par les principes applicables à toute recherche scientifique. Version en vigueur depuis le 24 février 2004. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 02

    Article L522-2 du code du patrimoine — les délais de prescription et le silence de l’État — Légifrance. Les prescriptions de l’Etat concernant les diagnostics et les opérations de fouilles d’archéologie préventive sont motivées. Les prescriptions de diagnostic sont délivrées dans un délai d’un mois à compter de la réception du dossier. Ce délai est porté à deux mois lorsque les aménagements, ouvrages ou travaux projetés sont soumis à une étude d’impact en application du code de l’environnement. Les prescriptions de fouilles sont délivrées dans un délai de trois mois à compter de la réception du rapport de diagnostic. En l’absence de prescriptions dans les délais, l’Etat est réputé avoir renoncé à édicter celles-ci. Les prescriptions de l’Etat mentionnées au premier alinéa sont mises en œuvre dans les conditions définies par les dispositions réglementaires en vigueur à la date de réception du dossier par l’autorité administrative compétente en matière d’archéologie. Version en vigueur depuis le 9 décembre 2020. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 03

    Article L522-5 du code du patrimoine — la carte archéologique nationale — Légifrance. Avec le concours des établissements publics ayant des activités de recherche archéologique et des collectivités territoriales, l’Etat dresse et met à jour la carte archéologique nationale. Version en vigueur depuis le 24 février 2004. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 04

    Article L523-7 du code du patrimoine — la convention qui fixe les délais du diagnostic — Légifrance. Une convention, conclue entre la personne projetant d’exécuter des travaux et l’établissement public ou la collectivité territoriale ou le groupement de collectivités territoriales dont dépend le service archéologique territorial chargé d’établir le diagnostic d’archéologie préventive, définit les délais de réalisation des diagnostics. Version en vigueur depuis le 9 juillet 2016. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 05

    Article L523-8 du code du patrimoine — la réalisation des fouilles incombe à l’aménageur — Légifrance. L’Etat assure la maîtrise scientifique des opérations de fouilles d’archéologie préventive mentionnées à l’article L. 522-1. Leur réalisation incombe à la personne projetant d’exécuter les travaux ayant donné lieu à la prescription. Version en vigueur depuis le 9 juillet 2016. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 06

    Article L531-14 du code du patrimoine — les découvertes fortuites — Légifrance. Lorsque, par suite de travaux ou d’un fait quelconque, des monuments, des ruines, substructions, mosaïques, éléments de canalisation antique, vestiges d’habitation ou de sépulture anciennes, des inscriptions ou généralement des objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art, l’archéologie ou la numismatique sont mis au jour, l’inventeur de ces vestiges ou objets et le propriétaire de l’immeuble où ils ont été découverts sont tenus d’en faire la déclaration immédiate au maire de la commune, qui doit la transmettre sans délai au préfet. Celui-ci avise l’autorité administrative compétente en matière d’archéologie. Si des objets trouvés ont été mis en garde chez un tiers, celui-ci doit faire la même déclaration. Le propriétaire de l’immeuble est responsable de la conservation provisoire des monuments, substructions ou vestiges de caractère immobilier découverts sur ses terrains. Le dépositaire des objets assume à leur égard la même responsabilité. L’autorité administrative peut faire visiter les lieux où les découvertes ont été faites ainsi que les locaux où les objets ont été déposés et prescrire toutes les mesures utiles pour leur conservation. Version en vigueur depuis le 24 février 2004. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les six articles cités ont été lus sur Légifrance le 31 août 2026, chaque page ayant été sommée de dire quel article elle affichait et depuis quelle date avant qu’aucune citation n’en soit tirée. Aucun n’annonce de version postérieure. Le dossier de Roseline est un exemple construit, et le tableau distingue explicitement ce qui vient de la loi de ce qui est posé : seuls le mois de prescription du diagnostic et les trois mois de prescription des fouilles sont des délais légaux. Les quatre mois de diagnostic, les cinq mois de fouilles, les 84 000 € de coût, les 2 400 € de portage mensuel et le budget de 720 000 € sont des hypothèses. Aucun texte lu ne fixe de prix de fouilles, et ce guide n’en publie donc aucun comme constaté : le coût dépend de la surface, de la profondeur et de ce que le sol contient. Le surcoût de 115 200 € et le décalage de 13 mois se recalculent depuis ces hypothèses. Ce guide ne dit pas quelle est la probabilité d’une prescription : elle dépend d’une appréciation scientifique que les textes confient à l’État. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur une prescription archéologique, l’interlocuteur est le service régional de l’archéologie.