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Guide de décisionVérifié le 28 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Le référé préventif : figer l’état du voisin avant que la première benne arrive

« S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. »

CINQ ARTICLES LUS MOT À MOT, DONT UN QUI CHANGE EN OCTOBRE

Huit mois après le chantier, le voisin montre une fissure. Était-elle là avant ?

Personne ne peut le dire, parce que personne ne l’a regardée avant. L’état antérieur d’un mur ne se reconstitue pas : il se constate une fois, au bon moment, et devant le bon tribunal.

  • Un motif légitime qui se démontre et ne se présume pas
  • Deux voies — sur requête ou en référé — qui ne se valent pas
  • Depuis le 1er septembre 2025, le tribunal de l’immeuble est seul compétent
  • Et au 1er octobre 2026, un délai d’un mois à peine d’irrecevabilité

ARTICLE QUI FONDE LA MESURE

145

VOIES OUVERTES PAR LE TEXTE

2

COMPÉTENCE EXCLUSIVE DEPUIS LE

1er sept. 2025

DÉLAI D’APPEL SI LA REQUÊTE EST REJETÉE

15 jours

NOUVEAU DÉLAI AU 1er OCTOBRE 2026

1 mois

COÛT DU PRÉVENTIF DANS LE CAS

6 200 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. La mesure se demande avant le procès, pas pendant. « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé »1.

Depuis le 1er septembre 2025, l’immeuble décide du tribunal. « Par dérogation au deuxième alinéa, lorsque la mesure d’instruction porte sur un immeuble, la juridiction du lieu où est situé l’immeuble est seule compétente »1.

Et le 1er octobre 2026, un délai apparaît. Le recours contre une ordonnance obtenue sans adversaire devra être exercé « dans un délai d’un mois à compter de la date de signification »5, à peine d’irrecevabilité. Ce délai n’existe pas aujourd’hui.

Le corpus décrit les conflits de limite — le bornage et la mitoyenneté, le droit de surplomb, la servitude de cour commune. Il décrit aussi les désordres du bâti, avec les fissures liées aux argiles. Il ne disait rien du geste qui, seul, permet de savoir plus tard dans quel état les choses étaient avant.

Que faut-il démontrer pour l’obtenir ?

Un motif légitime. Deux mots. Et tout le dossier tient dedans : le texte subordonne la mesure à l’existence d’« un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige »1.

Trois éléments composent cette condition, et il faut les traiter séparément parce qu’un dossier qui n’en établit que deux se fait rejeter. Il faut une preuve à conserver ou à établir. Il faut que cette preuve porte sur des faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige. Et il faut que ce litige soit seulement possible — la formule dit « pourrait dépendre », au conditionnel, pas « dépend ».

Ce que le guide ne fera pas, c’est vous dire ce qu’un tribunal retient en pratique comme motif légitime. Cela relève d’une jurisprudence qui n’a pas été vérifiée ici, et l’inventer serait pire que se taire. Ce qui se dit sans risque tient dans le texte : le motif se démontre. Il ne se présume pas.

Pourquoi faut-il agir avant, et pas après ?

Parce que le texte le dit, et parce que c’est toute son utilité. « Avant tout procès » : ces trois mots ne sont pas une recommandation de bon sens, ils sont la condition d’application de l’article1.

La conséquence pratique est nette, et elle se lit dans le texte lui-même. Une fois le procès engagé, la condition posée par l’article n’est plus remplie : il n’y a plus d’« avant tout procès ». Par quelle voie une mesure d’instruction se demande alors au juge du fond, ce guide ne le dira pas, faute d’avoir lu les articles qui la règlent. Ce qui est certain, c’est que l’article 145 cesse d’être la porte.

Et il y a une raison matérielle, plus brutale que la raison juridique. Après les travaux, l’état antérieur n’existe plus. Aucun expert ne peut le reconstituer. Le seul moment où l’état d’un mur voisin peut être établi contradictoirement est celui où il est encore intact — c’est-à-dire avant que la première benne arrive.

Faut-il passer par requête ou par référé ?

Le texte laisse les deux ouvertes : les mesures « peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé »1. Les deux portes ne mènent pas au même endroit, et le code définit chacune en une phrase.

Le référé d’abord. « L’ordonnance de référé est une décision provisoire rendue à la demande d’une partie, l’autre présente ou appelée, dans les cas où la loi confère à un juge qui n’est pas saisi du principal le pouvoir d’ordonner immédiatement les mesures nécessaires »3. Le voisin est là, ou il a été appelé, et il discute la mission de l’expert avant qu’elle soit arrêtée — ce qui allonge le délai mais rend le rapport beaucoup plus difficile à contester ensuite, puisqu’il aura été rédigé sous une mission qu’il a lui-même discutée.

La requête ensuite. « L’ordonnance sur requête est une décision provisoire rendue non contradictoirement dans les cas où le requérant est fondé à ne pas appeler de partie adverse »4. Le voisin n’est pas là. Il l’apprendra ensuite.

La dernière proposition de cette phrase porte la vraie condition, et elle se lit trop vite : il faut être fondé à ne pas appeler l’adversaire. La requête n’est pas un raccourci de confort. Elle suppose une raison de se passer du contradictoire, et cette raison doit figurer dans la requête.

Deux portes vers la même mesure

Faut-il passer par requête ou par référé ? — tableau 1
L’adversaireAbsent, non appeléPrésent ou appelé
Condition propreÊtre fondé à ne pas l’appelerAucune condition de ce type
Discussion de la missionAprès coupAvant la décision
Recours de l’adversaireEn référer au juge qui a renduVoies de recours ordinaires
Délai de ce recours aujourd’huiAucunSans objet
Délai à partir du 1er octobre 20261 mois de la significationSans objet

Qui fait le constat, et sur quoi

Une personne commise par le juge, et le choix est large. « Le juge peut commettre toute personne de son choix pour l’éclairer par des constatations, par une consultation ou par une expertise sur une question de fait qui requiert les lumières d’un technicien »2.

Trois régimes se lisent dans cette phrase, et ils ne coûtent pas la même chose. Les constatations : on regarde, on décrit, on photographie. La consultation : on donne un avis sur une question simple. L’expertise : on instruit, on convoque, on rédige un rapport. Demander une expertise là où des constatations suffisent, c’est acheter une instruction quand une description suffisait.

Le mot qui reste après lecture est toute personne. Le juge n’est pas tenu par une liste, et il n’est pas tenu par le nom que le demandeur propose. Ce qui se prépare, en revanche, c’est la mission : un référé préventif mal rédigé produit un rapport qui ne répond pas à la question qu’on se posera deux ans plus tard.

Devant quel tribunal la demande se porte-t-elle ?

La règle a changé le 1er septembre 2025, et la nouvelle version ferme une porte que l’ancienne laissait ouverte. Le principe reste le choix : la juridiction compétente est, « au choix du demandeur, celle susceptible de connaître de l’affaire au fond ou, s’il y a lieu, celle dans le ressort de laquelle la mesure d’instruction doit être exécutée »1.

Puis vient l’exception, et elle vise exactement le lecteur de ce guide : « Par dérogation au deuxième alinéa, lorsque la mesure d’instruction porte sur un immeuble, la juridiction du lieu où est situé l’immeuble est seule compétente »1.

Seule compétente. Pas « également ». Pas « de préférence ». Pour un investisseur qui détient à Paris un immeuble situé à trois cents kilomètres, cela veut dire porter la demande là-bas, et non chez soi. Le point vaut d’être vérifié dans chaque dossier, parce que la règle est récente et qu’une habitude prise avant septembre 2025 conduit aujourd’hui devant le mauvais tribunal.

Ce que le voisin peut faire contre une ordonnance rendue sans lui

Il peut la faire réexaminer, et le texte lui ouvre cette porte en une phrase : « S’il est fait droit à la requête, tout intéressé peut en référer au juge qui a rendu l’ordonnance »5.

Tout intéressé. La formule est large et le texte ne la restreint pas : elle ne vise pas seulement celui à qui l’ordonnance est opposée. On pense à un copropriétaire, à un locataire, à un occupant — mais le texte ne les nomme pas, il ne nomme personne, et ce guide n’ajoutera pas une liste là où le législateur n’en a pas mis. Le point sûr est ailleurs : on retourne devant le juge qui a rendu l’ordonnance, et non devant la juridiction supérieure. Ce n’est donc pas un appel.

Le cas inverse est réglé par la même phrase, avec un chiffre. « S’il n’est pas fait droit à la requête, appel peut être interjeté à moins que l’ordonnance n’émane du premier président de la cour d’appel. Le délai d’appel est de quinze jours »5. Quinze jours pour celui qui s’est vu refuser sa mesure — un délai court, à retenir avant de déposer.

Qu’est-ce qui change le 1er octobre 2026 ?

Un délai apparaît là où il n’y en avait aucun. Dans la version aujourd’hui en vigueur, celui qui veut faire rétracter une ordonnance sur requête n’est enfermé dans aucun délai : il peut en référer au juge, sans échéance écrite dans le texte.

À compter du 1er octobre 2026, une phrase s’ajoute à l’article, et elle est catégorique : « À peine d’irrecevabilité, lorsque l’ordonnance prononcée sur le fondement de l’article 145 a été signifiée, le juge est saisi dans un délai d’un mois à compter de la date de signification »5.

Trois conditions se cumulent dans cette phrase, et chacune restreint la portée du nouveau délai. Il faut que l’ordonnance soit fondée sur l’article 145 — les autres ordonnances sur requête ne sont pas visées. Il faut qu’elle ait été signifiée — sans signification, pas de point de départ. Et la sanction est l’irrecevabilité, c’est-à-dire une fin de non-recevoir, pas un simple rejet au fond.

Les deux camps doivent en tirer la même leçon, en sens contraire. Celui qui obtient l’ordonnance a intérêt à la faire signifier, puisque la signification déclenche le compte à rebours. Celui qui la subit a un mois, et ce mois passe vite quand il faut trouver un conseil et comprendre un rapport de mission.

Avant et après le 1er octobre 2026

Qu’est-ce qui change le 1er octobre 2026 ? — tableau 2
Qui peut demander la rétractationTout intéresséTout intéressé
Devant quiLe juge qui a rendu l’ordonnanceLe juge qui a rendu l’ordonnance
Dans quel délaiAucun délai écrit1 mois de la signification
Sanction du retardSans objetIrrecevabilité
Ordonnances viséesToutesCelles fondées sur l’article 145
TexteDécret n° 76-1236Décret n° 2026-683

Ce qu’un constat préventif ne fait pas

Il ne juge rien. Jamais. C’est la phrase à emporter, et elle évite la déception la plus coûteuse : le référé préventif conserve une preuve, il ne tranche pas le litige et ne condamne personne. Les deux ordonnances sont d’ailleurs qualifiées de « décision provisoire » par les textes qui les définissent34.

Il ne remplace pas non plus une assurance. Un constat établit dans quel état était le mur voisin ; il ne paie pas la reprise si le chantier l’endommage vraiment, et notre guide sur l’assurance dommages-ouvrage traite cette autre moitié du problème. Les deux se cumulent, ils ne se substituent pas.

Et il ne dispense d’aucune autorisation. Un chantier qui a besoin d’un permis en a toujours besoin, et sa purge suit son propre calendrier. Le référé préventif n’est ni un permis, ni une assurance, ni un jugement. C’est une photographie datée, prise par quelqu’un dont le juge a choisi le nom.

Le dossier d’Aymeric, poste par poste

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Aymeric engage 210 000 € de travaux dans un immeuble mitoyen d’une bâtisse ancienne. Il demande un constat avant l’ouverture du chantier. Huit mois plus tard, le voisin présente une fissure et un devis de reprise de 31 000 €.

Le dossier d’Aymeric, poste par poste

Le dossier d’Aymeric, poste par poste — tableau 3
Travaux engagés210 000 €Le budget du chantier
Provision d’expertise consignée3 800 €Avancée par le demandeur
Honoraires de la demande2 400 €Rédaction et dépôt
Coût du préventif6 200 €Somme des deux postes
Devis de reprise réclamé31 000 €Ce que le voisin demande
Rapport entre les deux5 fois31 000 € valent cinq fois 6 200 €
Part du préventif dans le chantiermoins de 3 %6 200 € sur 210 000 €
Délai d’appel en cas de refus15 joursÉcrit dans le texte

Les deux rapports se calculent de tête, et ils ne disent pas la même chose. Les 3 800 € de provision et les 2 400 € d’honoraires font les 6 200 € du préventif. Rapportés aux 210 000 € du chantier, ces 6 200 € en représentent moins de 3 % : le poste est petit. Rapportés aux 31 000 € que le voisin réclame, ils en représentent le cinquième, puisque cinq fois 6 200 € font exactement 31 000 €.

C’est le second rapport qui décide, pas le premier. Un poste de 6 200 € sur un budget de 210 000 € n’est jamais qu’une ligne de plus ; le même poste face à une réclamation de 31 000 € qu’on ne peut pas contester faute de preuve, c’est autre chose. Et si aucune fissure n’apparaît, les 6 200 € auront été dépensés pour rien — le guide ne le cache pas, c’est le prix d’une assurance de preuve.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Dans les quatre, le chantier était régulier et l’entreprise sérieuse. C’est le calendrier ou le tribunal qui a coûté.

Le constat demandé après la première benne. Les travaux ont commencé depuis trois semaines quand la demande est déposée. Le technicien constate un état déjà modifié : le rapport existe, mais il n’établit plus l’état antérieur. Les 6 200 € sont dépensés et les 31 000 € réclamés restent indiscutables.

La demande portée devant le mauvais tribunal. Le demandeur saisit la juridiction de son domicile, comme il le faisait avant septembre 2025. Depuis le 1er septembre 2025, la juridiction du lieu de l’immeuble est seule compétente : la demande se heurte à l’incompétence, et les 2 400 € d’honoraires sont à refaire pendant que le chantier attend.

La requête déposée sans motif de se passer du contradictoire. Le texte exige que le requérant soit fondé à ne pas appeler de partie adverse ; la requête n’explique pas pourquoi. Le juge refuse. Il reste 15 jours pour faire appel, et les 6 200 € engagés n’ont produit aucun constat.

L’ordonnance non signifiée après le 1er octobre 2026. Le demandeur obtient son ordonnance sur requête et ne la fait pas signifier, croyant gagner du temps. Le délai d’un mois ne court donc jamais, et le voisin peut demander la rétractation à n’importe quel moment — y compris après le rapport, ce qui remet en cause les 6 200 € dépensés.

Le point commun des quatre tient en une ligne. La mesure elle-même est simple — un article, deux portes, un technicien — mais son calendrier ne l’est pas, et c’est toujours sur une date que les dossiers se perdent : la date d’ouverture du chantier, celle de la réforme de septembre 2025, celle du dépôt, celle de la signification. Quatre dates. Un seul article.

Six gestes avant d’ouvrir le chantier

Quatre avant de déposer. Deux après l’ordonnance.

  1. Écrivez le motif légitime, ne le supposez pas. La proximité d’un chantier ne suffit pas à elle seule : il faut désigner la preuve à conserver et le litige qui pourrait en dépendre. Un architecte décrit l’état du bâti voisin mieux qu’une phrase générale.
  2. Déposez avant la première intervention, pas avant le gros œuvre. L’antériorité se compte par rapport aux travaux, pas par rapport à la démolition. Une reprise de fondation commence bien avant que le chantier ne se voie de la rue.
  3. Saisissez la juridiction du lieu de l’immeuble. Depuis le 1er septembre 2025, elle est seule compétente lorsque la mesure porte sur un immeuble. C’est le geste qui a le plus changé récemment, et celui qu’une habitude fait manquer.
  4. Rédigez la mission avant de choisir la voie. Constatations, consultation ou expertise ne coûtent pas la même chose. Un commissaire de justice suffit parfois là où une expertise est demandée par réflexe, et le géomètre est l’homme des limites quand le litige portera sur elles.
  5. Faites signifier l’ordonnance obtenue sur requête. À partir du 1er octobre 2026, la signification déclenche le délai d’un mois au terme duquel la demande de rétractation devient irrecevable. Sans signification, ce compte à rebours ne démarre pas.
  6. Conservez le rapport avec les pièces du chantier. Un constat n’a de valeur que confronté à ce qui a été fait ensuite : dates d’intervention, méthodes, entreprises. Le notaire archivera l’ordonnance, mais les pièces d’exécution sont à vous.

Un mot sur les professionnels que ce dossier mobilise, et sur leur ordre. L’architecte décrit l’état du bâti voisin et dit ce qu’un chantier peut lui faire : c’est de sa description que naît le motif légitime. Le commissaire de justice établit des constatations quand une expertise complète n’est pas nécessaire, ce qui est plus fréquent qu’on ne le croit. Le géomètre intervient dès que le litige risque de porter sur une limite plutôt que sur un désordre. L’artisan qui exécute doit dater ses interventions, parce qu’un constat sans chronologie d’exécution ne prouve que la moitié de ce qu’on lui demande. Le notaire, enfin, conserve l’ordonnance avec le dossier de l’immeuble, là où on la retrouvera dans cinq ans.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne dit pas ce que les tribunaux retiennent comme motif légitime, faute d’avoir vérifié la jurisprudence. Il ne décrit ni le déroulement de l’expertise, ni les recours contre le rapport du technicien, qui relèvent d’autres articles. Il ne donne aucun barème d’honoraires ni de provision. Il ne dit pas ce que le décret du 27 juillet 2026 modifie ailleurs dans le code, puisque seul l’article 496 a été lu dans sa version future. Et il ne traite pas la responsabilité elle-même : savoir qui paie la fissure est une autre question, à laquelle le constat sert seulement de pièce.

UNE PHOTOGRAPHIE DATÉE, PAS UN JUGEMENT

Le constat ne condamne personne.

Il conserve une preuve que les travaux vont rendre impossible à établir. Ce n’est ni un permis, ni une assurance, ni une décision sur la responsabilité — mais sans lui, la réclamation du voisin ne se discute pas.

  • Pourquoi la requête suppose d’être fondé à ne pas appeler l’adversaire
  • Pourquoi trois régimes de mesure ne coûtent pas la même chose
  • Ce que la signification déclenche à partir d’octobre 2026
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur le motif légitime, l’antériorité, le choix entre requête et référé, le technicien commis, le tribunal compétent, les recours du voisin et le délai qui apparaît le 1er octobre 2026.

Un chantier lourd contre un mur mitoyen ancien ?

L’état d’avant ne se reconstitue pas : il se constate, une fois, au bon moment et devant le bon tribunal.

Faire le point sur un projet

01 · La mesure

  • 01Qu’est-ce qu’un référé préventif, en une phrase ?
    Une mesure d’instruction obtenue avant tout procès pour figer l’état des lieux. Le texte la fonde ainsi : « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. » Elle ne juge rien et ne condamne personne : elle conserve une preuve que les travaux vont rendre impossible à établir.
  • 02Que faut-il démontrer pour l’obtenir ?
    Un motif légitime, et il se décompose en trois éléments. Une preuve à conserver ou à établir. Des faits « dont pourrait dépendre la solution d’un litige ». Et un litige seulement possible, puisque le texte écrit « pourrait dépendre », au conditionnel. Ce que ce guide ne dit pas, c’est ce que les tribunaux retiennent en pratique comme motif légitime : cela relève d’une jurisprudence qui n’a pas été vérifiée ici.

02 · Le calendrier

  • 03Peut-on encore agir une fois le chantier commencé ?
    Juridiquement, l’article 145 exige que la demande soit formée « avant tout procès », pas avant les travaux : un chantier commencé ne ferme donc pas la voie tant qu’aucune assignation au fond n’a été délivrée. Matériellement, en revanche, la mesure perd l’essentiel de son intérêt : le technicien constatera un état déjà modifié, et l’état antérieur ne se reconstitue pas. C’est le calendrier de fait qui commande, plus que le calendrier de droit.

03 · La procédure

  • 04Faut-il passer par requête ou par référé ?
    Les deux sont ouvertes par le texte, et elles ne se valent pas. « L’ordonnance de référé est une décision provisoire rendue à la demande d’une partie, l’autre présente ou appelée » : le voisin est là et discute la mission. « L’ordonnance sur requête est une décision provisoire rendue non contradictoirement dans les cas où le requérant est fondé à ne pas appeler de partie adverse » : le voisin n’est pas là. Cette dernière proposition porte la vraie condition — être fondé à ne pas l’appeler, ce qui doit s’expliquer dans la requête.
  • 05Qui réalise le constat ?
    Une personne commise par le juge, et le choix est large : « Le juge peut commettre toute personne de son choix pour l’éclairer par des constatations, par une consultation ou par une expertise sur une question de fait qui requiert les lumières d’un technicien. » Trois régimes, trois coûts : les constatations décrivent, la consultation donne un avis, l’expertise instruit et convoque. Demander une expertise là où des constatations suffisent revient à payer plusieurs fois le prix d’un état des lieux.
  • 06Devant quel tribunal la demande se porte-t-elle ?
    Depuis le 1er septembre 2025, l’immeuble décide. Le principe reste le choix entre la juridiction du fond et celle du lieu d’exécution, mais l’exception vise directement l’immobilier : « Par dérogation au deuxième alinéa, lorsque la mesure d’instruction porte sur un immeuble, la juridiction du lieu où est situé l’immeuble est seule compétente. » Seule compétente, donc pas au choix. La règle étant récente, une habitude prise avant septembre 2025 conduit aujourd’hui devant le mauvais tribunal.

04 · Les recours

  • 07Que peut faire le voisin contre une ordonnance obtenue sans lui ?
    Il peut en demander le réexamen : « S’il est fait droit à la requête, tout intéressé peut en référer au juge qui a rendu l’ordonnance. » Ce n’est pas un appel mais un retour devant le même magistrat, cette fois avec les deux parties. Le cas inverse est réglé par la même disposition, avec un chiffre : si la requête est rejetée, « le délai d’appel est de quinze jours ».
  • 08Qu’est-ce qui change le 1er octobre 2026 ?
    Un délai apparaît là où il n’y en avait aucun. Le décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026 ajoute à compter de cette date : « À peine d’irrecevabilité, lorsque l’ordonnance prononcée sur le fondement de l’article 145 a été signifiée, le juge est saisi dans un délai d’un mois à compter de la date de signification. » Trois conditions se cumulent : une ordonnance fondée sur l’article 145, une signification, et une sanction qui est l’irrecevabilité. Celui qui obtient l’ordonnance a donc intérêt à la faire signifier ; celui qui la subit dispose d’un mois.

On chiffre les travaux, on choisit l’entreprise. On oublie de regarder le mur d’à côté.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Nous exposons les textes ; sur un chantier mitoyen, les interlocuteurs utiles sont l’architecte puis l’avocat.

Cinq articles du code de procédure civile lus sur des adresses sans dateL’article 145 refondu le 1er septembre 2025 : ses alinéas neufs visent l’immeubleL’article 496 change le 1er octobre 2026, et la version future est citée comme telle

Sources et date de contrôle

Cinq articles du code de procédure civile, lus sur Légifrance à des adresses sans date et reproduits mot à mot dans leur version en vigueur au 28 août 2026. L'un d'eux annonce une version postérieure au 1er octobre 2026, qui a été lue et est citée comme telle.

  • Source 01

    Article 145 du code de procédure civile — Légifrance. S'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. La juridiction territorialement compétente pour statuer sur une demande formée en application du premier alinéa est, au choix du demandeur, celle susceptible de connaître de l'affaire au fond ou, s'il y a lieu, celle dans le ressort de laquelle la mesure d'instruction doit être exécutée. Par dérogation au deuxième alinéa, lorsque la mesure d'instruction porte sur un immeuble, la juridiction du lieu où est situé l'immeuble est seule compétente. Version en vigueur depuis le 1er septembre 2025, modifiée par le décret n° 2025-619 du 8 juillet 2025, article 4. Consulté le 28 août 2026.

  • Source 02

    Article 232 du code de procédure civile — Légifrance. Le juge peut commettre toute personne de son choix pour l'éclairer par des constatations, par une consultation ou par une expertise sur une question de fait qui requiert les lumières d'un technicien. Version en vigueur depuis le 1er janvier 1976, jamais modifiée depuis. Consulté le 28 août 2026.

  • Source 03

    Article 484 du code de procédure civile — Légifrance. L'ordonnance de référé est une décision provisoire rendue à la demande d'une partie, l'autre présente ou appelée, dans les cas où la loi confère à un juge qui n'est pas saisi du principal le pouvoir d'ordonner immédiatement les mesures nécessaires. Version en vigueur depuis le 1er janvier 1976, jamais modifiée depuis. Consulté le 28 août 2026.

  • Source 04

    Article 493 du code de procédure civile — Légifrance. L'ordonnance sur requête est une décision provisoire rendue non contradictoirement dans les cas où le requérant est fondé à ne pas appeler de partie adverse. Version en vigueur depuis le 1er janvier 1976, jamais modifiée depuis. Consulté le 28 août 2026.

  • Source 05

    Article 496 du code de procédure civile, version en vigueur et version applicable au 1er octobre 2026 — Légifrance. Version en vigueur au 28 août 2026 : S'il n'est pas fait droit à la requête, appel peut être interjeté à moins que l'ordonnance n'émane du premier président de la cour d'appel. Le délai d'appel est de quinze jours. L'appel est formé, instruit et jugé comme en matière gracieuse. S'il est fait droit à la requête, tout intéressé peut en référer au juge qui a rendu l'ordonnance. Cette version est en vigueur depuis le 30 décembre 1976, modifiée par le décret n° 76-1236 du 28 décembre 1976, article 7. Version applicable à compter du 1er octobre 2026, créée par le décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026, article 1er : le texte ci-dessus est complété par la phrase suivante — À peine d'irrecevabilité, lorsque l'ordonnance prononcée sur le fondement de l'article 145 a été signifiée, le juge est saisi dans un délai d'un mois à compter de la date de signification. Consulté le 28 août 2026.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les cinq articles cités ont été lus sur Légifrance avant citation, sur des adresses sans date, et sont reproduits mot à mot dans leur version en vigueur au 28 août 2026. Trois d’entre eux — les articles 232, 484 et 493 — sont en vigueur depuis le 1er janvier 1976 et n’ont jamais été modifiés. L’article 145 est en vigueur depuis le 1er septembre 2025, refondu par l’article 4 du décret n° 2025-619 du 8 juillet 2025 ; ce sont ses deux alinéas ajoutés qui règlent la compétence, et cette règle date donc du 1er septembre 2025. L’article 496 est en vigueur depuis le 30 décembre 1976, modifié par l’article 7 du décret n° 76-1236 du 28 décembre 1976, et il est le seul des cinq à annoncer une version postérieure : le décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026, article 1er, y ajoute au 1er octobre 2026 la phrase sur le délai d’un mois. Cette version future a été lue et citée comme telle, jamais confondue avec le droit applicable aujourd’hui. Les montants du dossier d’Aymeric — 210 000 € de travaux, 3 800 € de provision, 2 400 € d’honoraires, 31 000 € de réclamation — sont choisis pour que les deux rapports se vérifient de tête ; ce sont des hypothèses posées pour l’exemple, et non des barèmes. Nous ne publions ni coût moyen d’un référé préventif, ni proportion de chantiers suivis d’une réclamation de voisinage, faute de les avoir mesurés. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur un chantier mitoyen, les interlocuteurs utiles sont l’architecte puis l’avocat.