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Guide de décisionVérifié le 31 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Délais d’un investissement locatif : du compromis au premier loyer, ce que les textes imposent et ce qui se négocie

« Le silence du titulaire du droit de préemption pendant deux mois à compter de la réception de la déclaration mentionnée au premier alinéa vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption. » C’est ce délai, et non le prêt, qui commande la date de l’acte.

CINQ TEXTES LUS MOT À MOT SUR LÉGIFRANCE

Cent cinquante jours sur deux cent soixante-dix. Ceux-là ne se négocient avec personne.

Le calendrier d’une acquisition mêle des délais fixés par des textes et des durées d’usage. Confondre les deux conduit à négocier ce qui ne se négocie pas et à subir ce qui se prépare.

  • Un verrou qui n’est pas celui qu’on croit : la préemption, pas la banque
  • Deux délais légaux entièrement absorbés, qui ne coûtent rien
  • Un mois d’instruction ou trois, selon ce qui est déposé
  • Et un recours qui ne court pas depuis la décision

TEXTES LUS SUR LÉGIFRANCE

5

DU COMPROMIS AU PREMIER LOYER

270 j

IMPOSÉS PAR DES TEXTES

150 j

SOIT

55,6 %

PORTAGE APRÈS L’ACTE

4 340 €

COÛT D’UN MOIS DE RETARD

1 470 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. C’est la préemption qui commande la date de l’acte, pas la banque. « Le silence du titulaire du droit de préemption pendant deux mois à compter de la réception de la déclaration mentionnée au premier alinéa vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption »2.

L’instruction dépend de la nature de l’autorisation. « Un mois pour les déclarations préalables »4, « Trois mois pour les autres demandes de permis de construire »4.

Et le recours des tiers ne court pas depuis la décision, mais « à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage sur le terrain »5.

Le corpus traite chaque étape séparément — la préemption, la déclaration préalable, le formalisme de l’offre de prêt. Ce guide-ci les met bout à bout et regarde lesquelles se chevauchent.

Combien de temps faut-il vraiment ?

Neuf mois sur le dossier d’Éléonore, dont cinq imposés par des textes. La réponse utile n’est pas la durée totale, mais sa décomposition.

Un calendrier d’acquisition mêle deux natures de délais. Les uns sont fixés par la loi ou le règlement : ils ne se négocient avec personne, et le seul choix qu’ils laissent est de les faire courir tôt plutôt que tard. Les autres dépendent d’un professionnel, d’un marché ou de vous : ils se discutent.

Confondre les deux conduit à négocier ce qui ne se négocie pas, et à subir ce qui se prépare. Un acheteur qui promet un acte sous six semaines ignore souvent qu’un délai de deux mois court déjà contre lui, sans que personne ait à le lui opposer.

Retenez la méthode plutôt que le chiffre. On établit d’abord la liste des délais que des textes imposent, on regarde ensuite lesquels se chevauchent, et le reste seulement est du ressort de l’organisation.

Que couvrent les dix jours qui suivent le compromis ?

Un droit de revenir en arrière, sans motif et sans frais, dont le point de départ n’est pas la signature. C’est la première nuance à connaître, et elle décale le calendrier d’un ou deux jours.

Le texte l’écrit ainsi : « l’acquéreur non professionnel peut se rétracter dans un délai de dix jours à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant l’acte »1.

Deux précisions se lisent dans cette phrase. Le délai court du lendemain de la première présentation, donc de la remise du courrier, non de la signature ni de son envoi ; et il bénéficie à « l’acquéreur non professionnel », formule dont ce guide ne tranchera pas l’application à un investisseur locatif.

Une variante existe lorsque aucun avant-contrat n’a été signé. Dans ce cas, « l’acquéreur non professionnel dispose d’un délai de réflexion de dix jours à compter de la notification ou de la remise du projet d’acte »1 — et l’acte ne peut être signé pendant ce délai.

La conséquence pratique est faible sur le calendrier, et c’est justement ce qu’il faut retenir. Ces dix jours s’écoulent pendant que d’autres délais, bien plus longs, courent en parallèle : ils ne retardent rien.

Un ordre de grandeur aide à situer ces dix jours dans l’ensemble. Ils représentent 3,7 % des 270 jours du parcours, et 6,7 % des 150 jours imposés par des textes. C’est la plus courte des cinq durées légales que ce guide examine, et la seule qui protège l’acquéreur plutôt que de le contraindre — les quatre autres organisent le temps d’un tiers, commune, banque ou administration.

Pourquoi la mairie tient-elle le calendrier ?

Parce que son silence vaut décision, et qu’il faut deux mois pour l’obtenir. C’est le délai le plus long de la première moitié du parcours, et il commande la date de l’acte.

Le mécanisme est celui d’une renonciation par inaction : « Le silence du titulaire du droit de préemption pendant deux mois à compter de la réception de la déclaration mentionnée au premier alinéa vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption »2.

Le point de départ mérite l’attention. Le délai court de la réception de la déclaration, non de son envoi par le notaire : un courrier parti tard fait glisser toute la suite d’autant.

Deux mécanismes peuvent l’allonger, et le texte les prévoit. Le délai « est suspendu à compter de la réception de la demande mentionnée au premier alinéa ou de la demande de visite du bien »2, et une garantie de temps est ménagée au titulaire : « Si le délai restant est inférieur à un mois, le titulaire dispose d’un mois pour prendre sa décision »2.

Cette dernière phrase est celle qui surprend le plus. Une demande de pièces déposée tardivement ne se contente pas de suspendre le compte : elle peut rouvrir un mois plein, et repousser l’acte d’autant.

Les dix jours de l’offre, et les trente qui la protègent

Deux durées coexistent dans le même article, et elles ne servent pas la même chose. L’une vous interdit d’aller vite, l’autre vous garantit du temps.

La première est une interdiction : « L’emprunteur et les cautions ne peuvent accepter l’offre que dix jours après qu’ils l’ont reçue »3. Aucun accord entre les parties ne permet d’y renoncer.

La seconde est une protection : « L’envoi de l’offre oblige le prêteur à maintenir les conditions qu’elle indique pendant une durée minimale de trente jours à compter de sa réception par l’emprunteur »3. Le prêteur ne peut donc pas retirer son offre pendant que vous réfléchissez.

Le rapprochement des deux donne une marge utile : dix jours d’attente obligatoire à l’intérieur d’une fenêtre de trente jours garantis, soit vingt jours pour décider une fois le délai passé.

Sur le dossier d’Éléonore, cette contrainte ne pèse pourtant rien. L’offre reçue au quarantième jour ne peut être acceptée qu’au cinquantième, mais la renonciation à préemption n’est acquise qu’au soixantième : le prêt a dix jours d’avance sur le verrou réel.

Comparez les deux durées pour mesurer ce que le prêt pèse réellement. Les dix jours d’attente obligatoire représentent 3,7 % du parcours, quand les soixante jours de préemption en représentent 22,2 %. Sur ce dossier, la banque n’est donc pas le facteur limitant : elle dispose de dix jours de marge sur le verrou réel, et c’est le seul endroit du calendrier où un retard bancaire modéré ne coûterait rien.

Un mois, deux mois ou trois mois ?

Cela dépend de ce que vous déposez, et l’écart va du simple au triple. C’est le poste sur lequel la nature du projet pèse le plus lourd.

Le texte énumère trois durées. « Un mois pour les déclarations préalables »4 ; « Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle ou ses annexes »4 ; « Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d’aménager »4.

Le texte les qualifie de délais « de droit commun »4, ce qui signale l’existence de délais particuliers que ce guide n’a pas lus — un projet en site patrimonial ou près d’un monument historique relève d’autres articles.

La conséquence sur un projet locatif est directe. Requalifier des travaux de déclaration préalable en permis de construire ajoute deux mois d’instruction, et ces deux mois se répercutent intégralement sur la date du premier loyer.

Une nuance de vocabulaire mérite d’être posée, parce qu’elle décide de la nature du délai. Le texte parle d’un délai « de droit commun », formule qui ne signifie pas usuel mais supplétif : il s’applique là où aucune règle particulière ne le remplace. Un projet situé dans un site patrimonial remarquable ou aux abords d’un monument historique relève d’autres articles, que ce guide n’a pas lus et dont il ne dira donc rien — sinon qu’ils allongent, et jamais ne raccourcissent.

Les deux mois d’affichage qui suivent l’autorisation

L’autorisation obtenue n’est pas encore purgée, et le compte à rebours ne démarre pas où on le croit. C’est le délai le plus souvent oublié des plannings.

Le texte fixe un point de départ inhabituel : le délai de recours « court à l’égard des tiers à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l’article R. 424-15 »5.

Lisez le mot continue. Un panneau tombé, retourné ou illisible pendant quelques jours peut interrompre la période et faire repartir le compte, ce qui rend le constat d’affichage utile bien au-delà d’une simple formalité.

Notez aussi ce que le texte ne dit pas. Il fixe le point de départ du délai, non l’effet d’un recours sur les travaux : notre guide sur le recours contre un permis traite cette question, que ce guide-ci laisse entière.

Sur le calendrier, ces deux mois s’ajoutent à l’instruction sans se chevaucher avec elle. Un chantier lancé avant leur terme l’est aux risques du maître d’ouvrage, ce qui est un arbitrage et non un gain de temps acquis.

Reste une question que ce guide laisse ouverte, faute de source pour la fermer. Attendre la purge du recours avant d’engager les travaux allonge le calendrier de soixante jours, soit 2 940 € de portage ; les engager plus tôt fait courir un risque dont ce guide ne mesure ni la probabilité ni le coût. C’est un arbitrage de maître d’ouvrage, et il se prend avec un conseil, non avec une moyenne trouvée en ligne. Le signaler valait mieux que de le trancher.

Le dossier d’Éléonore, jour par jour

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Les mois légaux sont comptés en trente jours pour que chaque date se retrouve par une addition ; un calendrier réel compte en mois civils et décale de quelques jours.

Du compromis au premier loyer, en jours

Le dossier d’Éléonore, jour par jour — tableau 1
Compromis signé et notifié0
Fin de la rétractation10texte
Offre de prêt reçue40usage
Acceptation possible de l’offre50texte
Renonciation à préemption acquise60texte
Acte authentique60
Décision sur la déclaration préalable90texte
Recours des tiers purgé150texte
Fin du chantier240usage
Premier loyer270usage

Le tableau se recompose à l’écran : 60 jours jusqu’à l’acte, puis 30 d’instruction, 60 de recours, 90 de chantier et 30 de mise en location font bien 270 jours, soit neuf mois de trente jours.

La décomposition est le vrai enseignement. Sur le chemin critique, 150 jours viennent de textes — la préemption, l’instruction, le recours — soit 55,6 % du parcours, et 120 jours viennent d’usages, soit 44,4 %.

Deux délais légaux ne coûtent pourtant rien, et c’est contre-intuitif. Les dix jours de rétractation et les dix jours qui précèdent l’acceptation de l’offre s’écoulent tous deux à l’intérieur des soixante jours de préemption : ils sont absorbés.

Si le projet exigeait un permis de construire ordinaire plutôt qu’une déclaration, l’instruction passerait de 30 à 90 jours et le premier loyer au 330e jour — onze mois au lieu de neuf, pour un même bien et un même chantier.

Une dernière lecture du tableau, par la somme des durées plutôt que par les dates. Les textes fixent 160 jours au total — 10 de rétractation, 60 de préemption, 30 d’instruction et 60 de recours — mais seuls 150 pèsent sur le chemin critique, parce que la rétractation s’efface derrière la préemption. Les usages, eux, en ajoutent 150, dont 120 seulement sont critiques : les 30 jours d’obtention de l’offre se déroulent, comme la rétractation, à l’abri du délai de préemption.

Cette arithmétique a une conséquence directe sur la façon de gagner du temps. Agir sur un délai absorbé ne produit rien : obtenir l’offre de prêt en quinze jours au lieu de trente ne rapproche l’acte d’aucun jour, puisque la préemption court toujours. En revanche, chaque jour gagné sur l’envoi de la déclaration d’intention d’aliéner est un jour gagné sur les 270, parce que ce délai est le premier maillon de la chaîne critique.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Quatre erreurs de calendrier, sur des dossiers où ni le bien ni le financement ne posaient de difficulté. Le loyer attendu est de 850 € et la mensualité de 620 €, soit 1 470 € par mois de retard une fois l’acte signé.

La date d’acte fixée sur le prêt. L’acquéreur promet de signer dès l’acceptation de l’offre, au cinquantième jour, en ignorant que la renonciation à préemption n’est acquise qu’au soixantième. L’acte est reporté de dix jours, soit 490 € de portage, et la promesse tenue devant le vendeur ne l’était pas.

La déclaration d’intention d’aliéner envoyée tard. Le délai court « à compter de la réception » : dix jours de retard à l’envoi sont dix jours ajoutés à tout ce qui suit, soit 490 € au tarif du portage.

Les travaux requalifiés en permis de construire. Le dossier part en déclaration préalable et revient en permis : l’instruction passe de 30 à 90 jours, le premier loyer glisse de 60 jours, et le portage augmente de 2 940 €.

Le panneau d’affichage tombé. Le texte exige « une période continue de deux mois d’affichage » : une interruption non constatée peut faire repartir le délai, et deux mois de plus valent 2 940 € sur ce dossier.

Le point commun des quatre tient en une ligne. Dans chacun, un délai a été compté à partir d’une date choisie par l’acquéreur, alors que le texte le fait courir d’un événement qu’il ne maîtrise pas.

Six gestes pour tenir le calendrier

Trois avant l’acte. Trois après.

  1. Établissez la liste des délais légaux avant de promettre une date. Sur ce dossier, 150 jours sur 270 sont imposés par trois articles et ne se négocient avec personne.
  2. Faites partir la déclaration d’intention d’aliéner le plus tôt possible. Le délai court de sa réception, et c’est lui qui commande l’acte — dix jours perdus à l’envoi valent 490 €.
  3. Ne calez pas l’acte sur l’offre de prêt. L’acceptation devient possible au cinquantième jour, mais la préemption ne libère la signature qu’au soixantième.
  4. Faites qualifier les travaux avant de déposer. Entre déclaration préalable et permis de construire, l’instruction va d’un mois à trois, et le premier loyer glisse de deux mois.
  5. Faites constater l’affichage, puis vérifiez sa continuité. Le délai court d’une « période continue de deux mois », et une interruption non constatée se paie 2 940 €.
  6. Provisionnez le portage, pas seulement les travaux. Sept mois séparent l’acte du premier loyer, soit 4 340 € de mensualités sans recette — notre guide sur le calcul du cash-flow montre ce que cette phase représente sur la durée.

Un mot sur les professionnels que ce calendrier mobilise, et sur leur ordre. Le notaire envoie la déclaration d’intention d’aliéner, donc il tient la date la plus structurante du parcours. Le courtier obtient l’offre, dont les dix jours d’attente sont incompressibles mais rarement bloquants. L’architecte ou le maître d’œuvre qualifie les travaux, ce qui décide entre un mois et trois mois d’instruction. Le commissaire de justice constate l’affichage, ce qui protège la continuité exigée par le texte. Et l’agent immobilier, enfin, est celui qui promet une date au vendeur : mieux vaut qu’il connaisse les cinq précédentes.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne tranche pas si un investisseur locatif est un « acquéreur non professionnel » au sens du texte sur la rétractation : la question dépend de la situation et il l’expose sans la refermer. Il ne lit pas les délais d’instruction particuliers, que le texte réserve à certains projets. Il ne dit rien de l’effet d’un recours sur l’exécution des travaux, ni des délais de la vente elle-même avant le compromis. Et il ne traite ni l’organisation d’un achat éloigné, ni le budget de l’opération.

1 470 € PAR MOIS DE RETARD APRÈS L’ACTE

Accélérer un délai absorbé ne rapproche l’acte d’aucun jour.

Obtenir l’offre de prêt en quinze jours au lieu de trente ne change rien, puisque la préemption court toujours. Chaque jour gagné sur l’envoi de la déclaration d’intention d’aliéner, si.

  • Pourquoi la rétractation et le prêt s’effacent derrière la préemption
  • Pourquoi un panneau tombé peut coûter 2 940 €
  • Pourquoi sept mois séparent l’acte du premier loyer
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Sept réponses directes sur la durée réelle d’un projet locatif, le délai qui commande la date de l’acte, la rétractation et son effet nul sur le calendrier, les deux délais de l’offre de prêt, l’instruction d’urbanisme, le point de départ du recours des tiers et le seul endroit où l’on gagne du temps.

Un calendrier à établir ?

La première date à fixer est celle de la déclaration d’intention d’aliéner, et elle se pose au notaire.

Faire le point sur un projet

01 · La durée

  • 01Combien de temps s’écoule entre le compromis et le premier loyer ?
    Neuf mois sur le dossier d’Éléonore, soit 270 jours, dont 150 imposés par des textes — la préemption, l’instruction et le recours des tiers. Les 120 autres viennent d’usages : obtention de l’offre de prêt, chantier, mise en location. Ces derniers sont des hypothèses posées pour l’exemple, non des durées relevées : ce guide ne publie aucun délai moyen de marché.
  • 02Quel délai commande réellement la date de l’acte ?
    La préemption, pas le prêt. Le texte prévoit que « Le silence du titulaire du droit de préemption pendant deux mois à compter de la réception de la déclaration mentionnée au premier alinéa vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption ». Sur ce dossier, l’offre de prêt devient acceptable au cinquantième jour quand la renonciation n’est acquise qu’au soixantième : la banque a dix jours d’avance sur le verrou réel.

02 · Les verrous

  • 03Le délai de rétractation de dix jours retarde-t-il l’opération ?
    Non, il est absorbé. Il court « à compter du lendemain de la première présentation de la lettre » notifiant l’acte, donc dès les premiers jours, pendant que les deux mois de préemption s’écoulent. Il représente 3,7 % du parcours et n’apparaît pas sur le chemin critique. Une nuance demeure : le texte vise « l’acquéreur non professionnel », et savoir si un investisseur locatif en est un dépend de sa situation — ce guide ne le tranche pas.
  • 04Peut-on accepter une offre de prêt dès sa réception ?
    Non. Le texte l’interdit : « L’emprunteur et les cautions ne peuvent accepter l’offre que dix jours après qu’ils l’ont reçue. » En contrepartie, il garantit du temps : « L’envoi de l’offre oblige le prêteur à maintenir les conditions qu’elle indique pendant une durée minimale de trente jours à compter de sa réception par l’emprunteur. » Dix jours d’attente à l’intérieur d’une fenêtre de trente jours laissent donc vingt jours pour décider.

03 · L’urbanisme

  • 05Combien de temps dure l’instruction d’une autorisation d’urbanisme ?
    Cela dépend de ce qui est déposé : « Un mois pour les déclarations préalables », « Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle ou ses annexes », « Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d’aménager ». Passer d’une déclaration à un permis ordinaire déplace le premier loyer de deux mois, soit 2 940 € de portage sur ce dossier.
  • 06À partir de quand court le délai de recours des tiers ?
    Pas de la décision, mais de l’affichage : il « court à l’égard des tiers à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l’article R. 424-15 ». Le mot continue est le piège : un panneau tombé ou illisible peut interrompre la période, ce qui rend le constat d’affichage utile. Deux mois supplémentaires valent 2 940 € sur ce dossier.

04 · La marge

  • 07Où peut-on réellement gagner du temps ?
    Sur le premier maillon de la chaîne critique, et sur lui seul. Accélérer un délai absorbé ne produit rien : obtenir l’offre de prêt en quinze jours au lieu de trente ne rapproche l’acte d’aucun jour, puisque la préemption court toujours. En revanche, chaque jour gagné sur l’envoi de la déclaration d’intention d’aliéner est un jour gagné sur les 270, car ce délai court « à compter de la réception » et commande tout ce qui suit.

Les textes fixent la moitié du calendrier. L’autre moitié se prépare.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Nous exposons les textes ; les durées d’usage de ce guide sont des hypothèses, non des moyennes de marché.

Cinq textes lus sur Légifrance, dans leur état au 31 août 2026Une convention de calcul déclarée : mois légaux comptés en trente joursAucun délai moyen publié : rien de tel n’a été mesuré

Sources et date de contrôle

Cinq textes lus sur Légifrance le 31 août 2026, dans leur version en vigueur.

  • Source 01

    Article L271-1 du code de la construction et de l’habitation — rétractation et réflexion — Légifrance. Pour tout acte ayant pour objet la construction ou l’acquisition d’un immeuble à usage d’habitation, la souscription de parts donnant vocation à l’attribution en jouissance ou en propriété d’immeubles d’habitation ou la vente d’immeubles à construire ou de location-accession à la propriété immobilière, l’acquéreur non professionnel peut se rétracter dans un délai de dix jours à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant l’acte. Lorsque le contrat constatant ou réalisant la convention est dressé en la forme authentique et n’est pas précédé d’un contrat préliminaire ou d’une promesse synallagmatique ou unilatérale, l’acquéreur non professionnel dispose d’un délai de réflexion de dix jours à compter de la notification ou de la remise du projet d’acte selon les mêmes modalités que celles prévues pour le délai de rétractation mentionné aux premier et troisième alinéas. Version en vigueur depuis le 25 novembre 2018. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 02

    Article L213-2 du code de l’urbanisme — le silence valant renonciation à préemption — Légifrance. Le silence du titulaire du droit de préemption pendant deux mois à compter de la réception de la déclaration mentionnée au premier alinéa vaut renonciation à l’exercice du droit de préemption. Le délai est suspendu à compter de la réception de la demande mentionnée au premier alinéa ou de la demande de visite du bien. Si le délai restant est inférieur à un mois, le titulaire dispose d’un mois pour prendre sa décision. Version en vigueur depuis le 25 novembre 2018. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 03

    Article L313-34 du code de la consommation — l’offre de prêt et ses deux délais — Légifrance. L’envoi de l’offre oblige le prêteur à maintenir les conditions qu’elle indique pendant une durée minimale de trente jours à compter de sa réception par l’emprunteur. L’offre est soumise à l’acceptation de l’emprunteur et des cautions, personnes physiques, déclarées. L’emprunteur et les cautions ne peuvent accepter l’offre que dix jours après qu’ils l’ont reçue. L’acceptation est donnée par lettre, le cachet de l’opérateur postal faisant foi, ou selon tout autre moyen convenu entre les parties de nature à rendre certaine la date de l’acceptation par l’emprunteur. Version en vigueur depuis le 1er juillet 2016. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 04

    Article R423-23 du code de l’urbanisme — les délais d’instruction de droit commun — Légifrance. Le délai d’instruction de droit commun est de : a) Un mois pour les déclarations préalables ; b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle ou ses annexes ; c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d’aménager. Version en vigueur depuis le 1er octobre 2007. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 05

    Article R600-2 du code de l’urbanisme — le point de départ du recours des tiers — Légifrance. Le délai de recours contentieux à l’encontre d’une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d’un permis de construire, d’aménager ou de démolir court à l’égard des tiers à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l’article R. 424-15. Version en vigueur depuis le 1er octobre 2007. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les cinq sources citées ont été lues sur Légifrance avant citation, le 31 août 2026, chaque page ayant été sommée de démentir si l’article affiché n’était pas celui recherché. Aucune ne comporte de version postérieure annoncée. Une convention de calcul est posée et doit être connue du lecteur : les mois légaux sont comptés en trente jours, de sorte que chaque date du tableau se retrouve par une addition simple ; un calendrier réel compte en mois civils et les dates y diffèrent de quelques jours, sans que la démonstration en soit affectée. Le dossier d’Éléonore est un exemple construit : les trente jours d’obtention de l’offre de prêt, les quatre-vingt-dix jours de chantier, les trente jours de mise en location, le loyer de 850 € et la mensualité de 620 € sont des hypothèses posées, non des durées ou des prix relevés — et c’est important, car elles constituent la moitié du parcours. Les seules durées sourcées sont les dix jours de rétractation, les deux mois de préemption, les dix et trente jours de l’offre de prêt, les délais d’instruction et les deux mois d’affichage. Nous ne publions ni délai moyen de vente, ni durée moyenne de chantier, ni délai bancaire constaté : rien de tel n’a été mesuré, et les chiffres qui circulent sur ces trois points varient trop pour être repris sans mesure propre. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur un calendrier, le premier interlocuteur est le notaire, et la première date celle de la déclaration d’intention d’aliéner.