Attestation de loyer CAF : ce que le document engage, et pourquoi un logement non décent vous coûte l’aide
Les pages du sujet expliquent comment remplir les cases. Aucune ne dit ce que le document engage, ni ce qui arrive quand le logement déclaré ne tient pas la comparaison.
UNE FORMALITÉ DE QUINZE MINUTES
Refuser de la remplir fabrique votre propre impayé.
Sans attestation, la part payable du locataire ne tombe pas à zéro : elle passe de 410 € à 690 €.
- Le tiers payant est optionnel dans le privé, et sécurise 40,6 % de la quittance
- Un logement non décent fait conserver l’aide, pas disparaître le loyer
- La part conservée n’est ni versée, ni réclamable au locataire
- Au terme du délai, elle n’est plus récupérable du tout
QUITTANCE MENSUELLE
690 €
PART VERSÉE PAR L’ORGANISME
280 €
PART COUVERTE PAR L’AIDE
40,6 %
EFFORT EN PLUS SANS ATTESTATION
+ 68 %
IMMOBILISÉ AU TERME
5 040 €
ÉCART AGIR / NE RIEN FAIRE
1 840 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le tiers payant — le versement de l’aide directement au bailleur — est optionnel pour un bailleur privé, automatique pour les bailleurs sociaux. Le choisir ou non ne change rien à ce que doit le locataire ; cela change qui encaisse quoi.
Lorsque l’organisme payeur constate qu’un logement n’est pas décent, l’allocation est conservée et cesse d’être versée. Le locataire « s’acquitte du montant du loyer et des charges diminué du montant des allocations de logement […] sans que cette diminution puisse fonder une action du propriétaire à son encontre »1. Vous perdez la part, et vous ne pouvez ni la réclamer, ni demander la résiliation pour ce motif.
Si le logement n’est toujours pas conforme au terme du délai, le montant conservé « n’est pas récupéré par le propriétaire »2. Sur le cas de ce guide, l’ardoise atteint 5 040 €, définitivement perdus.
Les pages qui traitent de l’attestation de loyer expliquent comment remplir les cases. C’est utile et cela s’arrête là : aucune ne dit ce que le document engage, ni ce qui arrive quand le logement déclaré ne tient pas la comparaison avec les exigences de décence.
Ce guide prend l’autre bout du sujet. Il suppose que vous savez remplir un formulaire, et il traite de ce qui se passe ensuite.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Fabienne, 47 ans, pharmacienne à Limoges, bailleuse d’un T2 loué 620 € hors charges plus 70 € de provisions. Sa locataire perçoit 280 € d’allocation de logement, soit 40,6 % de la quittance. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.
Que déclare-t-on exactement dans une attestation de loyer ?
Quatre familles d’informations, et la quatrième est celle qu’on lit le plus vite.
- L’identité des parties et du logement : bailleur, locataire, adresse, date d’entrée dans les lieux.
- Le montant du loyer et des charges, tels qu’ils figurent au bail et tels qu’ils sont réellement appelés. Ce sont eux qui servent au calcul de l’aide.
- La surface et la composition du logement, qui conditionnent l’éligibilité et le barème.
- Les caractéristiques du logement quant à la décence — présence d’eau, de sanitaires, de chauffage, absence de risques manifestes.
Une cinquième information circule sans figurer au formulaire, et elle mérite d’être connue : la date d’ouverture du droit. L’aide n’est due qu’à compter du mois qui suit la demande, sans rétroactivité au-delà. Une attestation remise avec deux mois de retard ne se rattrape donc pas : les deux mois sont perdus pour le locataire, qui les aura payés seul, et souvent avec difficulté.
Les trois premières familles sont déclaratives et vérifiables sur pièces. La quatrième est une déclaration sur l’état du bien, et c’est elle qui ouvre la porte de la section suivante : en la signant, un bailleur affirme que son logement remplit les conditions de décence.
Le point de vigilance. Une attestation se met à jour quand la situation change : révision annuelle du loyer, changement de surface après travaux, départ d’un colocataire. Un loyer déclaré une fois puis jamais actualisé produit un calcul d’aide erroné — que l’organisme régularisera, dans un sens ou dans l’autre, et souvent après plusieurs mois.
Une question d’exécution se pose quand la gestion est déléguée. Un gestionnaire mandaté remplit l’attestation pour le compte du bailleur, et c’est en général mieux fait : il connaît les rubriques et il actualise à chaque révision. Mais la responsabilité de ce qui est déclaré reste celle du propriétaire, et c’est lui que l’organisme notifiera en cas de non-décence. Vérifier une fois par an ce que son gestionnaire a déclaré coûte dix minutes et évite de découvrir un écart au moment d’une régularisation.
En copropriété, ni le syndic ni un agent immobilier qui aurait seulement placé le locataire n’ont de rôle dans cette formalité. Elle appartient au bailleur ou à son mandataire de gestion, et à personne d’autre.
Faut-il demander le versement direct de l’aide ?
C’est une option, pas une obligation. Le versement direct au bailleur — le tiers payant — est automatique pour les bailleurs sociaux, et laissé au choix du bailleur privé, quel que soit le type de bail et quel que soit le type d’aide.
Il ne change rien à ce que doit le locataire. Il change qui encaisse quoi.
La quittance ne bouge pas. Seul le circuit de l’argent change
| Sans tiers payant | Avec tiers payant | |
|---|---|---|
| Quittance mensuelle | 690 € | 690 € |
| Payé par la locataire | 690 € | 410 € |
| Versé par l’organisme au bailleur | 0 € | 280 € |
| Encaissé par Fabienne | 690 € | 690 € |
L’intérêt du tiers payant est de sécuriser 40,6 % de la quittance, qui arrivent d’un organisme plutôt que d’un particulier. Son inconvénient est symétrique : il installe une relation directe entre le bailleur et l’organisme payeur, laquelle suppose que le logement reste conforme. C’est un arbitrage réel, et il se pose avant de cocher la case.
Que produit un refus de remplir l’attestation ?
Rien de bon, et surtout pas ce que le bailleur imagine. Certains croient se protéger en ne remplissant pas le document : ils protègent surtout leur propre impayé futur.
Sans attestation, la locataire de Fabienne ne perçoit pas son aide. Sa part payable ne passe pas de 410 € à zéro : elle passe de 410 € à 690 €, soit un effort augmenté de 68 %. Sur un budget déjà contraint, c’est précisément le mécanisme qui produit un impayé.
La formalité n’est d’ailleurs pas facultative. Les organismes payeurs disposent d’un droit de communication auprès du bailleur pour obtenir les informations nécessaires au calcul de l’aide, et un refus persistant expose à des sanctions. Mais l’argument juridique est presque superflu à côté de l’argument économique : refuser de remplir une attestation revient à retirer 280 € par mois de la capacité de paiement de son propre locataire.
Le point de vigilance. La logique vaut aussi à l’entrée. Un bailleur qui écarte les candidats percevant une aide au logement écarte les dossiers dont 40,6 % de la quittance est versée par un organisme public — c’est-à-dire, sur ce critère précis, les plus sûrs de son vivier. Notre guide sur le choix du locataire traite de ce que le dossier dit réellement de la solvabilité.
Pourquoi la décence conditionne-t-elle le versement ?
C’est le point que l’attestation engage, et que les pages pratiques ne mentionnent jamais.
Lorsque l’organisme payeur constate qu’un logement ne répond pas aux caractéristiques de décence, il n’interrompt pas simplement le versement : il ouvre une procédure de conservation. L’allocation est mise de côté, le propriétaire est notifié du constat, et il est informé qu’il « doit le mettre en conformité dans le délai maximal […] pour que l’allocation de logement conservée lui soit versée »1.
Encore faut-il savoir ce que « décent » recouvre. Le référentiel n’a rien de vague : surface et volume minimaux, absence de risque manifeste pour la sécurité physique et la santé, présence des équipements rendant le logement habitable — eau potable, évacuation, cuisine, installation sanitaire, chauffage —, et depuis quelques années un critère de performance énergétique qui exclut progressivement les logements les plus consommateurs. Notre guide sur les passoires thermiques détaille ce dernier point, qui devient dans bien des dossiers le premier motif de non-décence.
Le constat, lui, ne tombe pas du ciel. Il vient le plus souvent d’une visite déclenchée par un signalement du locataire, et il porte sur des désordres identifiables : humidité persistante, ventilation absente ou obturée, installation électrique dangereuse. Un diagnostiqueur ou un artisan mandaté par le bailleur établira sans difficulté ce qu’il faut reprendre — encore faut-il l’appeler dès la notification, et non après plusieurs mois de courriers.
Le mécanisme est donc incitatif avant d’être punitif : l’argent existe, il est immobilisé, et il revient au bailleur qui remet le logement aux normes dans le délai. Encore faut-il agir, et vite — la section suivante montre pourquoi.
Ce que la conservation coûte, et ce qu’elle interdit
Deux règles se combinent, et la seconde surprend la plupart des bailleurs.
La première : le locataire ne paie plus la totalité. Il « s’acquitte du montant du loyer et des charges diminué du montant des allocations de logement »1. Sur le dossier de Fabienne, sa locataire continue de verser 410 €, et rien d’autre n’arrive.
La seconde : cette diminution ne peut « fonder une action du propriétaire à son encontre pour obtenir la résiliation du bail »1. Autrement dit, le bailleur ne peut ni réclamer la différence au locataire, ni invoquer un impayé, ni engager une procédure sur ce fondement. Ce n’est pas un impayé : c’est une conséquence légale de son propre manquement.
Chaque mois de retard immobilise 280 € — et le compteur a un terme
| Durée de la conservation | Somme immobilisée |
|---|---|
| 4 mois | 1 120 € |
| 12 mois | 3 360 € |
| 18 mois, délai maximal | 5 040 € |
Et voici la troisième règle, la plus lourde. Si le logement ne répond toujours pas aux normes au terme du délai, « le montant de l’allocation de logement, conservé jusqu’à cette date par l’organisme payeur […] n’est pas récupéré par le propriétaire »2.
Relisons cette phrase. L’argent n’est pas rendu au locataire. Il n’est pas versé au bailleur. Il n’est réclamable par personne, et il ne finance aucun travail — il s’évapore simplement du circuit, au terme d’un délai pendant lequel tout le monde savait ce qu’il fallait faire et où l’organisme payeur l’avait écrit noir sur blanc au propriétaire.
Cinq mille quarante euros ne sont alors ni versés au bailleur, ni réclamables au locataire. Ils sont perdus, et le logement reste non décent — donc le mécanisme peut recommencer.
Une comparaison éclaire l’ordre de grandeur. Deux cent quatre-vingts euros par mois, c’est plus qu’une taxe foncière mensualisée sur ce type de bien, plus qu’une assurance propriétaire non occupant, plus que l’entretien annuel d’une chaudière. C’est, en somme, l’équivalent de tous les postes récurrents d’un petit locatif réunis — et ils disparaissent chaque mois où le logement reste non décent, sans que rien ne se répare.
Autre manière de le voir : sur une opération dont le rendement brut tournerait autour de 7 %, dix-huit mois de conservation représentent à peu près une année entière de loyer perdue. Ce n’est pas une pénalité marginale rangée dans un coin du dossier. C’est le résultat de l’exercice.
Faire les travaux, et à quelle vitesse
Le calcul est direct, et il ne laisse pas beaucoup de place à l’hésitation.
Supposons que la mise en conformité du logement de Fabienne — ventilation, traitement d’une remontée d’humidité — coûte 3 200 €. Rapportée aux 280 € immobilisés chaque mois, elle s’équilibre en 11,4 mois de conservation. Au-delà, ne rien faire coûte plus cher que faire.
Agir au quatrième mois plutôt que jamais vaut 1 840 €
| Scénario | Résultat |
|---|---|
| Mise en conformité au 4ᵉ mois | 1 120 € récupérés, 3 200 € de travaux |
| Aucune action | 5 040 € perdus, logement toujours non décent |
| Écart | 1 840 €, hors valeur des travaux |
L’écart est en réalité plus grand que 1 840 €, parce que les travaux ne disparaissent pas : ils restent dans le logement, ils en améliorent la valeur locative et ils écartent le risque d’une action en non-décence du locataire, laquelle se règle sur un tout autre terrain. Le seul scénario perdant est l’inaction.
Un dernier point de méthode : les travaux d’amélioration engagés dans ce contexte suivent le régime fiscal ordinaire des charges déductibles des revenus fonciers, ce que notre guide sur l’imputation du déficit foncier détaille. La mise en conformité n’est donc pas seulement rentable face à la conservation : elle l’est aussi après impôt.
Une dernière précision sur le calendrier, car elle change la lecture du dossier. La conservation ne commence pas au jour du constat mais à la notification, et elle porte sur les mensualités à venir — les aides déjà versées ne sont pas reprises. Un bailleur qui reçoit la notification en début de mois dispose donc de la totalité du délai devant lui, ce qui est confortable, et c’est précisément ce confort qui fait remettre l’affaire à plus tard.
Autre point de méthode : la fin de la conservation ne se produit pas d’elle-même. C’est au bailleur de signaler que les travaux sont faits, pièces à l’appui — factures, attestations d’entreprise, parfois une nouvelle visite. Attendre que l’organisme constate spontanément l’amélioration revient à laisser le compteur tourner alors que le logement est déjà conforme, ce qui est la plus absurde des façons de perdre de l’argent.
Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant
Aucun ne relève de la complexité administrative. Quatre réflexes, tous à la portée de n’importe quel bailleur.
Refuser de remplir l’attestation. C’est l’incident fondateur, et il se retourne contre son auteur : la part payable de la locataire passe de 410 € à 690 €, soit 68 % d’effort en plus, et l’impayé qui suit coûte davantage que les quinze minutes économisées.
Ne jamais l’actualiser. Un loyer révisé chaque année et déclaré une seule fois produit un calcul d’aide faux. L’organisme régularise, parfois plusieurs mois après, et la régularisation porte sur des sommes déjà encaissées et dépensées — sur ce dossier, un écart de 20 € par mois non déclaré pendant deux ans représente 480 € à rendre d’un coup.
Ignorer une notification de non-décence. Le courrier n’est pas une mise en demeure comminatoire : c’est le départ d’un compteur. Quatre mois d’inattention immobilisent déjà 1 120 €, et le terme du délai transforme l’immobilisation en perte sèche de 5 040 €.
Réclamer la différence au locataire. C’est l’erreur la plus lourde de conséquences, parce qu’elle transforme un problème d’argent en litige. Le texte interdit expressément que la diminution fonde une action du propriétaire. Un bailleur qui met en demeure, puis assigne, s’expose à perdre en plus des 5 040 € les frais de sa propre procédure.
Ce qu’un bailleur a intérêt à faire, dans l’ordre
Cinq gestes, dont aucun ne prend plus d’une heure.
Aucun ne suppose de connaissance juridique. Aucun ne coûte d’honoraires. Le seul qui demande de l’argent — la mise en conformité — est aussi celui qui améliore durablement le bien, réduit sa vacance future et écarte des risques dont la procédure de conservation n’est que le plus doux : un locataire peut agir en non-décence devant le juge, et le maire peut engager une police de l’habitat dont les conséquences ne se comparent pas.
- Remplir l’attestation dès la demande, sans attendre la relance. Le délai de traitement de l’organisme s’ajoute au vôtre, et pendant ce temps le locataire paie la totalité.
- Décider du tiers payant en connaissance de cause. Il sécurise 40,6 % de la quittance sur ce dossier, et il suppose que le logement reste conforme.
- Actualiser à chaque changement : révision du loyer, travaux modifiant la surface, changement de composition du foyer. Une ligne de courriel suffit.
- Traiter toute notification de non-décence comme une urgence, parce qu’elle en est une : le compteur tourne à 280 € par mois.
- Ne jamais facturer au locataire la part conservée. Elle n’est pas due, et la réclamer expose à davantage qu’elle ne rapporte.
La conclusion qui ne nous arrange pas. Il serait facile de présenter la procédure de conservation comme une injustice faite aux bailleurs. Ce n’en est pas une, et nous ne le dirons pas. Le mécanisme ne sanctionne pas un retard administratif : il sanctionne un logement qui ne remplit pas des conditions minimales, et il commence par immobiliser l’argent plutôt que par le confisquer — précisément pour laisser au bailleur le temps d’agir. Sur les dix-huit mois offerts, il faut vraiment ne rien faire pour perdre 5 040 €. Un bailleur qui se retrouve dans cette situation n’a pas été mal traité ; il a reçu un avertissement chiffré, daté, et il l’a laissé passer.
Un mot, enfin, sur les colocations et les logements partagés, où l’attestation prend une forme particulière. Chaque colocataire percevant une aide dépose sa propre demande, et le bailleur atteste de la part de loyer et de charges qui lui incombe — non de la quittance globale. Une répartition mal déclarée produit autant d’erreurs de calcul qu’il y a d’occupants, et les régularisations arrivent alors en série. La règle pratique est simple : la somme des parts déclarées doit égaler la quittance, et cette vérification se refait à chaque changement d’occupant.
Reste une remarque sur ce que l’attestation révèle. Un bailleur qui hésite à la remplir parce qu’il redoute le contrôle de décence tient là l’information la plus utile de son dossier : son logement pose un problème qu’il connaît. Le traiter coûte ce qu’il coûte — 3 200 € ici — et il faudra le traiter de toute façon, que ce soit à l’occasion d’une aide au logement, d’une action du locataire, ou d’un arrêté de mise en sécurité dont les conséquences n’ont rien de comparable.
280 € par mois, pendant dix-huit mois au plus.
L’allocation n’est pas supprimée, elle est immobilisée — et elle revient au bailleur qui remet le logement aux normes dans le délai.
- Ce que le texte interdit expressément de réclamer au locataire
- Le seuil au-delà duquel ne rien faire coûte plus cher que faire
- Pourquoi la fin de la conservation ne se produit pas d’elle-même
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur l’obligation de remplir, le tiers payant, la non-décence, la conservation de l’aide et l’arbitrage des travaux.
Une notification de non-décence reçue ?
Apportez la notification, le bail et le montant de l’aide. Le compteur tourne, et le calcul se fait en une ligne.
Faire le point sur votre dossier01 · Le document
01Le bailleur est-il obligé de remplir l’attestation de loyer ?
Oui en pratique, et il y a tout intérêt. Les organismes payeurs disposent d’un droit de communication auprès du bailleur pour obtenir les informations nécessaires au calcul de l’aide, et un refus persistant expose à des sanctions. Mais l’argument économique suffit : sans attestation, le locataire ne perçoit pas son aide et doit payer la totalité de la quittance. Sur le dossier décrit ici, sa part passe de 410 € à 690 €, soit 68 % d’effort supplémentaire — c’est le mécanisme même de l’impayé.02Le tiers payant est-il obligatoire ?
Non pour un bailleur privé. Le versement direct de l’aide au bailleur est automatique pour les bailleurs sociaux et les organismes assimilés, mais il reste optionnel dans le parc privé, quel que soit le type de bail et quel que soit le type d’aide. Il ne modifie rien à ce que doit le locataire : il change seulement le circuit de l’argent. Sur le dossier décrit, il sécurise 280 € sur une quittance de 690 €, soit 40,6 % versés par un organisme plutôt que par un particulier.
02 · La décence
03Que se passe-t-il si la CAF constate que le logement n’est pas décent ?
L’allocation n’est pas supprimée, elle est conservée par l’organisme payeur pendant un délai maximal fixé par voie réglementaire. Le propriétaire reçoit une notification du constat et l’information qu’il doit mettre le logement en conformité dans ce délai pour que l’allocation conservée lui soit versée. Le mécanisme est donc incitatif avant d’être punitif : l’argent existe, il est immobilisé, et il revient au bailleur qui agit.04Peut-on réclamer au locataire la part que la CAF ne verse plus ?
Non, et c’est la règle la plus mal connue. Pendant la conservation, le locataire s’acquitte du montant du loyer et des charges diminué du montant des allocations de logement, et cette diminution ne peut fonder une action du propriétaire à son encontre pour obtenir la résiliation du bail. Le bailleur ne peut donc ni facturer la différence, ni invoquer un impayé, ni engager une procédure sur ce fondement. Ce n’est pas un impayé : c’est la conséquence légale de son propre manquement.05Que deviennent les sommes conservées si les travaux ne sont pas faits ?
Elles sont perdues. Lorsque le logement ne répond toujours pas aux caractéristiques de décence à l’issue du délai, le montant conservé par l’organisme payeur n’est pas récupéré par le propriétaire. Sur le dossier décrit, cela représente 5 040 € — ni versés au bailleur, ni réclamables au locataire. Et le logement reste non décent, de sorte que rien n’empêche le mécanisme de se poursuivre.
03 · L’arbitrage
06Vaut-il mieux faire les travaux ou attendre ?
Faire, et vite, dès lors que la conservation dépasse quelques mois. Sur le dossier décrit, une mise en conformité à 3 200 € s’équilibre en 11,4 mois de conservation à 280 € par mois. Agir au quatrième mois permet de récupérer 1 120 € déjà immobilisés et d’arrêter le compteur ; ne rien faire coûte 5 040 € définitivement, sans que le logement soit amélioré. L’écart de 1 840 € ne compte même pas la valeur des travaux, qui restent dans le bien.07Faut-il actualiser l’attestation chaque année ?
À chaque changement, et la révision annuelle du loyer en est un. Un loyer révisé mais jamais redéclaré produit un calcul d’aide erroné que l’organisme régularisera, parfois plusieurs mois plus tard, sur des sommes déjà encaissées. Un écart de 20 € par mois non déclaré pendant deux ans représente 480 € à rendre d’un seul coup. Les autres changements à signaler sont les travaux modifiant la surface et les mouvements dans la composition du foyer.
04 · En pratique
08Faut-il éviter les locataires percevant une aide au logement ?
C’est un réflexe courant et il est économiquement mal fondé. Sur le dossier décrit, 40,6 % de la quittance est versée par un organisme public plutôt que par un particulier — ce qui, sur ce seul critère, rend le flux plus régulier et non moins. Le vrai sujet n’est pas la présence d’une aide mais l’état du logement : c’est lui qui déclenche la procédure de conservation, et c’est lui qu’un bailleur a intérêt à traiter avant de trier ses candidats.
La procédure n’est pas une injustice. C’est un avertissement chiffré.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les formulaires sont gratuits et le calcul tient sur une ligne.
Sources et date de contrôle
- Source 01
Article L. 843-1 du code de la construction et de l’habitation — conservation de l’allocation en cas de non-décence — Légifrance. Chapitre III du titre IV, procédure de conservation et de versement des allocations de logement en cas de non-décence constatée des logements. Lorsque l’organisme payeur a établi que le logement ne répond pas aux caractéristiques de décence, « l’allocation de logement est conservée par l’organisme payeur pendant un délai maximal fixé par voie réglementaire ». L’organisme notifie au propriétaire le constat de non-décence et l’informe qu’« il doit le mettre en conformité dans le délai maximal mentionné au premier alinéa pour que l’allocation de logement conservée lui soit versée ». Règle protectrice du locataire : « le locataire s’acquitte du montant du loyer et des charges diminué du montant des allocations de logement […] sans que cette diminution puisse fonder une action du propriétaire à son encontre pour obtenir la résiliation du bail ». Le bailleur ne peut donc ni exiger la part conservée, ni fonder une résiliation sur ce défaut de paiement. Un régime particulier existe pour les logements gérés par des organismes de logement social conventionnés. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 02
Article L. 843-2 du code de la construction et de l’habitation — sort des sommes conservées — Légifrance. Lorsque le logement ne répond toujours pas aux caractéristiques de décence à l’issue du délai de conservation, « le montant de l’allocation de logement, conservé jusqu’à cette date par l’organisme payeur […] n’est pas récupéré par le propriétaire ». Les sommes immobilisées sont donc définitivement perdues pour le bailleur, sans pouvoir être réclamées au locataire, et le logement demeure non décent. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
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