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Guide de décisionVérifié le 27 août 20264 sourcesMéthode en cinq passes

Bail réel solidaire : pourquoi « 31 % moins cher » ne veut pas dire ce que l'investisseur croit

Le bail réel solidaire est « le bail par lequel un organisme de foncier solidaire consent à un preneur […] pour une durée comprise entre dix-huit et quatre-vingt-dix-neuf ans, des droits réels ». Les logements sont destinés à « être occupés à titre de résidence principale » pendant toute la durée du contrat, et le prix de revente est limité à la valeur initiale actualisée.

UN PRIX DIFFÉRENT, PAS UNE REMISE

Le chiffre est exact. Ce n’est pas le même produit.

Un acquéreur en pleine propriété paie une fois pour le sol et le bâti réunis. Un preneur en bail réel solidaire paie moins à l’entrée, puis verse une redevance tant qu’il détient ses droits. L’écart d’entrée n’est pas un gain : c’est un report.

  • La durée du bail va de dix-huit à quatre-vingt-dix-neuf ans
  • Le logement doit être occupé à titre de résidence principale
  • Le bail peut interdire la location, et l’organisme doit être prévenu
  • Le prix de revente est limité à la valeur initiale actualisée

DROITS RÉELS

148 000 €

MÊME BIEN EN PLEINE PROPRIÉTÉ

215 000 €

ÉCART AFFICHÉ

67 000 €

REDEVANCE SUR 20 ANS

25 200 €

ÉCART NET

41 800 €

DURÉE DU BAIL

18 à 99 ans

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. On achète des droits réels, pas la pleine propriété. Le bail réel solidaire est « le bail par lequel un organisme de foncier solidaire consent à un preneur […] et pour une durée comprise entre dix-huit et quatre-vingt-dix-neuf ans, des droits réels en vue de la location ou de l’accession à la propriété de logements »1.

Il faut y habiter. Les logements doivent « être occupés à titre de résidence principale » pendant toute la durée du contrat1. Ce n’est pas une recommandation, c’est la destination inscrite au texte.

La revente est plafonnée. « Le prix de vente ou la valeur maximale des droits réels immobiliers sont limités à leur valeur initiale, actualisée selon des modalités définies par décret »3. Ce que le marché fera au-dessus de cette actualisation ne revient pas au vendeur.

Ce guide n’est pas un procès du bail réel solidaire, qui remplit une fonction réelle et la remplit bien. C’est une lecture faite du point de vue d’un investisseur, parce que c’est de ce point de vue que le produit se comprend mal — et qu’aucune des pages qui le vendent ne le fait.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Nolwenn, 38 ans, infirmière à Rennes, qui compare deux logements équivalents dans le même quartier. L’un est proposé en bail réel solidaire à 148 000 € de droits réels, avec une redevance mensuelle de 105 € versée à l’organisme de foncier solidaire. L’autre est vendu 215 000 € en pleine propriété. Elle envisage de le garder 20 ans. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.

Qu’achète-t-on exactement avec un bail réel solidaire ?

Le bâti. Pour un temps. Et pas le sol.

Le montage repose sur une dissociation que le droit français pratique peu, et qu’il faut se représenter concrètement pour comprendre tout ce qui suit : deux personnes différentes détiennent, sur le même immeuble et au même moment, deux choses distinctes — l’une le terrain, l’autre ce qui est posé dessus — sans que ni l’une ni l’autre ne soit locataire de la seconde au sens ordinaire du mot. Un organisme de foncier solidaire conserve la propriété du terrain ; l’acquéreur achète des droits réels sur ce qui est construit dessus, et verse une redevance pour l’occupation du sol. Le prix est plus bas parce qu’une partie de ce qu’on achète d’ordinaire — le foncier — reste chez quelqu’un d’autre.

La durée est bornée par le texte : « pour une durée comprise entre dix-huit et quatre-vingt-dix-neuf ans »1. L’amplitude est considérable, et c’est la première chose à lire dans un contrat : dix-huit ans et quatre-vingt-dix-neuf ans ne décrivent pas le même actif. Un bail long se comporte à peu près comme une propriété ; un bail court a une fin visible qui pèse sur la valeur bien avant d’arriver.

La destination, elle, ne se négocie pas. Les logements sont destinés, « pendant toute la durée du contrat », à « être occupés à titre de résidence principale »1. Cette phrase gouverne tout le reste du guide, et c’est elle qui sépare ce produit de tout ce que le lecteur de ces pages a l’habitude d’examiner.

Notons enfin que le régime organise deux voies distinctes. Le bail peut être consenti directement à un ménage qui accède à la propriété, ou à un opérateur qui construit puis vend les droits réels à des bénéficiaires remplissant des conditions de ressources. Notre guide sur l’achat en nue-propriété décrit une autre dissociation, dans le temps celle-là ; les deux se ressemblent de loin et ne se comparent pas.

L’écart affiché n’est pas une remise

C’est un prix différent pour un objet différent, et la nuance décide de tout le calcul.

Un acquéreur en pleine propriété paie une fois, pour le sol et le bâti réunis. Un preneur en bail réel solidaire paie moins à l’entrée, puis verse une redevance tant qu’il détient ses droits. L’écart d’entrée n’est donc pas un gain : c’est un report.

Le même logement, deux structures de prix

L’écart affiché n’est pas une remise — tableau 1
Prix d’entrée148 000 €215 000 €
Redevance mensuelle105 €aucune
Propriété du soll’organismel’acquéreur
Écart d’entrée67 000 €, soit 31,2 %

Trente et un pour cent, c’est le chiffre que les pages de commercialisation retiennent, et il est exact au jour de la signature. Il cesse de l’être dès le premier mois, parce qu’une ligne s’ouvre au débit qui n’existe pas en face.

Un mot sur ce que l’écart recouvre, parce qu’il éclaire la suite. Il correspond, à peu de chose près, à la valeur du foncier dans le quartier considéré. Là où le terrain est cher — les grandes agglomérations tendues — l’écart est spectaculaire ; là où il ne vaut presque rien, le bail réel solidaire n’a guère d’intérêt et on n’en trouve pas.

Combien la redevance change-t-elle le calcul ?

Plus d’un tiers. C’est ce que la redevance consomme de l’écart, sur l’horizon que Nolwenn envisage.

Le calcul tient en deux lignes et personne ne le fait. La redevance de 105 € par mois représente 1 260 € par an. Sur les 20 ans que Nolwenn envisage, elle atteint 25 200 €.

Ce que l’écart devient sur vingt ans

Combien la redevance change-t-elle le calcul ? — tableau 2
Écart d’entrée affiché67 000 €
Redevance cumulée sur 20 ans− 25 200 €
Écart net41 800 €

Quarante et un mille huit cents euros au lieu de soixante-sept mille. La redevance consomme 37,6 % de l’avantage annoncé, et elle continue de courir après. Poussé à son terme, le calcul donne un repère utile : il faudrait 54 ans de redevance — 68 040 € cumulés — pour effacer entièrement l’écart d’entrée.

Ce repère ne condamne rien, et il faut le lire correctement. Cinquante-quatre ans dépassent largement la durée de détention de la plupart des ménages, et l’écart net reste substantiel sur un horizon ordinaire. Ce qu’il montre, c’est que la redevance n’est pas un détail de gestion : c’est la seconde moitié du prix, étalée.

Une réserve de méthode s’impose. La redevance est révisable selon les modalités du contrat, et ce guide la suppose constante pour rendre la démonstration lisible. Sur un dossier réel, la clause d’indexation se lit avant le prix, parce qu’elle décide de ce que valent les vingt années suivantes. Un notaire la repère en une lecture ; c’est la question à lui poser en premier.

Le prix de revente est plafonné par la loi

Voilà ce qui distingue le plus nettement ce produit de tout le reste de ce que ce site traite.

Le texte est bref et sans réserve : « Le prix de vente ou la valeur maximale des droits réels immobiliers sont limités à leur valeur initiale, actualisée selon des modalités définies par décret »3. Ce n’est pas une clause du contrat qu’on pourrait négocier : c’est la loi.

La conséquence se dit en une phrase. Quoi que fasse le marché immobilier local pendant la détention, le vendeur ne capte que l’actualisation prévue par le décret. Si les prix du quartier doublent, il ne revend pas au double. Si l’actualisation retenue est inférieure à la hausse des prix, l’écart profite au dispositif et au ménage suivant, pas au sortant.

C’est cohérent avec l’objet du montage, et il serait malhonnête de le présenter comme un défaut. Le bail réel solidaire existe pour maintenir des logements abordables dans la durée : un logement qui se revendrait au prix du marché sortirait du dispositif dès la première mutation. Le plafond est le mécanisme qui empêche cette fuite, et il fonctionne.

Mais il produit une conséquence nette pour qui raisonne en investisseur. La plus-value, qui est l’un des deux moteurs de rendement d’un actif immobilier, est structurellement neutralisée. Notre guide sur la plus-value de revente montre ce que ce moteur représente sur une détention longue ; ici, il est débranché par le texte.

Peut-on louer un logement en bail réel solidaire ?

Pas librement, et souvent pas du tout.

Deux règles se superposent, et elles vont dans le même sens. La première tient à la destination : les logements sont destinés à être occupés à titre de résidence principale pendant toute la durée du contrat1. La seconde tient au contrat lui-même : « Le contrat de bail peut prévoir que le preneur doit occuper le logement objet des droits réels sans pouvoir le louer »2.

Le verbe « peut » mérite d’être lu pour ce qu’il dit. Le texte n’interdit pas la location en toute hypothèse : il autorise le bail à l’interdire. La réponse n’est donc pas dans la loi, elle est dans le contrat qu’on vous présente — et c’est la clause à chercher avant toutes les autres si votre projet est locatif.

Une troisième règle est venue s’ajouter récemment, et elle est passée inaperçue. Depuis la version en vigueur au 18 juillet 2024 de l’article réglementaire, issue du décret du 16 juillet 2024, le preneur doit notifier l’organisme de foncier solidaire préalablement à toute mise en location du logement4. Là où la location reste possible, elle n’est plus discrète.

Deux conséquences pratiques en découlent. Un projet locatif construit sur un bail réel solidaire doit être validé sur le contrat, pas sur le principe. Et un agent immobilier qui présente ce type de bien comme un support locatif sans avoir lu la clause d’occupation vend quelque chose qu’il n’a pas vérifié.

La troisième conséquence est moins évidente et se paie plus tard. Un gestionnaire locatif à qui l’on confie un logement de ce type doit savoir, avant de publier la moindre annonce, si la location est contractuellement ouverte et si l’organisme a été prévenu — faute de quoi il engage sa propre responsabilité en plaçant un locataire dans un logement qui ne pouvait pas en recevoir. Posez-lui la question au premier rendez-vous. Sa réponse vous dira s’il connaît le produit.

L’organisme de foncier solidaire garde la main

C’est la dimension que les comparaisons de prix ignorent complètement.

Dans une acquisition ordinaire, le propriétaire décide seul de vendre, à qui, et à quel prix — sous réserve du droit de préemption du locataire ou de la commune. Ici, une partie de ces décisions est encadrée par le dispositif : « les plafonds de prix de cession des droits réels et de ressources du preneur sont fixés par décret »2, et l’acquéreur suivant doit lui-même remplir les conditions.

Le marché de revente est donc, par construction, plus étroit que celui d’un logement ordinaire. Ce n’est pas un défaut caché : c’est la contrepartie directe du prix d’entrée. Mais cela change la nature de la liquidité, et un vendeur pressé n’a pas les mêmes options qu’ailleurs.

Sur les plafonds eux-mêmes, ce guide s’arrête où sa vérification s’arrête. L’article réglementaire ne les chiffre pas : il renvoie à un arrêté4. Nous n’avons pas ouvert cet arrêté à sa source, et nous ne publierons donc aucun montant plutôt que d’en avancer un invérifié. La question se pose à l’organisme concerné, qui applique le barème en vigueur au jour de l’opération.

Un mot sur le financement, parce qu’il surprend les emprunteurs. La banque prête sur des droits réels d’une durée bornée, et sa garantie porte sur ces droits. Cela ne l’empêche pas de prêter, mais cela pèse sur la durée qu’elle accepte et sur les conditions qu’elle propose. Un courtier qui a déjà monté ce type de dossier gagne un temps considérable, et notre guide sur le calcul de la capacité d’emprunt pose les bases du raisonnement.

À qui ce produit s’adresse-t-il vraiment ?

À un ménage qui veut se loger, pas à un particulier qui veut investir.

La démonstration tient en trois éléments déjà posés, et aucun n’est un jugement de valeur. Le logement doit être occupé à titre de résidence principale pendant toute la durée du contrat. Le bail peut interdire la location, et lorsqu’il ne l’interdit pas, l’organisme doit être prévenu. Le prix de revente est plafonné à la valeur initiale actualisée.

Retirez ces trois éléments d’un actif locatif et il ne reste rien du raisonnement habituel : pas de loyer, pas de plus-value, pas de liberté de sortie. Ce n’est pas que le bail réel solidaire soit un mauvais investissement locatif — c’est qu’il n’en est pas un, et qu’il n’a jamais prétendu l’être.

La confusion vient d’un mot. « Moins cher » appartient au vocabulaire de l’investisseur, qui l’entend comme une décote sur un actif identique, alors qu’il désigne ici un actif différent vendu à son prix — et cette homonymie suffit à faire lire une plaquette d’accession sociale comme une annonce de rendement. Rien dans les pages consultées ne corrige ce glissement, et rien ne l’entretient volontairement non plus : c’est simplement que personne n’écrit pour le lecteur qui se trompe de rayon.

Pour un ménage qui veut habiter, le calcul est tout autre et souvent favorable. Le prix d’entrée abaisse l’apport et la mensualité, ce qui ouvre l’accession là où elle était fermée. La redevance remplace une partie du crédit par une charge courante, ce qui est parfois plus supportable. Et le plafond de revente, qui prive d’un gain, protège aussi d’une part du risque de baisse.

Disons maintenant ce qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des investisseurs, et il serait facile de conclure que ce produit ne vaut rien pour orienter le lecteur vers ce que nous savons faire. Ce serait faux. Un ménage qui hésite entre un bail réel solidaire à 148 000 € et rien du tout — parce que les 215 000 € sont hors de portée — n’a pas un arbitrage d’investisseur à rendre, et notre avis sur la plus-value ne le concerne pas. Le seul conseil qui vaille alors est de lire le contrat, pas de renoncer.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

L’écart de prix pris pour un gain acquis. C’est l’erreur du dossier de Nolwenn si elle s’arrête à l’annonce. Les 67 000 € affichés deviennent 41 800 € une fois la redevance de 20 ans comptée, et la différence — 25 200 € — n’est pas une surprise : elle figure au contrat dès la signature.

Le projet locatif monté sans lire la clause d’occupation. Le texte autorise le bail à interdire la location. Un acquéreur qui découvre cette clause après la signature a acheté 148 000 € un actif dont il ne peut pas tirer de loyer, et dont il ne peut pas non plus sortir au prix du marché.

La mise en location sans notifier l’organisme. Depuis juillet 2024, la notification préalable est due. Un preneur qui loue sans prévenir s’expose à ce que le contrat prévoit en pareil cas, sur un bien qui vaut 148 000 € et dont l’organisme contrôle la cession.

La plus-value budgétée comme ailleurs. Un plan de financement qui table sur une revente au prix du marché dans quinze ans est faux dès sa première ligne : le prix est limité à la valeur initiale actualisée. Sur un bien acquis 148 000 €, tout ce que le marché ferait au-delà de cette actualisation revient au dispositif.

Que vérifier avant de signer ?

  1. Lisez la durée du bail. Le texte l’autorise entre 18 et 99 ans, et ces deux bornes ne décrivent pas le même actif. Un bail court a une fin qui pèse sur la valeur bien avant d’arriver.
  2. Cherchez la clause d’occupation. C’est elle, et non la loi, qui dit si la location est possible. Si votre projet est locatif, elle se lit avant le prix.
  3. Additionnez la redevance sur votre horizon réel. Pas sur la durée du bail : sur le nombre d’années que vous comptez rester. C’est ce cumul qui corrige l’écart affiché.
  4. Lisez la clause d’indexation de la redevance. Ce guide la suppose constante pour rester lisible ; un contrat réel ne l’est pas, et l’indexation décide de ce que valent les vingt années suivantes.
  5. Demandez les plafonds à l’organisme. Ils ne figurent pas au décret, qui renvoie à un arrêté. Demandez le barème applicable au jour de l’opération, par écrit.
  6. Interrogez votre banque tôt. La garantie porte sur des droits réels d’une durée bornée, ce qui pèse sur la durée de prêt acceptée.
  7. Écartez la plus-value de votre plan. Le prix de cession est plafonné à la valeur initiale actualisée : tout plan qui table sur autre chose est faux dès la première ligne.

Un mot pour finir sur ce que ce guide ne dit pas. Il ne dit pas que le bail réel solidaire est un mauvais produit : il remplit un objet — maintenir des logements abordables dans la durée — et les mécanismes qui gênent l’investisseur sont précisément ceux qui le font fonctionner. Il dit qu’un particulier qui l’examine avec les réflexes de l’investissement locatif se trompe d’outil, parce que les deux moteurs de rendement qu’il a l’habitude de compter — le loyer et la plus-value — sont l’un conditionné et l’autre plafonné. Pour comparer ce qui se compare, notre guide sur le choix d’un appartement locatif pose les critères d’un actif destiné à être loué, et celui sur le coût total des frais d’acquisition chiffre ce que la signature elle-même représente.

67 000 € AFFICHÉS, 41 800 € RÉELS

La redevance est la seconde moitié du prix, étalée.

105 € par mois représentent 1 260 € par an, et 25 200 € sur les vingt ans envisagés. La redevance consomme 37,6 % de l’avantage annoncé, et elle continue de courir ensuite. Il faudrait 54 ans pour effacer entièrement l’écart d’entrée.

  • Pourquoi la plus-value est structurellement neutralisée
  • Ce que le contrat doit dire avant que la location soit envisageable
  • À qui le dispositif s’adresse, et pourquoi le malentendu tient à un mot
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur ce qu’on achète, l’écart de prix, la location, la notification à l’organisme, la revente plafonnée, les plafonds de ressources, la rentabilité locative et le financement bancaire.

Un arbitrage entre deux structures de prix ?

Apportez les deux offres, la redevance mensuelle et votre horizon réel de détention. L’écart net se chiffre en dix minutes, et le plafond de revente se lit dans le contrat.

Faire le point sur un projet

01 · Le produit

  • 01Qu'achète-t-on avec un bail réel solidaire ?
    Des droits réels sur le bâti, pour une durée bornée, et pas la propriété du sol. Le texte définit le bail réel solidaire comme celui par lequel un organisme de foncier solidaire consent à un preneur, « pour une durée comprise entre dix-huit et quatre-vingt-dix-neuf ans, des droits réels en vue de la location ou de l'accession à la propriété de logements ». L'organisme garde le terrain, l'acquéreur verse une redevance pour l'occuper, et le prix d'entrée est plus bas de tout ce qu'il n'achète pas.
  • 02L'écart de prix est-il une remise ?
    Non, c'est un report. Un acquéreur en pleine propriété paie une fois pour le sol et le bâti réunis ; un preneur en bail réel solidaire paie moins à l'entrée puis verse une redevance tant qu'il détient ses droits. Sur le cas chiffré, l'écart de 67 000 € affiché à la signature devient 41 800 € une fois comptés vingt ans de redevance à 105 € par mois. La redevance consomme 37,6 % de l'avantage annoncé, et elle continue de courir après.

02 · La location

  • 03Peut-on louer un logement en bail réel solidaire ?
    Pas librement, et souvent pas du tout. Deux règles se superposent : les logements sont destinés à être occupés à titre de résidence principale pendant toute la durée du contrat, et « le contrat de bail peut prévoir que le preneur doit occuper le logement objet des droits réels sans pouvoir le louer ». Le texte n'interdit pas la location en toute hypothèse : il autorise le bail à l'interdire. La réponse est donc dans le contrat qu'on vous présente, pas dans la loi.
  • 04Faut-il prévenir l'organisme avant de louer ?
    Oui, depuis juillet 2024, et c'est une nouveauté que la plupart des pages ignorent. L'article réglementaire, dans sa version en vigueur au 18 juillet 2024 issue du décret du 16 juillet 2024, impose au preneur de notifier l'organisme de foncier solidaire préalablement à toute mise en location du logement. Là où la location reste contractuellement possible, elle n'est plus discrète.

03 · La sortie

  • 05Comment se revend un bail réel solidaire ?
    À un prix plafonné par la loi. « Le prix de vente ou la valeur maximale des droits réels immobiliers sont limités à leur valeur initiale, actualisée selon des modalités définies par décret. » Quoi que fasse le marché local pendant la détention, le vendeur ne capte que l'actualisation prévue. C'est cohérent avec l'objet du dispositif — un logement qui se revendrait au prix du marché en sortirait dès la première mutation — mais cela neutralise structurellement la plus-value.
  • 06Quels sont les plafonds de ressources et de prix ?
    Ils ne figurent pas au décret, qui renvoie à un arrêté. L'article réglementaire dispose que les plafonds de prix de cession des droits réels et de ressources du preneur sont ceux fixés par arrêté. Ce guide ne publie donc aucun montant, faute d'avoir ouvert cet arrêté à sa source : la question se pose à l'organisme qui porte l'opération, et la réponse se demande par écrit, pour le barème en vigueur au jour de l'opération.

04 · La décision

  • 07Le bail réel solidaire est-il un bon investissement locatif ?
    Ce n'en est pas un, et il n'a jamais prétendu l'être. Les deux moteurs de rendement d'un actif immobilier y sont l'un conditionné et l'autre plafonné : le loyer suppose que le contrat autorise la location et que l'organisme soit prévenu, et la plus-value est limitée à la valeur initiale actualisée. Retirez ces deux moteurs et il ne reste rien du raisonnement habituel. Pour un ménage qui veut se loger, en revanche, le calcul est tout autre et souvent favorable.
  • 08Une banque prête-t-elle sur un bail réel solidaire ?
    Oui, mais pas dans les mêmes termes. La garantie porte sur des droits réels d'une durée bornée, pas sur la pleine propriété d'un bien. Cela n'empêche pas le financement, mais cela pèse sur la durée que la banque accepte et sur les conditions qu'elle propose — d'autant que la durée résiduelle du bail borne naturellement celle du prêt. Un courtier qui a déjà monté ce type de dossier fait gagner un temps considérable.

Le produit n’est pas mauvais. Il est mal lu.

Hagnéré Investissement accompagne des investisseurs et perçoit des honoraires publics. Nous ne commercialisons pas de logements en bail réel solidaire et n’avons aucun intérêt à ce que vous en achetiez ou non.

Articles L. 255-1, L. 255-2 et L. 255-5 du CCH relus à leur sourceArticle R. 255-1 vérifié dans sa version du 18 juillet 2024Aucun plafond publié faute d’avoir ouvert l’arrêté qui les fixe

Sources et date de contrôle

Quatre articles du code de la construction et de l'habitation, ouverts à leur source dans leur version en vigueur au 27 août 2026.

  • Source 01

    Article L. 255-1 du code de la construction et de l'habitation — définition du bail réel solidaire — Légifrance. Le bail réel solidaire est « le bail par lequel un organisme de foncier solidaire consent à un preneur, dans les conditions prévues à l'article L. 329-1 du code de l'urbanisme et pour une durée comprise entre dix-huit et quatre-vingt-dix-neuf ans, des droits réels en vue de la location ou de l'accession à la propriété de logements, avec s'il y a lieu obligation pour ce dernier de construire ou réhabiliter des constructions existantes ». Les logements sont destinés, pendant toute la durée du contrat, à « être occupés à titre de résidence principale ». Version en vigueur depuis le 22 juillet 2016, ordonnance n° 2016-985 du 20 juillet 2016.

  • Source 02

    Article L. 255-2 du code de la construction et de l'habitation — occupation et plafonds — Légifrance. « Le contrat de bail peut prévoir que le preneur doit occuper le logement objet des droits réels sans pouvoir le louer. » Et : « Les plafonds de prix de cession des droits réels et de ressources du preneur sont fixés par décret. » Version en vigueur depuis le 22 juillet 2016, ordonnance n° 2016-985 du 20 juillet 2016.

  • Source 03

    Article L. 255-5 du code de la construction et de l'habitation — plafonnement du prix de cession — Légifrance. « Le prix de vente ou la valeur maximale des droits réels immobiliers sont limités à leur valeur initiale, actualisée selon des modalités définies par décret. » Version en vigueur depuis le 22 juillet 2016, ordonnance n° 2016-985 du 20 juillet 2016.

  • Source 04

    Article R. 255-1 du code de la construction et de l'habitation — plafonds par arrêté et notification préalable à la location — Légifrance. « Les plafonds de prix de cession des droits réels et de ressources du preneur des droits réels mentionnés à l'article L. 255-2 […] sont ceux fixés par l'arrêté prévu à l'article R. 331-76-5-1. » L'article impose en outre au preneur une notification préalable à l'organisme de foncier solidaire avant toute mise en location du logement occupé à titre de résidence principale. Version en vigueur depuis le 18 juillet 2024, décret n° 2024-838 du 16 juillet 2024.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Nous ne commercialisons pas de logements en bail réel solidaire et n’avons aucun intérêt à ce que vous en achetiez ou non. Ce guide s’utilise sans nous : les quatre textes cités sont publics, et la redevance de votre contrat s’additionne avec une calculatrice. Nous ne sommes ni notaires ni organismes de foncier solidaire, et les plafonds applicables se demandent à celui qui porte l’opération. Aucun rendement n’est garanti.