La plus-value d'un logement locatif à la revente : deux forfaits sans justificatif, deux calendriers d'abattement, et les amortissements que 2025 réintègre
La plus-value d'un logement locatif n'est pas la différence entre deux prix. Sur la revente décrite, l'écart entre les deux façons de compter atteint 44 100 € de base imposable et 11 001 € d'impôt — et le vendeur n'a rien à prouver pour l'obtenir.
DEUX OPTIONS OUVERTES SANS PREUVE
44 100 € de base imposable disparaissent sans qu'aucune facture ne soit produite
Le forfait de 7,5 % sur les frais et celui de 15 % sur les travaux ne se justifient pas : ils s'exercent. Encore faut-il les indiquer au notaire avant qu'il ne calcule.
- Les deux forfaits, et pourquoi le second reste ouvert même après un déficit foncier
- Deux calendriers d'abattement — vingt-deux ans, puis trente
- La marche de 500 € à l'entrée de la surtaxe
- Ce que la réintégration des amortissements coûte vraiment
PRIX D'ACHAT EN 2011
196 000 €
PRIX DE VENTE EN 2026
372 000 €
LES DEUX FORFAITS
44 100 €
PLUS-VALUE BRUTE
120 400 €
IMPÔT TOTAL DÛ
26 442 €
TAUX EFFECTIF
22,0 %
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Deux forfaits déplacent la base. Le prix d’acquisition se majore, sur option, de 7,5 % au titre des frais d’acquisition, et de 15 % au titre des travaux lorsque l’immeuble bâti est cédé plus de cinq ans après son achat2. Sur un achat à 196 000 €, les deux réunis retirent 44 100 € de plus-value imposable.
Deux calendriers, pas un. L’impôt sur le revenu s’efface à vingt-deux ans de détention, les prélèvements sociaux à trente3. Entre les deux, on ne paie plus 19 % mais on paie encore 17,2 %.
Et depuis 2025, les amortissements reviennent. Le prix d’acquisition d’un bien loué en meublé au réel est diminué des amortissements déduits2 — ce qui coûte 16 020 € de plus à la sortie sur le cas décrit, soit environ la moitié de ce que ces amortissements avaient fait gagner.
Ce guide ne traite pas du choix entre vendre occupé et vendre libre, que notre guide sur la vente d’un bien loué couvre. Il traite du calcul lui-même : de quoi la base est faite, ce qui la réduit, et ce que le notaire prélèvera sur le prix le jour de l’acte.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Solenne. Exemple construit, et non un dossier réel : un appartement acheté 196 000 € en mai 2011, loué nu au régime réel, vendu 372 000 € en octobre 2026. Les montants de travaux, les frais de vente et le taux marginal sont des hypothèses déclarées. Toute la chaîne se recalcule sur votre dossier.
Sur quoi l’impôt se calcule-t-il ?
Sur deux prix corrigés, pas sur deux prix bruts. C’est toute la question.
Le prix de cession est celui stipulé à l’acte1. Il se réduit, sur justificatifs, des frais définis par décret que le vendeur a supportés à l’occasion de la vente : les honoraires d’agence lorsqu’ils sont à sa charge, les diagnostics obligatoires, la mainlevée d’hypothèque. Solenne vend 372 000 € et supporte 11 500 € de tels frais. Le prix retenu est donc de 360 500 €.
Le prix d’acquisition est celui qu’elle a payé en 2011, soit 196 000 €. Mais le code l’augmente de plusieurs postes2, et c’est là que se joue l’essentiel du calcul. Deux d’entre eux prennent la forme d’un forfait, c’est-à-dire d’un droit ouvert sans justificatif.
La différence entre les deux prix corrigés donne la plus-value brute. Elle vaut ici 120 400 €. Calculée naïvement — prix de vente net moins prix d’achat — elle aurait valu 164 500 €. L'écart est de 44 100 €, et il ne tient qu’aux deux forfaits.
Une remarque de vocabulaire, parce qu’elle revient souvent. Le vendeur ne déclare ni ne paie cette plus-value lui-même : le notaire la liquide au vu des éléments qu’on lui transmet, la prélève directement sur le prix avant de verser le solde, et la reverse au Trésor, de sorte que ce que le vendeur reportera quelques mois plus tard sur sa déclaration de revenus n’est qu’une information de contrôle, sans nouveau paiement à la clé. L’opération est soldée le jour de l’acte.
Les deux forfaits qui déplacent la base
Ils ne se demandent pas. Ils s’exercent, et le notaire les applique si on les lui indique.
Le premier couvre les frais d’acquisition. Le vendeur peut retenir leur montant réel, sur justificatifs, ou opter pour un forfait de 7,5 % du prix d’acquisition2. Sur 196 000 €, cela fait 14 700 €. Dans l’ancien, où les frais tournent autour de 7,5 à 8 % du prix, l’option est à peu près neutre — mais elle dispense de retrouver un décompte notarié vieux de quinze ans. Dans le neuf, où les frais avoisinent 2 à 3 %, le forfait est un gain sec.
Le second couvre les travaux. Le vendeur peut retenir les dépenses de construction, de reconstruction, d’agrandissement ou d’amélioration réalisées par une entreprise, ou opter pour un forfait de 15 % du prix d’acquisition lorsqu’il cède l’immeuble plus de cinq ans après l’avoir acquis2. Sur 196 000 €, cela fait 29 400 €.
Les deux ensemble portent le prix d’acquisition retenu à 240 100 €. Quarante-quatre mille cent euros de base imposable disparaissent sans qu’aucune facture ne soit produite.
Deux précisions comptent. Le forfait de 15 % suppose un immeuble bâti : un terrain nu n’y ouvre pas droit. Et la condition de cinq ans se compte de date à date depuis l’acquisition, pas depuis l’achèvement de travaux.
Pourquoi vos travaux déduits ne comptent pas deux fois
Voici le point qui distingue un vendeur bailleur d’un vendeur ordinaire, et il est rarement expliqué.
Solenne a déduit 34 000 € de travaux de ses revenus fonciers entre 2013 et 2019, au régime réel. Ces dépenses ont déjà réduit son impôt une première fois. La doctrine est claire : sont exclues des majorations du prix d’acquisition les dépenses qui ont été déduites, pour l’assiette de l’impôt sur le revenu, du revenu global ou des revenus catégoriels4. Elle ne peut donc pas les compter une seconde fois. Il ne lui reste que 4 200 € d’améliorations jamais déduites.
Mais le forfait de 15 % obéit à une autre règle. La doctrine précise qu'il n’y a pas lieu de rechercher si les dépenses de travaux ont déjà été prises en compte pour l’assiette de l’impôt sur le revenu4. Le forfait n’est pas une preuve simplifiée de travaux réels : c’est une majoration forfaitaire attachée à la durée de détention.
La conséquence est directe. Solenne a le choix entre 4 200 € de justificatifs et 29 400 € de forfait. Elle prend le forfait, qui lui donne 25 200 € de base en moins.
Traduit en impôt, ce choix vaut 6 612 € : 26 442 € avec le forfait, 33 054 € sur justificatifs — dont 1 077 € de surtaxe qui, dans cette seconde branche, se déclenche. C’est la ligne la plus rentable de tout le dossier, et elle tient à une case cochée.
Ce mécanisme explique une asymétrie que beaucoup de bailleurs au régime réel ignorent, et qui mérite d'être posée en toutes lettres : déduire ses travaux de ses revenus fonciers pendant la détention ne coûte rien à la revente, puisque le forfait de 15 % demeure ouvert indépendamment de ce qui a été déduit, et le déficit foncier d’un côté, la majoration forfaitaire de l’autre, se cumulent au lieu de s’annuler. Notre guide sur le déficit foncier détaille la première moitié de cette mécanique.
Combien la durée de détention efface-t-elle ?
Deux barèmes distincts, appliqués à la même plus-value brute.
Pour l'impôt sur le revenu, l’abattement est de 6 % par année de détention au-delà de la cinquième et jusqu'à la vingt-et-unième, puis de 4 % au terme de la vingt-deuxième3. Seize fois six plus quatre : cent. L’exonération est acquise à vingt-deux ans.
Pour les prélèvements sociaux, il est de 1,65 % par année au-delà de la cinquième et jusqu'à la vingt-et-unième, de 1,60 % la vingt-deuxième année, puis de 9 % par année au-delà3. L’exonération est acquise à trente ans.
Ce que la durée de détention change sur une plus-value brute de 120 400 €
| Détention | Abattement IR | Abattement PS | Impôt total |
|---|---|---|---|
| 15 ans | 60 % | 16,5 % | 26 442 € |
| 16 ans | 66 % | 18,15 % | 24 728 € |
| 21 ans | 96 % | 26,4 % | 16 157 € |
| 22 ans | 100 % | 28 % | 14 910 € |
| 30 ans | 100 % | 100 % | 0 € |
Ce tableau contredit une idée répandue. On imagine une falaise à vingt-deux ans, le moment où l’impôt sur le revenu disparaît. Il n’y en a pas : à vingt-et-un ans, l’abattement de 96 % a déjà ramené cet impôt à 915 €, et la vingt-deuxième année ne vaut plus que 1 247 €. La marche a été descendue par petits pas.
La vraie pente est ailleurs. Entre la vingt-troisième et la trentième année, chaque année de détention supplémentaire efface 9 % de la base sociale — soit 1 864 € par an sur cette plus-value, contre 1 714 € entre la quinzième et la seizième année —, si bien que la dernière ligne droite d’un parcours de détention est aussi la plus rentable, alors qu’elle est presque toujours celle dont on parle le moins.
Dix-neuf et dix-sept, deux taux qui ne bougent pas ensemble
Le taux d’imposition à l’impôt sur le revenu est forfaitaire : 19 % sur la plus-value nette5. Il ne dépend ni du revenu du vendeur, ni de sa tranche marginale, ni du nombre de parts du foyer. Un contribuable non imposable et un contribuable à 45 % paient le même taux sur la même plus-value.
Les prélèvements sociaux, eux, ont bougé en 2026 — mais pas pour cet impôt-là. Le taux général de contribution sociale sur les revenus du patrimoine est passé à 10,6 %, ce qui porte le prélèvement global à 18,6 % sur la location meublée et les revenus de capitaux mobiliers. Le code de la sécurité sociale maintient toutefois un taux dérogatoire de 9,2 % pour deux catégories nommément visées : les revenus fonciers, et les plus-values immobilières des particuliers6.
Les plus-values immobilières restent donc à 17,2 % — 9,2 % de contribution sociale, 0,5 % de contribution au remboursement de la dette sociale, 7,5 % de prélèvement de solidarité. Y compris lorsque le bien vendu était loué en meublé. La nature du revenu pendant la détention ne change pas le taux à la sortie.
Sur le dossier de Solenne, la chaîne complète donne ceci. La base soumise à l’impôt sur le revenu est de 48 160 € après un abattement de 60 %, soit 9 150 € à 19 %. La base sociale est de 100 534 € après un abattement de 16,5 %, soit 17 292 € à 17,2 %. Total : 26 442 €, un taux effectif de 22,0 % sur la plus-value brute. Il lui reste 93 958 € de plus-value nette.
Qui paie la surtaxe des 50 000 € ?
Celui dont la plus-value imposable dépasse 50 000 €. Pas celle qui figure sur le compromis : la doctrine précise que la taxe est assise sur le montant imposable à l’impôt sur le revenu, et que le seuil s’apprécie après l’abattement pour durée de détention11. Autrement dit, après les forfaits et après le temps.
La taxe s’applique aux cessions d’immeubles autres que des terrains à bâtir, selon un barème par tranches allant de 2 à 6 %7. Sa mécanique d’entrée mérite d'être regardée de près, parce qu’elle est contre-intuitive.
L’entrée du barème de l’article 1609 nonies G
| Plus-value imposable | Formule | Taxe due |
|---|---|---|
| 50 000 € | néant | 0 € |
| 50 001 € | 2 % PV − (60 000 − PV) / 20 | 500 € |
| 60 000 € | 2 % PV | 1 200 € |
| 100 000 € | 2 % PV | 2 000 € |
Le mécanisme de lissage adoucit la progression dans la tranche, pas à son entrée. Un euro de base supplémentaire, le premier au-delà de 50 000 €, déclenche 500 € de taxe. Ensuite le taux marginal redescend à 7,0 % jusqu'à 60 000 €. C’est une marche, suivie d’une pente douce.
Solenne est à 48 160 € de base. Il lui reste 1 840 € de marge, ce qui correspond à 4 600 € de prix de vente supplémentaire. Négocier cinq mille euros de plus sur le prix affiché lui coûterait la marche entière. Le calcul vaut d'être fait avant de refuser une offre.
Ce que 2025 a changé pour les meublés
Jusqu’en février 2025, un loueur en meublé non professionnel amortissait son bien pendant la détention et vendait comme un particulier ordinaire. Les amortissements ne revenaient jamais. C'était la singularité la plus commentée du régime.
La loi de finances pour 2025 y a mis fin. Elle a ajouté un III à l’article 150 VB : le prix d’acquisition est réduit du montant des amortissements admis en déduction8. La mesure s’applique aux cessions réalisées à compter du lendemain de la promulgation de la loi, soit du 15 février 2025. La loi de finances pour 2026 a étendu la minoration aux amortissements pratiqués au titre des régimes rétablis par son article 479, que notre guide sur l'amortissement locatif de 2026 détaille.
Trois familles de biens échappent à la minoration : les logements situés dans une résidence pour étudiants, jeunes en formation ou personnes de plus de soixante-cinq ans, et les établissements sociaux ou médico-sociaux visés par le texte8. La résidence étudiante en bail commercial reste donc hors champ.
Chiffrons. Supposons le même appartement exploité en meublé au réel, avec 66 150 € d’amortissements déduits en quinze ans. Le prix d’acquisition retenu tombe à 173 950 €, la plus-value brute monte à 186 550 €, et l’impôt total passe à 42 462 €. Le surcoût de sortie est de 16 020 € par rapport à la location nue.
Une question technique reste ouverte, et il faut le dire plutôt que de la trancher à la place du notaire. Le texte majore le prix d’acquisition de deux forfaits au II, et le minore des amortissements au III, sans indiquer dans quel ordre les deux opérations s’enchaînent — or, selon que les forfaits de 7,5 % et de 15 % portent sur le prix effectivement payé ou sur ce même prix déjà diminué des amortissements, l’impôt total s'établit à 42 462 € ou à 45 850 €. L'écart atteint 3 388 €. La doctrine administrative n’a pas encore commenté le point, ce qui en fait une question à poser au notaire avant la signature, pas après.
L’amortissement reste-t-il rentable ?
Oui, et le calcul le montre nettement. Ce qui suit vaut correction d’un réflexe très répandu depuis 2025.
Pendant la détention, chaque euro d’amortissement a réduit un revenu imposé à la tranche marginale du bailleur augmentée des prélèvements sociaux du meublé. À 30 % de tranche et 18,6 % de prélèvements, l'économie s'établit à 48,6 %. Sur 66 150 € d’amortissements, cela représente 32 149 € non payés pendant quinze ans.
À la sortie, la reprise coûte 16 020 €. Rapportée aux mêmes 66 150 €, elle représente un taux de 24,2 %. Solenne conserve donc 16 129 €, soit 50,2 % de l'économie initiale.
Deux raisons à cette moitié conservée, et elles jouent dans le même sens : le taux qui frappe la sortie est structurellement plus faible que celui qui a été évité à l’entrée — 19 % et 17,2 % contre une tranche marginale de 30 % et 18,6 % de prélèvements sociaux —, et l’abattement pour durée de détention s’applique aussi à la fraction réintégrée, quand aucun abattement de ce genre n’existait au moment où l’amortissement était déduit. Le temps travaille dans un seul sens.
Il reste que l’arbitrage entre nu et meublé ne se joue pas sur ce point unique, et notre guide sur la fiscalité du meublé pose les autres termes. La réintégration a supprimé un avantage anormal. Elle n’a pas rendu l’amortissement inutile.
Les exonérations qui s’appliquent vraiment
La liste est longue, mais peu de lignes concernent un investisseur.
L’exonération de la résidence principale10 suppose que le bien constitue la résidence effective du vendeur au jour de la cession. Un logement loué n’y ouvre pas droit, et l’avoir habité autrefois ne suffit pas.
L’exonération de la première cession d’un logement autre que la résidence principale10 vise la fraction du prix remployée dans les vingt-quatre mois à l’acquisition ou à la construction d’une habitation principale. Elle suppose que le cédant n’ait pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes. C’est la situation d’un investisseur locataire de son propre logement, pas celle d’un propriétaire occupant qui étoffe son patrimoine.
L’exonération des petites cessions10 couvre les ventes dont le prix n’excède pas 15 000 €. Le seuil s’apprécie bien par bien et non annuellement, en tenant compte de la valeur en pleine propriété du bien cédé12. Deux caves vendues chacune 12 000 € sont donc deux cessions exonérées ; un lot unique à 24 000 € ne l’est pas. En indivision, le seuil s’apprécie sur chaque quote-part12.
Reste la sortie par la durée, à trente ans, qui est en réalité l’exonération la plus fréquente pour un patrimoine locatif conservé. Elle ne se demande pas et ne se justifie pas : elle arrive.
Qui fait quoi
Quatre acteurs, et celui qui calcule n’est pas celui qui décide.
Le notaire liquide la plus-value, établit la déclaration, prélève l’impôt sur le prix et le reverse. Il applique les options que le vendeur lui indique — les deux forfaits en particulier. Un dossier transmis tard, ou incomplet, se traduit par un calcul par défaut qui n’est pas toujours le plus favorable. C’est le seul interlocuteur devant lequel une question technique se pose utilement, et il vaut mieux la poser au compromis qu'à l’acte.
L'agent immobilier détermine la part des honoraires laissée à la charge du vendeur. Cette ligne réduit le prix de cession sur justificatifs, donc la base imposable. Elle mérite d'être négociée en connaissance de son effet fiscal, et pas seulement de son montant.
Le diagnostiqueur fournit des factures qui viennent, elles aussi, en réduction du prix de cession. Sur un dossier complet, elles pèsent quelques centaines d’euros — assez pour être conservées. Notre guide sur les diagnostics obligatoires en donne le détail.
L'expert-comptable intervient sur les seules ventes de biens amortis. C’est lui qui détient le tableau d’amortissement, donc le montant exact à réintégrer. Sans ce chiffre, le notaire ne peut pas liquider.
Ce qui coûte cher aux vendeurs
Cinq erreurs, et la première est la plus fréquente de toutes.
Renoncer au forfait de 15 % parce qu’on a déjà déduit ses travaux. Le raisonnement paraît honnête, il est faux : la doctrine dispense expressément de rechercher si les dépenses ont déjà été prises en compte. Le renoncement coûte 6 612 € sur le dossier décrit.
Ne pas conserver les factures de frais de vente. Honoraires d’agence, diagnostics, mainlevée : 11 500 € viennent en réduction du prix de cession, et valent 3 218 € d’impôt en moins — dont 693 € de surtaxe, que ces frais suffisent à écarter. Sans justificatif, rien de tout cela n’existe.
Ignorer le seuil des 50 000 €. Quatre mille six cents euros de prix en plus épuisent exactement la marge restante, et le premier euro suivant déclenche 500 € de surtaxe. Un vendeur qui négocie sans avoir calculé sa base imposable peut gagner en apparence et perdre en net.
Vendre un meublé sans le tableau d’amortissement. Les 66 150 € d’amortissements de la variante décrite changent l’impôt de 16 020 €. Un dossier transmis au notaire sans ce document bloque l’acte ou produit un calcul faux.
Attendre pour l’abattement, sans avoir chiffré l’attente. Une année de détention supplémentaire vaut 1 714 € d’impôt en moins, soit 143 € par mois. Un loyer net, un marché qui se retourne ou un chantier qui s’annonce pèsent souvent davantage.
Que vérifier avant de signer le compromis ?
Sept points, et les six premiers se règlent avant que le notaire ne calcule quoi que ce soit.
Une remarque pour finir sur la nature de ce sujet. La plus-value immobilière passe pour un impôt qu’on subit, et beaucoup de vendeurs découvrent son montant en lisant le décompte du notaire. Le calcul montre autre chose : sur les 37 443 € qu’une lecture naïve du dossier de Solenne aurait produits, 11 001 € tiennent à deux options ouvertes sans la moindre condition de preuve — et 6 612 € de ces 11 001 € tiennent au seul forfait de 15 %, celui qu’un bailleur ayant déjà déduit ses travaux de ses revenus fonciers croit de bonne foi devoir écarter.
Ce qui reste après l’impôt dépend donc moins du marché que de la préparation du dossier. Trois documents et deux options, réunis avant le compromis. C’est peu, et c’est exactement ce que personne ne rassemble à temps.
Préparez le dossier avant le compromis
Ce qui reste après impôt dépend moins du marché que de ce qui est réuni avant la signature — et un chiffre découvert à l'acte ne laisse plus rien corriger.
- Votre base imposable calculée avant de négocier le prix
- Vos options forfaitaires indiquées au notaire dès le compromis
- Votre tableau d'amortissement récupéré si le bien était meublé
Questions fréquentes
Douze réponses directes sur les deux forfaits, les deux calendriers d'abattement, le taux dérogatoire de 17,2 %, la surtaxe et la réintégration des amortissements.
Une revente à préparer ?
Apportez l'acte d'acquisition, le décompte des frais et, le cas échéant, le tableau d'amortissement. L'échange ne remplace pas une consultation fiscale.
Faire le point sur votre dossier01 · Le calcul
01Comment calcule-t-on une plus-value immobilière ?
On part de deux prix corrigés, pas de deux prix bruts. Le prix de cession stipulé à l'acte se réduit, sur justificatifs, des frais définis par décret supportés par le vendeur — honoraires d'agence à sa charge, diagnostics, mainlevée d'hypothèque. Le prix d'acquisition se majore des frais d'acquisition et des travaux, chacun au réel ou au forfait. La différence est la plus-value brute, à laquelle s'appliquent ensuite deux abattements pour durée de détention, puis 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Sur une revente à 372 000 € d'un bien acheté 196 000 €, la plus-value brute s'établit à 120 400 € et l'impôt à 26 442 €.02Le forfait de 15 % s'applique-t-il si j'ai déjà déduit mes travaux de mes revenus fonciers ?
Oui. La doctrine administrative précise qu'il n'y a pas lieu de rechercher si les dépenses de travaux ont déjà été prises en compte pour l'assiette de l'impôt sur le revenu. Le forfait de 15 % n'est pas une preuve simplifiée de travaux réels : c'est une majoration attachée à la durée de détention, ouverte dès lors que l'immeuble bâti est cédé plus de cinq ans après son acquisition. Les travaux réels déjà déduits, eux, sont bien exclus des majorations. Un bailleur au régime réel a donc intérêt à comparer les deux voies : sur le cas décrit, le forfait vaut 6 612 € d'impôt en moins que les justificatifs restants.03Faut-il retenir les frais d'acquisition réels ou le forfait de 7,5 % ?
C'est une option, à exercer au cas par cas. Dans l'ancien, où les frais d'acquisition tournent autour de 7,5 à 8 % du prix, les deux voies donnent des résultats proches — mais le forfait dispense de retrouver un décompte notarié parfois vieux de vingt ans. Dans le neuf, où ces frais avoisinent 2 à 3 %, le forfait est nettement plus favorable. Sur un achat à 196 000 €, il représente 14 700 €.
02 · La durée et les taux
04À partir de quand une plus-value immobilière est-elle totalement exonérée ?
À trente ans de détention, et pas à vingt-deux. L'abattement pour durée de détention suit deux calendriers distincts : 6 % par an de la sixième à la vingt-et-unième année puis 4 % la vingt-deuxième pour l'impôt sur le revenu, ce qui l'efface à vingt-deux ans ; 1,65 % par an de la sixième à la vingt-et-unième, 1,60 % la vingt-deuxième, puis 9 % par an ensuite pour les prélèvements sociaux, ce qui les efface à trente ans. Entre les deux bornes, le vendeur ne paie plus 19 % mais paie encore 17,2 %.05Pourquoi paie-t-on encore des prélèvements sociaux après vingt-deux ans ?
Parce que le barème social est plus lent que le barème fiscal. Sur une plus-value brute de 120 400 €, l'abattement social atteint 28 % à vingt-deux ans, ce qui laisse 14 910 € de prélèvements sociaux alors que l'impôt sur le revenu est déjà nul. La bonne nouvelle est que la fin du parcours est la plus rapide : de la vingt-troisième à la trentième année, chaque année efface 9 % de la base sociale, soit 1 864 € par an sur cette plus-value, contre 1 714 € entre la quinzième et la seizième année.06Les prélèvements sociaux sur les plus-values immobilières passent-ils à 18,6 % en 2026 ?
Non. Le taux global des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine est bien porté à 18,6 % en 2026, la contribution sociale généralisée passant à 10,6 %. Mais le code de la sécurité sociale maintient un taux dérogatoire de 9,2 % pour deux catégories nommément visées : les revenus fonciers, et les plus-values immobilières des particuliers. Ces dernières restent donc à 17,2 % au total, y compris lorsque le bien vendu était loué en meublé.
03 · La liquidation
07Qui déclare et qui paie la plus-value immobilière ?
Le notaire. C'est lui qui liquide la plus-value, établit la déclaration, prélève l'impôt sur le prix de vente et le reverse au Trésor. Le vendeur ne fait aucun versement de son côté : l'opération est soldée le jour de l'acte. Ce qu'il reportera ensuite sur sa déclaration de revenus n'est qu'une information de contrôle. En pratique, cela signifie que les options — les deux forfaits en particulier — doivent être indiquées au notaire avant qu'il ne calcule, et de préférence dès le compromis.08À quel niveau la surtaxe sur les plus-values élevées se déclenche-t-elle ?
À 50 000 € de plus-value imposable, c'est-à-dire après les majorations du prix d'acquisition et après l'abattement pour durée de détention — pas sur le chiffre du compromis. Le barème va de 2 à 6 % et comporte un mécanisme de lissage qui adoucit la progression dans chaque tranche, mais pas à l'entrée : le premier euro au-delà de 50 000 € déclenche 500 € de taxe, puis le taux marginal redescend à 7,0 % jusqu'à 60 000 €. La taxe ne s'applique pas aux terrains à bâtir.
04 · Le meublé
09Les amortissements d'un logement loué en meublé sont-ils réintégrés dans la plus-value ?
Oui, depuis la loi de finances pour 2025. Le prix d'acquisition est réduit du montant des amortissements admis en déduction, pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025. La loi de finances pour 2026 a étendu la minoration aux amortissements pratiqués au titre des régimes qu'elle rétablit. Trois familles de biens y échappent : les logements en résidence pour étudiants, jeunes en formation ou personnes de plus de soixante-cinq ans, et les établissements sociaux ou médico-sociaux visés par le texte. Sur le cas décrit, la réintégration de 66 150 € d'amortissements coûte 16 020 € de plus à la sortie.10L'amortissement en meublé reste-t-il intéressant depuis cette réforme ?
Oui, et l'écart reste large. Pendant la détention, chaque euro d'amortissement réduit un revenu imposé à la tranche marginale augmentée des prélèvements sociaux du meublé, soit 48,6 % à 30 % de tranche. À la sortie, la reprise ne coûte que 24,2 % de la même somme, parce que les taux de sortie sont plus faibles et parce que l'abattement pour durée de détention s'applique aussi à la fraction réintégrée. Sur 66 150 € d'amortissements, le vendeur conserve 16 129 € d'économie, soit 50,2 % du total. La réforme a supprimé un avantage anormal, elle n'a pas rendu l'amortissement inutile.11Peut-on être exonéré quand on n'est pas propriétaire de sa résidence principale ?
Dans un cas précis, oui. L'exonération de la première cession d'un logement autre que la résidence principale vise la fraction du prix remployée dans les vingt-quatre mois à l'acquisition ou à la construction d'une habitation principale, et suppose que le cédant n'ait pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédant la vente. C'est la situation d'un investisseur locataire de son propre logement qui vend son bien locatif pour acheter là où il habite. Elle ne concerne pas un propriétaire occupant qui revend un bien de rapport.12Vendre un bien encore loué change-t-il le calcul de la plus-value ?
Le calcul lui-même ne change pas : les mêmes articles s'appliquent, les mêmes forfaits, les mêmes abattements. Ce qui change est le prix. Un logement vendu occupé se négocie avec une décote qui dépend du bail restant à courir et du niveau du loyer, et cette décote réduit mécaniquement la plus-value. L'arbitrage entre vendre occupé et vendre libre se joue donc sur le prix net après impôt, pas sur le prix affiché — et l'écart de fiscalité entre les deux scénarios est souvent plus faible qu'on ne le croit, puisque le taux effectif s'établit ici à 22,0 % de la plus-value brute.
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Sources et date de contrôle
- Source 01
Article 150 VA du code général des impôts — le prix de cession retenu — Légifrance. I. — Le prix de cession à retenir est le prix réel tel qu'il est stipulé dans l'acte. III. — Le prix de cession est réduit, sur justificatifs, du montant de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée et des frais, définis par décret, supportés par le vendeur. Article en vigueur depuis le 31 décembre 2003. Consulté le 2026-08-25.
- Source 02
Article 150 VB du code général des impôts — majorations et minoration du prix d'acquisition — Légifrance. II 3° : les frais afférents à l'acquisition à titre onéreux, retenus pour leur montant réel ou, sur option, pour un forfait de 7,5 % du prix d'acquisition. II 4° : les dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration réalisées par une entreprise, lorsqu'elles n'ont pas été déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu, ou un forfait de 15 % du prix d'acquisition lorsque le cédant cède l'immeuble plus de cinq ans après son acquisition. III : le prix d'acquisition est réduit du montant des amortissements admis en déduction en application de l'article 39 C. Version en vigueur au 21 février 2026, modifiée par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 47. Consulté le 2026-08-25.
- Source 03
BOI-RFPI-PVI-20-20 — abattement pour durée de détention — BOFiP-Impôts. § 60 : pour l'impôt sur le revenu, 6 % pour chaque année de détention au-delà de la cinquième et jusqu'à la vingt-et-unième, puis 4 % au terme de la vingt-deuxième année. § 70 : pour les prélèvements sociaux, 1,65 % pour chaque année au-delà de la cinquième et jusqu'à la vingt-et-unième, 1,60 % pour la vingt-deuxième année, puis 9 % pour chaque année au-delà de la vingt-deuxième. Document publié le 18 juillet 2023. Consulté le 2026-08-25.
- Source 04
BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20 — frais et dépenses admis en majoration du prix d'acquisition — BOFiP-Impôts. § 240 à § 280 : sont exclues des majorations les dépenses qui ont été déduites, pour l'assiette de l'impôt sur le revenu, soit du revenu global, soit des revenus catégoriels. § 350 à § 400 : le forfait de 15 % est une simple faculté ouverte au cédant qui cède un immeuble bâti plus de cinq ans après son acquisition ; § 390 : il n'y a pas lieu de rechercher si les dépenses de travaux ont déjà été prises en compte pour l'assiette de l'impôt sur le revenu. Document publié le 20 décembre 2013. Consulté le 2026-08-25.
- Source 05
Article 200 B du code général des impôts — le taux de 19 % — Légifrance. Les plus-values réalisées dans les conditions prévues aux articles 150 U à 150 UC sont imposées au taux forfaitaire de 19 %. Article en vigueur depuis le 1er janvier 2015. Consulté le 2026-08-25.
- Source 06
Article L. 136-8 du code de la sécurité sociale — le taux dérogatoire de 9,2 % — Légifrance. I : le taux de la contribution est fixé à 10,6 % pour les contributions mentionnées aux articles L. 136-6 et L. 136-7. IV : par dérogation au I, sont assujettis à la contribution sociale au taux de 9,2 % : 1° les revenus mentionnés au a du I de l'article L. 136-6 ; 2° les plus-values mentionnées au 2° du I de l'article L. 136-7. Version en vigueur au 27 juin 2026. Consulté le 2026-08-25.
- Source 07
Article 1609 nonies G du code général des impôts — la taxe sur les plus-values élevées — Légifrance. La taxe est due pour les plus-values imposables supérieures à 50 000 €. Barème : de 50 001 à 60 000 €, 2 % PV − (60 000 − PV) × 1/20 ; de 60 001 à 100 000 €, 2 % PV ; de 100 001 à 110 000 €, 3 % PV − (110 000 − PV) × 1/10 ; de 110 001 à 150 000 €, 3 % PV. La taxe ne s'applique pas aux terrains à bâtir. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2024. Consulté le 2026-08-25.
- Source 08
Article 84 de la loi de finances pour 2025 — création de la minoration par les amortissements — Légifrance. L'article ajoute un III à l'article 150 VB du code général des impôts minorant le prix d'acquisition du montant des amortissements admis en déduction, et exclut de cette minoration les logements situés dans une résidence pour étudiants, jeunes en formation ou personnes de plus de soixante-cinq ans, ainsi que les établissements mentionnés aux 6° et 7° de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles. Application aux cessions réalisées à compter du lendemain de la promulgation de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025. Consulté le 2026-08-25.
- Source 09
Article 47 de la loi de finances pour 2026 — extension de la minoration aux nouveaux amortissements — Légifrance. Le 3° du II insère au premier alinéa du III de l'article 150 VB du code général des impôts la mention « des i et j du 1° du I de l'article 31 ou », étendant la minoration du prix d'acquisition aux amortissements pratiqués au titre des dispositifs rétablis par le même article. Loi n° 2026-103 du 19 février 2026, publiée au Journal officiel du 20 février 2026. Consulté le 2026-08-25.
- Source 10
Article 150 U du code général des impôts — les exonérations — Légifrance. II 1° : exonération des immeubles qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession. II 1° bis : exonération de la fraction du prix de cession remployée dans un délai de vingt-quatre mois à l'acquisition ou la construction d'une habitation principale, lorsque le cédant n'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes. II 6° : exonération des cessions dont le prix n'excède pas 15 000 €. Version en vigueur au 21 février 2026. Consulté le 2026-08-25.
- Source 11
BOI-RFPI-TPVIE-20 — assiette de la taxe sur les plus-values élevées — BOFiP-Impôts. § 10 : la taxe est assise sur le montant des plus-values immobilières imposables à l'impôt sur le revenu, après application de l'abattement pour durée de détention prévu à l'article 150 VC du CGI. § 20 : le seuil de 50 000 € s'apprécie après prise en compte de cet abattement et, le cas échéant, des autres abattements ou exonérations applicables. Document publié le 18 juillet 2023. Consulté le 2026-08-25.
- Source 12
BOI-RFPI-PVI-10-40-70 — appréciation du seuil de 15 000 € — BOFiP-Impôts. Le seuil de 15 000 € s'apprécie bien par bien et non annuellement, en tenant compte de la valeur en pleine propriété de l'immeuble ou de la partie d'immeuble cédée. En cas de cession d'un bien détenu en indivision, il s'apprécie sur chaque quote-part indivise. Il est admis qu'en cas de cession de parcelles à références cadastrales distinctes et non contiguës, le seuil s'apprécie parcelle par parcelle. Document publié le 14 avril 2014. Consulté le 2026-08-25.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la chaîne de calcul complète, y compris pour un vendeur qui conduit sa revente seul. Les textes et la doctrine cités le sont dans leur rédaction en vigueur ; les prix, les montants de travaux, les frais de vente, le volume d’amortissements et le taux marginal sont des hypothèses déclarées et se recalculent sur votre dossier. Ce guide n’est pas une consultation fiscale : la liquidation revient au notaire.</p