Investir en vente en l'état futur d'achèvement : ce que la garantie d'achèvement couvre, et ce qu'elle laisse entièrement à votre charge
Les pages du sujet listent les garanties du contrat le plus encadré du droit français. Aucune ne dit que l’encadrement porte sur la défaillance du promoteur, et pas sur le retard qui coûte à l’investisseur.
ACHÈVEMENT N’EST PAS ACHÈVEMENT DANS LES DÉLAIS
La loi garantit que ce sera fini. Pas quand.
La garantie financière se déclenche sur une défaillance financière du promoteur. Un chantier qui glisse de six mois sans défaillance ne déclenche rien du tout.
- 95 % du prix appelés avant la livraison, par paliers fixés au décret
- Un mois de retard coûte 1 342 € entre intérêts et loyer manqué
- Le solde de 5 % se consigne en cas de contestation
- Un mois puis un an : les deux délais pour agir sur les défauts visibles
PRIX
220 000 €
VERSÉ AVANT LIVRAISON
209 000 €
SOLDE CONSIGNABLE
11 000 €
UN MOIS DE RETARD
1 342 €
SIX MOIS DE RETARD
8 052 €
SI VOUS PAYEZ TARD
770 € max
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le décret plafonne ce que le vendeur peut appeler : 35 % à l’achèvement des fondations, 70 % à la mise hors d’eau, 95 % à l’achèvement de l’immeuble1. Le solde est payable à la livraison et peut être consigné en cas de contestation.
Avant la signature, « le vendeur souscrit une garantie financière de l’achèvement de l’immeuble ou une garantie financière du remboursement »2. Elle se déclenche sur une défaillance financière, pas sur un calendrier qui glisse.
Six mois de retard coûtent 8 052 € sur le dossier de ce guide, et rien dans la loi n’oblige le promoteur à les compenser.
La vente en l’état futur d’achèvement est le contrat immobilier le plus encadré du droit français. Échelonnement fixé par décret, garantie obligatoire, mentions imposées, délais de rétractation : tout y est écrit, et c’est ce qui rassure.
Cet encadrement protège pourtant contre un risque — la défaillance du promoteur — qui n’est pas celui que rencontre le plus souvent un investisseur. Le sien s’appelle le retard. Il n’est protégé par rien.
La confusion est d’autant plus facile que les deux mots se ressemblent : une garantie d’achèvement rassure sur l’achèvement, et l’on entend « achèvement dans les délais » là où le texte ne dit qu’« achèvement ». Le premier objet de ce guide est de séparer ces deux idées, parce qu’elles n’ont ni le même déclencheur, ni le même coût, ni le même remède.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Sandrine, 43 ans, sage-femme à Rennes. Elle achète un T2 en vente en l’état futur d’achèvement à 220 000 €, livraison annoncée à vingt-deux mois, financé par un emprunt de 200 000 € à 3,80 %, et compte le louer 680 € par mois. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.
Qu’achète-t-on exactement en vente en l’état futur d’achèvement ?
Un immeuble qui n’existe pas encore, et dont on devient propriétaire au fur et à mesure qu’il sort de terre.
C’est la particularité du contrat, et elle explique tout le reste. L’acquéreur devient immédiatement propriétaire du sol et des constructions existantes, puis des ouvrages à venir au fur et à mesure de leur exécution — ce qui le place dans une situation singulière, celle d’un propriétaire dont le bien se construit sous lui, mois après mois, sans qu’il puisse ni l’occuper ni le louer ni même toujours le visiter. Il n’achète pas une promesse. Il achète progressivement une chose.
Cette progressivité a une contrepartie immédiate. Puisqu’il devient propriétaire au fil du chantier, il paie au fil du chantier — et c’est là que le décret intervient pour encadrer ce que le vendeur peut réclamer, et quand.
Ce que ce guide traite, et ce qu’il laisse de côté. Nous nous arrêtons à la livraison et aux défauts qui y sont apparents. Les garanties qui courent après — parfait achèvement, biennale, décennale — relèvent d’un autre corps de textes et méritent leur propre traitement. Un architecte ou un maître d’œuvre indépendant les connaît, et c’est à lui qu’on s’adresse quand un désordre apparaît après l’installation.
Trente-cinq, soixante-dix, quatre-vingt-quinze
Trois paliers, un solde, et la certitude de payer presque tout avant de voir quoi que ce soit d’habitable.
Le décret est précis : les paiements ne peuvent excéder 35 % du prix à l’achèvement des fondations, 70 % à la mise hors d’eau, et 95 % à l’achèvement de l’immeuble1. Le solde est payable lors de la livraison, et il peut être consigné en cas de contestation sur la conformité au contrat1.
Quatre-vingt-quinze pour cent versés avant la livraison
| Étape | Plafond | Montant appelé |
|---|---|---|
| Achèvement des fondations | 35 % | 77 000 € |
| Mise hors d’eau | 70 % | 154 000 € |
| Achèvement de l’immeuble | 95 % | 209 000 € |
| Solde à la livraison | 5 % | 11 000 € |
| Prix total | 100 % | 220 000 € |
Ces pourcentages sont des plafonds, pas un calendrier obligatoire. Le contrat peut prévoir davantage d’échéances intermédiaires — c’est fréquent — à condition de ne jamais dépasser le palier autorisé au stade atteint. Un acquéreur qui reçoit un appel de fonds a donc toujours le droit de vérifier deux choses : le stade réellement atteint, et le cumul déjà versé.
Cette vérification n’a rien de théorique. Un appel de fonds arrive avec une attestation d’avancement, et celle-ci désigne un stade que le décret nomme précisément. Comparer ce stade au cumul demandé prend cinq minutes, et c’est le seul contrôle qu’un acquéreur exerce réellement pendant les deux ans de chantier.
La garantie d’achèvement couvre-t-elle le retard ?
Non. Elle couvre le fait que l’immeuble sera terminé, pas la date à laquelle il le sera.
La loi impose au vendeur, avant la conclusion du contrat, de souscrire « une garantie financière de l’achèvement de l’immeuble ou une garantie financière du remboursement »2. C’est une protection réelle et elle a de la valeur : sans elle, un promoteur en difficulté laisserait un chantier arrêté et des acquéreurs propriétaires d’une dalle.
Le texte précise quand elle joue : « la garantie financière d’achèvement peut être mise en œuvre par l’acquéreur en cas de défaillance financière du vendeur »2. Le fait générateur est donc une défaillance financière, pas un chantier qui prend six mois de plus.
Le mécanisme qui suit est instructif. Le garant peut faire désigner un administrateur ad hoc, qui reçoit les pouvoirs du maître de l’ouvrage et fait exécuter les travaux nécessaires à l’achèvement2. Et lorsque la garantie est mise en jeu, ce garant « est seul fondé à exiger de l’acquéreur le paiement du solde »2 — l’acquéreur continue donc de payer, mais à quelqu’un d’autre.
Ce que cela veut dire pour un investisseur. La garantie protège le patrimoine : elle assure qu’on aura un logement au bout. Elle ne protège pas le rendement, qui dépend de la date à laquelle le premier loyer tombe. Un chantier qui s’achève avec dix mois de retard mais qui s’achève est, du point de vue du texte, une opération réussie. Du point de vue du plan de financement, c’est autre chose.
Ce que Sandrine engage
Deux cent neuf mille euros avant la livraison, et un plan de financement calé sur une date.
Son emprunt de 200 000 € se débloque au rythme des appels de fonds. Pendant toute la construction, elle paie des intérêts sur les seules sommes débloquées — ce que les prêteurs appellent les intérêts intercalaires — sans percevoir le moindre loyer. Notre guide sur le financement d’un investissement locatif détaille ce mécanisme et son effet sur la trésorerie des premières années.
À l’achèvement de l’immeuble, 209 000 € ont été appelés. C’est sur cette base que courent les intérêts pendant les mois qui séparent l’achèvement de la livraison effective, et c’est cette période qui décide du coût d’un retard.
Combien coûte un semestre de décalage ?
Huit mille cinquante-deux euros, et le calcul additionne deux postes que rien ne compense.
Le premier est financier. Sur 209 000 € débloqués à 3,80 %, les intérêts représentent 662 € par mois, soit 3 972 € sur six mois. Ils sont dus que le logement soit livré ou non.
Le second est locatif. Six mois sans loyer représentent 4 080 € que Sandrine avait inscrits dans son plan et qui n’arriveront pas. Aucun des deux postes ne se rattrape ensuite : les intérêts sont payés, les loyers sont perdus, et le bien commencera simplement sa carrière locative six mois plus tard qu’annoncé, avec un rendement calculé sur une durée de détention amputée d’autant.
Deux postes, aucun plafond légal
| Durée du retard | Intérêts intercalaires | Loyers manqués | Total |
|---|---|---|---|
| 3 mois | 1 986 € | 2 040 € | 4 026 € |
| 6 mois | 3 972 € | 4 080 € | 8 052 € |
| 9 mois | 5 958 € | 6 120 € | 12 078 € |
| 12 mois | 7 944 € | 8 160 € | 16 104 € |
Chaque ligne s’additionne à l’écran, et la progression est parfaitement linéaire : un mois de retard coûte à Sandrine 662 € d’intérêts et 680 € de loyer, soit 1 342 € que personne ne lui rendra sauf si le contrat le prévoit.
Notre guide sur le calcul du rendement locatif montre ce qu’une année blanche fait à un rendement affiché. Sur un dossier à 220 000 €, douze mois de retard représentent 7,3 % du prix — davantage que la plupart des marges de négociation.
Ce que le décret plafonne, et ce qu’il ne plafonne pas
Il plafonne ce que l’acquéreur doit quand il paie en retard. Il ne dit rien de ce que le promoteur doit quand il livre en retard.
Le même article prévoit que si le contrat comporte des pénalités de retard de paiement, « le taux ne peut excéder 1 % par mois »1. C’est une protection nette, et elle se chiffre : sur le premier appel de fonds de 77 000 €, un mois de retard de Sandrine lui coûterait au maximum 770 €.
Un plafond d’un côté, rien de l’autre
| Qui est en retard | Ce que prévoit la loi | Sur le dossier |
|---|---|---|
| L’acquéreur, sur un appel de fonds | plafond de 1 % par mois | 770 € au plus |
| Le promoteur, sur la livraison | aucun plafond, aucun plancher | 8 052 € à la charge de l’acquéreur |
Le rapport est de dix contre un, et il ne résulte d’aucune malveillance : le décret encadre le paiement du prix, qui est l’obligation de l’acquéreur, et laisse au contrat le soin de traiter la livraison. C’est donc dans le contrat qu’il faut aller chercher la clause. C’est là qu’un notaire lit ce qu’un acquéreur pressé signe.
Cette répartition entre le décret et le contrat explique aussi pourquoi les pratiques varient tellement d’un programme à l’autre. Certains contrats prévoient une pénalité journalière chiffrée en millièmes du prix, d’autres se contentent d’une clause de bonne volonté, d’autres encore ne disent rien du tout — et les trois sont parfaitement licites. Un acquéreur qui compare deux programmes sur le seul prix au mètre carré compare donc deux choses dont l’une porte une protection que l’autre n’a pas.
Le solde de 5 % et les réserves
Onze mille euros, et c’est le seul moyen de pression dont Sandrine dispose le jour de la remise des clés.
Le décret prévoit que le solde est payable lors de la livraison, mais qu’il peut être consigné en cas de contestation sur la conformité au contrat1. La consignation n’est pas un refus de payer : la somme est déposée entre les mains d’un tiers, où elle attend que le différend soit tranché.
Rapporté au loyer attendu, ce solde représente seize mois de recettes. C’est peu rapporté au prix. C’est considérable rapporté à ce qu’un promoteur accepte de reprendre pour le débloquer.
- Se faire accompagner. Un architecte ou un maître d’œuvre indépendant repère en une heure ce qu’un acquéreur non professionnel ne voit pas, et sa note est sans commune mesure avec les onze mille euros en jeu.
- Écrire toutes les réserves. Le procès-verbal de livraison est le document qui compte. Ce qui n’y figure pas devient un défaut qu’il faudra prouver autrement.
- Ne pas confondre livraison et achèvement. L’achèvement est le stade qui autorise l’appel des 95 %. La livraison est la remise du logement. Les deux peuvent être séparés de plusieurs mois, et ce sont ces mois-là qui coûtent.
Combien de temps pour agir ?
Un mois pour que le vendeur cesse d’en répondre, un an pour saisir un juge. Les deux délais sont courts et ils s’enchaînent.
Le premier vient du code civil : « le vendeur d’un immeuble à construire ne peut être déchargé, ni avant la réception des travaux, ni avant l’expiration d’un délai d’un mois après la prise de possession par l’acquéreur, des vices de construction ou des défauts de conformité alors apparents »3.
Le même texte ajoute qu’« il n’y aura pas lieu à résolution du contrat ou à diminution du prix si le vendeur s’oblige à réparer »3. Un promoteur qui s’engage à corriger ferme donc la porte à une renégociation du prix.
Le second délai est celui de l’action : « dans le cas prévu par l’article 1642-1, l’action doit être introduite, à peine de forclusion, dans l’année qui suit la date à laquelle le vendeur peut être déchargé des vices ou des défauts de conformité apparents »4.
Le mot « forclusion » n’est pas anodin. Il signifie que le droit d’agir s’éteint à l’échéance, sans qu’une négociation en cours ou un échange de courriers y change quoi que ce soit.
Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant
Deux se produisent à la signature. Les deux autres se produisent le jour de la livraison, ou le mois d’après.
Signer sans clause de pénalité de retard. C’est l’incident le plus coûteux et le plus discret, parce qu’il ne se voit qu’en cas de problème. Le décret ne prévoit aucun plafond ni aucun plancher pour le retard du promoteur : sans clause, six mois de décalage laissent 8 052 € à la charge de Sandrine et n’ouvrent droit à rien.
Caler son plan de financement sur la date annoncée. Un mois de retard coûte 1 342 € entre intérêts et loyer manqué. Un plan qui n’absorbe pas six mois d’écart, soit 8 052 €, est un plan qui tiendra si tout se passe bien — ce qui n’est pas une hypothèse de travail.
Payer le solde sans réserves. Les 5 % du prix, soit 11 000 €, sont le seul levier de l’acquéreur à la livraison. Versés sans procès-verbal détaillé, ils s’en vont avec le moyen de pression, et il ne reste que la voie amiable pour obtenir des reprises.
Laisser passer le mois, puis l’année. Le vendeur cesse de répondre des défauts apparents un mois après la prise de possession, et l’action doit être introduite dans l’année qui suit, à peine de forclusion. Un désordre repéré tardivement sur un chantier à 220 000 € devient un problème dont plus personne ne répond.
Les six clauses à lire avant de signer
Elles tiennent en deux pages du contrat, et aucune ne se renégocie après.
- La date de livraison et sa formulation. Un trimestre, un semestre, ou une date ferme : la précision de la rédaction décide de ce qu’est un retard.
- Les causes légitimes de suspension du délai. Intempéries, grèves, défaillance d’entreprise : la liste est contractuelle et elle est parfois si large qu’aucun retard n’y échappe.
- La pénalité de retard du vendeur. Son existence d’abord, son montant ensuite. C’est la seule contrepartie possible aux 8 052 € du dossier.
- La pénalité de retard de l’acquéreur. Elle ne peut excéder 1 % par mois. Un contrat qui en prévoit davantage se corrige avant signature.
- Les conditions suspensives. Notre guide sur les clauses suspensives montre comment caler leur durée sur celle d’une obtention de prêt, ce qu’un courtier chiffrera en deux jours.
- La notice descriptive. C’est elle qui définit ce qui est conforme, et donc ce qui peut faire l’objet d’une réserve. Sans elle, la contestation du solde n’a pas de référence.
La vente en l’état futur d’achèvement convient-elle à un investisseur ?
À celui qui peut porter deux ans sans recette et absorber six mois d’écart, oui. Aux autres, elle coûte cher au mauvais moment.
- La trésorerie décide. Vingt-deux mois annoncés, plus une marge de six, font près de deux ans et demi d’intérêts sans loyer. Notre guide sur les frais qu’on oublie montre que c’est le poste que les plans de financement sous-estiment le plus.
- Le neuf a des contreparties réelles. Pas de travaux, des charges de copropriété faibles les premières années, une performance énergétique qui échappe aux calendriers d’interdiction de louer. Ces avantages sont durables ; le retard, lui, est temporaire.
- La clause de pénalité vaut la négociation. C’est le seul point du contrat qui transforme un risque non couvert en risque partagé, et il se discute avant la réservation, pas après.
La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des investisseurs, et la vente en l’état futur d’achèvement est un produit facile à présenter : encadré par décret, garanti par la loi, sans travaux à prévoir. Ce guide dit que l’encadrement porte sur un risque — la défaillance du promoteur — qui n’est pas celui qui frappe le plus souvent, et que le vrai risque de l’investisseur, le retard, n’est couvert par aucun texte : 8 052 € pour six mois sur le dossier décrit, contre 770 € au maximum si c’est lui qui paie en retard. La seule protection possible est une clause, et elle se négocie avant de réserver.
La clause de pénalité se négocie avant la réservation.
Le décret encadre ce que vous devez si vous payez en retard. Il ne dit rien de ce qu’on vous doit si l’on vous livre en retard : seul le contrat le prévoit, quand il le prévoit.
- Pourquoi les intérêts intercalaires et les loyers manqués ne se recouvrent pas
- Ce que la clause de causes légitimes de suspension peut absorber
- Ce que « forclusion » change à une négociation en cours
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur l’échelonnement des appels de fonds, ce que la garantie d’achèvement couvre vraiment, le coût d’un retard, les pénalités, le solde consignable et les délais pour agir.
Un contrat de réservation sur la table ?
Apportez-le tel quel, avec la notice descriptive et l’échéancier. La lecture des six clauses tient en un quart d’heure.
Faire le point sur votre dossier01 · Les paiements
01Combien peut-on être appelé à payer avant la livraison ?
Quatre-vingt-quinze pour cent du prix. Le décret plafonne les versements à 35 % du prix à l'achèvement des fondations, 70 % à la mise hors d'eau et 95 % à l'achèvement de l'immeuble ; le solde est payable lors de la livraison. Ce sont des plafonds cumulés et non un calendrier obligatoire : le contrat peut prévoir davantage d'échéances intermédiaires, à condition de ne jamais dépasser le palier autorisé au stade réellement atteint. Un acquéreur qui reçoit un appel de fonds peut donc toujours comparer le stade attesté au cumul demandé.
02 · La garantie
02La garantie financière d'achèvement couvre-t-elle un retard de livraison ?
Non. Elle garantit que l'immeuble sera achevé, pas qu'il le sera à la date prévue. Le texte précise que « la garantie financière d'achèvement peut être mise en œuvre par l'acquéreur en cas de défaillance financière du vendeur », caractérisée par l'absence des fonds nécessaires à l'achèvement. Un chantier qui prend six mois de plus mais qui aboutit est, du point de vue du texte, une opération réussie. Du point de vue du plan de financement d'un investisseur, c'est autre chose.03Combien coûte un retard de six mois à un investisseur ?
Sur le dossier de ce guide, 8 052 €. Deux postes s'additionnent et aucun ne se rattrape. Les intérêts intercalaires d'abord : à l'achèvement de l'immeuble, 209 000 € ont été appelés, ce qui représente 662 € d'intérêts par mois à 3,80 %, soit 3 972 € sur six mois, dus que le logement soit livré ou non. Les loyers manqués ensuite : 4 080 € qui figuraient au plan et n'arriveront pas. Un mois de retard coûte donc 1 342 €, et douze mois représentent 7,3 % du prix du bien.04Le promoteur doit-il une pénalité en cas de retard ?
Seulement si le contrat le prévoit. Le décret plafonne les pénalités de retard de paiement de l'acquéreur — « le taux ne peut excéder 1 % par mois », soit 770 € au plus sur un premier appel de 77 000 € — mais il ne fixe ni plafond ni plancher pour un retard de livraison imputable au vendeur. Les pratiques varient donc d'un programme à l'autre : pénalité journalière chiffrée, clause de bonne volonté, ou rien du tout, et les trois sont licites. C'est la clause qu'il faut négocier avant de réserver.
03 · La livraison
05À quoi sert le solde de 5 % à la livraison ?
C'est le seul moyen de pression dont dispose l'acquéreur le jour de la remise des clés. Le décret prévoit que le solde est payable lors de la livraison mais qu'il peut être consigné en cas de contestation sur la conformité au contrat. La consignation n'est pas un refus de payer : la somme est déposée entre les mains d'un tiers en attendant que le différend soit tranché. Sur un bien à 220 000 €, elle représente 11 000 €, soit seize mois de loyer — peu rapporté au prix, considérable rapporté à ce qu'un promoteur accepte de reprendre pour la débloquer.06Combien de temps le vendeur répond-il des défauts visibles ?
Un mois après la prise de possession. Le code civil dispose que « le vendeur d'un immeuble à construire ne peut être déchargé, ni avant la réception des travaux, ni avant l'expiration d'un délai d'un mois après la prise de possession par l'acquéreur, des vices de construction ou des défauts de conformité alors apparents ». Le même texte ajoute qu'« il n'y aura pas lieu à résolution du contrat ou à diminution du prix si le vendeur s'oblige à réparer » : un promoteur qui s'engage à corriger ferme la porte à une renégociation du prix.07Quel est le délai pour saisir un juge ?
Un an, et le texte parle de forclusion. L'article 1648 prévoit que « dans le cas prévu par l'article 1642-1, l'action doit être introduite, à peine de forclusion, dans l'année qui suit la date à laquelle le vendeur peut être déchargé des vices ou des défauts de conformité apparents ». Le mot n'est pas anodin : le droit d'agir s'éteint à l'échéance, sans qu'une négociation en cours ou un échange de courriers y change quoi que ce soit. Les garanties postérieures à la livraison — parfait achèvement, biennale, décennale — relèvent d'autres textes et d'autres délais.
04 · L’arbitrage
08La vente en l'état futur d'achèvement convient-elle à un investisseur ?
À celui qui peut porter deux ans sans recette et absorber six mois d'écart. Vingt-deux mois annoncés plus une marge de six font près de deux ans et demi d'intérêts sans loyer, et c'est le poste que les plans de financement sous-estiment le plus. Les contreparties du neuf sont réelles et durables — pas de travaux, charges de copropriété faibles les premières années, performance énergétique qui échappe aux calendriers d'interdiction de louer — tandis que le retard est temporaire. Reste que la clause de pénalité est le seul point du contrat qui transforme un risque non couvert en risque partagé.
Le contrat le plus encadré du droit français. Sur un risque qui n’est pas le vôtre.
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Sources et date de contrôle
Articles R. 261-14 et L. 261-10-1 du code de la construction et de l'habitation, articles 1642-1 et 1648 du code civil, tous relus à leur source dans leurs rédactions en vigueur.
- Source 01
Article R. 261-14 du code de la construction et de l'habitation — échelonnement des paiements — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er septembre 2019, modifiée par le décret n° 2019-873 du 21 août 2019. Les paiements ou dépôts ne peuvent excéder au total 35 % du prix à l'achèvement des fondations, 70 % à la mise hors d'eau et 95 % à l'achèvement de l'immeuble. Le solde est payable lors de la livraison ; il peut toutefois être consigné en cas de contestation sur la conformité au contrat. Lorsque la vente est assortie d'une condition suspensive, aucun versement ni dépôt ne peut intervenir avant la réalisation de cette condition. Dans ces limites, les paiements peuvent être échelonnés par fractions périodiques égales ou par fractions variables selon l'avancement des travaux. Enfin, si le contrat prévoit des pénalités de retard de paiement, « le taux ne peut excéder 1 % par mois ». Ce plafond vise le retard de l'acquéreur ; le texte ne prévoit ni plafond ni plancher pour un retard de livraison imputable au vendeur. Aucun bandeau de version postérieure. Consulté le 2026-08-27.
- Source 02
Article L. 261-10-1 du code de la construction et de l'habitation — garantie financière d'achèvement ou de remboursement — Légifrance. Version en vigueur depuis le 25 novembre 2018, modifiée par la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, art. 75. Avant la conclusion du contrat prévu à l'article L. 261-10, « le vendeur souscrit une garantie financière de l'achèvement de l'immeuble ou une garantie financière du remboursement » des versements effectués en cas de résolution du contrat à défaut d'achèvement. « La garantie financière d'achèvement peut être mise en œuvre par l'acquéreur en cas de défaillance financière du vendeur », caractérisée par une absence de disposition des fonds nécessaires à l'achèvement de l'immeuble. « Le garant financier de l'achèvement de l'immeuble peut faire désigner un administrateur ad hoc » par ordonnance sur requête ; celui-ci, investi des pouvoirs du maître de l'ouvrage, a pour mission de faire réaliser les travaux nécessaires à l'achèvement. Lorsque la garantie est mise en œuvre, « le garant financier de l'achèvement de l'immeuble est seul fondé à exiger de l'acquéreur le paiement du solde » du prix. Le fait générateur est donc une défaillance financière, non un retard de livraison. Aucun bandeau de version postérieure. Consulté le 2026-08-27.
- Source 03
Article 1642-1 du code civil — vices et défauts de conformité apparents — Légifrance. Version en vigueur depuis le 28 mars 2009, modifiée par la loi n° 2009-323 du 25 mars 2009, art. 109. « Le vendeur d'un immeuble à construire ne peut être déchargé, ni avant la réception des travaux, ni avant l'expiration d'un délai d'un mois après la prise de possession par l'acquéreur, des vices de construction ou des défauts de conformité alors apparents. Il n'y aura pas lieu à résolution du contrat ou à diminution du prix si le vendeur s'oblige à réparer. » L'article ne fixe aucun délai pour agir en justice : celui-ci figure à l'article 1648. Aucun bandeau de version postérieure. Consulté le 2026-08-27.
- Source 04
Article 1648 du code civil — délai pour agir — Légifrance. Version en vigueur depuis le 28 mars 2009, modifiée par la loi n° 2009-323 du 25 mars 2009, art. 109. Le premier alinéa dispose que « l'action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l'acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice ». Le second, applicable à la vente d'immeuble à construire, prévoit que « dans le cas prévu par l'article 1642-1, l'action doit être introduite, à peine de forclusion, dans l'année qui suit la date à laquelle le vendeur peut être déchargé des vices ou des défauts de conformité apparents ». Le texte emploie le mot « forclusion », et non « déchéance » ni « prescription ». Aucun bandeau de version postérieure. Consulté le 2026-08-27.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
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