Lettre de résiliation de bail : ce que le bailleur doit vérifier dans les quarante-huit heures qui suivent
Les pages sur le sujet sont écrites pour le locataire qui rédige. Celle-ci est écrite pour le bailleur qui reçoit, et qui doit décider le jour même.
TROIS DATES, UNE SEULE COMPTE
La lettre est datée du 3. Le délai part du 8.
Ni la date d’écriture, ni le cachet de la poste. La réception, et rien d’autre.
- Six cas de préavis réduit, et un justificatif à joindre au moment de l’envoi
- Sans pièce jointe, c’est trois mois — 1 740 € d’écart sur ce dossier
- Le loyer et les charges restent dus même si les clés sont rendues avant
- Libérer par anticipation coûte 850 € sur la même fenêtre
PRÉAVIS DE DROIT COMMUN
3 mois
PRÉAVIS RÉDUIT
1 mois
CAS DE RÉDUCTION
6
ENJEU DU JUSTIFICATIF
1 740 €
UNE JOURNÉE MAL COMPTÉE
29,00 €
COÛT D’UNE LIBÉRATION ANTICIPÉE
850 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le préavis du locataire est de trois mois en location nue. Il tombe à un mois dans six cas énumérés par la loi — dont la zone tendue —, mais à une condition que beaucoup ignorent : le locataire « précise le motif invoqué et le justifie au moment de l’envoi de la lettre de congé »1. Sans justificatif joint, c’est trois mois.
Le délai ne court ni de la date écrite sur la lettre, ni du cachet de la poste, mais « du jour de la réception de la lettre recommandée, de la signification de l’acte d’huissier ou de la remise en main propre »1.
Et le locataire « est redevable du loyer et des charges concernant tout le délai de préavis », sauf si le logement est occupé avant la fin par un autre locataire en accord avec le bailleur1. Sur le cas de ce guide, l’écart entre un mois et trois mois vaut 1 740 €.
Les pages qui traitent de la résiliation de bail sont écrites pour le locataire : comment rédiger, quel modèle, quel délai réclamer. C’est légitime, et cela laisse un angle mort entier — celui du bailleur qui reçoit la lettre et doit décider quoi en faire, souvent le jour même.
Ce guide prend ce point de vue. Il ne fournit pas un modèle : il donne la grille de lecture d’une lettre reçue, et les deux ou trois décisions qu’elle appelle.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Maryse, 52 ans, orthoptiste à Angers, bailleuse d’un T3 loué 780 € hors charges plus 90 € de provisions. Son locataire lui adresse une lettre datée du 3, postée le 5, qu’elle reçoit le 8. Il y invoque la zone tendue pour un préavis d’un mois, sans rien joindre. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.
Qu’est-ce qui fait qu’une lettre vaut congé ?
Trois formes, et trois seulement. Le congé « doit être notifié par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, signifié par acte d’huissier ou remis en main propre contre récépissé »1.
Tout le reste ne déclenche rien. Un courriel, un message, une lettre simple glissée dans la boîte, un mot laissé au gardien : aucun de ces envois ne fait courir le délai. Un bailleur qui les traiterait comme un congé prendrait le risque de considérer le bail terminé quand il ne l’est pas — et de reloger un successeur dans un logement encore loué.
L’acte de commissaire de justice — l’ancien huissier — mérite d’être connu même s’il est rare dans ce sens. Il a un coût, tarifé, et il rend la date incontestable. Un locataire qui l’emploie n’est pas un locataire agressif : c’est souvent quelqu’un qui a déjà eu un litige, ou qui part dans des conditions tendues. Sa réception mérite une attention particulière, parce qu’elle annonce en général un état des lieux de sortie disputé.
La remise en main propre mérite une précaution particulière : elle ne vaut que « contre récépissé ». Un locataire qui vous tend sa lettre sur le palier ne vous a pas donné congé tant que vous n’avez pas signé un document constatant la remise, daté. C’est ce papier, et non la lettre, qui prouvera le point de départ.
Le point de vigilance. Ne renvoyez jamais une lettre de congé irrégulière au motif qu’elle l’est. Répondez par écrit, en accusant réception et en indiquant la date que vous retenez comme point de départ et la durée que vous appliquez. Un désaccord exprimé tôt et par écrit se règle presque toujours ; un désaccord découvert au moment de l’état des lieux ne se règle plus.
À quelle date le délai commence-t-il vraiment ?
Le texte est sans ambiguïté et c’est pourtant l’erreur la plus fréquente : le délai « court à compter du jour de la réception de la lettre recommandée, de la signification de l’acte d’huissier ou de la remise en main propre »1.
Trois dates figurent sur un même dossier, et deux ne servent à rien.
Une seule de ces trois dates fait courir le délai
| Date | Sur le dossier de Maryse | Effet |
|---|---|---|
| Date portée sur la lettre | le 3 | aucun |
| Cachet de la poste | le 5 | aucun |
| Réception de l’avis | le 8 | point de départ |
Cinq jours séparent la rédaction de la réception. Ce n’est pas anodin : sur ce dossier, cinq jours de loyer et de charges représentent 145,00 €. Sur un parc de plusieurs lots, l’habitude de retenir la mauvaise date se chiffre chaque année : 29,00 € par journée mal comptée, sur chaque congé reçu.
Un chiffre pour fixer l’ordre de grandeur. Sur ce lot, une journée de loyer et de charges vaut 29,00 €. Cinq jours d’écart entre la rédaction et la réception en font 145,00 €. Sur dix lots et deux congés par an, la même inattention répétée coûte environ 2 900 € — pour une erreur qui consiste à regarder le mauvais coin d’une feuille de papier.
Conservez donc l’avis de réception, et non la lettre seule. C’est lui qui porte la date opposable, et c’est lui que vous produirez si le locataire soutient être parti dans les temps.
Un mois ou trois mois, et ce qui les sépare
La loi, et sur une liste fermée. Le préavis est de trois mois en location nue. Il est ramené à un mois dans les cas suivants1.
- Le logement est situé en zone tendue, c’est-à-dire dans les territoires mentionnés au premier alinéa du I de l’article 17 — les zones d’urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements2.
- Obtention d’un premier emploi, mutation, perte d’emploi ou nouvel emploi consécutif à une perte d’emploi.
- L’état de santé du locataire, constaté par un certificat médical, justifie un changement de domicile.
- Le locataire bénéficie d’une ordonnance de protection ou est victime de violences au sein du couple.
- Le locataire perçoit le revenu de solidarité active ou l’allocation aux adultes handicapés.
- Un logement social lui a été attribué.
Vient ensuite la condition que le locataire oublie une fois sur deux, et qui décide de tout : « le locataire souhaitant bénéficier des délais réduits […] précise le motif invoqué et le justifie au moment de l’envoi de la lettre de congé »1.
Deux exigences, donc, cumulatives : mentionner le motif et joindre la preuve, au moment de l’envoi. Un justificatif produit trois semaines plus tard ne régularise pas rétroactivement le congé.
Une pièce jointe manquante vaut deux mois de loyer
| Lecture | Durée | Loyer et charges dus |
|---|---|---|
| Préavis réduit, justificatif joint | 1 mois | 870 € |
| Préavis de droit commun, rien de joint | 3 mois | 2 610 € |
| Écart | 2 mois | 1 740 € |
Le locataire de Maryse invoque la zone tendue sans rien joindre. Elle est fondée à retenir trois mois — et elle a tout intérêt à le lui écrire immédiatement, car s’il l’apprend en partant, il sera trop tard pour qu’il régularise ou qu’il reste.
Le point de vigilance. Sur le motif de la zone tendue, le justificatif est particulier : il ne s’agit pas d’un document personnel mais de la démonstration que la commune figure sur la liste réglementaire. Un locataire attentif joindra la référence du décret ou un extrait de la liste. Un bailleur de bonne foi qui constate lui-même que sa commune y figure n’a pas grand-chose à gagner à opposer un formalisme dont le résultat ne changerait pas.
En location meublée, la règle est plus simple
Et elle est asymétrique. Le locataire d’un meublé de résidence principale peut résilier à tout moment, avec un préavis d’un mois, sans avoir à justifier quoi que ce soit — y compris lorsque la durée du bail a été réduite à neuf mois pour un étudiant3.
Le bailleur, lui, n’a pas cette liberté. Pour ne pas renouveler, il doit prévenir trois mois à l’avance et motiver son refus : reprise, vente, ou motif légitime et sérieux tel que l’inexécution par le locataire de l’une de ses obligations3. Le sujet est traité en détail dans notre guide sur le congé pour reprise.
La conséquence pratique est économique plutôt que juridique : un meublé se libère vite. Un bailleur qui loue meublé doit intégrer une rotation plus rapide dans son modèle, ce que la comparaison des trois baux chiffre précisément.
Une question de destinataire se pose quand la gestion est déléguée. Le congé s’adresse au bailleur, mais un locataire l’envoie souvent à l’agence dont il connaît l’adresse. Un gestionnaire titulaire d’un mandat de gestion reçoit en principe pour le compte de son mandant, de sorte que le délai est susceptible de courir dès la réception par l’agence — et non de la date à laquelle elle vous transmet. L’étendue exacte du mandat décide, et elle se lit dans le contrat. Un mandat de gestion doit donc prévoir un délai de transmission, faute de quoi vous découvrez parfois un congé au tiers de sa course. La question se pose au mandat, pas au premier incident.
En copropriété, le syndic n’a rien à voir dans l’affaire : il n’est pas mandataire du bailleur pour ses baux, et un congé qui lui serait adressé n’aurait aucun effet. Il en va de même d’un agent immobilier qui aurait seulement placé le locataire sans mandat de gestion : sa mission s’est éteinte à la signature du bail.
Que vous doit le locataire pendant le préavis ?
Tout, et c’est écrit : il « est redevable du loyer et des charges concernant tout le délai de préavis si c’est lui qui a notifié le congé »1.
Deux précisions découlent de cette phrase, et elles surprennent souvent les deux parties.
La première : partir plus tôt ne dispense pas de payer. Un locataire qui rend les clés au bout de trois semaines reste redevable du solde. Les clés rendues n’éteignent pas le bail ; le terme du préavis l’éteint.
La seconde : les charges suivent le loyer. Le texte les vise expressément. Un bailleur qui n’appellerait que le loyer nu pendant le préavis renoncerait, sur le dossier de Maryse, à 90 € par mois.
Une seule exception y met fin : le logement « se trouve occupé avant la fin du préavis par un autre locataire en accord avec le bailleur ». Deux conditions cumulatives — une occupation effective, et votre accord. Le locataire sortant ne peut donc pas vous imposer un remplaçant pour se libérer.
Faut-il libérer le locataire plus tôt ?
C’est la demande que vous recevrez, et l’instinct pousse à dire oui : un locataire qui part vite, c’est un logement qu’on reloue vite. Le calcul dit l’inverse.
Sur la même fenêtre de trois mois, libérer coûte 850 €
| Option | Encaissé sur trois mois |
|---|---|
| Conserver le préavis de trois mois | 2 610 € |
| Libérer à un mois, relouer après un mois de vacance | 1 760 € |
| Écart | − 850 € |
Deux mille six cent dix euros contre mille sept cent soixante. Huit cent cinquante euros d’écart, pour une faveur qu’on accorde en trois secondes au téléphone parce qu’elle paraît sans conséquence — et qui représente, sur ce lot loué 870 € charges comprises, très exactement un mois de loyer perdu, auquel s’ajoute le risque que le successeur se fasse attendre plus longtemps que prévu.
La raison tient en une phrase : le loyer du préavis est garanti, celui du successeur ne l’est pas encore. Libérer par anticipation revient à échanger un revenu certain contre un revenu espéré, et à assumer soi-même la vacance qui les sépare.
Reste le contre-argument, et il est réel : relouer permet d’ajuster le loyer au marché. Sur ce dossier, le T3 se reloue 800 € contre 780 € — vingt euros de mieux par mois, soit 240 € par an. Il faudrait 43,5 mois de ce gain pour compenser un seul mois de vacance. L’arbitrage n’est donc pas serré, et il ne le devient que lorsque l’écart entre le loyer en cours et le loyer de marché est important.
Le point de vigilance. Si vous acceptez de libérer, formalisez-le par écrit et datez la fin du bail. Un accord verbal sur une sortie anticipée produit régulièrement le même litige : le locataire estime être parti d’un commun accord, le bailleur réclame le solde du préavis, et aucun des deux ne peut prouver ce qui a été dit. Deux lignes signées suffisent à l’éviter.
Une dernière conséquence, souvent oubliée dans la précipitation : le préavis fixe aussi la date de l’état des lieux de sortie, et donc le point de départ du délai de restitution du dépôt de garantie. Restituer trop tôt, avant d’avoir la régularisation des charges, revient à renoncer à ce qu’on aurait pu retenir. Restituer trop tard expose aux majorations que la loi prévoit par mois de retard. Le préavis est précisément le temps dont on dispose pour préparer les deux : relever les compteurs, réunir les factures de l’année, et comparer l’état des lieux d’entrée à ce que l’on va constater.
C’est aussi la fenêtre pendant laquelle on décide de ce qu’on remet à niveau. Un logement reloué sans travaux se reloue au loyer d’avant ; un logement rafraîchi pendant le préavis se reloue au marché, sans jour de vacance supplémentaire puisque les travaux tiennent dans un délai déjà payé par le locataire sortant. C’est le seul moment du cycle locatif où l’on peut faire des travaux sans perdre de loyer.
Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant
Aucun ne relève de l’interprétation. Quatre réflexes manquants, tous gratuits.
Retenir la date de la lettre plutôt que celle de la réception. Cinq jours d’écart valent 145,00 € sur ce dossier, et davantage sur un préavis mal calé qui déborde sur l’entrée du successeur. Le geste qui l’évite est de classer l’avis de réception avec le bail, pas la lettre.
Accepter un préavis réduit sans justificatif. C’est l’incident le plus coûteux : 1 740 € sur le dossier de Maryse, soit deux mois de loyer et de charges abandonnés faute d’avoir lu la condition posée par le texte. Le geste qui l’évite tient en une vérification de pièce jointe.
Ne réclamer que le loyer nu. Le texte vise le loyer et les charges. Un bailleur qui suspend l’appel de provisions dès la réception du congé renonce à 90 € par mois, soit 270 € sur un préavis de trois mois — et il compliquera d’autant la régularisation annuelle.
Libérer sur parole. Une sortie anticipée acceptée oralement se transforme en litige au moment du décompte. L’écart en jeu est celui du tableau précédent : jusqu’à 1 740 € selon la durée retenue, sans compter les frais d’un recouvrement que rien ne documente.
Les quarante-huit heures qui suivent la réception
Tout se joue vite, et rien n’est compliqué. Cinq gestes, dans l’ordre.
- Vérifier la forme. Recommandé avec avis de réception, acte de commissaire de justice, ou remise en main propre contre récépissé. Rien d’autre ne déclenche le délai.
- Noter la date de réception et classer l’avis avec le bail. C’est la seule des trois dates qui compte.
- Chercher le motif et le justificatif. Les deux doivent figurer au moment de l’envoi pour ouvrir le préavis d’un mois. À défaut, c’est trois mois.
- Répondre par écrit en indiquant la date de fin de bail que vous retenez. Un désaccord se règle à ce moment-là, pas à l’état des lieux.
- Lancer la relocation immédiatement, sans attendre le terme. Le préavis vous donne un à trois mois pour choisir le locataire suivant sans subir de vacance — c’est le seul avantage de la situation, et il se perd si l’on attend.
La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des bailleurs, et il serait commode de présenter chaque congé comme un problème à gérer. Ce n’en est pas un. Un congé reçu est le moment le plus confortable de la vie d’un bail : vous encaissez un à trois mois de loyer garanti pendant que vous cherchez tranquillement un successeur, et vous récupérez la possibilité d’ajuster le loyer et de remettre le logement à niveau. Le seul vrai risque est de mal lire la lettre — ce qui se règle en quarante-huit minutes, pas en quarante-huit heures, et sans aucune aide extérieure. Sur le dossier de Maryse, cette lecture attentive vaut 1 740 € — plus que ce que coûterait un an de gestion déléguée sur ce lot.
Une remarque de méthode, pour finir. Rien de ce qui précède ne suppose de connaissances juridiques : il s’agit de lire une lettre, de retenir la bonne date, de vérifier qu’une pièce est jointe, et d’écrire trois lignes en réponse. Ce qui coûte cher n’est pas la complexité du droit, c’est la vitesse à laquelle on classe un courrier qu’on croit avoir compris. Le congé est l’un des rares actes de la vie d’un bail où le bailleur dispose de tout le temps nécessaire — un à trois mois — et où il l’emploie pourtant le plus mal.
Un dernier mot sur les colocations, où la question se complique. Lorsque plusieurs locataires ont signé, le congé donné par l’un ne met fin au bail que pour lui, et une clause de solidarité peut continuer de l’engager après son départ pendant une durée limitée. Le mécanisme, ses délais et son chiffrage sont détaillés dans notre guide sur la colocation — et c’est le cas où une réponse écrite immédiate au partant n’est pas seulement recommandée, elle est indispensable.
2 610 € si vous le conservez. 1 760 € si vous libérez.
Libérer un locataire par anticipation revient à échanger un revenu certain contre un revenu espéré, et à assumer la vacance qui les sépare.
- Rendre les clés n’éteint pas le bail : seul le terme du préavis l’éteint
- Les charges suivent le loyer — 270 € sur trois mois si on les oublie
- Le préavis finance les seuls travaux qui ne coûtent aucun loyer
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur la forme du congé, la date de départ, les six cas de réduction, le meublé, ce qui reste dû et la libération anticipée.
Un congé reçu à qualifier ?
Apportez la lettre, l’avis de réception et le bail. La lecture prend quelques minutes et fixe la date de fin.
Faire le point sur votre dossier01 · La forme et la date
01Un courriel de résiliation vaut-il congé ?
Non. La loi retient trois formes et trois seulement : la lettre recommandée avec demande d’avis de réception, l’acte signifié par commissaire de justice, et la remise en main propre contre récépissé. Un courriel, un message, une lettre simple déposée dans la boîte ou un mot laissé au gardien ne déclenchent pas le délai. Le bailleur qui les traiterait comme un congé risquerait de considérer le bail terminé alors qu’il court toujours — et de reloger un successeur dans un logement encore loué.02À quelle date le préavis commence-t-il ?
À la réception, jamais à la rédaction ni à l’envoi. Le texte est explicite : le délai court à compter du jour de la réception de la lettre recommandée, de la signification de l’acte ou de la remise en main propre. Trois dates figurent souvent sur un même dossier — celle portée sur la lettre, le cachet de la poste et l’accusé de réception — et deux d’entre elles n’ont aucun effet. Sur le dossier décrit ici, cinq jours d’écart représentent 145,00 € de loyer et de charges.
02 · La durée
03Dans quels cas le préavis est-il réduit à un mois ?
Six situations, énumérées par la loi : le logement situé en zone tendue ; l’obtention d’un premier emploi, une mutation, une perte d’emploi ou un nouvel emploi consécutif à une perte d’emploi ; un état de santé justifiant un changement de domicile, constaté par certificat médical ; le bénéfice d’une ordonnance de protection ou la qualité de victime de violences au sein du couple ; la perception du revenu de solidarité active ou de l’allocation aux adultes handicapés ; et l’attribution d’un logement social.04Que se passe-t-il si le locataire n’a joint aucun justificatif ?
Le préavis de droit commun s’applique, soit trois mois. La loi impose au locataire qui souhaite bénéficier du délai réduit de préciser le motif invoqué et de le justifier au moment de l’envoi de la lettre de congé. Les deux exigences sont cumulatives, et le moment compte : un justificatif produit trois semaines plus tard ne régularise pas rétroactivement le congé. Sur le dossier décrit, l’écart entre les deux lectures atteint 1 740 €.
03 · L’argent
05Le locataire doit-il payer s’il rend les clés avant la fin du préavis ?
Oui. Il est redevable du loyer et des charges concernant tout le délai de préavis dès lors que c’est lui qui a notifié le congé. Rendre les clés n’éteint pas le bail : seul le terme du préavis l’éteint. Une seule exception y met fin, et elle suppose deux conditions cumulatives — que le logement soit effectivement occupé avant la fin par un autre locataire, et que ce soit en accord avec le bailleur. Le locataire sortant ne peut donc pas imposer un remplaçant pour se libérer.06Faut-il accepter de libérer le locataire plus tôt ?
Rarement, et le calcul le montre. Le loyer du préavis est garanti ; celui d’un successeur ne l’est pas encore. Sur le dossier décrit, conserver les trois mois rapporte 2 610 € quand libérer à un mois puis relouer après un mois de vacance n’en rapporte que 1 760 € : 850 € d’écart. L’arbitrage ne s’inverse que lorsque l’écart entre le loyer en cours et le loyer de marché est important — ici, vingt euros par mois exigeraient 43,5 mois pour compenser un seul mois de vacance.
04 · Les suites
07Le préavis est-il le même en location meublée ?
Non, il est d’un mois et sans justificatif à fournir. Le locataire d’un meublé de résidence principale peut résilier à tout moment sous réserve de ce préavis d’un mois, y compris lorsque la durée du bail a été réduite à neuf mois pour un étudiant. La règle est asymétrique : le bailleur qui ne souhaite pas renouveler doit, lui, prévenir trois mois à l’avance et motiver son refus par la reprise, la vente ou un motif légitime et sérieux.08Que faire dans les quarante-huit heures qui suivent la réception ?
Cinq gestes, dans l’ordre. Vérifier la forme du congé, car elle seule déclenche le délai. Noter la date de réception et classer l’avis avec le bail plutôt que la lettre. Chercher le motif et le justificatif, dont l’absence ramène au préavis de trois mois. Répondre par écrit en indiquant la date de fin de bail retenue, pour régler tout désaccord immédiatement plutôt qu’à l’état des lieux. Et lancer la relocation sans attendre le terme.
Un congé reçu n’est pas un problème. C’est une fenêtre.
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Sources et date de contrôle
- Source 01
Article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — congé du locataire, préavis et loyer dû — Légifrance. I. « Lorsqu’il émane du locataire, le délai de préavis applicable au congé est de trois mois. » Le délai est ramené à un mois dans les cas énumérés : 1° sur les territoires mentionnés au premier alinéa du I de l’article 17 ; 2° en cas d’obtention d’un premier emploi, de mutation, de perte d’emploi ou de nouvel emploi consécutif à une perte d’emploi ; 3° lorsque l’état de santé, constaté par un certificat médical, justifie un changement de domicile ; 3° bis au bénéfice du locataire bénéficiaire d’une ordonnance de protection ou victime de violences au sein du couple ; 4° pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active ou de l’allocation aux adultes handicapés ; 5° au locataire qui s’est vu attribuer un logement défini à l’article L. 351-2 du code de la construction et de l’habitation. Condition de forme du bénéfice : « Le locataire souhaitant bénéficier des délais réduits mentionnés au troisième alinéa précise le motif invoqué et le justifie au moment de l’envoi de la lettre de congé. » Forme du congé : « Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, signifié par acte d’huissier ou remis en main propre contre récépissé. » Point de départ : « Ce délai court à compter du jour de la réception de la lettre recommandée, de la signification de l’acte d’huissier ou de la remise en main propre. » Loyer dû : le locataire « est redevable du loyer et des charges concernant tout le délai de préavis si c’est lui qui a notifié le congé, sauf si le logement se trouve occupé avant la fin du préavis par un autre locataire en accord avec le bailleur ». Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 02
Article 17 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — fixation du loyer et gel des logements de classe F ou G — Légifrance. Version en vigueur depuis le 24 août 2022. II : « La fixation du loyer des logements mis en location est libre. Toutefois, lorsqu’un logement de la classe F ou de la classe G, au sens de l’article L. 173-1-1 du code de la construction et de l’habitation, fait l’objet d’une nouvelle location, le loyer du nouveau contrat de location ne peut excéder le dernier loyer appliqué au précédent locataire. » I : les zones d’urbanisation continue de plus de 50 000 habitants présentant un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande sont dotées d’un observatoire local des loyers ; un décret fixe la liste des communes comprises dans ces zones. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 03
Article 25-8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — congé en location meublée — Légifrance. Le locataire peut résilier le contrat à tout moment, sous réserve du respect d’un préavis d’un mois, y compris lorsque la durée du bail a été réduite à neuf mois au bénéfice d’un étudiant. Aucun motif n’est exigé de lui. Le bailleur qui ne souhaite pas renouveler le contrat doit informer le locataire en respectant un préavis de trois mois et motiver son refus de renouvellement, soit par sa décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux, notamment l’inexécution par le locataire de l’une des obligations lui incombant. Lorsqu’il donne congé à son locataire pour reprendre le logement, le bailleur justifie du caractère réel et sérieux de sa décision de reprise. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les textes cités sont publics et la vérification d’un congé prend quelques minutes. Les textes sont donnés dans leur rédaction en vigueur au 26 août 2026. Les montants du cas sont déclarés en hypothèse. Ce guide ne constitue pas une consultation juridique. Aucun rendement ni délai n’est garanti.