Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 26 août 20266 sourcesMéthode en cinq passes

Congé pour reprise : récupérer son logement pour l'habiter ou y loger un proche, sans le faire annuler

Un loyer perçu est imposé à 47,2 %, un loyer payé ailleurs coûte un euro plein. C'est cette asymétrie qui renverse le calcul, et que personne ne pose.

UN LOYER PERÇU NE VAUT QUE 0,528 €

Reprendre son logement ne coûte pas ce qu'on croit

Sur le dossier décrit, la reprise rapporte 2 576 € par an au foyer — 7 727 € sur trois années d'études.

  • La liste fermée des bénéficiaires, et ceux qui n'y figurent pas
  • Les trois mentions exigées à peine de nullité
  • Le locataire que la loi protège, et ce qui lève cette protection
  • Les deux ans imposés à qui a acheté le logement occupé

PRÉAVIS EN LOCATION VIDE

6 mois

BÉNÉFICIAIRES ADMIS

liste fermée

REVENU NET AVANT IMPÔT

6 940 €

CE QU'IL RESTE APRÈS IMPÔT

3 664 €

GAIN ANNUEL DE LA REPRISE

2 576 €

AMENDE, CONGÉ FRAUDULEUX

6 000 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. La liste des bénéficiaires est fermée. Le bénéficiaire de la reprise ne peut être que le bailleur, son conjoint, le partenaire auquel il est lié par un pacte civil de solidarité enregistré à la date du congé, son concubin depuis au moins un an, ses ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint, partenaire ou concubin1. Un frère, un neveu, un ami n’y figurent pas.

Six mois de préavis, et trois mentions obligatoires. Le congé indique à peine de nullité le motif, et les nom et adresse du bénéficiaire de la reprise ainsi que la nature du lien existant entre le bailleur et le bénéficiaire1. Il faut y joindre la notice d’information4.

Et une reprise qui n’a pas lieu se paie. Le congé frauduleux est puni d’une amende pénale dont le montant ne peut être supérieur à 6 000 € pour une personne physique1.

Ce guide traite du congé pour reprise — récupérer son logement pour l’habiter ou y loger un proche. Le congé pour vendre, qui obéit à d’autres règles et emporte un droit de préemption, est traité par notre guide sur la vente d’un bien loué. Et ce qu’il advient du logement une fois repris — prêt à titre gratuit, loyer minoré, conséquences fiscales — relève de notre guide sur la location à un proche.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Régis. Exemple construit, et non un dossier réel : un T2 loué vide 690 € par mois, bail de trois ans signé le 1er juillet 2024, échéance au 30 juin 2027, qu’il envisage de reprendre pour y loger sa fille à la rentrée universitaire de septembre 2027. Le loyer d’un logement étudiant ailleurs, les charges et la tranche marginale sont des hypothèses déclarées. Les délais, les bénéficiaires admis et les sanctions sont ceux des textes.

Qu’est-ce qu’un congé pour reprise, exactement ?

L’un des trois motifs admis, et le seul qui ne suppose ni vente ni faute du locataire.

Le congé du bailleur doit être justifié soit par la décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux, notamment l’inexécution par le locataire de l’une de ses obligations1. Trois portes. Pas une de plus. La reprise est celle qu’emprunte le bailleur qui veut récupérer l’usage de son bien.

Deux limites se posent d’emblée. Le congé ne joue qu'à l'échéance du bail : il n’existe aucune faculté d’y mettre fin en cours de route, même en offrant une indemnité. Et le motif ne se change pas après notification — un congé pour reprise que l’on transforme en congé pour vente est un congé nouveau, avec son propre préavis de six mois, donc reporté d’une échéance entière.

Une troisième limite est moins connue et se vérifie avant tout le reste : la reprise suppose une occupation réelle. Le bénéficiaire doit habiter le logement. Un congé délivré pour quelqu’un qui n’emménage jamais expose à la sanction du congé frauduleux, que nous chiffrons plus bas.

Pour qui peut-on reprendre le logement ?

Pour un cercle limitativement énuméré, et la liste ne se négocie pas.

Le bénéficiaire ne peut être que le bailleur, son conjoint, le partenaire auquel il est lié par un pacte civil de solidarité enregistré à la date du congé, son concubin depuis au moins un an, ses ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint, partenaire ou concubin1.

La liste est fermée : ce qui n’y figure pas est exclu

Pour qui peut-on reprendre le logement ? — tableau 1
Le bailleur lui-mêmeLe frère, la sœur
Le conjointLe neveu, la nièce
Le partenaire de pacs, enregistré à la date du congéLe cousin
Le concubin, depuis au moins un anL’ami, le filleul
Les ascendants et descendantsLe partenaire de pacs signé après le congé
Ceux du conjoint, partenaire ou concubinLe concubin depuis moins d’un an

Trois exclusions surprennent régulièrement, et chacune a fait tomber des congés. Le frère et la sœur n’y figurent pas — la fratrie n’est ni ascendante ni descendante. Le neveu non plus. Et la condition de date sur le pacte civil de solidarité est stricte : un pacte signé après la notification ne régularise rien, puisque le texte exige qu’il soit enregistré à la date du congé1.

Le cas de Régis ne pose aucune difficulté : sa fille est sa descendante. Mais un bailleur qui souhaiterait loger sa sœur, ou le fils de sa sœur, n’a tout simplement pas ce motif à sa disposition.

Le calendrier se date à rebours

C’est ce qui décide, et cela se compte en mois, pas en semaines.

Le préavis est de six mois lorsqu’il émane du bailleur1. Partez donc de l'échéance et remontez. Le bail de Régis, signé le 1er juillet 2024 pour trois ans, arrive à terme le 30 juin 2027. La date limite de notification tombe six mois avant, le 30 décembre 2026.

Loger sa fille à la rentrée de septembre 2027 : les dates qui commandent

Le calendrier se date à rebours — tableau 2
Vérifier le bénéficiaire et le locataireautomne 2026lien de parenté, âge et ressources du locataire
Notification du congé30 décembre 2026 au plus tardau-delà, le bail se reconduit trois ans
Libération du logement30 juin 2027fin du bail
Remise en état et emménagementjuillet et août 2027deux mois de marge
Rentrée universitaireseptembre 2027l'échéance qui ne se négocie pas

Deux mois de marge entre la sortie du locataire et la rentrée. C’est court. Et c’est pourtant la configuration confortable : elle suppose que la décision ait été prise à l’automne 2026, soit près d’un an avant l’emménagement. Un bailleur qui y pense en mars 2027 a déjà perdu.

Ce que le congé doit contenir, à peine de nullité

Le motif, le bénéficiaire, le lien — et un document que presque personne ne joint.

Le congé indique, à peine de nullité, le motif allégué, et en cas de reprise les nom et adresse du bénéficiaire de la reprise ainsi que la nature du lien existant entre le bailleur et le bénéficiaire1. Écrire « pour loger un membre de ma famille » ne suffit pas. Il faut le nom, l’adresse, et le lien nommé.

S’y ajoute la notice d’information. Un arrêté dispose que le contenu de la notice d’information, jointe au congé délivré par le bailleur en raison de sa décision de reprendre ou de vendre le logement, est précisé en annexe du présent arrêté4. Elle expose au locataire la forme et le délai du congé, la protection dont il bénéficie éventuellement, les mentions que le bailleur devait respecter, et les voies de recours qui lui sont ouvertes5.

Deux précisions utiles. L’obligation vise les seuls congés pour reprise et pour vente4 : un congé pour motif légitime et sérieux n’a pas à en être accompagné. Et la notice n’est pas un formulaire à remplir mais un document type à joindre — la formalité la plus simple du dossier, et la plus souvent oubliée.

La notification se fait par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, par signification d’un commissaire de justice, ou par remise en main propre contre récépissé3. Quand l'échéance est serrée, la signification a un mérite que le recommandé n’a pas : elle date la remise sans dépendre du retrait du pli.

Le locataire que l’on ne peut pas faire partir

Deux conditions cumulatives, et une condition symétrique qui la lève.

Le bailleur ne peut s’opposer au renouvellement du bail d’un locataire âgé de plus de soixante-cinq ans dont les ressources sont inférieures au plafond des logements conventionnés, sans lui offrir un relogement correspondant à ses besoins et à ses possibilités1. Les deux se cumulent : l'âge seul ne protège pas, les ressources seules non plus.

La protection tombe si le bailleur est lui-même âgé de plus de soixante-cinq ans, ou dispose de ressources inférieures à ce même plafond1. Elle protège donc le locataire modeste et âgé contre un bailleur qui ne l’est pas. Pas contre un propriétaire dans la même situation que lui.

Ce point se vérifie à froid, et tôt, parce qu’il ne dépend d’aucune décision du bailleur — au même titre que les pièces du dossier du locataire, qui portent son âge et ses ressources. L'âge qui compte est celui du locataire à la date de l'échéance, non à celle de la signature : un locataire de soixante-trois ans aujourd’hui sera protégé dans deux ans. Un bailleur qui envisage une reprise à moyen terme a intérêt à savoir dans quel sens court cette horloge.

J’ai acheté le logement occupé : quand puis-je reprendre ?

Pas tout de suite, et le délai ne se compte pas depuis l'échéance mais depuis l’achat.

Un bailleur qui acquiert un logement déjà loué ne récupère pas la faculté de congé du jour au lendemain. Si l’acquisition intervient plus de trois ans avant le terme du bail en cours, le congé pour reprise joue normalement au terme. Sinon, il ne prend effet qu'à l’expiration d’un délai de deux ans à compter de l’acquisition1.

La conséquence est directe et souvent découverte trop tard. Un investisseur qui achète en janvier 2027 un logement dont le bail échoit en juin 2027 ne peut pas reprendre à cette échéance — un point que notre guide sur l'immeuble de rapport retrouve à l'échelle d’un bâtiment entier : il devra attendre janvier 2029, et le bail aura entre-temps été reconduit. Tout plan construit sur l'échéance visible dans le bail est faux.

Ce que la reprise coûte vraiment

Voici le calcul que personne ne pose, et il renverse l’intuition.

Le logement de Régis rapporte 8 280 € de loyers annuels, dont il faut retrancher 980 € de taxe foncière, 130 € d’assurance propriétaire et 230 € de copropriété non récupérable — soit 6 940 € nets. Reprendre, c’est renoncer à cette somme. Mais c’est aussi éviter de payer un logement étudiant ailleurs, estimé à 520 € par mois, soit 6 240 € par an. À ce stade, la reprise semble coûter 700 € par an.

Le calcul est incomplet, parce qu’il compare un revenu avant impôt à une dépense qui, elle, ne se déduit de rien. Or ces 6 940 € de revenu foncier sont imposés à la tranche marginale de Régis, 30 %, augmentée de 17,2 % de prélèvements sociaux — 47,2 % au total. Ce que la location lui laisse réellement en poche, c’est 3 664 €.

Louer à un tiers ou reprendre pour loger sa fille — sur un an

Ce que la reprise coûte vraiment — tableau 3
Loyers encaissés8 280 €0 €
Charges du bailleur− 1 340 €− 1 340 €
Impôt sur le revenu foncier− 3 276 €0 €
Reste en poche3 664 €− 1 340 €
Logement de la fille ailleurs− 6 240 €0 €
Solde pour le foyer− 2 576 €− 1 340 €

La reprise rapporte 2 576 € par an au foyer, soit 7 727 € sur trois années d'études et l'équivalent de 3,7 mois de loyer. Et la raison tient en une ligne : un euro de loyer perçu ne vaut que 0,528 € une fois l’impôt payé, quand un euro de loyer versé ailleurs coûte un euro plein.

Le seuil se calcule d’ailleurs. Dès que le logement alternatif coûterait plus de 305 € par mois, la reprise devient gagnante. À 520 €, elle l’est de loin. Ce n’est qu’au-dessous de ce seuil — une chambre chez un proche, un logement du parc social — que garder le locataire l’emporterait.

Le logement sort des revenus fonciers

Une conséquence que le calcul ci-dessus intègre, et qu’il faut nommer.

Un logement laissé gratuitement à la disposition d’un proche est un logement dont le propriétaire se réserve la jouissance : ses revenus ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu6. Aucun loyer n’est donc imposé — c’est l’avantage. Mais aucune charge n’est plus déductible, et aucun déficit ne peut naître — c’est le prix.

Sur le dossier de Régis, les 1 340 € de charges cessent d’ouvrir droit à déduction, ce qui représente 632 € d’avantage fiscal perdu chaque année. En contrepartie, il n’acquitte plus les 3 276 € d’impôt sur ses loyers. Le solde reste largement favorable, mais la ligne « charges » change de nature : elle devient une dépense sèche.

Ce qu’il advient ensuite du logement — prêt à titre gratuit, loyer minoré à un descendant, effet sur les aides au logement — est un sujet à part entière, que traite notre guide sur la location à un proche. La reprise ouvre la porte ; elle ne dit pas ce qu’on fait de la pièce.

En meublé, la reprise est-elle plus simple ?

Plus rapide, et sur un bail plus court — donc plus souvent possible.

Le bailleur qui ne souhaite pas renouveler un bail meublé informe le locataire en respectant un préavis de trois mois, et le congé doit être justifié par la décision de reprendre le logement ou par un motif légitime et sérieux3. Les mentions obligatoires sont les mêmes : le motif, et en cas de reprise les nom, adresse et lien du bénéficiaire.

Deux différences comptent. Le bail meublé étant d’un an, l'échéance revient chaque année : un congé manqué reporte de douze mois, non de trois ans. Et le préavis de trois mois raccourcit d’autant la fenêtre de décision — six mois au total contre douze en location vide.

Notre guide sur les différences entre bail nu, meublé et mobilité replace cet écart dans l’ensemble du tableau : la souplesse de sortie est l’un des rares avantages structurels du meublé que les comparaisons oublient.

Ce qui coûte cher aux bailleurs

Cinq erreurs, et la première est une date.

Notifier après la date limite. Un congé posté le 15 janvier pour une échéance au 30 juin arrive quinze jours trop tard. Le bail est reconduit pour la durée du contrat initial2, soit trois ans, la fille se loge ailleurs, et le foyer débourse 18 720 € de loyers pendant que Régis en encaisse 10 993 € nets — soit 7 727 € de plus sortis de la poche familiale.

Reprendre pour un frère ou un neveu. Ils ne figurent pas dans la liste. Le congé est nul, le bail court trois ans de plus, et le bailleur aura payé un commissaire de justice pour un acte sans effet — sur ce dossier, 7 727 € qui ne reviennent pas au foyer.

Omettre le lien de parenté. Nommer le bénéficiaire sans préciser la nature du lien suffit à faire tomber le congé. La mention est exigée à peine de nullité, et son oubli coûte les mêmes trois ans de report que l’oubli de la date — soit 18 720 € de loyers payés ailleurs pendant que le logement reste loué à un tiers.

Oublier la notice d’information. Obligatoire depuis 2017 pour les congés pour reprise, elle ne coûte rien à joindre. Son absence expose au même report — et sur le dossier décrit, ce report représente 7 727 € pour le foyer.

Donner un congé pour reprise sans reprendre. Le congé frauduleux est puni d’une amende pénale dont le montant ne peut être supérieur à 6 000 € pour une personne physique et à 30 000 € pour une personne morale1. Rapportée au revenu net annuel de 6 940 €, l’amende maximale représente près d’une année entière de location.

Comment préparer une reprise sans se tromper ?

Sept étapes, et les trois premières se font un an avant l’emménagement.

  1. Vérifiez que le bénéficiaire figure dans la liste avant toute autre chose. Bailleur, conjoint, partenaire de pacs enregistré à la date du congé, concubin depuis un an, ascendants, descendants. Un frère ou un neveu ferment le motif.
  2. Datez l'échéance et remontez de six mois — trois en meublé. Inscrivez la date limite dans un calendrier, pas dans votre mémoire.
  3. Vérifiez l'âge et les ressources du locataire à la date de l'échéance, pas à celle de la signature. Au-delà de soixante-cinq ans et sous le plafond des logements conventionnés, un relogement devient obligatoire — sauf si vous êtes vous-même dans cette situation.
  4. Si vous avez acheté occupé, comptez deux ans depuis l’acquisition et non depuis l'échéance : le congé pour reprise ne prend effet qu'à ce terme.
  5. Rédigez les trois mentions : le motif, le nom et l’adresse du bénéficiaire, la nature du lien. Aucune n’est facultative.
  6. Joignez la notice d’information. Elle est obligatoire pour la reprise, et ne l’est pas pour un congé fondé sur un motif légitime et sérieux.
  7. Notifiez par voie datable, et gardez la preuve. La signification par commissaire de justice date la remise sans dépendre du retrait du pli.

Une remarque pour finir sur la façon dont ce sujet se présente d’ordinaire. On explique au bailleur qu’il doit respecter un préavis de six mois, et on s’arrête là. C’est vrai, et insuffisant : six mois est le délai de la notification, pas celui de la décision. Entre le moment où l’on se dit que sa fille pourrait habiter l’appartement et celui où l’on peut notifier un congé régulier, il faut avoir vérifié le lien de parenté, l'âge du locataire, ses ressources, et la date d’acquisition du bien.

Le gestionnaire locatif, quand il y en a un, est le mieux placé pour poser la question un an avant : c’est lui qui connaît la date d'échéance et qui voit venir la reconduction. Le notaire, lui, n’intervient que si une vente se profile, et l'agent immobilier pas du tout — une reprise ne passe par aucun mandat. Autrement dit, sur ce dossier précis, personne ne vous préviendra. La date est à vous.

LE SEUIL QUI RENVERSE LA DÉCISION

305 € par mois.

Dès que le logement alternatif coûterait davantage, la reprise devient gagnante. À 520 €, elle l'est de loin.

  • Votre bénéficiaire vérifié dans la liste avant toute rédaction
  • Votre échéance datée et la date limite inscrite au calendrier
  • L'âge et les ressources de votre locataire vérifiés à froid
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Douze réponses directes sur les bénéficiaires admis, les mentions obligatoires, la protection du locataire âgé et ce que la reprise change à votre fiscalité.

Une reprise à préparer ?

Apportez le bail, sa date de signature et le lien de parenté du futur occupant. L'échange ne remplace pas une consultation juridique.

Faire le point sur votre dossier

01 · Le motif et les bénéficiaires

  • 01Qu'est-ce qu'un congé pour reprise ?
    L'un des trois motifs de congé admis au bailleur, et le seul qui ne suppose ni vente ni faute du locataire. Le congé doit être justifié soit par la décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux. La reprise est celle qu'emprunte le bailleur qui veut récupérer l'usage de son bien, pour l'habiter lui-même ou y loger un proche figurant dans une liste fermée.
  • 02Pour qui puis-je reprendre le logement ?
    Le bénéficiaire ne peut être que le bailleur, son conjoint, le partenaire auquel il est lié par un pacte civil de solidarité enregistré à la date du congé, son concubin depuis au moins un an, ses ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint, partenaire ou concubin. La liste est fermée. Trois exclusions surprennent : le frère et la sœur n'y figurent pas, le neveu et la nièce non plus, et un pacte signé après la notification ne régularise rien.
  • 03Quel préavis dois-je respecter ?
    Six mois en location vide, trois mois en location meublée, et le congé ne joue qu'à l'échéance du bail. Sur un bail de trois ans échu le 30 juin 2027, la date limite de notification est donc le 30 décembre 2026. Ce délai est celui de la notification, pas celui de la décision : entre le moment où l'on envisage la reprise et celui où l'on peut notifier un congé régulier, il faut avoir vérifié le lien de parenté, l'âge du locataire, ses ressources et la date d'acquisition du bien.

02 · La forme et les délais

  • 04Que doit contenir le congé pour reprise ?
    Trois mentions à peine de nullité : le motif allégué, les nom et adresse du bénéficiaire de la reprise, et la nature du lien existant entre le bailleur et le bénéficiaire. Écrire « pour loger un membre de ma famille » ne suffit pas. S'y ajoute la notice d'information, dont un arrêté du 13 décembre 2017 fixe le contenu et qui est obligatoire pour les congés pour reprise et pour vente — mais pas pour un congé fondé sur un motif légitime et sérieux.
  • 05Le bénéficiaire doit-il vraiment habiter le logement ?
    Oui, et c'est la condition dont l'oubli coûte le plus cher. La reprise suppose une occupation réelle. Un congé délivré pour un bénéficiaire qui n'emménage jamais est un congé frauduleux, puni d'une amende pénale dont le montant ne peut être supérieur à 6 000 € pour une personne physique et à 30 000 € pour une personne morale. Rapportée au revenu net annuel du dossier décrit — 6 940 € —, l'amende maximale représente près d'une année entière de location.
  • 06Existe-t-il des locataires qu'on ne peut pas faire partir ?
    Oui, sous deux conditions cumulatives. Le bailleur ne peut s'opposer au renouvellement du bail d'un locataire âgé de plus de soixante-cinq ans dont les ressources sont inférieures au plafond des logements conventionnés, sans lui offrir un relogement correspondant à ses besoins et à ses possibilités. L'âge seul ne protège pas, les ressources seules non plus. Et la protection tombe si le bailleur est lui-même âgé de plus de soixante-cinq ans ou dispose de ressources inférieures à ce même plafond.

03 · Le calcul

  • 07J'ai acheté le logement occupé : quand puis-je reprendre ?
    Pas immédiatement, et le délai se compte depuis l'achat, non depuis l'échéance. Si l'acquisition intervient plus de trois ans avant le terme du bail en cours, le congé pour reprise joue normalement au terme. Sinon, il ne prend effet qu'à l'expiration d'un délai de deux ans à compter de l'acquisition. Un investisseur qui achète en janvier 2027 un logement dont le bail échoit en juin 2027 devra donc attendre janvier 2029.
  • 08Reprendre son logement pour loger un enfant, est-ce que ça coûte de l'argent ?
    Non — sur le dossier décrit, cela en rapporte 2 576 € par an. Le calcul intuitif compare un revenu locatif avant impôt à une dépense de logement, ce qui fausse tout. Les 6 940 € de revenu net sont imposés à 47,2 % — tranche marginale de 30 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux —, et ne laissent que 3 664 € en poche. Loger sa fille ailleurs coûterait 6 240 €. Un euro de loyer perçu ne vaut que 0,528 €, quand un euro de loyer payé coûte un euro plein.
  • 09À partir de quel loyer la reprise devient-elle gagnante ?
    Dès que le logement alternatif coûterait plus de 305 € par mois, sur les hypothèses du dossier décrit. À 520 €, la reprise l'emporte largement. Ce n'est qu'au-dessous de ce seuil — une chambre chez un proche, un logement du parc social — que garder le locataire resterait préférable. Le seuil dépend de votre tranche marginale : plus elle est élevée, plus le loyer perçu perd de valeur et plus la reprise devient intéressante.

04 · Les suites

  • 10Que devient la fiscalité du logement une fois repris ?
    Il sort du champ des revenus fonciers. Les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu : aucun loyer n'est imposé, mais aucune charge n'est plus déductible et aucun déficit ne peut naître. Sur le dossier décrit, les 1 340 € de charges cessent d'ouvrir droit à déduction, soit 632 € d'avantage fiscal perdu par an — largement compensés par les 3 276 € d'impôt qui ne sont plus dus.
  • 11Que se passe-t-il si je manque la date limite ?
    Le bail est reconduit ou renouvelé pour la durée du contrat initial, soit trois ans pour un bailleur personne physique. Il n'y a ni pénalité ni rattrapage : simplement une échéance de plus. Sur le dossier décrit, le foyer débourse alors 18 720 € de loyers ailleurs pendant que le bailleur en encaisse 10 993 € nets — soit 7 727 € de plus sortis de la poche familiale, et une fille sans logement à la rentrée.
  • 12La reprise est-elle plus simple en location meublée ?
    Plus rapide, et plus souvent possible. Le préavis tombe à trois mois, et le bail meublé étant d'un an, l'échéance revient chaque année : un congé manqué reporte de douze mois au lieu de trois ans. Les mentions obligatoires sont les mêmes — le motif, et en cas de reprise les nom, adresse et lien du bénéficiaire. C'est l'un des rares avantages structurels du meublé que les comparaisons oublient.

Une liste fermée. Une date qui ne se rattrape pas.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète, y compris pour un bailleur qui gère seul ses échéances.

Pas une consultation juridiqueLoi du 6 juillet 1989 et arrêté de 2017 relus en vigueurPrix, loyer et décote déclarés en hypothèse

Sources et date de contrôle

  • Source 01

    Article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — le congé délivré par le bailleur — Légifrance. « Le délai de préavis applicable au congé est de six mois lorsqu'il émane du bailleur. » Le congé doit être justifié soit par la décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux, notamment l'inexécution par le locataire de l'une de ses obligations. Il indique, à peine de nullité, le motif allégué et, en cas de reprise, les nom et adresse du bénéficiaire ainsi que la nature du lien qui l'unit au bailleur — lien qui ne peut être que celui de conjoint, partenaire de pacte civil de solidarité enregistré à la date du congé, concubin depuis au moins un an, ascendant, descendant, ou ceux du conjoint, partenaire ou concubin. Lorsque le congé est fondé sur la décision de vendre, il indique à peine de nullité le prix et les conditions de la vente projetée, et vaut offre de vente au profit du locataire : l'offre est valable pendant les deux premiers mois du délai de préavis. En cas d'acceptation, le locataire dispose de deux mois pour la réalisation de l'acte de vente, porté à quatre mois s'il indique recourir à un prêt. Si le propriétaire vend ensuite à des conditions ou à un prix plus avantageux, le notaire notifie au locataire ces conditions et ce prix ; cette notification vaut offre de vente et demeure valable pendant une durée d'un mois. Un bailleur qui a acquis le logement occupé ne peut donner congé pour reprise qu'au terme du contrat en cours si l'acquisition est intervenue plus de trois ans avant ce terme ; à défaut, le congé pour reprise ne prend effet qu'à l'expiration d'un délai de deux ans à compter de l'acquisition, et le congé pour vente qu'au terme de la première reconduction ou du premier renouvellement. Le bailleur ne peut s'opposer au renouvellement du bail d'un locataire âgé de plus de soixante-cinq ans dont les ressources sont inférieures au plafond des logements conventionnés sans lui offrir un relogement correspondant à ses besoins et à ses possibilités, à moins que le bailleur lui-même soit âgé de plus de soixante-cinq ans ou dispose de ressources inférieures à ce même plafond. « Le fait pour un bailleur de délivrer un congé justifié frauduleusement par sa décision de reprendre ou de vendre le logement est puni d'une amende pénale dont le montant ne peut être supérieur à 6 000 € pour une personne physique et à 30 000 € pour une personne morale. » Consulté le 2026-08-26.

  • Source 02

    Article 10 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — la durée du bail et la reconduction tacite — Légifrance. Le contrat de location d'un logement vide est conclu pour une durée au moins égale à trois ans lorsque le bailleur est une personne physique ou un bailleur mentionné à l'article 13, et à six ans lorsqu'il est une personne morale. À défaut de congé délivré dans les conditions de forme et de délai prévues à l'article 15, le contrat parvenu à son terme est soit reconduit tacitement, soit renouvelé, pour une durée égale à celle du contrat initial — trois ans pour un bailleur personne physique, six ans pour une personne morale. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 03

    Article 25-8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — le congé en location meublée — Légifrance. Le bailleur qui ne souhaite pas renouveler le contrat de location meublée, ou qui souhaite en modifier les conditions, informe le locataire en respectant un préavis de trois mois. Le congé doit être justifié par la décision de reprendre le logement ou par un motif légitime et sérieux, notamment l'inexécution par le locataire de l'une de ses obligations. À peine de nullité, il indique le motif allégué et, en cas de reprise, les nom et adresse du bénéficiaire ainsi que la nature du lien qui l'unit au bailleur. La notification se fait par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, par signification d'un commissaire de justice ou par remise en main propre contre récépissé ou émargement. L'article n'ouvre aucun droit de préemption au locataire en cas de vente. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 04

    Arrêté du 13 décembre 2017 — la notice d'information jointe au congé — Légifrance. Article 1er : « Le contenu de la notice d'information, jointe au congé délivré par le bailleur en raison de sa décision de reprendre ou de vendre le logement, est précisé en annexe du présent arrêté. » L'arrêté est pris pour l'application de l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989. L'obligation vise les seuls congés pour reprise et pour vente, à l'exclusion du congé pour motif légitime et sérieux. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 05

    Annexe de l'arrêté du 13 décembre 2017 — ce que la notice doit dire au locataire — Légifrance. L'annexe détaille le contenu obligatoire de la notice : les dispositions communes aux deux congés — forme, délai, protection du locataire âgé —, les mentions propres au congé pour reprise — bénéficiaires admis et mentions obligatoires —, celles propres au congé pour vente — droit de préemption, prix et conditions, délai d'acceptation de deux mois —, ainsi que les voies de recours et d'indemnisation ouvertes au locataire. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 06

    Article 15 du code général des impôts — les logements dont le propriétaire se réserve la jouissance — Légifrance. Le II de l'article dispose que les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. Le logement laissé gratuitement à la disposition d'un proche sort en conséquence du champ des revenus fonciers : aucun loyer n'est imposé, mais aucune charge n'est plus déductible et aucun déficit ne peut naître. Notre guide sur la location à un proche en détaille les conséquences. Consulté le 2026-08-26.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète, y compris pour un bailleur qui gère seul ses échéances. Les textes cités le sont dans leur rédaction en vigueur ; le loyer, les charges, le coût d’un logement étudiant et la tranche marginale sont des hypothèses déclarées et se recalculent sur votre dossier. Ce guide n’est pas une consultation juridique — un congé mal rédigé se conteste, et un commissaire de justice relit utilement le vôtre.</p