Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 25 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Loger son enfant dans un bien qu'on possède : prêt gratuit, loyer minoré ou loyer de marché, et lequel coûte le moins cher

Trois régimes, et le bon dépend d'une seule variable que personne ne regarde avant de choisir : y a-t-il des travaux. Sans travaux, prêter gratuitement coûte moins cher à la famille que louer au prix du marché.

LE LOYER EST UN TRANSFERT INTERNE, L'IMPÔT NON

« Louez au prix du marché, vous déduirez vos charges » est faux tant qu'il n'y a pas de travaux

Déduire des charges d'un revenu imposable ne fait gagner que le taux marginal appliqué à ces charges, alors que le revenu, lui, est imposé en totalité. Tant que le loyer dépasse les charges, la location crée plus d'impôt qu'elle n'en économise.

  • Les trois régimes chiffrés à l'échelle du foyer élargi
  • Le seul paramètre qui fait basculer la comparaison
  • Ce qu'une reprise coûte au loyer minoré : 8,9 années
  • Pourquoi l'aide au logement ne viendra jamais

PRÊT GRATUIT, SANS TRAVAUX

5 260 €

LOYER DE MARCHÉ, SANS TRAVAUX

6 232 €

AVEC 9 000 € DE TRAVAUX

14 260 €

CONTRE, AU LOYER DE MARCHÉ

12 178 €

REPRISE SUR TROIS ANS

4 411 €

ANNÉES D'AVANTAGE EFFACÉES

8,9

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Le prêt gratuit n’est pas une location. Un logement mis gratuitement à la disposition d’un tiers sans obligation contractuelle est un logement dont le propriétaire se réserve la jouissance2. Ses revenus échappent à l’impôt1 — et, en contrepartie, aucune charge n’est déductible2.

Le loyer minoré est le seul des trois qui expose à un redressement. Un loyer notoirement inférieur à la valeur locative, sans circonstance indépendante de la volonté du propriétaire, permet à l’administration de majorer le revenu déclaré du montant de la libéralité consentie3.

Et l’aide au logement tombe dans tous les cas. Les aides personnelles au logement ne sont pas dues lorsque le bailleur est un ascendant ou un descendant du locataire ou de son conjoint4. L’argument le plus souvent avancé pour établir un bail familial n’existe pas.

Ce guide ne traite pas du choix entre location nue et meublée, que notre comparatif des différences entre bail meublé, nu et mobilité couvre. Il traite d’une question antérieure : dans quelle forme juridique loger un proche, et ce que chacune coûte réellement au foyer élargi.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Yasmine, cas construit et non un dossier réel : un appartement dont la valeur locative de marché s'établit à 610 € par mois, qu’elle envisage de mettre à la disposition de son fils. Sa tranche marginale d’imposition est de 30 %, hypothèse déclarée qui change tous les montants sans changer aucune des conclusions de sens. Tout se recalcule sur votre situation.

Trois régimes, et un seul est une location

La distinction n’est pas de degré mais de nature. C’est ce qui la rend difficile à voir.

Le code général des impôts pose que les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu1. La doctrine précise ce que recouvre cette notion, et elle est plus large qu’on ne l’imagine : elle vise les logements occupés personnellement par le propriétaire ou un membre de son foyer fiscal, ceux mis gratuitement à la disposition d’un tiers sans obligation contractuelle, et ceux qui demeurent vacants2.

Prêter son appartement à son fils, c’est donc s’en réserver la jouissance au sens fiscal. On n’est pas bailleur. Et l’exonération a une contrepartie que le texte énonce sans détour : elle emporte l’impossibilité de déduire les charges afférentes à ces immeubles2.

Louer à un loyer de marché, à l’inverse, c’est une location ordinaire. Le bail est un vrai bail, le loyer un vrai revenu foncier, les charges de vraies charges déductibles. Rien ne distingue fiscalement le fils d’un locataire inconnu.

Entre les deux, le loyer minoré n’est pas un régime : c’est une location ordinaire dont le prix est susceptible d'être remis en cause. C’est la zone où presque tout le monde atterrit, souvent par gentillesse, et c’est la seule des trois qui comporte un aléa.

Que coûte réellement un prêt à titre gratuit ?

Exactement les charges, ni plus ni moins — et c’est souvent moins cher qu’on ne le croit.

Sur le dossier de Yasmine, les charges annuelles s'établissent à 5 260 € : 3 100 € d’intérêts d’emprunt, 980 € de taxe foncière, 160 € d’assurance propriétaire non occupant, 420 € de charges de copropriété non récupérables et 600 € d’entretien courant — soit 2 160 € hors intérêts, chiffre qui reviendra plus loin. Aucune n’est déductible, puisqu’il n’y a pas de revenu foncier à déduire.

Le coût pour la famille est donc de 5 260 €. Aucun impôt, aucune déduction, aucun formulaire. C’est le régime le plus simple des trois, et le seul qui ne demande rien à personne.

Il faut lui reconnaître trois limites, qui n’apparaissent pas dans ce chiffre. La première est qu’il ne construit rien : ni bail, ni quittance, ni historique locatif pour l’enfant qui devra un jour se loger seul. La deuxième est qu’il fige la situation, car l’occupant à titre gratuit n’a pas de droit au maintien dans les lieux — ce qui protège le propriétaire mais rend la position de l’occupant précaire en cas de désaccord familial. La troisième est fiscale et se révèle plus loin : les travaux réalisés pendant cette période sont définitivement perdus.

Une précision utile, car la question revient toujours : la taxe foncière reste due par le propriétaire, et la mise à disposition gratuite n’y change rien. En revanche, elle ne fait pas du logement une résidence secondaire au sens des impôts locaux dès lors qu’il constitue la résidence principale de l’occupant.

Louer au prix normal coûte-t-il plus cher ?

Sans travaux, oui. Et le résultat surprend tout le monde, y compris les conseillers qui recommandent l’inverse depuis toujours, parce qu’il contredit une intuition solide : celle qui veut qu’un revenu déclaré ouvre des déductions et qu’une déduction soit toujours bonne à prendre.

Reprenons le dossier avec un loyer de 610 €, soit 7 320 € sur l’année. Le résultat foncier s'établit à 7 320 € de revenus moins 5 260 € de charges, soit un bénéfice de 2 060 €, imposé à la tranche marginale de 30 % augmentée des prélèvements sociaux de 17,2 % : 972 € d’impôt.

Il faut maintenant raisonner à l'échelle du foyer élargi, et c’est là que le calcul devient intéressant. Le loyer que le fils verse à sa mère ne sort pas de la famille : c’est un transfert interne, qui appauvrit l’un exactement de ce qu’il enrichit l’autre. Ce qui sort réellement, ce sont les charges — 5 260 € — et l’impôt — 972 €.

Le coût familial, sans travaux. Prêt gratuit : 5 260 €. Loyer de marché : 6 232 €. Le prêt gratuit coûte donc 972 € de moins par an, et cet écart est exactement l’impôt que la location fait naître.

Le conseil que l’on entend partout — « louez au prix du marché à votre enfant, vous déduirez vos charges » — est faux dans ce cas de figure. Il l’est parce qu’il oublie que la déduction porte sur un revenu qui n’existait pas avant, et que ce revenu est imposé.

Ce résultat n’a rien de paradoxal une fois posé : déduire des charges d’un revenu imposable ne fait jamais gagner que le taux marginal appliqué à ces charges, alors que le revenu lui-même est imposé en totalité. Tant que le loyer dépasse les charges, la location crée plus d’impôt qu’elle n’en économise.

Ce qui renverse ce raisonnement n’est donc pas le loyer. C’est le moment où les charges dépassent le loyer.

Ce qui fait basculer la comparaison

Un seul paramètre. Personne ne le regarde avant de choisir.

Supposons que Yasmine réalise 9 000 € de travaux d’amélioration avant l’installation de son fils. Le régime change de camp, et brutalement.

En prêt gratuit, ces 9 000 € ne sont déductibles de rien2. Le coût familial devient 5 260 € de charges plus 9 000 € de travaux, soit 14 260 €.

En location au prix du marché, les mêmes travaux entrent dans les charges. Le résultat foncier devient négatif : 7 320 € de revenus contre 14 260 € de charges, soit un déficit de 6 940 €. Les intérêts d’emprunt étant intégralement absorbés par le loyer, la totalité de ce déficit provient des autres charges — il s’impute donc sur le revenu global, dans la limite annuelle de 10 700 €5. L'économie d’impôt s'établit à 2 082 €, et le coût familial tombe à 12 178 €.

L'écart de 972 € en faveur du prêt gratuit devient donc un écart de 2 082 € en faveur du loyer de marché. Un basculement de plus de trois mille euros, décidé par la seule présence de travaux. Notre guide sur l'imputation du déficit foncier détaille le mécanisme et ses limites, dont une qu’il faut avoir en tête ici : l’imputation sur le revenu global suppose que le logement reste loué jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivante5.

Cette condition n’est pas anodine dans un contexte familial. Un enfant qui part au bout de dix-huit mois, et un appartement que l’on garde vide ou que l’on reprend pour soi, remettent en cause l’imputation. Le risque n’est pas théorique : notre guide sur la vacance locative et son calcul montre qu’une relocation manquée se compte en mois, pas en semaines, et trois ans se tiennent mal quand la durée d’occupation prévue en fait deux. Le régime le plus avantageux est aussi celui qui suppose de tenir trois ans, ce qui n’est pas la durée habituelle d’un logement d'étudiant.

Pourquoi le compromis est le plus risqué

Parce qu’il est le meilleur des trois s’il passe. Et le pire s’il est repris.

Chiffrons-le. Yasmine loue 300 € au lieu de 610 €, soit 3 600 € par an. Le résultat foncier est négatif de 1 660 €, imputable sur le revenu global, ce qui produit 498 € d'économie d’impôt. Le coût familial tombe à 4 762 € — moins que le prêt gratuit, moins que le loyer de marché. Sur le papier, c’est le meilleur des trois régimes.

Sur le papier seulement. La doctrine fiscale définit le loyer anormalement bas comme celui qui est notoirement inférieur à la valeur locative, et pose deux conditions cumulatives pour la rectification : que le prix soit nettement inférieur à la valeur locative normale, et que le propriétaire ne puisse établir de circonstances indépendantes de sa volonté l’empêchant de louer au prix normal3. Lorsque ces deux conditions sont réunies, l’administration peut majorer le revenu déclaré du montant de la libéralité consentie au locataire3.

Un détail de la doctrine mérite d'être cité tel quel, parce qu’il décrit précisément la situation de ce guide : les décisions du Conseil d'État en la matière ont, est-il écrit, « le plus souvent été rendues dans des espèces où le bail était consenti à un membre de la famille du propriétaire »3. Ce n’est pas un risque théorique appliqué par extension au cas familial. C’est le cas familial qui a formé la jurisprudence.

La libéralité annuelle est ici de 3 720 €, soit l'écart entre les deux loyers. Une reprise ramène le loyer déclaré à sa valeur normale, fait disparaître l'économie de 498 € et fait apparaître 972 € d’impôt : un surcoût de 1 470 € par année reprise. Comme l’administration peut revenir sur trois années, la facture atteint 4 411 €, avant intérêts de retard.

Le rapport à retenir. Le loyer minoré fait gagner 498 € par an. Une reprise sur trois ans coûte 4 411 €. Une seule reprise efface donc 8,9 années d’avantage — et l’avantage, lui, n'était jamais garanti.

La question pratique devient alors : à partir de quel écart un loyer est-il « notoirement inférieur » ? Le texte ne fixe aucun pourcentage, et c’est précisément ce qui rend la position inconfortable. Un loyer inférieur de 10 % à la valeur de marché se défend sans peine, notamment si le logement est loué sans les prestations habituelles ou dans un état qui justifie une décote. Un loyer réduit de moitié, comme ici, ne se défend par aucune circonstance indépendante de la volonté du propriétaire — puisque l'écart procède d’un choix.

Le locataire peut-il toucher l’aide au logement ?

Non, et cela supprime l’argument que l’on entend le plus souvent.

Le raisonnement courant tient en une phrase : « établissons un bail, mon enfant touchera l’aide au logement, et elle financera une partie du loyer ». Il est faux. Les aides personnelles au logement ne sont pas dues au locataire lorsque le bailleur est un ascendant ou un descendant du locataire, ou de la personne avec laquelle il vit en couple4.

La règle vise aussi les détentions indirectes : les aides ne sont pas dues lorsque le locataire, son conjoint ou l’un de ses ascendants ou descendants détient une part de la propriété ou de l’usufruit du logement, directement ou par des parts de société, sauf en dessous de seuils réglementaires qui ne peuvent excéder 20 %4. Passer par une société civile ne contourne donc rien.

Une nuance a son importance pratique, parce qu’elle ouvre une porte que beaucoup ignorent : la règle vise les ascendants et descendants, en ligne directe. Un oncle, une tante, un frère, une sœur, un cousin ne sont ni l’un ni l’autre. Loger la fille de sa sœur n’interdit donc pas l’aide au logement, alors que loger sa propre fille l’interdit — pour un lien affectif souvent comparable et une réalité économique identique.

Ce point mérite d'être vérifié avant de construire un montage, car il déplace parfois la solution vers une configuration à laquelle personne n’avait pensé.

Le meublé et la société civile changent-ils quelque chose ?

Moins qu’on ne l’espère, et pas dans le sens attendu.

La location meublée déplace le revenu des revenus fonciers vers les bénéfices industriels et commerciaux, ce qui ouvre l’amortissement du bien et du mobilier. Sur le papier, l’avantage est considérable, et notre guide sur la fiscalité de la location meublée le chiffre en détail. Mais la logique de ce guide reste entière : l’amortissement ne se déduit que d’un revenu, et ce revenu n’existe que si l’on facture un loyer. Prêter meublé à titre gratuit ne donne droit à aucun amortissement, exactement comme prêter nu ne donne droit à aucune charge. Et la règle sur les loyers anormalement bas ne s’arrête pas à la porte du meublé : la minoration reste une libéralité, quel que soit le régime d’imposition du bailleur.

La société civile immobilière ne fait pas mieux, et elle est souvent présentée comme une solution alors qu’elle est ici un obstacle de plus. Une société qui met un logement gratuitement à la disposition de ses associés est réputée s’en réserver la jouissance au même titre qu’une personne physique : elle n’a pas à comprendre la valeur locative dans ses recettes, et en contrepartie les charges afférentes au logement ne sont pas déductibles2. Le passage par une société ne crée donc aucune déduction que la détention directe n’aurait pas créée. Il ajoute en revanche une comptabilité, une assemblée annuelle et des statuts à respecter.

Sur le terrain des aides au logement, la société est même expressément visée : la détention indirecte par des parts de société, quelles qu’en soient la forme et l’objet, fait tomber le droit à l’aide dès lors qu’elle dépasse les seuils réglementaires4. Le texte a été écrit pour fermer précisément cette porte.

Reste une variante qui, elle, change réellement les termes du problème : le démembrement. Céder l’usufruit temporaire du logement à son enfant lui donne le droit d’occuper — ou de louer — le bien sans qu’aucun loyer ne circule, et transfère avec lui les charges. C’est une opération patrimoniale, avec ses conséquences en matière de droits de mutation et de valorisation, que notre guide sur l'achat en nue-propriété et le démembrement aborde du point de vue de l’investisseur. Elle ne se décide pas pour loger un étudiant trois ans.

Qui vérifie quoi

Le sujet est de ceux où l’entourage donne beaucoup d’avis et peu de vérifications.

L'expert-comptable est le seul à pouvoir chiffrer les trois régimes sur votre situation, car le résultat dépend entièrement de votre tranche marginale et de l’existence d’autres revenus fonciers. Le basculement décrit ici se produit à un endroit différent pour chaque foyer.

Le notaire intervient si la solution retenue passe par une donation, un démembrement ou une société civile. Il est aussi celui qui rappellera qu’un avantage consenti à un enfant peut, au décès, être rapporté à la succession — un loyer minoré durablement pratiqué au profit d’un seul des enfants n’est pas neutre entre héritiers.

L'agent immobilier fournit l'élément le plus utile et le moins cher du dossier : une estimation écrite de la valeur locative du bien. C’est exactement la pièce qui manque quand l’administration conteste un loyer, et exactement celle qui rend la discussion courte quand on l’a — au même titre qu’un relevé de loyers comparables, dont notre guide sur la manière de fixer un loyer au prix du marché détaille la construction.

Le gestionnaire, si le bien est en mandat, appliquera un bail standard sans savoir que le locataire est de la famille. Les conséquences décrites ici ne sont visibles que du côté du propriétaire, et personne ne les signalera à sa place.

Ce qui coûte cher aux bailleurs

Cinq erreurs, et la première est la plus fréquente de toutes.

Choisir le loyer minoré par gentillesse. C’est le régime le plus naturel humainement et le seul qui expose à une reprise. Il rapporte 498 € par an dans nos hypothèses et risque 4 411 € sur trois ans, soit 8,9 années d’avantage effacées par un seul contrôle.

Faire des travaux pendant une période de prêt gratuit. Les 9 000 € de travaux ne sont alors déductibles de rien, alors que les mêmes travaux, réalisés dans le cadre d’une location, auraient produit 2 082 € d'économie d’impôt. C’est le même chantier, la même facture, et un écart qui tient au seul statut d’occupation du jour où il est réalisé.

Établir un bail pour l’aide au logement. Elle n’est pas due lorsque le bailleur est un ascendant ou un descendant. Le bail est alors signé pour un bénéfice qui n’arrivera jamais, et il fait entrer le propriétaire dans un régime imposable — 972 € d’impôt annuel dans nos hypothèses — qu’il aurait évité en ne faisant rien.

Oublier la condition de trois ans du déficit foncier. L’imputation sur le revenu global suppose que le logement reste loué jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivante. Un enfant qui déménage au bout de dix-huit mois fait remettre en cause 2 082 € d'économie déjà encaissée.

Ne pas conserver d’estimation de la valeur locative. C’est la pièce qui transforme une discussion en constat. Elle coûte le prix d’une visite d’agent immobilier, et son absence laisse l’administration fixer seule la valeur de référence, par comparaison ou par la valeur locative cadastrale — c’est-à-dire arbitrer seule les 3 720 € de libéralité annuelle sur lesquels se calcule la reprise de 4 411 €3.

Comment trancher ?

En quatre questions, dont la deuxième décide presque toujours.

Une remarque pour finir sur ce que ce sujet révèle. Les trois régimes se ressemblent vus de l’extérieur : dans les trois cas, un enfant habite un appartement qui appartient à ses parents. Ce qui les sépare n’est ni le confort de l’occupant, ni le montant qu’il verse, mais la manière dont l'État participe — ou refuse de participer — aux charges du logement.

Cette participation ne dépend pas de la générosité du parent. Elle dépend d’un seul fait : y a-t-il, oui ou non, un revenu foncier à réduire. Sans travaux, la réponse est que créer ce revenu coûte plus qu’il ne rapporte. Avec travaux, elle s’inverse. Et le régime intermédiaire, celui qui semble concilier la générosité et la déduction, est le seul dont le résultat ne dépend pas de vous.

UNE PIÈCE MANQUE TOUJOURS AU DOSSIER

L'estimation écrite de la valeur locative

C'est ce qui transforme une discussion en constat. Sans elle, l'administration fixe seule la valeur de référence, par comparaison ou par la valeur locative cadastrale.

  • Vos trois régimes chiffrés sur votre tranche marginale
  • Votre calendrier de travaux confronté à la règle des trois ans
  • Votre valeur locative documentée avant la mise à disposition
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Douze réponses directes sur le prêt gratuit, le loyer minoré et son risque de rehaussement, l'aide au logement en famille et les montages qui ne changent rien.

Vous hésitez entre prêter et louer à un proche ?

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Faire le point sur votre dossier

01 · Les trois régimes

  • 01Peut-on loger un enfant gratuitement dans un logement qu'on possède ?
    Oui, sans aucune formalité. Un logement mis gratuitement à la disposition d'un tiers sans obligation contractuelle est un logement dont le propriétaire se réserve la jouissance : ses revenus ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. La contrepartie est stricte et souvent découverte trop tard — aucune charge afférente à ce logement n'est déductible.
  • 02Louer au prix du marché à son enfant est-il plus avantageux ?
    Pas nécessairement, et c'est le résultat le plus contre-intuitif du sujet. Sur le cas décrit, le prêt gratuit coûte 5 260 € à la famille et le loyer de marché 6 232 €, parce que le loyer est un transfert interne qui ne sort pas du foyer élargi alors que les 972 € d'impôt qu'il fait naître, eux, en sortent. Tant que le loyer dépasse les charges, la location crée plus d'impôt qu'elle n'en économise.
  • 03Qu'est-ce qui fait basculer la comparaison ?
    Les travaux, et rien d'autre. Avec 9 000 € de travaux d'amélioration, le prêt gratuit coûte 14 260 € — ces travaux n'étant déductibles de rien — contre 12 178 € pour le loyer de marché, où ils créent un déficit foncier imputable de 6 940 € et 2 082 € d'économie d'impôt. L'écart passe de 972 € en faveur du gratuit à 2 082 € en faveur du marché.

02 · Le loyer minoré

  • 04Un loyer minoré est-il légal ?
    Il est légal, mais il est le seul des trois régimes à exposer à une rectification. La doctrine considère comme anormalement bas le loyer notoirement inférieur à la valeur locative lorsque deux conditions sont réunies : le prix est nettement inférieur à la valeur locative normale, et le propriétaire ne peut établir de circonstances indépendantes de sa volonté l'empêchant de louer au prix normal.
  • 05Que risque-t-on avec un loyer minoré ?
    Que l'administration majore le revenu déclaré du montant de la libéralité consentie au locataire. Sur le cas décrit, la libéralité atteint 3 720 € par an ; une reprise fait disparaître 498 € d'économie et apparaître 972 € d'impôt, soit 1 470 € par année reprise. L'administration pouvant revenir sur trois années, la facture atteint 4 411 € avant intérêts de retard — soit 8,9 années d'avantage effacées.
  • 06À partir de quel écart un loyer devient-il anormalement bas ?
    Aucun pourcentage n'est fixé par le texte, et c'est précisément ce qui rend la position inconfortable. Un loyer inférieur de 10 % à la valeur de marché se défend sans peine, surtout si l'état du logement ou l'absence de prestations habituelles le justifient. Un loyer réduit de moitié ne se défend par aucune circonstance indépendante de la volonté du propriétaire, puisque l'écart procède d'un choix.

03 · Les aides au logement

  • 07Le locataire peut-il toucher l'aide au logement ?
    Non lorsque le bailleur est un ascendant ou un descendant du locataire ou de la personne avec laquelle il vit en couple. La règle vise aussi les détentions indirectes : elle s'applique lorsque le locataire, son conjoint ou l'un de ses ascendants ou descendants détient une part de la propriété ou de l'usufruit, y compris par des parts de société, au-delà de seuils réglementaires qui ne peuvent excéder 20 %.
  • 08Loger un neveu ou une nièce change-t-il quelque chose ?
    Oui, sur ce point précis. La règle qui prive de l'aide au logement vise les ascendants et les descendants, c'est-à-dire la ligne directe. Un oncle, une tante, un frère, une sœur ou un cousin n'en font pas partie. Loger la fille de sa sœur n'interdit donc pas l'aide au logement, alors que loger sa propre fille l'interdit — pour un lien affectif souvent comparable.

04 · Montages et précautions

  • 09Passer par une SCI permet-il de déduire les charges ?
    Non. Une société civile qui met un logement gratuitement à la disposition de ses associés est réputée s'en réserver la jouissance au même titre qu'une personne physique : elle n'intègre pas la valeur locative à ses recettes, et en contrepartie les charges afférentes ne sont pas déductibles. La société n'ouvre aucune déduction que la détention directe n'aurait pas ouverte, et elle ajoute une comptabilité.
  • 10La location meublée change-t-elle le raisonnement ?
    Elle change les montants, pas la logique. L'amortissement du bien et du mobilier ne se déduit que d'un revenu, et ce revenu n'existe que si un loyer est facturé : prêter meublé à titre gratuit n'ouvre aucun amortissement. La règle sur les loyers anormalement bas s'applique en outre quel que soit le régime d'imposition du bailleur, la minoration restant une libéralité.
  • 11Quelle est la condition à respecter pour le déficit foncier ?
    Le logement doit rester affecté à la location jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant celle de l'imputation, faute de quoi celle-ci est remise en cause. C'est une condition à peser dans un contexte familial : un enfant qui déménage au bout de dix-huit mois fait reprendre une économie déjà encaissée, soit 2 082 € sur le cas décrit.
  • 12Que faut-il conserver dans son dossier ?
    Une estimation écrite de la valeur locative du bien, établie par un professionnel au moment de la mise en location. C'est la pièce qui manque toujours quand un loyer est contesté, et son absence laisse l'administration fixer seule la valeur de référence, par comparaison avec des immeubles analogues ou par référence à la valeur locative cadastrale.

Sans travaux, ne signez rien. Avec travaux, louez au prix.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de comparaison, y compris lorsque la conclusion est de ne signer aucun bail.

Ni consultation fiscale ni conseil patrimonialDoctrine relue au texte en vigueurTranche marginale déclarée en hypothèse

Sources et date de contrôle

  • Source 01

    Article 15 du code général des impôts — exemptions permanentes — Légifrance. II : les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. Cette exonération s'applique également aux locaux compris dans des exploitations agricoles et affectés à l'habitation des propriétaires exploitants. Rédaction issue de la loi n° 83-1179 du 29 décembre 1983, en vigueur depuis le 30 décembre 1983. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 02

    BOI-RFPI-CHAMP-20-20 — Propriétés dont le contribuable se réserve la jouissance — BOFiP-Impôts. Document du 25 février 2013. § 5 : en application du II de l'article 15 du CGI, les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. § 50 : la réserve de jouissance recouvre les logements occupés personnellement par le propriétaire ou un membre de son foyer fiscal, les logements mis gratuitement à la disposition d'un tiers sans obligation contractuelle, et les logements demeurant vacants. § 100 : cette exonération a pour contrepartie l'impossibilité de déduire les charges afférentes à ces immeubles, sous réserve des règles particulières applicables notamment aux monuments historiques. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 03

    BOI-RFPI-BASE-10-10 — Revenus fonciers, revenus bruts imposables, loyers ou fermages — BOFiP-Impôts. Document du 14 février 2014, § 430 : doit être considéré comme anormalement bas le loyer qui est notoirement inférieur à la valeur locative des immeubles donnés en location, sans que le propriétaire puisse justifier d'une circonstance indépendante de sa volonté l'empêchant de louer au prix normal. Deux conditions cumulatives doivent être satisfaites : le prix de location doit être nettement inférieur à la valeur locative normale de l'immeuble loué, et le propriétaire ne doit pas être en mesure d'établir que des circonstances indépendantes de sa volonté font obstacle à une location au prix normal. Lorsqu'elles le sont, l'administration peut, sous le contrôle du juge, rectifier le revenu déclaré en majorant le prix de location du montant de la libéralité que le propriétaire a consentie à son locataire. La valeur locative peut être établie par comparaison avec des immeubles analogues ou par référence à la valeur locative cadastrale. Ces décisions du Conseil d'État ont le plus souvent été rendues dans des espèces où le bail était consenti à un membre de la famille du propriétaire. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 04

    Article L822-4 du code de la construction et de l'habitation — conditions relatives au bénéficiaire des aides personnelles au logement — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er septembre 2019. Les aides personnelles au logement ne sont pas dues aux personnes locataires d'un logement appartenant à un ascendant ou à un descendant du locataire ou de la personne avec laquelle il vit en couple. Elles ne sont pas davantage dues aux personnes locataires d'un logement dans lequel elles-mêmes, leur conjoint ou l'un de leurs ascendants ou descendants détiennent une part de la propriété ou de l'usufruit, personnellement ou par l'intermédiaire de parts de sociétés quelles que soient leurs formes et leur objet ; ces aides peuvent toutefois être accordées lorsque le total des parts de propriété et d'usufruit détenues reste inférieur à des seuils fixés par voie réglementaire, qui ne peuvent excéder 20 % de la propriété ou de l'usufruit du logement. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 05

    BOI-RFPI-BASE-30-20 — Modalités d'imputation des déficits fonciers — BOFiP-Impôts. Le déficit foncier provenant de dépenses autres que les intérêts d'emprunt s'impute sur le revenu global dans la limite annuelle de 10 700 €. La fraction du déficit provenant des intérêts d'emprunt n'est imputable que sur les revenus fonciers des dix années suivantes, les intérêts s'imputant en priorité sur les revenus bruts fonciers. L'imputation sur le revenu global est subordonnée à la condition que le logement demeure affecté à la location jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant celle de l'imputation ; à défaut, l'imputation est remise en cause. Consulté le 2026-08-25.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de comparaison, y compris lorsque la conclusion est de ne signer aucun bail. Les règles citées le sont au texte et à la doctrine en vigueur ; la tranche marginale de 30 %, les montants de charges et le coût des travaux sont des hypothèses déclarées et se recalculent sur votre situation. Ce guide n’est ni une consultation fiscale ni un conseil patrimonial.</p