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Guide de décisionVérifié le 28 août 20267 sourcesMéthode en cinq passes

Acheter un immeuble hypothéqué : ce que la publication n’efface pas, et comment purger

« La simple publication au service chargé de la publicité foncière des titres translatifs de propriété ne purge pas les hypothèques établies sur l’immeuble. » Une phrase du code civil, et la fin d’une illusion courante.

SEPT ARTICLES DU CODE CIVIL LUS MOT À MOT

Vous avez payé 340 000 €. L’immeuble en porte encore 395 000.

L’hypothèque grève l’immeuble, pas le vendeur. Publier la vente ne l’efface pas : il faut notifier les créanciers inscrits, et leur laisser quarante jours.

  • La publicité foncière ne purge pas les hypothèques
  • Une offre de payer plafonnée au prix stipulé dans l’acte
  • Quarante jours pour surenchérir d’un dixième, caution à fournir
  • Et à défaut, l’immeuble est libéré par paiement ou consignation

ARTICLES DU CODE CIVIL LUS

7

TOTAL INSCRIT SUR L’IMMEUBLE

395 000 €

PRIX STIPULÉ DANS L’ACTE

340 000 €

DÉLAI LAISSÉ AU CRÉANCIER

40 j

SURENCHÈRE DU DIXIÈME

34 000 €

DURÉE DE LA PROCÉDURE

67 j

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Acheter ne purge pas. « La simple publication au service chargé de la publicité foncière des titres translatifs de propriété ne purge pas les hypothèques établies sur l’immeuble »2.

Il faut notifier. Le tiers acquéreur doit « notifier aux créanciers inscrits un acte où il dit être prêt à acquitter sur-le-champ les dettes hypothécaires »4, dans la limite du prix qu’il a payé.

Et attendre quarante jours. Tout créancier inscrit peut « dans les quarante jours suivant la notification qui lui a été faite, requérir la vente de l’immeuble aux enchères publiques, pourvu qu’il surenchérisse d’un dixième »5.

Le corpus traite la durée et la radiation d’une inscription hypothécaire, le choix entre hypothèque, caution et privilège de prêteur de deniers et l’achat par adjudication. Aucun ne décrivait la purge par l’acquéreur, que l’un d’eux renvoyait expressément à un autre guide.

Pourquoi acheter ne suffit pas à effacer une hypothèque ?

Parce que l’hypothèque suit l’immeuble, pas le vendeur. C’est le droit de suite, et le code prend la peine d’écarter l’illusion inverse.

Le texte est explicite : « La simple publication au service chargé de la publicité foncière des titres translatifs de propriété ne purge pas les hypothèques établies sur l’immeuble »2.

La suite explique le mécanisme par la nature même de la vente. « Le vendeur ne transmet à l’acquéreur que la propriété et les droits qu’il avait lui-même sur la chose vendue : il les transmet sous l’affectation des mêmes hypothèques dont la chose vendue était grevée »2.

Retenez la formule « sous l’affectation des mêmes hypothèques ». Elle signifie que l’acquéreur reçoit exactement ce que détenait le vendeur, charges comprises, et qu’aucune formalité de publicité ne les efface au passage.

Le code prévoit bien des purges automatiques, mais elles supposent un contexte particulier. L’immeuble est purgé de plein droit « dans les cas prévus par la loi, notamment la vente sur saisie immobilière, l’expropriation pour cause d’utilité publique ou les situations prévues par les livres VI du code de commerce ou VII du code de la consommation »1.

Une vente amiable ordinaire ne figure pas dans cette liste. Un investisseur qui achète de gré à gré un immeuble de rapport grevé n’est donc dans aucun de ces cas, et c’est la raison d’être de tout ce qui suit.

Le contraste entre les deux articles est instructif. Le premier énumère des situations où la purge est acquise sans rien faire ; le second prend soin de dire qu’une formalité aussi lourde que la publicité foncière, elle, ne suffit pas. Entre les deux, il n’y a pas de zone grise : ou bien l’immeuble relève d’un cas légal, ou bien il faut agir.

Ce point commande la lecture d’un état hypothécaire. Une inscription qui figure encore au fichier immobilier après la vente n’est pas un reliquat administratif à faire corriger : c’est une charge vivante, qui donne à son titulaire le droit de saisir l’immeuble entre les mains d’Amédée.

Peut-on purger sans procédure ?

Avant la procédure, le code ouvre une porte plus courte. Elle suppose l’unanimité, et c’est sa seule difficulté.

Le texte prévoit le cas où, à l’occasion de la vente, « tous les créanciers inscrits conviennent avec le débiteur que le prix en sera affecté au paiement total ou partiel de leurs créances ou de certaines d’entre elles »3.

L’effet est double. Les créanciers « exercent leur droit de préférence sur le prix et ils peuvent l’opposer à tout cessionnaire comme à tout créancier saisissant de la créance de prix »3 — leur garantie se reporte sur l’argent.

Et l’immeuble est libéré : « Par l’effet de ce paiement, l’immeuble est purgé du droit de suite attaché à l’hypothèque »3.

Trois conditions se lisent dans cette phrase, et la première est la plus exigeante. Il faut que tous les créanciers inscrits conviennent, il faut qu’ils conviennent avec le débiteur, et il faut que le prix soit affecté au paiement de leurs créances. Un seul créancier qui refuse, et cette voie se ferme.

L’intérêt de cette voie se mesure au calendrier autant qu’au fond. Elle évite les quarante jours d’attente, la caution à fournir et l’aléa d’une adjudication : sur le dossier d’Amédée, elle aurait fait tomber 67 jours de procédure. Encore faut-il que deux créanciers, dont l’un est découvert de 55 000 €, y trouvent leur compte.

Le texte ne dit pas dans quelle forme cet accord se constate, ni s’il doit précéder la vente ou peut la suivre. Il se contente de dire qu’il intervient « à l’occasion de la vente », et ce guide n’ira pas au-delà de cette formule.

Que doit notifier l’acquéreur, et dans quel délai ?

Un acte, aux créanciers inscrits, disant qu’il est prêt à payer. Le texte fixe le contenu et enferme le moment.

La procédure s’ouvre là où l’accord a échoué : « A défaut de l’accord prévu par l’article précédent, le tiers acquéreur peut, une fois la vente publiée, purger l’immeuble du droit de suite attaché à l’hypothèque »4.

Deux conditions préalables se lisent ici. Il faut que l’accord unanime ait fait défaut, et il faut que la vente soit publiée — la publication ne purge pas, mais elle est le préalable de la purge.

Le moment est encadré par une alternative. L’acquéreur doit agir « soit avant les poursuites, soit dans le mois de la première sommation de payer qui lui est faite »4.

Le contenu de l’acte est décrit mot à mot. L’acquéreur y dit « être prêt à acquitter sur-le-champ les dettes hypothécaires, exigibles ou non exigibles, mais jusqu’à concurrence du prix stipulé dans l’acte d’acquisition ou, s’il a reçu l’immeuble par donation, de la valeur qu’il déclare »4.

Deux précisions comptent pour un investisseur. L’offre porte sur les dettes « exigibles ou non exigibles », donc y compris sur un prêt encore en cours ; et elle est plafonnée au prix payé, jamais au montant inscrit. Amédée offre 340 000 €, pas 395 000 €.

Une précision de vocabulaire évite un contresens fréquent. Le texte parle du « tiers acquéreur » : ce tiers-là n’est pas un intervenant extérieur, c’est l’acheteur lui-même, tiers par rapport au rapport de dette entre le vendeur et ses créanciers. C’est donc bien Amédée qui notifie, et non son vendeur.

Le montant offert appelle enfin une remarque de méthode. Puisque l’offre est plafonnée au prix stipulé dans l’acte, un prix minoré au bénéfice du vendeur réduit d’autant ce qu’Amédée pourra offrir aux créanciers — et augmente mécaniquement leur intérêt à surenchérir. Le prix d’acquisition n’est pas seulement un chiffre de négociation : c’est le plafond de l’offre de purge.

Ce que le créancier peut faire en quarante jours

Surenchérir d’un dixième, et exiger la vente aux enchères. C’est la contrepartie de l’offre, et elle a un prix.

Le texte donne au créancier une faculté encadrée : il peut, « dans les quarante jours suivant la notification qui lui a été faite, requérir la vente de l’immeuble aux enchères publiques »5.

Deux conditions accompagnent cette faculté, et elles se cumulent. Il faut qu’il surenchérisse « d’un dixième sur le prix stipulé ou sur la valeur déclarée », et il faut qu’il « fournisse caution à due concurrence »5.

Le point de départ est la notification reçue par ce créancier-là, non la publication de la vente ni la notification au premier d’entre eux. Deux créanciers notifiés à des dates différentes n’ont donc pas le même terme.

Une fois la surenchère requise, le créancier ne peut plus faire machine arrière seul. Il « ne peut par son désistement, et même s’il offre de payer la surenchère, empêcher l’adjudication publique, sauf si tous les autres créanciers inscrits y consentent »6.

La règle est sévère et elle protège les autres inscrits. Celui qui déclenche l’enchère ouvre une procédure qui ne lui appartient plus, et il faudra l’unanimité des autres pour l’arrêter.

Deux lectures possibles de ce délai coexistent, et le guide retient la plus littérale. La formule « dans les quarante jours suivant la notification qui lui a été faite » rattache le délai à la notification reçue par chaque créancier, ce qui commande de tenir un compte individuel. Le texte n’organise pas de point de départ commun, et ce guide ne lui en invente pas un.

Que se passe-t-il si personne ne surenchérit ?

Le prix devient la valeur, et l’immeuble est libéré. C’est le résultat que l’acquéreur recherche, et il tient en une phrase.

Le texte pose la conséquence du silence : « Si aucun créancier ne requiert la mise aux enchères dans le délai et les formes prescrites, la valeur de l’immeuble est définitivement fixée au prix stipulé ou à la valeur déclarée »7.

Puis la libération : « L’immeuble est, en conséquence, libéré de toute hypothèque par le paiement de cette somme aux créanciers inscrits, ou par sa consignation »7.

Deux formules méritent d’être relevées. La première, « définitivement », ferme le débat sur la valeur, y compris pour un créancier découvert ; le second, « ou par sa consignation », offre une issue à l’acquéreur qui ne parviendrait pas à payer entre les mains de tous.

Pour Amédée, cela signifie que 340 000 € payés ou consignés libèrent un immeuble grevé de 395 000 €. Les 55 000 € de découvert ne disparaissent pas comme créance, mais ils cessent de peser sur l’immeuble.

Le mot « consignation » ouvre une porte que peu d’acquéreurs connaissent. Payer entre les mains de deux créanciers suppose de les avoir tous identifiés, joints, et d’obtenir leurs quittances ; consigner permet de libérer l’immeuble sans dépendre de leur diligence. Le texte met les deux voies sur le même plan, par un simple « ou ».

Reste une question que ce guide laisse ouverte, faute de texte pour la trancher. La libération vaut « par le paiement de cette somme aux créanciers inscrits » : les articles lus ne disent pas comment 340 000 € se répartissent entre deux inscriptions de 245 000 € et 150 000 €, ni selon quel rang. Ce partage relève d’autres règles, et le guide ne les a pas lues.

Le dossier d’Amédée, chiffre par chiffre

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Amédée acquiert un immeuble de rapport pour 340 000 €, et l’état hypothécaire révèle deux inscriptions.

Ce qui grève l’immeuble, et ce qu’Amédée a payé

Le dossier d’Amédée, chiffre par chiffre — tableau 1
Première inscription245 000 €
Seconde inscription150 000 €
Total inscrit395 000 €
Prix stipulé dans l’acte340 000 €

Le tableau s’additionne à l’écran : 245 000 et 150 000 font 395 000 €. Le total inscrit dépasse le prix de 55 000 €, soit 13,9 % de ce qui est inscrit — c’est ce découvert qui donne aux créanciers une raison de surenchérir.

La vente est publiée le 7 avril 2026. Amédée notifie les deux créanciers inscrits le 4 mai 2026, soit 27 jours plus tard, et leur délai expire le 13 juin 2026.

Deux issues, et ce qu’elles coûtent

Le dossier d’Amédée, chiffre par chiffre — tableau 2
Aucun créancier ne surenchéritla valeur est fixée au prix stipulé340 000 €
Un créancier surenchérit d’un dixièmevente aux enchères publiques374 000 €
Écart entre les deuxle dixième du prix stipulé34 000 €

Ce tableau aussi se recompte à l’écran : 340 000 et 34 000 font 374 000 €, et l’écart représente exactement 10 % du prix stipulé. La surenchère ramène le découvert des créanciers de 55 000 € à 21 000 €, soit 38,2 % de ce qu’il était.

Toute la procédure tient en 67 jours, de la publication du 7 avril 2026 à l’expiration du délai, le 13 juin 2026. C’est le calendrier qu’un acquéreur doit intégrer avant de programmer des travaux ou une mise en location.

Ce que ce dossier ne dit pas mérite d’être posé aussi nettement. Il ne dit pas si un créancier surenchérira : cela dépend de son appréciation de la valeur du bien, que le texte ne règle pas. Il ne dit pas non plus à quel prix l’adjudication se conclurait, la surenchère fixant une mise à prix, non un résultat.

Un dernier point de calendrier mérite d’être posé pour un investisseur. Les 67 jours qui séparent la publication de l’expiration du délai sont un minimum de procédure, non une durée totale : le texte ne dit rien du temps qu’il faut ensuite pour payer ou consigner. Le guide sur le coût réel d’une acquisition dans l’ancien chiffre ce que ces mois d’attente représentent en frais portés.

Cinq dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Cinq dossiers distincts, dans lesquels la vente avait été régulièrement publiée.

L’acquéreur qui compte sur la publication. Il publie son acte et croit l’affaire close. Le texte dit que la publication « ne purge pas les hypothèques » : 395 000 € d’inscriptions continuent de grever un immeuble payé 340 000 €.

La sommation laissée dormir. Une première sommation de payer arrive, l’acquéreur temporise deux mois. Le texte enferme l’offre « dans le mois de la première sommation » : le mois écoulé, il aura à discuter d’un droit de suite portant sur 395 000 €.

Le créancier oublié. Un seul des deux inscrits est notifié, celui dont la créance de 245 000 € paraissait la seule sérieuse. Le texte vise « les créanciers inscrits », au pluriel : les 150 000 € de la seconde inscription restent entiers.

La surenchère qu’on croit pouvoir retirer. Un créancier surenchérit de 34 000 €, puis change d’avis et propose de payer. Le texte lui refuse ce retrait sans le consentement de tous les autres inscrits : l’adjudication publique aura lieu.

Le calendrier oublié dans le plan de travaux. L’acquéreur programme un chantier pour le mois suivant l’acte, sans intégrer les 67 jours de procédure. Les artisans sont mobilisés sur un immeuble dont le sort n’est pas fixé, et un créancier peut encore requérir des enchères sur un bien payé 340 000 €.

Le point commun des cinq tient en une ligne. Dans chacun, l’hypothèque a été traitée comme une dette du vendeur, alors que le code en fait une charge de l’immeuble, que seule une procédure nommée fait tomber.

Six gestes pour un acquéreur d’immeuble grevé

Trois avant de signer. Trois après la publication.

  1. Demandez l’état hypothécaire avant l’offre, pas après. C’est lui qui dit combien pèse l’immeuble : 395 000 € pour un bien acheté 340 000 € changent la négociation.
  2. Cherchez d’abord l’accord de tous les créanciers inscrits. Le texte purge l’immeuble par le seul effet du paiement convenu, sans procédure ni délai de quarante jours.
  3. Comptez la surenchère dans votre plan de financement. Un dixième du prix stipulé, soit 34 000 € ici, peut s’ajouter si un créancier requiert les enchères.
  4. Notifiez tous les créanciers inscrits, sans en écarter aucun. Le texte ne distingue ni selon le rang, ni selon le montant.
  5. Ne laissez pas courir le mois qui suit une sommation. C’est l’une des deux fenêtres que le code ouvre, et elle se referme seule.
  6. Tenez le compte des quarante jours créancier par créancier. Le délai court depuis la notification faite à chacun, non depuis la première.

Un mot sur les professionnels que ce dossier mobilise, et sur leur ordre. Le notaire délivre l’état hypothécaire et conduit la purge, et c’est de très loin l’interlocuteur principal. Le commissaire de justice porte la notification aux créanciers inscrits et établira la preuve de sa date, qui commande les quarante jours. Le courtier saura si un plan de financement supporte une surenchère de 34 000 €. Et l’expert-comptable dira ce qu’un décalage de 67 jours fait à une mise en location prévue.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne décrit pas la procédure d’enchères elle-même, ni la forme de la caution que le créancier doit fournir : les articles lus les nomment sans les détailler. Il ne traite pas les autres articles de la même sous-section, qui n’ont pas été lus. Il ne dit pas ce qu’il advient de la créance restée découverte après la purge, sinon qu’elle cesse de peser sur l’immeuble. Il ne traite pas les purges de plein droit, qu’il se contente de citer. Et il ne traite ni la durée d’une inscription, ni le choix d’une garantie de prêt, ni l’achat auprès d’un vendeur en difficulté.

34 000 € DE SURENCHÈRE POSSIBLE, 67 JOURS DE PROCÉDURE

Le prix payé est le plafond de votre offre de purge.

L’acquéreur offre « jusqu’à concurrence du prix stipulé dans l’acte d’acquisition » — jamais le montant inscrit. Un prix minoré réduit d’autant l’offre, et augmente l’intérêt des créanciers à surenchérir.

  • Pourquoi l’accord unanime évite quarante jours d’attente
  • Pourquoi un créancier qui surenchérit ne peut plus se désister seul
  • Pourquoi la consignation libère l’immeuble sans courir après les quittances
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Dix réponses directes sur le droit de suite, les purges de plein droit, l’accord des créanciers inscrits, le contenu de la notification, les quarante jours, la surenchère du dixième et la libération par paiement ou consignation.

Un immeuble de rapport grevé au-delà de son prix ?

La première pièce du dossier est l’état hypothécaire, et il se demande avant l’offre.

Faire le point sur un projet

01 · Le principe

  • 01Acheter un bien hypothéqué efface-t-il l’hypothèque ?
    Non. Le code est explicite : « La simple publication au service chargé de la publicité foncière des titres translatifs de propriété ne purge pas les hypothèques établies sur l’immeuble ». L’hypothèque grève l’immeuble et non le vendeur : elle suit le bien entre les mains de l’acquéreur, qui devient ce que le code appelle le tiers acquéreur. Pour s’en défaire, il faut engager une procédure nommée — la purge — ou obtenir l’accord de tous les créanciers inscrits.
  • 02Pourquoi l’hypothèque survit-elle à la vente ?
    Parce qu’elle grève l’immeuble, pas le vendeur. « Le vendeur ne transmet à l’acquéreur que la propriété et les droits qu’il avait lui-même sur la chose vendue : il les transmet sous l’affectation des mêmes hypothèques dont la chose vendue était grevée ».
  • 03Existe-t-il des cas où la purge est automatique ?
    Oui, mais ils sont énumérés. L’immeuble est purgé de plein droit « dans les cas prévus par la loi, notamment la vente sur saisie immobilière, l’expropriation pour cause d’utilité publique ou les situations prévues par les livres VI du code de commerce ou VII du code de la consommation ». Une vente amiable ordinaire n’y figure pas.

02 · La procédure

  • 04Peut-on purger sans procédure ?
    Oui, si tous les créanciers inscrits s’accordent. Lorsqu’ils « conviennent avec le débiteur que le prix en sera affecté au paiement total ou partiel de leurs créances », le texte prévoit que « Par l’effet de ce paiement, l’immeuble est purgé du droit de suite attaché à l’hypothèque ».
  • 05Que doit contenir la notification de l’acquéreur ?
    Une offre de payer, plafonnée au prix. L’acquéreur notifie un acte où il dit « être prêt à acquitter sur-le-champ les dettes hypothécaires, exigibles ou non exigibles, mais jusqu’à concurrence du prix stipulé dans l’acte d’acquisition ».
  • 06Dans quel délai l’acquéreur doit-il notifier ?
    Le texte ouvre deux fenêtres : « soit avant les poursuites, soit dans le mois de la première sommation de payer qui lui est faite ». Et la vente doit avoir été publiée au préalable.

03 · Les délais

  • 07Combien de temps un créancier a-t-il pour réagir ?
    Quarante jours. Tout créancier inscrit peut, « dans les quarante jours suivant la notification qui lui a été faite, requérir la vente de l’immeuble aux enchères publiques », à deux conditions : surenchérir « d’un dixième sur le prix stipulé ou sur la valeur déclarée », et « fournisse caution à due concurrence ».
  • 08Un créancier peut-il retirer sa surenchère ?
    Pas seul. Le créancier requérant « ne peut par son désistement, et même s’il offre de payer la surenchère, empêcher l’adjudication publique, sauf si tous les autres créanciers inscrits y consentent ».

04 · L’issue

  • 09Que se passe-t-il si aucun créancier ne surenchérit ?
    Le prix devient la valeur. « Si aucun créancier ne requiert la mise aux enchères dans le délai et les formes prescrites, la valeur de l’immeuble est définitivement fixée au prix stipulé ou à la valeur déclarée ».
  • 10Faut-il payer les créanciers, ou peut-on consigner ?
    Les deux voies sont ouvertes. L’immeuble est « libéré de toute hypothèque par le paiement de cette somme aux créanciers inscrits, ou par sa consignation ».

395 000 € inscrits sur un immeuble payé 340 000 €. Et une procédure qui tient en 67 jours.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Nous exposons les textes ; sur un immeuble grevé, l’interlocuteur est le notaire.

Sept articles lus sur Légifrance, dans leur état au 28 août 2026Tous portent la version en vigueur depuis le 1er janvier 2022Textes relus en fragments recollés, pour écarter toute troncature

Sources et date de contrôle

Sept articles du code civil lus mot à mot sur Légifrance le 28 août 2026, sur une adresse sans date.

  • Source 01

    Article 2461 du code civil — Légifrance. L’immeuble est, de plein droit, purgé du droit de suite attaché à l’hypothèque dans les cas prévus par la loi, notamment la vente sur saisie immobilière, l’expropriation pour cause d’utilité publique ou les situations prévues par les livres VI du code de commerce ou VII du code de la consommation. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Aucune version postérieure annoncée. Article lu le 28 août 2026 sur la page de la sous-section « De la purge », sur une adresse sans date, par une consigne exigeant des citations exactes sans reformulation, restituées en fragments courts recollés bout à bout pour éviter toute troncature, et relu pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 02

    Article 2462 du code civil — Légifrance. La simple publication au service chargé de la publicité foncière des titres translatifs de propriété ne purge pas les hypothèques établies sur l’immeuble. Le vendeur ne transmet à l’acquéreur que la propriété et les droits qu’il avait lui-même sur la chose vendue : il les transmet sous l’affectation des mêmes hypothèques dont la chose vendue était grevée. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Aucune version postérieure annoncée. Article lu le 28 août 2026 sur la même page de sous-section, sur une adresse sans date, en fragments courts recollés, et relu pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 03

    Article 2463 du code civil — Légifrance. Lorsque, à l’occasion de la vente d’un immeuble hypothéqué, tous les créanciers inscrits conviennent avec le débiteur que le prix en sera affecté au paiement total ou partiel de leurs créances ou de certaines d’entre elles, ils exercent leur droit de préférence sur le prix et ils peuvent l’opposer à tout cessionnaire comme à tout créancier saisissant de la créance de prix. Par l’effet de ce paiement, l’immeuble est purgé du droit de suite attaché à l’hypothèque. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Aucune version postérieure annoncée. Article lu le 28 août 2026 sur la même page de sous-section, sur une adresse sans date, en fragments courts recollés, et relu pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 04

    Article 2464 du code civil — Légifrance. A défaut de l’accord prévu par l’article précédent, le tiers acquéreur peut, une fois la vente publiée, purger l’immeuble du droit de suite attaché à l’hypothèque. Il doit, soit avant les poursuites, soit dans le mois de la première sommation de payer qui lui est faite, notifier aux créanciers inscrits un acte où il dit être prêt à acquitter sur-le-champ les dettes hypothécaires, exigibles ou non exigibles, mais jusqu’à concurrence du prix stipulé dans l’acte d’acquisition ou, s’il a reçu l’immeuble par donation, de la valeur qu’il déclare. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Aucune version postérieure annoncée. Article lu le 28 août 2026 sur la même page de sous-section, sur une adresse sans date, en fragments courts recollés bout à bout, et relu pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 05

    Article 2465 du code civil — Légifrance. Tout créancier inscrit peut, dans les quarante jours suivant la notification qui lui a été faite, requérir la vente de l’immeuble aux enchères publiques, pourvu qu’il surenchérisse d’un dixième sur le prix stipulé ou sur la valeur déclarée, et qu’il fournisse caution à due concurrence. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Aucune version postérieure annoncée. Article lu le 28 août 2026 sur la même page de sous-section, sur une adresse sans date, en fragments courts recollés, et relu pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 06

    Article 2466 du code civil — Légifrance. Le créancier requérant ne peut par son désistement, et même s’il offre de payer la surenchère, empêcher l’adjudication publique, sauf si tous les autres créanciers inscrits y consentent. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Aucune version postérieure annoncée. Article lu le 28 août 2026 sur la même page de sous-section, sur une adresse sans date, en fragments courts recollés, et relu pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 07

    Article 2467 du code civil — Légifrance. Si aucun créancier ne requiert la mise aux enchères dans le délai et les formes prescrites, la valeur de l’immeuble est définitivement fixée au prix stipulé ou à la valeur déclarée. L’immeuble est, en conséquence, libéré de toute hypothèque par le paiement de cette somme aux créanciers inscrits, ou par sa consignation. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Aucune version postérieure annoncée. Article lu le 28 août 2026 sur la même page de sous-section, sur une adresse sans date, en fragments courts recollés, et relu pour écarter une erreur de transcription.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les sept sources citées ont été lues sur Légifrance avant citation, le 28 août 2026, sur une même adresse de sous-section sans date. Une difficulté technique a été rencontrée et contournée : l’outil de lecture tronquait les articles longs, et les textes ont donc été redemandés sous forme de fragments courts, ordonnés et sans chevauchement, recollés bout à bout pour reconstituer chaque article mot à mot ; chaque article a ensuite été relu pour écarter une erreur de transcription. Les sept articles portent la même version, en vigueur depuis le 1<super</sup janvier 2022, et le contrôle de fraîcheur n’a relevé aucune version postérieure annoncée. Les quantités du dossier d’Amédée — 340 000 € de prix, 245 000 € et 150 000 € d’inscriptions — sont des hypothèses posées pour l’exemple, et non des observations ; elles sont choisies pour que 395 000 €, 34 000 € et 374 000 € se recomptent à la main, et pour que le total inscrit dépasse le prix, sans quoi la surenchère n’aurait pas d’intérêt. Les délais, en revanche, ne sont pas des hypothèses : les quarante jours et le mois suivant la sommation sont dans les textes cités. Nous ne publions ni fréquence des surenchères, ni proportion de ventes purgées à l’amiable : rien de tel n’a été mesuré. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur un immeuble grevé, l’interlocuteur utile est le notaire, et la première pièce est l’état hypothécaire.