Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 26 août 20264 sourcesMéthode en cinq passes

Acheter aux enchères immobilières : ce que la mise à prix cache, et à quel prix l'opération tiendrait vraiment

Les pages du sujet décrivent le déroulement de l’audience. Aucune ne calcule ce que l’opération coûte réellement, ni ne dit que les frais s’ajoutent au prix sans qu’aucune clause puisse l’empêcher.

UNE MISE À PRIX EST UN APPÂT, PAS UN PRIX

90 000 € affichés, 172 240 € engagés.

Les frais de poursuite taxés et les droits de mutation sont payés par l’adjudicataire en sus du prix, et toute stipulation contraire est réputée non écrite.

  • On n’enchérit pas soi-même : un avocat du bon barreau porte les enchères
  • Caution de 10 % de la mise à prix, plancher de 3 000 €
  • Aucune condition suspensive de prêt, et deux mois pour payer
  • Dix jours pendant lesquels une surenchère peut tout reprendre

MISE À PRIX AFFICHÉE

90 000 €

PRIX DE REVIENT COMPLET

172 240 €

RENDEMENT APPARENT

10,40 %

RENDEMENT RÉEL

5,43 %

CAUTION À DÉPOSER

9 000 €

PERTE SI LE PRIX N’EST PAS PAYÉ

11 500 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. On n’enchérit pas soi-même : « les enchères sont portées par le ministère d’un avocat inscrit au barreau du tribunal judiciaire devant lequel la vente est poursuivie »1. Il faut lui remettre au préalable une caution bancaire irrévocable ou un chèque de banque de 10 % de la mise à prix, avec un plancher de 3 000 €1.

Le prix n’est pas tout ce qu’on paie : « les frais de poursuite et, le cas échéant, de surenchère taxés et les droits de mutation sont payés par l’adjudicataire par priorité en sus du prix », et « toute stipulation contraire est réputée non écrite »2.

Sur le cas de ce guide, la mise à prix suggérait 10,40 % de rendement. Le prix de revient réel donne 5,43 %.

La vente aux enchères immobilières attire pour une raison simple et fausse : on y voit des mises à prix très inférieures aux valeurs de marché, et l’on en conclut qu’on y achète moins cher. La mise à prix n’est pas un prix. C’est un point de départ, fixé par le créancier poursuivant dans son propre intérêt, et il est bas précisément pour attirer des enchérisseurs — un bien mis à prix trop haut ne trouve pas preneur, la vente échoue, et le créancier repart pour des mois de procédure sans avoir rien recouvré.

Ce guide traite la vente sur saisie, devant le juge de l’exécution — celle que recouvre l’expression dans la plupart des recherches. Les ventes notariales et les ventes domaniales obéissent à d’autres règles, et nous ne les mélangeons pas.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Didier, 47 ans, chef d’équipe logistique à Valenciennes, qui repère un appartement mis à prix 90 000 € et se prépare à enchérir. Il l’emportera à 128 000 €, engagera 25 000 € de travaux, et espère le louer 780 €. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.

Qui peut enchérir, et avec quoi ?

Tout le monde, et personne directement. La nuance est le premier obstacle, et elle surprend les acheteurs venus du marché ordinaire, où l’on signe soi-même une offre.

Le texte impose la représentation : « les enchères sont portées par le ministère d’un avocat inscrit au barreau du tribunal judiciaire devant lequel la vente est poursuivie »1. Un candidat ne lève pas la main : il mandate un avocat, lui fixe un plafond, et celui-ci enchérit pour son compte.

Deux conséquences pratiques en découlent, et elles se budgètent avant la vente.

  1. L’avocat doit être inscrit au bon barreau. Celui du tribunal où la vente se poursuit, pas celui du domicile de l’acheteur. Sur un bien éloigné, cela suppose de trouver et de mandater un professionnel qu’on ne connaît pas, quelques semaines avant l’audience.
  2. Ses honoraires se paient quel que soit le résultat. Un enchérisseur qui repart les mains vides a tout de même engagé la dépense. Chez Didier, elle s’élève à 2 500 €.

La garantie vient ensuite, et elle est remise avant l’enchère. Le texte exige « une caution bancaire irrévocable ou un chèque de banque » représentant « 10 % du montant de la mise à prix, sans que le montant de cette garantie puisse être inférieur à 3 000 € »1. Sur une mise à prix de 90 000 €, cela fait 9 000 € immobilisés.

Bonne nouvelle pour qui n’emporte pas le bien : la somme « est restituée dès l’issue de l’audience d’adjudication »1. Mauvaise nouvelle pour l’adjudicataire qui ne paie pas : « la somme versée ou la caution apportée est acquise aux créanciers participant à la distribution ». Nous y revenons.

Quatre-vingt-dix secondes

C’est la durée de la fenêtre après chaque enchère, et elle explique pourquoi les prix montent au-delà du raisonnable.

Le texte est mécanique : « les enchères sont arrêtées lorsque quatre-vingt-dix secondes se sont écoulées depuis la dernière enchère »1. Chaque offre relance le compteur. Tant que quelqu’un renchérit dans la minute et demie, la vente continue.

Une salle où trois enchérisseurs se disputent un bien ne s’arrête donc pas quand la valeur de marché est atteinte : elle s’arrête quand le deuxième renonce. C’est le fonctionnement normal de tout marché aux enchères, et il produit régulièrement des prix supérieurs à ceux d’une négociation de gré à gré.

Le point de vigilance. Fixez votre plafond par écrit à votre avocat, avec le prix de revient qui le justifie, et ne le révisez pas pendant l’audience. Le mandat écrit n’est pas une formalité : c’est le seul garde-fou dans une salle où l’on décide en quatre-vingt-dix secondes, sans le temps de refaire un calcul.

Notre guide sur la négociation du prix à partir d’un rendement cible décrit la méthode inverse — celle où le temps travaille pour l’acheteur. Aux enchères, il travaille contre lui.

Reste la question de ce qu’on sait du bien avant de fixer ce plafond, et la réponse est moins désespérante qu’on ne le croit. Le cahier des conditions de vente comporte les diagnostics établis par un diagnostiqueur, un descriptif dressé par un commissaire de justice, et le plus souvent l’indication des occupants ; une visite est organisée, généralement unique et brève. C’est peu au regard d’une acquisition ordinaire, où l’on revient trois fois avec un artisan pour chiffrer les travaux, mais c’est assez pour établir une fourchette — à condition d’avoir demandé le dossier plusieurs semaines avant l’audience plutôt que la veille.

Ce que la mise à prix ne dit pas

Voici la disposition la plus importante du sujet, et la moins connue de ceux qui s’y intéressent — au point qu’elle explique à elle seule une bonne part des déconvenues qu’on nous rapporte.

« Les frais de poursuite et, le cas échéant, de surenchère taxés et les droits de mutation sont payés par l’adjudicataire par priorité en sus du prix. Il en est fourni justificatif au greffe avant l’expiration du délai de deux mois à compter de la date d’adjudication définitive, à peine de réitération des enchères. Toute stipulation contraire est réputée non écrite »2.

Trois choses à retenir de cette phrase.

  1. Ce sont des frais de procédure, pas des frais d’agence. Ils rémunèrent la poursuite engagée par le créancier — actes, publicité, commissaire de justice, avocat du poursuivant — et ils sont taxés par le juge, donc connus avant l’audience. Ils se demandent, et ils se lisent.
  2. Ils s’ajoutent au prix, ils n’en sont pas déduits. Un adjudicataire qui a calculé son plafond en oubliant cette ligne dépasse son budget au moment même où le marteau tombe.
  3. Aucune clause ne peut les déplacer. La dernière phrase ferme la porte à tout aménagement, y compris consenti par le créancier.

Chez Didier, ces frais taxés représentent 6 500 €, auxquels s’ajoutent les droits de mutation et les émoluments — que nous retenons à 8 % du prix en hypothèse, soit 10 240 €. Notre guide sur les frais de notaire dans l’ancien détaille la composition de cette dernière ligne dans une vente ordinaire.

De 90 000 € affichés à 172 240 € engagés

Reprenons le dossier de Didier, ligne par ligne, en partant du chiffre qui l’a attiré.

La mise à prix ne représente que la moitié de ce que l’opération coûte

De 90 000 € affichés à 172 240 € engagés — tableau 1
Mise à prix affichée90 000 €
Prix d’adjudication128 000 €
Frais de poursuite taxés6 500 €
Droits de mutation et émoluments10 240 €
Honoraires d’avocat2 500 €
Travaux25 000 €
Prix de revient172 240 €

Le prix de revient dépasse la mise à prix de 82 240 €, soit 91,4 % de plus. Le bien qui semblait coûter 90 000 € en coûte près du double.

L’effet sur le rendement est du même ordre. Le loyer de 780 € par mois représente 9 360 € par an. Rapporté à la mise à prix, cela donnerait 10,40 % — le chiffre qui circule dans les discussions d’enchérisseurs. Rapporté au prix de revient, il tombe à 5,43 %.

Notre méthode de calcul du rendement locatif impose de partir du prix de revient complet. Aux enchères, l’écart entre les deux bases atteint près de cinq points, ce qui est le plus fort que nous ayons rencontré sur une voie d’acquisition.

Pendant dix jours, rien n’est acquis

Le marteau tombe, l’avocat vous appelle pour vous annoncer que le bien est à vous, et vous n’êtes pas propriétaire.

Le texte ouvre à quiconque une faculté redoutable : « toute personne peut faire une surenchère du dixième au moins du prix principal de la vente »3. Elle se forme par acte d’avocat, dans les dix jours de l’adjudication, et le surenchérisseur doit justifier d’une garantie de dix pour cent du prix. La déclaration ne se retire pas.

Sur le dossier de Didier, cela signifie qu’un tiers peut lui reprendre l’appartement à 140 800 € pendant dix jours, sans avoir eu à se déplacer à l’audience.

Si la surenchère est formée, une nouvelle audience se tient « dans un délai de deux à quatre mois »3. Didier peut y participer et reprendre le bien à un prix encore plus élevé, ou renoncer — auquel cas il aura payé son avocat pour rien.

Cette faculté explique un comportement qui déroute les nouveaux venus : certains professionnels n’assistent pas aux audiences et surenchérissent ensuite, en connaissant le prix réel du marché plutôt qu’en l’anticipant. Ils achètent 10 % plus cher, mais sans risque de s’emballer.

Deux mois, et aucune condition de prêt

C’est la différence la plus lourde avec une acquisition ordinaire, et elle ne se rattrape pas.

Le versement du prix « est opéré dans un délai de deux mois à compter de la date d’adjudication définitive, à peine de réitération des enchères »2. Les frais taxés suivent le même calendrier et la même sanction.

Deux mois pour réunir 128 000 € plus les frais. Aucune clause ne subordonne l’adjudication à l’obtention d’un crédit : la condition suspensive de prêt, qui protège tout acquéreur dans une vente ordinaire, n’existe pas ici. Un enchérisseur doit donc disposer des fonds, ou d’un accord bancaire ferme obtenu avant l’audience sur un bien qu’il n’a peut-être pas visité.

Et si le délai n’est pas tenu ? La garantie déposée « est acquise aux créanciers participant à la distribution »1. Didier perdrait ses 9 000 €, plus les 2 500 € d’avocat déjà engagés : 11 500 € de perte sèche, sans avoir acquis quoi que ce soit.

Un accord de principe ne suffit pas. Notre guide sur le calcul de la capacité d’emprunt aide à savoir, avant de mandater un avocat, si le plafond qu’on lui donnera est finançable.

Que devient l’occupant après l’adjudication ?

Il reste, jusqu’à ce que l’adjudicataire le fasse partir — et l’adjudicataire ne le peut qu’après avoir payé le prix et les frais, ce qui déplace le début de toute démarche à deux mois au plus tôt après l’audience.

Le texte pose la règle et ses conditions : « sauf si le cahier des conditions de vente prévoit le maintien dans les lieux du débiteur saisi, l’adjudicataire peut mettre à exécution le titre d’expulsion dont il dispose à l’encontre du saisi et de tout occupant de son chef n’ayant aucun droit qui lui soit opposable à compter du versement du prix ou de sa consignation et du paiement des frais taxés »4.

Trois enseignements, dans l’ordre où ils comptent.

  1. Le cahier des conditions de vente peut prévoir le maintien du débiteur. C’est la première chose à y chercher, avant même le prix. Un bien vendu avec son occupant maintenu n’est pas le même bien.
  2. Un locataire dont le bail est antérieur reste protégé. Le texte vise l’occupant « n’ayant aucun droit qui lui soit opposable » : un bail régulier en est un. L’adjudicataire devient bailleur et reprend le bail en cours.
  3. Rien ne commence avant le paiement. La procédure d’expulsion ne s’ouvre qu’après versement du prix et des frais taxés — c’est-à-dire au plus tôt deux mois après l’adjudication, et souvent bien plus tard en pratique.

Le calendrier de mise en location d’un bien acquis aux enchères se compte donc rarement en semaines. Cette immobilisation est un coût réel, qui n’apparaît sur aucune ligne du cahier des conditions de vente.

À quel prix l’opération deviendrait-elle intéressante ?

La question mérite un chiffre plutôt qu’une opinion, et le chiffre est instructif.

Nous appliquons un seuil de 8 % de rendement brut sur le prix de revient complet pour retenir une opération. Sur le dossier de Didier — 780 € de loyer, 6 500 € de frais taxés, 2 500 € d’avocat, 25 000 € de travaux et des droits à 8 % —, ce seuil supposerait un prix d’adjudication de 76 852 €.

Or la mise à prix est de 90 000 €. Le prix qu’il faudrait obtenir se situe donc 13 148 € sous le point de départ des enchères : il est structurellement inatteignable, puisqu’on ne peut pas enchérir en dessous de la mise à prix.

Vu de l’autre côté, il faudrait un loyer de 1 148 € par mois au lieu des 780 € constatés pour que le prix payé se justifie — 368 € d’écart mensuel, sur un bien dont le marché locatif est ce qu’il est.

Ce calcul ne condamne pas la voie des enchères. Il dit que sur ce dossier-là, à cette mise à prix et pour ce loyer, l’affaire n’existait pas — et qu’il fallait le savoir avant de mandater un avocat.

Il fournit surtout une méthode transposable, et c’est la raison d’être de ce guide. Reprenez le loyer que le bien peut réellement produire dans son secteur, divisez-le par le rendement que vous exigez, retirez de ce total les travaux estimés, les frais taxés annoncés au greffe, les droits de mutation et les honoraires de votre avocat : ce qui subsiste est votre enchère maximale. Un agent immobilier du quartier vous donnera le loyer en un appel, un notaire vous confirmera l’ordre de grandeur des droits, et le greffe vous communiquera les frais taxés. Trois renseignements, une soustraction, et le plafond est établi avant d’entrer dans la salle.

Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant

Aucun ne se produit dans la salle, ce qui est contre-intuitif pour un sujet dont l’imaginaire tient tout entier dans une salle d’audience. Tous se préparent avant, ou se paient après.

Calculer sur la mise à prix. C’est l’incident fondateur : 10,40 % de rendement apparent contre 5,43 % réels, et un prix de revient de 172 240 € pour une mise à prix de 90 000 €. Le geste qui l’évite est de bâtir son plafond à l’envers, en partant du loyer et du rendement visé.

Oublier les frais taxés dans le plafond. Ils sont connus avant l’audience et s’ajoutent au prix par disposition expresse : 6 500 € sur ce dossier, soit plus de 5 % du prix d’adjudication. Un enchérisseur qui les découvre après a dépassé son budget au moment où le marteau est tombé.

Enchérir sans financement ferme. Il n’existe aucune condition suspensive de prêt, et le prix se paie en deux mois. Un défaut fait perdre la garantie de 9 000 € et les 2 500 € d’avocat, soit 11 500 € pour rien.

Ignorer le cahier des conditions de vente. Il dit qui occupe, à quel titre, et si le débiteur est maintenu dans les lieux. Un bien acquis 128 000 € avec un occupant maintenu n’a ni le même usage ni la même valeur, et cela se lit avant l’audience.

Faut-il acheter aux enchères ?

Pour un investisseur qui cherche du rendement, rarement. Pour d’autres objectifs, parfois — et il vaut mieux savoir lequel on poursuit.

  1. Le rendement locatif pur. La mise à prix basse est un appât, la concurrence fait le prix, et les frais s’ajoutent. Sur notre dossier, le seuil de 8 % exigeait un prix inférieur à la mise à prix. C’est la configuration ordinaire, pas l’exception.
  2. Un bien rare ou un emplacement fermé. Certains biens n’arrivent jamais sur le marché ordinaire. Là, la question n’est plus le rendement mais l’accès, et elle se traite comme telle. Notre guide sur l’immobilier off-market compare les autres voies d’accès aux biens qui ne sont pas affichés.
  3. Un acheteur qui dispose des fonds. L’absence de condition de prêt cesse d’être un risque quand le prix est disponible. C’est le seul profil pour lequel la contrainte des deux mois n’en est pas une.

La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des investisseurs à l’achat, et la vente aux enchères est un terrain où un accompagnement se vend facilement — le sujet est technique, les textes sont austères, et l’acheteur se sait démuni. Nous ne le recommandons pourtant pas comme voie de rendement. Sur le dossier décrit, l’opération ressort à 5,43 % pour 172 240 € engagés, et atteindre notre seuil de 8 % supposait d’emporter le bien 13 148 € sous sa mise à prix. Un investisseur qui veut du rendement le trouvera plus sûrement en négociant un bien affiché qu’en se battant contre trois personnes dans une salle où l’on décide en quatre-vingt-dix secondes.

10,40 % APPARENTS, 5,43 % RÉELS

Le seuil de 8 % exigeait d’emporter le bien sous sa mise à prix.

Structurellement inatteignable : on ne peut pas enchérir en dessous du point de départ. Encore fallait-il faire le calcul avant de mandater un avocat.

  • Comment bâtir son plafond à l’envers, en partant du loyer
  • Les trois renseignements qui suffisent : loyer, droits, frais taxés
  • Pourquoi la salle s’arrête quand l’avant-dernier renonce
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur l’avocat obligatoire, la caution, les frais ajoutés au prix, la surenchère du dixième, le délai de paiement et le sort de l’occupant.

Une vente aux enchères en vue ?

Apportez le cahier des conditions de vente, le montant des frais taxés et le loyer du secteur. Le plafond se calcule avant l’audience, pas pendant.

Faire le point sur votre dossier

01 · Enchérir

  • 01Peut-on enchérir soi-même à une vente aux enchères immobilières ?
    Non, pas dans une vente sur saisie. Le texte impose la représentation : « les enchères sont portées par le ministère d'un avocat inscrit au barreau du tribunal judiciaire devant lequel la vente est poursuivie ». Le candidat mandate un avocat, lui fixe un plafond par écrit, et celui-ci enchérit pour son compte. Deux conséquences se budgètent : l'avocat doit être inscrit au barreau du tribunal où la vente se poursuit, et ses honoraires se paient même si l'enchère n'aboutit pas.
  • 02Quelle somme faut-il déposer avant d'enchérir ?
    Une caution bancaire irrévocable ou un chèque de banque représentant « 10 % du montant de la mise à prix, sans que le montant de cette garantie puisse être inférieur à 3 000 € ». Sur une mise à prix de 90 000 €, cela fait 9 000 € immobilisés. Qui n'est pas déclaré adjudicataire récupère la somme « dès l'issue de l'audience d'adjudication ». En revanche, si l'adjudicataire ne paie pas dans le délai, « la somme versée ou la caution apportée est acquise aux créanciers participant à la distribution ».

02 · Le coût

  • 03Les frais s'ajoutent-ils au prix d'adjudication ?
    Oui, et aucune clause ne peut en décider autrement. Le texte prévoit que « les frais de poursuite et, le cas échéant, de surenchère taxés et les droits de mutation sont payés par l'adjudicataire par priorité en sus du prix », avant d'ajouter que « toute stipulation contraire est réputée non écrite ». Ces frais rémunèrent la procédure engagée par le créancier ; ils sont taxés par le juge, donc connus avant l'audience, et ils se demandent. Sur le cas de ce guide, ils représentent 6 500 €.
  • 04Pourquoi les enchères durent-elles quatre-vingt-dix secondes ?
    Parce que le texte arrête la vente lorsque « quatre-vingt-dix secondes se sont écoulées depuis la dernière enchère ». Chaque offre relance le compteur : tant que quelqu'un renchérit dans la minute et demie, la vente continue. Une salle où plusieurs enchérisseurs se disputent un bien ne s'arrête donc pas à la valeur de marché, mais lorsque l'avant-dernier renonce — ce qui produit régulièrement des prix supérieurs à ceux d'une négociation de gré à gré.

03 · Après l’audience

  • 05Qu'est-ce que la surenchère du dixième ?
    La faculté, ouverte à quiconque pendant dix jours après l'adjudication, de reprendre le bien en offrant au moins un dixième de plus. Le texte dispose que « toute personne peut faire une surenchère du dixième au moins du prix principal de la vente ». Elle se forme par acte d'avocat, suppose une garantie de dix pour cent, et ne se rétracte pas. Une nouvelle audience se tient alors dans un délai de deux à quatre mois. Sur un bien adjugé 128 000 €, un tiers peut le reprendre à 140 800 € sans avoir assisté à la vente.
  • 06Peut-on acheter aux enchères avec une condition suspensive de prêt ?
    Non, et c'est la différence la plus lourde avec une acquisition ordinaire. Le prix est versé ou consigné « dans un délai de deux mois à compter de la date d'adjudication définitive, à peine de réitération des enchères », et aucune clause ne subordonne l'adjudication à l'obtention d'un crédit. Un enchérisseur doit donc disposer des fonds ou d'un accord bancaire ferme obtenu avant l'audience. Un défaut fait perdre la garantie de 9 000 € et les honoraires d'avocat déjà engagés, soit 11 500 € sur le cas décrit.
  • 07Que devient l'occupant du logement après l'adjudication ?
    Il reste jusqu'à ce que l'adjudicataire le fasse partir, et celui-ci ne le peut qu'après avoir payé. Le texte réserve d'abord le cas où « le cahier des conditions de vente prévoit le maintien dans les lieux du débiteur saisi ». Il vise ensuite l'occupant « n'ayant aucun droit qui lui soit opposable » : un locataire dont le bail est régulier en a un, et l'adjudicataire devient son bailleur. Enfin, l'expulsion ne s'ouvre qu'« à compter du versement du prix ou de sa consignation et du paiement des frais taxés ».

04 · L’arbitrage

  • 08Achète-t-on vraiment moins cher aux enchères ?
    Pas sur le cas décrit, et rarement en général. La mise à prix est fixée par le créancier poursuivant et volontairement basse, pour attirer des enchérisseurs. Sur ce dossier, une mise à prix de 90 000 € aboutit à un prix de revient de 172 240 €, soit 91,4 % de plus, et le rendement passe de 10,40 % apparents à 5,43 % réels. Atteindre un rendement brut de 8 % aurait supposé d'emporter le bien à 76 852 €, c'est-à-dire 13 148 € sous la mise à prix — donc structurellement impossible.

On ne décide pas d’un prix en quatre-vingt-dix secondes.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les textes cités sont publics et les cahiers des conditions de vente sont consultables au greffe.

Code des procédures civiles d’exécution, article par articlePérimètre déclaré : la vente sur saisie devant le juge de l’exécutionMontants du cas déclarés en hypothèse, droits de mutation compris

Sources et date de contrôle

Quatre sections du code des procédures civiles d'exécution, relues au 26 août 2026 : les conditions pour enchérir, le paiement du prix et la charge des frais, la surenchère du dixième, et les effets de l'adjudication sur l'occupant.

  • Source 01

    La vente par adjudication — articles R. 322-26 à R. 322-72 du code des procédures civiles d'exécution — Légifrance. R. 322-40 : « Les enchères sont portées par le ministère d'un avocat inscrit au barreau du tribunal judiciaire devant lequel la vente est poursuivie. » R. 322-41 : la garantie prend la forme d'« une caution bancaire irrévocable ou un chèque de banque » représentant « 10 % du montant de la mise à prix, sans que le montant de cette garantie puisse être inférieur à 3 000 € » ; elle « est restituée dès l'issue de l'audience d'adjudication » à qui n'est pas déclaré adjudicataire, tandis qu'en cas de défaillance de l'adjudicataire « la somme versée ou la caution apportée est acquise aux créanciers participant à la distribution ». R. 322-45 : « Les enchères sont arrêtées lorsque quatre-vingt-dix secondes se sont écoulées depuis la dernière enchère. » Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 02

    Le paiement du prix — articles R. 322-56 à R. 322-58 du code des procédures civiles d'exécution — Légifrance. R. 322-56 : le versement ou la consignation du prix « est opéré dans un délai de deux mois à compter de la date d'adjudication définitive, à peine de réitération des enchères ». R. 322-58 : « Les frais de poursuite et, le cas échéant, de surenchère taxés et les droits de mutation sont payés par l'adjudicataire par priorité en sus du prix. Il en est fourni justificatif au greffe avant l'expiration du délai de deux mois à compter de la date d'adjudication définitive, à peine de réitération des enchères. Toute stipulation contraire est réputée non écrite. » La charge des frais ne peut donc être déplacée par aucune clause du cahier des conditions de vente. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 03

    La surenchère — articles R. 322-50 à R. 322-55 du code des procédures civiles d'exécution — Légifrance. R. 322-50 : « Toute personne peut faire une surenchère du dixième au moins du prix principal de la vente. » R. 322-51 : la surenchère est formée par acte d'avocat déposé au greffe dans les dix jours de l'adjudication ; l'avocat justifie de la remise par son client d'une caution bancaire irrévocable ou d'un chèque de banque de dix pour cent du prix principal, et la déclaration ne peut être rétractée. R. 322-53 : l'audience de surenchère est fixée « à une date comprise dans un délai de deux à quatre mois suivant la déclaration de surenchère ». Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 04

    Les effets de l'adjudication — article R. 322-64 du code des procédures civiles d'exécution — Légifrance. « Sauf si le cahier des conditions de vente prévoit le maintien dans les lieux du débiteur saisi, l'adjudicataire peut mettre à exécution le titre d'expulsion dont il dispose à l'encontre du saisi et de tout occupant de son chef n'ayant aucun droit qui lui soit opposable à compter du versement du prix ou de sa consignation et du paiement des frais taxés. » Trois conditions cumulatives : le cahier ne prévoit pas le maintien du débiteur, le prix est versé ou consigné, les frais taxés sont payés. L'occupant titulaire d'un droit opposable — un bail régulier, par exemple — n'entre pas dans le champ. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les textes cités sont publics, les cahiers des conditions de vente sont consultables au greffe, et le calcul tient dans un tableur. Ils sont reproduits dans leur rédaction en vigueur au 26 août 2026. Les montants du cas sont déclarés en hypothèse, y compris le taux de 8 % retenu pour les droits de mutation et les émoluments. Ce guide traite la vente sur saisie devant le juge de l’exécution, et ne constitue pas une consultation juridique.