SARL de famille : la location nue en est exclue, et la sortie coûte moitié moins
La SARL de famille amortit comme un meublé et se transmet comme une société : c’est vrai, et cela vaut 48 134 € face à une société à l’impôt sur les sociétés sur le dossier de ce guide. Trois choses ne sont jamais dites : la location nue en est exclue, la révocation de l’option est définitive, et la cession de parts se taxe à 5 % et non à 3 %.
AVANT D’OPTER
L’option est un aller simple et son périmètre est étroit
La location nue en est exclue, ce qui interdit d’y loger un bien loué vide. Et une fois l’option révoquée, on ne peut plus y revenir : la décision engage la durée de vie de la société.
- Le périmètre familial, tel que la loi le fixe
- L’écart chiffré face à l’impôt sur les sociétés
- Le vrai taux de droits sur une cession de parts
- Ce qui fait perdre le régime sans le vouloir
ÉCART FACE À L’IS
48 134 €
CESSION DE PARTS
5 %
IDÉE REÇUE
3 %
LOCATION NUE
exclue
RÉVOCATION
définitive
PÉRIMÈTRE
famille
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Une SARL exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole, formée uniquement entre parents en ligne directe, frères et sœurs, conjoints ou partenaires de PACS, peut opter pour le régime des sociétés de personnes. Chaque associé est alors imposé sur sa quote-part, et le bien s’amortit.
La location meublée est commerciale par nature : elle est éligible. La location nue est civile : elle ne l’est pas. C’est la première condition à vérifier, et elle élimine la moitié des projets.
À la sortie, le régime transparent coûte 47 026 € d’impôt sur une plus-value de 206 600 €, contre 95 160 € pour une société à l’impôt sur les sociétés — soit 2,02 fois plus. C’est ce que l’option achète réellement.
Ce guide fait trois choses que les pages sur la SARL de famille ne font pas. Il chiffre l’écart de sortie entre les deux régimes au lieu de l’évoquer. Il corrige une erreur répandue sur la taxation des cessions de parts. Et il additionne le coût de fonctionnement de la structure sur toute la durée de détention, pour vérifier que le jeu en vaut la chandelle — la réponse est oui, mais de moins loin qu’on ne l’imagine.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Guillaume, qui achète avec sa sœur, à parts égales, un immeuble meublé de 300 000 € plus 15 000 € de mobilier. L’ensemble produit 24 000 € de loyers annuels, contre 6 000 € de charges et 7 000 € d’intérêts. Une revente à 380 000 € est envisagée au bout de quinze ans. Exemple construit à partir des textes cités et d’hypothèses déclarées — ce n’est pas un dossier client.
Qui peut constituer une SARL de famille ?
La règle de parenté est plus stricte que ne le laisse croire le nom du véhicule.
Les sociétés à responsabilité limitée exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole, et formées uniquement entre personnes parentes en ligne directe ou entre frères et sœurs, ainsi que les conjoints et les partenaires liés par un pacte civil de solidarité, peuvent opter pour le régime fiscal des sociétés de personnes1.
Le point qui piège tient en une phrase de la doctrine : chaque associé doit être directement uni aux autres soit par un lien de parenté en ligne directe ou collatérale jusqu’au deuxième degré, soit par un lien matrimonial2. Ce n’est pas « faire partie de la même famille », c’est être lié à chacun.
Trois montages échouent pour cette raison, et ils sont fréquents : deux frères et un neveu — le neveu est au troisième degré du côté de son oncle ; deux beaux-frères — aucun lien direct entre eux ; deux concubins non mariés et non pacsés — aucun lien reconnu.
L’option ne peut être exercée qu’avec l’accord de tous les associés. Et elle cesse de produire ses effets dès que des personnes autres que celles prévues deviennent associées : l’entrée d’un tiers fait basculer la société à l’impôt sur les sociétés, sans qu’aucune décision n’ait à être prise.
Pourquoi la location nue en est exclue
C’est la condition qui élimine la moitié des projets, et elle tient à une qualification, pas à un seuil.
L’option est réservée aux activités industrielles, commerciales, artisanales ou agricoles. La location meublée est une activité commerciale par nature : elle entre dans le champ. La location nue est une activité civile : elle en sort2. Les activités libérales et celles relevant des bénéfices non commerciaux sont également exclues.
La conséquence pratique est nette et il faut l’énoncer avant tout le reste : si votre projet est en location nue, ce guide ne vous concerne pas. Le véhicule à examiner est alors la société civile, dont notre guide complet et notre guide de la société civile familiale traitent les mécanismes et les pièges.
Une conséquence dérivée mérite d’être posée : si la société bascule un jour du meublé vers le nu — parce qu’un locataire s’installe durablement, parce que le marché change — elle perd l’activité commerciale, donc le régime. L’abandon de l’activité éligible met fin au régime des sociétés de personnes au même titre que l’entrée d’un tiers.
Ce que l’option apporte réellement
Elle apporte une chose et une seule, mais elle est décisive : la comptabilité commerciale, donc l’amortissement.
Un mot sur les 60 000 € qui séparent le prix de 300 000 € de la base amortissable de 240 000 €, parce que le tableau ci-dessous les fait disparaître sans les nommer. C’est la quote-part du terrain, et elle ne s’amortit jamais : un terrain ne se déprécie pas. Aucun texte ne fixe de forfait pour la déterminer — les 20 % retenus ici sont une hypothèse de dossier, pas une règle, et une part sous-évaluée en zone tendue est le premier motif de redressement sur ce sujet. Notre guide sur la fiscalité de la location meublée donne la méthode opposable et les fourchettes par zone.
Amortissement d’un immeuble de 300 000 € dont 240 000 € amortissables, plus 15 000 € de mobilier
| Composant | Base | Durée | Dotation annuelle |
|---|---|---|---|
| Gros œuvre | 120 000 € | 50 ans | 2 400 € |
| Façades et étanchéité | 36 000 € | 25 ans | 1 440 € |
| Installations générales et techniques | 60 000 € | 20 ans | 3 000 € |
| Agencements | 24 000 € | 15 ans | 1 600 € |
| Mobilier | 15 000 € | 7 ans | 2 143 € |
| Total | — | — | 10 583 € |
L’effet sur le résultat imposable est spectaculaire. Sur le dossier de Guillaume, la dotation atteint 10 583 € par an. Guillaume encaisse 24 000 € de loyers, dépense 6 000 € de charges et 7 000 € d’intérêts : il lui reste 11 000 € de trésorerie. L’amortissement de 10 583 € en absorbe 96,2 %, et le résultat imposable tombe à 417 €, pour un impôt de 203 € — 30 % de tranche marginale et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Retenez la mécanique plutôt que le chiffre : l’amortissement est une charge qui ne se décaisse pas. Elle transforme un revenu taxable en trésorerie disponible, sans rien coûter — jusqu’à la revente, où l’addition arrive. Le calcul par composants que le tableau ci-dessus résume se fait valider par un expert-comptable, composant par composant et durée par durée.
Combien la sortie coûte-t-elle selon le régime ?
C’est là que se joue tout l’intérêt de l’option, et l’écart est de plus du simple au double.
En régime transparent, le régime de la plus-value dépend d’une chose que la société ne décide pas : le caractère professionnel de chaque associé. La plus-value relève du régime des particuliers lorsque l’activité n’est pas exercée à titre professionnel — c’est le cas de Guillaume et de sa sœur, dont les recettes restent loin des seuils. Un associé qui serait, lui, loueur en meublé professionnel verrait sa quote-part relever du régime des plus-values professionnelles, avec une coupure entre court terme et long terme que notre guide sur le loueur meublé professionnel détaille. Le calcul qui suit vaut donc pour des associés non professionnels.
Pour eux, depuis le 15 février 2025, le prix d’acquisition est minoré des amortissements admis en déduction.3 : sur quinze ans, les 126 600 € d’amortissements du bâti ramènent le prix retenu de 300 000 € à 173 400 €, et la plus-value brute atteint 206 600 €.
Quinze ans de détention donnent dix années au-delà de la cinquième, soit 60 % d’abattement à l’impôt sur le revenu et 16,50 % aux prélèvements sociaux4. L’impôt ressort à 15 702 €, les prélèvements sociaux à 29 672 €, la surtaxe sur les plus-values élevées à 1 653 €5. Total : 47 026 €, soit 22,76 % de la plus-value brute.
Pourquoi l’impôt sur les sociétés coûte deux fois plus
Refaisons exactement la même opération dans une société soumise à l’impôt sur les sociétés, et la raison apparaît sans commentaire.
La plus-value professionnelle se calcule sur la valeur nette comptable, c’est-à-dire le prix diminué de tous les amortissements pratiqués — mobilier compris. Les 141 600 € cumulés ramènent la valeur nette à 173 400 €, et la plus-value à 206 600 €. Le hasard veut que les deux bases coïncident ici, parce que le mobilier est entièrement amorti au bout de sept ans.
Revente à 380 000 € après quinze ans, plus-value de 206 600 €
| Poste | Régime transparent | Impôt sur les sociétés |
|---|---|---|
| Abattements pour durée de détention | 60 % et 16,50 % | aucun |
| Impôt sur le revenu ou sur les sociétés | 15 702 € | 47 400 € |
| Prélèvements sociaux | 29 672 € | — |
| Surtaxe | 1 653 € | — |
| Distribution aux associés à 30 % | — | 47 760 € |
| Total | 47 026 € | 95 160 € |
| En part de la plus-value | 22,76 % | 46,06 % |
Deux causes expliquent l’écart de 48 134 €, et elles se cumulent.
La première : le régime professionnel ne connaît aucun abattement pour durée de détention. Quinze ans de patience ne valent rien à l’impôt sur les sociétés, alors qu’ils effacent 60 % de la base à l’impôt sur le revenu.
La seconde : l’argent reste dans la société. Pour le sortir, il faut le distribuer, et la distribution supporte le prélèvement forfaitaire unique, porté de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026 — 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. C’est une seconde couche que le régime transparent ne connaît pas, puisque les associés y sont imposés directement.
La cession de parts est-elle taxée à 3 % ?
Non, et c’est l’erreur la plus répandue sur ce sujet. Nous l’avions nous-mêmes écrite avant de relire le texte.
Les cessions de parts sociales de sociétés dont le capital n’est pas divisé en actions supportent bien un droit de 3 %, après un abattement de 23 000 € réparti au prorata du nombre de parts. Mais les cessions de participations dans des personnes morales à prépondérance immobilière supportent un droit de 5 %, sans abattement6.
Reste à savoir si une SARL de famille exploitant du meublé est à prépondérance immobilière. L’intuition dit non, puisqu’elle affecte ses immeubles à sa propre exploitation commerciale. La doctrine dit l’inverse, et en toutes lettres : est retenue « la valeur des immeubles et des droits réels immobiliers qu’elle possède en France, et ce quelle que soit l’utilisation qu’elle en fait, c’est-à-dire qu’elle les affecte ou non à sa propre exploitation »7.
Sur le dossier de Guillaume, la moitié des parts vaudra 190 000 € à quinze ans. Le droit de 3 % avec abattement représenterait 5 355 € ; le droit de 5 % sans abattement représente 9 500 €. Le surcoût de la prépondérance immobilière atteint 4 145 €.
Le point de vigilance. Ce taux de 5 % reste inférieur aux droits de mutation qu’un acquéreur paierait sur une vente directe du bien — mais de combien dépend désormais du département. Là où le taux départemental est resté à 4,50 %, l’acquéreur supporte 5,81 %, soit 11 033 € pour la même valeur. Là où il a été porté à 5 %, faculté ouverte aux conseils départementaux du 1er avril 2025 au 31 mars 202810, il supporte 6,32 %, soit 12 005 €. La cession de parts demeure donc moins chère qu’une vente d’immeuble — mais l’écart va de 1 533 € à 2 505 € selon le département, pas de la moitié comme on le lit souvent, et il s’est encore réduit depuis le 27 juin 2026 : l’article 1865-1 du code civil impose désormais, à peine de nullité, que la cession de parts d’une personne morale à prépondérance immobilière soit constatée par acte authentique, par acte d’avocat ou par un acte d’expert-comptable habilité9, si bien que les honoraires du rédacteur s’ajoutent aux droits. Et il se compare à un inconvénient réel : l’acquéreur de parts reprend le passé fiscal de la société, ce qu’un acquéreur d’immeuble ne fait jamais.
La révocation est-elle possible ?
Oui, librement. Et c’est précisément ce qui la rend dangereuse.
Quatre circonstances mettent fin au régime des sociétés de personnes : la perte du caractère familial par l’admission d’un associé sans le lien de parenté requis, l’abandon de l’activité éligible, la transformation en société assujettie de plein droit à l’impôt sur les sociétés, et la révocation de l’option8.
L’option peut être librement rétractée. Mais les sociétés qui l’ont révoquée pour se replacer dans le champ de l’impôt sur les sociétés ne peuvent pas opter de nouveau8. La porte se referme définitivement.
Cette asymétrie change la façon de décider. Entrer dans le régime est réversible une fois ; en sortir ne l’est jamais. Un associé qui souhaite revenir à l’impôt sur les sociétés pour une raison conjoncturelle — un exercice déficitaire, un changement de taux marginal — doit savoir qu’il engage la société pour toute sa durée de vie.
Et les trois autres circonstances ne dépendent même pas d’une décision. L’entrée d’un conjoint non pacsé, un héritage qui fait entrer un neveu, un basculement du meublé vers le nu : chacun de ces événements met fin au régime sans qu’aucun associé n’ait rien signé.
Ce que la structure coûte chaque année
Une société n’est pas gratuite, et sur une petite opération ce coût pèse plus qu’on ne le croit.
Ordres de grandeur pour une SARL de famille détenant un immeuble
| Poste | Montant annuel |
|---|---|
| Expert-comptable, comptabilité commerciale | 1 200 € |
| Dépôt des comptes et formalités | 250 € |
| Assemblée générale et secrétariat juridique | 400 € |
| Total | 1 850 € |
Rapportés aux 11 000 € de trésorerie annuelle, ces 1 850 € représentent 16,82 % du cash encaissé. Sur quinze ans, la structure coûte 27 750 € de fonctionnement, auxquels s’ajoutent environ 2 500 € de constitution, soit 30 250 €.
Comparez maintenant au gain de Guillaume : 48 134 € d’écart de sortie évité contre une société à l’impôt sur les sociétés. Le solde reste positif de 17 884 €, ce qui valide le véhicule — mais de bien moins loin que ne le suggère le chiffre de 48 134 € pris seul. Sur une opération deux fois plus petite, le coût de fonctionnement ne diminuerait pas de moitié, et le solde deviendrait négatif.
Ce qui fait perdre le régime sans le vouloir
Quatre situations reviennent, et chacune se chiffre.
Le lien de parenté mal vérifié. Deux frères et un neveu, deux beaux-frères, deux concubins : le montage est constitué, l’option est déposée, et elle est sans effet. La société relève de l’impôt sur les sociétés depuis le premier jour.
Le coût est l’écart de sortie complet, soit 48 134 € sur ce dossier, découvert au moment de vendre — quinze ans après l’erreur, quand plus rien ne peut être corrigé.
Le basculement du meublé vers le nu. Un locataire qui s’installe durablement, un logement qu’on cesse de meubler entre deux baux : l’activité redevient civile et le régime tombe. La bascule ne fait l’objet d’aucune notification ; elle se constate à la déclaration.
Le coût immédiat est la perte de l’amortissement : les 10 583 € de dotation annuelle disparaissent du calcul, et le résultat imposable de Guillaume passe de 417 € à 11 000 €, pour un impôt qui passe de 203 € à 5 346 €. Chaque année où la bascule n’est pas rattrapée coûte donc 5 143 €.
La révocation prise pour un aller-retour. Un exercice déficitaire, un conseil mal calibré, et la société révoque l’option en pensant y revenir plus tard. Elle ne le pourra jamais. Le coût est là encore l’écart de sortie, 48 134 €, pour une décision prise sur une conjoncture d’un an.
La cession de parts budgétée à 3 %. Sur 190 000 € de parts, l’écart entre le taux espéré et le taux réel atteint 4 145 € — une somme qui apparaît chez le notaire, le jour de la signature, quand le prix est déjà négocié.
SARL de famille, indivision ou société à l’impôt sur les sociétés ?
Trois questions tranchent, et la première élimine la plupart des dossiers.
Première question, votre projet est-il en meublé ? Si la réponse est non, la SARL de famille n’est pas ouverte et la question est close. Si elle est oui, continuez.
Deuxième question, vos associés sont-ils tous liés à chacun ? Pas « de la même famille » : liés en ligne directe, entre frères et sœurs, ou par mariage ou PACS, chacun avec chacun. Cette vérification se fait sur l’arbre généalogique avant de rédiger les statuts, et elle prend dix minutes.
Troisième question, l’opération est-elle assez grande ? Le véhicule coûte 30 250 € sur quinze ans et fait gagner 48 134 € à la sortie sur ce dossier. Le solde est positif, mais il dépend d’un gain de sortie proportionnel à la plus-value, alors que le coût de fonctionnement est presque fixe. En dessous d’une certaine taille, la structure mange son propre avantage.
Reste l’alternative que beaucoup oublient : l’indivision en nom propre, en louant chacun sa quote-part en meublé. Elle offre exactement la même fiscalité de sortie — 47 026 € sur ce dossier — sans aucun coût de structure. Ce qu’elle n’offre pas, c’est la gouvernance : pas de gérant, unanimité pour vendre, et les blocages que décrit notre guide sur l’indivision. On ne paie donc pas la SARL de famille pour sa fiscalité, qui est identique, mais pour ses statuts.
Reste une chose à dire, et elle ne sert pas notre intérêt commercial. Un montage sociétaire ne rattrape jamais un mauvais achat, et aucun chasseur immobilier ni aucun courtier ne compense après coup un prix payé trop cher : il déplace la fiscalité de quelques points quand le prix d’entrée en décide de plusieurs dizaines. Beaucoup de projets arrivent chez nous avec un schéma juridique déjà arrêté et un bien pas encore trouvé — c’est l’ordre inverse du bon. Notre méthode de calcul du rendement et notre méthode de négociation à partir d’un rendement cible traitent la variable qui décide vraiment, et elles se travaillent avant de voir un notaire.
Une structure ne se choisit pas pour un régime, mais pour une sortie
Composition familiale, nature de la location, horizon de conservation et mode de sortie envisagé : quatre éléments décident entre SARL de famille, indivision et société à l’IS.
- L’écart de fiscalité à la sortie
- Le coût réel d’une cession de parts
- Ce que la structure coûte chaque année
Questions fréquentes
Dix réponses directes sur le périmètre familial, l’exclusion de la location nue, l’écart avec l’impôt sur les sociétés, les droits de cession et la révocation.
Vous voulez situer votre propre projet ?
Apportez la composition du groupe familial, la nature de la location et l’horizon envisagé. L’échange ne garantit ni traitement fiscal, ni qualification du régime par l’administration.
Échanger sur votre projet01 · Périmètre et option
01Qui peut constituer une SARL de famille ?
Une SARL exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole, formée uniquement entre personnes parentes en ligne directe, entre frères et sœurs, ou entre conjoints et partenaires de PACS. Le piège tient à une exigence de la doctrine : chaque associé doit être directement uni aux autres, par un lien de parenté en ligne directe ou collatérale jusqu'au deuxième degré, ou par un lien matrimonial. Deux frères et un neveu, deux beaux-frères ou deux concubins non pacsés ne remplissent pas cette condition.02La location nue peut-elle bénéficier du régime ?
Non. L'option est réservée aux activités industrielles, commerciales, artisanales ou agricoles. La location meublée est commerciale par nature et entre dans le champ ; la location nue est une activité civile et en sort. C'est la première condition à vérifier, et elle élimine la moitié des projets : pour un investissement en location nue, le véhicule à examiner est la société civile.03Qu'apporte concrètement l'option pour le régime des sociétés de personnes ?
La comptabilité commerciale, donc l'amortissement. Sur un immeuble de 300 000 € dont 240 000 € amortissables plus 15 000 € de mobilier, la dotation annuelle par composants atteint 10 583 €. Elle absorbe 96,2 % de la trésorerie encaissée : le résultat imposable tombe de 11 000 € à 417 €, pour un impôt de 203 € au lieu de 5 346 €. L'amortissement est une charge qui ne se décaisse pas.
02 · Coût de sortie
04Combien coûte la sortie en régime transparent ?
Sur une revente à 380 000 € après quinze ans, les 126 600 € d'amortissements du bâti sont réintégrés depuis le 15 février 2025 : le prix d'acquisition retenu tombe à 173 400 € et la plus-value brute atteint 206 600 €. Après 60 % d'abattement à l'impôt sur le revenu et 16,50 % aux prélèvements sociaux, l'impôt s'élève à 15 702 €, les prélèvements sociaux à 29 672 € et la surtaxe à 1 653 €, soit 47 026 € au total — 22,76 % de la plus-value.05Pourquoi l'impôt sur les sociétés coûte-t-il deux fois plus à la sortie ?
Pour deux raisons qui se cumulent. D'abord le régime professionnel ne connaît aucun abattement pour durée de détention : quinze ans de patience ne valent rien, alors qu'ils effacent 60 % de la base à l'impôt sur le revenu. Ensuite l'argent reste dans la société, et le sortir suppose une distribution soumise au prélèvement forfaitaire de 30 %. Sur la même plus-value de 206 600 €, l'addition passe de 47 026 € à 95 160 €, soit 48 134 € d'écart.
03 · Cession de parts
06La cession de parts d'une SARL de famille est-elle taxée à 3 % ?
Non, à 5 %. Le taux de 3 % avec abattement de 23 000 € au prorata vaut pour les parts de sociétés dont le capital n'est pas divisé en actions, mais les cessions de participations dans des personnes morales à prépondérance immobilière relèvent du taux de 5 % sans abattement. Et la doctrine écarte expressément toute distinction selon l'usage des immeubles : est retenue leur valeur « quelle que soit l'utilisation qu'elle en fait, c'est-à-dire qu'elle les affecte ou non à sa propre exploitation ». Sur 190 000 € de parts, le surcoût atteint 4 145 €.07La cession de parts reste-t-elle moins chère qu'une vente d'immeuble ?
Oui, mais l'écart est plus faible qu'on ne le dit. Sur une valeur de 190 000 €, le droit de 5 % représente 9 500 €, contre 12 008 € de droits de mutation à 6,32 % sur une vente directe — soit 2 508 € d'écart, pas la moitié. Et l'acquéreur de parts reprend le passé fiscal de la société, ce qu'un acquéreur d'immeuble ne fait jamais : cette contrepartie se négocie sur le prix.
04 · Révocation et arbitrage
08Peut-on revenir en arrière après avoir opté ?
On peut révoquer l'option librement, mais on ne peut jamais opter de nouveau : les sociétés ayant révoqué pour se replacer dans le champ de l'impôt sur les sociétés en sont définitivement exclues. L'asymétrie est totale — entrer est réversible une fois, sortir ne l'est jamais. Trois autres circonstances mettent d'ailleurs fin au régime sans aucune décision : l'entrée d'un associé sans le lien de parenté requis, l'abandon de l'activité éligible, et la transformation en société assujettie de plein droit.09Combien coûte le fonctionnement d'une SARL de famille ?
Environ 1 850 € par an — expert-comptable pour une comptabilité commerciale, dépôt des comptes et formalités, assemblée générale et secrétariat juridique — plus environ 2 500 € de constitution. Sur quinze ans, la structure coûte 30 250 €, soit 16,82 % de la trésorerie annuelle encaissée. À comparer aux 48 134 € d'écart de sortie évité : le solde reste positif de 17 884 €, mais sur une opération deux fois plus petite il deviendrait négatif, le coût de fonctionnement étant presque fixe.10Vaut-il mieux une SARL de famille ou une simple indivision ?
La fiscalité de sortie est identique : 47 026 € dans les deux cas, puisque les associés d'une SARL de famille sont imposés comme s'ils détenaient directement. Ce que la société apporte n'est donc pas fiscal mais juridique — un gérant, des règles de majorité, une cession de parts organisée — là où l'indivision impose l'unanimité pour vendre. On ne paie pas la SARL de famille pour sa fiscalité, on la paie pour ses statuts.
Une structure choisie pour son régime se paie à la sortie.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut qu’une indivision simple suffit dans une partie des situations, ce qui exclut une part des demandes que nous recevons.
Sources et date de contrôle
La SARL de famille amortit comme un meublé et se transmet comme une société : c’est vrai, et cela vaut 48 134 € face à une société à l’impôt sur les sociétés sur le dossier de ce guide. Trois choses ne sont jamais dites : la location nue en est exclue, la révocation de l’option est définitive, et la cession de parts se taxe à 5 % et non à 3 %.
- Source 01
Article 239 bis AA du code général des impôts — option des SARL de famille — Légifrance. Les sociétés à responsabilité limitée exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole, et formées uniquement entre personnes parentes en ligne directe ou entre frères et sœurs, ainsi que les conjoints et les partenaires liés par un pacte civil de solidarité, peuvent opter pour le régime fiscal des sociétés de personnes mentionné à l'article 8. L'option ne peut être exercée qu'avec l'accord de tous les associés. Elle cesse de produire ses effets dès que des personnes autres que celles prévues au présent article deviennent associées Consulté le 2026-08-20.
- Source 02
SARL à caractère familial — conditions d'éligibilité et activités admises — BOFiP — BOI-IS-CHAMP-20-20-10. La société doit exercer une activité industrielle, commerciale, artisanale ou agricole ; les activités libérales et celles relevant des bénéfices non commerciaux au sens de l'article 92 du CGI sont exclues. La location meublée est une activité commerciale par nature et entre donc dans le champ de l'option, à la différence de la location nue qui constitue une activité civile. Chaque associé doit être directement uni aux autres soit par des liens de parenté en ligne directe ou collatérale jusqu'au deuxième degré, soit par un lien matrimonial ; ne remplissent pas cette condition, notamment, une société formée entre frères et sœurs et un neveu, entre deux beaux-frères, ou entre concubins non mariés ni pacsés. L'arrivée d'une personne ne remplissant pas ces conditions fait entrer la société dans le champ de l'impôt sur les sociétés Adresse dépinglée le 3 septembre 2026 : elle pointait une version figée, ce qui rendait toute péremption invisible au contrôle. Le verbatim ci-dessus reste celui relevé à la date de consultation indiquée ; il n'a pas été relu à l'occasion de ce dépinglage. Consulté le 2026-08-20.
- Source 03
Article 150 VB du code général des impôts, III — réintégration des amortissements — Légifrance. III : pour les cessions intervenant à compter du 15 février 2025, le prix d'acquisition est minoré des amortissements admis en déduction en application de l'article 39 C (loi de finances pour 2025 n° 2025-127 du 14 février 2025) Consulté le 2026-08-20.
- Source 04
Plus-value immobilière des particuliers — abattements pour durée de détention et taux — Service-Public.gouv.fr / article 150 VC du code général des impôts. Impôt sur le revenu au taux de 19 % : aucun abattement les cinq premières années, 6 % par année de détention de la sixième à la vingt-et-unième, 4 % la vingt-deuxième, exonération totale au-delà de vingt-deux ans. Prélèvements sociaux au taux de 17,2 % : aucun abattement les cinq premières années, 1,65 % par année de la sixième à la vingt-et-unième, 1,60 % la vingt-deuxième, 9 % par année de la vingt-troisième à la trentième, exonération totale au-delà de trente ans Consulté le 2026-08-20.
- Source 05
Article 1609 nonies G du code général des impôts — taxe sur les plus-values immobilières élevées — Légifrance. Taxe due sur les plus-values imposables supérieures à 50 000 €, selon un barème progressif de 2 à 6 % : de 60 001 à 100 000 €, 2 % de la plus-value imposable. Applicable aux cessions réalisées à compter du 1er janvier 2024, hors terrains à bâtir Consulté le 2026-08-20.
- Source 06
Article 726 du code général des impôts — cessions de droits sociaux — Légifrance. Les cessions de droits sociaux sont soumises à un droit d'enregistrement de 3 % pour les cessions de parts sociales dans les sociétés dont le capital n'est pas divisé en actions, un abattement égal, pour chaque part sociale, au rapport entre la somme de 23 000 € et le nombre total de parts sociales de la société étant appliqué sur la valeur de chaque part. Les cessions de participations dans des personnes morales à prépondérance immobilière sont soumises à un droit de 5 % Consulté le 2026-08-20.
- Source 07
Prépondérance immobilière et cessions de droits sociaux — champ d'application — BOFiP — BOI-ENR-DMTOM-40-10-10. Sont à prépondérance immobilière les personnes morales dont l'actif brut total est constitué pour plus de la moitié d'immeubles ou de droits immobiliers situés en France, ou de participations dans des personnes morales elles-mêmes à prépondérance immobilière. Pour l'appréciation de ce seuil, est retenue la valeur des immeubles et des droits réels immobiliers que la personne morale possède en France, et ce quelle que soit l'utilisation qu'elle en fait, c'est-à-dire qu'elle les affecte ou non à sa propre exploitation Adresse dépinglée le 3 septembre 2026 : elle pointait une version figée, ce qui rendait toute péremption invisible au contrôle. Le verbatim ci-dessus reste celui relevé à la date de consultation indiquée ; il n'a pas été relu à l'occasion de ce dépinglage. Consulté le 2026-08-20.
- Source 08
Circonstances mettant fin au régime des sociétés de personnes — BOFiP — BOI-IS-CHAMP-20-20-40. Quatre circonstances mettent fin à l'application du régime des sociétés de personnes : la perte du caractère familial par l'admission d'un associé ne présentant pas le lien de parenté requis, l'abandon de l'activité industrielle, commerciale ou artisanale, la transformation en société assujettie de plein droit à l'impôt sur les sociétés, et la révocation de l'option. L'option pour le régime des sociétés de personnes peut être librement rétractée ; toutefois, les sociétés ayant révoqué l'option pour se replacer dans le champ d'application de l'impôt sur les sociétés ne peuvent pas, à nouveau, opter pour le régime des sociétés de personnes Adresse dépinglée le 3 septembre 2026 : elle pointait une version figée, ce qui rendait toute péremption invisible au contrôle. Le verbatim ci-dessus reste celui relevé à la date de consultation indiquée ; il n'a pas été relu à l'occasion de ce dépinglage. Consulté le 2026-08-20.
- Source 09
Article 1865-1 du code civil — forme des cessions de parts de personnes morales à prépondérance immobilière — Légifrance. Créé par l'article 68 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, publiée au Journal officiel n° 0148 du 26 juin 2026. « À peine de nullité, la cession de parts sociales ou d'actions d'une personne morale à prépondérance immobilière » doit être constatée par acte authentique, par acte contresigné par avocat ou, dans les seuls cas où il y est légalement habilité, par un acte sous signature privée d'expert-comptable. Consulté le 2026-08-23.
- Source 10
Dispositions temporaires relatives aux droits de mutation à titre onéreux d'immeubles — BOFiP-Impôts. Document du 17 juin 2026. L'article 116 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 autorise les conseils départementaux à relever le taux de la taxe de publicité foncière ou du droit d'enregistrement au-delà de 4,50 %, dans la limite de 5 %, pour les actes passés et les conventions conclues pendant une durée de trois ans à compter du 1er avril 2025, soit jusqu'au 31 mars 2028. Ce relèvement ne s'applique pas lorsque l'acquéreur acquiert un bien constituant pour lui une première propriété destinée à l'usage de sa résidence principale. L'article 121 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 modifie le calendrier d'entrée en vigueur des délibérations départementales. Consulté le 2026-08-25.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
<pTransparence. Hagnéré Investissement accompagne l’investissement locatif meublé et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut qu’un montage sociétaire ne rattrape jamais un mauvais achat et que l’indivision offre la même fiscalité de sortie sans coût de structure, ce qui relativise l’intérêt d’un montage que nos clients nous demandent souvent. Nous avions nous-mêmes écrit que la cession de parts d’une SARL de famille relevait du taux de 3 % : la lecture du texte a montré l’inverse, et la correction figure en section 06. Ce guide ne traite ni le statut social du gérant majoritaire, travailleur non salarié dont les cotisations dépendent de la répartition du capital et de la rémunération choisie, ni la transmission des parts — donation, démembrement, pacte Dutreil — qui appellent leurs propres développements. Les durées d’amortissement par composants, le coût de fonctionnement et le prix de revente sont des hypothèses déclarées, non des barèmes ; la ventilation par composants se valide avec un expert-comptable. Aucun résultat n’est garanti.</p