Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 19 août 20269 sourcesMéthode en cinq passes

Loueur meublé professionnel : le conseil courant date d'avant février 2025

Tout le monde vous dira de rester en LMNP à cause des cotisations sociales. Ce conseil date d’avant le 15 février 2025. Depuis cette date, sur le dossier de ce guide, le LMP fait économiser 82 234 € de fiscalité de sortie contre 37 392 € de cotisations supplémentaires — et il reste gagnant jusqu’à vingt ans de détention.

AVANT DE SUIVRE LE CONSEIL COURANT

Le statut ne se choisit pas, il s’impose

Deux conditions au niveau du foyer : plus de 23 000 € de recettes, et plus que les autres revenus d’activité. Il n’y a rien à cocher — et l’on peut y basculer sans l’avoir voulu.

  • Les deux conditions, telles que la loi les pose
  • Ce que la réintégration des amortissements change
  • Le calcul complet, cotisations comprises
  • L’horizon au-delà duquel l’arbitrage s’inverse

SEUIL DE RECETTES

23 000 €

ÉCONOMIE DE SORTIE

82 234 €

COTISATIONS EN PLUS

37 392 €

GAGNANT JUSQU’À

20 ans

BASCULE

15/02/2025

EXONÉRATION APRÈS

5 ans

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. On est loueur meublé professionnel quand deux conditions sont réunies au niveau du foyer fiscal : les recettes annuelles de la location meublée dépassent 23 000 €, et elles dépassent les autres revenus d’activité du foyer. Il n’y a rien à cocher : le statut s’impose ou ne s’impose pas.

Le LMP impute ses déficits sur le revenu global sans plafond, et son exonération de plus-value est totale après cinq ans d’activité tant que les recettes restent sous 90 000 €. Le LMNP, lui, doit depuis février 2025 réintégrer ses amortissements au calcul de la plus-value.

Le prix du LMP, ce sont les cotisations sociales des travailleurs indépendants au lieu des 18,6 % de prélèvements sociaux. Le point de bascule se calcule : sur ce dossier, le LMNP redevient préférable au-delà de vingt ans de détention.

Ce guide fait trois choses que les pages sur le LMP ne font pas. Il traite la réforme de février 2025, qui a retourné l’avantage sans que les articles suivent. Il calcule le point de bascule entre les deux statuts au lieu de conclure par une préférence. Et il montre que le critère qui exonère d’impôt sur la fortune immobilière ne compare pas les mêmes grandeurs que celui du LMP : l’un porte sur les recettes, l’autre sur le résultat — de sorte que l’amortissement, qui fait tout l’intérêt du meublé, est précisément ce qui interdit l’exonération.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Aurélien, propriétaire de trois appartements meublés qui rapportent 42 000 € de recettes annuelles. Son foyer perçoit 38 000 € d’autres revenus d’activité. Le patrimoine a coûté 480 000 €, il s’amortit de 14 000 € par an, et une revente à 600 000 € est envisagée. Exemple construit à partir des textes et barèmes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.

Qui est loueur meublé professionnel ?

Personne ne choisit ce statut. On y tombe, ou on n’y tombe pas, selon deux conditions qui s’apprécient chaque année.

L’activité de location meublée est exercée à titre professionnel lorsque, cumulativement, les recettes annuelles retirées de cette activité par l’ensemble des membres du foyer fiscal excèdent 23 000 €, et que ces recettes excèdent les autres revenus d’activité du foyer — traitements et salaires, bénéfices industriels et commerciaux autres que ceux de la location meublée, bénéfices agricoles, bénéfices non commerciaux et rémunérations des gérants et associés1.

Trois précisions changent la portée de cette définition.

La première : les recettes s’entendent toutes taxes comprises, loyers charges éventuellement incluses. Un bailleur qui raisonne en loyers nets se trompe de base.

La seconde : le caractère professionnel s’apprécie au niveau du foyer fiscal et vaut pour l’ensemble des locations meublées de ce foyer. On n’est pas LMP sur un bien et LMNP sur un autre.

La troisième : la troisième condition que l’on trouve encore dans de vieux articles — l’inscription au registre du commerce — a disparu. Elle a été censurée par le Conseil constitutionnel en 2018, et le texte actuel ne comporte plus que les deux conditions ci-dessus.

Pour Aurélien, les deux conditions sont remplies : 42 000 € dépassent 23 000 €, et 42 000 € dépassent 38 000 €. Mais la marge est mince — 4 000 €, soit 10,5 % au-dessus. Une prime, une augmentation ou un changement de poste dans le foyer le ferait basculer en LMNP sans qu’aucune décision n’ait été prise.

Ce que la loi de finances pour 2026 change pour les non-résidents

Une modification récente vaut d’être signalée, parce qu’elle réglait une anomalie et qu’aucune page n’en a encore tiré les conséquences.

Pour un contribuable non résident, la seconde condition posait un problème mécanique : ses revenus d’activité étant imposés à l’étranger, la comparaison ne portait sur presque rien, et il devenait professionnel trop facilement. L’article 53 de la loi de finances pour 2026 corrige la comparaison : les autres revenus d’activité à prendre en compte sont désormais l’ensemble des revenus de même nature soumis à un impôt équivalent à l’impôt sur le revenu dans l’État de résidence2.

Les deux conditions restent inchangées pour les résidents français. Mais un investisseur expatrié qui se croyait automatiquement professionnel doit refaire le test avec ses revenus étrangers — et il en ressortira souvent non professionnel.

Que devient un déficit dans chaque statut ?

C’est la première différence structurante, et elle joue pendant l’exploitation, pas à la sortie.

En LMP, le déficit d’exploitation s’impute sur le revenu global du foyer, sans plafond. Un déficit de 18 000 € chez un contribuable dont le taux marginal atteint 30 % produit une économie immédiate de 5 400 €.

En LMNP, le déficit n’est reportable que sur les bénéfices de même nature des dix années suivantes. L’économie immédiate est de 0 €. Elle viendra peut-être, si l’activité redevient bénéficiaire dans les dix ans — ce qui, avec des amortissements qui courent, n’est pas garanti.

La différence n’est donc pas de montant mais de date. Et pour un bailleur qui engage des travaux lourds la première année, cette date change la trésorerie du projet entier.

Ce qui a basculé le 15 février 2025

Voici le fait que la plupart des comparatifs n’ont pas intégré, et il inverse la conclusion.

Pour les cessions intervenant à compter du 15 février 2025, le prix d’acquisition retenu pour calculer la plus-value d’un meublé non professionnel est minoré des amortissements admis en déduction3. Autrement dit : ce que le LMNP a économisé pendant douze ans lui est repris au moment de vendre.

Déroulons sur le patrimoine d’Aurélien. Douze ans d’amortissement à 14 000 € par an font 168 000 €. Le prix d’acquisition retenu tombe donc de 480 000 € à 312 000 €, et la plus-value brute passe de 120 000 € à 288 000 €. La base imposable a plus que doublé sans qu’aucun euro supplémentaire n’ait été encaissé.

Le régime professionnel du LMP, lui, n’est pas concerné par cette minoration : la plus-value y relève du régime professionnel, et c’est l’article suivant qui décide de son sort.

Combien coûte la sortie, et pourquoi elle est nulle en LMP ?

Comparons les deux additions sur le même dossier, à la même date, avec la même plus-value.

Revente à 600 000 € après douze ans, 168 000 € d’amortissements déduits

Combien coûte la sortie, et pourquoi elle est nulle en LMP ? — tableau 1
Prix d’acquisition retenu312 000 €régime professionnel
Plus-value brute288 000 €
Impôt sur le revenu à 19 %31 738 €0 €
Prélèvements sociaux à 17,2 %43 815 €0 €
Surtaxe sur les plus-values élevées6 682 €0 €
Total82 234 €0 €

Le détail du calcul LMNP se refait en trois temps. Douze ans de détention donnent sept années au-delà de la cinquième, soit un abattement de 42 % à l’impôt sur le revenu et de 11,55 % aux prélèvements sociaux4. Les bases imposables ressortent à 167 040 € et 254 736 €. On y applique 19 % et 17,2 %, puis la surtaxe de l’article 1609 nonies G, due dès 50 000 € de plus-value imposable selon un barème de 2 à 6 %5. Total : 82 234 €, soit 28,6 % de la plus-value brute.

Avant d’expliquer ce zéro, il faut dire ce qu’il remplace — parce qu’un lecteur dont l’exonération ne joue pas a besoin du régime, et non de son exception. Sans exonération, une plus-value professionnelle ne s’impose pas d’un bloc : elle se coupe en deux, et les deux moitiés ne subissent pas le même taux.

La coupure se fait sur les amortissements. La part de la plus-value qui correspond aux amortissements pratiqués est une plus-value à court terme ; ce qui dépasse est une plus-value à long terme, pour un bien détenu depuis au moins deux ans9. Le point de départ des deux est la valeur nette comptable — le prix inscrit à l’actif diminué des amortissements déjà déduits.

Sur le patrimoine d’Aurélien, cela donne le calcul suivant. Le bien est inscrit pour 480 000 €, douze ans d’amortissement à 14 000 € font 168 000 €, et la valeur nette comptable tombe à 312 000 €. Une revente à 600 000 € dégage 288 000 € de plus-value : 168 000 € à court terme — le montant exact des amortissements repris — et 120 000 € à long terme.

Les deux moitiés coûtent très différemment. La part à court terme rejoint le résultat imposable : elle subit le barème de l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales, soit couramment plus de la moitié de son montant. La part à long terme est imposée à un taux forfaitaire de 12,8 %, augmenté de 17,2 % de prélèvements sociaux — 30 % au total. C’est exactement l’inverse de l’intuition : la fraction la plus lourdement taxée est celle que l’amortissement avait allégée pendant douze ans.

On comprend alors ce que l’exonération de l’article 151 septies protège réellement. Elle n’efface pas un impôt marginal : elle efface la reprise des amortissements, c’est-à-dire la contrepartie de tout l’avantage accumulé. Le zéro de la colonne LMP vaut donc sous condition, et la condition mérite d’être vérifiée chaque année plutôt qu’une fois pour toutes.

Le zéro de la colonne LMP n’est pas une facilité d’écriture. Les plus-values professionnelles sont exonérées lorsque l’activité est exercée depuis au moins cinq ans et que les recettes annuelles n’excèdent pas 90 000 € pour une activité de prestation de services — catégorie dont relève la location meublée, expressément exclue du seuil de 250 000 € réservé aux ventes6.

Aurélien remplit les deux conditions avec de la marge : douze ans d’activité, et 42 000 € de recettes contre un plafond de 90 000 €. Il pourrait plus que doubler ses recettes avant de perdre l’exonération totale.

Le point de vigilance. Entre 90 000 € et 126 000 € de recettes, l’exonération devient partielle et décroît linéairement : elle vaut encore 72 % à 100 000 €, 44 % à 110 000 €, et s’annule à 126 000 €. Un bailleur qui franchit le seuil en cours de route perd donc l’exonération progressivement, pas d’un coup — mais il la perd. Les recettes s’apprécient en moyenne sur les deux années civiles qui précèdent, ce qui laisse le temps de voir venir à condition de regarder.

Ce que le statut coûte : les cotisations sociales

Il faut maintenant payer l’addition, et c’est elle qui a construit la mauvaise réputation du LMP.

Le loueur en meublé est affilié au régime des travailleurs indépendants dans deux cas : lorsqu’il loue à une clientèle effectuant un séjour à la journée, à la semaine ou au mois sans y élire domicile, au-delà du seuil de 23 000 € — c’est le meublé de tourisme —, ou lorsqu’il remplit les conditions du 2 du IV de l’article 155 du code général des impôts, c’est-à-dire précisément celles du LMP7.

La conséquence est mécanique. Là où le LMNP supporte 18,6 % de prélèvements sociaux sur son résultat, le LMP paie des cotisations sociales dont le taux effectif se situe couramment autour de 35 % à ce niveau de revenu. Le résultat imposable d’Aurélien après amortissement s’élève à 19 000 € par an.

Sur un résultat de 19 000 €, trois hypothèses de taux effectif

Ce que le statut coûte : les cotisations sociales — tableau 2
30 %2 166 €25 992 €+56 242 €
35 %3 116 €37 392 €+44 842 €
40 %4 066 €48 792 €+33 442 €

Le taux effectif d’un travailleur indépendant n’est pas un taux légal unique : il dépend de l’assiette, des planchers de cotisation et de l’année. C’est pourquoi le tableau en teste trois. La conclusion résiste aux trois : sur douze ans, le solde reste positif de 33 442 € même dans l’hypothèse la plus défavorable.

Une contrepartie mérite d’être posée, et elle n’est pas monétaire : ces cotisations ouvrent des droits — retraite, indemnités journalières. Les 18,6 % du LMNP n’en ouvrent aucun. Comparer les deux chiffres sans le dire revient à compter une cotisation comme une pure perte, ce qu’elle n’est pas.

LMP ou LMNP : que dit le calcul ?

Les deux courbes ne vont pas dans le même sens, et c’est tout le sujet.

Le surcoût social du LMP croît linéairement : chaque année ajoute la même somme. La fiscalité de sortie du LMNP, elle, décroît, parce que les abattements pour durée de détention rongent la base — jusqu’à l’annuler entièrement à vingt-deux ans pour l’impôt sur le revenu et à trente ans pour les prélèvements sociaux.

Une droite croissante d’un côté, une courbe décroissante de l’autre : elles se croisent nécessairement. Il existe donc une durée de détention au-delà de laquelle le LMNP redevient préférable, et elle se calcule.

Fiscalité de sortie évitée contre surcoût social cumulé, à 35 % de taux effectif

LMP ou LMNP : que dit le calcul ? — tableau 3
10 ans82 891 €31 160 €+51 731 €LMP
12 ans82 234 €37 392 €+44 842 €LMP
15 ans76 435 €46 740 €+29 695 €LMP
20 ans59 372 €62 320 €−2 948 €LMNP
25 ans36 378 €77 900 €−41 522 €LMNP
30 ans0 €93 480 €−93 480 €LMNP

Le point de bascule tombe à vingt ans de détention sur ce dossier. En dessous, le LMP l’emporte largement. Au-delà, le LMNP reprend l’avantage et l’écart se creuse vite, puisque le surcoût social continue de courir alors que la fiscalité de sortie s’éteint.

Ce chiffre n’est pas universel : il dépend du résultat imposable, du taux de cotisation effectif, du montant amorti et de la plus-value attendue. Ce qui l’est, en revanche, c’est la forme du raisonnement. Une droite croissante et une courbe décroissante se croisent toujours quelque part, et la seule question utile est de savoir de quel côté du croisement se situe votre horizon de détention.

Être LMP suffit-il à échapper à l’impôt sur la fortune immobilière ?

Non. Et la raison est bien plus profonde qu’un simple décalage de seuil : les deux textes ne comparent pas les mêmes grandeurs.

Pour l’impôt sur la fortune immobilière, l’activité de location meublée est considérée comme commerciale — donc susceptible d’exonération au titre des actifs professionnels — lorsque le redevable réalise plus de 23 000 € de recettes annuelles et retire de cette activité plus de 50 % des revenus du foyer soumis à l’impôt sur le revenu dans les catégories d’activité8.

Relisez les deux mots qui décident. Le LMP compare des recettes — le chiffre d’affaires — aux autres revenus du foyer. L’IFI compare des revenus — le résultat après charges et amortissements — aux autres revenus. Ce n’est pas une nuance de rédaction, c’est un rapport du simple au double, et parfois davantage.

Sur le dossier d’Aurélien, le contraste est net. Ses 42 000 € de recettes dépassent les 38 000 € d’autres revenus : le critère LMP est rempli. Mais son résultat après amortissement n’est que de 19 000 €, sur un total de revenus d’activité de 57 000 € — soit 33,3 %. Le seuil de 50 % n’est pas franchi. Aurélien est loueur meublé professionnel et redevable de l’IFI sur ses trois appartements.

La tension que personne ne formule. L’amortissement est ce qui fait tout l’intérêt fiscal du meublé pendant l’exploitation. C’est aussi, très exactement, ce qui interdit l’exonération d’IFI, puisqu’il écrase le numérateur du test sans toucher au dénominateur. Sur ce dossier, même en supprimant totalement l’amortissement, le résultat monterait à 33 000 € et la part à 46,5 % — toujours sous le seuil. Autrement dit : plus votre meublé est optimisé, moins il a de chances d’être exonéré d’IFI, et le renoncement à l’amortissement ne suffirait même pas à retourner la situation.

La conséquence pratique est simple à énoncer. Si votre patrimoine immobilier vous rend redevable de l’IFI, ne comptez pas sur le statut LMP pour vous en dispenser : le second test est autrement plus dur, et il se durcit à mesure que vous amortissez. Faites-le calculer séparément, chaque année, sur le résultat et non sur les loyers.

Ce qui fait basculer un statut sans qu’on le veuille

Quatre situations reviennent, et chacune se chiffre.

L’augmentation de salaire du conjoint. Le test se fait au niveau du foyer, pas de l’exploitant. Une progression de 4 000 € des autres revenus fait passer Aurélien sous la seconde condition et le rend LMNP l’année même.

Le coût n’apparaît qu’à la revente : la fiscalité de sortie passe de zéro à 82 234 € sur ce dossier. Ce basculement ne fait l’objet d’aucune notification ; il se constate en remplissant sa déclaration, souvent trop tard pour arbitrer.

La vente d’un des trois biens. Elle réduit les recettes, donc peut faire repasser sous le seuil de 23 000 € ou sous les autres revenus. Vendre un bien pour « alléger » revient parfois à perdre l’exonération sur les deux autres — la décision doit se prendre sur l’ensemble, pas bien par bien.

Le franchissement du seuil de 90 000 €. Le bailleur qui développe son parc perd l’exonération de plus-value par paliers : 72 % d’exonération restante à 100 000 € de recettes, 44 % à 110 000 €, zéro à 126 000 €. Sur une plus-value comparable, la marche entre 90 000 € et 126 000 € de recettes vaut plusieurs dizaines de milliers d’euros d’impôt.

Le raisonnement en loyers nets. Les recettes s’apprécient toutes taxes comprises, charges éventuellement incluses. Un bailleur qui calcule ses 23 000 € en net se croit sous le seuil alors qu’il est au-dessus — ou l’inverse. Sur trois appartements, l’écart entre brut et net dépasse couramment 4 000 €, soit exactement la marge d’Aurélien sur la seconde condition.

Ce qu’il faut vérifier, et quand

Le statut se subit ou se pilote, et le pilotage tient en quatre vérifications annuelles.

Première vérification, en décembre : où en sont les deux ratios ? Recettes contre 23 000 €, et recettes contre autres revenus d’activité du foyer. C’est le seul moment où l’on peut encore agir sur l’exercice en cours — décaler une facturation, arbitrer une prime.

Deuxième vérification, la même semaine : où en est le ratio IFI ? Il se calcule sur le résultat et non sur les recettes, il est donc beaucoup plus dur à franchir, et il se perd en premier. Si votre patrimoine immobilier vous rend redevable, ce ratio-là vaut plus cher que l’autre.

Troisième vérification, à chaque projet d’achat ou de vente : quel est votre horizon de détention ? En deçà du point de bascule, le LMP est un actif ; au-delà, c’est une charge. Le calcul des amortissements, que l’architecte du projet et l’artisan chiffrent poste par poste sur les devis, alimente les deux colonnes du tableau ci-dessus. Ce qui entre ou non dans la base amortissable se tranche sur la nature détaillée des travaux, jamais sur leur montant. Et le budget de ces travaux, souvent sous-estimé, figure poste par poste dans notre guide des frais qu’on oublie de compter.

Quatrième vérification, avant toute décision : faites recalculer par un expert-comptable, et faites confirmer par un notaire l’assiette de la plus-value si une vente approche. Les chiffres de ce guide sont exacts sur le dossier décrit ; le taux effectif de cotisation, le montant amortissable et la plus-value attendue sont propres à chaque situation, et ce sont eux qui déplacent le point de bascule.

Reste une chose à dire, et elle ne sert pas notre intérêt commercial. Le statut fiscal n’est pas ce qui fait la performance d’un investissement locatif : il en modifie le résultat de quelques points, quand le prix d’achat et le loyer en décident de plusieurs dizaines. Un bien acheté trop cher reste un mauvais investissement en LMP comme en LMNP, et aucun chasseur immobilier ne rattrape après coup un prix payé au-dessus du marché. Notre méthode de calcul du rendement et notre méthode de négociation à partir d’un rendement cible traitent la variable qui compte vraiment, et notre comparatif des indicateurs montre pourquoi le rendement seul ne suffit pas à trancher.

SITUER VOTRE PROPRE ACTIVITÉ

Un statut subi coûte plus cher qu’un statut choisi

Recettes du foyer, autres revenus d’activité, amortissements déjà pratiqués et horizon de revente : quatre éléments décident du statut et de son coût réel.

  • Où vous situez-vous par rapport aux deux seuils
  • Le coût de sortie selon le statut
  • L’horizon au-delà duquel l’arbitrage change
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Dix réponses directes sur les conditions du statut, la réintégration des amortissements, l’exonération de plus-value, les cotisations sociales et l’IFI.

Vous voulez situer votre propre activité ?

Apportez vos recettes, vos autres revenus d’activité et vos amortissements pratiqués. L’échange ne garantit ni qualification de statut, ni traitement fiscal d’une plus-value.

Échanger sur votre activité

01 · Conditions du statut

  • 01Quelles sont les conditions pour être loueur meublé professionnel ?
    Deux conditions cumulatives, appréciées au niveau du foyer fiscal : les recettes annuelles de la location meublée retirées par l'ensemble des membres du foyer excèdent 23 000 €, et ces recettes excèdent les autres revenus d'activité du foyer — traitements et salaires, bénéfices industriels et commerciaux autres que ceux du meublé, bénéfices agricoles, bénéfices non commerciaux et rémunérations de gérants. Les recettes s'entendent toutes taxes comprises, charges éventuellement incluses. La condition d'inscription au registre du commerce a été censurée par le Conseil constitutionnel en 2018.
  • 02Le statut LMP se choisit-il ?
    Non. Il s'impose ou ne s'impose pas selon que les deux conditions sont remplies, et il s'apprécie chaque année. Il n'y a aucune option à exercer, aucun formulaire à cocher. C'est ce qui rend le statut dangereux à ignorer : une augmentation de salaire dans le foyer peut le faire perdre sans qu'aucune décision n'ait été prise, et le coût n'apparaît qu'à la revente.
  • 03Qu'est-ce qui a changé le 15 février 2025 pour le LMNP ?
    Pour les cessions intervenant à compter de cette date, le prix d'acquisition retenu pour calculer la plus-value d'un meublé non professionnel est minoré des amortissements admis en déduction. Ce que le LMNP a économisé pendant la détention lui est repris à la vente. Sur un patrimoine de 480 000 € amorti de 14 000 € par an pendant douze ans, le prix retenu tombe à 312 000 € et la plus-value brute passe de 120 000 € à 288 000 €.

02 · Plus-value et cotisations

  • 04La plus-value d'un LMP est-elle exonérée ?
    Totalement, si deux conditions sont réunies : l'activité est exercée depuis au moins cinq ans, et les recettes annuelles n'excèdent pas 90 000 €. La location meublée relève en effet du seuil des prestations de services, car l'article 151 septies l'exclut expressément du seuil de 250 000 € réservé aux ventes. Entre 90 000 € et 126 000 €, l'exonération devient partielle et décroît linéairement : 72 % à 100 000 € de recettes, 44 % à 110 000 €, zéro à 126 000 €.
  • 05Combien coûtent les cotisations sociales du LMP ?
    Le LMP est affilié au régime des travailleurs indépendants, là où le LMNP supporte 18,6 % de prélèvements sociaux sur son résultat. Le taux effectif d'un indépendant n'est pas un taux légal unique : sur un résultat de 19 000 €, trois hypothèses de 30 %, 35 % et 40 % donnent un surcoût annuel de 2 166 €, 3 116 € et 4 066 €. En contrepartie, ces cotisations ouvrent des droits à retraite et à indemnités journalières, ce que les prélèvements sociaux du LMNP ne font pas.
  • 06LMP ou LMNP : lequel est le plus avantageux ?
    Cela dépend de la durée de détention, et le point de bascule se calcule. Le surcoût social du LMP croît linéairement, tandis que la fiscalité de sortie du LMNP décroît avec les abattements pour durée de détention, s'annulant à vingt-deux ans à l'impôt sur le revenu et à trente ans aux prélèvements sociaux. Sur le dossier du guide, le LMP l'emporte de 44 842 € à douze ans, et le LMNP redevient préférable au-delà de vingt ans de détention.

03 · Déficit et IFI

  • 07Que devient un déficit selon le statut ?
    En LMP, le déficit d'exploitation s'impute sur le revenu global du foyer sans plafond : un déficit de 18 000 € chez un contribuable à 30 % de taux marginal produit 5 400 € d'économie immédiate. En LMNP, il n'est reportable que sur les bénéfices de même nature des dix années suivantes, et l'économie immédiate est nulle. La différence n'est pas de montant mais de date — ce qui change la trésorerie d'un projet à travaux lourds.
  • 08Être LMP suffit-il à échapper à l'impôt sur la fortune immobilière ?
    Non, et les deux textes ne comparent pas les mêmes grandeurs. Le LMP compare des recettes — le chiffre d'affaires — aux autres revenus d'activité du foyer. L'IFI exige de retirer de l'activité plus de 50 % des revenus du foyer, c'est-à-dire le résultat après charges et amortissements. Sur le dossier du guide, 42 000 € de recettes dépassent bien 38 000 € d'autres revenus, mais le résultat n'est que de 19 000 € sur un total de 57 000 €, soit 33,3 % : le seuil de 50 % n'est pas franchi. L'amortissement, qui fait tout l'intérêt fiscal du meublé, est précisément ce qui interdit l'exonération d'IFI — et même en le supprimant totalement, la part n'atteindrait que 46,5 %.

04 · Calcul des recettes et non-résidents

  • 09Comment les recettes de 23 000 € se calculent-elles ?
    Toutes taxes comprises, sur le total des loyers acquis, charges éventuellement comprises. Un bailleur qui raisonne en loyers nets se trompe de base : sur trois appartements, l'écart entre le brut et le net dépasse couramment 4 000 €, ce qui suffit à faire basculer un dossier d'un côté ou de l'autre du seuil sans qu'il s'en aperçoive.
  • 10Un non-résident peut-il être loueur meublé professionnel ?
    Oui, mais la règle a changé. L'article 53 de la loi de finances pour 2026 modifie la seconde condition pour les contribuables non résidents : les autres revenus d'activité à prendre en compte sont désormais l'ensemble des revenus de même nature soumis à un impôt équivalent à l'impôt sur le revenu dans leur État de résidence. Un investisseur expatrié qui se croyait automatiquement professionnel doit refaire le test avec ses revenus étrangers, et il en ressortira souvent non professionnel. Les conditions restent inchangées pour les résidents.

Un arbitrage LMP-LMNP dépend de votre horizon, pas d’une règle générale.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide montre que l’avantage du LMP s’inverse au-delà d’un certain horizon de détention, ce qui contredit une recommandation systématique.

Aucun traitement fiscal garantiStatut apprécié par l’administrationTextes contrôlés en août 2026

Sources et date de contrôle

Tout le monde vous dira de rester en LMNP à cause des cotisations sociales. Ce conseil date d’avant le 15 février 2025. Depuis cette date, sur le dossier de ce guide, le LMP fait économiser 82 234 € de fiscalité de sortie contre 37 392 € de cotisations supplémentaires — et il reste gagnant jusqu’à vingt ans de détention.

  • Source 01

    Article 155 du code général des impôts, IV — caractère professionnel de la location meublée — Légifrance / BOFiP. L'activité de location meublée est exercée à titre professionnel lorsque les deux conditions suivantes sont cumulativement remplies : les recettes annuelles retirées de cette activité par l'ensemble des membres du foyer fiscal excèdent 23 000 €, et ces recettes excèdent les revenus du foyer fiscal soumis à l'impôt sur le revenu dans les catégories des traitements et salaires au sens de l'article 79, des bénéfices industriels et commerciaux autres que ceux tirés de l'activité de location meublée, des bénéfices agricoles, des bénéfices non commerciaux et des revenus des gérants et associés mentionnés à l'article 62. Les recettes s'entendent toutes taxes comprises, du total des loyers acquis, charges éventuellement comprises. Le caractère professionnel ou non professionnel se détermine au niveau du foyer fiscal et s'applique à l'ensemble des locations meublées de ce foyer. La condition d'inscription au registre du commerce et des sociétés a été censurée par le Conseil constitutionnel, décision n° 2017-689 QPC du 8 février 2018 Adresse dépinglée le 3 septembre 2026 : elle pointait une version figée, ce qui rendait toute péremption invisible au contrôle. Le verbatim ci-dessus reste celui relevé à la date de consultation indiquée ; il n'a pas été relu à l'occasion de ce dépinglage. Consulté le 2026-08-20.

  • Source 02

    Caractère professionnel de la location meublée et contribuables non résidents — loi de finances pour 2026, article 53 — BOFiP — Direction générale des finances publiques. L'article 53 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 modifie la seconde condition de professionnalité pour les contribuables non résidents : les autres revenus d'activité à prendre en compte sont l'ensemble des revenus de même nature soumis à un impôt équivalent à l'impôt sur le revenu dans leur État de résidence. Les deux conditions demeurent inchangées pour les résidents Consulté le 2026-08-20.

  • Source 03

    Article 150 VB du code général des impôts, III — réintégration des amortissements en location meublée non professionnelle — Légifrance. III : pour les cessions intervenant à compter du 15 février 2025, le prix d'acquisition est minoré des amortissements admis en déduction en application de l'article 39 C (loi de finances pour 2025 n° 2025-127 du 14 février 2025) Consulté le 2026-08-20.

  • Source 04

    Plus-value immobilière des particuliers — abattements pour durée de détention et taux d'imposition — Service-Public.gouv.fr / article 150 VC du code général des impôts. Impôt sur le revenu au taux de 19 % : aucun abattement les cinq premières années, 6 % par année de détention de la sixième à la vingt-et-unième, 4 % la vingt-deuxième, exonération totale au-delà de vingt-deux ans. Prélèvements sociaux au taux de 17,2 % : aucun abattement les cinq premières années, 1,65 % par année de la sixième à la vingt-et-unième, 1,60 % la vingt-deuxième, 9 % par année de la vingt-troisième à la trentième, exonération totale au-delà de trente ans. Le barème de l'abattement à l'impôt sur le revenu figure à l'article 150 VC du code général des impôts Consulté le 2026-08-20.

  • Source 05

    Article 1609 nonies G du code général des impôts — taxe sur les plus-values immobilières élevées — Légifrance. Taxe due sur les plus-values imposables supérieures à 50 000 €, selon un barème progressif : de 50 001 à 60 000 €, 2 % PV − (60 000 − PV) × 1/20 ; de 60 001 à 100 000 €, 2 % PV ; de 100 001 à 110 000 €, 3 % PV − (110 000 − PV) × 1/10 ; de 110 001 à 150 000 €, 3 % PV ; de 150 001 à 160 000 €, 4 % PV − (160 000 − PV) × 15/100 ; de 160 001 à 200 000 €, 4 % PV ; de 200 001 à 210 000 €, 5 % PV − (210 000 − PV) × 20/100 ; de 210 001 à 250 000 €, 5 % PV ; de 250 001 à 260 000 €, 6 % PV − (260 000 − PV) × 25/100 ; au-delà de 260 000 €, 6 % PV. Applicable aux cessions réalisées à compter du 1er janvier 2024, hors terrains à bâtir Consulté le 2026-08-20.

  • Source 06

    Article 151 septies du code général des impôts — exonération des plus-values des petites entreprises — Légifrance. II, 1° a : seuil de 250 000 € pour les entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises ou de fournir le logement, « à l'exclusion de la location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés ». II, 1° b : 90 000 € s'il s'agit d'autres entreprises non agricoles ou de titulaires de bénéfices non commerciaux. II, 2° : exonération partielle lorsque les recettes sont supérieures à 90 000 € et inférieures à 126 000 € pour les entreprises mentionnées au b. II : l'activité doit avoir été exercée pendant au moins cinq ans. IV : les recettes s'apprécient en moyenne, hors taxes, sur les deux années civiles qui précèdent. VII : les articles 150 U à 150 VH sont applicables aux plus-values réalisées lors de la cession de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés et faisant l'objet d'une location directe ou indirecte « lorsque cette activité n'est pas exercée à titre professionnel » Consulté le 2026-08-20.

  • Source 07

    Article L611-1, 6° du code de la sécurité sociale — affiliation des loueurs en meublé — Légifrance. Les personnes, autres que celles mentionnées au 5° du présent article, exerçant une activité de location de locaux d'habitation meublés dont les recettes sont supérieures au seuil mentionné au 2° du 2 du IV de l'article 155 du code général des impôts, lorsque ces locaux sont loués à une clientèle y effectuant un séjour à la journée, à la semaine ou au mois et n'y élisant pas domicile, sauf option contraire pour le régime général dans les conditions prévues au 35° de l'article L. 311-3, ou lorsque ces personnes remplissent les conditions mentionnées au 2 du IV de l'article 155 du code général des impôts Consulté le 2026-08-20.

  • Source 08

    Article 975 du code général des impôts, V — actifs professionnels exonérés d'impôt sur la fortune immobilière — Légifrance. V : est considérée comme une activité commerciale l'exercice d'une activité de location de locaux d'habitation loués meublés par les personnes mentionnées à l'article 965 qui réalisent plus de 23 000 € de recettes annuelles et retirent de cette activité plus de 50 % des revenus à raison desquels le foyer fiscal est soumis à l'impôt sur le revenu dans les catégories des traitements et salaires, bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices agricoles, bénéfices non commerciaux et revenus des gérants et associés mentionnés à l'article 62 Consulté le 2026-08-20.

  • Source 09

    Article 39 duodecies du code général des impôts — plus-values à court et à long terme. Distinction des plus-values de cession d'éléments de l'actif immobilisé selon la durée de détention et les amortissements pratiqués : le régime des plus-values à court terme s'applique à hauteur des amortissements déduits, celui des plus-values à long terme au surplus pour les biens détenus depuis au moins deux ans. Page consultée le 3 septembre 2026. Consulté le 2026-09-03.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut que le statut fiscal modifie le résultat de quelques points quand le prix d’achat en décide de plusieurs dizaines, ce qui relativise l’intérêt de tout conseil fiscal, y compris le nôtre. Le taux de cotisations sociales de 35 % est un ordre de grandeur, non un taux légal : le tableau teste pour cette raison trois hypothèses, et la conclusion est vérifiée sur les trois. Le point de bascule de vingt ans vaut pour le dossier décrit et se déplace avec le résultat imposable, le montant amorti et la plus-value attendue. Ce guide ne traite ni la transmission du patrimoine meublé — donation, succession, exonération de l’article 151 septies A en cas de départ à la retraite — ni la sortie par apport en société : deux sujets qui appellent leurs propres guides et qu’un paragraphe traiterait mal. Les textes cités sont ceux en vigueur en août 2026 ; une situation fiscale se valide avec un expert-comptable. Aucun résultat n’est garanti.</p