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Guide de décisionVérifié le 19 août 202617 sourcesMéthode en cinq passes

Sortir d’une indivision : le blocage est comptable, pas juridique

Votre frère habite la maison de famille depuis sept ans et ne verse rien. Vous croyez que le blocage est juridique. Il est comptable : chaque année de silence lui fait gagner 4 992 € sur votre dos, et deux de ces années sont déjà définitivement perdues.

AVANT D’ATTENDRE UNE ANNÉE DE PLUS

Chaque année de silence se paie, et une part est déjà perdue

L’indemnité d’occupation se réclame, mais elle se prescrit. Le temps ne joue pas neutre : il transfère de l’argent d’un indivisaire vers l’autre, sans qu’aucune décision ne soit prise.

  • Le calcul de l’indemnité, année par année
  • Les quatre voies de sortie, chiffrées
  • La procédure des deux tiers et son délai
  • Pourquoi le partage coûte plus que la vente

INDEMNITÉ PAR AN

4 992 €

ANNÉES ÉCOULÉES

7

DÉJÀ PRESCRITES

2

DROIT DE PARTAGE

2,50 %

PROCÉDURE 815-5-1

2/3

DÉLAI PRÉALABLE

4 mois

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Personne ne peut être contraint de rester dans une indivision : le partage peut être provoqué à tout moment. Mais la vente d’un bien indivis exige l’unanimité, sauf à passer par la procédure des deux tiers de l’article 815-5-1, qui prend quatre mois avant même de saisir le tribunal.

L’indivisaire qui occupe seul le bien doit une indemnité d’occupation à l’indivision. Cette indemnité se prescrit par cinq ans, et la prescription court même si l’indemnité n’a jamais été fixée. Sur une maison de 190 000 € louable 780 € par mois, chaque année de silence efface 7 488 € pour l’indivision, dont 4 992 € pour les deux non-occupants.

Sortir en gardant le bien coûte 7 622 € de frais sur ce dossier — droit de partage à 2,50 % de la valeur totale, plus les émoluments du notaire. Vendre à un tiers n’en coûte aucun aux héritiers. C’est l'écart que personne ne chiffre.

Ce guide fait trois choses que les pages sur l’indivision ne font pas. Il chiffre chaque sortie au lieu de les énumérer. Il donne l’assiette exacte de chaque prélèvement, parce que c’est là que se logent les mauvaises surprises. Et il traite l’indemnité d’occupation pour ce qu’elle est : non pas une compensation morale, mais le seul levier qui change l’intérêt économique de celui qui bloque.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Hélène, 46 ans. Une maison de famille à Bourges, estimée 190 000 €, reçue en succession avec ses deux frères, un tiers chacun. L’aîné y habite depuis le décès, il y a sept ans, sans rien verser à personne. Hélène veut sortir et ne sait pas par où commencer. Exemple construit à partir des barèmes et des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.

Qu’est-ce qu’une indivision, exactement ?

Une indivision existe quand plusieurs personnes détiennent des droits de même nature sur un même bien, sans que ces droits portent sur une partie matériellement identifiée. Hélène ne possède pas la cuisine pendant que son frère possède le salon : elle détient un tiers de tout, indistinctement.

Trois situations la créent presque toujours. Une succession, dès le décès et jusqu’au partage. Un achat à plusieurs sans société — le cas des concubins et des partenaires de PACS. Et la dissolution d’un régime matrimonial, où l’indivision post-communautaire prend le relais jusqu'à la liquidation.

La règle qui domine tout le reste tient en une phrase du code civil : nul ne peut être contraint à demeurer dans l’indivision, et le partage peut toujours être provoqué1. C’est une liberté, pas une procédure : elle dit que vous avez le droit de sortir, pas que vous sortirez vite.

Le malentendu commence ici. Beaucoup lisent cette phrase comme une garantie de déblocage. Elle garantit l’issue, jamais le délai ni le prix. Entre le droit de provoquer le partage et le partage effectif, il y a une négociation, parfois un juge, toujours des frais — et pendant tout ce temps, l’occupant reste chez lui.

Qui décide quoi, et à quelle majorité ?

C’est la question la plus mal comprise du sujet, parce que la réponse n’est pas une majorité mais trois.

Un seul indivisaire suffit pour les mesures nécessaires à la conservation du bien, même si elles ne présentent aucun caractère d’urgence2. Réparer une toiture qui fuit, assurer le bien, payer la taxe foncière : Hélène peut le faire seule et en demander le remboursement à l’indivision.

Les deux tiers des droits indivis — pas des indivisaires, des droits — suffisent pour quatre actes limitativement énumérés : effectuer les actes d’administration, donner à l’un d’eux ou à un tiers un mandat général d’administration, vendre les meubles indivis pour payer les dettes et charges de l’indivision, et conclure ou renouveler les baux autres que ruraux, commerciaux, industriels ou artisanaux2.

L’unanimité est exigée pour tout le reste : tout acte qui ne ressortit pas à l’exploitation normale des biens indivis, et tout acte de disposition autre que la vente de meubles pour payer les dettes. Vendre l’immeuble en fait partie. Le donner en garantie aussi.

Ce que chaque majorité permet, article 815-3 du code civil

Qui décide quoi, et à quelle majorité ? — tableau 1
Réparer, assurer, payer les chargesun indivisaire seulelle peut agir sans demander l’avis de personne
Louer le bien (bail d’habitation)deux tiers des droitsses deux frères réunis peuvent le faire sans elle
Mandater un gestionnairedeux tiers des droitsidem
Vendre l’immeubleunanimitél’aîné bloque à lui seul
Hypothéquer, apporter en sociétéunanimitébloqué de la même façon

Deux conséquences pratiques valent d'être posées tout de suite. La première : une majorité aux deux tiers permet de louer le bien, donc de le rendre productif, sans l’accord du dernier tiers. Sur le dossier d’Hélène, ses deux frères pourraient louer la maison ensemble — sauf que l’un des deux est précisément celui qui l’occupe.

La seconde : les deux tiers se comptent en droits, pas en têtes. Trois héritiers à parts égales font trois tiers ; deux d’entre eux détiennent donc exactement les deux tiers requis. Une répartition inégale change tout, et c’est la première chose à vérifier dans l’acte de notoriété.

Ce que coûte chaque année de silence

Voici le calcul qui manque à presque toutes les pages sur le sujet, et c’est celui qui décide de l’issue.

L’indivisaire qui use privativement d’un bien indivis est, sauf convention contraire, redevable d’une indemnité3. Cette indemnité n’est pas une sanction : elle compense la jouissance dont les autres sont privés. Elle est due à l’indivision, pas directement aux autres indivisaires — nuance qui compte au moment du partage, puisqu’elle vient alimenter la masse à répartir.

Son montant se calcule par référence à la valeur locative du bien, généralement minorée d’un abattement dit de précarité qui tient compte du fait que l’occupant n’a ni bail ni sécurité juridique. Sur la maison d’Hélène, louable 780 € par mois, un abattement de 20 % donne une indemnité de 624 € par mois, soit 7 488 € par an.

Et maintenant la règle qui coûte cher. L’indemnité d’occupation est assimilable aux fruits et revenus du bien indivis. Or aucune recherche relative aux fruits et revenus n’est recevable plus de cinq ans après la date à laquelle ils ont été perçus4. La Cour de cassation en a tiré la conséquence directe : l’action en paiement de l’indemnité d’occupation se prescrit par cinq ans, et cette prescription court même si l’indemnité n’est pas fixée5.

Appliquons. L’aîné occupe depuis sept ans. Hélène ne peut plus réclamer que les cinq dernières années, soit 37 440 € dus à l’indivision, dont un tiers lui reviendra : 12 480 €. Les deux premières années sont éteintes. Elles représentaient 14 976 €, dont 9 984 € perdus pour elle et son cadet, sans qu’aucun courrier, aucune mise en demeure, aucune décision n’ait jamais été prise.

Le point de vigilance. Chaque année de silence supplémentaire coûte 4 992 € aux deux non-occupants — l’indemnité annuelle de 7 488 € diminuée de la part qui revient à l’occupant lui-même. Ce compteur tourne dans un seul sens. Une assignation, ou un procès-verbal de difficultés dressé par le notaire liquidateur mentionnant la demande, interrompt la prescription et fige la situation5.

C’est pourquoi la première démarche d’un indivisaire bloqué n’est pas de chercher un avocat pour vendre. C’est d'écrire, de faire constater l’occupation, et de faire courir l’indemnité. Le blocage n’est presque jamais juridique : il est confortable. L’article 815-9 est l’outil qui le rend inconfortable, et il agit sans juge tant que l’occupant accepte de compter.

Les quatre façons de sortir d’une indivision

Elles ne se valent ni en délai, ni en prix, ni en degré d’accord requis.

Le partage amiable. Tous les indivisaires s’entendent sur la répartition. Si l’un reçoit le bien entier, il verse aux autres une soulte égale à leur quote-part. C’est la voie la plus rapide et la moins lourde en procédure — nous verrons qu’elle n’est pas pour autant la moins chère. Elle exige l’unanimité et une évaluation acceptée par tous.

La vente à un tiers. Tout le monde vend, chacun reçoit sa part du prix. C’est, on le verra, la sortie la moins chère pour les indivisaires, parce que les droits de mutation sont à la charge de l’acquéreur. Elle exige aussi l’unanimité.

La cession de sa seule quote-part. Un indivisaire vend ses droits indivis sans que les autres vendent les leurs. C’est possible et c’est un droit, mais l’acquéreur hérite du blocage, ce qui écrase le prix. Et les coïndivisaires disposent d’un droit de préemption dont nous verrons qu’il fait échouer les opérations mal préparées.

Le partage judiciaire. Faute d’accord, le tribunal est saisi. Si le bien peut être commodément partagé en nature, un géomètre-expert établit les lots ; mais une maison ne se coupe pas en trois, et c’est le cas de presque tous les dossiers. Le bien est alors vendu par licitation, c’est-à-dire aux enchères, et c’est le prix qui se partage.

À ces quatre voies s’ajoute une cinquième qui n’est pas une sortie mais un aménagement : la convention d’indivision, qui organise la cohabitation au lieu d’y mettre fin. Nous y reviendrons.

Peut-on obtenir le bien plutôt que sa valeur ?

Oui, et c’est le mécanisme que les pages sur l’indivision oublient le plus souvent, alors qu’il répond exactement à la question que se pose celui qui habite les lieux.

Le conjoint survivant ou tout héritier copropriétaire peut demander l'attribution préférentielle de la propriété ou du droit au bail du local qui lui sert effectivement d’habitation, s’il y avait sa résidence à l'époque du décès, ainsi que du mobilier le garnissant16. La même faculté existe pour les locaux professionnels et le matériel nécessaire à l’exercice d’une profession.

La condition de résidence au jour du décès est décisive, et c’est elle qui départage les dossiers. Le frère d’Hélène s’est installé après le décès : la voie ne lui est pas ouverte de plein droit. Un héritier qui vivait déjà avec le défunt, lui, dispose d’un argument que les autres ne peuvent pas écarter par un simple refus.

Quand plusieurs héritiers demandent le même bien, le tribunal tranche selon les intérêts en présence, en tenant compte de l’aptitude des différents demandeurs à gérer les biens et à s’y maintenir17. Plusieurs successeurs peuvent aussi demander conjointement l’attribution, afin de conserver ensemble le bien indivis — ce qui transforme une indivision subie en indivision choisie.

Le prix de cette faveur est immédiat, et il surprend. La soulte est payable comptant, sauf accord amiable entre les copartageants17. Sur le bien d’Hélène, l’attributaire devrait donc sortir 126 667 € à la signature, plus les 7 622 € de frais.

Une exception existe, mais elle est étroite. Pour l’habitation principale et les petites exploitations agricoles visées aux articles 831-3 et 832, l’attributaire peut exiger de ses cohéritiers des délais de paiement portant sur la moitié au plus de la soulte, sur dix ans au maximum, les sommes restant dues portant intérêt au taux légal. Et si l’attributaire revend la totalité du bien, le solde devient immédiatement exigible.

Traduit en trésorerie sur notre dossier : au mieux, 63 333 € comptant et 63 333 € étalés sur dix ans avec intérêts. Ce n’est pas rien, mais c’est une autre opération que 126 667 € à la signature — et c’est un droit, pas une négociation.

Combien coûte la sortie ?

C’est ici que les articles sur l’indivision décrochent, et l’erreur la plus répandue tient à l’assiette.

Les partages de biens meubles et immeubles entre copropriétaires, cohéritiers et coassociés sont assujettis à un droit d’enregistrement de 2,50 %6. Ce droit se liquide sur le montant de l'actif net partagé — c’est-à-dire sur la valeur totale des biens partagés diminuée du passif, et non sur la part rachetée.

La différence est brutale. Hélène qui rachèterait les deux tiers de ses frères ne paie pas 2,50 % de 126 667 €, mais 2,50 % de 190 000 €, soit 4 750 €. Si la succession comportait 30 000 € de passif, l’assiette tomberait à 160 000 € et le droit à 4 000 € — d’où l’intérêt de ne pas solder les dettes de la succession avant le partage.

Le taux réduit dont tout le monde parle n’est presque jamais applicable. Les 1,10 % que citent la plupart des pages ne valent que pour les partages d’intérêts patrimoniaux consécutifs à une séparation de corps, un divorce ou une rupture de PACS6. Entre frères et sœurs héritiers, le taux est 2,50 %. Sur le bien d’Hélène, la confusion représente 2 660 € d'écart.

La licitation obéit à une logique voisine mais avec une assiette encore plus large. Lorsqu’elle porte sur des biens dépendant d’une succession ou d’une communauté conjugale et qu’elle profite à un membre originaire de l’indivision, à son conjoint, à un ascendant, un descendant ou un ayant droit à titre universel, elle supporte un droit de 2,50 % calculé sur la valeur totale des biens, sans soustraction de la part de l’acquéreur7. Au profit d’un tiers, en revanche, les parts acquises sont taxées au taux des ventes, et ces droits sont à la charge de l’acquéreur.

Un dernier mécanisme, mal connu, évite une double taxation. Les partages qui portent sur des biens dépendant d’une succession ou d’une communauté et qui interviennent uniquement entre les membres originaires de l’indivision, leur conjoint, leurs ascendants, descendants ou ayants droit à titre universel, ne sont pas considérés comme translatifs de propriété à hauteur des soultes8. Autrement dit, la soulte versée par Hélène ne subit pas les droits de vente : elle reste dans le régime du partage. C’est un avantage réel, et il disparaît si l’acquéreur n’appartient pas à ce cercle.

Le partage coûte plus cher que la vente, et sur une assiette plus large

L’impôt n’est pas le seul prélèvement, et le second surprend souvent davantage.

Le notaire perçoit des émoluments réglementés, calculés par tranches dégressives. Mais le barème du partage et celui de la vente ne sont pas les mêmes, et les deux différences jouent dans le même sens.

Deux barèmes réglementés, quatre tranches identiques, des taux différents

Le partage coûte plus cher que la vente, et sur une assiette plus large — tableau 2
De 0 à 6 500 €4,837 %3,870 %
De 6 500 à 17 000 €1,995 %1,596 %
De 17 000 à 60 000 €1,330 %1,064 %
Au-delà de 60 000 €0,998 %0,799 %

Sur la maison d’Hélène, le barème du partage donne 2 393,18 € hors taxes, soit 2 872 € toutes taxes comprises. Celui de la vente donnerait 1 915,35 € hors taxes, soit 2 298 €. Le partage coûte donc 573 € de plus, un quart d'écart9.

La seconde différence est plus lourde que la première et passe inaperçue. L'émolument de partage s’assied sur l'actif brut, déduction faite seulement des legs particuliers9. Le droit de partage, lui, s’assied sur l’actif net. Sur une succession chargée de dettes, les deux assiettes divergent, et c’est toujours l'émolument qui reste sur la plus grande.

Additionnons pour Hélène : 4 750 € de droit de partage et 2 872 € d'émoluments, soit 7 622 € pour sortir en gardant le bien dans la famille. Rapportés aux 126 667 € de quote-part effectivement rachetée, ces frais représentent 6,02 % — c’est-à-dire à peu près ce qu’un acquéreur ordinaire paierait en droits de mutation pour acheter à un inconnu.

Le point de vigilance. Ces 7 622 € n’existent pas si le bien est vendu à un tiers : dans une vente ordinaire, les droits de mutation et les émoluments sont à la charge de l’acquéreur, et les indivisaires encaissent leur part du prix sans prélèvement de sortie. Garder le bien dans la famille coûte 7 622 € ; le vendre n’en coûte aucun aux héritiers. Ce n’est pas un argument pour vendre — c’est un chiffre à mettre dans la balance, et il manque à la plupart des discussions de famille.

Peut-on vendre sans l’accord de tous ?

Oui, depuis 2009, mais la procédure est plus longue et plus étroite que ne le laissent croire les résumés.

L’aliénation d’un bien indivis peut être autorisée par le tribunal judiciaire, à la demande du ou des indivisaires titulaires d’au moins deux tiers des droits indivis10. Deux exclusions figurent dès la première phrase du texte, et elles écartent beaucoup de dossiers : la procédure est fermée en cas de démembrement de la propriété du bien — donc dès qu’un usufruit existe, situation très fréquente en succession — et lorsque l’un des indivisaires se trouve hors d'état de manifester sa volonté ou présumé absent.

Le déroulé est verrouillé étape par étape. Les indivisaires titulaires des deux tiers expriment leur intention d’aliéner devant un notaire. Dans le délai d’un mois suivant son recueil, le notaire fait signifier cette intention aux autres indivisaires. Si l’un d’eux s’oppose ou ne se manifeste pas dans un délai de trois mois à compter de la signification, le notaire le constate par procès-verbal. C’est seulement à ce stade que le tribunal peut être saisi, et il n’autorisera la vente que si elle ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires.

Le calendrier minimal de l’article 815-5-1, avant même la première audience

Peut-on vendre sans l’accord de tous ? — tableau 3
Expression de l’intention devant notairemois 0
Signification aux autres indivisaires1 moismois 1
Délai d’opposition ou de silence3 moismois 4
Procès-verbal du notairemois 4
Saisine du tribunal judiciaireà partir de làmois 4 et au-delà

Deux précisions ferment le dispositif. L’aliénation ainsi autorisée s’effectue par licitation, donc aux enchères, et non par une vente amiable au prix que les deux tiers auraient négocié. Et les sommes retirées ne peuvent pas être remployées, sauf pour payer les dettes et charges de l’indivision : le produit doit être partagé.

Enfin, la vente est opposable à l’indivisaire dont le consentement a fait défaut — sauf si l’intention d’aliéner ne lui avait pas été signifiée dans les formes. La signification n’est donc pas une formalité : c’est la condition de validité de tout ce qui suit.

La licitation, et ce qu’elle coûte vraiment

Le mot fait peur et il est mal compris. Une licitation est simplement la vente aux enchères d’un bien indivis, destinée à convertir en argent ce qui ne peut pas se partager en nature.

Elle prend deux formes très différentes. La licitation amiable se fait devant notaire, à la demande de tous les indivisaires, quand ils s’accordent sur le principe de la vente mais pas sur le prix ni sur l’acquéreur : les enchères tranchent. La licitation judiciaire est ordonnée par le tribunal dans le cadre d’un partage judiciaire, ou au terme de la procédure des deux tiers.

La différence de résultat tient à un mécanisme simple : la mise à prix. Elle est fixée en début de procédure, souvent en dessous de la valeur vénale pour garantir qu’il y aura des enchérisseurs. Si un seul candidat se présente, le bien est adjugé à cette mise à prix. C’est là que se creuse l'écart avec une vente ordinaire, et cet écart n’est pas une décote de marché : c’est une conséquence du nombre d’enchérisseurs présents ce jour-là.

Sur le dossier d’Hélène, une adjudication à 15 % sous l’estimation — hypothèse de sensibilité, non une donnée de marché — ramènerait sa part de 63 333 € à 53 833 €. Sa position finale, indemnité d’occupation comprise, passerait de 75 813 € en cas de vente amiable à 66 313 €. Neuf mille cinq cents euros séparent l’accord de la procédure, avant même de compter les honoraires d’avocat et le temps.

Un point technique termine la section, et il protège. Avant toute adjudication, les indivisaires doivent en être avertis un mois à l’avance, et l’un d’eux peut se substituer à l’adjudicataire dans le délai d’un mois11. Un indivisaire qui découvre le prix atteint peut donc encore reprendre le bien à ce prix. Beaucoup l’ignorent et laissent passer le délai.

La convention d’indivision sert-elle à quelque chose ?

Oui, mais pas à ce qu’on croit : elle n’empêche pas de sortir, elle organise le fait de rester.

À peine de nullité, la convention doit être établie par écrit et contenir la désignation des biens indivis ainsi que l’indication des quotes-parts appartenant à chaque indivisaire ; si elle porte sur des immeubles, les formalités de publicité foncière doivent être observées12. Un accord verbal entre héritiers ne vaut rien.

Sa durée est plafonnée. Une convention à durée déterminée ne peut excéder cinq ans, et elle est renouvelable ; elle peut prévoir sa reconduction tacite, pour une durée déterminée ou indéterminée. À défaut d’une telle clause, l’indivision retombe à son terme sous le régime légal des articles 815 et suivants13.

La contrepartie est nette. Pendant la durée d’une convention à durée déterminée, le partage ne peut pas être provoqué — c’est précisément ce qu’on achète. Dans une convention à durée indéterminée, en revanche, le partage peut être provoqué à tout moment, pourvu que ce ne soit pas de mauvaise foi ou à contretemps13.

Elle sert donc à deux choses précises : geler la situation le temps qu’un événement se produise — la fin des études d’un enfant, la vente d’un autre bien, une conjoncture meilleure —, et désigner un gérant avec ses pouvoirs, ce qui évite de repasser par une majorité à chaque décision. Pour une détention longue à plusieurs, l’outil approprié n’est pas la convention mais la société civile, dont nous détaillons ailleurs le fonctionnement et les pièges.

Ce qui fait échouer une sortie d’indivision

Quatre situations reviennent, et chacune se chiffre.

La cession de quote-part sans respecter la préemption. Un indivisaire qui veut céder ses droits à une personne étrangère à l’indivision doit notifier aux autres le prix et les conditions de la cession. Chacun dispose d’un mois pour faire savoir qu’il exerce son droit de préemption, puis de deux mois pour régulariser l’acte14. Est nulle toute cession opérée au mépris de ces règles, et l’action en nullité se prescrit par cinq ans15.

Le coût de l’erreur n’est pas seulement la nullité. Sur une quote-part d’un tiers valant 63 333 €, une cession annulée deux ans après la signature oblige à restituer le prix, à reprendre la négociation à zéro dans un climat dégradé, et à supporter les frais d’un acte devenu sans objet — soit 1 084 € d'émoluments de vente perdus au barème A444-91 sur cette assiette. La notification est faite par commissaire de justice : notifiez avant de signer, jamais après.

Le passif soldé trop tôt. Le droit de partage se liquide sur l’actif net. Payer les dettes de la succession avant l’acte de partage augmente mécaniquement l’assiette. Sur les 30 000 € de passif de notre variante, l’ordre des opérations vaut 750 € — un chiffre modeste, mais gratuit à capter et systématiquement ignoré.

L’usufruit oublié. La procédure de vente aux deux tiers est fermée en cas de démembrement. Un conjoint survivant usufruitier suffit à la rendre inapplicable, quelle que soit l’entente entre les nus-propriétaires. Beaucoup de familles engagent la procédure notariée avant de découvrir que le texte ne leur est pas ouvert : les 4 mois de délais courent pour rien, et l’expression d’intention devant notaire, la signification par commissaire de justice et le procès-verbal se paient quand même, pour un dossier qui n’ira jamais devant le tribunal. Sur le bien d’Hélène, ces quatre mois d’occupation prolongée représentent à eux seuls 2 496 € d’indemnité, dont 1 664 € pour les deux non-occupants. La première vérification est l’acte de notoriété, pas le rapport de force.

L’indemnité réclamée trop tard. C’est l’erreur la plus coûteuse de la liste, et la plus silencieuse. Sur le dossier d’Hélène, les deux années perdues représentent 9 984 € pour elle et son cadet. Aucune notification n’a été manquée, aucun délai de procédure n’a été dépassé : la seule cause est le temps écoulé sans demande écrite.

Ce qu’il faut faire selon votre position

La conduite se déduit de trois éléments : votre quote-part, l’occupation du bien, et l’existence ou non d’un usufruit.

Premier cas, vous détenez moins d’un tiers et le bien est occupé par un autre. Vous ne pouvez déclencher aucune procédure de majorité. Votre seul levier immédiat est l’indemnité d’occupation : faites-la constater et courir par écrit, car c’est elle qui rend l’attente coûteuse pour celui qui bloque. Le partage judiciaire reste ouvert, mais il se plaide.

Deuxième cas, vous détenez au moins deux tiers avec d’autres. Vérifiez d’abord l’absence de démembrement, puis engagez la procédure de l’article 815-5-1 en sachant qu’elle prend quatre mois avant la première audience et qu’elle se termine par une licitation, pas par la vente amiable que vous auriez négociée.

Troisième cas, vous voulez garder le bien. Chiffrez avant de proposer. Sur une maison de 190 000 €, les frais de sortie approchent 7 622 €, soit 6,02 % de la quote-part rachetée — à ajouter à la soulte, et à financer. Notre guide des frais qu’on oublie de compter et notre méthode de stress test aident à vérifier que l’opération tient une fois le crédit intégré.

Quatrième cas, vous voulez vendre et les autres non. Posez la question du prix avant celle du principe : beaucoup de refus ne portent pas sur la vente mais sur l'évaluation. Une expertise contradictoire coûte quelques centaines d’euros et débloque plus de dossiers qu’une assignation. Si le bien doit être vendu, notre méthode de calcul du prix à partir d’un rendement cible vous donne le raisonnement qu’aura l’acheteur investisseur en face.

Reste une chose à dire, et elle ne sert pas notre intérêt commercial. Racheter la part de ses cohéritiers pour conserver un bien de famille est rarement une bonne opération patrimoniale : on paie 6,02 % de frais pour acquérir un actif qu’on n’aurait pas choisi, souvent situé là où l’on n’investit pas, et dont le rendement se calcule comme celui de n’importe quel bien. Faites ce calcul froidement avant de le faire par attachement — et si le résultat est mauvais, il l’est aussi pour nous, qui n’aurons pas de dossier à accompagner.

Enfin, si l’indivision naît d’un achat à plusieurs plutôt que d’une succession, la vraie question est en amont : une société civile aurait évité l’unanimité, organisé les pouvoirs et permis de céder des parts. Nos guides sur la société civile et sur la société civile familiale expliquent ce que cela change, et ce que cela coûte.

SITUER VOTRE PROPRE INDIVISION

La bonne voie dépend de qui occupe et de qui refuse

Nombre d’indivisaires, quotes-parts, occupation effective et positions de chacun : quatre éléments décident de la voie la moins coûteuse.

  • L’indemnité réclamable et la part prescrite
  • La majorité atteignable dans votre configuration
  • Le coût comparé du partage et de la vente
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Douze réponses directes sur les majorités, l’indemnité d’occupation et sa prescription, le droit de partage, l’attribution préférentielle et la licitation.

Vous voulez situer votre propre indivision ?

Apportez l’acte de succession, les quotes-parts et la situation d’occupation. L’échange ne garantit ni issue judiciaire, ni délai, ni montant d’indemnité.

Échanger sur votre situation

01 · Règles et majorités

  • 01Peut-on être obligé de rester dans une indivision ?
    Non. Le code civil pose que nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et que le partage peut toujours être provoqué, sauf sursis par jugement ou convention. Mais cette règle garantit l'issue, pas le délai ni le prix : entre le droit de provoquer le partage et le partage effectif, il y a une négociation, parfois un juge, toujours des frais — et pendant tout ce temps, l'occupant reste chez lui.
  • 02Peut-on vendre un bien indivis sans l'accord de tous ?
    Oui, par la procédure de l'article 815-5-1, à la demande d'indivisaires détenant au moins deux tiers des droits indivis. Elle est fermée en cas de démembrement de la propriété — donc dès qu'un usufruit existe — et lorsqu'un indivisaire est hors d'état de manifester sa volonté. Le déroulé prend quatre mois minimum avant même de saisir le tribunal : expression de l'intention devant notaire, signification sous un mois, puis trois mois d'opposition possible. La vente se fait ensuite par licitation, pas par une vente amiable négociée.
  • 03Qui décide quoi dans une indivision ?
    Trois majorités coexistent. Un seul indivisaire suffit pour les mesures de conservation, même sans urgence. Les deux tiers des droits indivis — comptés en droits, pas en têtes — permettent quatre actes limitativement énumérés : les actes d'administration, un mandat général d'administration, la vente de meubles indivis pour payer les dettes, et la conclusion ou le renouvellement des baux autres que ruraux, commerciaux, industriels ou artisanaux. L'unanimité est exigée pour tout le reste, notamment pour vendre l'immeuble.

02 · Indemnité d’occupation

  • 04Combien doit payer celui qui habite seul le bien indivis ?
    L'indivisaire qui use privativement du bien est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité à l'indivision. Elle se calcule par référence à la valeur locative, généralement minorée d'un abattement dit de précarité parce que l'occupant n'a ni bail ni sécurité juridique. Sur une maison louable 780 € par mois, un abattement de 20 % donne 624 € par mois, soit 7 488 € par an dus à l'indivision.
  • 05L'indemnité d'occupation peut-elle être réclamée rétroactivement ?
    Sur cinq ans au maximum. L'indemnité d'occupation est assimilable aux fruits et revenus du bien indivis, et aucune recherche relative aux fruits et revenus n'est recevable plus de cinq ans après la date à laquelle ils ont été perçus. La Cour de cassation précise que cette prescription court même si l'indemnité n'a jamais été fixée. Une assignation, ou un procès-verbal de difficultés dressé par le notaire liquidateur qui consigne la demande, interrompt la prescription.

03 · Droit de partage et coûts

  • 06Quel est le taux du droit de partage : 2,50 % ou 1,10 % ?
    2,50 % dans la très grande majorité des cas. Le taux réduit de 1,10 % ne vaut que pour les partages d'intérêts patrimoniaux consécutifs à une séparation de corps, un divorce ou une rupture de PACS. Entre frères et sœurs héritiers, c'est 2,50 %. Sur un bien de 190 000 €, la confusion représente 2 660 € d'écart.
  • 07Le droit de partage se calcule-t-il sur la part rachetée ?
    Non, et c'est l'erreur la plus coûteuse du sujet. Le droit se liquide sur le montant de l'actif net partagé, c'est-à-dire sur la valeur totale des biens diminuée du passif. Racheter les deux tiers d'une maison de 190 000 € coûte 2,50 % de 190 000 €, soit 4 750 €, et non 2,50 % des 126 667 € effectivement acquis. En licitation au profit d'un cohéritier, le texte est encore plus explicite : le droit est assis sur la valeur totale des biens, sans soustraction de la part de l'acquéreur.
  • 08Un héritier qui habite le bien peut-il l'obtenir plutôt que sa valeur ?
    C'est l'attribution préférentielle. Le conjoint survivant ou tout héritier copropriétaire peut demander l'attribution du local qui lui sert effectivement d'habitation, à condition d'y avoir eu sa résidence à l'époque du décès — un héritier installé après le décès n'y a pas droit de plein droit. En cas de demandes concurrentes, le tribunal arbitre selon les intérêts en présence et l'aptitude de chacun à gérer le bien. La soulte est en principe payable comptant : sur une maison de 190 000 €, l'attributaire sort 126 667 € à la signature plus 7 622 € de frais. Pour l'habitation principale, il peut exiger des délais portant sur la moitié au plus de la soulte, pendant dix ans au maximum, avec intérêt au taux légal.
  • 09Combien coûte au total la sortie d'une indivision ?
    Sur une maison de 190 000 € sans passif, garder le bien dans la famille coûte 4 750 € de droit de partage et 2 872 € d'émoluments de notaire, soit 7 622 € — l'équivalent de 6,02 % de la quote-part effectivement rachetée. Vendre le bien à un tiers n'en coûte aucun aux indivisaires, puisque les droits de mutation et les émoluments sont à la charge de l'acquéreur. C'est l'écart que la plupart des discussions de famille ignorent.

04 · Licitation et convention

  • 10Qu'est-ce qu'une licitation, et fait-elle perdre de l'argent ?
    C'est la vente aux enchères d'un bien indivis, amiable devant notaire quand tous s'accordent sur le principe, ou judiciaire quand le tribunal l'ordonne. Le risque tient à la mise à prix, fixée souvent sous la valeur vénale pour garantir des enchérisseurs : s'il n'y a qu'un candidat, le bien est adjugé à ce montant. Une adjudication 15 % sous l'estimation ferait passer une quote-part d'un tiers de 63 333 € à 53 833 €. Avant toute adjudication, les indivisaires sont avertis un mois à l'avance et l'un d'eux peut se substituer à l'acquéreur dans le mois qui suit.
  • 11À quoi sert une convention d'indivision ?
    À organiser le fait de rester, pas à sortir. Elle doit être écrite à peine de nullité, désigner les biens et les quotes-parts, et être publiée au fichier immobilier s'il s'agit d'immeubles. Sa durée déterminée ne peut excéder cinq ans, renouvelable ; pendant ce terme le partage ne peut pas être provoqué. Une convention à durée indéterminée laisse au contraire le partage ouvert à tout moment, pourvu qu'il ne soit pas demandé de mauvaise foi ou à contretemps. Pour une détention longue à plusieurs, la société civile est l'outil approprié.
  • 12Peut-on vendre seulement sa part d'indivision ?
    Oui, c'est un droit. Mais l'indivisaire qui cède ses droits à une personne étrangère à l'indivision doit notifier aux autres le prix, les conditions et l'identité de l'acquéreur pressenti. Chacun dispose d'un mois pour exercer son droit de préemption, puis de deux mois pour régulariser l'acte. Toute cession opérée au mépris de ces règles est nulle, l'action se prescrivant par cinq ans. Et en pratique l'acquéreur hérite du blocage, ce qui écrase le prix.

Une indivision qui dure n’est pas un statu quo.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut qu’une partie des situations se règle entre indivisaires sans intermédiaire, ce qui exclut une part des demandes que nous recevons.

Aucune issue judiciaire garantieAucun délai garantiTextes contrôlés en août 2026

Sources et date de contrôle

Votre frère habite la maison de famille depuis sept ans et ne verse rien. Vous croyez que le blocage est juridique. Il est comptable : chaque année de silence lui fait gagner 4 992 € sur votre dos, et deux de ces années sont déjà définitivement perdues.

  • Source 01

    Article 815 du code civil — nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision — Légifrance. Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué, à moins qu'il n'y ait été sursis par jugement ou convention Consulté le 2026-08-19.

  • Source 02

    Articles 815-2 et 815-3 du code civil — actes relatifs aux biens indivis — Légifrance. 815-2 : tout indivisaire peut prendre les mesures nécessaires à la conservation des biens indivis même si elles ne présentent pas un caractère d'urgence. 815-3 : le ou les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis peuvent, à cette majorité, effectuer les actes d'administration relatifs aux biens indivis, donner à l'un ou plusieurs des indivisaires ou à un tiers un mandat général d'administration, vendre les meubles indivis pour payer les dettes et charges de l'indivision, conclure et renouveler les baux autres que ceux portant sur un immeuble à usage agricole, commercial, industriel ou artisanal. Le consentement de tous les indivisaires est requis pour effectuer tout acte qui ne ressortit pas à l'exploitation normale des biens indivis et pour effectuer tout acte de disposition autre que ceux visés au 3° Consulté le 2026-08-19.

  • Source 03

    Article 815-9 du code civil — jouissance des biens indivis et indemnité d'occupation — Légifrance. Chaque indivisaire peut user et jouir des biens indivis conformément à leur destination, dans la mesure compatible avec le droit des autres indivisaires. L'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité Consulté le 2026-08-19.

  • Source 04

    Article 815-10 du code civil — fruits et revenus des biens indivis, prescription quinquennale — Légifrance. Les fruits et les revenus des biens indivis accroissent à l'indivision, à défaut de partage provisionnel ou de tout autre accord établissant la jouissance divise. Aucune recherche relative aux fruits et revenus ne sera, toutefois, recevable plus de cinq ans après la date à laquelle ils ont été perçus ou auraient pu l'être Consulté le 2026-08-19.

  • Source 05

    Cour de cassation, 1re chambre civile, 3 octobre 2018, pourvoi n° 17-26.020, publié au bulletin — Légifrance. L'indemnité d'occupation étant assimilable aux fruits et revenus du bien indivis, l'action en paiement de l'indemnité d'occupation se prescrit par cinq ans conformément à l'article 815-10 du code civil ; cette prescription court même si l'indemnité n'est pas fixée. En l'espèce, l'assignation du 28 septembre 2011 a interrompu la prescription, l'indemnité étant due à compter du 28 septembre 2006. Voir également Cass. 1re civ., 7 février 2018, n° 16-28.686 : le procès-verbal de difficultés dressé par le notaire liquidateur dans les cinq ans, consignant une demande d'indemnité d'occupation, interrompt la prescription tant que l'instance en partage se poursuit Consulté le 2026-08-19.

  • Source 06

    Article 746 du code général des impôts — tarif du droit de partage — Légifrance. Les partages de biens meubles et immeubles entre copropriétaires, cohéritiers et coassociés, à quelque titre que ce soit, pourvu qu'il en soit justifié, sont assujettis à un droit d'enregistrement ou à une taxe de publicité foncière de 2,50 %. Ce taux est ramené à 1,80 % à compter du 1er janvier 2021 et à 1,10 % à compter du 1er janvier 2022 pour les partages des intérêts patrimoniaux consécutifs à une séparation de corps, à un divorce ou à une rupture d'un pacte civil de solidarité. Article 747 : l'impôt est liquidé sur le montant de l'actif net partagé Consulté le 2026-08-19.

  • Source 07

    Article 750 du code général des impôts — licitations — Légifrance. 750 I : les parts et portions indivises de biens immeubles acquises par licitation sont assujetties à l'impôt aux taux prévus pour les ventes des mêmes biens. 750 II : les licitations de biens mobiliers ou immobiliers dépendant d'une succession ou d'une communauté conjugale, ainsi que les cessions de droits successifs mobiliers ou immobiliers, sont assujetties à un droit d'enregistrement ou à une taxe de publicité foncière de 2,50 % lorsqu'elles interviennent au profit de membres originaires de l'indivision, de leur conjoint, de leurs ascendants ou descendants ou d'ayants droit à titre universel de l'un ou de plusieurs d'entre eux ; ce droit est assis sur la valeur totale des biens, sans soustraction de la part de l'acquéreur Consulté le 2026-08-19.

  • Source 08

    Article 748 du code général des impôts — régime spécial des partages de succession et de communauté — Légifrance. Les partages qui portent sur des biens meubles ou immeubles dépendant d'une succession ou d'une communauté conjugale et qui interviennent uniquement entre les membres originaires de l'indivision, leur conjoint, des ascendants, des descendants ou des ayants droit à titre universel de l'un ou de plusieurs d'entre eux ne sont pas considérés comme translatifs de propriété dans la mesure des soultes ou plus-values Consulté le 2026-08-19.

  • Source 09

    Articles A444-91 et A444-121 du code de commerce — émoluments proportionnels des notaires, vente et partage — Arrêté du 26 février 2016 fixant les tarifs réglementés des notaires, tableau 5 de l'annexe 4-7. A444-91 (vente ou cession de gré à gré, n° 54 du tableau 5) : 3,870 % de 0 à 6 500 €, 1,596 % de 6 500 à 17 000 €, 1,064 % de 17 000 à 60 000 €, 0,799 % au-delà de 60 000 €. A444-121 (partage volontaire ou judiciaire, n° 101 du tableau 5) : émolument proportionnel à l'actif brut, déduction faite seulement des legs particuliers, de 4,837 % de 0 à 6 500 €, 1,995 % de 6 500 à 17 000 €, 1,330 % de 17 000 à 60 000 €, 0,998 % au-delà de 60 000 €, plus un émolument proportionnel non dégressif de 0,484 % sur les reprises en nature. Articles en vigueur dans leur version du 1er mars 2020 ; l'arrêté du 25 février 2026, fixant les tarifs réglementés des notaires du 1er mars 2026 au 29 février 2028, laisse ces barèmes inchangés Consulté le 2026-08-19.

  • Source 10

    Article 815-5-1 du code civil — aliénation d'un bien indivis à la majorité des deux tiers — Légifrance. Sauf en cas de démembrement de la propriété du bien ou si l'un des indivisaires se trouve dans l'un des cas prévus à l'article 836, l'aliénation d'un bien indivis peut être autorisée par le tribunal judiciaire, à la demande de l'un ou des indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis. Ces indivisaires expriment devant un notaire, à cette majorité, leur intention de procéder à l'aliénation. Dans le délai d'un mois suivant son recueil, le notaire fait signifier cette intention aux autres indivisaires. Si l'un ou plusieurs s'opposent ou ne se manifestent pas dans un délai de trois mois à compter de la signification, le notaire le constate par procès-verbal. Le tribunal peut alors autoriser l'aliénation si elle ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires. Cette aliénation s'effectue par licitation ; les sommes retirées ne peuvent faire l'objet d'un remploi sauf pour payer les dettes et charges de l'indivision. L'aliénation est opposable à l'indivisaire dont le consentement a fait défaut, sauf si l'intention d'aliéner ne lui avait pas été signifiée selon les modalités prévues au troisième alinéa Consulté le 2026-08-19.

  • Source 11

    Article 815-15 du code civil — adjudication d'un bien indivis et faculté de substitution — Légifrance. S'il y a lieu à adjudication, tous les indivisaires doivent en être informés par notification un mois avant la date prévue pour la vente. Chacun d'eux peut se substituer à l'acquéreur dans un délai d'un mois à compter de l'adjudication Consulté le 2026-08-19.

  • Source 12

    Article 1873-2 du code civil — forme de la convention d'indivision — Légifrance. À peine de nullité, la convention doit être établie par écrit et contenir la désignation des biens indivis et l'indication des quotes-parts appartenant à chaque indivisaire. Si elle porte sur des créances, les formalités de l'article 1690 doivent être observées ; si elle porte sur des immeubles, les formalités de la publicité foncière Consulté le 2026-08-19.

  • Source 13

    Articles 1873-1 et 1873-3 du code civil — durée de la convention d'indivision — Légifrance. La convention peut être conclue pour une durée déterminée qui ne peut excéder cinq ans, renouvelable. Elle peut stipuler qu'une convention à durée déterminée se renouvellera par tacite reconduction, pour une durée déterminée ou indéterminée ; à défaut d'une telle clause, l'indivision est régie par les articles 815 et suivants à l'expiration du terme. Lorsque la convention est à durée indéterminée, le partage peut être provoqué à tout moment, pourvu que ce ne soit pas de mauvaise foi ou à contretemps Consulté le 2026-08-19.

  • Source 14

    Article 815-14 du code civil — cession de droits indivis et droit de préemption — Légifrance. L'indivisaire qui entend céder à une personne étrangère à l'indivision tout ou partie de ses droits doit notifier aux autres indivisaires le prix et les conditions de la cession ainsi que les nom, domicile et profession de la personne qui se propose d'acquérir. Tout indivisaire peut, dans le délai d'un mois, faire connaître qu'il exerce un droit de préemption ; il dispose alors d'un délai de deux mois pour la réalisation de l'acte de vente Consulté le 2026-08-19.

  • Source 15

    Article 815-16 du code civil — nullité des cessions et licitations irrégulières — Légifrance. Est nulle toute cession ou toute licitation opérée au mépris des dispositions des articles 815-14 et 815-15. L'action en nullité se prescrit par cinq ans Consulté le 2026-08-19.

  • Source 16

    Article 831-2 du code civil — attribution préférentielle du local d'habitation — Légifrance. Le conjoint survivant ou tout héritier copropriétaire peut également demander l'attribution préférentielle de la propriété ou du droit au bail du local qui lui sert effectivement d'habitation, s'il y avait sa résidence à l'époque du décès, et du mobilier le garnissant, ainsi que du véhicule du défunt dès lors que ce véhicule lui est nécessaire pour les besoins de la vie courante ; de la propriété ou du droit au bail du local à usage professionnel servant effectivement à l'exercice de sa profession et des objets mobiliers à usage professionnel garnissant ce local ; de l'ensemble des éléments mobiliers nécessaires à l'exploitation d'un bien rural Consulté le 2026-08-19.

  • Source 17

    Articles 832-3 et 832-4 du code civil — demandes concurrentes et paiement de la soulte — Légifrance. 832-3 : l'attribution préférentielle peut être demandée conjointement par plusieurs successibles afin de conserver ensemble le bien indivis. À défaut d'accord amiable, la demande est portée devant le tribunal, qui se prononce en fonction des intérêts en présence ; en cas de demandes concurrentes, le tribunal tient compte de l'aptitude des différents postulants à gérer les biens en cause et à s'y maintenir. 832-4 : sauf accord amiable entre les copartageants, la soulte éventuellement due est payable comptant. Toutefois, dans les cas prévus aux articles 831-3 et 832, l'attributaire peut exiger de ses copartageants des délais de paiement pour la moitié au plus de la soulte, pendant dix ans au maximum, les sommes restant dues portant intérêt au taux légal ; en cas de vente de la totalité du bien attribué, le solde devient immédiatement exigible Consulté le 2026-08-19.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut que racheter la part de ses cohéritiers pour conserver un bien de famille est rarement une bonne opération patrimoniale, ce qui n’oriente vers aucun de nos services. Il chiffre également le fait que vendre à un tiers ne coûte rien aux indivisaires là où garder le bien coûte 7 622 €. Ce guide ne traite pas l’impôt de plus-value dû par un indivisaire qui cède sa quote-part plusieurs années après la succession : le sujet a ses propres abattements et exonérations, et il mérite un guide entier plutôt qu’un paragraphe qui donnerait l’illusion d’avoir fait le tour. Les barèmes cités sont ceux en vigueur en août 2026 ; une situation d’indivision se traite avec un notaire, et le cas échéant un avocat. Aucun délai, aucun montant d’indemnité et aucune issue de procédure ne sont garantis.</p