Syndic bénévole : ce que l'économie coûte en heures, et le régime allégé dont la plupart des petites copropriétés ignorent l'existence
Les pages du sujet présentent le bénévolat comme une économie. Aucune ne compte les heures, ni ne signale le régime allégé auquel une petite copropriété a droit sans le savoir.
L’ÉCONOMIE SE MESURE À L’HEURE
Le bénévolat ne supprime pas les honoraires. Il les convertit en heures.
Huit cent vingt euros nets par an pour quarante heures de travail. Vingt-huit heures si la copropriété active le régime auquel elle a droit.
- Seul un copropriétaire peut être syndic non professionnel
- Au plus cinq lots ou moins de 15 000 € : quatre allègements s’ouvrent
- La responsabilité reste personnelle, sans garantie financière
- Le mandat expire en trois mois si le syndic vend son lot
HONORAIRES ÉVITÉS
1 000 €/an
ASSURANCE À SOUSCRIRE
180 €/an
ÉCONOMIE NETTE
820 €/an
RÉMUNÉRATION IMPLICITE
20,50 €/h
AVEC LE RÉGIME SIMPLIFIÉ
29,29 €/h
POINT DE BASCULE
66 h/an
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. « Seul un copropriétaire d’un ou plusieurs lots dans la copropriété qu’il est amené à gérer peut être syndic non professionnel »1. Aucune carte professionnelle, aucune garantie financière, mais une condition qui ne souffre pas d’exception — et un mandat qui expire dans les trois mois si elle disparaît.
Une copropriété d’au plus cinq lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces, ou dont le budget prévisionnel moyen sur trois exercices est inférieur à 15 000 €, relève des « petites copropriétés »2. Elle n’est alors pas tenue de constituer un conseil syndical, peut abandonner la comptabilité en partie double, et décider par consultation écrite hors assemblée.
Sur le cas de ce guide, le bénévolat économise 820 € nets par an pour environ quarante heures. Le régime simplifié ramène ces heures à vingt-huit.
Le syndic bénévole est presque toujours présenté comme une économie. C’est vrai en trésorerie, et faux en analyse : ce qui disparaît de la ligne « honoraires » réapparaît en temps passé et en responsabilité personnelle. Il n’y a rien de scandaleux à cela, à condition de le regarder en face avant de lever la main en assemblée.
Ce guide chiffre les deux côtés de l’échange, et montre où se trouve le seul levier qui change vraiment le résultat.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Serge, 58 ans, ancien chef de chantier à Limoges, copropriétaire dans un immeuble de quatre lots dont le budget prévisionnel s’élève à 9 800 € par an. Le syndic professionnel en place facture 250 € par lot, et l’assemblée s’interroge. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client, et le temps consacré comme le coût de l’assurance sont des hypothèses de travail.
Qui peut être syndic bénévole ?
Un copropriétaire. C’est la seule condition posée par le texte, et elle est absolue — sans dérogation, sans équivalence, sans possibilité d’y suppléer par une compétence particulière ou par la confiance que l’assemblée accorderait à quelqu’un d’autre.
Le texte ne s’embarrasse d’aucune nuance : « seul un copropriétaire d’un ou plusieurs lots dans la copropriété qu’il est amené à gérer peut être syndic non professionnel »1.
Trois conséquences en découlent, et la troisième surprend.
- Un tiers ne peut pas. Ni le fils d’un copropriétaire, ni un ami comptable, ni un voisin dévoué. La qualité de copropriétaire ne se délègue pas.
- Aucun diplôme n’est exigé. Pas de carte professionnelle, pas de garantie financière, pas de compétence certifiée. Le législateur a fait confiance à l’intérêt personnel du copropriétaire.
- Le mandat tombe si la condition disparaît. Un syndic bénévole qui vend son lot voit son mandat expirer à l’issue d’un délai de trois mois, et il lui revient de convoquer, dans cet intervalle, l’assemblée qui lui désignera un successeur1.
Ce troisième point mérite d’être anticipé plutôt que subi. Un copropriétaire qui envisage de vendre dans l’année réfléchira à deux fois avant d’accepter le mandat, parce qu’il devra organiser sa propre succession au pire moment.
Qu’est-ce qu’une petite copropriété ?
Une catégorie créée par la loi. Beaucoup d’immeubles y appartiennent sans que personne n’y ait jamais pensé.
Le critère est double, et il suffit d’en remplir un : la copropriété comporte « au plus cinq lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces », ou son budget prévisionnel moyen sur trois exercices consécutifs est inférieur à 15 000 €2.
L’immeuble de Serge remplit les deux : quatre lots, et 9 800 € de budget.
Ce statut ouvre quatre allègements, et ce sont eux qui font la différence entre un bénévolat supportable et un bénévolat épuisant.
- Pas de conseil syndical obligatoire. « Le syndicat n’est pas tenu de constituer un conseil syndical »2. Une instance de moins à convoquer, à réunir et à informer.
- Comptabilité simplifiée. La comptabilité en partie double peut être abandonnée, et les engagements constatés en fin d’exercice2. C’est l’allègement le plus lourd de conséquences pour un bénévole qui n’est pas comptable.
- Désignation simplifiée du syndic. L’assemblée le désigne à la majorité des copropriétaires, avec la possibilité de prévoir un suppléant et de confier le contrôle des comptes à une ou plusieurs personnes désignées2.
- Décisions par consultation écrite. Certaines décisions peuvent être prises à l’unanimité par écrit, sans convoquer d’assemblée — à l’exception du budget prévisionnel et de l’approbation des comptes2.
Le point de vigilance. Ces allègements ne s’appliquent pas d’eux-mêmes dans les habitudes de l’immeuble : ils existent en droit, mais une copropriété qui a toujours fonctionné avec un conseil syndical et une comptabilité complète continuera de le faire tant que personne n’aura posé la question en assemblée. Le premier geste d’un syndic bénévole n’est pas de reprendre les dossiers, c’est de vérifier à quel régime son immeuble a droit.
Les obligations qui ne disparaissent pas
L’allègement porte sur la forme, jamais sur le fond. Un syndic bénévole reste un syndic, avec la totalité des obligations que ce mandat comporte, et le fait qu’il ne soit pas payé ne réduit en rien ce que le syndicat et les tiers sont en droit d’attendre de lui.
Il convoque l’assemblée générale annuelle et en tient le procès-verbal. Il établit le budget prévisionnel et le soumet au vote. Il appelle les provisions trimestrielles, en suit le paiement et relance les retardataires. Il tient les comptes du syndicat et les présente à l’approbation. Il souscrit les assurances de l’immeuble, fait exécuter les travaux votés, conserve les archives.
Notre guide sur l’assemblée générale de copropriété détaille ce qui s’y décide et à quelles majorités ; celui sur le syndic de copropriété vu par le bailleur décrit ce qu’on est en droit d’attendre d’un professionnel — et donc ce qu’un bénévole devra faire à sa place.
Deux tâches concentrent l’essentiel du temps, et ce ne sont pas celles qu’on imagine. La première est la relance des impayés, parce qu’elle est récurrente et désagréable entre voisins ; poussée jusqu’au bout, elle suppose de faire intervenir un commissaire de justice, ce qu’un bénévole hésite toujours à décider contre un voisin. La seconde est la tenue des comptes, parce qu’elle demande de la régularité plutôt que de la compétence — et que la régularité est précisément ce qui manque à un bénévole occupé.
Une remarque sur l’aide extérieure, puisque la question se pose systématiquement. Rien n’interdit à un syndic bénévole de se faire assister : un expert-comptable pour la tenue des comptes, un artisan de confiance pour chiffrer les travaux avant l’assemblée, un notaire pour une question de règlement de copropriété. Ces recours ponctuels se votent comme des dépenses du syndicat, et ils entament l’économie sans la supprimer. Notre guide sur les travaux en copropriété et leurs autorisations détaille ce qui se décide en assemblée et à quelle majorité.
Ce que Serge économise, et ce qu’il y consacre
Le syndic professionnel facture 250 € par lot. Sur quatre lots, cela représente 1 000 € par an, soit 10,2 % du budget prévisionnel de l’immeuble.
Ce pourcentage mérite d’être regardé, parce qu’il est plus parlant que le montant : dans une petite copropriété, la gestion coûte proportionnellement bien davantage que dans un grand immeuble, où les mêmes tâches se répartissent sur des dizaines de lots.
C’est d’ailleurs la raison structurelle pour laquelle le bénévolat prospère dans les petits immeubles et disparaît dans les grands. Convoquer une assemblée, tenir des comptes et appeler des provisions demande à peu près le même travail pour quatre lots que pour vingt : le coût fixe de la gestion se dilue quand le nombre de lots augmente, si bien qu’un syndic professionnel devient relativement bon marché dans une grande copropriété et relativement cher dans une petite. Le législateur ne s’y est pas trompé en réservant les allègements aux secondes.
L’assurance est le seul coût que le bénévolat ne supprime pas
| Ligne | Montant annuel |
|---|---|
| Honoraires du syndic professionnel | 1 000 € |
| Assurance responsabilité civile du bénévole | − 180 € |
| Économie nette | 820 € |
| Par lot | 205 € |
Huit cent vingt euros par an pour quatre lots. Rapporté à un seul copropriétaire, l’économie s’établit à 205 € — l’équivalent d’un mois de charges dans bien des immeubles de cette taille.
Mais Serge ne paie pas cette économie en argent. Il la paie en heures.
Combien le bénévolat rapporte-t-il de l’heure ?
La question paraît triviale. C’est pourtant la seule qui permette de décider.
Convocations, comptes, appels de fonds, relances, assemblée, courriers, devis, suivi de travaux : nous retenons quarante heures par an, ce qui correspond à une bonne demi-journée par mois. L’économie nette de 820 € rapportée à ces quarante heures donne 20,50 € de l’heure.
Le même mandat vaut quarante-et-un euros de l’heure ou dix, selon la façon dont on le tient
| Temps consacré | Rémunération implicite |
|---|---|
| 20 heures par an | 41,00 €/h |
| 40 heures par an | 20,50 €/h |
| 60 heures par an | 13,67 €/h |
| 80 heures par an | 10,25 €/h |
La lecture est immédiate. Un bénévole efficace se paie correctement ; un bénévole débordé travaille au-dessous du salaire minimum. Le point de bascule se situe à 66 heures par an : au-delà, la rémunération implicite tombe sous 12,50 € de l’heure.
Une objection s’élève toujours à ce stade, et elle est légitime : personne ne devient syndic bénévole pour se payer un salaire horaire. On le devient parce qu’on veut savoir ce qui se passe dans son immeuble, parce que le syndic précédent ne répondait pas au téléphone, ou parce qu’il n’y avait personne d’autre. Ces raisons sont excellentes et ce guide ne les conteste pas. Il soutient seulement qu’un chiffre vaut mieux qu’une impression pour décider si l’on tiendra la troisième année — et que la plupart des mandats bénévoles qui s’arrêtent le font par lassitude, jamais par incompétence.
Le calcul a d’ailleurs une seconde utilité, moins évidente. Il donne à l’assemblée un ordre de grandeur de ce qu’elle demande, et il rend possible une conversation que les copropriétés n’ont presque jamais : combien d’heures représente le mandat, qui les fournit, et que se passe-t-il quand cette personne n’est plus disponible.
Et c’est ici que le régime des petites copropriétés cesse d’être un détail juridique. Sans conseil syndical à réunir, avec une comptabilité simplifiée et la possibilité de décider par écrit, la même mission tient en vingt-huit heures — soit 29,29 € de l’heure, presque neuf euros de plus.
Que risque un syndic bénévole ?
La même chose qu’un professionnel, sans la structure qui va avec. C’est la différence la plus importante entre les deux situations, et de très loin la moins discutée en assemblée au moment où l’on demande à quelqu’un de lever la main.
Le syndic est le mandataire du syndicat des copropriétaires. À ce titre, il répond des fautes commises dans l’exercice de son mandat : une assurance de l’immeuble oubliée, une décision d’assemblée mal exécutée, un délai de recours mal calculé, des comptes tenus de travers.
Un professionnel oppose à cela une garantie financière et une assurance de responsabilité civile professionnelle imposées par son statut. Le bénévole n’a ni l’une ni l’autre, à moins de les souscrire lui-même — et c’est la raison pour laquelle nous inscrivons 180 € d’assurance dans le calcul plutôt que de la mentionner en note de bas de page.
Deux précautions valent d’être prises avant d’accepter le mandat.
- Vérifier ce que couvre l’assurance de l’immeuble. Certaines polices multirisques comportent une extension pour le syndic non professionnel ; d’autres non. La question se pose à l’assureur, par écrit, avant l’assemblée.
- Faire désigner un suppléant. Le régime des petites copropriétés le permet expressément2. Un mandat qui repose sur une seule personne s’arrête net en cas de maladie ou d’absence prolongée.
Une variante qui change le partage du travail
Elle mérite d’être connue, parce qu’elle répond exactement à l’objection que soulève tout candidat au bénévolat : « je ne veux pas être seul à porter cela ».
Le syndicat peut adopter la forme coopérative lorsqu’il comporte moins de dix lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces et que son budget prévisionnel moyen sur trois exercices consécutifs est inférieur à 15 000 €3. La décision se prend à la majorité de l’article 25.
Dans cette forme, le syndic est désigné parmi les membres du conseil syndical, dont il devient le président. La gestion cesse d’être l’affaire d’un seul : elle devient celle d’un collège, avec un président qui exécute. Pour une copropriété où plusieurs copropriétaires sont disponibles, c’est souvent la formule la plus tenable dans la durée.
Notez que les seuils diffèrent de ceux de la petite copropriété — moins de dix lots ici, au plus cinq là — et qu’un immeuble peut donc relever de la forme coopérative sans bénéficier des allègements comptables, ou l’inverse. Les deux régimes se cumulent quand les deux séries de conditions sont réunies.
Cette différence de seuils n’est pas un hasard de rédaction : les deux régimes ne poursuivent pas le même but. Les allègements des petites copropriétés visent à réduire la charge administrative d’immeubles trop modestes pour la supporter. La forme coopérative, elle, vise à répartir cette charge entre plusieurs personnes plutôt qu’à la diminuer. Un immeuble de huit lots au budget serré relèvera donc de la seconde sans bénéficier de la première, et il aura tout de même beaucoup gagné : la difficulté d’un mandat bénévole tient moins au volume de travail qu’à sa concentration sur une seule tête.
Ce qui arrive quand le syndic vend son lot
Son mandat s’éteint. Le calendrier est court.
La condition de qualité de copropriétaire n’est pas seulement une condition d’accès : c’est une condition de maintien. Lorsqu’elle disparaît, le mandat expire à l’issue d’un délai de trois mois, et il appartient au syndic sortant de convoquer dans cet intervalle l’assemblée qui désignera son successeur1.
En pratique, cela signifie qu’un copropriétaire qui vend doit organiser la relève au moment précis où il est le plus occupé par sa vente. Et si personne ne se présente, la copropriété se retrouve sans syndic — situation qui se règle par la désignation d’un administrateur provisoire, avec des frais sans rapport avec les 820 € que le bénévolat économisait.
Notre guide sur la vente d’un bien loué traite les autres formalités qui s’accumulent au même moment, et celui sur l’immeuble de rapport décrit la situation inverse — celle où l’on détient tout et où la question du syndic ne se pose pas.
Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant
Deux tiennent au temps, deux au droit, et aucun ne relève de l’incompétence — ce qui devrait rassurer les candidats au mandat, mais devrait surtout leur indiquer où porter leur attention.
Ignorer le régime des petites copropriétés. C’est l’incident le plus coûteux en temps : la même mission passe de vingt-huit à quarante heures, soit douze heures perdues chaque année. Rapporté à l’économie de 820 €, cela fait chuter la rémunération implicite de 29,29 € à 20,50 € de l’heure.
Laisser filer les relances d’impayés. Entre voisins, la relance se reporte. Un impayé de charges qui atteint 205 € — l’équivalent d’un an d’économie par lot — devient un contentieux qu’un bénévole n’a ni le temps ni l’envie de mener, et qui finit par coûter davantage que les honoraires évités.
Accepter le mandat sans assurance. Le syndic bénévole répond personnellement de ses fautes, sans la garantie financière qu’un professionnel doit fournir. Cent quatre-vingts euros par an couvrent ce risque ; les omettre revient à afficher une économie de 1 000 € qui n’existe pas.
Accepter alors qu’on envisage de vendre. La perte de la qualité de copropriétaire fait tomber le mandat en trois mois, et c’est au syndic sortant d’organiser sa propre succession. À défaut de candidat, l’administrateur provisoire coûte plusieurs fois les 820 € annuels que le bénévolat faisait gagner.
Bénévole ou professionnel ?
La réponse dépend de trois choses, et le montant des honoraires arrive en dernier.
- Le temps disponible, et sa régularité. Quarante heures par an ne se prennent pas d’un bloc : ce sont des demi-journées éparpillées, souvent au mauvais moment. Un copropriétaire dont l’activité connaît des pics saisonniers tiendra mal ce rythme.
- L’état de l’immeuble. Une copropriété sans travaux, sans impayés et sans conflit se gère en vingt-huit heures. La même avec une toiture à refaire et un copropriétaire défaillant en demande le double, et le taux horaire s’effondre.
- Le nombre de volontaires. Un bénévole seul finit par se lasser ; un collège tient. La forme coopérative existe précisément pour cela, et elle mérite d’être posée en assemblée en même temps que la question du bénévolat.
La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des investisseurs, et il serait facile de conclure qu’un syndic professionnel s’impose toujours — c’est ce que dit la profession, et cela nous coûterait peu de le répéter. Le calcul dit autre chose : à 20,50 € de l’heure, et à 29,29 € avec le régime simplifié, le bénévolat est correctement rémunéré pour qui a le temps. Ce que nous déconseillons n’est pas le bénévolat, c’est le bénévolat mal informé : celui qui ignore le régime auquel sa copropriété a droit, qui néglige l’assurance, et qui découvre au moment de vendre qu’il doit organiser sa propre succession en trois mois.
Les allègements existent en droit. L’habitude les referme.
Une copropriété qui a toujours fonctionné avec un conseil syndical et une comptabilité complète continuera de le faire tant que personne n’aura posé la question en assemblée.
- Les quatre allègements des petites copropriétés, un par un
- Pourquoi la forme coopérative répond à une autre question
- Ce que coûte un mandat accepté avant de vendre
Questions fréquentes
Huit réponses directes sur la condition de copropriétaire, le régime des petites copropriétés, la rémunération implicite, la responsabilité personnelle et la forme coopérative.
Une assemblée qui cherche un syndic ?
Apportez le nombre de lots, le budget prévisionnel et les honoraires actuels. Le calcul du taux horaire tient en une division.
Faire le point sur votre dossier01 · L’accès
01Qui peut être syndic bénévole ?
Un copropriétaire, et lui seul. Le texte pose que « seul un copropriétaire d'un ou plusieurs lots dans la copropriété qu'il est amené à gérer peut être syndic non professionnel ». Ni le fils d'un copropriétaire, ni un ami comptable, ni un voisin dévoué ne peuvent l'être : la qualité de copropriétaire ne se délègue pas. En revanche aucun diplôme n'est exigé, ni carte professionnelle, ni garantie financière.02Qu'est-ce qu'une petite copropriété, et qu'est-ce que cela change ?
Une copropriété comportant « au plus cinq lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces », ou dont le budget prévisionnel moyen sur trois exercices consécutifs est inférieur à 15 000 € — un seul des deux critères suffit. Le statut ouvre quatre allègements : aucun conseil syndical obligatoire, une comptabilité simplifiée sans partie double, une désignation du syndic à la majorité des copropriétaires avec suppléant possible, et la faculté de décider par consultation écrite hors assemblée sauf pour le budget et les comptes.03Ces allègements s'appliquent-ils automatiquement ?
En droit oui, en pratique non. Une copropriété qui a toujours fonctionné avec un conseil syndical et une comptabilité complète continuera de le faire tant que personne n'aura posé la question en assemblée. C'est pourquoi le premier geste d'un syndic bénévole n'est pas de reprendre les dossiers mais de vérifier à quel régime son immeuble a droit : sur le cas de ce guide, l'écart représente douze heures de travail par an.
02 · L’économie
04Combien le bénévolat rapporte-t-il réellement ?
Sur le cas décrit, 820 € nets par an — 1 000 € d'honoraires évités moins 180 € d'assurance de responsabilité civile —, soit 205 € par lot. Rapporté à quarante heures de travail annuelles, cela représente 20,50 € de l'heure. Avec le régime simplifié des petites copropriétés, la même mission tient en vingt-huit heures et la rémunération implicite monte à 29,29 € de l'heure.05À partir de quand le bénévolat ne vaut-il plus la peine ?
Au-delà de soixante-six heures par an, la rémunération implicite tombe sous 12,50 € de l'heure. Le calcul se fait donc sur le temps réellement consacré et non sur l'économie affichée : vingt heures donnent 41 € de l'heure, quarante en donnent 20,50, quatre-vingts en donnent 10,25. Un bénévole efficace se paie correctement ; un bénévole débordé travaille au-dessous du salaire minimum.
03 · Les risques
06Que risque un syndic bénévole ?
La même responsabilité qu'un professionnel, sans la structure qui va avec. Mandataire du syndicat, il répond des fautes commises dans l'exercice de son mandat : assurance de l'immeuble oubliée, décision d'assemblée mal exécutée, comptes tenus de travers. Un professionnel oppose à cela une garantie financière et une assurance imposées par son statut ; le bénévole doit les souscrire lui-même. Deux précautions s'imposent : vérifier par écrit ce que couvre la multirisque de l'immeuble, et faire désigner un suppléant.07Qu'est-ce que la forme coopérative, et à qui convient-elle ?
Une variante où le syndic est désigné parmi les membres du conseil syndical, dont il devient le président : la gestion cesse d'être l'affaire d'un seul pour devenir celle d'un collège. Elle peut être adoptée lorsque le syndicat comporte moins de dix lots et que son budget prévisionnel moyen sur trois exercices est inférieur à 15 000 €. Attention, les seuils diffèrent de ceux des petites copropriétés — moins de dix lots ici, au plus cinq là —, si bien qu'un immeuble peut relever d'un régime sans relever de l'autre.
04 · En pratique
08Que se passe-t-il si le syndic bénévole vend son lot ?
Son mandat expire à l'issue d'un délai de trois mois suivant l'événement, et il lui revient de convoquer dans cet intervalle l'assemblée qui désignera son successeur. Autrement dit, un copropriétaire qui vend doit organiser la relève au moment précis où il est le plus occupé. Si personne ne se présente, la copropriété se retrouve sans syndic et la situation se règle par un administrateur provisoire, dont les frais sont sans rapport avec les 820 € que le bénévolat économisait.
Nous ne déconseillons pas le bénévolat. Nous déconseillons le bénévolat mal informé.
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Sources et date de contrôle
Trois articles de la loi du 10 juillet 1965, relus au 26 août 2026 : celui qui réserve le mandat non professionnel aux copropriétaires, la section consacrée aux petites copropriétés et à ses quatre allègements, et celui qui ouvre la forme coopérative.
- Source 01
Article 17-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — syndic non professionnel — Légifrance. Version en vigueur au 1er juin 2020, modifié par l'ordonnance n° 2019-1101 du 30 octobre 2019. « Seul un copropriétaire d'un ou plusieurs lots dans la copropriété qu'il est amené à gérer peut être syndic non professionnel. » La qualité de copropriétaire est une condition d'accès et de maintien : lorsqu'elle disparaît, le mandat expire à l'expiration d'un délai de trois mois suivant l'événement, le syndic convoquant dans cet intervalle l'assemblée générale chargée de lui désigner un successeur. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 02
Articles 41-8 à 41-12 de la loi n° 65-557 — dispositions particulières aux petites copropriétés — Légifrance. Article 41-8 : est une petite copropriété celle comportant « au plus cinq lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces », ou dont le budget prévisionnel moyen sur trois exercices consécutifs est inférieur à 15 000 €. Article 41-9 : « le syndicat n'est pas tenu de constituer un conseil syndical ». Article 41-10 : comptabilité simplifiée, le syndicat pouvant renoncer à la comptabilité en partie double, les engagements étant constatés en fin d'exercice. Article 41-11 : désignation du syndic en assemblée générale à la majorité des copropriétaires, avec possibilité de désigner un suppléant et de confier le contrôle des comptes à une ou plusieurs personnes. Article 41-12 : certaines décisions peuvent être prises par consultation écrite à l'unanimité, sans convoquer d'assemblée, à l'exception du budget prévisionnel et de l'approbation des comptes. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
- Source 03
Article 17-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — syndicat coopératif — Légifrance. Lorsque le syndicat des copropriétaires comporte moins de dix lots à usage de logements, de bureaux ou de commerces et que son budget prévisionnel moyen sur trois exercices consécutifs est inférieur à 15 000 €, le syndicat peut modifier son règlement pour prévoir l'adoption de la forme coopérative, à la majorité de l'article 25. Le syndic est alors désigné parmi les membres du conseil syndical, dont il devient le président. Les seuils diffèrent de ceux des petites copropriétés — moins de dix lots ici, au plus cinq là — de sorte qu'un immeuble peut relever d'un régime sans relever de l'autre. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
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