Taxe d'habitation sur les résidences secondaires et logements vacants : ce que ne pas louer coûte désormais
La suppression de la taxe d'habitation n'a pas allégé la fiscalité du bailleur : elle a créé un écart. Un logement disponible qui n'est pas loué coûte de l'argent, et il en coûte davantage chaque année.
UN ÉCART QUI EST PASSÉ DE ZÉRO À MILLE TROIS CENT SOIXANTE-DIX EUROS
Louer ne coûte plus rien en taxe d'habitation, ne pas louer coûte de plus en plus
Ce n'est plus seulement un manque à gagner : c'est une dépense qui s'ajoute au loyer non perçu, et elle double à partir de la deuxième année de vacance.
- Les cinq usages classés, du gratuit au plus cher
- La majoration qui ne porte que sur 77 % de la cotisation
- Les trois cas de dégrèvement, et celui qui n'en est pas un
- Ce que la fusion de 2027 change pour les communes
LOUÉ EN RÉSIDENCE PRINCIPALE
0 €
COTISATION AVANT MAJORATION
938 €
MAJORATION MAXIMALE
+432 €
VACANT, 2e ANNÉE
1 088 €
UNE ANNÉE DE VACANCE
13,8 mois
FUSION DES TAXES
2027
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Trois régimes coexistent, et un seul est gratuit. Loué en résidence principale : rien. Gardé meublé pour soi : taxe d’habitation sur les résidences secondaires, majorable de 5 % à 60 % en zone tendue1. Laissé vide : taxe sur les logements vacants, 17 % la première année puis 34 %2.
La majoration ne porte pas sur toute la cotisation. Elle ne frappe que la part communale1 — 77 % du total sur le cas décrit —, et elle se récupère par dégrèvement dans trois situations précises.
Et tout change au 1er janvier 2027. La loi de finances pour 2026 fusionne les deux taxes sur la vacance en une imposition unique affectée au bloc communal, codifiée à l’article 1406 bis du code général des impôts4.
Ce guide ne traite pas du calcul du risque de vacance avant l’achat, que notre guide sur la vacance locative et son calcul couvre. Il traite de ce qui s’ajoute une fois la vacance installée : une fiscalité qui, elle, ne dépend plus du marché mais du calendrier.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Corinne, cas construit et non un dossier réel : un logement dont la base nette d’imposition s'établit à 3 200 €, dans une commune où le taux communal atteint 22,5 % et le taux intercommunal 6,8 %, et dont le loyer potentiel serait de 620 € par mois. La base et les taux sont des hypothèses déclarées : ils figurent sur votre avis d’imposition et varient considérablement d’une commune à l’autre.
Pourquoi ne pas louer coûte désormais de l’argent
La suppression de la taxe d’habitation n’a pas concerné tout le monde, et c’est ce qui a créé l'écart.
Jusqu’en 2023, un logement supportait une taxe d’habitation quel que soit son usage : occupé par son propriétaire, loué, ou vide et meublé. La différence entre louer et ne pas louer se mesurait donc en loyers, pas en impôts.
La suppression a supprimé cette taxe pour les seules résidences principales. Un logement loué à un ménage qui y habite n’en supporte donc plus aucune — ni le locataire, qui en était redevable, ni le bailleur, qui ne l’a jamais été. Les autres usages, eux, sont restés dans le champ.
La conséquence est arithmétique et rarement formulée : l'écart de fiscalité locale entre un logement loué et un logement non loué est passé de zéro à plusieurs centaines d’euros par an. Ce n’est plus seulement un manque à gagner, c’est une dépense qui s’ajoute.
Une précision pour éviter un contresens fréquent : la taxe foncière, elle, reste due dans tous les cas et par le propriétaire. Ce guide ne parle pas d’elle mais de ce qui vient en plus, et qui dépend de l’usage.
Comment se calcule la taxe résiduelle ?
Comme avant, mais sur un périmètre réduit à ceux qui n’ont pas loué.
La cotisation s’obtient en appliquant à la base nette d’imposition les taux votés par la commune et par l’intercommunalité. Sur le logement de Corinne, la base de 3 200 € produit 720 € au taux communal de 22,5 % et 218 € au taux intercommunal de 6,8 %, soit une cotisation de 938 € avant toute majoration.
Deux choses méritent d'être notées sur ce calcul.
La première est que la base d’imposition est la valeur locative cadastrale, revalorisée chaque année. Elle n’a que peu de rapport avec la valeur de marché du bien, et deux logements comparables peuvent porter des bases très différentes selon la date et la qualité de leur évaluation initiale. C’est une donnée à relever sur l’avis d’imposition, pas à estimer.
La seconde est que la répartition entre part communale et part intercommunale décide de ce que la majoration pourra frapper. Sur ce dossier, la part communale représente 77 % de la cotisation : c’est sur ces 77 % seulement que le taux de majoration s’appliquera, et non sur la totalité.
Jusqu’où la commune peut-elle majorer ?
Soixante pour cent, et l’amplitude entre les communes est considérable.
Dans les communes classées dans les zones géographiques qui appliquent la taxe sur les logements vacants, le conseil municipal peut majorer d’un pourcentage compris entre 5 % et 60 % la part lui revenant de la cotisation due au titre des logements meublés non affectés à l’habitation principale1.
Sur le logement de Corinne, cela donne l'échelle suivante : à 5 %, la majoration s'élève à 36 € et la cotisation à 974 € ; à 20 %, 144 € et 1 082 € ; à 40 %, 288 € et 1 226 € ; à 60 %, 432 € et 1 370 €.
L'écart entre les deux extrêmes atteint 396 €, soit près de deux tiers de mois de loyer. Ce n’est pas énorme rapporté à une opération immobilière, mais c’est un montant qui se répète chaque année et qui ne dépend d’aucune décision du propriétaire — seulement d’une délibération municipale.
Il faut souligner que cette faculté ne concerne pas toutes les communes. Elle est réservée à celles qui figurent dans le périmètre de la taxe sur les logements vacants, c’est-à-dire aux zones où le marché est tendu. Un logement de résidence secondaire dans une commune hors de ce périmètre supporte la cotisation ordinaire, sans majoration possible.
C’est donc une donnée à vérifier avant d’acheter, au même titre que le régime de changement d’usage que détaille notre guide sur le meublé de tourisme et ses quatre verrous — les deux périmètres se recoupent largement, et pour la même raison.
Trois cas où la majoration se récupère
Ils portent sur la seule majoration, et s’obtiennent sur réclamation.
Le texte prévoit un dégrèvement au profit de trois catégories de contribuables1. Un : ceux qui sont contraints de résider dans un lieu distinct de leur habitation principale en raison de leur activité professionnelle. Deux : ceux qui faisaient de ce logement leur habitation principale avant d'être hébergés durablement dans un établissement de soins. Trois : ceux qui ne peuvent affecter le logement à un usage d’habitation principale pour une cause étrangère à leur volonté.
Ce troisième cas est le plus large et le plus discuté. Il vise les situations où le logement ne peut objectivement pas être habité ni loué — un chantier imposé par la copropriété, un sinistre, une procédure en cours. Il ne couvre pas le choix de ne pas louer, si confortable soit-il.
Le montant en jeu est celui de la majoration, soit 432 € sur le dossier de Corinne au taux maximal — l'équivalent de 0,7 mois de loyer. La réclamation est gratuite et se dépose auprès du service des impôts ; son coût est donc uniquement celui du temps passé.
Un point d’attention pratique : le dégrèvement ne s’obtient pas d’office. Il faut le demander, avec les pièces qui établissent la situation, et le faire chaque année tant qu’elle dure. La réclamation se présente dans les conditions et délais de droit commun, et la charge du dégrèvement incombe à la commune qui a institué la majoration5 — ce qui explique que certaines communes instruisent ces demandes avec une attention particulière.
Une question revient souvent et mérite d'être tranchée : ces trois cas sont-ils exclusifs ? Rien ne l’indique, et rien n’interdit d’invoquer plusieurs fondements dans la même réclamation. En revanche, aucun d’eux ne couvre la situation la plus fréquente — celle du propriétaire qui préfère garder son logement disponible pour ses week-ends plutôt que de le louer. C’est précisément le comportement que la majoration vise, et il serait incohérent qu’elle le dégrève.
Ce qu’un logement vide coûte
Deux fois plus la deuxième année que la première, et cela ne s’arrête plus.
La taxe sur les logements vacants s’applique de plein droit, dans les zones tendues, après une année de vacance. Son taux est fixé par la loi à 17 % la première année d’imposition et à 34 % à compter de la deuxième2.
Sur la base de 3 200 € du logement de Corinne, cela représente 544 € la première année, puis 1 088 € chaque année suivante. Sur trois ans de vacance, la facture atteint 2 720 €.
Hors des zones tendues, un dispositif voisin existe mais il n’est pas automatique : la taxe d’habitation sur les logements vacants suppose une délibération de la commune ou de l’intercommunalité, s’applique après deux années de vacance et non une, et son taux est celui de la taxe d’habitation locale3.
Ce qu’une année de vacance coûte réellement. Le loyer non perçu représente 7 440 €. La taxe due la deuxième année s’y ajoute pour 1 088 €. Total : 8 528 €.
Rapporté au loyer mensuel, cela fait 13,8 mois. Douze mois de vacance coûtent donc près de quatorze mois de loyer — et c’est cette différence, invisible dans les simulations, qui distingue la vacance courte de la vacance installée.
La conséquence pratique est que le calcul de la relocation change de nature au-delà d’un an. Baisser le loyer de 10 % pour relouer vite coûte 744 € par an ; laisser vide une année de plus en coûte 8 528 €. Notre méthode pour fixer un loyer au prix du marché montre comment situer ce curseur sans céder à la panique — mais l’arbitrage penche nettement d’un côté.
Quel usage coûte le moins cher ?
Le classement réserve une surprise, et elle est instructive.
Les cinq situations, de la moins chère à la plus chère. Loué en résidence principale : 0 €. Vacant, première année : 544 €. Résidence secondaire avec majoration à 5 % : 974 €. Vacant, deuxième année et au-delà : 1 088 €. Résidence secondaire avec majoration à 60 % : 1 370 €.
Écart du plus cher au moins cher : 1 370 €, soit 2,2 mois de loyer par an.
La surprise est là : dans une commune qui majore fortement, garder un logement meublé pour son propre usage coûte plus cher que le laisser vide — 1 370 € contre 1 088 €. La logique fiscale traite plus sévèrement le logement soustrait au marché locatif tout en restant habitable que celui qui ne l’est plus du tout.
Ce résultat ne doit évidemment pas conduire à vider un logement pour économiser 282 €. Il indique autre chose : que la fiscalité locale ne récompense pas la conservation d’un bien disponible, et que le seul usage réellement exonéré est la location à titre de résidence principale.
Pour un investisseur, cela renforce une conclusion que notre méthode de calcul du rendement locatif pose par un autre chemin : un bien qui ne produit pas de loyer ne se contente pas de ne rien rapporter, il consomme. Et cette consommation augmente avec le temps.
Ce qui change au 1er janvier 2027
Une fusion, et un changement de bénéficiaire.
La coexistence de deux taxes sur la vacance — l’une automatique en zone tendue et perçue par l'État, l’autre facultative ailleurs et perçue par les collectivités — était une complexité sans grande justification. La loi de finances pour 2026 y met fin.
À compter du 1er janvier 2027, les deux dispositifs sont fusionnés en une imposition unique, la taxe sur la vacance des locaux d’habitation, codifiée à l’article 1406 bis du code général des impôts et affectée au bloc communal4. Pour l’imposition établie au titre de 2027, la durée de vacance de chaque logement antérieure au 1er janvier 2027 est prise en compte1 : la vacance déjà écoulée n’est donc pas remise à zéro.
Deux conséquences pour un bailleur. La première est que le produit de la taxe revient désormais aux communes, ce qui modifie leur incitation à l’appliquer — une taxe qu’on encaisse se délibère plus volontiers qu’une taxe qu’on transfère.
La seconde tient à l’articulation avec la majoration des résidences secondaires : le périmètre de cette majoration se définit désormais par référence au nouvel article, et les délibérations communales antérieures continuent de produire effet après le 1er janvier 2027 sauf délibération contraire1. Autrement dit, une majoration déjà votée ne tombe pas d’elle-même.
Il est trop tôt pour chiffrer l’effet de cette réforme sur un dossier particulier : les taux et les périmètres définitifs se liront dans les délibérations de l’automne 2026. Ce qu’on peut dire est qu’aucun élément n’annonce un allègement, et que la logique de la réforme — rapprocher le produit de la décision — va plutôt dans l’autre sens.
Qui décide de l’usage retenu par l’administration ?
Le propriétaire, et il le fait par une déclaration qu’on oublie souvent de mettre à jour.
C’est le point aveugle de tout ce qui précède. Les trois régimes décrits — résidence principale louée, résidence secondaire, logement vacant — ne se déduisent pas d’une constatation sur le terrain : ils se déduisent de ce que le propriétaire a déclaré sur la situation d’occupation de son bien au 1er janvier. Cette obligation déclarative, née avec la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales, est devenue le pivot du dispositif.
Deux conséquences en découlent, et elles vont dans des sens opposés.
La première est favorable : un logement effectivement loué et correctement déclaré ne supporte rien, quelle que soit la politique de la commune. Le bailleur n’a aucune démarche à faire au-delà de la déclaration elle-même, et notre guide sur la manière de tester la demande locative avant d’acheter rappelle pourquoi la vraie protection contre cette fiscalité est en amont : un bien qui se loue vite n’entre jamais dans le champ.
La seconde l’est moins : une déclaration non mise à jour laisse l’administration sur l’ancienne situation. Un logement reloué après six mois de vacance mais toujours déclaré vacant restera imposé comme tel, et il faudra réclamer. À l’inverse, un logement passé en résidence secondaire sans que la déclaration suive expose à une régularisation ultérieure.
Le geste utile tient en une ligne : à chaque changement d’occupation — entrée, sortie, mise à disposition d’un proche, reprise pour soi —, mettre la déclaration à jour dans le mois. C’est gratuit, cela prend quelques minutes en ligne, et cela évite d’avoir à démontrer après coup une situation que l’on aurait pu simplement déclarer.
Qui fait quoi
Le sujet est de ceux où l’information utile se trouve avant l’achat, chez des gens qu’on ne pense pas à interroger.
Le notaire dispose, à l’acquisition, du dernier avis de taxe foncière du vendeur et peut obtenir les éléments d’assiette. C’est le moment le plus simple pour connaître la base d’imposition, donnée qui commande tous les calculs de ce guide et qu’on ne peut plus obtenir aussi facilement ensuite.
L'agent immobilier connaît, lui, la politique de la commune : les délibérations de majoration sont publiques et locales, et un professionnel qui travaille le secteur sait si la commune majore et à quel taux. C’est une question à poser au même titre que celle des charges.
Le gestionnaire est celui qui constate le premier qu’une relocation traîne. Passé neuf mois, l’horizon fiscal se rapproche, et cette information devrait remonter avant qu’il soit trop tard — ce qui suppose que le mandat prévoie une alerte, comme le rappelle notre comparatif de la gestion en agence ou en direct.
L'expert-comptable intervient sur un point précis : la taxe due sur un logement effectivement loué est une charge déductible des revenus fonciers, celle qui frappe un logement dont le propriétaire se réserve la jouissance ne l’est pas. La distinction rejoint celle que pose notre guide sur le fait de loger un proche, et elle change le coût réel de 47 %.
Le syndic, enfin, détient les procès-verbaux qui établissent qu’un chantier d’immeuble a rendu le logement inhabitable — pièce utile si l’on demande le dégrèvement pour cause étrangère à sa volonté.
Ce qui coûte cher aux bailleurs
Cinq erreurs, et la première tient à une méconnaissance du calendrier.
Laisser filer la première année. La taxe sur les logements vacants s’applique après une année de vacance, et son taux double à partir de la deuxième : de 544 € à 1 088 €. Une relocation obtenue au onzième mois évite l’entrée dans le dispositif ; obtenue au treizième, elle n'évite plus rien.
Ne pas demander le dégrèvement. Il ne s’obtient pas d’office et porte sur 432 € au taux maximal. Il faut le réclamer, avec les pièces, et le refaire chaque année tant que la situation dure.
Croire que la majoration frappe toute la cotisation. Elle ne porte que sur la part communale, soit 77 % du total sur le cas décrit. Un bailleur qui anticipe 60 % de 938 € se trompe de 131 € — dans le bon sens, mais il se trompe.
Acheter sans connaître la délibération de la commune. L'écart entre une majoration à 5 % et une majoration à 60 % atteint 396 € par an sur le même bien. C’est une information publique, disponible avant l’offre, et que personne ne communique spontanément.
Comparer la baisse de loyer au coût de la vacance sans la fiscalité. Baisser le loyer de 10 % coûte 744 € par an ; laisser vide une année supplémentaire en coûte 8 528 €. L’arbitrage n’est pas serré, à condition d’avoir mis les deux chiffres côte à côte.
Que vérifier, et dans quel ordre ?
Cinq points, dont deux se vérifient avant même d’acheter.
Une remarque pour finir sur ce que ce sujet révèle. La suppression de la taxe d’habitation a été présentée comme un allègement, et elle en a été un pour les occupants. Pour un propriétaire bailleur, elle a produit un effet différent et rarement commenté : elle a transformé une charge uniforme en un signal fiscal.
Ce signal dit une seule chose, et il la dit de plus en plus fort à mesure que les communes s’emparent de la majoration : un logement disponible qui n’est pas loué coûte de l’argent, et il en coûte davantage chaque année. Sur le dossier de Corinne, l'écart entre le meilleur et le pire usage atteint 1 370 € par an — pour un bien identique, dans la même rue, le même jour.
Le taux de majoration voté par la commune
Entre 5 % et 60 %, l'écart atteint 396 € par an sur le même bien. C'est une délibération municipale, consultable avant l'offre d'achat.
- Votre base d'imposition relevée sur l'avis, pas estimée
- Le périmètre de votre commune vérifié
- Votre déclaration d'occupation à jour à chaque changement
Questions fréquentes
Douze réponses directes sur le calcul de la taxe, la majoration communale, les dégrèvements, le coût de la vacance et la réforme de 2027.
Vous ne savez pas si votre commune majore, ni de combien ?
Apportez votre avis d'imposition et l'adresse du bien. L'échange ne remplace pas une consultation fiscale.
Faire le point sur votre dossier01 · Le calcul
01Un bailleur paie-t-il encore la taxe d'habitation ?
Pas sur un logement loué à titre de résidence principale : la suppression l'a fait disparaître pour le locataire, qui en était redevable, et le bailleur ne l'a jamais été. Elle subsiste en revanche sur les logements meublés non affectés à l'habitation principale — les résidences secondaires — et un dispositif distinct frappe les logements vacants.02Comment se calcule la taxe sur une résidence secondaire ?
En appliquant à la base nette d'imposition les taux votés par la commune et par l'intercommunalité. Sur le cas décrit, une base de 3 200 € produit 720 € au taux communal de 22,5 % et 218 € au taux intercommunal de 6,8 %, soit 938 € avant majoration. La base est la valeur locative cadastrale, qui n'a que peu de rapport avec la valeur de marché du bien.03De combien une commune peut-elle majorer ?
D'un pourcentage compris entre 5 % et 60 %, sur délibération du conseil municipal, dans les communes situées dans le périmètre de la taxe sur les logements vacants. Sur le cas décrit, cela porte la cotisation de 974 € à 1 370 € selon le taux retenu — un écart de 396 € par an, qui ne dépend d'aucune décision du propriétaire.04La majoration porte-t-elle sur toute la cotisation ?
Non, uniquement sur la part communale. Sur le cas décrit, celle-ci représente 720 € des 938 € de cotisation, soit 77 % du total : c'est sur ces 77 % seulement que le taux de majoration s'applique. Un bailleur qui anticipe 60 % de la cotisation entière surestime la facture de 131 €.
02 · Les dégrèvements
05Peut-on obtenir un dégrèvement de la majoration ?
Dans trois cas, sur réclamation : lorsqu'on est contraint de résider ailleurs pour son activité professionnelle, lorsqu'on faisait de ce logement son habitation principale avant d'être hébergé durablement en établissement de soins, et lorsqu'on ne peut l'affecter à un usage d'habitation principale pour une cause étrangère à sa volonté. Le montant en jeu est celui de la majoration — 432 € au taux maximal sur le cas décrit.06Le choix de ne pas louer ouvre-t-il droit au dégrèvement ?
Non. Le troisième cas vise les situations où le logement ne peut objectivement pas être habité ni loué — chantier imposé par la copropriété, sinistre, procédure en cours. Il ne couvre pas le confort de garder un logement disponible pour ses week-ends, qui est précisément le comportement que la majoration vise.
03 · La vacance
07Combien coûte un logement laissé vacant ?
En zone tendue, la taxe s'applique de plein droit après une année de vacance, au taux de 17 % la première année d'imposition puis 34 % à compter de la deuxième. Sur une base de 3 200 €, cela fait 544 € puis 1 088 € par an, soit 2 720 € sur trois ans de vacance. Hors zone tendue, un dispositif voisin suppose une délibération et deux années de vacance.08Que coûte réellement une année de vacance ?
Bien plus que le loyer non perçu. Sur le cas décrit, 7 440 € de loyer manqué plus 1 088 € de taxe la deuxième année font 8 528 € — soit 13,8 mois de loyer pour douze mois de vacance. C'est cette différence, invisible dans les simulations, qui distingue la vacance courte de la vacance installée.09Vaut-il mieux baisser le loyer ou attendre ?
Le calcul n'est pas serré une fois les deux chiffres côte à côte. Baisser le loyer de 10 % coûte 744 € par an ; laisser vide une année supplémentaire en coûte 8 528 €. L'arbitrage penche nettement, à condition d'avoir intégré la fiscalité et pas seulement le loyer.10Quel usage coûte le moins cher en fiscalité locale ?
Loué en résidence principale, à zéro euro. Viennent ensuite le logement vacant la première année à 544 €, la résidence secondaire avec majoration à 5 % à 974 €, le logement vacant à partir de la deuxième année à 1 088 €, et la résidence secondaire majorée à 60 % à 1 370 €. Dans une commune qui majore fortement, garder un logement meublé pour soi coûte donc plus cher que le laisser vide.
04 · La réforme et la déclaration
11Qu'est-ce qui change au 1er janvier 2027 ?
Les deux taxes sur la vacance fusionnent en une imposition unique, la taxe sur la vacance des locaux d'habitation, codifiée à l'article 1406 bis du code général des impôts et affectée au bloc communal. La durée de vacance antérieure au 1er janvier 2027 est prise en compte : elle n'est pas remise à zéro. Et les délibérations de majoration déjà votées continuent de produire effet sauf délibération contraire.12Qui détermine l'usage retenu par l'administration ?
Le propriétaire, par la déclaration de situation d'occupation de son bien au 1er janvier. Les trois régimes ne se déduisent pas d'une constatation sur le terrain mais de cette déclaration. Une déclaration non mise à jour laisse l'administration sur l'ancienne situation : un logement reloué mais toujours déclaré vacant restera imposé comme tel, et il faudra réclamer.
Un bien qui ne produit pas de loyer ne se contente pas de ne rien rapporter.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de vérification, y compris pour un propriétaire qui gère seul.
Sources et date de contrôle
- Source 01
Article 1407 ter du code général des impôts — majoration de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires — Légifrance. Version en vigueur depuis le 21 février 2026, modifiée par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. Le conseil municipal peut, par une délibération prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis, majorer d'un pourcentage compris entre 5 % et 60 % la part lui revenant de la cotisation de taxe d'habitation sur les résidences secondaires due au titre des logements meublés non affectés à l'habitation principale. La majoration ne porte donc que sur la part communale, à l'exclusion de la part intercommunale. Un dégrèvement est accordé sur réclamation aux contribuables contraints de résider dans un lieu distinct de leur habitation principale en raison de leur activité professionnelle, à ceux qui faisaient de ce logement leur habitation principale avant d'être hébergés durablement dans un établissement de soins, et à ceux qui ne peuvent affecter le logement à un usage d'habitation principale pour une cause étrangère à leur volonté. Ces dispositions s'appliquent à compter des impositions établies au titre de 2027 dans le périmètre défini par référence au B de l'article 1406 bis, et les délibérations antérieures continuent de produire effet après le 1er janvier 2027 sauf délibération contraire. Consulté le 2026-08-25.
- Source 02
Article 232 du code général des impôts — taxe annuelle sur les logements vacants — Légifrance. La taxe annuelle sur les logements vacants est instituée dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de cinquante mille habitants où existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements, ainsi que dans les communes ne relevant pas de cette catégorie mais connaissant un niveau élevé de résidences secondaires ou de tension sur le marché. Elle est due pour chaque logement vacant depuis au moins une année au 1er janvier de l'année d'imposition. Son taux est fixé à 17 % au titre de la première année d'imposition et à 34 % à compter de la deuxième. L'assiette est la valeur locative du logement. Consulté le 2026-08-25.
- Source 03
Article 1407 bis du code général des impôts — taxe d'habitation sur les logements vacants — Légifrance. Les communes et les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre non soumis à la taxe annuelle sur les logements vacants prévue à l'article 232 peuvent, par délibération prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis, assujettir à la taxe d'habitation les logements vacants depuis plus de deux années au 1er janvier de l'année d'imposition. Le taux applicable est celui de la taxe d'habitation locale, et la délibération doit être prise avant le 1er octobre pour être applicable l'année suivante. Consulté le 2026-08-25.
- Source 04
Taxe d'habitation sur les logements vacants — présentation et réforme — Direction générale des collectivités locales. La taxe sur les logements vacants de l'article 232 s'applique de plein droit en zone tendue après une année de vacance, aux taux de 17 % puis 34 %, et est perçue par l'État ; la taxe d'habitation sur les logements vacants de l'article 1407 bis s'applique hors zone tendue, sur délibération de la commune ou de l'établissement public de coopération intercommunale prise avant le 1er octobre, après deux années consécutives de vacance et au taux de la taxe d'habitation locale. Une rationalisation des deux dispositifs a été opérée par l'article 108 de la loi de finances pour 2026 : ils sont fusionnés, à compter du 1er janvier 2027, en une imposition unique dénommée taxe sur la vacance des locaux d'habitation, codifiée à l'article 1406 bis du code général des impôts et affectée au bloc communal. Consulté le 2026-08-25.
- Source 05
BOI-IF-TH-70 — Majoration de la taxe d'habitation des logements meublés non affectés à l'habitation principale — BOFiP-Impôts. Commentaires administratifs de l'article 1407 ter du code général des impôts. La majoration s'applique à la seule part communale de la cotisation et concerne les logements meublés non affectés à l'habitation principale situés dans les communes appartenant au périmètre défini par renvoi. Les dégrèvements sont accordés sur réclamation présentée dans les conditions et délais de droit commun, et la charge en incombe à la commune qui a institué la majoration. Consulté le 2026-08-25.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète de vérification, y compris pour un propriétaire qui gère seul. Les textes cités le sont dans leur rédaction en vigueur ; la base d’imposition, les taux communaux et le loyer potentiel sont des hypothèses déclarées et varient fortement d’une commune à l’autre — les vôtres figurent sur votre avis d’imposition. Ce guide n’est pas une consultation fiscale.</p