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Guide de décisionVérifié le 25 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Abandon de logement : la procédure de reprise en quatre mois et demi, et pourquoi elle est fermée en meublé

Le logement paraît vide, le locataire a disparu, personne ne conteste rien. C'est le sinistre locatif où l'on perd le plus de temps — parce qu'on attend un interlocuteur qui ne viendra pas.

UNE LISTE OÙ L'ARTICLE NE FIGURE PAS

La procédure rapide existe, mais pas pour les locations meublées

L'article 25-3 énumère limitativement les dispositions applicables au meublé. Celle qui organise la reprise en cas d'abandon en est absente : le bailleur doit engager une expulsion complète pour reprendre un logement où il n'y a personne.

  • Les cinq étapes, avec leurs délais légaux et leurs durées réelles
  • Le calendrier comparé : 4,5 mois contre 12, et 17 avec trêve
  • Le surcoût du meublé : 6 440 €, soit 84 % d'une année de loyer
  • Pourquoi changer la serrure est un délit à 30 000 €

VOIE DE L'ABANDON

4,5 mois

VOIE DE L'EXPULSION

12 mois

AVEC TRÊVE HIVERNALE

17 mois

COÛT COMPLET, ABANDON

3 700 €

COÛT COMPLET, EXPULSION

10 140 €

SURCOÛT DU MEUBLÉ

6 440 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Une procédure accélérée existe. Lorsque des éléments laissent supposer que le logement est abandonné, le bailleur peut mettre le locataire en demeure de justifier qu’il l’occupe ; passé un mois sans réponse, un commissaire de justice constate l’abandon et le juge prononce la résiliation1.

Elle n’est pas ouverte en meublé. L’article qui énumère les dispositions applicables aux logements meublés ne mentionne pas celle-là3. Le bailleur est alors renvoyé à l’expulsion de droit commun, avec ses délais et son concours de la force publique.

Et reprendre soi-même le logement est un délit. Forcer un tiers à quitter le lieu qu’il habite sans avoir obtenu le concours de l'État, par manœuvres, menaces, voies de fait ou contraintes, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende4.

Ce guide ne traite pas des impayés eux-mêmes, que notre guide sur les loyers impayés couvre de la relance au contentieux. Il traite du cas particulier où le locataire a disparu : les leviers ne sont pas les mêmes, et le plus rapide n’est pas ouvert à tout le monde.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Bertrand, cas construit et non un dossier réel : un T2 loué nu 640 € par mois, dont le locataire a cessé de payer, ne répond plus et ne retire plus son courrier. Les délais légaux cités sont ceux du texte ; les durées d’instruction et les coûts d’actes sont des ordres de grandeur, hypothèses déclarées qui varient selon le tribunal et l'étude. Tout se recalcule sur votre dossier.

Quand peut-on parler d’abandon ?

Le texte ne dresse pas de liste. C’est volontaire.

La loi se contente d’une formule ouverte : « lorsque des éléments laissent supposer que le logement est abandonné par ses occupants »1. Ce sont donc des indices convergents qui fondent la démarche, non un fait unique. Les plus couramment retenus sont l’interruption des paiements, le courrier qui s’accumule sans être retiré, l’absence de réponse aux courriers recommandés, les compteurs à l’arrêt, le témoignage des voisins ou du gardien.

Ce qui compte n’est pas la certitude, c’est la vraisemblance : la procédure est précisément construite pour la vérifier. La mise en demeure sert à donner au locataire l’occasion de démentir, et son silence est ce qui autorise l'étape suivante.

Deux situations doivent en revanche être écartées d’emblée, parce qu’elles ne relèvent pas de ce dispositif. Un locataire absent mais joignable — parti travailler à l'étranger, hospitalisé, en détention — n’abandonne pas son logement : il en conserve la jouissance et le dossier reste un impayé ordinaire. Et un logement occupé par quelqu’un d’autre que le locataire n’est pas abandonné non plus ; c’est une sous-location ou une occupation sans droit, que traite notre guide sur la sous-location non autorisée.

Sur le dossier de Bertrand, trois de ces indices sont réunis dès le deuxième mois d’impayé. Un réflexe utile, avant toute chose : demander au syndic ou au gardien ce qu’ils observent. Ils voient l’immeuble tous les jours, leurs constatations sont datables, et elles coûtent un courriel.

Les cinq étapes de la reprise

Elles s’enchaînent. Aucune ne peut être sautée.

Un. La mise en demeure. Le bailleur fait signifier au locataire, par acte de commissaire de justice, une mise en demeure de justifier qu’il occupe le logement. Elle peut être incluse dans l’un des commandements de payer déjà délivrés1, ce qui évite un acte et fait gagner du temps quand un impayé est déjà en cours.

Deux. Le délai d’un mois. À compter de la signification, le locataire dispose d’un mois pour se manifester. S’il le fait, la procédure d’abandon s’arrête et le dossier redevient un impayé classique.

Trois. Le constat. Passé ce délai sans réponse, le commissaire de justice peut procéder à la vérification de l'état d’abandon1. Il se rend sur place accompagné de deux témoins — maire, autorité de police ou deux personnes majeures étrangères à l’affaire2. Il dresse un procès-verbal de ses opérations et, si le logement lui paraît abandonné, y joint un inventaire des biens laissés sur place, en indiquant s’ils ont ou non une valeur marchande apparente1.

Quatre. La saisine du juge. Le bailleur saisit par requête le juge des contentieux de la protection, en y joignant le procès-verbal et les justificatifs2. Le juge constate la résiliation du bail, statue sur les sommes dues, et autorise le cas échéant la vente aux enchères des biens ayant une valeur marchande — les autres pouvant être déclarés abandonnés1.

Cinq. La signification et la reprise. L’ordonnance doit être signifiée au locataire dans les deux mois, sous peine de caducité ; celui-ci dispose alors d’un mois pour la contester2. Ce délai écoulé, le bailleur reprend possession et le commissaire de justice dresse un procès-verbal de reprise. Les modalités précises de chacune de ces étapes — forme de la requête, mentions du procès-verbal et de l’inventaire, conditions de signification — figurent au décret d’application pris en 20115.

Ce qui distingue cette voie de l’expulsion tient en une phrase : à aucun moment il n’est besoin du concours de la force publique, ni d’une audience contradictoire. C’est ce qui explique l'écart de délai.

Combien de temps cela prend-il vraiment ?

Quatre mois et demi contre douze. L'écart n’est pas là où on l’attend : il ne vient ni de la complexité du dossier ni de la charge des tribunaux, mais de deux étapes que la voie rapide supprime purement et simplement, l’audience contradictoire et la réquisition de la force publique, lesquelles pèsent à elles seules sept des douze mois.

Sur le dossier de Bertrand, la voie de l’abandon se décompose ainsi : un mois de mise en demeure, un demi-mois pour le constat et l’inventaire, un mois et demi entre la requête et l’ordonnance, un demi-mois pour la signification, puis un mois de contestation. Total : 4,5 mois, dont deux seulement sont des délais légaux incompressibles.

La voie de l’expulsion, elle, additionne deux mois de commandement de payer, quatre mois d’assignation et d’audience, un mois de jugement et de signification, deux mois de commandement de quitter les lieux, puis trois mois de réquisition de la force publique. Total : 12 mois.

À quoi il faut ajouter, si le calendrier tombe mal, les cinq mois de trêve hivernale pendant lesquels aucune expulsion ne peut être exécutée : la durée passe alors à 17 mois, et les loyers perdus de 7 680 € à 10 880 €.

Ce que le temps coûte, à 640 € de loyer mensuel. Voie de l’abandon : 2 880 € de loyers perdus. Voie de l’expulsion : 7 680 €, et 10 880 € si une trêve hivernale s’intercale.

L'écart tient presque entièrement à deux étapes que la voie rapide supprime : l’audience contradictoire et la réquisition de la force publique.

Ces durées appellent une précision d’honnêteté. Les délais légaux — un mois de mise en demeure, un mois de contestation, deux mois de commandement de quitter les lieux — sont certains. Les durées d’instruction ne le sont pas : elles dépendent du tribunal, et un juge des contentieux de la protection surchargé peut rendre son ordonnance en trois mois plutôt qu’en un et demi. L’ordre de grandeur reste, le calendrier exact est propre à chaque juridiction.

Pourquoi la voie rapide est fermée en meublé

Parce que la loi ne l’y a pas rendue applicable. Le mécanisme mérite d'être exposé.

Les logements meublés constituant la résidence principale du locataire relèvent d’un titre distinct de la loi de 1989. Ce titre ne reprend pas l’ensemble des règles applicables aux locations nues : il énumère limitativement celles qu’il rend applicables. La liste comprend les articles 1er, 3, 3-2, 3-3, 4, 5, 6, 6-2, 7, 7-1, 8, 8-1, 17, 18, 20-1, 21, 22, 22-1, 22-2, 24 et 24-13.

L’article qui organise la reprise en cas d’abandon n’y figure pas. Ce n’est pas une lacune d’interprétation : c’est une liste, et il en est absent.

La conséquence est directe et rarement anticipée. Un bailleur en meublé confronté à un logement manifestement vide, dont le locataire a disparu, ne peut pas emprunter la voie de quatre mois et demi. Il doit engager une procédure d’expulsion complète, avec assignation, audience, jugement, commandement de quitter les lieux et réquisition de la force publique — pour reprendre un logement dans lequel il n’y a personne.

Ce que le choix du bail coûte, sur ce scénario. En location nue, les deux voies sont ouvertes et l’on prend la plus courte : 3 700 €, frais compris. En location meublée, seule l’expulsion l’est : 10 140 €.

Surcoût : 6 440 €, soit 10,1 mois de loyer et 84 % d’une année. Et 9 640 € — 1,3 année de loyer — si une trêve hivernale s’intercale.

Il serait absurde d’en conclure qu’il faut louer nu. Le meublé conserve tous ses avantages fiscaux et locatifs, que détaille notre comparatif des différences entre bail meublé, nu et mobilité. Ce que ce chiffre dit est plus modeste et plus utile : le meublé porte un risque procédural que les comparatifs habituels ne mentionnent jamais, et qui vaut, lorsqu’il se réalise, presque une année de loyer.

La parade existe, et elle est en amont : la sélection du locataire et la garantie. Un dossier solide et une garantie qui joue transforment ces 6 440 € en sinistre couvert — c’est exactement l’arbitrage que pose notre guide sur la caution, le garant et la garantie loyers impayés.

Ce que chaque voie coûte en frais

Un rapport de trois à un. Avant même de compter les loyers.

La voie de l’abandon mobilise cinq actes : la mise en demeure par commissaire de justice pour 120 €, le constat d’abandon avec témoins pour 250 €, la requête et ses pièces pour 200 €, la signification de l’ordonnance pour 100 €, et le procès-verbal de reprise pour 150 €. Total : 820 €.

La voie de l’expulsion en mobilise autant, mais plus lourds : le commandement de payer pour 180 €, l’assignation pour 250 €, les honoraires d’avocat pour 1 500 €, le commandement de quitter les lieux pour 130 €, et les opérations d’expulsion pour 400 €. Total : 2 460 €.

Ces montants sont des ordres de grandeur et varient selon les études et les barreaux. Ce qui ne varie pas est le rapport : la procédure d’abandon coûte environ trois fois moins cher en actes, parce qu’elle en compte moins et qu’elle se passe d’avocat, la représentation n'étant pas obligatoire devant le juge des contentieux de la protection en cette matière.

Rapportés au coût complet, ces frais pèsent peu : 820 € sur 3 700 € d’un côté, 2 460 € sur 10 140 € de l’autre. C’est le temps qui coûte, pas la procédure. Un bailleur qui hésite à engager 820 € d’actes pour éviter huit mois de vacance se trompe d’un facteur considérable — notre guide sur le calcul du risque de vacance pose la même arithmétique dans un contexte moins conflictuel.

Que faire des affaires laissées sur place ?

Rien, tant que le juge n’a pas statué. C’est là que beaucoup de dossiers dérapent.

Le procès-verbal du commissaire de justice contient un inventaire des biens laissés sur place, avec l’indication de ceux qui paraissent avoir une valeur marchande et de ceux qui n’en ont pas1. Cet inventaire n’est pas une formalité : c’est lui qui permettra au juge de statuer, et il protège le bailleur autant que le locataire.

Le juge qui constate la résiliation autorise, s’il y a lieu, la vente aux enchères des biens laissés sur place, et peut déclarer abandonnés ceux qui ne sont pas susceptibles d'être vendus1. Le locataire dispose en outre d’un délai d’un mois pour retirer ses affaires personnelles avant leur évacuation2.

Ce que le bailleur ne peut pas faire, en revanche, est simple à énoncer et souvent transgressé : il ne peut ni jeter, ni vendre, ni entreposer ailleurs les biens de son locataire de sa propre initiative. Le faire l’expose à devoir en répondre, et fournit au locataire réapparu un moyen de défense qui n’existait pas.

Une remarque pratique. Les biens sans valeur marchande sont la majorité des cas — meubles usagés, vaisselle, vêtements — et leur évacuation représente un coût que personne ne remboursera. Il vaut donc la peine de le chiffrer dès le constat, et de l’inclure dans les sommes réclamées au juge en même temps que les loyers impayés.

Peut-on reprendre le logement soi-même ?

Non, et la sanction n’est pas civile.

La tentation est compréhensible : le logement est vide, les loyers ne rentrent plus, la procédure paraît disproportionnée. Changer la serrure semble une solution de bon sens.

C’en est une jusqu’au moment où le locataire réapparaît. Forcer un tiers à quitter le lieu qu’il habite sans avoir obtenu le concours de l'État, à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contraintes, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende4. Rapporté aux 6 440 € que la procédure la plus longue coûte à Bertrand, le calcul ne se pose même pas.

Deux précisions atténuent la sévérité apparente de cette règle. La première est qu’elle suppose que le lieu soit habité : un logement dont l’abandon a été régulièrement constaté et la résiliation prononcée n’est plus le domicile de personne. La seconde est que la procédure d’abandon existe justement pour offrir une voie rapide qui évite d’en arriver là.

La conclusion pratique est donc l’inverse de l’intuition : plus la situation paraît évidente — logement vide, locataire disparu, aucune contestation possible —, plus il est facile et rapide de la faire constater dans les formes. C’est quand le dossier est simple que la procédure est courte.

Qui fait quoi

Un seul acteur est indispensable. Les autres font gagner du temps.

Le commissaire de justice est au cœur du dispositif : il signifie la mise en demeure, constate l’abandon avec témoins, dresse le procès-verbal et l’inventaire, signifie l’ordonnance et établit le procès-verbal de reprise. Cinq actes sur cinq. Le choix de l'étude compte : toutes ne pratiquent pas cette procédure couramment, et l’expérience se voit sur les délais.

Le syndic et le gardien fournissent les constatations qui fondent la vraisemblance de l’abandon, et leurs observations sont datables. C’est la source la plus rapide et la moins chère du dossier.

Le gestionnaire, s’il y en a un, détient l’historique des relances et des quittances, et c’est lui qui aura constaté le premier l’interruption des paiements. Encore faut-il que le mandat prévoie ce qu’il fait ensuite : notre comparatif de la gestion en agence ou en direct montre que le déclenchement des procédures est rarement inclus d’office.

L'agent immobilier intervient à la fin, pour relouer — et c’est le rappel que le vrai coût du dossier est le temps pendant lequel il n’a rien à faire.

Le notaire, enfin, n’intervient pas dans la procédure, mais il a rédigé le bail. Un bail nu et un bail meublé ouvrent des voies différentes, et cette différence-là s’est décidée le jour de la signature.

Ce qui coûte cher aux bailleurs

Cinq erreurs, et la première est la plus coûteuse en temps.

Attendre. C’est le réflexe dominant : on espère que le locataire reparaîtra, on relance encore, on laisse passer un trimestre. Chaque mois d’attente coûte 640 € à Bertrand et ne raccourcit aucun délai — les quatre mois et demi de la procédure commencent le jour où on la lance, pas avant.

Changer la serrure. Trois ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, contre 6 440 € pour la voie la plus lente. C’est la seule erreur de ce guide dont la sanction n’est pas financière.

Croire que la procédure rapide est ouverte en meublé. Elle ne l’est pas, et s’en apercevoir après avoir fait signifier une mise en demeure inutile coûte un acte et un mois. Le surcoût total de la voie imposée atteint 6 440 €.

Toucher aux biens. Ni jeter, ni vendre, ni entreposer avant l’ordonnance. Le faire fournit au locataire réapparu un moyen de défense, et transforme une reprise incontestable en litige — dont les frais dépassent les 820 € que la procédure régulière aurait coûtés.

Négliger l’inventaire. C’est lui qui permet au juge de statuer sur le sort des biens et d’autoriser leur vente. Un procès-verbal sans inventaire oblige à revenir devant le juge, et ajoute un à deux mois — soit 640 à 1 280 € de loyers supplémentaires.

Que faire, dans l’ordre ?

Six gestes, et le premier détermine tous les autres.

Une remarque pour finir, qui dépasse ce cas. Un logement abandonné est le seul sinistre locatif où le bailleur n’a en face de lui personne à convaincre : pas de contestation, pas d’audience contradictoire, pas d’adversaire. C’est aussi celui où il perd le plus de temps, parce qu’il attend un interlocuteur qui ne viendra pas.

La leçon tient en une ligne : dans ce dossier, l’absence de conflit ne raccourcit rien tant qu’on ne lance pas la procédure — et elle raccourcit beaucoup dès qu’on la lance.

CE N'EST PAS LA PROCÉDURE QUI COÛTE, C'EST LE TEMPS

820 € d'actes contre huit mois de vacance

Les frais pèsent moins du quart du coût complet dans les deux voies. Le reste, ce sont les loyers perdus pendant qu'on attend un locataire qui ne reviendra pas.

  • Votre bail vérifié sur la voie qu'il ouvre
  • Vos indices d'abandon réunis et datés
  • Votre requête accompagnée de l'inventaire complet
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Douze réponses directes sur les indices d'abandon, les cinq étapes, les délais, le cas du meublé, le sort des biens et ce qu'un bailleur ne peut pas faire.

Un logement paraît abandonné et vous hésitez sur la voie ?

Apportez le bail, l'historique des impayés et ce que le syndic ou le gardien a constaté. L'échange ne remplace pas une consultation juridique.

Faire le point sur votre dossier

01 · La procédure

  • 01Quand un logement est-il considéré comme abandonné ?
    La loi se contente d'une formule ouverte : lorsque des éléments laissent supposer que le logement est abandonné par ses occupants. Ce sont donc des indices convergents qui fondent la démarche — impayés, courrier non retiré, absence de réponse aux recommandés, compteurs à l'arrêt, témoignages du voisinage. Ce qui compte n'est pas la certitude mais la vraisemblance : la procédure est construite pour la vérifier.
  • 02Quelles sont les étapes de la procédure ?
    Cinq, et aucune ne peut être sautée. Une mise en demeure signifiée par commissaire de justice ; un délai d'un mois pour que le locataire se manifeste ; le constat d'abandon sur place avec deux témoins et l'inventaire des biens ; la saisine du juge par requête ; enfin la signification de l'ordonnance et la reprise des lieux.
  • 03Combien de temps cela prend-il ?
    Environ quatre mois et demi sur le cas décrit, contre douze pour une expulsion de droit commun — et dix-sept si une trêve hivernale s'intercale. L'écart ne vient ni de la complexité du dossier ni de la charge des tribunaux, mais de deux étapes que la voie rapide supprime : l'audience contradictoire et la réquisition de la force publique.

02 · Le cas du meublé

  • 04Cette procédure est-elle ouverte en location meublée ?
    Non. L'article qui énumère limitativement les dispositions du titre premier applicables aux logements meublés ne mentionne pas celle qui organise la reprise en cas d'abandon. Ce n'est pas une lacune d'interprétation : c'est une liste, et l'article en est absent. Le bailleur en meublé doit donc engager une expulsion complète pour reprendre un logement où il n'y a personne.
  • 05Combien le meublé coûte-t-il de plus dans ce cas ?
    Sur le cas décrit, 6 440 € — soit 10,1 mois de loyer et 84 % d'une année. La voie de l'abandon revient à 3 700 € frais compris, l'expulsion à 10 140 €. Et l'écart monte à 9 640 €, soit 1,3 année de loyer, si une trêve hivernale s'intercale dans le calendrier.
  • 06Faut-il alors renoncer au meublé ?
    Non, et ce serait une mauvaise lecture du chiffre. Le meublé conserve ses avantages fiscaux et locatifs. Ce que ce calcul dit est plus modeste : il porte un risque procédural que les comparatifs habituels ne mentionnent jamais, et qui vaut presque une année de loyer lorsqu'il se réalise. La parade est en amont — sélection du locataire et garantie.

03 · Les coûts

  • 07Que coûte la procédure en frais d'actes ?
    Environ 820 € pour la voie de l'abandon — mise en demeure, constat avec témoins, requête, signification, procès-verbal de reprise — contre 2 460 € pour l'expulsion, honoraires d'avocat compris. Un rapport de trois à un, la représentation n'étant pas obligatoire devant le juge des contentieux de la protection en cette matière.
  • 08Est-ce le coût des actes qui pèse le plus ?
    Non, c'est le temps. Les frais représentent 820 € sur un coût complet de 3 700 € d'un côté, 2 460 € sur 10 140 € de l'autre : le reste, ce sont les loyers perdus. Un bailleur qui hésite à engager 820 € d'actes pour éviter huit mois de vacance se trompe d'un facteur considérable.

04 · Les biens et les interdits

  • 09Que faire des affaires laissées dans le logement ?
    Rien tant que le juge n'a pas statué. Le procès-verbal du commissaire de justice contient un inventaire des biens, avec l'indication de ceux qui paraissent avoir une valeur marchande. Le juge autorise ensuite la vente aux enchères des uns et peut déclarer abandonnés les autres. Le locataire dispose en outre d'un mois pour retirer ses affaires personnelles.
  • 10Peut-on jeter ou entreposer les meubles soi-même ?
    Non. Le bailleur ne peut ni jeter, ni vendre, ni entreposer ailleurs les biens de son locataire de sa propre initiative. Le faire l'expose à devoir en répondre, et fournit au locataire réapparu un moyen de défense qui n'existait pas — transformant une reprise incontestable en litige.
  • 11Peut-on changer la serrure d'un logement manifestement vide ?
    Non, et la sanction n'est pas civile. Forcer un tiers à quitter le lieu qu'il habite sans avoir obtenu le concours de l'État, à l'aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contraintes, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. Rapporté aux 6 440 € que coûte la procédure la plus longue, l'arbitrage ne se pose pas.
  • 12Que se passe-t-il si le locataire répond à la mise en demeure ?
    La procédure d'abandon s'arrête et le dossier redevient un impayé ordinaire, avec les voies classiques du commandement de payer et de l'assignation. C'est précisément la fonction de la mise en demeure : donner au locataire l'occasion de démentir l'apparence d'abandon, et son silence est ce qui autorise l'étape suivante.

L'absence de conflit ne raccourcit rien tant qu'on ne lance pas la procédure.

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Pas une consultation juridiqueTextes relus en vigueurDurées d'instruction déclarées en hypothèse

Sources et date de contrôle

  • Source 01

    Article 14-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — abandon du logement — Légifrance. Version en vigueur depuis le 29 juillet 2023. Lorsque des éléments laissent supposer que le logement est abandonné par ses occupants, le bailleur peut mettre en demeure le locataire de justifier qu'il occupe le logement ; cette mise en demeure, faite par acte de commissaire de justice, peut être contenue dans l'un des commandements visés aux articles 7 et 24. S'il n'a pas été déféré à cette mise en demeure dans le délai d'un mois après la signification, le commissaire de justice peut procéder comme en matière de vérification de l'état d'abandon dans les conditions prévues aux articles L. 142-1 et L. 142-2 du code des procédures civiles d'exécution. Pour constater l'état d'abandon du logement afin de voir constater la résiliation du bail par le juge, le commissaire de justice dresse un procès-verbal des opérations ; si le logement lui semble abandonné, ce procès-verbal contient un inventaire des biens laissés sur place, avec l'indication qu'ils paraissent ou non avoir une valeur marchande. Le juge qui constate la résiliation du bail autorise, le cas échéant, la vente aux enchères publiques des biens laissés sur place et peut déclarer abandonnés les biens qui ne sont pas susceptibles d'être vendus. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 02

    Que faire quand le locataire abandonne le logement ? — Service-public. Page mise à jour le 5 décembre 2025. Le commissaire de justice signifie une mise en demeure laissant un mois pour répondre. Sans réponse, il peut constater l'abandon en se rendant sur place accompagné de deux témoins — le maire, une autorité de police ou deux personnes majeures étrangères à l'affaire. Le propriétaire saisit ensuite le juge des contentieux de la protection par requête, accompagnée du procès-verbal d'abandon et des justificatifs. L'ordonnance rendue doit être signifiée au locataire dans les deux mois, faute de quoi elle devient caduque ; le locataire dispose alors d'un mois pour la contester. Passé ce délai, le propriétaire reprend possession et un procès-verbal de reprise est dressé. Le locataire dispose d'un mois pour retirer ses affaires personnelles avant leur évacuation. Pour une location meublée ou un bail mobilité, le propriétaire doit engager une procédure d'expulsion classique. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 03

    Article 25-3 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — dispositions applicables aux logements meublés — Légifrance. Version en vigueur depuis le 24 août 2022, issue de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021. Les dispositions du titre Ier bis sont d'ordre public et s'appliquent aux contrats de location de logements meublés constituant la résidence principale du locataire. Sont rendus applicables à ces contrats les articles 1er, 3, 3-2, 3-3, 4 à l'exception du l, 5, 6, 6-2, 7, 7-1, 8, 8-1, 17, 18, 20-1, 21, 22, 22-1, 22-2, 24 et 24-1 du titre Ier. L'article 14-1, relatif à la reprise du logement abandonné, ne figure pas dans cette liste : la procédure accélérée de constat d'abandon n'est donc pas ouverte au bailleur d'un logement meublé. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 04

    Article 226-4-2 du code pénal — expulsion sans concours de l'État — Légifrance. Le fait de forcer un tiers à quitter le lieu qu'il habite sans avoir obtenu le concours de l'État dans les conditions prévues à l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution, à l'aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contraintes, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. Consulté le 2026-08-25.

  • Source 05

    Décret n° 2011-945 du 10 août 2011 relatif aux procédures de résiliation de baux d'habitation et de reprise des lieux en cas d'abandon — Légifrance. Décret d'application pris pour la mise en œuvre de l'article 14-1 de la loi du 6 juillet 1989, tel qu'issu de la loi n° 2010-1609 du 22 décembre 2010. Il fixe les modalités du constat d'abandon, la forme de la requête adressée au juge, les mentions du procès-verbal et de l'inventaire, ainsi que les conditions de signification et de contestation de l'ordonnance. Consulté le 2026-08-25.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

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