Promesses de rendement en investissement locatif : ce que la loi encadre, les quatre assiettes d’un même taux et les trois documents à demander avant de signer
« Lorsqu’elle repose sur des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur. » Le texte vise aussi ce qui est exact mais présenté de manière à égarer — et il nomme « Le prix ou le mode de calcul du prix ».
CINQ ARTICLES LUS MOT À MOT — ET AUCUN ACTEUR NOMMÉ
Un taux sans assiette n’informe de rien. La question n’est pas combien, mais de quoi.
Le même loyer de 12 000 € donne 8,0 %, 6,7 %, 6,3 % ou 4,9 % selon ce qui figure au dénominateur et ce qu’on retire au numérateur. Aucun de ces quatre taux n’est faux.
- Quatre assiettes calculées sur un même dossier, sans qualifier personne
- Trois documents qui se demandent avant de signer
- Des peines que le texte chiffre à 300 000 €, et 750 000 € en ligne
- Et un conflit d’intérêts déclaré : nous vendons ce service
ARTICLES LUS SUR LÉGIFRANCE
5
TAUX ANNONCÉ AU DOSSIER
8,0 %
TAUX NET RÉEL
4,9 %
ÉCART
3,1 pts
LOYER ANNUEL MANQUANT
6 296 €
AMENDE PRÉVUE PAR LE TEXTE
300 000 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le texte vise le mode de calcul, pas seulement le chiffre. Une pratique est trompeuse lorsqu’elle repose sur des « allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur »3 portant notamment sur « Le prix ou le mode de calcul du prix »3.
Trois documents se demandent avant de signer. Ces activités « ne peuvent être exercées que par les personnes physiques ou morales titulaires d’une carte professionnelle »2, laquelle suppose une garantie financière et une assurance.
Et les peines sont écrites : « un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 300 000 euros »4.
Ce que vous devez savoir de nous avant de lire. Hagnéré Investissement vend le service dont ce guide parle. Nous ne nommons donc personne, nous ne mettons personne en cause, et nous ne prétendons pas distinguer les sérieux des autres. Ce guide expose des textes et un calcul. Les six vérifications qu’il propose valent pour nous comme pour n’importe qui d’autre, et nous vous invitons à nous les appliquer.
Le corpus chiffre déjà ce que coûte un accompagnement et compare le faire soi-même à le déléguer. Ce guide-ci ne parle ni du prix ni de l’opportunité : il parle de ce que la loi impose à qui vend, et de ce que vous pouvez vérifier.
Que dit le droit d’une promesse de rendement ?
Il ne l’interdit pas, et il ne fixe aucun taux. Ce qu’il encadre, c’est la manière dont l’information est donnée.
La définition est posée en une phrase d’ouverture : « Une pratique commerciale est trompeuse si elle est commise dans l’une des circonstances suivantes »3. Suit une énumération, dont la seconde branche est celle qui nous occupe.
Elle vise le cas où la pratique repose « sur des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur »3. Notez la seconde moitié : une indication peut être exacte et rester « de nature à induire en erreur ».
Le texte énumère ensuite les éléments sur lesquels cette erreur peut porter. Trois intéressent directement un investisseur : « Le prix ou le mode de calcul du prix »3, « les propriétés et les résultats attendus de son utilisation »3, et « Les caractéristiques essentielles du bien ou du service, à savoir : ses qualités substantielles, sa composition »3.
Retenez le déplacement que cette lecture opère. La question n’est pas de savoir si un taux annoncé est atteignable, mais si la manière dont il est calculé et présenté permet au lecteur de comprendre ce qu’il désigne.
Un rendement de 8 %, mais 8 % de quoi ?
C’est la seule question qui rende un pourcentage intelligible, et elle se pose en trois mots. Un taux sans assiette n’informe de rien.
Un rendement est une division. Au numérateur un loyer, brut ou net de charges ; au dénominateur une somme investie, qui peut être le prix d’achat seul, le prix augmenté des frais, ou le prix de revient complet honoraires inclus.
Chaque combinaison produit un taux différent à partir des mêmes euros. Ce n’est pas une manipulation : c’est de l’arithmétique, et c’est la raison pour laquelle le texte vise le « mode de calcul » et pas seulement le prix.
Notre guide sur le rendement brut, net et net-net descend ces étages pour eux-mêmes. Ce qui suit se contente de les appliquer à un même dossier, pour en mesurer l’écart.
Le dossier d’Isaure, quatre fois le même loyer
Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Isaure achète 150 000 €, paie 12 000 € de frais, engage 18 000 € de travaux, règle 9 900 € d’honoraires d’accompagnement, et loue 1 000 € par mois.
12 000 € de loyer, quatre assiettes, quatre taux
| Ce qu’on rapporte à quoi | Assiette | Taux |
|---|---|---|
| Loyer brut sur le prix d’achat | 150 000 € | 8,0 % |
| Loyer brut sur le prix de revient hors honoraires | 180 000 € | 6,7 % |
| Loyer brut sur le prix de revient complet | 189 900 € | 6,3 % |
| Loyer net de charges sur le prix de revient complet | 189 900 € | 4,9 % |
Le prix de revient s’additionne à l’écran : 150 000, 12 000, 18 000 et 9 900 font 189 900 €. Le loyer, lui, ne bouge pas d’un euro d’une ligne à l’autre.
L’écart entre la première ligne et la dernière atteint 3,1 points. Autrement dit, le taux réel vaut 61,3 % du taux annoncé — et les deux se calculent sur les mêmes encaissements.
Les honoraires méritent une mention séparée, parce qu’ils sont la ligne qu’on oublie le plus souvent de mettre au dénominateur. Ils pèsent 5,2 % du prix de revient, retirent 0,4 point au rendement brut, et représentent 1,1 année de loyer net.
Que recouvre le mot net ?
Rien de fixe, et c’est exactement le problème. Aucun texte ne définit ce qu’un vendeur doit retirer avant d’écrire net.
Sur le dossier d’Isaure, quatre lignes se retranchent : 1 100 € de taxe foncière, 160 € d’assurance propriétaire non occupant, 380 € de charges non récupérables et 960 € d’honoraires de gestion, soit 2 600 € au total. Le loyer net tombe à 9 400 €.
Retirer ces quatre lignes fait passer le taux de 6,3 % à 4,9 % sur la même assiette. Un vendeur qui n’en retire aucune et un autre qui les retire toutes peuvent donc annoncer net l’un et l’autre, avec 1,4 point d’écart.
Notez ce que ce calcul ne contient pas encore : ni impôt, ni mensualité de crédit. Notre guide sur le calcul du cash-flow montre ce que ces deux lignes déplacent, et pourquoi un rendement correct peut coexister avec une trésorerie négative.
La vérification tient en une phrase à demander par écrit. Quelles lignes exactement ont été retirées pour obtenir ce net, et quelle somme figure au dénominateur ?
Une précision s’impose sur ce que ce tableau ne prouve pas. Il ne montre aucune faute : il montre qu’un même dossier se décrit par quatre nombres exacts, et qu’un lecteur qui compare deux offres sans connaître l’assiette de chacune compare des grandeurs de nature différente. C’est la raison pour laquelle la demande d’assiette précède toute négociation de taux, et pourquoi elle se formule par écrit plutôt qu’en rendez-vous.
Qui a le droit de vous vendre cela ?
Pas n’importe qui, et cela se vérifie en une demande. La loi soumet certaines activités immobilières à une autorisation nominative.
Le champ est défini d’abord. Les dispositions s’appliquent « aux personnes physiques ou morales qui, d’une manière habituelle, se livrent ou prêtent leur concours »1 à des opérations que le texte énumère, parmi lesquelles « L’achat, la vente, la recherche, l’échange, la location ou sous-location, saisonnière ou non, en nu ou en meublé d’immeubles »1 et « La gestion immobilière »1.
Deux mots de cette phrase décident de tout. Les mots « d’une manière habituelle » excluent l’acte isolé, et « prêtent leur concours » élargit au-delà de celui qui conclut lui-même l’opération.
La conséquence est nette : ces activités « ne peuvent être exercées que par les personnes physiques ou morales titulaires d’une carte professionnelle »2. La carte est délivrée par la chambre de commerce et d’industrie territoriale, et elle porte un numéro.
Ce guide ne dit pas si telle prestation d’accompagnement entre ou non dans ce champ : cela dépend de ce qui est réellement fait, et la qualification appartient au juge. Ce qu’il dit, c’est que la question se pose et qu’elle se pose avant de signer.
La garantie financière et l’assurance, et ce qu’elles couvrent
Deux exigences accompagnent la carte, et elles ne protègent pas contre la même chose. Les confondre expose à une mauvaise surprise.
La première vise les fonds. Le titulaire doit « Justifier d’une garantie financière permettant le remboursement des fonds, effets ou valeurs déposés et spécialement affectée à ce dernier »2.
Lisez la portée exacte de cette phrase. Elle couvre le remboursement de fonds déposés : elle joue si de l’argent vous a été confié et n’est pas restitué, non si une promesse de rendement n’est pas tenue.
La seconde exigence vise la responsabilité. Le titulaire doit « Contracter une assurance contre les conséquences pécuniaires de leur responsabilité civile professionnelle »2 — ce qui suppose, pour jouer, qu’une faute soit établie.
Un professionnel qui ne manie aucun fonds peut donc être régulier tout en n’ayant pas de garantie financière à vous montrer. La bonne question n’est pas de savoir si une garantie existe, mais si des fonds sont maniés — et, dans ce cas, laquelle les couvre.
Un dernier point mérite d’être posé sur la charge de la vérification. Rien n’oblige un acheteur à mener une enquête, et l’essentiel de ce qui précède se règle par trois demandes écrites auxquelles un professionnel en règle répond en quelques lignes : le numéro de carte, la mention de qui manie les fonds, et la liste de ce que le mot net recouvre. Une réponse évasive à l’une de ces trois questions est une information en soi, et elle ne coûte rien à obtenir.
Ce que le texte punit, et à quelle hauteur
Les montants sont écrits, et ils ne sont pas symboliques. Ils donnent la mesure de ce que le législateur considère comme en jeu.
La peine principale est fixée ainsi : « Les pratiques commerciales trompeuses mentionnées aux articles L. 121-2 à L. 121-4 sont punies d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 300 000 euros »4.
Un plafond alternatif existe, et il change d’ordre de grandeur selon la taille de l’entreprise. L’amende peut être portée, « de manière proportionnée aux avantages tirés du délit, à 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels connus à la date des faits, ou à 50 % des dépenses engagées pour la réalisation de la publicité ou de la pratique constituant ce délit »4. Sur un chiffre d’affaires moyen de 4 000 000 €, ces 10 % représentent 400 000 €, soit davantage que l’amende de base.
Une aggravation vise enfin le canal employé. Lorsque l’infraction est commise « par l’utilisation d’un service de communication au public en ligne ou par le biais d’un support numérique ou électronique, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 750 000 euros d’amende »4.
Ce que ces chiffres disent au lecteur est simple. Une promesse publiée sur un site relève du canal aggravé, ce qui rend d’autant plus utile de conserver une copie datée de ce qui vous a été montré.
Disposez-vous de quatorze jours pour changer d’avis ?
Le délai existe, mais sa condition d’application ne sera pas tranchée ici. Le texte le réserve à une catégorie de personnes que ce guide ne peut pas qualifier à votre place.
La règle est posée : « Le consommateur dispose d’un délai de quatorze jours pour exercer son droit de rétractation »5. Son point de départ est précisé : « 1° De la conclusion du contrat, pour les contrats de prestation de services et ceux mentionnés à l’article L. 221-4 »5.
Le mot qui commande est « consommateur ». Un investisseur qui achète pour louer agit-il en consommateur, ou dans le cadre d’une activité ? Les deux lectures existent selon les situations, et la réponse dépend de faits que ce guide ne connaît pas.
Nous exposons donc les deux branches sans en retenir une. Si la qualité de consommateur est reconnue, quatorze jours courent depuis la conclusion du contrat de prestation, et 9 900 € d’honoraires restent en jeu pendant ce délai. Si elle ne l’est pas, ce texte ne s’applique pas et le contrat obéit à ses seules stipulations.
La conséquence pratique ne dépend d’aucune de ces lectures. Elle consiste à lire, avant de signer, ce que le contrat lui-même prévoit en cas de renoncement — et à quelle date les sommes deviennent exigibles.
Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte
Quatre malentendus de lecture, sur des dossiers où personne n’avait menti sur un euro.
Le taux comparé sur deux assiettes différentes. Isaure compare une offre à 8 %, calculée sur le prix d’achat, à une autre à 6,3 % calculée sur le prix de revient complet. Ramenées à la même assiette, les deux annoncent le même loyer : l’écart de 1,7 point n’existait pas.
Les honoraires laissés hors du dénominateur. Les 9 900 € sont payés mais n’apparaissent pas dans l’assiette du calcul. Le rendement affiché gagne 0,4 point, et la somme représente pourtant 1,1 année de loyer net.
Le mot net sans liste. Deux offres annoncent net ; l’une retire les 2 600 € de charges, l’autre aucune. L’écart de 1,4 point ne se voit sur aucun document, faute d’avoir demandé quelles lignes ont été retranchées.
La promesse orale, non conservée. Le taux est annoncé en rendez-vous, jamais écrit. Un an plus tard, le rendement net ressort à 4,9 % au lieu de 8 %, soit 6 295,65 € de loyer annuel manquant, et il ne reste aucune trace de ce qui avait été présenté — alors que le canal en ligne fait précisément partie de ceux que le texte aggrave.
Le point commun des quatre tient en une ligne. Dans chacun, un chiffre exact a été comparé à un autre chiffre exact sans que les deux répondent à la même question.
Six vérifications avant de signer
Trois sur les chiffres. Trois sur la personne en face. Elles valent pour nous comme pour tout autre.
- Demandez l’assiette avant le taux. Le même loyer de 12 000 € donne 8,0 % ou 4,9 % selon ce qui figure au dénominateur et au numérateur.
- Faites écrire la liste de ce que net retranche. Sur ce dossier, quatre lignes valent 2 600 € et 1,4 point de rendement.
- Vérifiez que les honoraires sont dans l’assiette. Les 9 900 € pèsent 5,2 % du prix de revient : hors dénominateur, ils embellissent le taux de 0,4 point.
- Demandez le numéro de carte professionnelle. Ces activités « ne peuvent être exercées que par les personnes physiques ou morales titulaires d’une carte professionnelle », et le numéro se vérifie auprès de la chambre de commerce et d’industrie qui l’a délivrée.
- Demandez qui manie les fonds, et quelle garantie les couvre. La garantie financière vise « le remboursement des fonds, effets ou valeurs déposés », pas la tenue d’une promesse de rendement.
- Conservez une copie datée de ce qui vous a été montré. Page, simulation, courriel : c’est la seule pièce qui permettra plus tard de comparer ce qui a été dit à ce qui s’est produit.
Un mot sur les professionnels que cette vérification mobilise, et sur leur ordre. L’agent immobilier détenteur de la carte peut en donner le numéro, qui se recoupe auprès de la chambre de commerce et d’industrie. Le notaire dira quelles sommes transitent par son étude, ce qui répond à la question des fonds maniés. L’expert-comptable recalculera le net sur vos propres charges plutôt que sur un modèle. Le courtier dira si le plan tient une fois la mensualité intégrée, ce qu’aucun rendement ne montre. Et le chasseur, s’il en est un, relève lui aussi du texte dès lors qu’il prête son concours de manière habituelle.
Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne dit pas si une prestation donnée entre dans le champ de la loi de 1970 : cela dépend de ce qui est fait, et la qualification appartient au juge. Il ne tranche pas si un investisseur locatif est un consommateur au sens du droit de la rétractation. Il ne traite ni le conseil en investissements financiers, ni la commercialisation de parts de sociétés, ni la lecture d’un mandat de gestion, ni le détail des frais d’acquisition. Et il ne dresse aucune liste d’acteurs, dans aucun sens.
Tenir 8 % net exigerait 524,64 € de loyer de plus par mois.
Sur le prix de revient complet de 189 900 €, atteindre 8 % net supposerait 18 295,65 € de loyer annuel au lieu de 12 000 € — soit 52,5 % de hausse.
- Pourquoi les honoraires changent le taux de 0,4 point selon qu’ils sont ou non au dénominateur
- Pourquoi la garantie financière ne couvre pas une promesse de rendement
- Pourquoi la qualité de consommateur ne sera pas tranchée ici
Questions fréquentes
Sept réponses directes sur ce que la loi encadre dans une promesse de rendement, l’assiette d’un pourcentage, l’absence de définition du mot net, la carte professionnelle et ce qu’elle suppose, la portée exacte de la garantie financière, les peines prévues et le délai de rétractation.
Une offre d’accompagnement à examiner ?
Posez-nous les six mêmes questions qu’à n’importe qui d’autre — elles nous sont opposables.
Faire le point sur un projet01 · Le taux
01Un rendement annoncé de 8 % est-il une promesse trompeuse ?
Pas en soi, et ce guide ne qualifie aucune offre. Le texte vise les pratiques reposant « sur des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur », portant notamment sur « Le prix ou le mode de calcul du prix ». Ce qui compte n’est donc pas le chiffre mais l’assiette : sur le dossier d’Isaure, le même loyer de 12 000 € donne 8,0 % rapporté au prix d’achat et 4,9 % net rapporté au prix de revient complet de 189 900 €.02Sur quoi faut-il calculer un rendement pour le comparer ?
Sur la même assiette des deux côtés, quelle qu’elle soit. Quatre combinaisons circulent : loyer brut sur prix d’achat (8,0 %), loyer brut sur prix de revient hors honoraires (6,7 %), loyer brut sur prix de revient complet (6,3 %), loyer net de charges sur prix de revient complet (4,9 %). Aucune n’est fausse ; comparer deux offres établies sur deux assiettes différentes n’a en revanche aucun sens, et l’écart apparent de 1,7 point peut n’être qu’un changement de dénominateur.
02 · Le mot net
03Que veut dire le mot net dans un rendement annoncé ?
Aucun texte ne le définit, et c’est pourquoi la liste doit être demandée par écrit. Sur le dossier, quatre lignes se retranchent — 1 100 € de taxe foncière, 160 € d’assurance, 380 € de charges non récupérables et 960 € d’honoraires de gestion, soit 2 600 € — et font passer le taux de 6,3 % à 4,9 %. Deux offres peuvent donc annoncer un rendement net avec 1,4 point d’écart sans que rien ne soit inexact.
03 · Le professionnel
04Faut-il une carte professionnelle pour vendre un accompagnement immobilier ?
La loi soumet certaines activités à cette condition : elles « ne peuvent être exercées que par les personnes physiques ou morales titulaires d’une carte professionnelle ». Le champ couvre notamment « L’achat, la vente, la recherche, l’échange, la location ou sous-location, saisonnière ou non, en nu ou en meublé d’immeubles » et « La gestion immobilière », dès lors qu’on s’y livre « d’une manière habituelle » ou qu’on y « prêtent leur concours ». Savoir si une prestation donnée entre dans ce champ dépend de ce qui est réellement fait, et la qualification appartient au juge.05Que couvre exactement la garantie financière d’un professionnel ?
Le remboursement de fonds, pas la tenue d’une promesse. Le texte exige de « Justifier d’une garantie financière permettant le remboursement des fonds, effets ou valeurs déposés et spécialement affectée à ce dernier ». Elle joue donc si de l’argent confié n’est pas restitué. L’assurance de responsabilité civile professionnelle, elle, couvre « les conséquences pécuniaires » d’une responsabilité, ce qui suppose qu’une faute soit établie. Un professionnel qui ne manie aucun fonds peut être en règle sans garantie financière à montrer.
04 · Les recours
06Quelles peines encourt une pratique commerciale trompeuse ?
Le texte les écrit : « Les pratiques commerciales trompeuses mentionnées aux articles L. 121-2 à L. 121-4 sont punies d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 300 000 euros. » L’amende peut être portée « à 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels connus à la date des faits, ou à 50 % des dépenses engagées ». Et lorsque l’infraction passe par un service de communication au public en ligne, « les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 750 000 euros d’amende ».07Peut-on se rétracter après avoir signé un contrat d’accompagnement ?
Le texte prévoit que « Le consommateur dispose d’un délai de quatorze jours pour exercer son droit de rétractation », courant « De la conclusion du contrat, pour les contrats de prestation de services ». Le mot qui commande est « consommateur » : savoir si un investisseur locatif en est un dépend de sa situation, et ce guide ne tranche pas cette question. Dans tous les cas, ce que le contrat lui-même prévoit en cas de renoncement se lit avant de signer — 9 900 € d’honoraires sont en jeu sur ce dossier.
Nous vendons le service dont ce guide parle. C’est pourquoi il ne nomme personne.
Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Ce guide expose des textes et un calcul ; il ne distingue pas les acteurs entre eux et ne le prétend pas.
Sources et date de contrôle
Cinq articles lus sur Légifrance le 31 août 2026, dans leur version en vigueur.
- Source 01
Article 1er de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 — les activités soumises — Légifrance. Les dispositions de la présente loi s’appliquent aux personnes physiques ou morales qui, d’une manière habituelle, se livrent ou prêtent leur concours. L’achat, la vente, la recherche, l’échange, la location ou sous-location, saisonnière ou non, en nu ou en meublé d’immeubles. La gestion immobilière. Version en vigueur depuis le 27 mars 2014, applicable au 30 août 2026 ; aucune version postérieure annoncée pour cet article, alors que l’article 3 de la même loi a été modifié le 17 juillet 2025. Page lue le 30 août 2026.
- Source 02
Article 3 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 — carte professionnelle, garantie et assurance — Légifrance. Les activités visées à l’article 1er ne peuvent être exercées que par les personnes physiques ou morales titulaires d’une carte professionnelle. Justifier d’une garantie financière permettant le remboursement des fonds, effets ou valeurs déposés et spécialement affectée à ce dernier. Contracter une assurance contre les conséquences pécuniaires de leur responsabilité civile professionnelle. Version en vigueur depuis le 17 juillet 2025. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 30 août 2026.
- Source 03
Article L121-2 du code de la consommation — la pratique commerciale trompeuse — Légifrance. Une pratique commerciale est trompeuse si elle est commise dans l’une des circonstances suivantes. Lorsqu’elle repose sur des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur. Le prix ou le mode de calcul du prix. les propriétés et les résultats attendus de son utilisation. Les caractéristiques essentielles du bien ou du service, à savoir : ses qualités substantielles, sa composition. Version en vigueur depuis le 28 mai 2022. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 30 août 2026.
- Source 04
Article L132-2 du code de la consommation — les peines encourues — Légifrance. Les pratiques commerciales trompeuses mentionnées aux articles L. 121-2 à L. 121-4 sont punies d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 300 000 euros. Le montant de l’amende peut être porté, de manière proportionnée aux avantages tirés du délit, à 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels connus à la date des faits, ou à 50 % des dépenses engagées pour la réalisation de la publicité ou de la pratique constituant ce délit. Lorsque l’infraction a été commise par l’utilisation d’un service de communication au public en ligne ou par le biais d’un support numérique ou électronique, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 750 000 euros d’amende. Version en vigueur depuis le 12 mai 2024. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 30 août 2026.
- Source 05
Article L221-18 du code de la consommation — le droit de rétractation — Légifrance. Le consommateur dispose d’un délai de quatorze jours pour exercer son droit de rétractation. Le délai mentionné au premier alinéa court à compter du jour : 1° De la conclusion du contrat, pour les contrats de prestation de services et ceux mentionnés à l’article L. 221-4. 2° De la réception du bien par le consommateur ou un tiers, autre que le transporteur, désigné par lui, pour les contrats de vente de biens. Version en vigueur depuis le 1er juillet 2016. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 30 août 2026.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
Les cinq sources citées ont été lues sur Légifrance avant citation, le 30 août 2026, et chaque page a été sommée de démentir si l’article affiché n’était pas celui recherché. Une vérification a été refaite deux fois : une première lecture de l’article 1er de la loi de 1970 annonçait une version postérieure au 17 juillet 2025, une seconde n’en annonçait aucune. Le désaccord s’explique — c’est l’article 3 de cette loi qui a été modifié à cette date, non l’article 1er, qui demeure dans sa version du 27 mars 2014 — et les deux dates figurent dans les sources plutôt que d’être tues. Les quatre autres articles n’annoncent aucune version postérieure. Le dossier d’Isaure est un exemple construit : les 150 000 € d’achat, 12 000 € de frais, 18 000 € de travaux, 9 900 € d’honoraires, 1 000 € de loyer et les quatre lignes de charges sont des hypothèses posées, non des observations, et elles sont choisies pour que 189 900 €, 9 400 € et les quatre taux se recomptent à la main. Le chiffre d’affaires de 4 000 000 € qui illustre le plafond de 10 % est une hypothèse de calcul, et non l’indication d’une entreprise réelle. Nous ne publions ni fréquence des promesses trompeuses, ni proportion d’acteurs en règle : rien de tel n’a été mesuré, et nous nous interdisons de l’estimer. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover, perçoit des honoraires publics, et vend donc le service dont ce guide traite. Aucun acteur n’est nommé ni mis en cause dans ces lignes, aucune promesse d’un tiers n’y est qualifiée, et les six vérifications proposées nous sont opposables au même titre qu’à quiconque.