Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 24 août 20264 sourcesMéthode en cinq passes

Charges récupérables : 578 € par an que le bailleur avance et ne récupère jamais

C'est la seule charge qu'un bailleur perd sans jamais la payer : il l'avance, oublie de la récupérer, et la prescription efface le reste. Sur le cas décrit, 578 € par an — 8,4 % du loyer, invisible dans tout calcul de rendement.

LA SEULE DÉPENSE QUI SE PERD PAR INATTENTION

Ne pas régulariser ne prescrit rien

Le délai de trois ans du locataire ne court qu'à compter de la régularisation. S'abstenir laisse donc la dette ouverte sans terme — le bailleur croit gagner du temps et conserve un passif qu'un acquéreur déduira du prix.

  • L'écart réel entre provisions et charges, poste par poste
  • Ce que la prescription efface, année par année
  • Le poste qui n'est pas sur le décompte du syndic
  • Le risque symétrique, plus long contre le bailleur

MANQUE ANNUEL

578 €

PART DU LOYER

8,4 %

PERDU EN 10 ANS

4 046 €

PRESCRIPTION

3 ans

TAXE ORDURES OUBLIÉE

1 380 €

L'HEURE PASSÉE VAUT

289 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. La régularisation annuelle est obligatoire dès lors que des provisions sont appelées1. Ce n’est pas une faculté offerte au bailleur diligent : c’est une condition de la récupération elle-même.

La liste des charges récupérables est limitative. Elle figure en annexe d’un décret de 19872 : ce qui n’y est pas ne se récupère pas, et ce qui y est se perd si on ne le demande pas.

Trois ans, et le compteur ne part pas quand on croit. Le bailleur qui régularise tardivement ne peut remonter que trois ans. Mais le délai dont dispose le locataire pour réclamer un trop-perçu court du jour de la régularisation3 — ne jamais régulariser laisse donc cette dette ouverte indéfiniment.

Ce guide ne refait pas le calcul du rendement, que notre guide du rendement net-net-net détaille poste par poste. Il traite de la ligne que ce calcul suppose neutre et qui ne l’est jamais : les charges que le bailleur avance pour le compte de son locataire et qu’il récupère mal — celles-là mêmes qui, dans notre guide de la vacance locative, continuent de courir quand le logement est vide.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Malik, cas construit et non un dossier réel : un appartement en copropriété loué 571 € hors charges, avec 75 € de provisions mensuelles appelées. Le détail des postes de charges et leur montant sont des hypothèses déclarées ; les règles de récupération, de calendrier et de prescription sont celles des textes. Tout se recalcule sur votre décompte de copropriété.

Combien manque-t-il vraiment chaque année ?

Cinq cent soixante-dix-huit euros. Personne ne les voit passer.

La mécanique du dossier de Malik est banale, et c’est ce qui la rend dangereuse. Le bailleur fixe une provision mensuelle au moment du bail, souvent d’après ce que le vendeur ou l’agence lui a indiqué, puis il ne la revoit plus. Pendant ce temps, les charges réelles progressent — l'énergie, les contrats d’entretien, la fiscalité locale — et l'écart s’installe sans qu’aucun relevé ne le signale.

Le décompte réel de Malik, poste par poste

Combien manque-t-il vraiment chaque année ? — tableau 1
Eau froide et chaude380 €
Chauffage collectif420 €
Électricité des parties communes95 €
Entretien des parties communes210 €
Ascenseur, entretien courant150 €
Espaces verts85 €
Taxe d’enlèvement des ordures ménagères138 €
Total récupérable1 478 €
Provisions appelées, 75 € par mois900 €
Manque annuel578 €

Rapporté au loyer annuel, ce manque représente 8,4 %. C’est davantage que la plupart des postes qu’un investisseur passe des heures à optimiser — davantage, par exemple, que l'écart entre deux offres de crédit sur lequel se joue une négociation entière — et cela n’apparaît pourtant sur aucun tableau de rendement — parce que les charges récupérables y figurent par convention comme neutres, ce qu’elles ne sont que si on les récupère.

Jusqu’où peut-on remonter ?

Trois ans. Au-delà, l’argent avancé ne revient plus.

Un bailleur qui découvre l'écart au bout de cinq ans a avancé 2 890 € ; il ne peut en réclamer que 1 734, et 1 156 € sont prescrits. Au bout de dix ans, la perte définitive atteint 4 046 € sur 5 780 avancés. La régularisation n’est donc pas une formalité administrative que l’on peut reporter : c’est le geste qui empêche la prescription de courir sur l'écart de l’année.

Ce que l’absence de régularisation coûte

Jusqu’où peut-on remonter ? — tableau 2
1 an578 €578 €0 €
3 ans1 734 €1 734 €0 €
5 ans2 890 €1 734 €1 156 €
10 ans5 780 €1 734 €4 046 €

Le tableau se lit aussi dans l’autre sens, et c’est là que beaucoup de bailleurs se trompent d’inquiétude. Une régularisation faite après trois ans de silence est parfaitement possible et légale ; ce qui est perdu, c’est seulement ce qui précède. Découvrir l'écart tardivement n’interdit donc pas d’agir — cela borne simplement ce qu’on récupère, et chaque mois d’attente supplémentaire déplace la borne.

Ce que la loi impose, et dans quel ordre

Trois obligations, trois délais, et aucun n’est facultatif.

La première est la régularisation annuelle elle-même, obligatoire dès lors que des provisions sont appelées1. La deuxième est le décompte par nature de charges, que le bailleur doit communiquer au locataire un mois avant la régularisation, accompagné en immeuble collectif du mode de répartition entre locataires1. La troisième est la mise à disposition des justificatifs pendant six mois à compter de l’envoi du décompte, dans des conditions normales de consultation1.

Une quatrième règle, moins connue, ferme la boucle : les demandes de provisions de l’année suivante doivent être justifiées par le résultat de la régularisation précédente et, en copropriété ou lorsque le bailleur est une personne morale, par le budget prévisionnel1. Autrement dit, la loi prévoit explicitement que la provision se recale chaque année — et un bailleur qui appelle la même provision depuis six ans ne respecte pas seulement mal sa gestion, il ne respecte pas le texte.

La conséquence pratique est simple à retenir : le décompte de charges de la copropriété arrive après l’assemblée générale, et c’est à ce moment, chaque année, que la séquence entière se déclenche. Un bailleur qui cale sa régularisation sur cette date n’a plus rien à mémoriser.

Une question revient assez souvent pour mériter sa réponse : peut-on renoncer aux provisions et facturer les charges au réel une fois par an ? Rien ne l’interdit, et c’est même le régime par défaut si le bail ne prévoit pas de provisions. Mais l’arbitrage est moins favorable qu’il n’y paraît. Le bailleur avance alors la totalité des charges pendant douze mois au lieu d’un écart résiduel, il expose son locataire à une facture annuelle de plus de mille euros que celui-ci n’a pas provisionnée, et il transforme une ligne mensuelle indolore en événement de trésorerie — pour les deux parties. Le forfait de charges, lui, n’est admis qu’en meublé et en colocation, et il présente le défaut symétrique : il fige un montant que l’inflation des charges rendra insuffisant, sans possibilité de régularisation puisque c’est précisément sa définition.

Qu’est-ce qui se récupère, exactement ?

Ce que le décret énumère. Rien d’autre, et tout ce qui y figure.

La liste des charges récupérables est fixée en annexe d’un décret du 26 août 19872, et elle est limitative. Elle raisonne poste par poste et distingue très finement, au sein d’un même équipement, ce qui relève de l’exploitation courante — récupérable — et ce qui relève du remplacement ou de la remise à niveau, qui reste au bailleur.

L’ascenseur illustre parfaitement cette frontière : son entretien courant, ses visites périodiques et les menues réparations de cabine sont récupérables, quand le remplacement d’un moteur ou une mise aux normes ne l’est pas. Le chauffage collectif obéit à la même logique, l’exploitation et les combustibles étant récupérables et le remplacement de la chaudière ne l'étant pas — distinction que le décompte du syndic présente généralement déjà4, à condition de le lire.

Un poste échappe presque toujours à l’attention, et il vaut 138 € par an sur ce dossier : la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Elle est récupérable, mais elle ne figure pas sur le décompte de copropriété — elle apparaît sur l’avis de taxe foncière du bailleur, c’est-à-dire dans un document qu’il ne rapproche jamais de ses charges locatives. Sur dix ans, cet oubli seul coûte 1 380 €.

Une dernière situation mérite d'être traitée, parce qu’elle concentre à elle seule la plupart des litiges de charges : le départ du locataire en cours d’année. Les provisions ont été appelées jusqu'à son départ, mais le décompte de copropriété qui permettra de les régulariser n’arrivera que plusieurs mois plus tard, après l’assemblée générale suivante. Malik ne peut donc ni solder au départ ni attendre indéfiniment.

La conduite à tenir est de dissocier les deux opérations. Le dépôt de garantie se restitue dans son délai propre, sous réserve d’une provision pour charges que le bailleur peut conserver — et notre guide de l'état des lieux de sortie détaille ce mécanisme et ses limites. La régularisation, elle, se fait quand le décompte arrive, au prorata de la période d’occupation, et donne lieu soit à un complément réclamé, soit à un remboursement. Annoncer cette séquence au locataire le jour de l'état des lieux évite l’essentiel des tensions, parce que ce qui irrite n’est presque jamais le montant mais l’absence d’explication sur un délai que personne ne lui a décrit.

Et si l’on a trop appelé ?

Le risque est symétrique, et il joue plus longtemps contre le bailleur.

Un bailleur qui appelle des provisions supérieures aux charges réelles et ne régularise pas détient une dette envers son locataire. Sur un excédent de 900 € par an, celui-ci peut en réclamer le remboursement à hauteur de 2 700 € sur trois ans — et la comparaison s’arrête là, car le point de départ du délai n’est pas le même.

La prescription de l’action en remboursement des charges indûment perçues court en effet du jour de la régularisation, seule opération qui permette au locataire de constater l’indu, et non du jour du paiement de la provision3. La conséquence est contre-intuitive et sévère : le bailleur qui ne régularise jamais ne fait pas courir le délai contre son locataire. Il croit gagner du temps, il laisse en réalité la dette ouverte sans limite.

C’est la raison la plus solide de régulariser chaque année, y compris — surtout — lorsque l’on soupçonne d’avoir trop appelé. Le remboursement d’un trop-perçu est un désagrément de trésorerie ; une dette non prescrite qui s’accumule est un passif qu’aucun acquéreur ne reprendra sans le déduire du prix, comme le montre notre guide sur la manière de vendre un bien loué.

Qui produit les chiffres, et lequel se vérifie

Le bailleur ne fabrique aucune des données de sa régularisation. Il les assemble, et chacune vient de quelqu’un d’autre.

Le syndic produit la pièce maîtresse : le décompte individuel de charges, arrêté après l’assemblée générale, avec la ventilation par nature et la quote-part du lot. C’est le document qui déclenche tout, et c’est aussi celui qu’il faut lire au-delà de son total, puisque la ligne « ascenseur » ou « chauffage » d’un décompte de copropriété mélange souvent l’exploitation, récupérable, et des travaux qui ne le sont pas. Un décompte dont les postes ne sont pas détaillés se redemande — le syndic doit pouvoir le fournir.

Le gestionnaire locatif, lorsqu’il y en a un, réalise la régularisation et l’envoi. Encore faut-il que son mandat la couvre : c’est l’une des lignes que notre comparatif de la gestion en agence ou en direct recommande de vérifier avant de signer, parce qu’elle est tantôt incluse dans le taux, tantôt facturée en supplément.

L'expert-comptable intervient à un autre titre, et sur une confusion fréquente : les charges récupérées ne sont pas un produit du bailleur, elles transitent — mais celles qu’il n’a pas récupérées restent, elles, des charges qu’il a supportées et qu’il peut déduire. Un écart de 578 € non récupéré n’est donc pas perdu à 100 % après impôt, ce que notre pilier sur le choix du régime fiscal permet de chiffrer selon le régime retenu.

Un commissaire de justice n’apparaît qu’au bout de la chaîne, si le locataire conteste et refuse de payer un arriéré pourtant justifié. C’est rare quand les formes ont été respectées, et fréquent quand elles ne l’ont pas été — le décompte envoyé un mois avant et les justificatifs tenus six mois ne sont pas des politesses administratives, ce sont les pièces qui rendent la créance opposable.

Ce qui coûte cher aux bailleurs

Quatre erreurs reviennent, et chacune se chiffre.

Ne jamais recaler la provision, 4 046 €. Une provision fixée au premier bail et jamais revue laisse l'écart s’installer. Sur dix ans, la loi n’autorise à récupérer que les trois dernières années : le reste est prescrit, et il l’est définitivement.

Oublier la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, 1 380 €. Elle est récupérable et n’apparaît pas sur le décompte du syndic, mais sur l’avis de taxe foncière du bailleur. C’est le poste le plus régulièrement perdu, parce qu’il faut aller le chercher dans un autre document.

Régulariser sans communiquer le décompte, 578 €. Le décompte par nature de charges se transmet un mois avant, et les justificatifs restent à disposition six mois. Une régularisation opposée sans ces formes se conteste, et le locataire obtient la restitution de ce qu’il a payé au-delà des provisions — l’année de rattrapage, 578 €, est alors perdue pour vice de forme.

Ne pas régulariser en cas de trop-perçu, 2 700 €. Le délai de trois ans du locataire ne commence à courir qu'à la régularisation. En s’abstenant, le bailleur ne prescrit rien : il conserve une dette exigible sans terme, qu’un acquéreur déduira du prix le jour de la vente.

Ce qu’il faut faire, et dans quel ordre

Deux heures par an, une fois le décompte du syndic reçu.

Un dernier point, qui résume l’esprit de la démarche. Un investisseur accepte volontiers de passer une journée à négocier deux mille euros sur un prix d’achat, et laisse filer cinq cent soixante-dix-huit euros par an sur une ligne qu’il croit neutre. Deux heures annuelles suffisent à la fermer, ce qui met l’heure passée à 289 € — et surtout, cette ligne se répète chaque année pendant toute la détention, quand la négociation d’achat n’a lieu qu’une fois. Les charges récupérables sont la seule dépense d’une opération locative qui se perde par inattention plutôt que par décision.

Cinq cent soixante-dix-huit euros par an. Deux heures pour les récupérer.

DEUX HEURES PAR AN

Déclenchées par le décompte de copropriété

Attendre le décompte qui suit l'assemblée, trier les postes, ajouter la taxe d'ordures ménagères, envoyer un mois avant, tenir les justificatifs six mois, recaler la provision suivante.

  • Votre écart réel mesuré sur votre décompte
  • Votre provision recalée, comme le texte l'exige
  • Vos justificatifs tenus dans les formes qui rendent la créance opposable
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Douze réponses directes sur l'obligation de régularisation, la liste limitative du décret, la prescription triennale et le risque du trop-perçu.

Vous voulez faire vérifier un décompte ?

Apportez le décompte de copropriété, le bail et le montant des provisions appelées. L'échange ne remplace pas une consultation juridique.

Faire le point sur votre dossier

01 · L'obligation

  • 01La régularisation annuelle des charges est-elle obligatoire ?
    Oui, dès lors que des provisions sont appelées. Les charges récupérables peuvent donner lieu au versement de provisions et doivent, en ce cas, faire l'objet d'une régularisation au moins annuelle. Ce n'est pas une faculté offerte au bailleur diligent : c'est la condition même de la récupération.
  • 02Quelles charges peut-on récupérer sur le locataire ?
    Uniquement celles qu'énumère l'annexe du décret du 26 août 1987, et la liste est limitative : ce qui n'y figure pas ne se récupère pas. Elle distingue finement, au sein d'un même équipement, l'exploitation courante et les menues réparations — récupérables — du remplacement et de la mise aux normes, qui restent au bailleur.
  • 03Combien perd un bailleur qui ne régularise jamais ?
    Sur le cas décrit, 578 € par an, soit 8,4 % du loyer annuel. Après cinq ans, 2 890 € ont été avancés dont 1 156 € sont prescrits ; après dix ans, 5 780 € avancés dont 4 046 € définitivement perdus. C'est la seule charge qu'un bailleur perd sans jamais l'avoir décidée.
  • 04Jusqu'à quand peut-on réclamer un arriéré de charges ?
    Trois ans. Un bailleur qui découvre l'écart tardivement peut parfaitement régulariser — c'est légal et possible —, mais il ne remontera que sur trois ans. Chaque mois d'attente supplémentaire déplace donc la borne, et ce qui passe derrière ne revient plus.

02 · Les formes

  • 05Que faut-il envoyer au locataire, et quand ?
    Le décompte par nature de charges, un mois avant la régularisation, accompagné en immeuble collectif du mode de répartition entre locataires. Les pièces justificatives doivent ensuite être tenues à disposition pendant six mois à compter de l'envoi de ce décompte, dans des conditions normales de consultation.
  • 06Peut-on garder la même provision d'une année sur l'autre ?
    Non, et le texte le dit explicitement : les demandes de provisions sont justifiées par les résultats arrêtés lors de la précédente régularisation et, en copropriété ou lorsque le bailleur est une personne morale, par le budget prévisionnel. Une provision inchangée depuis six ans n'est pas seulement une mauvaise gestion, c'est un manquement au texte.
  • 07Quel poste de charges est le plus souvent oublié ?
    La taxe d'enlèvement des ordures ménagères, 138 € par an sur le cas décrit. Elle est récupérable, mais elle ne figure pas sur le décompte de copropriété : elle apparaît sur l'avis de taxe foncière du bailleur, c'est-à-dire dans un document qu'on ne rapproche jamais de ses charges locatives. Sur dix ans, cet oubli seul coûte 1 380 €.

03 · Le trop-perçu

  • 08Que risque-t-on si l'on a appelé trop de provisions ?
    Le locataire peut en demander le remboursement — 2 700 € sur trois ans pour un excédent de 900 € par an. Mais le point de départ du délai n'est pas celui qu'on croit : il court du jour de la régularisation, seule opération permettant au locataire de constater l'indu, et non du jour du paiement.
  • 09Ne pas régulariser protège-t-il le bailleur ?
    C'est exactement l'inverse. Puisque le délai de trois ans du locataire ne commence à courir qu'à la régularisation, s'abstenir ne prescrit rien : la dette reste exigible sans terme. Le bailleur croit gagner du temps et conserve en réalité un passif ouvert, qu'un acquéreur déduira du prix le jour de la vente.
  • 10Une régularisation mal notifiée est-elle valable ?
    Elle se conteste. Le décompte par nature de charges se transmet un mois avant, et les justificatifs restent à disposition six mois. Une régularisation opposée sans ces formes expose le bailleur à devoir restituer ce que le locataire a payé au-delà des provisions appelées.

04 · En pratique

  • 11À quel moment de l'année faut-il régulariser ?
    Après réception du décompte de copropriété qui suit l'assemblée générale. C'est lui qui déclenche toute la séquence, et caler sa régularisation sur cette date dispense d'avoir à s'en souvenir. Le travail représente environ deux heures par an, soit 289 € de l'heure rapporté au manque annuel du cas décrit.
  • 12Un mandat de gestion couvre-t-il la régularisation ?
    Pas toujours, et c'est une des lignes à vérifier avant de signer. La régularisation annuelle des charges est parfois incluse dans le taux d'honoraires, parfois facturée en supplément. Un taux affiché bas assorti de plusieurs options coûte souvent plus cher qu'un taux plus élevé mais complet.

Cinq cent soixante-dix-huit euros par an. Deux heures pour les récupérer.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif incluant la gestion, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète pour régulariser seul — et la régularisation fait partie des prestations qu'un mandat doit couvrir, point à vérifier avant de signer.

Pas une consultation juridiqueRègles et prescription relues au textePostes de charges : hypothèses déclarées

Sources et date de contrôle

  • Source 01

    Article 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — charges récupérables et régularisation — Légifrance. Les charges récupérables peuvent donner lieu au versement de provisions et doivent, en ce cas, faire l'objet d'une régularisation au moins annuelle. Un mois avant cette régularisation, le bailleur communique au locataire le décompte par nature de charges ainsi que, dans les immeubles collectifs, le mode de répartition entre les locataires. Pendant six mois à compter de l'envoi de ce décompte, les pièces justificatives sont tenues à la disposition des locataires dans des conditions normales. Les demandes de provisions sont justifiées par la communication de résultats antérieurs arrêtés lors de la précédente régularisation et, lorsque l'immeuble est soumis au statut de la copropriété ou que le bailleur est une personne morale, par le budget prévisionnel. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 02

    Décret n° 87-713 du 26 août 1987 fixant la liste des charges récupérables — Légifrance. Pris en application de l'article 18 de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. La liste des charges récupérables figure en annexe et présente un caractère limitatif : ce qui n'y est pas énuméré ne peut être récupéré sur le locataire. L'annexe distingue poste par poste, au sein d'un même équipement, l'exploitation courante et les menues réparations — récupérables — du remplacement et de la mise aux normes, qui restent à la charge du bailleur. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 03

    Remboursement des charges : point de départ de la prescription — ANIL. L'action en remboursement des charges indûment perçues se prescrit par trois ans. Ce délai court à compter du jour de la régularisation des charges, seule opération permettant au locataire de constater l'existence d'un indu, et non du jour du versement des provisions. Un bailleur qui ne régularise pas ne fait donc pas courir ce délai. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 04

    Charges à payer par le locataire (charges locatives ou récupérables) — service-public.gouv.fr. Fiche officielle présentant les charges récupérables par catégorie — eau, chauffage, entretien des parties communes, ascenseur, espaces verts, taxe d'enlèvement des ordures ménagères — ainsi que les modalités de provision et de régularisation. Consulté le 2026-08-24.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif incluant la gestion, et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète pour régulariser seul, et la régularisation fait partie des prestations qu’un mandat de gestion doit couvrir — un point à vérifier ligne à ligne avant de signer. Les montants cités valent pour le cas construit décrit — postes de charges et provisions y sont des hypothèses déclarées, seules les règles de récupération et de prescription sont des règles de droit — et se recalculent sur votre décompte. Ce guide n’est pas une consultation juridique.</p