Congé pour motif légitime et sérieux : il n’expulse personne, et le locataire peut l’annuler en se mettant en règle
Ce congé n’est pas une sanction : il empêche seulement le bail de se reconduire, six mois plus tard, et un locataire qui régularise avant l’assignation le fait tomber. Sur le dossier chiffré ici, l’arbitrage travaux se joue à 4 800 € contre 95 € par mois — soit un point mort à 51 mois.
UN NON-RENOUVELLEMENT, PAS UNE SANCTION
Le seul congé que le locataire peut annuler en réparant.
La troisième chambre civile a jugé qu’un locataire ayant régularisé sa situation avant l’assignation faisait tomber le motif, alors même que le manquement était réel au jour du congé. Mettre en demeure avant de notifier revient donc à fournir la parade.
- Huit obligations du locataire depuis le 15 juin 2025, une de plus qu’avant
- Six mois de préavis en location vide, trois mois en meublé
- Un jour de retard et le bail se reconduit pour 1 096 jours
- La protection des plus de soixante-cinq ans couvre aussi ce congé
PRÉAVIS EN LOCATION VIDE
6 mois
DURÉE DU PRÉAVIS
184 jours
COÛT D’UNE DATE MANQUÉE
1 096 jours
DEVIS DE REMISE EN ÉTAT
4 800 €
MANQUE À GAGNER ANNUEL
1 140 €
POINT MORT DE L’ARBITRAGE
51 mois
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le congé pour motif légitime et sérieux n’expulse pas. C’est un refus de reconduction : il ne produit effet qu’au terme du bail, avec six mois de préavis en location nue. Le texte l’énonce à côté des deux autres motifs — le congé « doit être justifié soit par sa décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux »1.
Le motif se rattache aux obligations du locataire, qui sont limitativement énumérées. L’article 7 en compte huit depuis le 15 juin 2025, date à laquelle une lettre h) a été ajoutée2. Hors de cette liste et des cas voisins, un juge écarte le motif.
C’est le seul congé qu’un locataire peut désamorcer. La troisième chambre civile a jugé qu’un locataire ayant régularisé sa situation avant l’assignation faisait tomber le motif, alors même que le manquement était réel au jour du congé6. Mettre en demeure avant de donner congé revient donc à fournir la parade.
Les pages qui listent des exemples de motifs acceptés ne disent presque jamais ces trois choses. Elles décrivent un outil de sanction ; c’est un outil de non-renouvellement. La différence se mesure en mois, et elle se chiffre.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Pascale, 52 ans, orthophoniste à Besançon. Elle loue un T3 de 58 m² 640 € hors charges, sous un bail nu signé le 1er octobre 2023 pour trois ans, à terme le 30 septembre 2026. En février 2026, elle découvre que son locataire a abattu la cloison entre la cuisine et le séjour, posé un parquet flottant sur le carrelage et percé la toiture pour un conduit de poêle — un percement qui touche une partie commune et que le syndic a signalé avant elle. Exemple construit à partir des textes et de la décision cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.
Qu’est-ce qu’un motif légitime et sérieux ?
La loi ne le définit pas. Elle donne un exemple, et cet exemple sert de boussole : le motif tient « notamment » à « l’inexécution par le locataire de l’une des obligations lui incombant »1. Le mot « notamment » ouvre la porte à d’autres hypothèses, mais la voie sûre passe par la liste des obligations.
Cette liste vient de s’allonger. Depuis le 15 juin 2025, l’article 7 compte huit lettres au lieu de sept : la loi du 13 juin 2025 y a ajouté l’obligation d’occuper le logement à titre de résidence principale lorsque le contrat l’impose2. Un bailleur qui invoque un motif tiré de cette lettre h) sur un congé de 2026 s’appuie sur un texte de quatorze mois.
Huit obligations, et deux seulement qui ouvrent aussi la résiliation de plein droit
| Obligation du locataire | Congé au terme | Clause de résiliation de plein droit |
|---|---|---|
| a — payer le loyer et les charges aux termes convenus | possible | admise par la loi |
| b — user paisiblement des locaux loués | possible | admise si une décision de justice définitive constate les troubles |
| c — répondre des dégradations survenues pendant la location | possible | non |
| d — assurer l’entretien courant et les réparations locatives | possible | non |
| e — permettre l’accès aux lieux loués pour les travaux | possible | non |
| f — ne pas transformer les locaux sans l’accord écrit du bailleur | possible | non |
| g — s’assurer contre les risques locatifs | possible | admise par la loi |
| h — occuper le logement à titre de résidence principale | possible | admise depuis le 21 novembre 2024 |
La troisième colonne ne parle pas du même texte que les deux autres, et la nuance a son importance : elle recense les cas où l’article 4 admet une clause de résiliation de plein droit, liste complétée le 21 novembre 2024, tandis que la lettre h) de l’article 7 date, elle, du 15 juin 2025. Cette colonne explique aussi pourquoi tant de baux contiennent une clause inutile.
Le g) de l’article 4 répute non écrite toute clause de résiliation de plein droit stipulée hors des cas que la loi admet : le défaut de paiement, le défaut d’assurance, les troubles de voisinage constatés par une décision de justice devenue définitive — que notre guide sur les troubles de voisinage côté bailleur détaille —, et depuis la loi du 19 novembre 2024, la non-occupation à titre de résidence principale3. Notre guide sur les clauses réputées non écrites détaille les vingt cas de l’article 4.
Le manquement de Pascale relève du f. Aucune clause du bail ne peut donc lui ouvrir une résiliation automatique. Il lui reste deux chemins, et la suite du guide les compare. Le troisième motif, la reprise, obéit à des règles entièrement différentes que détaille notre guide sur le congé pour reprise.
Il n’expulse personne, il empêche seulement la reconduction
C’est la confusion la plus coûteuse du sujet, et elle est facile à défaire.
Un bail de location nue conclu par un bailleur particulier dure au moins trois ans, et à défaut de congé donné dans les formes, il se reconduit tacitement pour trois ans4. Le congé n’est rien d’autre que l’acte qui empêche cette reconduction. Il ne raccourcit pas le bail en cours. Il ne prend pas effet à la date du manquement, ni à celle de la lettre, ni à celle où le locataire cesse de répondre au téléphone : il prend effet au terme, et à lui seul.
Deux conséquences suivent, et elles vont dans des sens opposés. La première est désagréable : entre la découverte du manquement et le départ, il peut s’écouler des mois pendant lesquels vous n’avez aucun moyen d’agir sur le fondement du congé. La seconde est plus rassurante qu’il n’y paraît : pendant tout ce temps, le loyer continue de courir. Six mois à 640 € font 3 840 €, soit 80,00 % du devis de remise en état que Pascale envisage. Mais lisez ce montant comme un plafond, pas comme un acquis : lorsque le congé émane du bailleur, « le locataire n’est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a occupé réellement les lieux »1. Un locataire qui part au bout de six semaines ne doit que six semaines, et le logement est libre d’autant plus tôt.
Le point de vigilance. Le congé ne vaut pas titre d’expulsion. Si le locataire reste après le terme, il devient occupant sans droit ni titre et il faut une décision de justice pour le faire partir, avec les délais que notre guide sur les loyers impayés chiffre à quinze mois du premier incident à la reprise du logement.
Quand notifier, et que coûte une date manquée ?
Six mois avant le terme en location nue. Trois mois en meublé10. Ces délais ne se négocient pas et ne se rattrapent pas.
Sur le bail de Pascale, le terme tombe le 30 septembre 2026. Le congé doit donc être reçu au plus tard le 30 mars 2026, ce qui laisse 184 jours de préavis. Un jour de retard, un seul, et le bail se reconduit pour trois ans : le prochain terme devient le 30 septembre 2029, soit 1 096 jours de plus à porter.
La forme compte autant que la date. Le congé « doit être notifié par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, signifié par acte d’un commissaire de justice ou remis en main propre »1. Ces trois voies ne se valent pas en pratique : la lettre recommandée court le risque d’un avis non réclamé, l’acte de commissaire de justice coûte davantage mais date la réception de façon incontestable. Sur un dossier où le motif sera discuté, la seconde s’impose. Un agent immobilier ou un gestionnaire locatif peut préparer l’acte, mais c’est le bailleur qui reste responsable de la date. Notre guide sur la lettre de résiliation côté bailleur détaille le point de départ exact du délai.
Une précision qui fait gagner du temps : la notice d’information annexée au congé n’est obligatoire que pour les congés fondés sur la reprise ou la vente11. Un congé pour motif légitime et sérieux n’en comporte pas. En revanche, il doit énoncer le motif, faute de quoi le juge ne peut rien contrôler.
Remettre en état ou conserver la transformation ?
Le f) de l’article 7 donne au bailleur un choix que peu connaissent, et ce choix se chiffre. Le bailleur peut « exiger du locataire, à son départ, la remise immédiate des lieux en l’état », ou « conserver à son bénéfice les transformations effectuées sans que le locataire puisse réclamer une indemnisation des frais engagés »2.
Conserver ne coûte rien. C’est exactement ce qui rend l’option trompeuse.
Les trois lignes du devis ci-dessous viennent d’un artisan tous corps d’état consulté sur place, et chacune se décide séparément. Une réserve pèse toutefois sur la troisième : le percement traverse une partie commune, et si l’assemblée générale refuse de ratifier l’ouvrage, la remise en état s’impose de l’extérieur — le choix de l’article 7 ne survit pas à une décision de copropriété.
Conserver ne coûte rien le premier jour et 1 140 € par an ensuite
| Poste | Remettre en état | Conserver |
|---|---|---|
| Reconstruction de la cloison | 2 900 € | 0 € |
| Reprise de la couverture | 1 500 € | 0 € |
| Dépose du parquet flottant | 400 € | 0 € |
| Dépense immédiate | 4 800 € | 0 € |
| Dépôt de garantie imputé | − 640 € | 0 € |
| Avance nette à porter | 4 160 € | 0 € |
| Loyer relouable ensuite | 640 € | 545 € |
| Manque à gagner annuel | 0 € | 1 140 € |
La cloison abattue a fait d’un T3 un T2. Dans le secteur de Pascale, un T2 comparable se loue 545 € — un ordre de grandeur relevé sur les annonces du quartier, pas un barème —, soit 95 € de moins par mois et 1 140 € par an. Le point mort est donc de 4 800 divisé par 95, soit 50,53 mois — 51 mois, ou 4,21 ans. Au-delà de cette durée de détention, remettre en état est la meilleure décision même si Pascale paie tout de sa poche.
Le dépôt de garantie n’est pas le levier qu’on imagine. Plafonné à un mois de loyer en principal5, il couvre 640 € sur 4 800, soit 13,33 % du devis. Les 4 160 € restants se réclament au locataire, et se recouvrent devant un juge si celui-ci refuse. Attention au calendrier de la restitution : deux mois au maximum à compter de la remise des clés, ramenés à un mois lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée5. Le devis doit donc être en main avant l’état des lieux, pas après.
Et disons ce qui ne nous arrange pas : sur un écart de 95 € par mois, beaucoup de bailleurs auront raison de ne rien faire. Si Pascale envisage de vendre dans deux ans, la remise en état lui coûte 4 800 € pour récupérer 2 280 € de loyer supplémentaire. Le calcul ci-dessus ne raisonne que sur le loyer ; à la revente, un T3 et un T2 ne se négocient pas au même prix, et cet écart-là peut renverser la conclusion à lui seul. Le bon calcul dépend de sa durée de détention et de sa date de sortie, pas de son agacement — et un professionnel qui vous pousse au chantier sans poser cette question ne vous rend pas service.
Le seul congé qu’un locataire peut annuler en se mettant en règle
Voici le point que la jurisprudence a tranché et que les modèles de lettres ignorent.
Une société civile immobilière loue un appartement à un couple, avec une clause autorisant l’époux, médecin généraliste, à utiliser une ou deux pièces pour sa profession. Faute d’autorisation administrative, la bailleresse délivre un congé pour motif légitime et sérieux le 29 décembre 2010. Le locataire obtient son autorisation le 12 avril 2011, avant l’assignation. La cour d’appel retient qu’il « justifiait avoir répondu à l’injonction de son bailleur et avoir régularisé sa situation lors de l’assignation », et que le motif ne tient donc plus ; la Cour de cassation rejette le pourvoi6.
Le manquement était pourtant réel au jour du congé. Il n’a pas suffi. Le juge apprécie le motif à la lumière de ce qui s’est passé ensuite, et un locataire qui répare emporte la décision.
La conséquence pratique renverse un réflexe très répandu. Mettre le locataire en demeure de remettre les lieux en l’état, puis lui donner congé, c’est lui fournir le mode d’emploi de sa défense : il rebâtit la cloison, rebouche la toiture, et le congé tombe. Pascale doit donc décider ce qu’elle veut vraiment. Un logement remis à neuf gratuitement, ou son logement libre. Les deux ne vont pas ensemble.
Le point de vigilance. Si l’objectif est le départ, ne mettez pas en demeure de régulariser : constatez, notifiez le congé, et laissez le juge apprécier. Si l’objectif est la remise en état, la mise en demeure est au contraire l’outil, et le congé devient superflu — 4 800 € de travaux exécutés par le locataire valent mieux qu’un procès gagné.
Un locataire de plus de soixante-cinq ans peut-il le recevoir ?
Non, et c’est la surprise la plus coûteuse du sujet.
Le texte est explicite sur son champ : « Le bailleur ne peut s’opposer au renouvellement du contrat en donnant congé dans les conditions définies au paragraphe I ci-dessus à l’égard de tout locataire âgé de plus de soixante-cinq ans »1, sous condition de ressources, sans qu’un logement correspondant à ses besoins et à ses possibilités lui soit offert. Le renvoi vise les conditions définies au paragraphe I, c’est-à-dire les trois motifs sans distinction. Le motif légitime et sérieux en fait partie.
Beaucoup de bailleurs croient cette protection réservée au congé pour reprise, parce que c’est là qu’on en parle. Elle couvre aussi le congé fondé sur un manquement. Un locataire de soixante-huit ans qui a abattu une cloison reste dans les lieux, sauf offre de relogement.
Deux conditions et une contre-exception encadrent la règle, et il faut les vérifier dans cet ordre. L’âge d’abord, plus de soixante-cinq ans. Les ressources ensuite, sous un plafond fixé par voie réglementaire. La contre-exception enfin : le bailleur personne physique qui remplit lui-même ces conditions d’âge ou de ressources échappe à l’obligation de relogement1. Un bailleur de soixante-dix ans n’est donc pas bloqué par un locataire du même âge.
Une seconde limite frappe les bailleurs constitués en société. La dispense réservée au bailleur qui remplit lui-même les conditions d’âge et de ressources ne se transmet pas : la troisième chambre civile a jugé qu’une bailleresse personne morale « ne pouvait se prévaloir au profit de l’un de ses associés de la dispense d’offre de relogement réservée par l’article 15-III »7. Une société civile immobilière ne peut donc pas emprunter l’âge de son associé.
La résiliation judiciaire ne connaît ni terme ni préavis
Quand le congé est fermé, il reste le juge.
La résolution d’un contrat « résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice »8. La troisième branche est la résiliation judiciaire : elle ne dépend d’aucun terme, d’aucun préavis, et d’aucune clause du bail.
Le congé attend le terme, la résiliation judiciaire attend le juge
| Congé pour motif légitime et sérieux | Résiliation judiciaire | |
|---|---|---|
| Fondement | article 15, I de la loi de 1989 | article 1224 du code civil |
| Date d’effet | le terme du bail, jamais avant | celle que fixe le juge |
| Préavis | 6 mois en nu, 3 mois en meublé | aucun |
| Protection du locataire âgé | applicable | hors du champ du III |
| Effet d’une régularisation | le motif tombe | le juge apprécie la gravité |
| Ce qu’il faut démontrer | un motif légitime et sérieux | une inexécution suffisamment grave |
Lisez la quatrième ligne. La protection du III vise les congés donnés « dans les conditions définies au paragraphe I » ; une résiliation judiciaire n’est pas un congé, et elle ne relève pas de ce paragraphe. Face à un locataire protégé par l’âge, la voie judiciaire est donc la seule ouverte — l’inverse exact de ce que suggère l’intuition, qui range le procès du côté des solutions lourdes et le congé du côté des solutions simples.
Le prix de cette voie est la démonstration. « Suffisamment grave » est un seuil plus haut que « légitime et sérieux », et un juge qui refuse de résilier peut se borner à ordonner l’exécution ou à allouer des dommages et intérêts. Sur une cloison abattue, ce n’est pas acquis. Pour les manquements que la loi traite à part — impayé, défaut d’assurance —, la clause de résiliation de plein droit reste plus rapide : six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux9.
Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte
La date de notification manquée d’un jour. Le bail se reconduit pour trois ans4, soit 1 096 jours pendant lesquels Pascale porte une avance de 4 160 € si elle a fait les travaux, ou un manque à gagner de 1 140 € par an si elle a conservé la transformation. Posez l’alerte à sept mois du terme, pas à six.
La mise en demeure envoyée avant le congé. Elle donne au locataire la carte de sa défense. Il régularise, le motif tombe, et Pascale se retrouve avec 4 800 € de travaux exécutés gratuitement mais un bail reconduit. Ce n’est un échec que si son objectif était le départ.
La clause du bail invoquée à tort. Beaucoup de baux stipulent une résiliation de plein droit pour transformation non autorisée. Cette clause est réputée non écrite3, et le bailleur qui l’invoque perd son audience et son temps. Les 4 800 € restent à sa charge et le locataire reste en place.
Le locataire protégé découvert après coup. L’âge et les ressources ne figurent pas au bail : ils se vérifient avant de notifier. Un congé délivré à un locataire protégé sans offre de relogement est privé d’effet, et le bail repart pour 1 096 jours — pendant lesquels l’écart de loyer de 1 140 € par an continue de courir, soit 3 420 € sur les trois ans. Demandez l’avis d’imposition au moment de la révision annuelle, pas au moment du congé.
Comment monter un congé qui tienne devant le juge ?
- Datez le terme et remontez de six mois. Trois mois en meublé. Inscrivez la date limite dans votre agenda dès la signature du bail, pas le jour où vous découvrez le problème.
- Rattachez le manquement à une lettre de l’article 7. Si vous n’y arrivez pas, le motif est fragile et la voie judiciaire est plus sûre.
- Constatez avant de notifier. Photographies datées, et constat de commissaire de justice quand le manquement est matériel. C’est l’état des lieux au jour du congé qui sera discuté.
- Décidez de votre objectif avant d’écrire. Le départ, ou la remise en état. Une mise en demeure sert le second et détruit le premier.
- Vérifiez l’âge et les ressources du locataire. Au-delà de soixante-cinq ans et sous le plafond de ressources, le congé est fermé sans offre de relogement.
- Notifiez par acte de commissaire de justice si le motif risque d’être discuté, et énoncez le motif dans le corps de l’acte. Pas de notice d’information à joindre.
- Chiffrez l’arbitrage travaux avant le départ. Devis ventilé, écart de loyer, point mort. Sur le dossier de Pascale, 4 800 € contre 95 € par mois donnent 51 mois.
Un mot pour finir sur ce que ce congé ne fait pas. Il ne répare rien, il n’accélère rien, et il ne sanctionne rien : il refuse un renouvellement, et c’est tout. Le bailleur qui cherche une sanction se trompe d’outil et perdra six mois à s’en apercevoir. Celui qui cherche à ne pas reconduire un bail devenu difficile tient là exactement ce qu’il lui faut, à condition de tenir sa date et de savoir ce qu’il veut au bout.
Conserver la transformation ne coûte rien le premier jour.
Une cloison abattue transforme un T3 en T2, et l’écart de loyer court indéfiniment. Le point mort tombe à 51 mois : au-delà de cette durée de détention, la remise en état est la meilleure décision même sans participation du locataire. En dessous, l’inverse.
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- Pourquoi le calendrier de restitution du dépôt commande celui du devis
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Questions fréquentes
Huit réponses directes sur la mention du motif, les retards de paiement, le contrôle du juge, l’amende du congé frauduleux, le loyer du préavis, le congé en cours de bail, la location meublée et le refus d’accès aux travaux.
Un bail qui arrive à terme et un locataire difficile ?
Apportez le bail, sa date de signature et les éléments matériels du manquement. La date limite, le motif à retenir et la voie à choisir se déterminent en un quart d’heure.
Faire le point sur un projet01 · La forme
01Faut-il écrire le motif dans le congé lui-même ?
Oui, et c’est la première cause d’annulation. Un congé qui se borne à annoncer la fin du bail ne permet à personne de vérifier quoi que ce soit : ni au locataire de se défendre, ni au juge d’apprécier. Énoncez le manquement en toutes lettres, avec ses dates et ses éléments matériels, dans le corps de l’acte ou de la lettre. En location meublée, le texte l’exige expressément : le congé doit indiquer le motif allégué. La règle est la même en location vide, par l’effet du contrôle judiciaire.02Un retard de paiement répété mais toujours soldé est-il un motif légitime et sérieux ?
C’est un manquement, puisque le locataire doit payer le loyer et les charges aux termes convenus. Mais deux réserves comptent. Un locataire à jour au moment de l’assignation bénéficie du raisonnement suivi par la troisième chambre civile en 2016, qui écarte le motif dès lors que la situation est régularisée avec diligence. Et un impayé soldé n’ouvre jamais la clause de résiliation de plein droit, faute de commandement de payer resté infructueux. Documentez chaque retard par écrit, mois par mois.
02 · Le contrôle du juge
03Le juge vérifie-t-il le motif de sa propre initiative ?
Seulement s’il y a un litige. Le texte prévoit qu’« en cas de contestation, le juge peut, même d’office, vérifier la réalité du motif du congé et le respect des obligations prévues au présent article ». Deux enseignements : rien ne se déclenche tant que le locataire ne conteste pas, et dès qu’il conteste, le juge n’est pas tenu par les seuls arguments soulevés. Un motif faible qui aurait pu passer inaperçu devient alors examinable dans son entier.04Ce congé expose-t-il à l’amende du congé frauduleux ?
Non. L’amende de 6 000 € pour une personne physique et de 30 000 € pour une personne morale vise le congé frauduleusement justifié par la décision de reprendre ou de vendre le logement. Le motif légitime et sérieux n’entre pas dans ce champ. La sanction d’un congé mal fondé est ailleurs, et elle est déjà lourde : le congé est privé d’effet, le bail se reconduit pour trois ans, et le bailleur repart pour un cycle complet.
03 · Les délais
05Le locataire doit-il payer le loyer pendant les six mois de préavis ?
Seulement pour le temps où il occupe réellement les lieux. Le texte est explicite lorsque le congé émane du bailleur : « le locataire n’est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a occupé réellement les lieux ». Un locataire qui part au bout de six semaines ne doit que six semaines. Le bailleur ne peut donc pas compter sur six mois pleins de loyer : il peut compter sur six mois au maximum, et sur le droit de relouer dès le départ effectif.06Peut-on donner ce congé en cours de bail ?
Non, jamais. Le congé du bailleur ne fait qu’empêcher la reconduction : il se date par rapport au terme, avec six mois de préavis en location vide et trois mois en meublé. Aucun manquement, si grave soit-il, ne permet de le faire produire effet plus tôt. Pour mettre fin à un bail en cours, il faut soit une clause de résiliation de plein droit lorsque la loi l’admet, soit une décision de justice fondée sur une inexécution suffisamment grave.
04 · Les cas
07En location meublée, la règle est-elle la même ?
Le mécanisme est identique, les délais et les mots changent. Le préavis du bailleur tombe à trois mois. Le congé doit indiquer le motif allégué, et le juge peut le déclarer non valable si la non-reconduction ne lui paraît pas justifiée par des éléments sérieux et légitimes. La protection du locataire de plus de soixante-cinq ans sous condition de ressources existe aussi, tout comme l’amende de 6 000 € et 30 000 € réservée aux congés frauduleux de reprise ou de vente.08Que faire si le locataire refuse l’accès pour des travaux ?
Le refus est un manquement caractérisé : permettre l’accès aux lieux loués pour la préparation et l’exécution des travaux figure parmi les obligations du locataire, y compris pour les travaux d’amélioration de la performance énergétique. Aucune clause de résiliation de plein droit n’est admise pour ce cas, ce qui laisse deux voies : le congé au terme, ou la saisine du juge pour obtenir l’accès sous astreinte. La seconde est la seule qui débloque un chantier en cours.
Un congé se prépare six mois avant, pas six semaines.
Hagnéré Investissement accompagne des investisseurs et perçoit des honoraires publics. Ce guide s’utilise sans nous : les textes cités sont publics, les deux décisions sont consultables en ligne, et l’arbitrage travaux tient sur une feuille de calcul.
Sources et date de contrôle
Onze sources publiques, chacune ouverte à sa page et datée du 27 août 2026.
- Source 01
Article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — le congé délivré par le bailleur — Légifrance. I : le congé « doit être justifié soit par sa décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux, notamment l’inexécution par le locataire de l’une des obligations lui incombant » ; préavis de six mois ; « Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, signifié par acte d’un commissaire de justice ou remis en main propre » ; « En cas de contestation, le juge peut, même d’office, vérifier la réalité du motif du congé et le respect des obligations prévues au présent article » ; « Pendant le délai de préavis, le locataire n’est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a occupé réellement les lieux si le congé a été notifié par le bailleur ». III : « Le bailleur ne peut s’opposer au renouvellement du contrat en donnant congé dans les conditions définies au paragraphe I ci-dessus à l’égard de tout locataire âgé de plus de soixante-cinq ans » sans offre de relogement. Amende de 6 000 € et 30 000 € pour le seul congé frauduleusement justifié par la reprise ou la vente. Version en vigueur depuis le 29 juillet 2023, modifiée par la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023.
- Source 02
Article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — les obligations du locataire — Légifrance. Huit obligations, de a à h : payer le loyer et les charges aux termes convenus ; user paisiblement des locaux loués ; répondre des dégradations ; prendre à sa charge l’entretien courant et les réparations locatives ; permettre l’accès aux lieux loués pour la préparation et l’exécution de travaux ; ne pas transformer les locaux sans l’accord écrit du bailleur, celui-ci pouvant « exiger du locataire, à son départ, la remise immédiate des lieux en l’état » ou « conserver à son bénéfice les transformations effectuées sans que le locataire puisse réclamer une indemnisation des frais engagés » ; s’assurer contre les risques locatifs ; occuper le logement à titre de résidence principale lorsque le contrat l’impose. Version en vigueur depuis le 15 juin 2025, modifiée par la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025.
- Source 03
Article 4 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — clauses réputées non écrites — Légifrance. g) — la clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat est réputée non écrite hors des cas admis par la loi : défaut de paiement du loyer, des charges ou du dépôt de garantie, défaut d’assurance des risques locatifs, troubles de voisinage constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée, et non-occupation du logement à titre de résidence principale. Version en vigueur depuis le 21 novembre 2024, modifiée par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024.
- Source 04
Article 10 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — durée du contrat et reconduction tacite — Légifrance. Durée « au moins égale à trois ans » pour un bailleur personne physique ; à défaut de congé donné dans les conditions de l’article 15, le contrat est reconduit tacitement et « la durée du contrat reconduit est de trois ans ». Version en vigueur depuis le 27 mars 2014.
- Source 05
Article 22 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — dépôt de garantie — Légifrance. En location vide, le dépôt de garantie « ne peut être supérieur à un mois de loyer en principal » ; restitution dans un délai maximal de deux mois, ramené à un mois lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée. Version en vigueur depuis le 27 mars 2014.
- Source 06
Cour de cassation, 3e chambre civile, 25 février 2016, pourvoi n° 14-28.945, inédit — Légifrance. Rejet du pourvoi. Bail d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989, avec clause autorisant l’usage professionnel d’une ou deux pièces par un médecin généraliste. Congé pour motif légitime et sérieux délivré le 29 décembre 2010 ; autorisation administrative obtenue le 12 avril 2011. La cour d’appel retient que le locataire « justifiait avoir répondu à l’injonction de son bailleur et avoir régularisé sa situation lors de l’assignation », ce qui prive le motif de caractère légitime et sérieux.
- Source 07
Cour de cassation, 3e chambre civile, 7 juillet 2016, pourvoi n° 14-29.148, publié au bulletin — Légifrance. Rejet du pourvoi. « une bailleresse, personne morale, ne pouvait se prévaloir au profit de l’un de ses associés de la dispense d’offre de relogement réservée par l’article 15-III » : la dispense d’âge et de ressources est propre au bailleur personne physique.
- Source 08
Article 1224 du code civil — les trois voies de la résolution — Légifrance. « La résolution résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice. » Version en vigueur depuis le 1er octobre 2016.
- Source 09
Article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — clause de résiliation de plein droit et commandement de payer — Légifrance. La clause prévoyant la résiliation de plein droit pour défaut de paiement ne produit effet que « six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux ». Version en vigueur depuis le 29 juillet 2023.
- Source 10
Article 25-8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — le congé en logement meublé — Légifrance. Préavis de trois mois pour le bailleur qui ne renouvelle pas ; le congé doit indiquer le motif allégué ; le juge peut déclarer le congé non valable si la non-reconduction ne paraît pas justifiée par « des éléments sérieux et légitimes » ; protection du locataire de plus de soixante-cinq ans sous condition de ressources ; amende de 6 000 € et 30 000 € pour le congé frauduleusement justifié par la reprise ou la vente. Version en vigueur depuis le 29 juillet 2023.
- Source 11
Arrêté du 13 décembre 2017 — la notice d’information jointe au congé — Légifrance. Article 1er : « Le contenu de la notice d’information, jointe au congé délivré par le bailleur en raison de sa décision de reprendre ou de vendre le logement, est précisé en annexe du présent arrêté. » L’obligation ne vise donc que ces deux congés.
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