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Guide de décisionVérifié le 27 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Quand un propriétaire ne peut plus signer : ce qui se bloque sur un immeuble détenu à plusieurs, et les deux outils qui le débloquent

« Une altération, médicalement constatée soit de ses facultés mentales, soit de ses facultés corporelles de nature à empêcher » l’expression de la volonté suffit à bloquer une vente, un congé et un bail. Le code offre deux réponses : l’une se demande au juge après, l’autre se signe avant.

QUATRE FORMULATIONS MESURÉES, QUATRE ZÉROS

L’immeuble continue de produire des loyers. Plus personne ne peut signer.

La vente, le congé, le nouveau bail, le devis de travaux : tout ce qui suppose une signature s’arrête. L’habilitation familiale se demande au juge ; le mandat de protection future se signe avant, et lui seul se choisit.

  • Une altération corporelle suffit, les facultés mentales ne sont pas exigées
  • L’habilitation générale est bornée à dix ans, renouvelable jusqu’à vingt
  • La personne habilitée exerce sa mission à titre gratuit
  • Et toute donation exige l’autorisation expresse du juge

DURÉE MAXIMALE, HABILITATION GÉNÉRALE

10 ans

PLAFOND DU RENOUVELLEMENT ALLONGÉ

20 ans

PRIX PROPOSÉ PAR L’ACQUÉREUR

395 000 €

PRIX OBTENU SIX MOIS PLUS TARD

372 000 €

ÉCART DÛ AU SEUL DÉLAI

23 000 €

VACANCE DU LOT NON RELOUÉ

4 480 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. L’habilitation familiale se demande au juge, après. Il peut habiliter, parmi les proches de la personne à protéger, « une ou plusieurs personnes choisies parmi ses ascendants ou descendants, frères et sœurs ou le conjoint, le partenaire »1, lorsqu’une altération médicalement constatée empêche l’expression de la volonté.

Elle est bornée dans le temps. « En cas d’habilitation générale, le juge fixe une durée au dispositif sans que celle-ci puisse excéder dix ans »3, renouvelable, et jusqu’à vingt ans dans certains cas.

Le mandat de protection future se signe avant. « Toute personne majeure ou mineure émancipée ne faisant pas l’objet d’une mesure de tutelle ou d’une habilitation familiale peut charger une ou plusieurs personnes de la représenter »5.

Le corpus traite la détention à plusieurs sous plusieurs angles — sortir d’une indivision, acheter à deux sans être mariés, le démembrement. Il ne disait rien du jour où l’un des propriétaires ne peut plus consentir.

Ce qui se bloque quand un propriétaire ne peut plus consentir

Tout ce qui suppose une signature. Un immeuble détenu à plusieurs se gère par des actes, et chaque acte demande le consentement de celui qui en est propriétaire pour sa part. Lorsque ce consentement ne peut plus être exprimé, la liste de ce qui s’arrête est longue et elle surprend.

La vente s’arrête, évidemment. Mais aussi le congé donné à un locataire, la signature d’un nouveau bail, l’acceptation d’un devis de travaux qui excède la gestion courante, la mainlevée d’une hypothèque, la renonciation à une clause. Un patrimoine locatif continue de produire des loyers, mais il cesse d’être pilotable.

Le code ne laisse pas cette situation sans solution : il en offre deux, et la différence entre elles tient à leur moment. L’une s’anticipe, du vivant et de la lucidité de la personne. L’autre se demande au juge, une fois l’altération constatée. Choisir l’une n’est possible qu’avant ; l’autre reste ouverte après.

Qu’est-ce que l’habilitation familiale ?

Une autorisation judiciaire donnée à un proche pour représenter la personne, ou l’assister, ou accomplir certains actes en son nom. L’article 494-1 du code civil la réserve à un cercle fermé : « une ou plusieurs personnes choisies parmi ses ascendants ou descendants, frères et sœurs ou le conjoint, le partenaire »1 lié par un pacte civil de solidarité, ou le concubin.

La condition tient à l’état de la personne à protéger : il faut « une altération, médicalement constatée soit de ses facultés mentales, soit de ses facultés corporelles de nature à empêcher »1 l’expression de sa volonté. Une altération purement corporelle suffit donc : il n’est pas nécessaire que les facultés mentales soient en cause.

La demande se présente au juge, et l’article 494-3 élargit le cercle de ceux qui peuvent la former. Elle « peut être présentée au juge par la personne qu’il y a lieu de protéger »2 elle-même, ou par l’un des proches énumérés. Elle « est introduite, instruite et jugée conformément aux règles du code de procédure civile »2.

Qui peut être habilité, et à quelles conditions ?

Un proche du cercle énuméré, à deux conditions que le texte pose ensemble : « La personne habilitée doit remplir les conditions pour exercer les charges tutélaires. Elle exerce sa mission à titre gratuit »1.

La gratuité mérite d’être soulignée dans un contexte patrimonial. Celui qui gérera l’immeuble, relouera les lots, suivra les travaux et préparera la vente ne perçoit rien pour cela. Ce n’est pas une objection au dispositif : c’est un élément à peser quand plusieurs proches pourraient être désignés, et que l’un d’eux devra y consacrer du temps.

La désignation n’est pas nécessairement unique. Le texte parle de « une ou plusieurs personnes »1, ce qui permet de répartir la charge entre plusieurs enfants, ou de confier à l’un la gestion courante et à l’autre les décisions patrimoniales.

Générale ou spéciale : que change l’étendue ?

Tout, y compris la durée. Le juge peut se limiter à un acte précis, ou couvrir l’ensemble : « Si l’intérêt de la personne à protéger l’implique, le juge peut délivrer une habilitation générale portant sur l’ensemble des actes »3.

Pour un patrimoine locatif, la distinction est décisive. Une habilitation limitée à la vente d’un immeuble règle la vente et rien d’autre : le bail à renouveler l’année suivante exigera une nouvelle demande. Une habilitation générale couvre la gestion, les baux, les congés et les arbitrages qui viendront, mais elle est plus lourde à obtenir et bornée dans le temps.

Le choix se fait donc sur un horizon, pas sur un acte. Un immeuble de rapport se gère sur des années ; un appartement qu’on vend une fois pour financer un hébergement se règle en une opération. Un notaire consulté au moment de la demande saura dire lequel des deux profils correspond au patrimoine en cause, et un gestionnaire qui suit l’immeuble dira ce que la gestion courante exigera de signatures dans les trois ans.

Une précision utile sur ce que « représenter » veut dire ici. La personne habilitée agit au nom de la personne protégée : c’est cette dernière qui reste propriétaire, c’est son patrimoine qui est engagé, et c’est dans son intérêt que la décision doit être prise. Un enfant habilité qui vendrait l’immeuble à un prix de complaisance, fût-ce à un autre membre de la famille, n’agirait pas dans cet intérêt — et l’acte s’en trouverait fragilisé, indépendamment de toute intention de nuire.

Combien de temps la mesure dure-t-elle ?

Dix ans au plus pour l’habilitation générale, et le texte est net : « En cas d’habilitation générale, le juge fixe une durée au dispositif sans que celle-ci puisse excéder dix ans »3.

Le renouvellement est prévu, et il peut être plus long : « Le renouvellement peut être prononcé pour la même durée ; toutefois, […] le juge peut […] renouveler le dispositif pour une durée plus longue qu’il détermine, n’excédant pas vingt ans »3. Entre le plafond initial et le plafond du renouvellement allongé, il y a donc 10 ans d’écart.

Ce que dure une habilitation, selon ce qu’elle couvre

Combien de temps la mesure dure-t-elle ? — tableau 1
Habilitation générale, première décision10 ans au plusarticle 494-6
Renouvellement ordinairela même duréearticle 494-6
Renouvellement allongé20 ans au plusarticle 494-6
Habilitation portant sur des actes déterminésjusqu’à l’accomplissement de ces actesarticle 494-11

Cette dernière ligne appelle une vigilance de calendrier. Une habilitation délivrée pour vendre s’éteint quand la vente est faite, et le proche qui croyait pouvoir enchaîner sur un bail découvre qu’il n’a plus qualité pour signer.

Ce que la personne habilitée ne peut pas faire seule

Les libéralités. Le texte pose une réserve claire : « La personne habilitée ne peut accomplir en représentation un acte de disposition à titre gratuit qu’avec l’autorisation du juge des tutelles »3.

La portée patrimoniale est immédiate. Une donation de la nue-propriété d’un immeuble aux enfants, un abandon d’usufruit, une remise de dette entre membres d’une même famille : tous ces actes, quel que soit l’intérêt fiscal qu’on leur trouve, supposent une autorisation spécifique. Une habilitation générale ne suffit pas à les couvrir.

C’est le point où la logique patrimoniale et la logique protectrice s’opposent frontalement : ce qui optimise une transmission appauvrit la personne protégée, et c’est précisément ce que le texte soumet au contrôle du juge. Notre guide sur l’achat en nue-propriété décrit les montages dont il s’agit ; ce guide-ci dit à quelle condition ils restent accessibles.

Cette réserve éclaire d’ailleurs la logique d’ensemble du dispositif. L’habilitation est une mesure de protection, pas un outil de gestion patrimoniale : elle existe pour que la personne protégée puisse continuer à vivre de ses biens, pas pour que sa famille organise leur transmission dans de bonnes conditions fiscales. Les deux objectifs peuvent coïncider, et le texte n’intervient que là où ils divergent.

Le mandat de protection future, l’outil de celui qui anticipe

Le même besoin, à l’envers du calendrier. Le mandat de l’article 477 du code civil se signe quand tout va bien, pour le cas où tout irait mal : « Toute personne majeure ou mineure émancipée ne faisant pas l’objet d’une mesure de tutelle ou d’une habilitation familiale peut charger une ou plusieurs personnes de la représenter »5.

Deux différences de fond avec l’habilitation. Le mandant choisit lui-même son mandataire, quand l’habilitation est délivrée par un juge à un proche du cercle légal. Et le mandat existe avant l’altération, ce qui évite l’attente d’une décision au moment précis où le patrimoine a besoin d’être piloté.

Le texte prévoit aussi le cas des parents d’un enfant vulnérable : « Les parents ou le dernier vivant des père et mère peuvent désigner un ou plusieurs mandataires chargés de le représenter pour le cas où cet enfant ne pourrait plus pourvoir seul à ses intérêts »5.

Deux outils, deux moments

Le mandat de protection future, l’outil de celui qui anticipe — tableau 2
Quand il se met en placeaprès l’altération, sur décision du jugeavant, par la personne elle-même
Qui désignele juge des tutellesle mandant
Parmi quiun cercle familial énumérétoute personne choisie par le mandant
Durée10 ans au plus, renouvelablecelle que le mandat prévoit
Compatible avec l’autreexclut le mandat postérieurne peut être conclu sous habilitation

Quand l’habilitation prend-elle fin ?

Le texte énumère les causes, et elles ne se valent pas pour un patrimoine en cours de gestion. L’habilitation cesse par le « décès de la personne protégée », par son « placement sous sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle », par un « jugement de mainlevée », par l’« absence de renouvellement » et par l’« accomplissement des actes prévus »4.

Deux de ces causes se préparent, et deux surviennent. L’absence de renouvellement se prépare : c’est une date, elle s’inscrit dans un agenda, et le proche qui l’oublie perd sa qualité du jour au lendemain. L’accomplissement des actes prévus se prépare aussi, en demandant au juge une habilitation dont l’étendue couvre ce qui viendra après.

Le décès, lui, ouvre une succession, et l’immeuble entre alors dans une indivision successorale dont les règles n’ont rien à voir. Notre guide sur la sortie d’indivision décrit ce qui se joue ensuite, et celui sur le quasi-usufruit sur le prix de vente traite un démembrement dont la liquidation pose des questions voisines.

Le dossier de Léopoldine, poste par poste

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Léopoldine et sa mère détiennent ensemble un immeuble de rapport, la mère pour 60 % et la fille pour 40 %. L’immeuble produit 2 350 € de loyers par mois. Un acquéreur propose 395 000 €, et l’un des lots, loué 640 € par mois, arrive à échéance de bail.

Ce que la vente représente pour chacune

Le dossier de Léopoldine, poste par poste — tableau 3
Prix proposé par l’acquéreur395 000 €
Quote-part de la mère, 60 %237 000 €
Quote-part de Léopoldine, 40 %158 000 €
Prix obtenu six mois plus tard372 000 €
Écart entre les deux prix23 000 €

Les deux quotes-parts se recomposent à la lecture : 237 000 € et 158 000 € font les 395 000 € proposés. Et l’écart de la dernière ligne se lit lui aussi par soustraction : 395 000 € moins 372 000 € font 23 000 €, perdus non pas sur une négociation mais sur un délai.

S’y ajoute la vacance du lot dont le bail n’a pas pu être renouvelé : 640 € par mois pendant sept mois, soit 4 480 € de loyers non perçus. Là encore, rien de tout cela ne tient à la valeur du bien ni à la qualité du locataire : ce sont des mois pendant lesquels personne n’avait qualité pour signer.

Un dernier point de calendrier mérite d’être posé, parce qu’il commande tous les autres. Entre le moment où une famille constate qu’un proche ne peut plus signer et celui où une décision est rendue, il s’écoule un temps que personne ne maîtrise : il faut obtenir le constat médical, réunir les pièces, saisir le juge, laisser l’instruction se dérouler. Pendant ce temps, l’immeuble continue de produire des loyers, les baux continuent d’arriver à échéance et les acquéreurs continuent de faire des offres — mais plus personne n’a qualité pour y répondre. C’est cette asymétrie entre un patrimoine qui vit et une signature qui manque qui explique la totalité des incidents décrits ci-dessous.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Aucun des quatre ne porte sur la valeur du patrimoine. Dans les quatre, l’immeuble valait ce qu’il valait.

La vente qui attend une décision. L’acquéreur propose 395 000 €, la demande est déposée, l’instruction suit son cours. Six mois plus tard, le bien se vend 372 000 € à un autre : 23 000 € d’écart, dus au calendrier et à rien d’autre.

Le bail qu’on n’a pas pu renouveler. Le lot loué 640 € par mois se libère et personne n’a qualité pour signer un nouveau contrat. Sept mois de vacance plus tard, ce sont 4 480 € de loyers qui n’ont pas été encaissés, sur un immeuble qui en produisait 2 350 € chaque mois.

L’acte préparé pour rien. Un notaire rédige un projet de vente, un diagnostiqueur passe, la promesse est prête à signer — et l’habilitation obtenue ne couvre pas cet acte, parce qu’elle avait été demandée pour une opération antérieure aujourd’hui accomplie. Les 3 900 € de frais engagés le sont sur une signature impossible.

Les travaux repoussés d’une saison. Une réfection de toiture chiffrée à 26 000 € attend une signature que nul ne peut donner. Le devis se périme, l’entreprise décale, et le chantier repart au tarif de l’année suivante. Un artisan qui a réservé une équipe la réaffecte ailleurs.

Le point commun des quatre tient en une phrase : le patrimoine était sain, et c’est la qualité pour signer qui manquait.

Six gestes pour un patrimoine détenu à plusieurs

Quatre s’accomplissent avant, deux pendant.

  1. Posez la question tant que chacun peut encore y répondre. Un mandat de protection future se signe en pleine capacité et ne coûte rien tant qu’il ne sert pas. Il ne peut plus être conclu une fois l’habilitation ouverte.
  2. Choisissez l’étendue en fonction de l’horizon, pas de l’acte. Une habilitation limitée à la vente s’éteint avec elle ; un immeuble de rapport se gère sur des années.
  3. Inscrivez la date d’échéance dans un agenda. Dix ans au plus pour une habilitation générale, et l’absence de renouvellement en est une cause d’extinction.
  4. Traitez les projets de transmission à part. Un acte de disposition à titre gratuit exige l’autorisation du juge, quelle que soit l’étendue de l’habilitation.
  5. Anticipez les échéances de baux. Un congé, un renouvellement, une relocation supposent une signature. Notre guide sur vendre un bien loué montre ce que l’occupation change au moment de la cession.
  6. Documentez l’altération dès qu’elle est constatée. Le texte exige qu’elle soit médicalement constatée : c’est la pièce qui ouvre la procédure, et son obtention conditionne tout le calendrier.

Un mot enfin sur les professionnels que ce dossier mobilise, parce qu’ils n’interviennent pas dans l’ordre habituel. L’avocat vient en premier, puisque c’est lui qui saisit le juge. Le notaire vient ensuite, pour les actes que l’habilitation permettra. Et un accompagnement de la gestion peut s’avérer utile entre les deux, quand l’immeuble continue de produire des loyers et d’appeler des décisions que personne n’a encore qualité pour prendre.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne décrit ni la tutelle, ni la curatelle, ni la sauvegarde de justice, qui sont d’autres mesures avec d’autres régimes. Il ne dit pas comment se déroule concrètement l’instruction devant le juge, ni quels délais elle prend : les six mois du dossier de Léopoldine sont une hypothèse de calendrier, pas une durée d’instruction relevée. Il ne traite pas non plus la fiscalité des actes accomplis sous habilitation, ni le sort des mandats donnés antérieurement à un gestionnaire. Sur un dossier réel, le notaire de la famille et l’avocat qui saisit le juge sont les deux interlocuteurs, et le second se consulte avant le premier.

23 000 € PERDUS SUR UN DÉLAI

Le patrimoine était sain.

C’est la qualité pour signer qui manquait. Un acquéreur à 395 000 €, une décision qui met des mois, et un bien revendu 372 000 € — sans qu’aucune négociation n’ait échoué.

  • Pourquoi l’étendue de l’habilitation se choisit sur un horizon, pas sur un acte
  • Pourquoi une donation ne passe pas dans une habilitation générale
  • Ce que le mandat de protection future permet que l’habilitation ne permet plus
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur l’habilitation familiale, la condition médicale, la gratuité de la mission, l’étendue et la durée de la mesure, les actes qui exigent le juge, le mandat de protection future et les causes de fin.

Un immeuble détenu avec un parent âgé, ou en démembrement familial ?

La question à poser aujourd’hui n’est pas de savoir qui héritera, mais qui pourra signer si l’un des propriétaires ne le peut plus.

Faire le point sur un projet

01 · La mesure

  • 01Qu’est-ce que l’habilitation familiale ?
    Une autorisation donnée par le juge des tutelles à un proche pour représenter la personne, l’assister, ou accomplir certains actes en son nom. Le texte réserve cette habilitation à « une ou plusieurs personnes choisies parmi ses ascendants ou descendants, frères et sœurs ou le conjoint, le partenaire » lié par un pacte civil de solidarité, ou le concubin.
  • 02Quelle est la condition tenant à l’état de la personne ?
    Une altération constatée par un médecin. Le texte vise « une altération, médicalement constatée soit de ses facultés mentales, soit de ses facultés corporelles de nature à empêcher » l’expression de la volonté. Une altération purement corporelle suffit donc : il n’est pas nécessaire que les facultés mentales soient en cause.

02 · La personne

  • 03La personne habilitée est-elle rémunérée ?
    Non. Le texte pose deux conditions dans la même phrase : « La personne habilitée doit remplir les conditions pour exercer les charges tutélaires. Elle exerce sa mission à titre gratuit. » Sur un patrimoine locatif qui demande de la gestion, c’est un élément à peser lorsque plusieurs proches pourraient être désignés.
  • 04Quelle différence entre habilitation générale et habilitation limitée à certains actes ?
    L’étendue, et par conséquent la durée. « Si l’intérêt de la personne à protéger l’implique, le juge peut délivrer une habilitation générale portant sur l’ensemble des actes. » Une habilitation limitée à une vente s’éteint avec l’accomplissement de cet acte, quand une habilitation générale couvre la gestion à venir.

03 · La durée

  • 05Combien de temps l’habilitation dure-t-elle ?
    Dix ans au plus pour une habilitation générale : « le juge fixe une durée au dispositif sans que celle-ci puisse excéder dix ans ». Le renouvellement « peut être prononcé pour la même durée », et le juge peut, dans certains cas, « renouveler le dispositif pour une durée plus longue qu’il détermine, n’excédant pas vingt ans ».
  • 06La personne habilitée peut-elle faire une donation ?
    Pas seule. « La personne habilitée ne peut accomplir en représentation un acte de disposition à titre gratuit qu’avec l’autorisation du juge des tutelles. » Une donation de nue-propriété, un abandon d’usufruit ou une remise de dette familiale supposent donc une autorisation spécifique, qu’une habilitation générale ne remplace pas.

04 · Les alternatives

  • 07Qu’est-ce qui distingue le mandat de protection future ?
    Le moment et le choix. Le mandat se signe avant l’altération : « toute personne majeure ou mineure émancipée ne faisant pas l’objet d’une mesure de tutelle ou d’une habilitation familiale peut charger une ou plusieurs personnes de la représenter ». Le mandant désigne lui-même son mandataire, quand l’habilitation est délivrée par un juge à un proche du cercle légal.
  • 08Quand l’habilitation prend-elle fin ?
    Par le « décès de la personne protégée », son « placement sous sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle », un « jugement de mainlevée », l’« absence de renouvellement » à l’expiration du délai, ou l’« accomplissement des actes prévus ». Les deux dernières causes se préparent : une échéance s’inscrit dans un agenda, et une habilitation trop étroite s’épuise avec l’acte pour lequel elle a été demandée.

On prépare la transmission d’un patrimoine. On ne prépare pas l’année où il se fige.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Nous exposons les textes ; sur une mesure de protection, l’interlocuteur utile est l’avocat, puis le notaire.

Cinq articles du code civil lus mot à mot dans leur version en vigueurLes six mois du dossier sont une hypothèse de calendrier, pas une durée relevéeLe guide ne décrit ni la tutelle, ni la curatelle, ni la sauvegarde de justice

Sources et date de contrôle

Cinq articles du code civil lus en verbatim, dans leur version en vigueur au 27 août 2026.

  • Source 01

    Article 494-1 du code civil — qui peut être habilité et à quelles conditions — Légifrance. Version en vigueur depuis le 25 mars 2019, modifiée par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019, article 29. Le juge des tutelles peut habiliter « une ou plusieurs personnes choisies parmi ses ascendants ou descendants, frères et sœurs ou le conjoint, le partenaire » lié par un pacte civil de solidarité ou le concubin, lorsque la personne est hors d'état de manifester sa volonté du fait d'« une altération, médicalement constatée soit de ses facultés mentales, soit de ses facultés corporelles de nature à empêcher » cette expression. « La personne habilitée doit remplir les conditions pour exercer les charges tutélaires. Elle exerce sa mission à titre gratuit. » Consulté le 2026-08-27.

  • Source 02

    Article 494-3 du code civil — la demande de désignation — Légifrance. Version en vigueur depuis le 25 mars 2019, modifiée par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019, article 29. La demande « peut être présentée au juge par la personne qu'il y a lieu de protéger », par l'un des proches énumérés à l'article 494-1, ou par le procureur de la République à leur requête. Elle « est introduite, instruite et jugée conformément aux règles du code de procédure civile ». « La désignation d'une personne habilitée est également possible à l'issue de l'instruction d'une requête aux fins d'ouverture » d'une autre mesure de protection. Consulté le 2026-08-27.

  • Source 03

    Article 494-6 du code civil — l'étendue de l'habilitation, sa durée et les actes à titre gratuit — Légifrance. Version en vigueur consultée au 27 août 2026, dans sa rédaction issue de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019. « Si l'intérêt de la personne à protéger l'implique, le juge peut délivrer une habilitation générale portant sur l'ensemble des actes. » « En cas d'habilitation générale, le juge fixe une durée au dispositif sans que celle-ci puisse excéder dix ans. » « Le renouvellement peut être prononcé pour la même durée ; toutefois, […] le juge peut […] renouveler le dispositif pour une durée plus longue qu'il détermine, n'excédant pas vingt ans. » « La personne habilitée ne peut accomplir en représentation un acte de disposition à titre gratuit qu'avec l'autorisation du juge des tutelles. » Consulté le 2026-08-27.

  • Source 04

    Article 494-11 du code civil — les causes de fin de l'habilitation — Légifrance. Version en vigueur consultée au 27 août 2026. L'habilitation prend fin notamment par le « décès de la personne protégée », par son « placement sous sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle », par un « jugement de mainlevée », par l'« absence de renouvellement » à l'expiration du délai fixé, et par l'« accomplissement des actes prévus » lorsque l'habilitation portait sur des actes déterminés. Consulté le 2026-08-27.

  • Source 05

    Article 477 du code civil — le mandat de protection future — Légifrance. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2016, modifiée par l'ordonnance n° 2015-1288 du 15 octobre 2015, article 13. « Toute personne majeure ou mineure émancipée ne faisant pas l'objet d'une mesure de tutelle ou d'une habilitation familiale peut charger une ou plusieurs personnes de la représenter » pour le cas où elle ne pourrait plus pourvoir seule à ses intérêts. « Les parents ou le dernier vivant des père et mère peuvent désigner un ou plusieurs mandataires chargés de le représenter pour le cas où cet enfant ne pourrait plus pourvoir seul à ses intérêts. » Consulté le 2026-08-27.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les cinq articles cités ont été lus sur Légifrance avant citation, dans leur version en vigueur au 27 août 2026, et sont reproduits mot à mot. Le guide expose des textes : il ne décrit ni la tutelle, ni la curatelle, ni la sauvegarde de justice ; il ne traite ni la procédure devant le juge, ni ses délais réels, ni la fiscalité des actes accomplis. Les six mois qui séparent l’offre à 395 000 € de la vente à 372 000 €, comme les sept mois de vacance du lot, sont une hypothèse de calendrier posée pour l’exemple, et non des durées d’instruction relevées. Les montants du dossier de Léopoldine — 395 000 € et 372 000 € de prix, 2 350 € et 640 € de loyers, 3 900 € et 26 000 € d’incidents — sont choisis pour que les additions se vérifient à l’œil. Nous ne publions ni durée moyenne d’instruction, ni proportion de patrimoines protégés par un mandat, faute de les avoir mesurées. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur une mesure de protection, l’interlocuteur utile est l’avocat, puis le notaire.