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Guide de décisionVérifié le 31 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Isoler la toiture à ses frais en copropriété : les six conditions du texte, les deux majorités qui s’enchaînent et la procédure écrite en décembre 2025

« Un ou plusieurs copropriétaires peuvent effectuer, à leurs frais, des travaux d’isolation thermique de la toiture ou du plancher qui affectent les parties communes. » Un droit réel, mais étroit — et dont la procédure n’a été écrite qu’en décembre 2025.

CINQ TEXTES LUS MOT À MOT, DONT UN ARTICLE CRÉÉ EN DÉCEMBRE 2025

Payer seul coûte 8,33 fois sa quote-part. Mais n’exige l’accord de personne sur le financement.

Le texte autorise un copropriétaire à isoler la toiture ou le plancher à ses frais, sous six conditions et avec l’autorisation de l’assemblée. Le décret de décembre 2025 a écrit la procédure qui manquait.

  • Cinq atteintes prohibées, plus une réserve tenant au plan pluriannuel
  • Un syndic désormais tenu d’inscrire la demande à l’ordre du jour
  • Deux majorités qui s’enchaînent, 501 voix puis 334
  • Et un chantier qui attend l’expiration du délai de contestation

TEXTES LUS SUR LÉGIFRANCE

5

CONDITIONS À RÉUNIR

6

SEUIL DE L’ARTICLE 25

501 voix

SEUIL DU TIERS

334 voix

COÛT SEUL PLUTÔT QU’EN QUOTE-PART

× 8,33

DE LA DEMANDE AU CHANTIER

145 j

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Le droit existe depuis 2024. « Un ou plusieurs copropriétaires peuvent effectuer, à leurs frais, des travaux d’isolation thermique de la toiture ou du plancher qui affectent les parties communes »1.

La procédure a été écrite en décembre 2025. Le syndic « inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée générale qui suit la notification de la demande du copropriétaire » la résolution d’autorisation2.

Et le chantier attend le délai de contestation. Les travaux se font « après l’expiration du délai de deux mois »2.

Le corpus traite déjà les autorisations de travaux en copropriété et l’isolation par l’extérieur vue du fonds voisin. Ce guide-ci ne traite qu’un cas : celui du copropriétaire qui paie seul une partie commune.

Peut-on isoler seul une toiture en copropriété ?

Oui, et le texte le dit sans détour — mais il enchaîne aussitôt sur une série de réserves. C’est l’un des rares cas où la loi autorise un copropriétaire à toucher aux parties communes de sa propre initiative.

Le principe est posé ainsi : « Un ou plusieurs copropriétaires peuvent effectuer, à leurs frais, des travaux d’isolation thermique de la toiture ou du plancher qui affectent les parties communes »1.

Deux limites de champ se lisent d’emblée. Le texte vise la toiture et le plancher, non n’importe quelle partie commune ; et il vise des travaux d’isolation thermique, non des travaux d’embellissement ou de confort.

La contrepartie est écrite à la fin de l’article, et elle est lourde : « Jusqu’à la réception des travaux, le ou les copropriétaires mentionnés au premier alinéa du présent article exercent les pouvoirs et assument la responsabilité dévolus au maître d’ouvrage »1.

Retenez ce que cette dernière phrase engage. Perceval ne se contente pas de payer : il devient maître d’ouvrage sur une partie commune, avec ce que cela implique de responsabilité jusqu’à la réception.

Six conditions, dont une qui n’est pas une atteinte

Cinq d’entre elles interdisent une atteinte, la sixième tient au calendrier de la copropriété. Les confondre fait manquer la seule qu’on peut vérifier sans expert.

Le texte les énumère d’une traite. Les travaux sont permis « sous réserve que ceux-ci ne portent pas atteinte à la structure de l’immeuble, à ses éléments d’équipements essentiels, à sa sécurité, à sa salubrité aux modalités de jouissance des parties privatives d’autres copropriétaires »1.

Comptez-les : structure, éléments d’équipements essentiels, sécurité, salubrité, jouissance des parties privatives d’autrui. Cinq atteintes prohibées, dont quatre relèvent d’une appréciation technique et la dernière d’une appréciation de voisinage.

La sixième réserve est d’une autre nature : le texte réserve son droit aux travaux qui « ne fassent pas l’objet d’une programmation dans le cadre du plan pluriannuel de travaux »1. Ce n’est pas une atteinte à l’immeuble, c’est une question de calendrier collectif.

Celle-là se vérifie en une consultation, et elle devrait être la première. Notre guide sur le plan pluriannuel de travaux explique où le lire ; si l’isolation de la toiture y figure, la démarche individuelle est fermée.

Comment saisir l’assemblée ?

Par une notification au syndic, dont l’objet est précisément défini. Depuis décembre 2025, la suite ne dépend plus de sa bonne volonté.

La loi décrit la démarche : « le ou les copropriétaires demandeurs notifient au syndic une demande ayant pour objet l’inscription à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale »1.

Le décret de décembre 2025 en a tiré l’obligation correspondante pour le syndic, qui « inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée générale qui suit la notification de la demande du copropriétaire, la résolution tendant à autoriser ce copropriétaire à effectuer des travaux d’isolation thermique de la toiture ou du plancher qui affectent les parties communes de l’immeuble »2.

Le verbe est à l’indicatif, et c’est ce qui compte : le syndic inscrit. Avant ce texte, la loi disait ce que le copropriétaire demande sans dire ce que le syndic doit en faire.

Notez que le canal de cette notification obéit à des règles qui ont elles aussi changé fin 2025. Notre guide sur les notifications électroniques en copropriété détaille ce point, qui décide aussi de la date de départ du délai de contestation.

Une remarque sur ce que cette notification doit contenir, car le texte l’indique par ricochet. La loi parle d’une demande « ayant pour objet l’inscription à l’ordre du jour », et le décret précise que les travaux devront être conformes « au descriptif détaillé présenté à l’assemblée générale ». Ce descriptif doit donc exister au moment du vote, faute de quoi l’assemblée autoriserait un projet sans contour et le copropriétaire n’aurait rien à quoi se conformer. Le préparer avant la notification, plutôt qu’après, évite de perdre une assemblée entière.

Quelle majorité, et que se passe-t-il si elle manque ?

Celle de l’article 25 d’abord, avec un rattrapage immédiat si le projet a réuni au moins un tiers des voix. Le second seuil est celui qu’il faut viser en pratique.

La loi renvoie aux deux textes ensemble : « L’assemblée générale peut autoriser la réalisation des travaux à la majorité des voix des copropriétaires prévues aux articles 25 et 25-1 »1.

Le rattrapage est décrit ainsi : « Lorsque l’assemblée générale des copropriétaires n’a pas décidé à la majorité des voix de tous les copropriétaires, en application de l’article 25 ou d’une autre disposition, mais que le projet a recueilli au moins le tiers de ces voix, la même assemblée se prononce à la majorité prévue à l’article 24 en procédant immédiatement à un second vote »3.

Sur une copropriété de 1 000 tantièmes, la majorité de l’article 25 suppose 501 voix. Le tiers, lui, vaut 333,33 voix — un nombre qui n’existe pas — de sorte qu’il faut 334 voix entières pour l’atteindre. Les deux seuils sont donc séparés de 167 voix.

Une seconde chance existe encore, mais elle est réservée : elle ne vaut que pour un projet ayant « pour objet la réalisation de travaux prévus au f de l’article 25 »3, et ce guide n’a pas lu cet article pour dire si l’isolation y figure. Il se borne à signaler que le texte distingue deux situations.

Ce que le décret de décembre 2025 a ajouté

Deux phrases, et elles ferment les deux extrémités de la procédure. L’article 10-4 du décret de 1967 n’existait pas avant le 25 décembre 2025.

La première impose au syndic l’inscription à l’ordre du jour, on l’a vue. La seconde fixe le moment où le chantier peut commencer : « En cas d’autorisation, le copropriétaire peut effectuer les travaux conformément au descriptif détaillé présenté à l’assemblée générale après l’expiration du délai de deux mois mentionné au deuxième alinéa de l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965 »2.

Deux exigences s’y cachent. Les travaux doivent être conformes « au descriptif détaillé présenté à l’assemblée générale » — donc ce descriptif engage —, et ils ne peuvent commencer qu’après le délai de contestation.

Ce délai est celui que la loi de 1965 fixe pour attaquer une décision d’assemblée : deux mois « à compter de la notification du procès-verbal d’assemblée »4, cette notification intervenant elle-même « dans le délai d’un mois à compter de la tenue de l’assemblée générale »4.

La notice du décret annonce d’ailleurs les deux apports ensemble : « Réalisation par un copropriétaire de travaux d’isolation thermique affectant les parties communes » et « Précision des conditions de tenue de cette assemblée générale »5.

Une réserve doit être posée sur ce que ce guide ne peut pas trancher. Le texte subordonne le droit à l’absence d’atteinte à la structure, aux équipements essentiels, à la sécurité et à la salubrité, mais il ne dit pas comment cette absence se prouve, ni qui l’établit, ni à quel moment. Un copropriétaire prudent fera constater ces points par un homme de l’art avant l’assemblée, et joindra cet avis au descriptif détaillé — mais c’est une précaution que nous recommandons, non une exigence que le texte formule.

Le dossier de Perceval, du devis au chantier

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Perceval détient 120 tantièmes sur 1 000, soit 12 % de la copropriété, et son devis d’isolation de toiture s’élève à 18 000 €.

Il notifie sa demande au syndic le 15 janvier 2026. L’assemblée suivante se tient le 12 mars, soit 56 jours plus tard.

De la notification au premier coup de marteau

Le dossier de Perceval, du devis au chantier — tableau 1
Notification de la demande au syndic15 janvier 20260
Assemblée générale, vote de l’autorisation12 mars 202656
Notification du procès-verbal8 avril 202683
Point de départ du délai de deux mois9 avril 202684
Chantier possible9 juin 2026145

Le tableau se recompose à l’écran : 56 jours jusqu’à l’assemblée, puis 27 jusqu’à la notification du procès-verbal, puis 61 jours de délai — soit 145 jours au total, un peu moins de cinq mois.

Les deux mois de contestation représentent 42,1 % de ce parcours. C’est le poste le plus long, et le seul qui ne se négocie avec personne.

Le vote, lui, se joue sur les seuils. Le projet de Perceval recueille 380 voix : il manque 121 voix pour la majorité de l’article 25, mais il dépasse de 46 voix le seuil du tiers, ce qui ouvre le second vote immédiat.

Un mot sur ce que ce calendrier ne comprend pas, car il serait trompeur de le lire comme un délai total. Les 145 jours vont de la notification au premier coup de marteau : ils n’incluent ni le temps d’établir le descriptif détaillé en amont, ni la durée du chantier lui-même, ni les autorisations d’urbanisme que des travaux d’isolation extérieure peuvent exiger de leur côté. Un projet déposé en janvier ne se termine donc pas en juin, il commence en juin.

Combien coûte le fait de payer seul ?

Huit fois sa quote-part, et il faut le savoir avant de se lancer. Le calcul est simple et il refroidit.

Si les mêmes travaux étaient votés comme travaux communs, Perceval paierait ses 120 tantièmes sur 1 000, soit 2 160 € sur un devis de 18 000 €. En les faisant seul, il paie la totalité : 15 840 € de plus, soit 8,33 fois sa quote-part.

Vu de la copropriété, la symétrie est exacte. Les autres copropriétaires, qui détiennent 88 % des tantièmes, voient une partie commune isolée sans sortir un euro.

Une ligne supplémentaire pèse sur le seul demandeur, et le texte la vise expressément : « La convocation d’une éventuelle nouvelle assemblée générale est aux frais des seuls copropriétaires demandeurs »1. Sur une assemblée supplémentaire à 900 €, Perceval paie 900 € au lieu des 108 € qu’elle lui aurait coûtés en charges communes.

Son enveloppe totale monte alors à 18 900 €, et 18 000 plus 900 se recomptent à la main. C’est le prix de l’initiative individuelle, et il se compare à ce que vaut l’attente d’un vote collectif.

Une comparaison avec la voie collective éclaire le choix, et elle ne penche pas toujours du même côté. Attendre que la copropriété vote elle-même l’isolation ramènerait la dépense de Perceval de 18 000 € à 2 160 €, mais suppose de convaincre 501 voix de financer un ouvrage dont les copropriétaires des étages inférieurs profiteront moins. La voie individuelle coûte 8,33 fois plus cher et n’exige que 334 voix — non pour payer, mais pour laisser faire. C’est cette asymétrie qui explique l’existence du texte : il n’organise pas un partage, il lève un veto.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Quatre erreurs de procédure, sur des projets techniquement irréprochables. Le devis de référence est de 18 000 €.

L’isolation déjà inscrite au plan pluriannuel. Le copropriétaire dépose sa demande sans consulter la programmation. Le texte réserve son droit aux travaux qui « ne fassent pas l’objet d’une programmation dans le cadre du plan pluriannuel de travaux » : la demande est fermée, et les 18 000 € engagés en devis et en études le sont pour rien.

Le chantier lancé après le vote. L’autorisation est acquise en assemblée, le copropriétaire fait venir l’entreprise la semaine suivante. Le décret impose d’attendre « l’expiration du délai de deux mois » : 61 jours d’avance qui exposent à une contestation encore ouverte, sur un chantier de 18 000 € engagé sans autorisation définitive.

Le descriptif modifié en cours de route. L’entreprise propose une variante technique, acceptée sans revenir devant l’assemblée. Le texte veut que les travaux soient effectués « conformément au descriptif détaillé présenté à l’assemblée générale », et l’autorisation ne couvre plus ce qui est fait — 18 000 € de travaux réalisés hors du cadre voté.

La seconde assemblée demandée sans en mesurer le coût. Le projet échoue faute d’atteindre le tiers, une nouvelle assemblée est convoquée, et sa facture de 900 € revient au seul demandeur — 792 € de plus que ce qu’elle lui aurait coûté en charges communes.

Le point commun des quatre tient en une ligne. Dans chacun, une étape prévue par le texte a été traitée comme une formalité, alors qu’elle conditionne la validité de ce qui suit.

Une dernière observation sur la portée de ce dispositif, car elle explique pourquoi il reste peu utilisé. Il ne concerne que deux ouvrages — la toiture et le plancher —, il exige six conditions réunies, il impose de passer devant l’assemblée sans garantie d’obtenir 334 voix, et il fait porter au demandeur la responsabilité du maître d’ouvrage pendant tout le chantier. C’est un droit réel, mais étroit, et son principal mérite est d’exister là où il n’y avait auparavant que la négociation.

Six gestes avant de déposer sa demande

Trois avant la notification. Trois après le vote.

  1. Consultez le plan pluriannuel de travaux en premier. Si l’isolation y est programmée, le droit individuel est fermé, et cette vérification ne coûte rien.
  2. Faites établir que les cinq atteintes sont écartées. Structure, équipements essentiels, sécurité, salubrité, jouissance des parties privatives d’autrui : ce sont les cinq réserves du texte.
  3. Comparez les 18 000 € de la voie individuelle aux 2 160 € de votre quote-part. Le rapport est de 8,33 pour 1 sur ce dossier, et il justifie souvent d’attendre un vote collectif.
  4. Notifiez au syndic une demande d’inscription à l’ordre du jour. Depuis décembre 2025, il « inscrit » cette résolution : l’obligation lui incombe.
  5. Ne commencez rien avant l’expiration des deux mois. Le décret le prévoit expressément, et 61 jours d’avance ne se rattrapent pas.
  6. Faites correspondre le chantier au descriptif voté. L’autorisation porte sur ce qui a été présenté à l’assemblée, non sur ce que l’entreprise proposera ensuite.

Un mot sur les professionnels que ce projet mobilise, et sur leur ordre. Le syndic reçoit la demande et doit l’inscrire à l’ordre du jour : c’est le premier interlocuteur. L’architecte ou le maître d’œuvre établit le descriptif détaillé qui sera présenté à l’assemblée, et dont dépend ensuite la conformité du chantier. L’artisan exécute, mais sous la maîtrise d’ouvrage du copropriétaire lui-même, ce qui n’est pas la situation habituelle. Le commissaire de justice peut constater l’état des parties communes avant travaux, ce qui vaut mieux qu’une photographie. Et le notaire, à la revente, vérifiera que l’autorisation d’assemblée figure au dossier — l’assemblée générale vue du bailleur traite ce que ces procès-verbaux engagent.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne dit pas comment se prouve l’absence d’atteinte à la structure ou aux équipements essentiels : le texte pose la condition sans en régler la preuve. Il ne dit pas si l’isolation figure parmi les travaux du f de l’article 25, qu’il n’a pas lu, et donc si la seconde chance de l’article 25-1 lui est ouverte. Il ne traite ni les aides à la rénovation, ni les gains énergétiques attendus, ni les obligations tenant à la performance du logement. Et il ne dit rien du sort de ces travaux à la revente.

18 000 € SEUL, 2 160 € EN QUOTE-PART

Le texte n’organise pas un partage : il lève un veto.

La voie individuelle coûte 8,33 fois plus cher et n’exige que 334 voix — non pour payer, mais pour laisser faire. C’est cette asymétrie qui explique l’existence du dispositif.

  • Pourquoi le tiers de 1 000 voix impose 334 et non 333
  • Pourquoi le chantier ne commence pas au vote mais 61 jours après
  • Pourquoi le copropriétaire devient maître d’ouvrage jusqu’à la réception
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Sept réponses directes sur le droit d’isoler seul une partie commune, les six conditions du texte, l’obligation faite au syndic depuis décembre 2025, les deux majorités, le moment où le chantier peut commencer et le coût de la voie individuelle.

Un dernier étage à isoler ?

La première vérification est celle du plan pluriannuel, et elle ne coûte rien.

Faire le point sur un projet

01 · Le droit

  • 01Un copropriétaire peut-il isoler la toiture à ses frais ?
    Oui, depuis 2024, et le texte l’écrit sans détour : « Un ou plusieurs copropriétaires peuvent effectuer, à leurs frais, des travaux d’isolation thermique de la toiture ou du plancher qui affectent les parties communes » Le champ est étroit — la toiture et le plancher, et des travaux d’isolation thermique seulement — et l’autorisation de l’assemblée reste nécessaire.
  • 02Quelles conditions faut-il réunir ?
    Six, dont cinq sont des atteintes prohibées. Les travaux sont permis « sous réserve que ceux-ci ne portent pas atteinte à la structure de l’immeuble, à ses éléments d’équipements essentiels, à sa sécurité, à sa salubrité aux modalités de jouissance des parties privatives d’autres copropriétaires ». La sixième est d’une autre nature : le texte réserve son droit aux travaux qui « ne fassent pas l’objet d’une programmation dans le cadre du plan pluriannuel de travaux » — celle-là se vérifie en une consultation.

02 · La procédure

  • 03Le syndic peut-il refuser d’inscrire la demande à l’ordre du jour ?
    Depuis le 25 décembre 2025, non. Le décret créant l’article 10-4 prévoit que « le syndic inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée générale qui suit la notification de la demande du copropriétaire, la résolution tendant à autoriser ce copropriétaire à effectuer des travaux d’isolation thermique ». Avant ce texte, la loi disait ce que le copropriétaire demande sans dire ce que le syndic doit en faire.
  • 04Quelle majorité l’autorisation exige-t-elle ?
    Celle de l’article 25, avec un rattrapage. L’assemblée « peut autoriser la réalisation des travaux à la majorité des voix des copropriétaires prévues aux articles 25 et 25-1 ». Si cette majorité manque mais que « le projet a recueilli au moins le tiers de ces voix », la même assemblée « se prononce à la majorité prévue à l’article 24 en procédant immédiatement à un second vote ». Sur 1 000 tantièmes, cela fait 501 voix pour le premier seuil et 334 pour le second — le tiers valant 333,33, qui n’est pas un nombre de voix.

03 · Le calendrier

  • 05Quand les travaux peuvent-ils commencer ?
    Après le délai de contestation, et non après le vote. Le décret prévoit que le copropriétaire « peut effectuer les travaux conformément au descriptif détaillé présenté à l’assemblée générale après l’expiration du délai de deux mois mentionné au deuxième alinéa de l’article 42 ». Sur le dossier construit, 145 jours séparent la notification de la demande du premier coup de marteau, dont 61 pour ce seul délai — soit 42,1 % du parcours.

04 · Le prix

  • 06Combien coûte le fait de payer seul plutôt qu’en quote-part ?
    Huit fois plus sur ce dossier. Perceval détient 120 tantièmes sur 1 000 : des travaux votés en commun lui coûteraient 2 160 € sur un devis de 18 000 €, contre 18 000 € en les faisant seul, soit 15 840 € de plus et un rapport de 8,33 pour 1. Une ligne s’y ajoute le cas échéant, car le texte prévoit que « La convocation d’une éventuelle nouvelle assemblée générale est aux frais des seuls copropriétaires demandeurs ».
  • 07Qui est responsable du chantier sur une partie commune ?
    Le copropriétaire lui-même, et c’est la contrepartie la plus lourde du dispositif. Le texte le dit ainsi : « Jusqu’à la réception des travaux, le ou les copropriétaires mentionnés au premier alinéa du présent article exercent les pouvoirs et assument la responsabilité dévolus au maître d’ouvrage ». Ce n’est pas la situation habituelle d’un copropriétaire, qui subit d’ordinaire les travaux décidés par le syndicat sans en répondre.

Un droit réel, mais étroit. Son mérite est d’exister là où il n’y avait que la négociation.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Nous exposons les textes ; sur une copropriété, l’interlocuteur est le syndic.

Cinq textes lus sur Légifrance, dans leur état au 31 août 2026Un article du décret de 1967 créé le 25 décembre 2025Une version postérieure annoncée, ouverte et comparée

Sources et date de contrôle

Cinq textes lus sur Légifrance le 31 août 2026, dans leur version en vigueur.

  • Source 01

    Article 25-2-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — l’isolation à ses frais — Légifrance. Un ou plusieurs copropriétaires peuvent effectuer, à leurs frais, des travaux d’isolation thermique de la toiture ou du plancher qui affectent les parties communes sous réserve que ceux-ci ne portent pas atteinte à la structure de l’immeuble, à ses éléments d’équipements essentiels, à sa sécurité, à sa salubrité aux modalités de jouissance des parties privatives d’autres copropriétaires ou ne fassent pas l’objet d’une programmation dans le cadre du plan pluriannuel de travaux. le ou les copropriétaires demandeurs notifient au syndic une demande ayant pour objet l’inscription à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. L’assemblée générale peut autoriser la réalisation des travaux à la majorité des voix des copropriétaires prévues aux articles 25 et 25-1. La convocation d’une éventuelle nouvelle assemblée générale est aux frais des seuls copropriétaires demandeurs. Jusqu’à la réception des travaux, le ou les copropriétaires mentionnés au premier alinéa du présent article exercent les pouvoirs et assument la responsabilité dévolus au maître d’ouvrage. Version en vigueur depuis le 11 avril 2024. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 02

    Article 10-4 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 — la procédure, créée en décembre 2025 — Légifrance. Pour l’application de l’article 25-2-1 de la loi du 10 juillet 1965, le syndic inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée générale qui suit la notification de la demande du copropriétaire, la résolution tendant à autoriser ce copropriétaire à effectuer des travaux d’isolation thermique de la toiture ou du plancher qui affectent les parties communes de l’immeuble. En cas d’autorisation, le copropriétaire peut effectuer les travaux conformément au descriptif détaillé présenté à l’assemblée générale après l’expiration du délai de deux mois mentionné au deuxième alinéa de l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Version en vigueur depuis le 25 décembre 2025, créé par le décret n° 2025-1292 du 22 décembre 2025, article 5. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 03

    Article 25-1 de la loi n° 65-557 — le second vote immédiat — Légifrance. Lorsque l’assemblée générale des copropriétaires n’a pas décidé à la majorité des voix de tous les copropriétaires, en application de l’article 25 ou d’une autre disposition, mais que le projet a recueilli au moins le tiers de ces voix, la même assemblée se prononce à la majorité prévue à l’article 24 en procédant immédiatement à un second vote. Lorsque le projet de résolution a pour objet la réalisation de travaux prévus au f de l’article 25 et qu’il n’a pas recueilli au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, une nouvelle assemblée générale, si elle est convoquée dans un délai de trois mois sur un projet identique, peut statuer à la majorité prévue à l’article 24. Version en vigueur depuis le 11 avril 2024. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 04

    Article 42 de la loi n° 65-557 — le délai de deux mois — Légifrance. Les actions en contestation des décisions des assemblées générales doivent, à peine de déchéance, être introduites par les copropriétaires opposants ou défaillants dans un délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal d’assemblée. Cette notification est réalisée par le syndic dans le délai d’un mois à compter de la tenue de l’assemblée générale. Sauf urgence, l’exécution par le syndic des travaux décidés par l’assemblée générale en application des articles 25 et 26 de la présente loi est suspendue jusqu’à l’expiration du délai de deux mois. Version en vigueur depuis le 1er juin 2020. Une version postérieure figure au calendrier du texte ; lue à la date du 31 août 2026, elle est identique sur les passages cités. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 05

    Décret n° 2025-1292 du 22 décembre 2025 — le texte créateur — Légifrance. Publié au Journal officiel n° 0301 du 24 décembre 2025, en vigueur le lendemain de sa publication. Notice : « Réalisation par un copropriétaire de travaux d’isolation thermique affectant les parties communes ». « Précision des conditions de tenue de cette assemblée générale ». Article 5 : crée l’article 10-4 du décret du 17 mars 1967. Page lue le 31 août 2026.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les cinq sources citées ont été lues sur Légifrance le 31 août 2026, chaque page ayant été sommée de dire quel article elle affichait avant qu’aucune citation n’en soit tirée. La vérification de fraîcheur est ici le point de départ du guide et non un contrôle accessoire : l’article 10-4 du décret de 1967 a été créé le 25 décembre 2025, et sans lui la loi disait ce que le copropriétaire demande sans dire ce que le syndic doit en faire. L’article 42 de la loi de 1965 annonçait pour sa part une version postérieure à la date du jour ; elle a été ouverte et comparée, et elle est identique sur les passages cités. Le dossier de Perceval est un exemple construit : les 120 tantièmes sur 1 000, le devis de 18 000 €, les 380 voix recueillies, les 900 € d’assemblée supplémentaire et les dates du calendrier sont des hypothèses posées, non des observations, et elles sont choisies pour que les 2 160 €, les 15 840 € et les 145 jours se recomposent à la main. Le seuil de 334 voix mérite une explication plutôt qu’une affirmation : le tiers de 1 000 vaut 333,33, qui n’est pas un nombre de voix, et « au moins le tiers » impose donc le premier entier supérieur. Nous ne publions ni coût moyen d’une isolation de toiture, ni fréquence de ces demandes individuelles : rien de tel n’a été mesuré. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur une copropriété, le premier interlocuteur est le syndic, et la première vérification celle du plan pluriannuel.