Critère de sélection : 8 % brut minimum sur le prix de revient complet. Notre méthode de sélection

Guide de décisionVérifié le 24 août 20266 sourcesMéthode en cinq passes

Loc’Avantages : 65 % annoncés, zéro euro utilisé si vous avez un emprunt

Loc’Avantages promet jusqu’à 65 % de réduction d’impôt sur vos loyers bruts. Sur un appartement financé à crédit au Mans, la réduction théorique atteint 2 450 € — et vous n’en utilisez pas un euro.

AVANT DE SIGNER POUR SIX ANS

L’avantage vaut ce que vous payez d’impôt, jamais le taux affiché

Une réduction d’impôt ne s’impute que sur l’impôt sur le revenu, jamais sur les prélèvements sociaux, et l’excédent n’est ni reporté ni restitué. Un investisseur endetté a organisé toute sa fiscalité pour n’en payer presque aucun.

  • Les plafonds officiels de votre commune, pas une grille par zone
  • Le piège hors charges contre charges comprises
  • Pourquoi 65 % produit le plus mauvais résultat
  • Le seul profil pour lequel le calcul tient

TAUX MAXIMAL ANNONCÉ

65 %

RÉDUCTION UTILISÉE

0 €

PERTE ANNUELLE EN LOC3

2 306 €

DÉCOTE RÉELLE LOC1

15 %

SANS EMPRUNT, LOC1

+ 485 €

FENÊTRE

31/12/2027

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Le micro-foncier est interdit. L’article 32 du code général des impôts exclut du régime les « logements au titre desquels est demandé le bénéfice de la réduction d’impôt prévue à l’article 199 tricies »2. Conventionner, c’est passer au réel, sans retour.

La réduction ne s’impute que sur l’impôt sur le revenu, et l’excédent est perdu. Le texte dit qu’elle « est imputée sur l’impôt dû au titre des revenus de chacune des années »1 : aucun report, aucune restitution. Un bailleur endetté n’a presque plus d’impôt sur le revenu — la réduction tombe dans le vide.

C’est un dispositif d’acheteur comptant. Sur le même bien sans emprunt, Loc1 avec intermédiation rapporte 485 € de plus par an que la location libre. Avec emprunt, il en coûte 355 de moins. Le levier n’atténue pas l’avantage : il l’annule.

Ce guide ne décrit pas le dispositif — l’Anah le fait mieux que quiconque. Il fait ce que personne ne fait : appliquer les plafonds officiels de sa propre commune à un dossier chiffré, et dire pour quel profil l’arithmétique tient.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Xavier, cas construit et non un dossier réel : un appartement de 55 m² au Mans, 2 400 € de charges déductibles et 2 800 € d’intérêts d’emprunt par an, tranche marginale à 30 %. Les charges, les intérêts et la tranche sont des hypothèses déclarées ; les plafonds de loyer, eux, sont ceux que publie le ministère pour cette commune. Tout se recalcule sur la vôtre.

Que promet Loc’Avantages, et jusqu'à quand ?

Un échange, et il est clair : vous louez moins cher, l'État vous rend une partie de l'écart en impôt.

Le bailleur signe une convention avec l’Agence nationale de l’habitat, loue nu, à usage de résidence principale, à un locataire dont les ressources ne dépassent pas des plafonds réglementaires et qui n’appartient pas à son foyer fiscal — ni ascendant, ni descendant1. En échange, il obtient une réduction d’impôt calculée sur ses revenus bruts, et non sur son revenu net, ce qui est la seule bonne nouvelle du mécanisme.

Trois niveaux existent, correspondant à trois décotes de loyer : Loc1 en loyer intermédiaire, Loc2 en social, Loc3 en très social. Les taux de réduction sont de 15 % et 35 % en direct, portés à 20 %, 40 % et 65 % lorsque la gestion passe par un organisme agréé — l’intermédiation locative1. Le niveau très social n’existe qu’avec elle.

La fenêtre se referme. Les demandes de conventionnement doivent être enregistrées par l’Anah entre le 1er mars 2022 et le 31 décembre 20271, et la convention court six ans, avec ou sans travaux5. Il reste donc un peu plus d’un an pour décider — raison de plus pour faire le calcul plutôt que de s’en remettre au taux affiché.

Combien vaut vraiment la décote de loyer ?

Quinze pour cent. Pas vingt-cinq, comme le suggère la comparaison que tout le monde fait.

Les plafonds ne forment pas une grille nationale par zone : ils sont fixés commune par commune, à partir d’une estimation du loyer de marché local à laquelle on applique une décote de 15 %, 30 % ou 45 % selon le niveau5. Le ministère chargé du logement les publie en fichier ouvert, pour les 34 934 communes et arrondissements du territoire3. Pour Le Mans, ils valent 8,83 €/m² en Loc1, 7,27 € en Loc2 et 5,71 € en Loc3.

Et c’est ici que se produit l’erreur qui fausse tous les calculs amateurs. Ces plafonds sont exprimés hors charges4. La référence de marché que chacun a sous la main — la carte des loyers — est publiée charges comprises, à 11,77 €/m² sur cette même commune6. Comparer les deux directement affiche une décote de 25 % et fait renoncer beaucoup de bailleurs avant même d’avoir calculé.

Le bon raisonnement est l’inverse : puisque le plafond Loc1 est le loyer de marché minoré de 15 %, on remonte au loyer de marché hors charges en divisant par 0,85, ce qui donne 10,39 €/m². L'écart entre 11,77 et 10,39 — soit 1,38 €/m², 76 € par mois sur 55 m² — n’est pas une décote : ce sont les charges récupérables que le locataire paierait de toute façon. La décote réelle, hors charges contre hors charges, est bien de 15 %. Notre guide sur la manière de fixer un loyer explique pourquoi cette confusion entre loyer net et loyer charges comprises fausse aussi les rendements affichés.

Ce que Xavier abandonne, niveau par niveau

Combien vaut vraiment la décote de loyer ? — tableau 1
Marché libre10,39 €6 856 €
Loc1, intermédiaire8,83 €5 828 €1 028 €15 % ou 20 %
Loc2, social7,27 €4 798 €2 058 €35 % ou 40 %
Loc3, très social5,71 €3 769 €3 088 €65 %

Pourquoi la réduction tombe-t-elle dans le vide ?

Parce que le dispositif ferme lui-même la porte qu’il prétend ouvrir.

Conventionner interdit le micro-foncier : l’article 32 du code général des impôts exclut expressément les logements pour lesquels la réduction de l’article 199 tricies est demandée2. Le bailleur bascule donc au régime réel, où il déduit ses charges et ses intérêts d’emprunt de ses loyers.

Or c’est exactement ce que fait déjà un investisseur endetté, et c’est efficace. Sur le dossier de Xavier au loyer de marché, 6 856 € de loyers moins 2 400 € de charges et 2 800 € d’intérêts laissent une base imposable de 1 656 €, sur laquelle il paie 497 € d’impôt sur le revenu et 285 € de prélèvements sociaux.

Passons-le en Loc1. Ses loyers tombent à 5 828 €, sa base à 628 €, son impôt sur le revenu à 188 €. Sa réduction théorique est de 874 € à 15 %, ou 1 166 € à 20 % avec intermédiation. Mais une réduction d’impôt ne s’impute que sur l’impôt sur le revenu — jamais sur les prélèvements sociaux — et le texte précise qu’elle « est imputée sur l’impôt dû au titre des revenus de chacune des années »1, sans report ni restitution.

Xavier a 188 € d’impôt sur le revenu. Il utilise donc 188 € de sa réduction. Le reste — 686 € en direct, 977 € avec intermédiation — est définitivement perdu.

Et le taux affiché ne change rien : à 15 % comme à 20 %, le résultat net est identique, puisque le plafond d’utilisation n’est pas le taux mais l’impôt dû. C’est le point que les simulateurs commerciaux escamotent systématiquement, parce qu’ils calculent la réduction théorique et s’arrêtent là.

Le verdict pour un bailleur endetté

Il perd. À tous les niveaux, et de plus en plus à mesure que le taux affiché grimpe.

Le résultat net de Xavier, financé à crédit

Le verdict pour un bailleur endetté — tableau 2
Marché libre6 856 €782 €6 074 €
Loc1 sans intermédiation5 828 €108 €5 720 €− 355 €686 €
Loc1 avec intermédiation5 828 €108 €5 720 €− 355 €977 €
Loc2 sans intermédiation4 798 €0 €4 798 €− 1 276 €1 679 €
Loc2 avec intermédiation4 798 €0 €4 798 €− 1 276 €1 919 €
Loc3 avec intermédiation3 769 €0 €3 769 €− 2 306 €2 450 €

La dernière ligne est la plus parlante, parce qu’elle porte le taux le plus séduisant. Soixante-cinq pour cent de 3 769 € font 2 450 € de réduction annoncée. Xavier ne doit aucun impôt sur le revenu à ce niveau de loyer : il en utilise zéro, abandonne 3 088 € de loyer, et perd 2 306 € par an par rapport à la location libre. Le taux le plus élevé du dispositif produit, sur ce profil, le résultat le plus mauvais.

Le mécanisme est logique une fois énoncé : plus la décote est forte, plus la base imposable s’effondre, et moins il reste d’impôt sur lequel imputer une réduction qui grossit. Les deux courbes se croisent, et elles se croisent tôt.

Pour qui le calcul tient-il ?

Pour celui qui n’a pas d’emprunt. Et le renversement est net.

Reprenons le même appartement, même commune, mêmes charges, mais acheté comptant : les 2 800 € d’intérêts disparaissent des déductions. Au marché libre, la base imposable monte à 4 456 €, l’impôt sur le revenu à 1 337 €, et le net encaissé descend à 4 753 €. En Loc1 avec intermédiation, la base est de 3 428 €, l’impôt sur le revenu de 1 028 € — et cette fois la réduction de 1 166 € l’efface entièrement — même si 137 € de réduction restent tout de même perdus, faute d’impôt sur le revenu pour les absorber. Le net remonte à 5 238 €, soit 485 € de mieux que la location libre. Que même le scénario gagnant laisse filer une part de l’avantage dit assez à quel point le plafond d’imputation, et non le taux, commande tout le dispositif.

Loc2 reste perdant même sans dette, à 367 € en dessous du marché : la décote de 30 % coûte plus que la réduction ne rapporte, sur cette commune et pour cette tranche marginale. Le dispositif n’est donc pas seulement un dispositif d’acheteur comptant ; c’est un dispositif d’acheteur comptant au premier niveau seulement.

Trois profils le rendent nettement plus favorable, et il faut les nommer parce qu’ils existent. Une tranche marginale à 41 % ou 45 % augmente l’impôt sur le revenu disponible, donc la capacité d’absorption de la réduction. Un bien détenu sans dette depuis longtemps, dont les charges sont faibles, se trouve dans la même configuration. Et un bailleur qui possède plusieurs biens loués nus impute la réduction sur l’impôt engendré par l’ensemble de ses revenus fonciers, pas seulement par le bien conventionné : c’est le cas le plus favorable de tous, et le moins connu.

Conventionner, en pratique : qui fait quoi

Le dispositif n’est pas un formulaire. C’est un parcours, et quatre intervenants s’y croisent.

Tout commence par la demande de conventionnement déposée auprès de l'Anah, qui l’instruit et l’enregistre — c’est cette date d’enregistrement, et non la signature du bail, qui décide de l'éligibilité dans la fenêtre ouverte jusqu’au 31 décembre 2027. Le dossier décrit le logement, son loyer projeté et le niveau visé, et il engage pour six ans à compter de la prise d’effet. Un gestionnaire locatif déjà en place doit être prévenu dès ce moment : les plafonds modifient le mandat, la grille de sélection des candidats et parfois les honoraires, et un mandat rédigé pour un bien libre ne couvre pas un bien conventionné.

Vient ensuite le choix de la gestion. En direct, le bailleur cherche lui-même un locataire dont les ressources respectent les plafonds, ce qui suppose de vérifier des avis d’imposition avant de s’attacher à un dossier ; par intermédiation, il confie le logement à un organisme agréé ou à une agence immobilière sociale, qui prend en charge la recherche, la gestion et parfois la garantie des loyers, en échange d’honoraires et d’une perte de choix du locataire. Le taux majoré paie cette délégation, et notre guide du dossier de location montre pourquoi le vivier restreint qui en résulte change la manière de rédiger l’annonce.

Un expert-comptable ou un conseil qualifié intervient au moment de la bascule au régime réel, qui n’est plus optionnelle une fois la convention signée. C’est lui qui dira si votre impôt sur le revenu foncier suffit à absorber la réduction, et le calcul dépend de l’ensemble de vos revenus fonciers, pas seulement de ce logement — un point que notre guide sur le choix du régime fiscal détaille avec ses plans d’amortissement.

Enfin, si le conventionnement s’accompagne de travaux subventionnés, un diagnostiqueur établit l'état énergétique du logement et un artisan réalise le chantier sous conditions de performance. Le calendrier s’allonge alors sensiblement, et il faut le prévoir : entre le dépôt de la demande, l’instruction, les travaux et la mise en location, une année s'écoule sans difficulté, année pendant laquelle le bien ne produit rien tout en supportant ses charges — le coût de portage que chiffre notre guide de la vacance locative.

Reste une question de fond que ce parcours ne résout pas et qu’il faut se poser franchement avant d’entrer dedans : accepter un plafond de loyer et un plafond de ressources revient à renoncer, pour six ans, à deux des trois leviers dont dispose un bailleur pour piloter son bien, le loyer et le choix du locataire. Le troisième, la maîtrise des charges, ne suffit pas toujours à compenser. Un dispositif fiscal ne rachète jamais une contrainte d’exploitation qu’on n’avait pas mesurée.

Ce qui coûte cher aux bailleurs

Quatre erreurs reviennent, et chacune se chiffre.

Choisir le taux le plus élevé, 2 306 €. Loc3 affiche 65 % et produit le pire résultat sur un dossier endetté : réduction intégralement perdue, 3 088 € de loyer abandonnés. Le taux affiché n’est pas le gain ; le gain est le minimum entre la réduction et l’impôt dû.

Comparer le plafond au loyer charges comprises, 1 028 €. L’erreur fait apparaître une décote de 25 % au lieu de 15 %, et conduit à écarter le dispositif sans calcul — ou à surestimer le sacrifice de dix points dans les deux sens. La bonne comparaison est hors charges contre hors charges.

Oublier que le micro-foncier devient impossible, 686 €. Un bailleur peu chargé qui conventionne perd l’abattement de 30 % et bascule au réel, avec sa comptabilité et sa déclaration. Sur un dossier où le réel est défavorable, c’est un coût qui s’ajoute à la décote de loyer — notre calcul du rendement net-net-net montre ce que la bascule change poste par poste.

Signer avant de simuler, 355 €. La convention court six ans. Une année de calcul manquée se paie six fois, sans possibilité de sortir du dispositif sans remise en cause de l’avantage déjà obtenu — la même discipline de simulation préalable que réclame notre guide du budget.

Ce qu’il faut faire, et dans quel ordre

Le calcul se fait en une demi-heure, avec deux fichiers publics et gratuits.

  1. Relevez le plafond de votre commune dans le fichier du ministère, pour les trois niveaux, en notant qu’il est hors charges.
  2. Remontez au loyer de marché hors charges en divisant le plafond Loc1 par 0,85 : c’est la seule base comparable, et elle évite l’erreur des dix points.
  3. Calculez votre impôt sur le revenu foncier actuel, au réel, charges et intérêts déduits. C’est lui, et lui seul, qui plafonne la réduction.
  4. Comparez la réduction théorique à cet impôt : si elle le dépasse, l’excédent est perdu, et le niveau supérieur ne vous apportera rien.
  5. Refaites le calcul à cinq ans, quand vos intérêts auront baissé et votre base imposable remonté : un dispositif défavorable aujourd’hui peut devenir neutre demain, et la convention dure six ans.
  6. Vérifiez le plafond de ressources du locataire avant de vous engager : il restreint le vivier, ce que le choix du locataire doit intégrer dès l’annonce.

Un dernier point, qui résume l’esprit de la démarche. Loc’Avantages est présenté comme un arbitrage entre un loyer et un avantage fiscal, et c’en est un — mais l’avantage n’est pas celui qu’affiche le taux. Il vaut exactement ce que vous payez d’impôt sur le revenu, jamais plus, et un investisseur endetté a organisé toute sa fiscalité pour n’en payer presque aucun. Le dispositif récompense donc précisément le profil qui n’en a pas besoin, et laisse de côté celui qui croyait le viser. Ce n’est pas une critique du dispositif : c’est la lecture de son mécanisme d’imputation, et elle se fait avant de signer, pas après.

Soixante-cinq pour cent annoncés. Zéro euro utilisé.

UNE DEMI-HEURE, DEUX FICHIERS PUBLICS

Le calcul se fait avant la convention, pas après

Le plafond de votre commune, votre impôt sur le revenu foncier réel, et la comparaison des deux : c’est tout ce qu’il faut pour savoir si le dispositif vous rapporte ou vous coûte.

  • Votre plafond communal relevé aux trois niveaux
  • Votre capacité réelle d’absorption de la réduction
  • Le calcul refait à cinq ans, quand les intérêts auront baissé
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Douze réponses directes sur les plafonds par commune, l’exclusion du micro-foncier, la perte de la réduction non imputée et le profil pour lequel le dispositif fonctionne.

Vous voulez tester le calcul sur votre commune ?

Apportez le plafond de votre commune, vos charges et vos intérêts. L’échange ne remplace pas un conseil fiscal personnalisé et n’engage aucune décision de conventionnement.

Faire le point sur votre dossier

01 · Le dispositif

  • 01Qu'est-ce que Loc'Avantages et jusqu'à quand peut-on en bénéficier ?
    Une réduction d'impôt accordée au bailleur qui conventionne son logement avec l'Anah, le loue nu en résidence principale sous plafonds de loyer et de ressources, et s'engage pour six ans. Elle se calcule sur les revenus bruts du logement. Les demandes de conventionnement doivent être enregistrées par l'Anah entre le 1er mars 2022 et le 31 décembre 2027 : la fenêtre se referme dans un peu plus d'un an.
  • 02Quels sont les taux de réduction d'impôt ?
    Quinze pour cent en loyer intermédiaire et 35 % en loyer social lorsque le bailleur gère en direct ; 20 %, 40 % et 65 % lorsque la gestion passe par un organisme agréé, ce qu'on appelle l'intermédiation locative. Le niveau très social, à 65 %, n'existe qu'avec intermédiation. Les taux s'appliquent aux revenus bruts, pas au revenu net.
  • 03Comment sont fixés les plafonds de loyer ?
    Commune par commune, et non par zone. Le ministère chargé du logement publie chaque année un fichier ouvert couvrant 34 934 communes et arrondissements, à partir d'une estimation du loyer de marché local minorée de 15 %, 30 % ou 45 % selon le niveau. Pour Le Mans, les plafonds valent 8,83 €/m² en Loc1, 7,27 € en Loc2 et 5,71 € en Loc3.

02 · Plafonds et régime

  • 04La décote de loyer est-elle vraiment de 25 % ?
    Non, elle est de 15 % au premier niveau, et l'écart vient d'une erreur de comparaison très répandue. Les plafonds Loc'Avantages sont hors charges, alors que la carte des loyers, référence que tout le monde utilise, est publiée charges comprises. Comparer 8,83 € à 11,77 € affiche 25 % de décote ; comparer hors charges à hors charges, soit 8,83 € à 10,39 €, en donne 15 %.
  • 05Peut-on rester au micro-foncier en conventionnant ?
    Non. L'article 32 du code général des impôts exclut du régime micro-foncier les logements au titre desquels la réduction de l'article 199 tricies est demandée. Conventionner emporte donc obligatoirement le passage au régime réel, avec la déclaration et la tenue qui vont avec — un coût à intégrer au calcul quand le réel n'était pas déjà le meilleur régime.
  • 06Que devient la réduction d'impôt qu'on ne peut pas utiliser ?
    Elle est définitivement perdue. Le texte dit qu'elle « est imputée sur l'impôt dû au titre des revenus de chacune des années » : il n'y a ni report sur les années suivantes, ni restitution. Une réduction d'impôt ne s'impute par ailleurs que sur l'impôt sur le revenu, jamais sur les prélèvements sociaux.

03 · Le calcul réel

  • 07Loc'Avantages est-il intéressant quand on a un emprunt ?
    Rarement, et le mécanisme l'explique. Le dispositif impose le régime réel, où les intérêts d'emprunt se déduisent et écrasent la base imposable. Il ne reste alors presque plus d'impôt sur le revenu sur lequel imputer la réduction. Sur le cas décrit, un bailleur endetté n'utilise que 188 € d'une réduction de 874 € en Loc1, et rien du tout en Loc2 ou Loc3.
  • 08Le taux de 65 % est-il le plus avantageux ?
    C'est le plus élevé et, sur un dossier endetté, le plus mauvais. Au niveau très social, le loyer tombe si bas que la base imposable devient nulle : la réduction de 2 450 € n'est utilisée à aucun euro, alors que 3 088 € de loyer ont été abandonnés. Le résultat est inférieur de 2 306 € par an à la location libre. Plus la décote est forte, moins il reste d'impôt à réduire.
  • 09Pour quel profil le calcul est-il favorable ?
    Celui qui n'a pas d'emprunt sur le bien. Sans intérêts à déduire, la base imposable reste élevée et la réduction s'impute intégralement : sur le même appartement, Loc1 avec intermédiation rapporte 485 € de plus par an que la location libre. Une tranche marginale élevée, des charges faibles, ou la détention de plusieurs biens loués nus dont l'impôt global absorbe la réduction améliorent encore le calcul.

04 · En pratique

  • 10L'intermédiation locative change-t-elle le résultat ?
    Elle augmente le taux, pas forcément le gain. Sur un dossier endetté, le résultat net est strictement identique avec ou sans intermédiation en Loc1, parce que le plafond d'utilisation n'est pas le taux mais l'impôt dû — 188 € dans les deux cas. Elle ne devient utile que lorsque l'impôt sur le revenu est suffisant pour absorber la réduction majorée.
  • 11Comment vérifier si le calcul tient sur ma commune ?
    En une demi-heure et avec deux fichiers publics. Relevez le plafond de votre commune dans le fichier du ministère, remontez au loyer de marché hors charges en divisant le plafond Loc1 par 0,85, calculez votre impôt sur le revenu foncier actuel au réel, puis comparez la réduction théorique à cet impôt. Si elle le dépasse, l'excédent est perdu et le niveau supérieur n'apportera rien.
  • 12Combien de temps dure l'engagement ?
    Six ans, avec ou sans travaux, la durée des conventions Anah ayant été unifiée. C'est la raison pour laquelle le calcul se refait à cinq ans : les intérêts d'emprunt décroissent, la base imposable remonte, et un dispositif défavorable la première année peut devenir neutre en fin de convention. Une année de calcul manquée se paie six fois.

Soixante-cinq pour cent annoncés. Zéro euro utilisé.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète pour faire le calcul seul, à partir de deux fichiers publics gratuits.

Pas un conseil fiscal personnaliséPlafonds : données officielles du ministèreCharges et tranche : hypothèses déclarées

Sources et date de contrôle

Loc’Avantages promet jusqu’à 65 % de réduction d’impôt sur vos loyers bruts. Sur un appartement financé à crédit au Mans, la réduction théorique atteint 2 450 € — et vous n’en utilisez pas un euro.

  • Source 01

    Article 199 tricies du code général des impôts — réduction d'impôt Loc'Avantages — Légifrance. Réduction d'impôt pour les logements donnés en location dans le cadre d'une convention conclue avec l'Agence nationale de l'habitat, « dont la date d'enregistrement par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de conventionnement intervient entre le 1er mars 2022 et le 31 décembre 2027 ». Le logement est loué nu à usage d'habitation principale ; « le loyer et les ressources du locataire […] n'excèdent pas des plafonds fixés par décret » ; le locataire ne peut être membre du foyer fiscal, ascendant ou descendant du bailleur. Taux appliqués aux revenus bruts du logement : 15 % en location intermédiaire et 35 % en location sociale, portés à 20 %, 40 % et 65 % en cas d'intermédiation locative par un organisme agréé, le niveau très social n'existant qu'avec elle. Modalités d'imputation : « La réduction d'impôt est imputée sur l'impôt dû au titre des revenus de chacune des années » — l'excédent n'est ni reportable ni restituable. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 02

    Article 32 du code général des impôts — exclusions du régime micro-foncier — Légifrance. Version en vigueur au 21 février 2026, modifiée par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026. Le 2 énumère les cas d'exclusion du régime micro-foncier, dont le h) : « Logements au titre desquels est demandé le bénéfice de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 tricies. » Le conventionnement Loc'Avantages emporte donc obligatoirement le régime réel. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 03

    Plafonds de loyer du dispositif Loc'Avantages — jeu de données ouvert — Ministère de la Transition écologique, data.gouv.fr. Plafonds définis annuellement par commune ou arrondissement — à l'arrondissement pour Paris, Lyon et Marseille, au département pour Mayotte — et exprimés en euros par mètre carré et par mois, hors charges. Fichier le plus récent mis à jour le 3 février 2026, 34 934 lignes, colonnes : code INSEE, commune, source de l'estimation, location intermédiaire, location sociale, location très sociale. Valeurs relevées pour Le Mans (code 72181, source « Loyer CDL ») : 8,83 €/m² en Loc1, 7,27 € en Loc2, 5,71 € en Loc3. Licence ouverte 2.0. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 04

    Décret n° 2022-465 du 31 mars 2022 relatif aux conventions conclues par l'Anah et aux plafonds de loyer et de ressources — Légifrance. Pris pour l'application de l'article 199 tricies du CGI. Renvoie aux plafonds de loyer définis au I de l'article 2 terdecies H de l'annexe III au CGI. La convention mentionne le loyer mensuel pratiqué « hors charges locatives » : les plafonds s'entendent donc hors charges. Consulté le 2026-08-24.

  • Source 05

    Modalités d'application du dispositif Loc'Avantages — analyse juridique — ANIL. Les plafonds de loyer sont déterminés à l'échelle de la commune, ou de l'arrondissement pour Paris, Lyon et Marseille, à partir d'une estimation du loyer de marché local à laquelle est appliquée une décote de 15 % en loyer intermédiaire, 30 % en social et 45 % en très social ; ils sont révisés annuellement selon l'indice de référence des loyers. « La durée des conventions Anah est unifiée à six ans avec ou sans travaux. » Consulté le 2026-08-24.

  • Source 06

    « Carte des loyers » — indicateurs de loyers d'annonce par commune, millésime 2025 — ANIL / DHUP, data.gouv.fr. Loyers du parc locatif privé estimés à partir des annonces, exprimés charges comprises. Ligne INSEE 72181 Le Mans : loyer prédit 11,77 €/m². Cette valeur, charges comprises, n'est pas directement comparable aux plafonds Loc'Avantages, qui sont hors charges. Consulté le 2026-08-24.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide donne la méthode complète pour faire le calcul seul, à partir de deux fichiers publics gratuits. Les montants cités valent pour le cas construit décrit — charges, intérêts et tranche marginale y sont des hypothèses déclarées, seuls les plafonds de loyer sont des données officielles — et se recalculent sur le vôtre. Ce guide n’est pas un conseil fiscal personnalisé : la décision de conventionner engage six ans et se valide avec un conseil qualifié.</p