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Guide de décisionVérifié le 31 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Le rappel fiscal des donations : pourquoi l’abattement de 100 000 € n’est pas disponible chaque fois qu’on le croit

« La perception est effectuée en ajoutant à la valeur des biens compris dans la donation […] celle des biens qui ont fait l’objet de donations antérieures, à l’exception de celles passées depuis plus de quinze ans. » L’abattement de 100 000 € n’est donc pas disponible chaque fois qu’on le croit.

CINQ ARTICLES DU CODE GÉNÉRAL DES IMPÔTS, LUS LE 31 AOÛT 2026

80 000 € sans droits aujourd’hui. 200 000 € dans six ans, sur le même immeuble.

Une donation de moins de quinze ans revient dans le calcul : elle consomme l’abattement et pousse la nouvelle donation dans les tranches hautes du tarif.

  • Le second effet du rappel, celui qui touche le tarif et non l’abattement
  • Un seuil qui se lit « plus de quinze ans », donc pas à la date anniversaire
  • Un don d’argent que le texte écarte expressément du rappel
  • Et ce que ce don ne peut pas transmettre : aucune part de l’immeuble

TEXTES LUS SUR LÉGIFRANCE

5

DÉLAI DE RAPPEL

15 ans

ABATTEMENT EN LIGNE DIRECTE

100 000 €

DON FAMILIAL HORS RAPPEL

31 865 €

DROITS SUR LE DOSSIER

10 194,35 €

ÉCART À SIX ANS

120 000 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Les donations anciennes reviennent dans le calcul. La perception se fait en ajoutant la valeur des biens déjà donnés, « à l’exception de celles passées depuis plus de quinze ans »1.

L’abattement n’est pas rendu chaque année. Il est de « 100 000 € sur la part de chacun des ascendants et sur la part de chacun des enfants »2, et le rappel en déduit ce qui a déjà été utilisé.

Un canal y échappe. Pour le don familial de sommes d’argent, « Il n’est pas tenu compte des dons de sommes d’argent mentionnés au I pour l’application de l’article 784 »3.

Le corpus traite déjà la SCI familiale et l’achat en nue-propriété, qui supposent l’un et l’autre un abattement disponible. Ce guide porte sur le mécanisme qui décide s’il l’est.

Qu’est-ce que le rappel fiscal ?

Une addition, avant tout calcul. Le fisc ne regarde pas la donation du jour isolément : il y rattache celles que le même donateur a déjà consenties au même bénéficiaire.

Le texte le dit en une phrase, et la lecture mérite d’être lente : « La perception est effectuée en ajoutant à la valeur des biens compris dans la donation ou la déclaration de succession celle des biens qui ont fait l’objet de donations antérieures, à l’exception de celles passées depuis plus de quinze ans »1.

Trois éléments s’y trouvent, et il faut les séparer. Une addition — les biens déjà donnés reviennent dans l’assiette. Une exception — celles passées depuis plus de quinze ans en sortent. Et une locution qui décide de tout : « plus de », là où l’usage courant lit un délai atteint à la date anniversaire.

Notez que le rappel joue aussi dans une succession. Le texte vise « la donation ou la déclaration de succession » : une donation de moins de quinze ans est rappelée au décès du donateur comme elle l’aurait été lors d’une nouvelle donation.

Le mécanisme se comprend mieux si l’on retient ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas une taxation rétroactive de la donation ancienne, dont les droits ont été liquidés en son temps — y compris lorsque cette liquidation a conclu à zéro. C’est une reconstitution de l’assiette, pour déterminer ce qui reste d’abattement et à quel taux la nouvelle transmission est frappée.

Le rappel fait deux choses, pas une

Le premier effet est connu, le second beaucoup moins. Les deux figurent dans le même article, à deux endroits différents.

Le premier tient à l’abattement. Le texte prévoit que « Pour le calcul des abattements et réductions édictés par les articles 779, 790 B, 790 D, 790 E et 790 F il est tenu compte des abattements et des réductions effectués sur les donations antérieures visées au deuxième alinéa consenties par la même personne »1. Autrement dit, l’abattement déjà utilisé n’est pas rendu.

Le second tient au tarif, et il est le moins lu des deux. Le rappel se fait « lorsqu’il y a lieu à application d’un tarif progressif, en considérant ceux de ces biens dont la transmission n’a pas encore été assujettie au droit de mutation à titre gratuit comme inclus dans les tranches les plus élevées de l’actif imposable »1.

Prenez le temps de relire cette phrase, car elle ne dit pas ce qu’on lui fait souvent dire. Le texte range dans les tranches les plus élevées les biens dont la transmission « n’a pas encore été assujettie au droit de mutation à titre gratuit »1 : le classement se fait selon ce qui a déjà supporté des droits, non selon l’ordre chronologique des donations.

Ce guide s’arrête là sur ce point, et le déclare. L’imputation exacte des tranches lorsque la donation antérieure a elle-même supporté des droits ne se déduit pas des cinq articles lus : elle relève de la liquidation que le notaire établit, et nous ne la traitons pas. Le dossier ci-dessous est construit pour que la question ne se pose pas — la donation antérieure y est entièrement absorbée par l’abattement.

À partir de quand une donation sort-elle du rappel ?

Passé quinze ans, et le texte est plus précis que l’usage. Il exclut les donations « passées depuis plus de quinze ans »1.

La formule « plus de quinze ans » ne se confond pas avec quinze ans. Une donation consentie le 12 mars 2011 n’est pas hors rappel le 12 mars 2026 : elle l’est le lendemain. Sur un dossier dont l’acte se signe à une date choisie, cette journée compte.

Le point de départ est la donation antérieure elle-même. Le texte vise les donations « passées depuis plus de quinze ans », ce qui rattache le compte à la date de la donation ; il ne dit pas expressément si une donation non notariée se date de son acte ou de son enregistrement, et ce guide ne le tranche pas.

Retenez que le compteur est propre à chaque couple donateur-donataire. Une donation du père à sa fille ne consomme rien de l’abattement de la mère envers la même fille : le texte vise les donations antérieures « consenties par la même personne »1. Deux parents disposent donc de deux compteurs séparés, et de deux abattements de 100 000 € chacun.

C’est aussi ce qui rend le rappel praticable pour un patrimoine immobilier. Un couple qui détient un immeuble de rapport dispose, tous les quinze ans, de 200 000 € d’abattement par enfant — ce que notre guide sur la SCI traduit en parts sociales plutôt qu’en mètres carrés.

Que faut-il déclarer, et qui le doit ?

Les donations antérieures, et l’obligation pèse sur les parties elles-mêmes. Ce n’est pas au fisc de les retrouver.

Le premier alinéa de l’article est une obligation déclarative, souvent lue trop vite : « Les parties sont tenues de faire connaître, dans tout acte constatant une transmission entre vifs à titre gratuit et dans toute déclaration de succession, s’il existe ou non des donations antérieures consenties à un titre et sous une forme quelconque par le donateur ou le défunt aux donataires, héritiers ou légataires »1.

Trois précisions se cachent dans cette phrase. Il faut déclarer même en l’absence de donation antérieure — « s’il existe ou non ». La déclaration vise toute forme de donation, « à un titre et sous une forme quelconque ». Et elle est due dans l’acte comme dans la déclaration de succession.

Le texte va plus loin et demande les coordonnées. Il faut indiquer « le montant de ces donations ainsi que, le cas échéant, les noms, qualités et résidences des officiers ministériels qui ont reçu les actes de donation, et la date de l’enregistrement de ces actes »1.

Une conséquence pour les dons manuels non déclarés en leur temps. Lorsqu’ils sont révélés, « Ces droits sont calculés sur la valeur du don manuel au jour de sa déclaration ou de son enregistrement, ou sur sa valeur au jour de la donation si celle-ci est supérieure »4, et « Le tarif et les abattements applicables sont ceux en vigueur au jour de la déclaration ou de l’enregistrement du don manuel »4.

La même règle s’applique quand la révélation vient du bénéficiaire : le texte précise qu’elle vaut « lorsque le donataire révèle un don manuel à l’administration fiscale »4. Un don ancien remonté à l’occasion d’une donation notariée entre donc dans le calcul du jour.

Le don d’argent qui échappe au rappel

Il existe un canal que le rappel ne voit pas, et le texte le dit sans ambiguïté. C’est le seul mécanisme de ce guide qui laisse l’abattement intact.

L’article qui organise le don familial de sommes d’argent comporte un paragraphe III d’une brièveté remarquable : « Il n’est pas tenu compte des dons de sommes d’argent mentionnés au I pour l’application de l’article 784 »3.

Le montant est plafonné, avec sa propre périodicité. Ces dons « sont exonérés de droits de mutation à titre gratuit dans la limite de 31 865 € tous les quinze ans »3, et ce plafond « est applicable aux donations consenties par un même donateur à un même donataire »3.

Deux conditions tiennent aux personnes, et elles sont strictes. « Le donateur est âgé de moins de quatre-vingts ans au jour de la transmission »3 ; « Le donataire est âgé de dix-huit ans révolus ou a fait l’objet d’une mesure d’émancipation au jour de la transmission »3. Ces âges s’apprécient au jour de la transmission, pas à celui de la déclaration.

Le cumul avec l’abattement est expressément prévu : l’exonération « se cumule avec les abattements prévus aux I, II et V de l’article 779 »3. Un enfant peut donc recevoir, du même parent, 100 000 € au titre de l’abattement et 31 865 € au titre du don familial.

Une formalité conditionne tout, et son délai est court. Les dons « doivent être déclarés ou enregistrés par le donataire dans le délai d’un mois qui suit la date du don »3 — un mois, et c’est au bénéficiaire de le faire, non au donateur.

Peut-on transmettre un immeuble par ce canal ?

Non, et c’est la limite qui décide de son intérêt réel pour un patrimoine immobilier. Le texte vise des sommes d’argent.

Il porte sur « Les dons de sommes d’argent consentis en pleine propriété »3 au profit d’un descendant, ou à défaut d’un neveu ou d’une nièce. Un immeuble n’est pas une somme d’argent, et des parts de société civile non plus.

Trois conséquences en découlent pour qui détient un immeuble de rapport. Ce canal ne transmet aucune fraction du bien. Il ne transmet aucune part de SCI. Et si l’enfant emploie cet argent à racheter une part du bien à son parent, l’opération devient une vente, avec la fiscalité qui s’y attache : ce guide ne la traite pas.

Ce qu’il permet, en revanche, est réel. Il fait sortir des liquidités du patrimoine du donateur sans entamer l’abattement, ce qui laisse celui-ci entier pour l’immeuble lui-même ou pour les parts qui le portent.

Sur la manière de découper la propriété d’un bien entre générations, notre guide sur le démembrement familial expose la présomption qui pèse sur ces montages, et celui sur le quasi-usufruit ce qu’il advient du prix en cas de vente.

Le dossier de Pénélope

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Pénélope détient un immeuble de rapport posé à 336 000 €, et deux enfants majeurs.

Il y a neuf ans, elle a donné 60 000 € à chacun. Cette donation n’a pas quinze ans : elle est rappelée, et elle a consommé 60 000 € de l’abattement de chaque enfant.

Il lui reste donc 40 000 € par enfant, soit 80 000 € au total, à transmettre aujourd’hui sans droits. Dans six ans, la donation ancienne sortira du rappel et l’abattement redeviendra entier : 100 000 € par enfant, soit 200 000 €.

Le même immeuble, deux dates de donation

Le dossier de Pénélope — tableau 1
aujourd’hui, avant les quinze ans40 000 €80 000 €23,8 %
dans six ans, après les quinze ans100 000 €200 000 €59,5 %
écart60 000 €120 000 €35,7 pts

La dernière ligne se vérifie en deux gestes : 100 000 − 40 000 font bien 60 000 € par enfant, et 60 000 × 2 font les 120 000 € de la colonne suivante. Ce montant n’est pas un hasard — il est exactement égal aux deux donations de 60 000 € encore rappelées.

Pénélope peut aussi verser 31 865 € en espèces à chaque enfant, soit 63 730 €, sans toucher à rien de ce tableau : ce don échappe au rappel, et il se cumule avec l’abattement. Mais il ne transmet aucune part de l’immeuble.

Combien coûte l’abattement consommé ?

Sur ce dossier, 10 194,35 € par enfant. Le calcul se refait en quatre tranches, et il est reproduit ici pour que le lecteur le rejoue sur ses propres chiffres.

Supposons que Pénélope donne 100 000 € par enfant aujourd’hui. Le calcul suit l’ordre que le texte décrit : on ajoute la donation antérieure à celle du jour, soit 160 000 € en tout ; on impute l’abattement de 100 000 € ; il reste 60 000 € de part taxable. Le tarif en ligne directe s’y applique par tranches5.

Ce chemin est celui du texte, et il écarte une difficulté. La donation antérieure ayant été entièrement absorbée par l’abattement, elle n’a supporté aucun droit : la question de savoir quelles tranches elle aurait occupées ne se pose pas ici. Sur un dossier où la donation ancienne a payé des droits, le calcul se complique, et il relève du notaire.

Le tarif en ligne directe, appliqué à 60 000 € de part taxable

Combien coûte l’abattement consommé ? — tableau 2
n’excédant pas 8 072 €5 %8 072 €403,60 €
de 8 072 € à 12 109 €10 %4 037 €403,70 €
de 12 109 € à 15 932 €15 %3 823 €573,45 €
de 15 932 € à 552 324 €20 %44 068 €8 813,60 €
total par enfant60 000 €10 194,35 €

Les deux colonnes s’additionnent à l’écran. Les bases font 8 072 + 4 037 + 3 823 + 44 068, soit les 60 000 € de la part taxable ; les droits font 403,60 + 403,70 + 573,45 + 8 813,60, soit les 10 194,35 € du total.

Pour les deux enfants, 20 388,70 €. La même donation faite six ans plus tard, l’abattement étant alors entier, ne supporte aucun droit : la part taxable tombe à zéro.

Rapporté à l’immeuble, cet écart représente 6,1 % de sa valeur. Le guide ne le compare à aucun rendement locatif : ce serait mettre en regard un coût unique et un revenu récurrent, et l’écart de 6,1 % tient entièrement à une date, non à la qualité de l’opération.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Quatre erreurs de lecture du même mécanisme. Les montants sont ceux du dossier de Pénélope.

L’abattement cru disponible. Le donateur compte sur 100 000 € par enfant sans se souvenir de la donation de 2017. Le notaire la retrouve à la rédaction de l’acte, la part taxable passe de 0 à 60 000 €, et 10 194,35 € de droits apparaissent par enfant.

La donation signée quinze ans jour pour jour. L’acte est calé sur l’anniversaire de la donation antérieure, dans l’idée que le délai est atteint. Le texte exclut les donations « passées depuis plus de quinze ans » : à la date anniversaire, le délai ne l’est pas encore, et les 60 000 € sont rappelés pour un jour.

Le don d’argent non déclaré dans le mois. Les 31 865 € sont versés mais la déclaration ne suit pas. L’exonération étant subordonnée à une déclaration « dans le délai d’un mois qui suit la date du don », le don sort du régime de faveur et vient s’imputer sur l’abattement, qu’il réduit d’autant.

Le don manuel ancien révélé au mauvais moment. Un virement familial de 2019 est mentionné lors d’une donation notariée. Les droits sont alors calculés « sur la valeur du don manuel au jour de sa déclaration », et ce montant s’ajoute à l’assiette du jour : sur un dossier dont la part taxable atteint déjà 60 000 €, chaque euro supplémentaire relève du taux de 20 %.

Le point commun des quatre tient en une ligne. Dans chacun, une date ou une formalité décide d’un montant, et aucune ne se rattrape après coup.

Six vérifications avant de signer une donation

Trois sur le passé. Trois sur l’acte à venir.

  1. Reconstituez quinze ans de donations, dans les deux sens. Père et mère ont des compteurs séparés : une donation du parent A ne consomme rien chez le parent B, et l’oubli de l’un fausse tout le calcul.
  2. Datez chaque donation antérieure à la journée près. Le seuil est « plus de quinze ans » : une date anniversaire ne suffit pas, et un acte décalé d’un jour peut valoir 10 194,35 € par enfant sur ce dossier.
  3. Cherchez les dons manuels non déclarés. Un virement ancien révélé à l’occasion de l’acte est taxé au tarif du jour de la déclaration, et non à celui de l’époque.
  4. Vérifiez l’âge du donateur avant de compter sur le don familial. Moins de quatre-vingts ans au jour de la transmission, et dix-huit ans révolus pour celui qui reçoit.
  5. Déclarez le don d’argent dans le mois. C’est au bénéficiaire de le faire, et le manquement fait basculer 31 865 € dans l’assiette de l’abattement.
  6. Ne comptez pas le don familial en parts d’immeuble. Il porte sur des sommes d’argent : il laisse l’abattement entier pour le bien, sans en transmettre le moindre mètre carré.

Un mot sur les professionnels que ce sujet mobilise, et sur leur ordre. Le notaire est au centre : c’est lui qui reçoit l’acte, interroge sur les donations antérieures et liquide les droits, et c’est la seule décision de ce guide qui ne peut pas se prendre sans lui. L’expert-comptable intervient si l’immeuble est logé dans une société, la valeur des parts n’étant pas celle du bien. Le gestionnaire de patrimoine met en regard l’arbitrage fiscal et les besoins de revenus du donateur, que le guide ne traite pas. L’agent immobilier fournit un avis de valeur, qui n’est pas une évaluation opposable. Le chasseur immobilier et le courtier, eux, n’ont rien à faire dans un dossier de transmission — c’est une opération de patrimoine, pas d’acquisition.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il n’aborde ni la donation-partage, ni le pacte Dutreil, ni la réserve héréditaire, qui relèvent du droit civil des successions. Il ne traite pas la décote applicable à un bien loué, ni l’usufruit temporaire cédé à une société. Et il ne dit pas s’il faut donner : il montre ce qu’une date change, sur un dossier où le donateur a d’autres raisons de décider que fiscales.

UN IMMEUBLE POSÉ À 336 000 €, DEUX ENFANTS, UNE DONATION DE 2017

10 194,35 € de droits par enfant, ou zéro.

L’écart entre les deux tient à une date. Les 120 000 € qui séparent les deux scénarios sont exactement le montant des donations encore rappelées.

  • Pourquoi une seconde donation ne repart pas du taux de 5 %
  • Pourquoi les deux parents disposent de deux compteurs séparés
  • Pourquoi un don d’argent non déclaré dans le mois coûte l’abattement
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur le rappel des donations antérieures, le seuil de quinze ans, l’abattement en ligne directe, le don familial de sommes d’argent et le sort des dons manuels révélés.

Un immeuble de rapport à transmettre ?

La première question est celle des donations déjà faites, la seconde celle de leur date exacte.

Faire le point sur un projet

01 · Le mécanisme

  • 01Qu’est-ce que le rappel fiscal des donations ?
    Une addition faite avant tout calcul de droits. Le texte prévoit que « La perception est effectuée en ajoutant à la valeur des biens compris dans la donation ou la déclaration de succession celle des biens qui ont fait l’objet de donations antérieures, à l’exception de celles passées depuis plus de quinze ans ». Les donations anciennes ne sont pas retaxées : elles reviennent dans l’assiette pour déterminer ce qui reste d’abattement et à quel taux la nouvelle transmission est frappée.
  • 02Le rappel joue-t-il aussi sur le tarif, ou seulement sur l’abattement ?
    Sur les deux, et le second effet est le moins connu. Le texte prévoit que le rappel se fait « lorsqu’il y a lieu à application d’un tarif progressif, en considérant ceux de ces biens dont la transmission n’a pas encore été assujettie au droit de mutation à titre gratuit comme inclus dans les tranches les plus élevées de l’actif imposable ». Une seconde donation ne repart donc pas du taux de 5 % : elle continue le barème là où la première l’a laissé.

02 · Le délai

  • 03Une donation de quinze ans jour pour jour est-elle hors du rappel ?
    Non. Le texte exclut les donations « passées depuis plus de quinze ans », et « plus de quinze ans » n’est pas quinze ans. Une donation consentie le 12 mars 2011 sort du rappel le 13 mars 2026, pas le 12. Sur un acte dont la date se choisit, cette journée peut décider de plusieurs milliers d’euros de droits.
  • 04Les deux parents ont-ils un abattement chacun ?
    Oui, et deux compteurs séparés. L’abattement de 100 000 € s’applique « sur la part de chacun des ascendants et sur la part de chacun des enfants vivants ou représentés par suite de prédécès ou de renonciation », et le rappel ne tient compte que des donations « consenties par la même personne ». Une donation du père ne consomme donc rien de l’abattement de la mère envers le même enfant.

03 · Le don familial

  • 05Le don familial de 31 865 € entre-t-il dans le rappel ?
    Non, et le texte l’écrit sans détour : « Il n’est pas tenu compte des dons de sommes d’argent mentionnés au I pour l’application de l’article 784. » Ce don est exonéré « dans la limite de 31 865 € tous les quinze ans » par couple donateur-donataire, il « se cumule avec les abattements prévus aux I, II et V de l’article 779 », et il suppose un donateur « âgé de moins de quatre-vingts ans au jour de la transmission ».
  • 06Ce don familial peut-il porter sur un immeuble ou des parts de SCI ?
    Non. Le texte vise « Les dons de sommes d’argent consentis en pleine propriété » : un immeuble n’est pas une somme d’argent, et des parts de société civile non plus. Ce canal déplace des liquidités sans entamer l’abattement, ce qui laisse celui-ci entier pour le bien lui-même ou pour les parts qui le portent, mais il ne transmet aucune fraction de l’immeuble.

04 · Les formalités

  • 07Que se passe-t-il si un don d’argent n’est pas déclaré dans le mois ?
    Il sort du régime de faveur. L’exonération suppose que les dons « doivent être déclarés ou enregistrés par le donataire dans le délai d’un mois qui suit la date du don » — c’est au bénéficiaire de le faire, non au donateur. Faute de déclaration, la somme s’impute sur l’abattement de 100 000 €, qu’elle réduit d’autant pour les quinze années suivantes.
  • 08Un don manuel ancien jamais déclaré peut-il ressortir ?
    Oui, et il est alors taxé au tarif du jour. Le texte prévoit que « Ces droits sont calculés sur la valeur du don manuel au jour de sa déclaration ou de son enregistrement, ou sur sa valeur au jour de la donation si celle-ci est supérieure », et que « Le tarif et les abattements applicables sont ceux en vigueur au jour de la déclaration ou de l’enregistrement du don manuel ». La même règle vaut « lorsque le donataire révèle un don manuel à l’administration fiscale ».

Ce guide ne dit pas s’il faut donner. Il chiffre ce qu’une date change.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Sur une transmission, le premier interlocuteur est le notaire, et nous n’intervenons pas.

Cinq articles du code général des impôts lus sur LégifranceAucune version postérieure annoncée sur les cinq pagesUn dossier chiffré que le lecteur peut rejouer tranche par tranche

Sources et date de contrôle

L’abattement de 100 000 € en ligne directe ne se reconstitue pas chaque année. Une donation de moins de quinze ans revient dans le calcul : elle consomme ce qui a déjà été utilisé et pousse la nouvelle transmission dans les tranches hautes du tarif. Ce qui reste disponible, quand il revient, et le seul canal que le rappel ne voit pas.

  • Source 01

    Article 784 du code général des impôts — le rappel des donations antérieures — Légifrance. Les parties sont tenues de faire connaître, dans tout acte constatant une transmission entre vifs à titre gratuit et dans toute déclaration de succession, s’il existe ou non des donations antérieures consenties à un titre et sous une forme quelconque par le donateur ou le défunt aux donataires, héritiers ou légataires et, dans l’affirmative, le montant de ces donations ainsi que, le cas échéant, les noms, qualités et résidences des officiers ministériels qui ont reçu les actes de donation, et la date de l’enregistrement de ces actes. La perception est effectuée en ajoutant à la valeur des biens compris dans la donation ou la déclaration de succession celle des biens qui ont fait l’objet de donations antérieures, à l’exception de celles passées depuis plus de quinze ans, et, lorsqu’il y a lieu à application d’un tarif progressif, en considérant ceux de ces biens dont la transmission n’a pas encore été assujettie au droit de mutation à titre gratuit comme inclus dans les tranches les plus élevées de l’actif imposable. Pour le calcul des abattements et réductions édictés par les articles 779, 790 B, 790 D, 790 E et 790 F il est tenu compte des abattements et des réductions effectués sur les donations antérieures visées au deuxième alinéa consenties par la même personne. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2017, modifiée par la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016, article 32. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 02

    Article 779 du code général des impôts — l’abattement en ligne directe — Légifrance. I. Pour la perception des droits de mutation à titre gratuit, il est effectué un abattement de 100 000 € sur la part de chacun des ascendants et sur la part de chacun des enfants vivants ou représentés par suite de prédécès ou de renonciation. Entre les représentants des enfants prédécédés ou renonçants, cet abattement se divise selon les règles de la dévolution légale. II. Pour la perception des droits de mutation à titre gratuit, il est effectué un abattement de 159 325 € sur la part de tout héritier, légataire ou donataire, incapable de travailler dans des conditions normales de rentabilité, en raison d’une infirmité physique ou mentale, congénitale ou acquise. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2013, modifiée par la loi n° 2012-958 du 16 août 2012, article 5. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 03

    Article 790 G du code général des impôts — le don familial de sommes d’argent — Légifrance. Les dons de sommes d’argent consentis en pleine propriété au profit d’un enfant, d’un petit-enfant, d’un arrière-petit-enfant ou, à défaut d’une telle descendance, d’un neveu ou d’une nièce ou par représentation, d’un petit-neveu ou d’une petite-nièce sont exonérés de droits de mutation à titre gratuit dans la limite de 31 865 € tous les quinze ans. Cette exonération est subordonnée au respect des conditions suivantes : 1° Le donateur est âgé de moins de quatre-vingts ans au jour de la transmission ; 2° Le donataire est âgé de dix-huit ans révolus ou a fait l’objet d’une mesure d’émancipation au jour de la transmission. Le plafond de 31 865 € est applicable aux donations consenties par un même donateur à un même donataire. II. Cette exonération se cumule avec les abattements prévus aux I, II et V de l’article 779 et aux articles 790 B et 790 D. III. Il n’est pas tenu compte des dons de sommes d’argent mentionnés au I pour l’application de l’article 784. IV. Sous réserve de l’application du 1° du 1 de l’article 635, les dons de sommes d’argent mentionnés au I doivent être déclarés ou enregistrés par le donataire dans le délai d’un mois qui suit la date du don. Version en vigueur depuis le 31 décembre 2023, modifiée par la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023, article 118. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 04

    Article 757 du code général des impôts — les dons manuels révélés — Légifrance. Les actes renfermant soit la déclaration par le donataire ou ses représentants, soit la reconnaissance judiciaire d’un don manuel, sont sujets aux droits de mutation à titre gratuit. Ces droits sont calculés sur la valeur du don manuel au jour de sa déclaration ou de son enregistrement, ou sur sa valeur au jour de la donation si celle-ci est supérieure. Le tarif et les abattements applicables sont ceux en vigueur au jour de la déclaration ou de l’enregistrement du don manuel. La même règle s’applique lorsque le donataire révèle un don manuel à l’administration fiscale. Ces dispositions ne s’appliquent pas aux dons manuels consentis aux organismes d’intérêt général mentionnés à l’article 200. Version en vigueur depuis le 31 juillet 2011. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

  • Source 05

    Article 777 du code général des impôts — le tarif en ligne directe — Légifrance. Tableau I, tarif des droits applicables en ligne directe, par fraction de part nette taxable : N’excédant pas 8 072 € : 5 %. Comprise entre 8 072 € et 12 109 € : 10 %. Comprise entre 12 109 € et 15 932 € : 15 %. Comprise entre 15 932 € et 552 324 € : 20 %. Comprise entre 552 324 € et 902 838 € : 30 %. Comprise entre 902 838 € et 1 805 677 € : 40 %. Au-delà de 1 805 677 € : 45 %. Version en vigueur depuis le 30 décembre 2014, modifiée par la loi n° 2014-1655 du 29 décembre 2014, article 61. Aucune version postérieure annoncée. Page lue le 31 août 2026.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les cinq articles cités ont été lus sur Légifrance le 31 août 2026, chaque page ayant été sommée de dire quel article elle affichait et depuis quelle date avant qu’aucune citation n’en soit tirée. Aucun ne porte de version postérieure annoncée : l’abattement de 100 000 € est en vigueur depuis le 1<super</sup janvier 2013, le délai de quinze ans dans sa rédaction actuelle depuis le 1<super</sup janvier 2017, le tarif depuis le 30 décembre 2014. Le dossier de Pénélope est un exemple construit : la valeur de 336 000 €, la donation de 60 000 € par enfant et les neuf années écoulées sont des hypothèses posées, non des chiffres relevés. Les montants de droits, en revanche, ne sont pas des hypothèses : ils se recalculent tranche par tranche à partir du tarif cité, et le tableau les détaille pour que le lecteur refasse l’opération. Ce guide ne conseille pas d’attendre six ans : il chiffre ce que l’attente change, sur un dossier où d’autres considérations — l’âge du donateur, les besoins des enfants, l’évolution du bien — peuvent commander l’inverse. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur une transmission, le premier interlocuteur est le notaire, et nous n’intervenons pas.