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Guide de décisionVérifié le 28 août 20265 sourcesMéthode en cinq passes

Votre permis est attaqué pour un vice réel : les deux mécanismes qui évitent l’annulation totale

« Le juge administratif qui […] estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu’un vice entraînant l’illégalité de cet acte est susceptible d’être régularisé, sursoit à statuer […] même après l’achèvement des travaux. » Encore faut-il le lui demander.

CINQ ARTICLES DU CODE DE L’URBANISME LUS MOT À MOT

Le vice invoqué est réel. Votre projet n’est pas perdu pour autant.

Le juge peut limiter l’annulation à la partie viciée, ou suspendre son jugement le temps que vous régularisiez. Dans les deux cas, il doit motiver son refus — à condition que vous ayez demandé.

  • Une annulation limitée à la partie du projet qu’un vice affecte
  • Un sursis à statuer quand le vice entache l’acte entier
  • Une régularisation possible même après l’achèvement des travaux
  • Et une contestation enfermée dans l’instance déjà ouverte

ARTICLES LUS MOT À MOT

5

MÉCANISMES DE SAUVETAGE

2

CRISTALLISATION SUR LA RÉGULARISATION

2 mois

TRAVAUX EN JEU DANS LE CAS

320 000 €

MISE EN CONFORMITÉ POSÉE

12 000 €

ÉCART AVEC UNE ANNULATION TOTALE

308 000 €

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. Le juge peut n’annuler qu’une partie. Lorsqu’« un vice n’affectant qu’une partie du projet peut être régularisé », il « limite à cette partie la portée de l’annulation qu’il prononce »2.

Il peut aussi suspendre son jugement le temps que vous régularisiez. Lorsqu’« un vice entraînant l’illégalité de cet acte est susceptible d’être régularisé », il « sursoit à statuer […] jusqu’à l’expiration du délai qu’il fixe pour cette régularisation »3.

Et cela vaut même si les travaux sont finis. Les deux articles ajoutent « même après l’achèvement des travaux »2.

Le corpus explique qu’un recours n’arrête pas le chantier, comment purger un permis et ce que protège un permis modificatif. Le guide sur le recours déclarait qu’il ne lisait pas les articles sur la régularisation d’un vice en cours d’instance ni sur l’annulation partielle. Les voici.

Pourquoi le juge examine tous les arguments du voisin

Parce qu’un texte le lui impose, et c’est ce qui rend la suite possible. La règle est ancienne — elle date de 2001 — et elle est peu connue des porteurs de projet.

Le texte dispose : « Lorsqu’elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d’urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l’ensemble des moyens de la requête qu’elle estime susceptibles de fonder l’annulation ou la suspension, en l’état du dossier »1.

Le juge ordinaire s’arrête au premier argument qui suffit. Ici, il doit aller au bout de la requête et dire ce qu’il retient de chacun des moyens susceptibles de fonder l’annulation — 5 ou 15, peu importe leur nombre.

La conséquence est décisive pour le titulaire du permis. À la fin du jugement, il sait exactement ce qui pèche et ce qui tient, au lieu de découvrir un second vice au procès suivant — et c’est cette liste close qui rend une régularisation possible.

Il faut mesurer le renversement que cette règle opère dans la conduite d’un dossier. Devant une juridiction ordinaire, la défense consiste à espérer que le juge s’arrête au premier moyen qu’il écarte ; ici, elle consiste à préparer une réponse à chacun, puisque chacun sera examiné. Un porteur de projet qui traite le contentieux comme un pari sur le moyen faible perd deux fois : il ne prépare pas la régularisation, et il ne sait pas, au sortir du jugement, ce qu’il aurait dû corriger.

Cette obligation ne joue toutefois que dans deux cas, et le texte les nomme : lorsque la juridiction « annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d’urbanisme ou en ordonne la suspension »1. Un jugement de rejet, qui ne fait ni l’un ni l’autre, n’appelle pas le même examen exhaustif — ce qui est logique puisqu’il n’y a alors rien à régulariser.

Un vice peut-il n’emporter qu’une partie du permis ?

Oui, quand il n’affecte qu’une partie du projet. Le texte l’organise en une phrase longue qu’il faut lire jusqu’au bout.

Le juge, « saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d’aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu’un vice n’affectant qu’une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l’annulation qu’il prononce »2.

Trois conditions se lisent dans cette phrase. Les autres moyens doivent avoir été écartés ; le vice ne doit affecter qu’une partie du projet ; et cette partie doit pouvoir être régularisée.

Le juge peut en outre donner un calendrier. Il « fixe le délai dans lequel le titulaire de l’autorisation pourra en demander la régularisation, même après l’achèvement des travaux »2 : le chantier terminé n’est pas un obstacle.

Une dernière phrase protège le demandeur contre un refus expéditif. « Le refus par le juge de faire droit à une demande d’annulation partielle est motivé »2 — il faut donc la demander pour qu’un refus doive s’expliquer.

Ce dernier point mérite d’être posé nettement parce qu’il commande une décision de procédure. La motivation du refus n’est due que si une demande a été formée ; un titulaire de permis qui se contente de défendre la légalité de son acte, sans jamais solliciter l’annulation partielle, laisse le juge libre de prononcer une annulation totale sans avoir à s’en expliquer. La demande coûte quelques lignes dans un mémoire ; son absence peut coûter 320 000 € de travaux.

Le juge peut-il attendre que vous corrigiez ?

Oui, et c’est le mécanisme le plus puissant des deux. Il vise un vice qui affecte l’acte entier, là où l’annulation partielle suppose un défaut circonscrit.

Le texte est construit sur le même modèle. Le juge qui « estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu’un vice entraînant l’illégalité de cet acte est susceptible d’être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu’à l’expiration du délai qu’il fixe pour cette régularisation, même après l’achèvement des travaux »3.

Notez la différence de portée entre les deux articles. L’annulation partielle traite un vice « n’affectant qu’une partie du projet » ; le sursis traite un vice « entraînant l’illégalité de cet acte », donc l’ensemble. Le second sauve des dossiers que le premier ne peut pas atteindre.

La suite du texte décrit ce qui se passe ensuite. « Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations »3 : le juge reprend l’instance là où il l’avait laissée, avec la pièce nouvelle.

Et là encore, le refus s’explique. « Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé »3.

Comment les deux mécanismes s’articulent-ils ?

Ils se renvoient l’un à l’autre, et chacun réserve le second. L’article sur l’annulation partielle s’ouvre par « Sans préjudice de la mise en œuvre de l’article L. 600-5-1 »2, et celui sur le sursis par « Sans préjudice de la mise en œuvre de l’article L. 600-5 »3.

Cette réciprocité signifie qu’aucun des deux ne prime. Le juge choisit selon la nature du vice : circonscrit à une partie du projet, il annule partiellement ; affectant l’acte entier mais régularisable, il sursoit.

Pour le porteur de projet, la conséquence pratique est qu’il faut demander les deux. Une demande d’annulation partielle qui échoue peut laisser place à un sursis, et l’inverse est vrai — et dans les deux cas, le refus doit être motivé.

Le calendrier des deux voies n’est pas le même, et cela pèse dans le choix. L’annulation partielle tranche : le jugement intervient, la partie viciée tombe, le reste survit, et la régularisation se demande ensuite dans le délai que le juge a pu fixer. Le sursis, lui, suspend le jugement : l’instance reste ouverte, le titulaire régularise pendant ce temps, et le juge statue enfin sur l’ensemble. La première voie donne une décision rapide sur une partie du projet — 64 000 € dans le dossier ci-dessous ; la seconde retarde la décision mais peut sauver l’acte entier, soit 320 000 €.

Ce que ce guide ne dit pas, faute d’avoir lu la jurisprudence, c’est comment le juge tranche entre les deux dans un cas donné. Les textes posent deux critères — le vice affecte-t-il une partie ou l’acte entier — et laissent l’appréciation au magistrat.

Le voisin peut-il attaquer la mesure de régularisation ?

Oui, mais dans le procès déjà ouvert. C’est la troisième pièce du mécanisme, et elle évite un second front.

Le texte enferme la contestation : lorsqu’une mesure de régularisation « intervient au cours d’une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d’aménager initialement délivré » et qu’elle a été communiquée aux parties, « la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance »4.

La condition de communication n’est pas une formalité accessoire. C’est elle qui referme la porte du second procès : une mesure obtenue mais non communiquée aux parties laisse la contestation libre.

Ce mécanisme protège le titulaire du permis autant qu’il encadre le voisin, et il faut le dire dans les deux sens. Le voisin ne perd pas son droit de contester la régularisation : il le conserve entier, mais il doit l’exercer dans le procès déjà ouvert, devant le juge qui connaît le dossier. Le titulaire, lui, gagne l’assurance que la correction qu’on lui a demandée ne rouvrira pas un contentieux de trois ans devant une autre formation. C’est une économie de procédure, non une immunité.

Un délai de cristallisation propre à la régularisation complète le dispositif. Les parties « ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux à son encontre passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense le concernant »5.

Deux mois, donc, comptés depuis un événement de procédure et non depuis la mesure elle-même. Dans le dossier ci-dessous, cela représente 61 jours pendant lesquels les moyens contre la régularisation peuvent encore s’ajouter.

Peut-on régulariser après l’achèvement des travaux ?

Les deux textes le permettent expressément, et c’est ce qui les rend utiles à un investisseur. La formule « même après l’achèvement des travaux » figure dans l’un2 comme dans l’autre3.

Elle vise une situation banale sur un immeuble de rapport. Le recours n’ayant pas suspendu le chantier, celui-ci s’achève pendant l’instance, et le jugement intervient sur un bâtiment déjà loué.

Sans cette précision, la régularisation serait devenue impossible dans la plupart des dossiers. Avec elle, un permis modificatif peut être demandé sur un ouvrage terminé, pour corriger ce que le juge a identifié.

Reste que régulariser après coup n’est pas indolore, et le guide ne prétend pas le contraire. Corriger un stationnement manquant sur un immeuble achevé suppose parfois de reprendre un aménagement extérieur, de redécouper un local ou de renoncer à une surface louable, pour un coût posé ici à 12 000 €. Ce que le texte permet, c’est de conserver l’autorisation ; ce qu’il ne fait pas, c’est rendre la correction gratuite — et la formalité d’urbanisme correspondante reste due comme pour n’importe quels travaux.

Le dossier d’Anselme, mécanisme par mécanisme

Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Anselme a obtenu un permis pour créer 5 logements dans un immeuble de rapport, pour 320 000 € de travaux. Un voisin attaque, et le vice invoqué ne concerne que le cinquième logement.

La part du projet touchée représente 64 000 €, soit 20 % des travaux. La mise en conformité est chiffrée à 12 000 €, soit 3,75 % du projet et 18,75 % de la part viciée.

Trois cent vingt mille euros de travaux, et ce que le vice met en jeu

Le dossier d’Anselme, mécanisme par mécanisme — tableau 1
Travaux du projet320 000 €
Part touchée par le vice, un logement sur cinq64 000 €
Mise en conformité, hypothèse posée12 000 €
Écart avec une annulation totale308 000 €

Le tableau se lit à l’écran : 320 000 moins 12 000 font 308 000 €. L’écart entre régulariser et tout perdre représente 25,7 fois le coût de la mise en conformité.

Le tribunal sursoit à statuer le 14 septembre 2026 et fixe un délai. Anselme obtient sa mesure de régularisation le 8 janvier 2027, six jours avant l’échéance.

Un sursis à statuer du 14 septembre 2026, quatre échéances

Le dossier d’Anselme, mécanisme par mécanisme — tableau 2
Mesure de régularisation obtenue8 janvier 2027116 jours
Fin du délai fixé par le juge14 janvier 2027122 jours
Cristallisation sur la régularisation2 mai 2027230 jours

Les trois lignes courent depuis le sursis. Entre la mesure obtenue et l’échéance, il reste 6 jours de marge ; et la cristallisation intervient 61 jours après la communication du premier mémoire en défense la concernant, le 2 mars 2027.

Ce que l’annulation partielle aurait préservé, si le juge l’avait retenue plutôt que le sursis, se chiffre aussi. Les 4 logements non touchés représentent 256 000 €, soit 80 % du projet.

Ce que ce dossier ne dit pas mérite d’être posé aussi nettement. Il ne dit pas si le juge accorderait le sursis ou l’annulation partielle : les textes posent deux critères et laissent l’appréciation au magistrat. Il ne dit pas non plus ce que coûte réellement une mise en conformité, le montant retenu étant une hypothèse posée pour l’exemple.

Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte

Quatre dossiers distincts, dans lesquels le vice invoqué était réel.

Le titulaire qui ne demande rien. Il défend la légalité de son permis sans jamais solliciter ni annulation partielle ni sursis. Le juge n’a pas à motiver un refus qu’on ne lui a pas demandé : l’annulation est totale, et 320 000 € de travaux se retrouvent sans titre.

Le titulaire qui croit l’achèvement rédhibitoire. Les travaux sont finis, il renonce à régulariser. Les deux textes prévoient la régularisation « même après l’achèvement des travaux » : 308 000 € d’écart tiennent à une phrase qu’il n’a pas lue.

La mesure de régularisation non communiquée. Elle est obtenue dans le délai mais n’est pas communiquée aux parties. La règle qui enfermait la contestation dans la même instance ne joue pas, et un second procès s’ouvre sur les mêmes 320 000 €.

La régularisation obtenue hors délai. Le juge avait fixé 122 jours ; la mesure arrive après. Le sursis prend fin sans que la mesure ait été notifiée dans ce délai, et les 12 000 € de mise en conformité ont été engagés pour rien.

Le point commun des quatre tient en une ligne. Chacun a subi l’instance au lieu de s’en servir, alors que les deux textes donnent au titulaire du permis un rôle actif dans un procès qu’il croyait défensif.

Six gestes quand votre permis est attaqué

Trois pendant l’instruction. Trois si un vice est retenu.

  1. Demandez expressément l’annulation partielle et le sursis. Le refus n’est motivé que si la demande a été formée, et les deux articles se réservent mutuellement.
  2. Ne renoncez pas parce que les travaux sont finis. Les deux textes prévoient la régularisation « même après l’achèvement des travaux ».
  3. Lisez le jugement comme une liste de travaux. Le juge doit se prononcer sur l’ensemble des moyens susceptibles de fonder l’annulation : ce qu’il retient est ce qu’il faut corriger.
  4. Notez le délai fixé par le juge le jour où il est fixé. Une mesure notifiée hors de ce délai ne produit pas l’effet attendu.
  5. Faites communiquer la mesure aux parties. C’est cette communication qui enferme la contestation dans l’instance en cours.
  6. Comptez les deux mois de cristallisation sur la régularisation. Ils courent depuis le premier mémoire en défense la concernant, non depuis la mesure.

Un mot sur les professionnels que ce dossier mobilise, et sur leur ordre. L’avocat en droit public demande l’annulation partielle et le sursis, et c’est l’absence de cette demande qui perd le plus de dossiers. L’architecte traduit le vice retenu par le juge en travaux de mise en conformité, puis dépose la demande de régularisation. Le géomètre reprend les surfaces et les distances quand le vice porte sur elles. Le notaire, lui, sera le premier à réclamer le jugement et la mesure de régularisation le jour d’une revente, et l’attestation de non-contestation de conformité ne suffira pas à elle seule. Le commissaire de justice, enfin, assure la communication de la mesure aux parties, formalité dont dépend l’unité de l’instance.

Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne dit pas comment le juge choisit entre l’annulation partielle et le sursis, cette appréciation ne figurant dans aucun des textes lus. Il ne lit pas la jurisprudence, et ne dit donc pas ce que les tribunaux retiennent comme vice régularisable. Il ne décrit pas la procédure de demande d’un permis de régularisation, qui suit les règles ordinaires d’instruction. Et il ne traite ni l’effet d’un recours sur le chantier, ni la fenêtre de trois ans du permis modificatif, ni les dérogations au plan local.

308 000 € D’ÉCART POUR 12 000 € DE CORRECTION

Le refus n’est motivé que si vous avez demandé.

Un titulaire de permis qui se contente de défendre la légalité de son acte laisse le juge prononcer une annulation totale sans avoir à s’en expliquer. La demande tient en quelques lignes de mémoire.

  • Pourquoi le juge doit examiner tous les moyens quand il annule
  • Pourquoi les deux mécanismes se réservent mutuellement
  • Pourquoi le voisin garde son droit de contester la régularisation
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Dix réponses directes sur l’examen de tous les moyens, l’annulation partielle, le sursis à statuer, la motivation du refus, la régularisation après achèvement et la contestation de la mesure de régularisation.

Un permis attaqué sur votre immeuble de rapport ?

La première question est celle des demandes à former dès le premier mémoire.

Faire le point sur un projet

01 · Les mécanismes

  • 01Le juge doit-il examiner tous les arguments du recours ?
    Oui, quand il annule ou suspend. « Lorsqu’elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d’urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l’ensemble des moyens de la requête qu’elle estime susceptibles de fonder l’annulation ou la suspension, en l’état du dossier. »
  • 02Un vice peut-il n’entraîner qu’une annulation partielle ?
    Oui, s’il n’affecte qu’une partie du projet. Le juge qui estime « qu’un vice n’affectant qu’une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l’annulation qu’il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l’autorisation pourra en demander la régularisation ».
  • 03Que se passe-t-il si le vice affecte l’acte entier ?
    Un autre article s’applique. Le juge qui estime « qu’un vice entraînant l’illégalité de cet acte est susceptible d’être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu’à l’expiration du délai qu’il fixe pour cette régularisation ».

02 · Les demandes

  • 04Faut-il demander l’annulation partielle ou le sursis ?
    Les deux, et pour une raison de forme. « Le refus par le juge de faire droit à une demande d’annulation partielle est motivé », et de même « le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ». Sans demande, aucun refus n’a à s’expliquer.
  • 05Les deux mécanismes s’excluent-ils ?
    Non, chacun réserve l’autre. L’article sur l’annulation partielle s’ouvre par « Sans préjudice de la mise en œuvre de l’article L. 600-5-1 », et celui sur le sursis par « Sans préjudice de la mise en œuvre de l’article L. 600-5 ».
  • 06Peut-on régulariser un permis quand les travaux sont terminés ?
    Oui, les deux textes le prévoient expressément. Ils permettent la régularisation « même après l’achèvement des travaux ». C’est la précision qui rend le mécanisme utile, puisqu’un recours ne suspend pas le chantier.

03 · La suite

  • 07Que se passe-t-il quand la mesure de régularisation est produite ?
    Le juge reprend l’instance. « Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. » La mesure arrivée hors du délai fixé ne produit pas cet effet.
  • 08Le voisin peut-il attaquer la mesure de régularisation séparément ?
    Non, si elle a été communiquée aux parties. Lorsqu’une mesure de régularisation intervient au cours de l’instance et qu’elle a été communiquée, « la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ».
  • 09Jusqu’à quand peut-on invoquer des moyens contre la régularisation ?
    Deux mois après un événement de procédure. Les parties « ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux à son encontre passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense le concernant ».

04 · Les limites

  • 10Comment le juge choisit-il entre les deux mécanismes ?
    Ce guide ne le dit pas. Les textes posent deux critères — le vice affecte-t-il une partie du projet ou l’acte entier — et laissent l’appréciation au magistrat. La jurisprudence n’a pas été lue pour ce guide, qui n’en dit donc rien.

Une place de stationnement manquante. Et 320 000 € de travaux sans titre.

Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Nous exposons les textes ; sur un permis attaqué, l’interlocuteur utile est l’avocat en droit public.

Cinq articles lus sur Légifrance, dans leur état au 28 août 2026Chaque date de version lue sur sa propre page, sans la déduire de la loiLe coût de mise en conformité est une hypothèse posée : aucun texte lu ne le chiffre

Sources et date de contrôle

Cinq articles du code de l’urbanisme lus mot à mot sur Légifrance, dans leur état au 28 août 2026.

  • Source 01

    Article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme — Légifrance. Lorsqu’elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d’urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l’ensemble des moyens de la requête qu’elle estime susceptibles de fonder l’annulation ou la suspension, en l’état du dossier. Version en vigueur depuis le 14 janvier 2001, créé par la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000, article 37. Aucune modification annoncée. Article lu sur la page du Livre VI du code de l’urbanisme, sur une adresse sans date, le 28 août 2026, et relu pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 02

    Article L. 600-5 du code de l’urbanisme — Légifrance. Sans préjudice de la mise en œuvre de l’article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d’aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu’un vice n’affectant qu’une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l’annulation qu’il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l’autorisation pourra en demander la régularisation, même après l’achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d’annulation partielle est motivé. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2019, modifié par la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, article 80. Aucune modification annoncée. Article lu sur la page du Livre VI du code de l’urbanisme, sur une adresse sans date, le 28 août 2026, et relu pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 03

    Article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme — Légifrance. Sans préjudice de la mise en œuvre de l’article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d’aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu’un vice entraînant l’illégalité de cet acte est susceptible d’être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu’à l’expiration du délai qu’il fixe pour cette régularisation, même après l’achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2019, modifié par la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, article 80. Page lue sur une adresse sans date le 28 août 2026, après lui avoir demandé de s’identifier, et relue pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 04

    Article L. 600-5-2 du code de l’urbanisme — Légifrance. Lorsqu’un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d’une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d’aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance. Version en vigueur depuis le 1er janvier 2019, créé par la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, article 80. Article lu sur la page du Livre VI du code de l’urbanisme, sur une adresse sans date, le 28 août 2026, et relu pour écarter une erreur de transcription.

  • Source 05

    Article R. 600-5, deuxième alinéa, du code de l’urbanisme — Légifrance. Lorsqu’un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation est contesté dans les conditions prévues à l’article L. 600-5-2, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux à son encontre passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense le concernant. Version en vigueur depuis le 13 avril 2019, issue du décret n° 2019-303 du 10 avril 2019. Article lu sur la page de la partie réglementaire du Livre VI, sur une adresse sans date, le 28 août 2026, et relu pour écarter une erreur de transcription. Le guide ne cite que le deuxième alinéa de cet article.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Les cinq sources citées ont été lues sur Légifrance avant citation, sur des adresses sans date, et sont reproduites mot à mot dans leur état au 28 août 2026. Une page a été interrogée sur sa propre identité avant d’être citée. Leurs dates de version diffèrent et sont données une à une : du 14 janvier 2001 pour l’article qui impose au juge d’examiner tous les moyens, au 13 avril 2019 pour la cristallisation propre à la mesure de régularisation. Trois des cinq articles procèdent de la même loi, celle du 23 novembre 2018, et portent une version au 1<super</sup janvier 2019 ; le contrôle de fraîcheur a vérifié cette date sur chaque page plutôt que de la déduire de la loi. Aucun de ces articles n’annonce de modification, et les trois lois qui ont récemment refait d’autres parties de ce livre du code ne les ont pas touchés. Les quantités du dossier d’Anselme — 320 000 € de travaux, 5 logements, 12 000 € de mise en conformité — sont des hypothèses posées pour l’exemple, et non des observations ; aucun texte lu ne chiffre une mise en conformité, et les montants servent à comparer des ordres de grandeur. Nous ne publions ni taux de sursis accordés, ni proportion de régularisations validées : rien de tel n’a été mesuré. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur un permis attaqué, l’interlocuteur utile est l’avocat en droit public, et la première question est celle des demandes à former dès le premier mémoire.