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Guide de décisionVérifié le 26 août 20264 sourcesMéthode en cinq passes

Taux d'usure : pourquoi un excellent taux ne suffit pas, et ce qui fait réellement basculer un dossier au-dessus du plafond

Les pages du sujet publient le barème du trimestre. Aucune ne dit que le plafond porte sur le TAEG, ni qu’un dossier s’y heurte presque toujours à cause de l’assurance et des frais.

LE PLAFOND NE PROTÈGE PAS, IL REFUSE

Un prêt à 3,45 % refusé pour usure.

Le seuil porte sur le TAEG, où entrent l’assurance et tous les frais. Entre le taux dont on discute et celui que la loi regarde, il y a couramment un point.

  • Le plafond vaut quatre tiers du taux effectif moyen du trimestre précédent
  • Une surprime d’assurance déplace le TAEG de 0,92 point
  • Négocier le taux exigerait 3,41 % — retirer 590 € de frais suffit
  • Raccourcir la durée fait perdre 0,72 point de plafond

TAUX DÉBITEUR

3,45 %

TAEG, ASSURANCE ORDINAIRE

4,41 %

TAEG AVEC SURPRIME

5,33 %

SEUIL 20 ANS ET PLUS

5,29 %

FRAIS À RETIRER POUR PASSER

590 €

PERTE DE PLAFOND SI PRÊT PLUS COURT

0,72 pt

Écrit par

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Investissement

Guide général et national — aucune recommandation personnalisée

La réponse en trente secondes. « Constitue un prêt usuraire tout prêt conventionnel consenti à un taux effectif global qui excède, au moment où il est consenti, de plus du tiers, le taux effectif moyen pratiqué au cours du trimestre précédent »1. Le plafond vaut donc quatre tiers du taux moyen du trimestre écoulé, et il se vérifie à la calculette sur chacune des cinq catégories publiées.

Sur le cas de ce guide, un prêt à 3,45 % ressort à 4,41 % de TAEG avec une assurance ordinaire — sous le plafond de 5,29 % — et à 5,33 % avec une surprime médicale. Quatre centièmes de point au-dessus, et le dossier est refusé.

Le taux ne se négocie pas pour rattraper cela : il faudrait 3,41 %. En revanche, retirer 590 € de frais suffit.

Le taux d’usure est un mécanisme de protection du consommateur, et c’est en cela qu’il déroute les investisseurs. Il ne protège pas contre un mauvais taux — il interdit qu’un prêt soit consenti au-delà d’un plafond, ce qui n’est pas la même chose. Un emprunteur au-dessus du plafond n’obtient pas un meilleur prix : il n’obtient rien.

Ce guide décrit ce que le plafond mesure, pourquoi les dossiers qui butent dessus butent presque toujours pour la même raison, et ce qu’il reste à faire quand cela arrive.

Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Béatrice, 52 ans, professeure des écoles à Angers, qui emprunte 200 000 € sur vingt ans au taux débiteur de 3,45 %. Ses frais de dossier, de garantie et de courtage s’élèvent à 5 600 €. Un antécédent médical porte son assurance de 0,34 % à 0,90 % du capital initial. Exemple construit à partir des textes cités dans ce guide — ce n’est pas un dossier client.

Qu’est-ce que le taux d’usure, exactement ?

Une limite calculée, pas décidée, et c’est ce qui la rend prévisible : n’importe qui peut la recalculer à partir d’un chiffre public, sans avoir à interpréter quoi que ce soit ni à demander l’avis de son banquier.

Le texte pose que « constitue un prêt usuraire tout prêt conventionnel consenti à un taux effectif global qui excède, au moment où il est consenti, de plus du tiers, le taux effectif moyen pratiqué au cours du trimestre précédent »1. Trois éléments, et chacun compte.

  1. Le taux effectif global. Pas le taux du prêt. Le coût total ramené en taux annuel, assurance et frais compris. Nous y revenons en détail, parce que tout se joue là.
  2. D’un tiers au-delà de la moyenne. Le plafond vaut donc quatre tiers du taux moyen constaté. Si le marché prête à 3,97 %, le plafond s’établit à 5,29 %.
  3. Au moment où il est consenti. Le plafond applicable est celui du trimestre en cours à la signature, pas celui du jour où l’offre a été éditée. Sur un dossier qui traîne, la date de signature peut changer le résultat.

Le seuil se déduit donc d’une observation du marché, publiée chaque trimestre. Aucun barème arbitraire, aucune marge d’appréciation : un taux moyen constaté, multiplié par quatre tiers.

Cette construction a une conséquence que peu d’emprunteurs anticipent. Le plafond suit le marché avec un trimestre de retard, si bien qu’il monte quand les taux ont monté et redescend quand ils ont baissé — toujours après coup. Dans une phase de hausse rapide, le décalage se retourne contre les emprunteurs : les banques prêtent aux conditions du moment, tandis que le plafond reste calé sur une moyenne devenue trop basse, et des dossiers parfaitement raisonnables se retrouvent bloqués sans que personne y ait mis de mauvaise volonté.

Cinq catégories, cinq plafonds

Les prêts immobiliers aux particuliers se répartissent en cinq catégories, et un dossier n’en relève que d’une. Voici le barème applicable depuis le 1er juillet 20262.

Chaque seuil vaut exactement le taux moyen du trimestre précédent, majoré d’un tiers

Cinq catégories, cinq plafonds — tableau 1
Taux fixe, moins de 10 ans3,05 %4,07 %
Taux fixe, 10 à moins de 20 ans3,43 %4,57 %
Taux fixe, 20 ans et plus3,97 %5,29 %
Taux variable3,96 %5,28 %
Prêts relais4,79 %6,39 %

Le contrôle est immédiat et vaut la peine d’être fait une fois : 3,97 multiplié par quatre tiers donne 5,29. La règle du tiers se vérifie sur les cinq lignes, ce qui permet de recalculer soi-même un plafond dès qu’on connaît le taux moyen du trimestre.

Le point de vigilance. Ce barème est daté. Il change chaque trimestre, et les écarts d’un trimestre à l’autre se comptent en dizaines de points de base — assez pour faire basculer un dossier. Vérifiez toujours le barème du trimestre de signature plutôt que de reprendre un chiffre lu quelque part, fût-ce ici. Deux relevés contradictoires nous ont d’ailleurs été renvoyés lors de la préparation de ce guide, et aucun des deux n’a été retenu.

La catégorie des prêts relais mérite d’être signalée, avec un plafond nettement plus haut que les autres — la contrepartie d’un produit court et cher, dont notre guide sur le prêt relais pour un investisseur détaille l’économie.

Ce que le plafond mesure vraiment

Voici l’endroit où la plupart des emprunteurs se trompent, et l’erreur est parfaitement logique : on discute d’un taux avec son banquier, on le compare aux taux des confrères, on le retrouve sur l’offre de prêt — et l’on en conclut naturellement que c’est ce taux-là qui sera confronté au plafond.

Ce n’est pas le cas. Le texte vise le taux effectif global, qui rassemble tout ce que le crédit coûte : les intérêts, l’assurance emprunteur, les frais de dossier, les frais de garantie, les honoraires de courtage. Le tout ramené à un taux annuel.

Reprenons le dossier de Béatrice pour voir l’écart. Son prêt de 200 000 € sur vingt ans à 3,45 % donne une mensualité de 1 154,79 € hors assurance. Ses 5 600 € de frais réduisent la somme réellement mise à sa disposition à 194 400 €. Son assurance ordinaire coûte 56,67 € par mois.

Le TAEG qui en résulte s’établit à 4,41 %. Le taux affiché était de 3,45 %. Près d’un point d’écart, produit par des lignes dont aucune n’est un taux d’intérêt.

Une précaution sur ce chiffre, parce qu’elle vaut pour tous ceux de ce guide. Le TAEG obéit à une méthode de calcul réglementée, et les établissements arrondissent, intègrent ou non certains frais accessoires et retiennent parfois d’autres conventions de dates. Notre calcul donne l’ordre de grandeur et le sens de l’écart, ce qui suffit à comprendre ; le chiffre qui vous sera opposé est celui du prêteur, et c’est à lui qu’il faut le demander.

Retenez cet ordre de grandeur, parce qu’il explique tout le reste : entre le taux dont on parle et celui que la loi regarde, il y a couramment un point. Notre guide sur les frais qu’on oublie dans un investissement locatif recense les lignes concernées.

Comment un bon dossier passe de justesse au-dessus

Rien ne change dans le prêt de Béatrice. Ni le montant, ni la durée, ni le taux, ni les frais, ni l’établissement, ni la garantie retenue. Seule son assurance passe de 0,34 % à 0,90 % du capital initial, parce qu’un antécédent médical déclaré au questionnaire de santé conduit l’assureur à majorer sa cotisation.

Sa cotisation mensuelle passe de 56,67 € à 150 €. L’écart est de 93,33 € par mois, soit 22 400 € sur vingt ans.

Le même prêt, la même banque, le même taux — et deux issues opposées

Comment un bon dossier passe de justesse au-dessus — tableau 2
Taux d’assurance0,34 %0,90 %
Cotisation mensuelle56,67 €150,00 €
TAEG4,41 %5,33 %
Seuil applicable5,29 %5,29 %
IssueSous le plafondRefus

Quatre centièmes de point séparent Béatrice de son crédit. Elle avait 0,88 point de marge avec une assurance ordinaire ; la surprime en consomme 0,92.

Le refus qu’elle recevra ne mentionnera probablement pas l’assurance. Il dira que le dossier ne peut pas être financé dans les conditions du marché, ce qui est vrai et ne lui apprend rien.

Pourquoi l’assurance décide plus que le taux ?

Parce qu’elle pèse, dans le TAEG, autant qu’une variation de taux considérable — et parce qu’elle varie beaucoup plus.

Un écart de 0,56 point sur le taux d’assurance déplace le TAEG de 0,92 point. Ce rapport, supérieur à un, tient à ce que la cotisation se calcule le plus souvent sur le capital initial et reste donc constante, alors que les intérêts décroissent avec le capital restant dû. Une assurance à taux constant pèse proportionnellement de plus en plus lourd à mesure que le prêt s’amortit.

La conséquence pratique est nette : sur un dossier proche du plafond, un courtier qui gagne dix points de base sur le taux d’intérêt fait moins bien qu’une délégation d’assurance qui en gagne cinq sur la cotisation.

Cette hiérarchie explique une scène que tout investisseur a vécue. On passe des semaines à comparer des taux entre établissements, on obtient quinze points de base après trois relances, et le dossier bute quand même sur le plafond — parce que la ligne qui décidait n’était pas celle qu’on négociait. Un agent immobilier pressé de faire signer un compromis n’y verra qu’un retard administratif ; le notaire, lui, constatera simplement que le financement n’est pas acquis à la date convenue.

Notre guide sur les assurances d’un bailleur traite des couvertures du bien ; celle qui nous occupe ici est d’une autre nature — elle garantit le remboursement du prêt, elle est exigée par le prêteur, et elle est le seul poste du TAEG que l’emprunteur peut mettre en concurrence librement.

Que faire d’un dossier refusé pour usure ?

Trois choses, et la première qui vient à l’esprit ne marche pas — ce qui vaut la peine d’être dit d’emblée, parce que c’est celle sur laquelle un emprunteur refusé dépensera spontanément ses trois semaines suivantes.

Négocier le taux ne sauve rien. Pour que le dossier de Béatrice repasse sous le plafond avec sa surprime, il faudrait un taux débiteur de 3,41 % au lieu de 3,45 %. Quatre centièmes de point, sur un dossier que la banque juge déjà tendu, ne s’obtiennent pas — et si le banquier les accordait, il resterait à espérer que rien d’autre ne bouge.

Les deux leviers qui fonctionnent sont plus petits et plus sûrs.

  1. Retirer des frais. Les frais admissibles plafonnent à 5 010 € sur ce dossier, contre 5 600 € prévus. Il suffit donc d’en retrancher 590 € : renoncer au courtage, ou remplacer une garantie hypothécaire par une caution, y suffit largement. C’est le levier le plus rapide, et il ne dépend d’aucune négociation de taux.
  2. Déléguer l’assurance. Le taux d’assurance maximal admissible s’établit à 0,876 %, contre 0,90 % proposés. Un contrat concurrent n’a donc que 0,024 point à gagner. Sur un dossier avec antécédent médical, le droit à l’oubli et les conventions applicables aux risques aggravés méritent d’être explorés avec un courtier spécialisé avant de conclure que la surprime est indépassable.

Retenez la disproportion : le dossier est refusé pour 0,04 point, et deux ajustements de quelques centaines d’euros le remettent dans les clous. Un refus pour usure n’est presque jamais un refus de fond.

Encore faut-il savoir que c’est de cela qu’il s’agit, et rien dans la lettre de refus ne le dira. C’est la raison pour laquelle nous conseillons de demander, dès la première réponse négative, le TAEG calculé par l’établissement et le détail de ses composantes. La demande est légitime, elle ne coûte rien, et elle transforme un refus opaque en un problème arithmétique où chaque ligne se discute séparément. Un expert-comptable habitué aux dossiers de financement fera cette lecture en dix minutes ; un emprunteur seul y arrive aussi, à condition de savoir quoi demander.

Un dernier levier existe, plus rarement praticable : réduire le montant emprunté en augmentant l’apport. Il agit sur les frais proportionnels et sur la part relative des frais fixes, mais il suppose une trésorerie disponible que la plupart des investisseurs ont déjà mobilisée ailleurs.

Raccourcir le prêt abaisse le plafond

C’est le contresens le plus fréquent, et il se comprend : un prêt plus court coûte moins cher en intérêts, il inquiète moins un prêteur, et l’emprunteur en déduit qu’il franchira plus aisément l’obstacle.

Il passe moins facilement. Le barème fixe un plafond par catégorie de durée, et ces plafonds ne sont pas les mêmes. Passer de vingt ans à quinze fait quitter la catégorie « 20 ans et plus », dont le seuil est de 5,29 %, pour celle des prêts de « 10 ans à moins de 20 ans », dont le seuil tombe à 4,57 %2.

0,72 point de plafond en moins. Or les frais fixes, eux, ne diminuent pas quand la durée raccourcit : ils s’amortissent sur moins d’années, ce qui pèse plus lourd dans le TAEG. Les deux effets vont dans le même sens, et le mauvais.

Un emprunteur proche du plafond a donc intérêt à allonger plutôt qu’à raccourcir — ce qui est aussi ce que suggère notre guide sur le calcul de la capacité d’emprunt, pour d’autres raisons.

Le plafond protège-t-il vraiment l’emprunteur ?

Il protège le consommateur. L’investisseur, lui, en sort — et le texte le dit sans détour, ce qui surprend toujours ceux qui découvrent que la règle dont ils espéraient un abri ne leur est pas destinée.

Les articles qui organisent l’usure « ne sont pas applicables aux prêts accordés à une personne physique agissant pour ses besoins professionnels ou à une personne morale »3. Pour ces emprunteurs, le plafond ne subsiste que sur un produit précis : « pour les découverts en compte »4.

Un prêt amortissable consenti à une société n’est donc pas plafonné. C’est une sortie réelle, et il faut la présenter honnêtement : elle ne procure aucun avantage de prix. Elle rend simplement possible un financement que le plafond interdisait, parce que la banque redevient libre de tarifer le risque qu’elle prend. Notre guide sur la SCI pour investir expose ce que cette forme implique en gestion, en fiscalité et en transmission, et ces implications dépassent de loin la question du plafond.

Un mot sur la sanction, pour compléter le tableau. Lorsqu’un prêt est usuraire, « les perceptions excessives […] sont imputées de plein droit sur les intérêts normaux et subsidiairement sur le capital de la créance »4. L’excédent ne se rembourse pas en espèces : il vient effacer des intérêts, puis du capital.

Les quatre incidents qui reviennent, et leur montant

Ils partagent une cause unique, et elle tient en une phrase : on regarde le taux, et la loi regarde autre chose.

Comparer le taux du prêt au seuil. Béatrice compare 3,45 % à 5,29 % et se croit très loin du plafond. Son TAEG s’établit à 4,41 % avec une assurance ordinaire, et à 5,33 % avec sa surprime. L’écart entre le chiffre regardé et le chiffre qui compte atteint 0,92 point, et il décide du dossier.

Traiter l’assurance après le taux. C’est l’ordre habituel, et il est inversé. Une surprime de 0,56 point coûte 93,33 € par mois et 22 400 € sur vingt ans, quand une négociation de taux réussie en rapporte une fraction. Sur un dossier proche du plafond, l’assurance se traite en premier.

Empiler les frais sans les compter. Dossier, garantie, courtage : 5 600 € qui ne se voient nulle part dans la mensualité mais pèsent dans le TAEG. Ils étaient à 590 € près la cause du refus, et ce sont eux qu’il fallait retirer.

Raccourcir la durée pour rassurer la banque. Le geste paraît prudent et fait perdre 0,72 point de plafond, en concentrant les frais fixes sur moins d’années. Un dossier refusé à vingt ans ne repasse pas à quinze : il s’éloigne.

Emprunter en nom propre ou par une société ?

La question se pose mal si on la pose à partir du plafond, et c’est pourtant ainsi qu’elle nous arrive.

Sortir du plafond en empruntant par une société règle un problème de recevabilité, pas un problème de coût. La banque cesse d’être contrainte par un seuil, ce qui lui permet d’accepter un dossier qu’elle devait refuser — au prix qu’elle jugera bon. Un emprunteur qui franchissait le plafond à cause d’une surprime la paiera toujours.

Trois situations éclairent la décision.

  1. Le dossier passe de peu. Retirez des frais, mettez l’assurance en concurrence, et restez en nom propre. Le plafond joue ici son rôle : il vous évite un financement mal tarifé.
  2. Le dossier bute de beaucoup. Un écart de plusieurs dixièmes de point ne se comble ni par les frais ni par la délégation. La question devient celle du projet lui-même avant celle de la structure.
  3. La société se justifie pour d’autres raisons. Transmission, association, fiscalité : si la forme sociétaire s’impose déjà, l’absence de plafond est un effet secondaire, pas un motif.

La conclusion qui ne nous arrange pas. Nous accompagnons des investisseurs et travaillons avec des courtiers, et il serait commode de conclure qu’un dossier refusé pour usure appelle un montage. C’est faux dans la plupart des cas. Sur le dossier décrit, 590 € de frais retirés suffisent, et cela se fait en un appel. Créer une société pour contourner un plafond qu’on franchit de 0,04 point coûterait davantage en frais de constitution et en comptabilité annuelle que les 22 400 € de surprime ne pèsent sur vingt ans — et l’emprunteur paierait toujours cette surprime. Le montage ne se justifie que lorsqu’il aurait été choisi de toute façon.

QUATRE CENTIÈMES DE POINT

Un refus pour usure n’est presque jamais un refus de fond.

Le dossier bute de 0,04 point, et deux ajustements de quelques centaines d’euros le remettent dans les clous. Encore faut-il savoir que c’est de cela qu’il s’agit.

  • Pourquoi la lettre de refus ne mentionnera pas l’assurance
  • Le seul poste du TAEG que l’emprunteur met librement en concurrence
  • Ce que le plafond devient quand on emprunte par une société
Questions fréquentes

Questions fréquentes

Huit réponses directes sur la définition légale, le barème trimestriel, le TAEG, la surprime d’assurance, la durée du prêt et le cas des sociétés.

Un financement refusé pour usure ?

Apportez l’offre, le détail des frais et la cotisation d’assurance. Le calcul se refait en une heure, et le levier est presque toujours du côté des frais.

Faire le point sur votre dossier

01 · La règle

  • 01Qu'est-ce que le taux d'usure ?
    Une limite calculée, pas décidée. Le texte pose que « constitue un prêt usuraire tout prêt conventionnel consenti à un taux effectif global qui excède, au moment où il est consenti, de plus du tiers, le taux effectif moyen pratiqué au cours du trimestre précédent ». Le plafond vaut donc quatre tiers du taux moyen constaté sur le marché, il se publie par catégorie de prêt, et le seuil applicable est celui du trimestre en cours à la signature — pas celui du jour où l'offre a été éditée.
  • 02Le plafond porte-t-il sur le taux du prêt ?
    Non, et c'est l'erreur la plus fréquente. Il porte sur le taux effectif global, qui rassemble les intérêts, l'assurance emprunteur, les frais de dossier, les frais de garantie et les honoraires de courtage, le tout ramené à un taux annuel. Sur le cas de ce guide, un prêt affiché à 3,45 % donne un TAEG de 4,41 % avec une assurance ordinaire : près d'un point d'écart, produit par des lignes dont aucune n'est un taux d'intérêt.
  • 03Quels sont les seuils applicables aux prêts immobiliers ?
    Cinq catégories, cinq plafonds. Depuis le 1er juillet 2026 : 4,07 % pour les prêts à taux fixe de moins de dix ans, 4,57 % de dix à moins de vingt ans, 5,29 % à vingt ans et plus, 5,28 % pour les prêts à taux variable et 6,39 % pour les prêts relais. Chacun se vérifie à la calculette, puisqu'il vaut le taux effectif moyen du trimestre précédent majoré d'un tiers. Ce barème change chaque trimestre : il faut toujours vérifier celui du trimestre de signature.

02 · L’assurance

  • 04Une surprime d'assurance peut-elle faire refuser un prêt ?
    Oui, et c'est le cas le plus fréquent de refus pour usure. Sur le dossier décrit, une assurance passant de 0,34 % à 0,90 % du capital initial fait passer le TAEG de 4,41 % à 5,33 %, pour un plafond de 5,29 % : le dossier bascule pour quatre centièmes de point. La cotisation se calcule le plus souvent sur le capital initial et reste constante, alors que les intérêts décroissent — l'assurance pèse donc proportionnellement de plus en plus lourd à mesure que le prêt s'amortit.
  • 05Peut-on négocier le taux pour repasser sous le plafond ?
    Pratiquement jamais. Pour que le dossier décrit repasse sous le seuil avec sa surprime, il faudrait un taux débiteur de 3,41 % au lieu de 3,45 % — quatre centièmes de point, sur un dossier que la banque juge déjà tendu. Les leviers qui fonctionnent sont plus petits et plus sûrs : retirer 590 € de frais suffit, ou obtenir une assurance à 0,876 % au lieu de 0,90 %, soit 0,024 point à gagner par une délégation.

03 · Les leviers

  • 06Raccourcir la durée du prêt aide-t-il ?
    Non, cela aggrave la situation. Le barème fixe un plafond par catégorie de durée, et ces plafonds ne sont pas les mêmes : passer de vingt ans à quinze fait quitter la catégorie des prêts de vingt ans et plus, dont le seuil est de 5,29 %, pour celle de dix à moins de vingt ans, dont le seuil tombe à 4,57 %. C'est 0,72 point de plafond en moins, et les frais fixes s'amortissent en outre sur moins d'années, ce qui alourdit le TAEG. Les deux effets vont dans le mauvais sens.

04 · En pratique

  • 07Le taux d'usure s'applique-t-il à une SCI ?
    Pas pour un prêt amortissable. Le texte dispose que les articles sur l'usure « ne sont pas applicables aux prêts accordés à une personne physique agissant pour ses besoins professionnels ou à une personne morale ». Pour ces emprunteurs, le plafond ne subsiste que « pour les découverts en compte ». Un prêt consenti à une société n'est donc pas plafonné — mais cette sortie ne procure aucun avantage de prix : elle rend possible un financement que le plafond interdisait, la banque redevenant libre de tarifer le risque.
  • 08Que se passe-t-il si un prêt est malgré tout usuraire ?
    L'excédent ne se rembourse pas en espèces. Le texte prévoit que « lorsqu'un prêt conventionnel est usuraire, les perceptions excessives sont imputées de plein droit sur les intérêts normaux et subsidiairement sur le capital de la créance ». Autrement dit, ce qui a été perçu en trop vient d'abord effacer des intérêts, puis du capital restant dû. La correction s'opère sur le prêt lui-même, pas par un versement au profit de l'emprunteur.

Le montage ne se justifie que s’il aurait été choisi de toute façon.

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Barème de l’avis du 26 juin 2026, validé par la règle du tiersTAEG recalculé par deux méthodes indépendantesMontants du cas déclarés en hypothèse

Sources et date de contrôle

Quatre sources, relues au 26 août 2026 : la définition légale du prêt usuraire et les emprunteurs qu'elle écarte, le régime propre aux professionnels et aux sociétés avec sa sanction, et le barème publié au Journal officiel applicable depuis le 1er juillet 2026.

  • Source 01

    Article L. 314-6 du code de la consommation — définition du prêt usuraire — Légifrance. « Constitue un prêt usuraire tout prêt conventionnel consenti à un taux effectif global qui excède, au moment où il est consenti, de plus du tiers, le taux effectif moyen pratiqué au cours du trimestre précédent. » Le plafond vaut donc quatre tiers du taux effectif moyen constaté, et il porte sur le taux effectif global — assurance et frais compris — et non sur le taux débiteur. L'article L. 314-7 renvoie à un décret pour les conditions de calcul et de publicité de ces taux moyens. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 02

    Avis du 26 juin 2026 relatif à l'application des articles L. 314-6 du code de la consommation et L. 313-5-1 du code monétaire et financier concernant l'usure — Journal officiel — Légifrance. Fixe les taux effectifs moyens du deuxième trimestre 2026 et les seuils de l'usure applicables à compter du 1er juillet 2026. Prêts immobiliers aux particuliers : taux fixe de moins de 10 ans, 3,05 % de taux moyen et 4,07 % de seuil ; de 10 ans à moins de 20 ans, 3,43 % et 4,57 % ; de 20 ans et plus, 3,97 % et 5,29 % ; taux variable, 3,96 % et 5,28 % ; prêts relais, 4,79 % et 6,39 %. Chaque seuil se vérifie arithmétiquement — il vaut le taux moyen majoré d'un tiers, sur les cinq catégories. Le barème est trimestriel et change à chaque publication. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 03

    Article L. 314-9 du code de la consommation — emprunteurs exclus du plafond — Légifrance. « Les dispositions des articles L. 314-6 à L. 314-8 ne sont pas applicables aux prêts accordés à une personne physique agissant pour ses besoins professionnels ou à une personne morale. » Le plafond de l'usure est donc une protection du consommateur : un prêt amortissable consenti à une société y échappe. Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

  • Source 04

    Articles L. 313-5-1 et L. 313-5-2 du code monétaire et financier — usure des emprunteurs professionnels et sanction — Légifrance. L. 313-5-1 : « Pour les découverts en compte, constitue un prêt usuraire à une personne physique agissant pour ses besoins professionnels ou à une personne morale se livrant à une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou professionnelle non commerciale tout prêt conventionnel consenti à un taux effectif global qui excède, au moment où il est accordé, de plus du tiers, le taux effectif moyen pratiqué au cours du trimestre précédent. » Le plafond ne subsiste donc, pour ces emprunteurs, que sur les découverts en compte. L. 313-5-2 : « Lorsqu'un prêt conventionnel est usuraire, les perceptions excessives au regard des articles L. 313-4 et L. 313-5-1 sont imputées de plein droit sur les intérêts normaux et subsidiairement sur le capital de la créance. » Consulté le 2026-08-26. Consulté le 2026-08-26.

Avertissement

Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.

Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement à l’investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide s’utilise entièrement sans nous : les textes cités sont publics et le barème est publié chaque trimestre au Journal officiel. Ils sont reproduits dans leur rédaction en vigueur au 26 août 2026, et le barème est celui applicable depuis le 1er juillet 2026 — il changera au trimestre suivant. Les montants du cas sont déclarés en hypothèse. Ce guide ne constitue ni un conseil en financement, ni une consultation juridique.