Assurance du locataire : l’attestation qu’il faut redemander chaque année, et les deux voies qui s’excluent quand elle ne vient pas
« A défaut de la remise de l’attestation d’assurance et après un délai d’un mois à compter d’une mise en demeure non suivie d’effet, le bailleur peut souscrire une assurance pour compte du locataire, récupérable auprès de celui-ci. » Cette lettre a un second effet, et il est irréversible.
QUATRE SOURCES, DEUX DÉLAIS QU’ON CONFOND
Il peut résilier, ou assurer à sa place. Il ne peut pas faire les deux.
Quand l’attestation d’assurance ne vient pas, la loi ouvre deux voies au bailleur : le commandement qui prépare la résiliation, ou la mise en demeure qui permet d’assurer pour le compte du locataire et de refacturer la prime. Mais la seconde lettre vaut renoncement à la première.
- La justification annuelle n’est due qu’à la demande du bailleur
- Seule une attestation de l’assureur vaut preuve, pas un avis d’échéance
- La prime se refacture majorée d’au plus 10 %, par douzièmes
- Et le délai du défaut d’assurance est plus court que celui du loyer impayé
PRIME ANNUELLE
168 €
MAJORATION MAXIMALE
10 %
TOTAL RÉCUPÉRABLE
184,80 €
PAR DOUZIÈME
15,40 €
DÉLAI ASSURANCE
1 mois
DÉLAI LOYER IMPAYÉ
6 semaines
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le locataire doit s’assurer et le prouver chaque année. Il est tenu de s’assurer « contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire et d’en justifier lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur »1.
Le bailleur peut l’assurer à sa place, et se faire rembourser. Après une mise en demeure restée sans effet pendant un mois, il « peut souscrire une assurance pour compte du locataire, récupérable auprès de celui-ci »1.
Mais cette lettre ferme la porte de la résiliation. La mise en demeure « vaut renoncement à la mise en œuvre de la clause prévoyant, le cas échéant, la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance »1.
Le corpus traite les assurances du bailleur — la propriétaire non occupant et la garantie des loyers impayés — et il traite le loyer qui ne rentre pas. Il ne dit nulle part ce qu’un bailleur peut faire quand c’est l’attestation d’assurance qui manque, alors que la réponse tient dans un seul paragraphe de la loi.
Le locataire doit-il vraiment s’assurer ?
Oui, et l’obligation figure dans la liste de ce qu’il doit faire. Le texte l’énonce sans réserve : le locataire est tenu de s’assurer « contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire »1.
Deux précisions valent d’être relevées dans cette formule courte. L’assurance porte sur les risques dont il doit répondre : ce n’est pas une couverture de ses meubles ni de sa personne, c’est la responsabilité qu’il encourt envers le propriétaire. Et elle se rattache à sa qualité de locataire, ce qui la lie au bail et non au logement.
Le bailleur, lui, garde ses propres couvertures, qui répondent à d’autres besoins. Les deux ne se remplacent pas : un dégât des eaux met en jeu la responsabilité du locataire, et c’est son assureur qui la porte.
Quand le bailleur peut-il réclamer la preuve ?
À deux moments, et le second est annuel. Le locataire doit justifier de son assurance « lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur »1.
Notez les trois mots de la fin. La justification annuelle n’est pas spontanée : elle est due à la demande du bailleur. Un propriétaire qui ne demande rien pendant six ans ne peut pas reprocher au locataire de n’avoir rien envoyé, et il découvre l’absence d’assurance le jour du sinistre.
La forme de la preuve est fixée, et elle est unique : « La justification de cette assurance résulte de la remise au bailleur d’une attestation de l’assureur ou de son représentant »1.
Ce n’est donc ni un avis d’échéance, ni un relevé bancaire montrant le prélèvement, ni une copie du contrat. C’est une attestation, émanant de l’assureur ou de son représentant, et la demander par écrit chaque année au même mois est le geste le plus rentable de ce guide.
Que peut faire un bailleur sans attestation ?
Deux choses, et le texte l’oblige à choisir l’une ou l’autre. La première voie est la résiliation, la seconde est l’assurance pour compte.
La résiliation suppose une clause dans le bail et un acte d’huissier : « Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance du locataire ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux »1.
La seconde voie passe par une simple lettre : « A défaut de la remise de l’attestation d’assurance et après un délai d’un mois à compter d’une mise en demeure non suivie d’effet, le bailleur peut souscrire une assurance pour compte du locataire, récupérable auprès de celui-ci »1.
Les deux partent du même constat et courent pendant le même mois. Elles ne mènent pas au même endroit, et c’est le paragraphe suivant qui interdit de les mener de front.
Ce que la mise en demeure abandonne
La clause résolutoire, définitivement pour ce manquement. Le texte attache à la mise en demeure un double effet, et le second est le plus lourd.
D’abord un contenu obligatoire : « Cette mise en demeure doit informer le locataire de la volonté du bailleur de souscrire une assurance pour compte du locataire »1. Une lettre qui se contenterait de réclamer l’attestation ne remplit pas cette condition.
Ensuite une renonciation : la même mise en demeure « vaut renoncement à la mise en œuvre de la clause prévoyant, le cas échéant, la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance »1.
Le mécanisme est donc à sens unique. Un bailleur qui envoie la mise en demeure ne peut plus se retourner vers la résiliation sur ce fondement, et il doit avoir arbitré avant d’écrire. Ce guide ne dit pas si la renonciation vaut pour l’avenir au-delà du manquement en cours : le texte ne le précise pas, et aucune des sources lues ne le règle.
Qu’est-ce qu’assurer pour le compte d’un autre ?
Un contrat que l’on signe soi-même au profit de quelqu’un d’autre, et le code des assurances le connaît depuis longtemps. La loi le dit d’ailleurs par renvoi : « Cette assurance constitue une assurance pour compte au sens de l’article L. 112-1 du code des assurances »1.
L’article visé pose le principe en une phrase : « L’assurance peut être contractée en vertu d’un mandat général ou spécial ou même sans mandat, pour le compte d’une personne déterminée »4. Le bailleur agit donc sans mandat, et c’est précisément ce que le texte autorise.
Il ajoute une conséquence qui rassure : « Dans ce dernier cas, l’assurance profite à la personne pour le compte de laquelle elle a été conclue, alors même que la ratification n’aurait lieu qu’après le sinistre »4. Un locataire qui n’a rien demandé est donc couvert.
La couverture est bornée, et étroitement : « Elle est limitée à la couverture de la responsabilité locative mentionnée au premier alinéa du présent g »1. Ni les meubles du locataire, ni sa responsabilité envers les voisins ne sont dans le contrat que le bailleur souscrit.
Combien le bailleur peut-il refacturer ?
La prime, plus une majoration plafonnée, et le tout par douzièmes. Le texte pose les trois éléments dans la même phrase : « Le montant total de la prime d’assurance annuelle, éventuellement majoré dans la limite d’un montant fixé par décret en Conseil d’Etat, est récupérable par le bailleur par douzième à chaque paiement du loyer »1.
Le décret annoncé existe et il tient en une ligne : « La prime d’assurance annuelle mentionnée au g de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 susvisée peut être majorée dans la limite de 10 % de son montant »3.
Une prime de 168 €, et ce qui se refacture
| Poste | Montant |
|---|---|
| Prime d’assurance annuelle | 168,00 € |
| Majoration, au plafond de 10 % | 16,80 € |
| Total récupérable sur l’année | 184,80 € |
| Douzième porté sur la quittance | 15,40 € |
Deux obligations de forme accompagnent la refacturation, et elles se voient sur les documents remis au locataire. Le montant « est inscrit sur l’avis d’échéance et porté sur la quittance remise au locataire »1, et le texte ajoute : « Une copie du contrat d’assurance est transmise au locataire lors de la souscription et à chaque renouvellement du contrat »1.
Un bailleur qui prélèverait la somme en une fois, ou qui ne la ferait pas apparaître sur la quittance, s’écarterait donc du texte sur un point que le locataire peut vérifier chaque mois.
Quand le contrat pour compte s’arrête
Dès que le locataire se remet en règle, ou dès qu’il part. Le texte vise les deux cas ensemble : « Lorsque le locataire remet au bailleur une attestation d’assurance ou en cas de départ du locataire avant le terme du contrat d’assurance, le bailleur résilie le contrat souscrit pour le compte du locataire dans le délai le plus bref permis par la législation en vigueur »1.
L’obligation pèse sur le bailleur et elle est immédiate. Il ne choisit pas le moment : il résilie dans le délai le plus bref que la loi lui permet.
Une dernière phrase règle le sort de la période intermédiaire, et elle joue en faveur du bailleur : « La prime ou la fraction de prime exigible dans ce délai au titre de la garantie souscrite par le bailleur demeure récupérable auprès du locataire »1.
Un mois ou six semaines ?
Cela dépend de ce qui manque, et les deux délais ne sont pas les mêmes. Le défaut d’assurance donne un mois ; le défaut de paiement en donne davantage.
Pour le loyer, le texte est distinct : la clause de résiliation de plein droit « ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux »2.
Deux manquements, deux délais
| Manquement | Délai | Effet, sur un acte du 12 mars 2026 |
|---|---|---|
| Défaut d’assurance | 1 mois | 12 avril 2026, soit 31 jours |
| Défaut de paiement du loyer | 6 semaines | 23 avril 2026, soit 42 jours |
Onze jours séparent les deux échéances sur un même acte, et le délai le plus court est celui de l’assurance. Un bailleur qui applique au défaut d’assurance le délai qu’il connaît pour les loyers attend onze jours de trop ; celui qui fait l’inverse agit trop tôt et son commandement ne produit pas l’effet attendu.
Le texte ajoute pour l’assurance une exigence de forme dont l’absence est sanctionnée par la nullité : le commandement « reproduit, à peine de nullité, les dispositions du présent alinéa »1. C’est le commissaire de justice qui en répond, et c’est la première chose à vérifier sur l’acte.
Le dossier de Clarisse, poste par poste
Exemple construit, chiffres cohérents entre eux, aucun dossier réel derrière. Clarisse loue un appartement de son immeuble de rapport 780 € par mois. Au renouvellement du bail, elle demande l’attestation d’assurance et ne reçoit rien.
Elle envoie une mise en demeure le 12 mars 2026, en y indiquant sa volonté de souscrire une assurance pour le compte du locataire. Le délai d’un mois expire le 12 avril 2026, sans réponse. Elle souscrit le 15 avril 2026, soit 3 jours plus tard, une garantie de responsabilité locative dont la prime annuelle est de 168 €.
La refacturation suit le texte. La majoration au plafond de 10 % ajoute 16,80 €, ce qui porte le total récupérable à 184,80 € sur l’année. Le douzième inscrit sur chaque quittance est de 15,40 €, et le locataire paie donc 795,40 € par mois au lieu de 780 €.
Rapporté au loyer annuel de 9 360 €, ce total représente 2 %. La majoration seule, 16,80 €, en représente 0,18 % : elle couvre la démarche, elle ne rémunère pas le bailleur.
Reste l’arbitrage, et c’est là que le dossier se joue. En envoyant sa mise en demeure, Clarisse a renoncé à la résiliation pour ce manquement. Si elle avait choisi le commandement et obtenu le départ du locataire, deux mois de vacance auraient représenté 1 560 € de loyer perdu, soit 8,4 fois le coût de la voie qu’elle a retenue.
Ce que ce dossier ne dit pas mérite d’être posé aussi nettement. Il ne dit pas ce que coûte réellement une relocation, ni combien de temps elle prend : les deux mois de vacance sont une hypothèse de l’exemple. Et il ne dit pas si le locataire peut contester la majoration ou le choix de l’assureur, faute d’avoir lu les textes qui l’organiseraient.
Quatre dossiers qui dérapent, et ce que chacun coûte
Quatre dossiers distincts, dans lesquels le bail était en cours et le loyer payé.
L’attestation jamais demandée. Le bailleur n’a rien réclamé depuis l’entrée dans les lieux, et il découvre au sinistre que le locataire n’était pas assuré. La justification annuelle n’est due qu’à la demande : personne n’a manqué à rien, et la responsabilité locative n’est couverte par personne sur un logement loué 780 € par mois.
La mise en demeure envoyée par réflexe. Le bailleur écrit pour réclamer l’attestation en mentionnant son intention d’assurer à la place du locataire, puis change d’avis et veut résilier. La lettre valait renoncement : la clause résolutoire est fermée pour ce manquement, et il ne reste que la voie à 184,80 € par an.
Le délai de six semaines appliqué à l’assurance. Le bailleur transpose le délai qu’il connaît pour les loyers impayés. Le commandement pour défaut d’assurance produit effet au bout d’un mois : 11 jours ont été perdus, et pendant ce temps un logement loué 780 € par mois reste sans couverture de la responsabilité locative.
La prime prélevée en une fois. Le bailleur ajoute 184,80 € sur la quittance du mois suivant la souscription. Le texte impose un paiement par douzième à chaque loyer : 15,40 € par mois, inscrits sur l’avis d’échéance, et le prélèvement unique s’écarte du texte sur un point que le locataire lit tous les mois.
Le point commun des quatre tient en une ligne. Chacun a traité l’assurance du locataire comme une formalité de dossier, alors que le texte en fait une obligation à vérifier tous les ans et une procédure à choisir une seule fois.
Six gestes autour de l’attestation
Trois chaque année. Trois le jour où elle manque.
- Demandez l’attestation par écrit, au même mois chaque année. La justification annuelle n’est due qu’à la demande : sans demande, le silence du locataire ne lui est pas reprochable.
- Exigez une attestation, pas un justificatif de paiement. Le texte vise la remise d’une attestation de l’assureur ou de son représentant, et rien d’autre.
- Classez-la avec le bail, pas avec les quittances. C’est la pièce qu’on cherche le jour du sinistre, et elle doit se retrouver en une minute.
- Choisissez la voie avant d’écrire la lettre. La mise en demeure qui ouvre l’assurance pour compte vaut renoncement à la résiliation pour ce manquement.
- Comptez un mois, pas six semaines. Le délai du défaut d’assurance est plus court que celui du défaut de paiement, et l’écart est de 11 jours.
- Refacturez par douzièmes, sur la quittance. La prime majorée au plus de 10 % se récupère à chaque paiement de loyer, et la copie du contrat se transmet au locataire.
Un mot sur les professionnels que ce dossier mobilise, et sur leur ordre. Le commissaire de justice délivre le commandement et répond de sa forme, puisque l’acte doit reproduire à peine de nullité les dispositions du texte. Le gestionnaire, lorsque la gestion est déléguée, est celui qui doit tenir le calendrier des demandes annuelles et qui porte le douzième sur la quittance. Le courtier trouve la garantie de responsabilité locative à souscrire pour compte, dont l’objet est plus étroit qu’un contrat habitation ordinaire. L’agent immobilier réunit l’attestation à l’entrée dans les lieux, et le syndic intervient quand le sinistre touche les parties communes — et la restitution du dépôt de garantie comme la régularisation des charges répondent à d’autres besoins que celui-ci.
Une remarque pour finir sur ce que ce guide ne traite pas. Il ne dit pas si la renonciation attachée à la mise en demeure vaut au-delà du manquement en cours. Il ne dit rien de la contestation que le locataire pourrait élever sur le choix de l’assureur ou sur le montant de la prime. Il ne traite pas les assurances du bailleur, qui répondent à d’autres besoins, ni le sort d’un sinistre survenu pendant la période sans couverture. Il ne dit rien du bail commercial ni du bail professionnel, dont les règles d’assurance sont ailleurs. Et il n’aborde pas le dossier de diagnostic technique, qui relève d’une autre obligation de remise.
Un choix à faire avant d’écrire la lettre.
Assurer pour le compte du locataire coûte 184,80 € par an, refacturés par douzièmes de 15,40 €. Résilier suppose un commandement, un mois de délai, puis une relocation : deux mois de vacance sur un loyer de 780 € représentent 1 560 €, soit 8,4 fois plus.
- Pourquoi la mise en demeure doit annoncer l’intention de souscrire
- Pourquoi la couverture souscrite est plus étroite qu’un contrat habitation
- Pourquoi le commandement d’assurance doit reproduire le texte à peine de nullité
Questions fréquentes
Dix réponses directes sur l’obligation d’assurance du locataire, le moment et la forme de la preuve, les deux voies ouvertes au bailleur, le renoncement attaché à la mise en demeure, l’assurance pour compte, la prime refacturable et les deux délais après commandement.
Un immeuble de rapport avec plusieurs baux ?
Faites de la demande d’attestation une tâche annuelle datée : c’est le geste qui évite d’avoir à choisir.
Faire le point sur un projet01 · L’obligation
01Le locataire est-il obligé de s’assurer ?
Oui. L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 met à sa charge l’obligation de s’assurer « contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire ». L’assurance porte sur la responsabilité qu’il encourt envers le propriétaire, et non sur ses meubles ou sa personne.02À quel moment doit-il en apporter la preuve ?
À l’entrée, puis chaque année si le bailleur la demande. Le texte impose « d’en justifier lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur ». La justification annuelle n’est donc pas spontanée : sans demande écrite du bailleur, le silence du locataire ne lui est pas reprochable.03Quelle forme la preuve doit-elle prendre ?
Une attestation, et rien d’autre. Le texte précise : « La justification de cette assurance résulte de la remise au bailleur d’une attestation de l’assureur ou de son représentant ». Un avis d’échéance, un relevé bancaire ou une copie du contrat ne répondent pas à cette exigence.
02 · Les voies
04Que peut faire le bailleur si l’attestation ne vient pas ?
Choisir entre deux voies. Soit la résiliation, si le bail comporte une clause : elle « ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux ». Soit l’assurance pour compte : « A défaut de la remise de l’attestation d’assurance et après un délai d’un mois à compter d’une mise en demeure non suivie d’effet, le bailleur peut souscrire une assurance pour compte du locataire, récupérable auprès de celui-ci ».05Peut-on mener les deux voies de front ?
Non, et c’est le point décisif. La mise en demeure « doit informer le locataire de la volonté du bailleur de souscrire une assurance pour compte du locataire et vaut renoncement à la mise en œuvre de la clause prévoyant, le cas échéant, la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance ». L’arbitrage se fait donc avant d’écrire la lettre.
03 · Le contrat
06Qu’est-ce qu’une assurance pour compte ?
Un contrat souscrit par une personne au profit d’une autre. Le texte renvoie expressément à l’article L. 112-1 du code des assurances, selon lequel « L’assurance peut être contractée en vertu d’un mandat général ou spécial ou même sans mandat, pour le compte d’une personne déterminée » et « l’assurance profite à la personne pour le compte de laquelle elle a été conclue, alors même que la ratification n’aurait lieu qu’après le sinistre ».07Que couvre le contrat souscrit par le bailleur ?
La seule responsabilité locative. Le texte le borne : l’assurance « est limitée à la couverture de la responsabilité locative mentionnée au premier alinéa du présent g ». Ni les meubles du locataire ni sa responsabilité envers des tiers n’y figurent.
04 · Les montants
08Combien le bailleur peut-il refacturer, et comment ?
La prime, majorée d’au plus 10 %, par douzièmes. Le texte prévoit que « le montant total de la prime d’assurance annuelle, éventuellement majoré dans la limite d’un montant fixé par décret en Conseil d’Etat, est récupérable par le bailleur par douzième à chaque paiement du loyer », et le décret du 30 mars 2016 dispose que la prime « peut être majorée dans la limite de 10 % de son montant ». Sur une prime de 168 €, cela fait 184,80 € par an, soit 15,40 € par mois.09Le montant doit-il apparaître quelque part ?
Oui, sur deux documents. Le texte impose qu’il soit « inscrit sur l’avis d’échéance et porté sur la quittance remise au locataire », et il ajoute : « Une copie du contrat d’assurance est transmise au locataire lors de la souscription et à chaque renouvellement du contrat ».10Le délai est-il le même que pour un loyer impayé ?
Non, il est plus court. Pour le défaut d’assurance, la clause résolutoire « ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux ». Pour le défaut de paiement, l’article 24 prévoit qu’elle « ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux ». Sur un acte du 12 mars 2026, l’écart entre les deux échéances est de 11 jours.
On classe l’attestation à l’entrée. Le texte la fait redemander chaque année.
Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics. Nous exposons les textes ; sur un bail en cours, l’interlocuteur utile est le gestionnaire, et la question utile est celle de la date de la dernière attestation reçue.
Sources et date de contrôle
Quatre sources lues sur Légifrance avant citation : l’article qui met l’assurance à la charge du locataire, celui qui fixe le délai du défaut de paiement, le décret qui plafonne la majoration de la prime, et l’article du code des assurances auquel la loi renvoie.
- Source 01
Article 7, g de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — Légifrance. g) De s’assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire et d’en justifier lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur. La justification de cette assurance résulte de la remise au bailleur d’une attestation de l’assureur ou de son représentant. Toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance du locataire ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux. Ce commandement reproduit, à peine de nullité, les dispositions du présent alinéa. A défaut de la remise de l’attestation d’assurance et après un délai d’un mois à compter d’une mise en demeure non suivie d’effet, le bailleur peut souscrire une assurance pour compte du locataire, récupérable auprès de celui-ci. Cette mise en demeure doit informer le locataire de la volonté du bailleur de souscrire une assurance pour compte du locataire et vaut renoncement à la mise en œuvre de la clause prévoyant, le cas échéant, la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut d’assurance. Cette assurance constitue une assurance pour compte au sens de l’article L. 112-1 du code des assurances. Elle est limitée à la couverture de la responsabilité locative mentionnée au premier alinéa du présent g. Le montant total de la prime d’assurance annuelle, éventuellement majoré dans la limite d’un montant fixé par décret en Conseil d’Etat, est récupérable par le bailleur par douzième à chaque paiement du loyer. Il est inscrit sur l’avis d’échéance et porté sur la quittance remise au locataire. Une copie du contrat d’assurance est transmise au locataire lors de la souscription et à chaque renouvellement du contrat. Lorsque le locataire remet au bailleur une attestation d’assurance ou en cas de départ du locataire avant le terme du contrat d’assurance, le bailleur résilie le contrat souscrit pour le compte du locataire dans le délai le plus bref permis par la législation en vigueur. La prime ou la fraction de prime exigible dans ce délai au titre de la garantie souscrite par le bailleur demeure récupérable auprès du locataire. Version en vigueur depuis le 15 juin 2025, dans la rédaction de l’article 62 de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, dont la modification porte sur le b du même article et non sur le g. Aucune version postérieure annoncée. Page lue sur une adresse sans date le 28 août 2026, et relue pour écarter une erreur de transcription.
- Source 02
Article 24, I de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 — Légifrance. Tout contrat de bail d’habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. Version en vigueur depuis le 29 juillet 2023, dans la rédaction des articles 9 et 10 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023. Aucune version postérieure annoncée. Page lue sur une adresse sans date le 28 août 2026, et relue pour écarter une erreur de transcription.
- Source 03
Décret n° 2016-383 du 30 mars 2016 — Légifrance. Article 1 : La prime d’assurance annuelle mentionnée au g de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 susvisée peut être majorée dans la limite de 10 % de son montant. Article 2 : La ministre du logement et de l’habitat durable est chargée de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française. Décret n° 2016-383 du 30 mars 2016 fixant le montant maximal de la majoration de la prime annuelle d’assurance pour compte du locataire. Le décret comporte deux articles et la page affiche sa version initiale, sans mention de modification ultérieure. Page lue sur une adresse sans date le 28 août 2026, et relue pour écarter une erreur de transcription.
- Source 04
Article L. 112-1 du code des assurances — Légifrance. L’assurance peut être contractée en vertu d’un mandat général ou spécial ou même sans mandat, pour le compte d’une personne déterminée. Dans ce dernier cas, l’assurance profite à la personne pour le compte de laquelle elle a été conclue, alors même que la ratification n’aurait lieu qu’après le sinistre. L’assurance peut aussi être contractée pour le compte de qui il appartiendra. La clause vaut, tant comme assurance au profit du souscripteur du contrat que comme stipulation pour autrui au profit du bénéficiaire connu ou éventuel de ladite clause. Le souscripteur d’une assurance contractée pour le compte de qui il appartiendra est seul tenu au paiement de la prime envers l’assureur ; les exceptions que l’assureur pourrait lui opposer sont également opposables au bénéficiaire du contrat, quel qu’il soit. Version en vigueur depuis le 21 juillet 1976. Aucune version postérieure ni abrogation annoncée. Page lue sur une adresse sans date le 28 août 2026.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
Les quatre sources citées ont été lues sur Légifrance avant citation, sur des adresses sans date, et sont reproduites mot à mot dans leur état au 28 août 2026. Leurs dates de version diffèrent et sont données une à une : l’article qui porte les obligations du locataire depuis le 15 juin 2025, dans la rédaction de l’article 62 de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 ; l’article qui fixe le délai du défaut de paiement depuis le 29 juillet 2023, dans la rédaction des articles 9 et 10 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 ; le décret sur la majoration dans sa version initiale du 30 mars 2016 ; l’article du code des assurances depuis le 21 juillet 1976. Le contrôle de fraîcheur a porté sur la modification la plus récente, et il a rapporté une précision qui compte : la loi de juin 2025 a bien réécrit l’article dont dépend ce guide, mais sa modification porte sur le b de cet article, relatif à la jouissance paisible des lieux, et non sur le g qui traite de l’assurance. Le régime décrit ici est donc inchangé, et nous le disons plutôt que de laisser croire qu’une loi récente l’aurait retouché. Aucune version postérieure n’est annoncée sur les quatre pages consultées ; nous disons ce que nous avons lu, et à quelle date. Les quantités du dossier de Clarisse — un loyer de 780 €, une prime de 168 €, deux mois de vacance — sont des hypothèses posées pour l’exemple, et non des observations ; elles sont choisies pour que 16,80 €, 184,80 € et 15,40 € se recomptent à la main. Nous ne publions ni prime moyenne de responsabilité locative, ni fréquence des défauts d’attestation : rien de tel n’a été mesuré. Hagnéré Investissement accompagne l’achat d’immeubles de rapport à rénover et perçoit des honoraires publics ; sur un bail en cours, l’interlocuteur utile est le gestionnaire, et la question utile est celle de la date de la dernière attestation reçue.