Investir sans apport : le seuil est 10,9 % de rendement brut
Investir sans apport n’est pas interdit. C’est courant. Mais le montage ne tient que si l’opération dégage 10,9 % de rendement brut, et ce chiffre ne dépend ni du prix ni de votre banquier : il sort du taux d’effort plafonné à 35 % et de rien d’autre.
AVANT DE DÉMARCHER LES BANQUES
Le loyer futur ne paie pas le crédit aux yeux de la banque
Les établissements ne retiennent couramment que 70 % du loyer attendu. Sur 720 €, cela n’augmente la mensualité admissible que de 176 € : la capacité reste adossée au salaire.
- Le plafond réglementaire, et pourquoi il ne se négocie pas
- Les 6,0 % de production ouverts aux dossiers atypiques
- Les deux sens de « sans apport », et leur écart de trésorerie
- Le seuil de rendement, indépendant du prix
TAUX D’EFFORT MAXIMAL
35 %
DURÉE MAXIMALE
25 ans
MARGE EN USAGE LIBRE
6,0 %
SEUIL DE RENDEMENT
10,9 %
CAPITAL EMPRUNTABLE
221 565 €
FRAIS À SORTIR
18 022 €
Écrit par
Fondateur de Hagnéré Investissement
Guide général et national — aucune recommandation personnalisée
La réponse en trente secondes. Le plafond est réglementaire, pas commercial. Le taux d’effort ne peut excéder 35 % et la durée 25 ans, en application de la décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 20211. Aucune négociation ne déplace ce plafond, ni l’ancienneté de votre relation bancaire, ni la qualité de votre épargne, ni la promesse d’y domicilier vos revenus.
La dérogation existe, mais elle ne vous est pas destinée. Les banques disposent d’une marge de flexibilité de 20 % de leur production trimestrielle. Depuis juillet 2023, 70 % de cette marge sont réservés à la résidence principale2. Un investisseur locatif se dispute donc les 6,0 % restants de la production totale.
« Sans apport » ne veut pas dire « sans trésorerie ». Si la banque ne finance que le prix, il reste 18 022 € de frais d’acquisition à sortir de votre poche le jour de la signature, sur un emprunt de 221 565 €.
Ce guide fait trois choses que les pages sur ce sujet ne font pas. Il part du plafond réglementaire au lieu de partir des arguments commerciaux. Il chiffre le rendement minimal qu’un montage sans apport exige, et montre pourquoi ce seuil est indépendant du prix du bien. Et il distingue les deux sens du mot « sans apport », qui ne recouvrent pas du tout le même besoin de trésorerie.
Le fil rouge de ce guide. Nous suivrons Karim, cas construit à partir des plafonds publics et non d’un dossier réel. Il gagne 3 200 € nets par mois, n’a aucun crédit en cours, et vise un bien qu’il louera 720 €. Tous les montants se recalculent sur votre situation.
Qu’est-ce qui limite vraiment votre emprunt ?
Pas votre apport. Le taux d’effort, c’est-à-dire le rapport entre vos charges de crédit et vos revenus, plafonné par une décision qui s’impose à tous les établissements et qu’aucun argument commercial ne contourne.
La règle tient en une phrase : les charges d’emprunt ne doivent pas dépasser 35 % des revenus, et le crédit ne doit pas courir au-delà de 25 ans, deux années de différé d’amortissement pouvant s’y ajouter dans certains cas14. Ce n’est pas une politique interne d'établissement mais une décision opposable, entrée en vigueur le 1er janvier 2022 et toujours applicable.
Sur les 3 200 € de Karim, cela donne une mensualité maximale de 1 120 €. Le loyer attendu ne s’ajoute pas intégralement : les banques n’en retiennent couramment que 70 %, pour couvrir la vacance et les impayés. Cette pondération relève de l’usage bancaire, non d’un texte, et elle varie d’un établissement à l’autre.
Avec 720 € de loyer, la part retenue s'élève donc à 504 €, ce qui porte la mensualité maximale à 1 296 €. Le gain réel n’est que de 176 €. C’est peu. Très peu. Beaucoup d’investisseurs découvrent à ce moment-là que le loyer futur ne « paie » pas le crédit aux yeux de la banque, contrairement à ce que laissent croire les argumentaires, et que leur capacité reste très majoritairement adossée à leur salaire, ce qui explique pourquoi deux investisseurs présentant le même bien, le même prix et le même loyer obtiennent des réponses opposées selon qu’ils gagnent trois mille deux cents ou quatre mille euros par mois, sans que la qualité de l’opération elle-même n’entre pour grand-chose dans la décision de l'établissement.
La marge de flexibilité vous est-elle accessible ?
Marginalement. Les établissements peuvent déroger aux deux critères pour une part de leur production, mais cette part est petite et déjà largement réservée à d’autres profils que le vôtre, ce qui transforme une souplesse théorique en file d’attente très concrète. Une file d’attente courte.
Ce que la marge autorise, et pour qui
| Part | Affectation | Rapporté à la production |
|---|---|---|
| 20 % | marge de flexibilité totale | 20 % |
| 70 % de la marge | acquisition d’une résidence principale | 14 % |
| 30 % de la marge | usage libre | 6,0 % |
La décision du 29 juin 2023 a porté la part libre de 20 à 30 % de la marge2. C’est un assouplissement réel. Il reste que six pour cent de la production trimestrielle doivent couvrir tous les dossiers dérogatoires qui ne concernent pas une résidence principale : investisseurs locatifs, résidences secondaires, situations atypiques. La concurrence y est rude, et un courtier vous dira que ces dossiers se placent en début de trimestre, quand l’enveloppe est encore ouverte, parce qu’un établissement qui a déjà consommé sa flexibilité sur les trois premiers mois de l’année n’a plus aucune marge de manœuvre avant le trimestre suivant, quels que soient les mérites du dossier que vous lui présentez à ce moment-là.
« Sans apport » ne veut pas dire « sans trésorerie »
L’expression recouvre deux montages très différents. La confusion coûte cher.
Dans le premier, la banque finance le prix seul. Karim emprunte alors 221 565 € et achète à ce prix, mais il doit régler les frais d’acquisition sur ses fonds propres6 : 18 022 € le jour de la signature, soit 8,13 % du prix — le barème du notaire étant dégressif, le taux baisse quand le prix monte. Son « sans apport » exige donc dix-huit mille euros disponibles. Le mot trompe.
Dans le second, la banque finance le prix et les frais — ce qu’on appelle un financement à 110 %. La capacité d’emprunt étant la même, le prix accessible tombe à 204 781 €, les frais d’acquisition de 16 784 € ayant été absorbés par l’enveloppe. Karim ne sort rien. Il achète un bien moins cher de 16 784 €, ce qui revient à payer les frais d’acquisition en renonçant à de la surface ou à de l’emplacement, arbitrage qui se défend mais qu’il vaut mieux faire les yeux ouverts.
Ce qu’il faut vérifier avant le compromis. Demandez à votre banque, par écrit, ce que couvre l’enveloppe : le prix seul, le prix et les frais, les travaux, le mobilier. La réponse change le bien que vous pouvez viser et la trésorerie à réunir. Elle ne se devine pas, et un notaire ne vous la donnera pas : c’est une politique d'établissement, pas une règle de droit.
Ce que le montage ajoute au coût du crédit
Un financement sans apport coûte plus cher qu’un financement avec apport, et pas seulement parce qu’on emprunte davantage.
La garantie du prêt vient en premier. Toujours. Une banque exige un cautionnement mutuel ou une hypothèque légale spéciale, dont le coût s’ajoute au montage5. Aucun barème ne l’encadre. Sur un dossier sans apport, l'établissement retient volontiers l’option la plus protectrice pour lui, et c’est vous qui la payez.
L’assurance emprunteur suit, et son poids est très largement sous-estimé par les emprunteurs qui se concentrent sur le seul taux nominal. Son taux s’applique au capital emprunté : emprunter 221 565 € plutôt que 180 000 € en augmente mécaniquement le montant, mois après mois, sur toute la durée. Un courtier vous dira que c’est la ligne la plus facile à faire baisser, puisqu’elle se délègue à un assureur externe, et il aura raison. Encore faut-il y penser avant la signature, car une délégation d’assurance négociée après coup suppose de résilier le contrat groupe de la banque, démarche possible mais qui demande du temps, de la constance et une couverture au moins équivalente, trois conditions que beaucoup d’emprunteurs découvrent trop tard pour en tirer parti la première année.
Le taux lui-même, enfin. Trois lignes, trois coûts. Un dossier sans apport se négocie moins bien qu’un dossier apporté, parce que l'établissement supporte un risque supérieur et le facture. L'écart constaté se compte en dizaines de points de base, ce qui, sur vingt ans et sur un capital de deux cent mille euros, cesse d'être anecdotique. Demandez systématiquement une simulation avec et sans apport partiel : la comparaison est instructive, et elle se fait en cinq minutes chez n’importe quel courtier.
Quel rendement faut-il atteindre pour tenir ?
Dix virgule neuf pour cent. Brut. C’est-à-dire le loyer annuel rapporté au prix d’achat, avant toute charge, avant tout impôt, avant même les frais d’acquisition que la plupart des annonces omettent d’intégrer au dénominateur.
Le raisonnement est simple. Son résultat surprend. Pour qu’une opération sans apport ne demande aucun complément mensuel, le loyer doit couvrir la mensualité et les charges. En retenant des charges à 30 % du loyer — hypothèse basse, la moyenne constatée se situant plus haut — le loyer nécessaire se déduit de la mensualité, et le rendement brut correspondant s’obtient par division.
Le seuil ne bouge pas avec le prix
| Prix | Mensualité | Loyer nécessaire | Rendement brut |
|---|---|---|---|
| 100 000 € | 634 € | 905 € | 10,9 % |
| 150 000 € | 951 € | 1 358 € | 10,9 % |
| 200 000 € | 1 267 € | 1 811 € | 10,9 % |
Le seuil est constant parce que tout est proportionnel au prix : la mensualité, les frais, le loyer nécessaire. Changer de budget ne change donc rien à l’exigence. Seuls le taux du crédit, la durée et le niveau de charges la déplacent.
Cette constance a une conséquence pratique que beaucoup d’investisseurs découvrent tard. Chercher un bien moins cher pour « rentrer dans son budget » ne rapproche pas de l'équilibre : le seuil suit. Ce qui rapproche de l'équilibre, c’est un rendement supérieur, donc un bien mieux acheté ou mieux loué, et non un bien plus petit. La confusion entre budget et rendement est probablement l’erreur la plus répandue chez les primo-investisseurs, et elle conduit à des recherches interminables sur des annonces qui ne pouvaient pas fonctionner.
Reste que le complément mensuel n’est pas une anomalie. La quasi-totalité des dossiers financés à cent pour cent en demandent un, et l’accepter en connaissance de cause vaut mieux que le découvrir au troisième mois. Ce qu’il faut mesurer, c’est jusqu’où il peut monter : une vacance de deux mois, un ravalement voté par le syndic, un locataire qui part en laissant des travaux qu’un artisan facturera sans attendre, et le complément double. C’est cette amplitude qu’il faut savoir porter, pas la mensualité de croisière.
Dix virgule neuf pour cent brut, c’est très au-dessus de ce que produit un appartement ordinaire dans une ville moyenne, où l’on se situe couramment entre 6 et 8 %. Le constat rejoint celui de notre stress-test locatif, qui situe l'équilibre de trésorerie à 11,43 % sur un dossier voisin. Autrement dit : un montage sans apport et sans effort mensuel est possible, mais il suppose un bien atypique, et non le premier deux-pièces venu.
Faut-il allonger la durée pour emprunter plus ?
Le premier réflexe consiste à étirer le crédit. Il fonctionne. Il se paie, et le prix se chiffre exactement, ce qui permet de décider au lieu d’allonger par habitude jusqu’au plafond réglementaire des vingt-cinq ans.
Le même effort mensuel, sur trois durées
| Durée | Capital empruntable | Intérêts payés |
|---|---|---|
| 15 ans | 180 105 € | 53 247 € |
| 20 ans | 221 565 € | 89 571 € |
| 25 ans | 256 204 € | 132 716 € |
Passer de quinze à vingt-cinq ans fait gagner 76 099 € de capacité. Cela coûte 79 469 € d’intérêts supplémentaires. Le calcul n’est pas absurde pour autant, puisque les intérêts sont déductibles des revenus fonciers et que l’inflation érode la mensualité, mais il faut le poser plutôt que d’allonger par réflexe. Vingt-cinq ans reste le plafond réglementaire.
Ce qui fait refuser un dossier sans apport
Quatre motifs reviennent, et aucun ne se règle au moment du refus. Ensemble, ils expliquent la plupart des dossiers écartés, et chacun se vérifie avant de déposer un dossier plutôt qu’après.
Le taux d’effort déjà consommé, au-delà de 1 120 €. Un crédit à la consommation, une pension versée ou un leasing automobile s’imputent sur la même enveloppe. Seul un prêt relais échappe au calcul, et à condition que son montant n’excède pas 80 % de la valeur du bien mis en vente, diminuée du capital restant dû dessus3. Sur les 1 120 € de Karim, une mensualité de voiture à 300 € ampute d’un quart la capacité restante, et aucune banque ne la neutralisera.
Le reste à vivre insuffisant, sous 800 € par personne. Le taux d’effort n’est pas le seul filtre. Les établissements vérifient ce qui subsiste une fois la mensualité payée, et un ménage sous les 800 € par personne se voit refuser même à 33 % d’effort. Ce critère n’est écrit nulle part : il relève de la politique interne.
L’absence totale d'épargne résiduelle, 18 022 €. Une banque qui finance à 110 % veut malgré tout voir de l'épargne subsister après l’opération, d’autant que la garantie du prêt — cautionnement ou hypothèque — se paie elle aussi5. Un compte vidé par les frais d’acquisition inquiète davantage qu’un apport absent, parce qu’il ne laisse aucune marge en cas de vacance ou de travaux.
Le dossier présenté hors saison, 221 565 € reportés d’un trimestre. La marge dérogatoire se consomme au fil du trimestre, et elle ne représente que 6,0 % de la production. Un dossier atypique déposé en fin de période se heurte à une enveloppe close : les 221 565 € de Karim attendent alors le trimestre suivant, et le refus n’a rien à voir avec la qualité du dossier.
Ce qu’il faut faire, et dans quel ordre
Calculez avant de démarcher. Pas l’inverse. Voici l’ordre, et il compte autant que le contenu, parce qu’un banquier consulté trop tôt vous donnera une réponse fondée sur des éléments que vous n’avez pas encore réunis.
- Posez votre plafond de mensualité : 35 % des revenus, moins les charges de crédit existantes.
- Ajoutez le loyer pondéré à 70 %, en sachant que la pondération varie selon l'établissement.
- Déduisez le capital empruntable sur la durée visée, et comparez les trois durées avant de choisir.
- Demandez par écrit le périmètre financé : prix seul, prix et frais, travaux.
- Vérifiez le rendement du bien visé contre le seuil de 10,9 %, et acceptez sciemment le complément mensuel s’il est en dessous.
- Conservez une épargne résiduelle après l’opération, distincte des frais d’acquisition.
Un dernier point, qui vaut pour toute la démarche. Le montage sans apport n’est ni une astuce ni un privilège : c’est un arbitrage entre une trésorerie préservée aujourd’hui et un coût de crédit plus élevé sur toute la durée, arbitrage qui se défend parfaitement lorsque l'épargne conservée sert à absorber une vacance, financer des travaux ou saisir une seconde opération. Il devient dangereux quand il sert seulement à acheter plus grand que ce que la trésorerie permet.
Le calcul prend un quart d’heure. Un refus bancaire fait perdre trois semaines et parfois un compromis, puisque la condition suspensive de prêt court sur un délai fixé au contrat, généralement quarante-cinq à soixante jours, au terme duquel le vendeur reprend sa liberté sans que vous ayez rien à lui reprocher ni lui à vous.
Une dernière chose, souvent négligée. Un dossier se prépare autant qu’il se calcule : trois derniers bulletins de salaire, deux avis d’imposition, les relevés de tous les comptes sur trois mois, le compromis signé. Un banquier qui reçoit un dossier incomplet le traite en dernier, quand l’enveloppe dérogatoire du trimestre est déjà bien entamée. La qualité du dossier ne compense pas un taux d’effort dépassé, mais elle décide de l’ordre dans lequel les dossiers passent, et cet ordre compte plus qu’on ne le croit sur les six pour cent d’usage libre.
Préparez. Calculez. Puis démarchez.
Reste une question que ce guide ne tranche pas, parce qu’elle vous appartient : faut-il investir maintenant à ces conditions, ou attendre d’avoir constitué un apport qui abaissera la mensualité et rouvrira la négociation du taux ? Les deux réponses se défendent selon ce que vous ferez de l'épargne conservée, selon votre horizon et selon la tension du marché que vous visez. Ce que ce guide permet, c’est de poser la question avec les bons chiffres au lieu de la trancher sur un argumentaire.
Et ces chiffres, personne ne les calculera à votre place.
Ce plafond de mensualité conditionne ensuite tout le reste. Il détermine votre budget accessible, il pèse sur le cash-flow de la première année, et il se lit à côté des frais de notaire et des postes que les simulateurs oublient. Le poser juste une fois évite de le traîner faux partout ailleurs, y compris dans votre calcul de rendement.
Calculez avant de démarcher, pas l’inverse
Revenus, crédits en cours, loyer attendu et durée visée : quatre éléments suffisent à connaître votre plafond avant qu’une banque ne vous le dise.
- Votre mensualité maximale, calculée
- Le capital accessible sur trois durées
- L’écart entre financement du prix et financement à 110 %
Questions fréquentes
Dix réponses directes sur le taux d’effort, la pondération des loyers, la marge dérogatoire, le financement à 110 % et les motifs de refus.
Catégories
Vous voulez vérifier votre propre capacité ?
Apportez vos revenus, vos crédits en cours et le loyer attendu. L’échange ne garantit ni accord bancaire, ni taux, ni pondération de loyer.
Faire vérifier votre capacité01 · Le plafond réglementaire
01Peut-on investir dans le locatif sans apport en 2026 ?
Oui, rien ne l'interdit. Mais le plafond qui vous limite n'est pas l'apport : c'est le taux d'effort, qui ne peut excéder 35 % des revenus, et la durée, plafonnée à 25 ans. Sur 3 200 € de revenus nets sans autre crédit, cela donne une mensualité maximale de 1 120 €, portée à 1 296 € une fois le loyer partiellement retenu.02Qu'est-ce qui limite vraiment ma capacité d'emprunt ?
Le taux d'effort de 35 %, fixé par la décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 2021 et entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Ce n'est pas une politique interne d'établissement mais une décision opposable. Aucune négociation ne la déplace, et un apport ne l'assouplit pas : il réduit le capital emprunté, donc la mensualité, ce qui est un autre mécanisme.03La banque compte-t-elle le loyer futur dans mes revenus ?
Partiellement. Les établissements n'en retiennent couramment que 70 %, pour couvrir la vacance et les impayés. Cette pondération relève de l'usage bancaire, non d'un texte, et varie d'un établissement à l'autre. Sur un loyer de 720 €, la part retenue s'élève à 504 €, ce qui n'augmente la mensualité admissible que de 176 €.
02 · Dérogation et trésorerie
04Existe-t-il une dérogation au taux d'effort ?
Oui, mais elle vous est peu accessible. Les banques disposent d'une marge de flexibilité de 20 % de leur production trimestrielle. Depuis la décision du 29 juin 2023, 70 % de cette marge sont réservés à l'acquisition d'une résidence principale, dont 30 % aux primo-accédants. Les 30 % restants sont d'usage libre, soit 6,0 % de la production totale, à partager entre tous les dossiers atypiques.05« Sans apport » signifie-t-il que je ne sors rien ?
Non, et la confusion coûte cher. Si la banque ne finance que le prix, les frais d'acquisition restent à votre charge : 18 022 € le jour de la signature sur un emprunt de 221 565 €. Seul un financement dit à 110 %, couvrant prix et frais, vous dispense de trésorerie — mais il réduit d'autant le prix accessible, qui tombe alors à 204 781 €.
03 · Seuil et durée
06Quel rendement faut-il pour qu'un montage sans apport tienne ?
10,9 % brut, en retenant des charges à 30 % du loyer. Ce seuil est indépendant du prix du bien, parce que la mensualité, les frais et le loyer nécessaire sont tous proportionnels au prix. Seuls le taux du crédit, la durée et le niveau de charges le déplacent. C'est très au-dessus des 6 à 8 % qu'offre un appartement ordinaire dans une ville moyenne.07Faut-il allonger la durée pour emprunter davantage ?
Cela fonctionne, mais se paie. À effort mensuel constant, passer de quinze à vingt-cinq ans fait gagner 76 099 € de capacité et coûte 79 469 € d'intérêts supplémentaires. Le calcul n'est pas absurde, puisque les intérêts sont déductibles des revenus fonciers et que l'inflation érode la mensualité, mais il doit être posé plutôt que subi. Vingt-cinq ans reste le plafond réglementaire.
04 · Dossier et arbitrage
08Un prêt relais compte-t-il dans mon taux d'effort ?
Pas nécessairement. La décision du 18 décembre 2023 l'exclut du calcul dès lors que son montant n'excède pas 80 % de la valeur du bien mis en vente, diminuée du capital qu'il vous reste à rembourser dessus. Ce n'est donc pas un apport qui le neutralise, mais le rapport entre ce que la banque avance et ce que la vente rapportera. C'est le seul cas où un engagement de crédit échappe à l'enveloppe des 35 %. Les crédits à la consommation, pensions versées et leasings automobiles s'y imputent intégralement.09Pourquoi mon dossier a-t-il été refusé malgré un taux d'effort correct ?
Le taux d'effort n'est pas le seul filtre. Les banques vérifient aussi le reste à vivre une fois la mensualité payée, et un ménage sous 800 € par personne se voit refuser même à 33 % d'effort. Elles regardent également l'épargne subsistant après l'opération : un compte vidé par les frais d'acquisition inquiète davantage qu'un apport absent. Ces critères relèvent de la politique interne et ne sont écrits nulle part.10Vaut-il mieux mettre un apport ou le garder ?
C'est un arbitrage, pas une règle. Conserver la trésorerie se défend lorsqu'elle sert à absorber une vacance, financer des travaux ou saisir une seconde opération. Le montage sans apport devient dangereux quand il sert seulement à acheter plus grand que ce que la trésorerie permet. Dans tous les cas, gardez une épargne résiduelle distincte des frais d'acquisition.
Un montage sans apport suppose un bien atypique.
Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut qu’un montage sans apport exige un rendement rarement atteint par un bien ordinaire, ce qui exclut une part des projets que nous recevons.
Sources et date de contrôle
Investir sans apport n’est pas interdit. C’est courant. Mais le montage ne tient que si l’opération dégage 10,9 % de rendement brut, et ce chiffre ne dépend ni du prix ni de votre banquier : il sort du taux d’effort plafonné à 35 % et de rien d’autre.
- Source 01
Décision du 29 septembre 2021 relative aux conditions d'octroi de crédits immobiliers — Légifrance — Haut Conseil de stabilité financière. Article 1er : le taux d'effort des emprunteurs n'excède pas 35 % et la maturité du crédit n'excède pas 25 ans, deux années de différé d'amortissement pouvant s'y ajouter dans certains cas. Entrée en vigueur le 1er janvier 2022, toujours applicable. Consulté le 2026-08-21.
- Source 02
Décision du 29 juin 2023 relative aux conditions d'octroi de crédits immobiliers — Légifrance — Haut Conseil de stabilité financière. Au moins 70 % de la flexibilité maximale sont réservés aux acquéreurs de leur résidence principale, dont au moins 30 % aux primo-accédants ; les 30 % restants demeurent d'usage libre. La marge totale reste de 20 % de la production trimestrielle. Entrée en vigueur le 1er juillet 2023. Consulté le 2026-08-21.
- Source 03
Décision du 18 décembre 2023 relative aux conditions d'octroi de crédits immobiliers — Légifrance — Haut Conseil de stabilité financière. Article 4 bis : les crédits relais dont la quotité de financement est inférieure ou égale à 80 % sont exclus du calcul du taux d'effort, la quotité étant le rapport entre le montant du crédit relais et la valeur du bien mis en vente, nette du capital restant dû. Article 1er, distinct : la part de travaux ouvrant la maturité de 27 ans passe de 25 % à 10 % du coût total de l'opération. Ne modifie ni le taux d'effort, ni la durée, ni la répartition de la marge. Consulté le 2026-08-21.
- Source 04
Crédit immobilier : des prêts sur 27 ans sous certaines conditions — service-public.gouv.fr. Synthèse officielle des critères d'octroi : plafond de taux d'effort, durée maximale et cas où le différé d'amortissement porte la maturité à 27 ans. Consulté le 2026-08-21.
- Source 05
Garanties d'un crédit immobilier — cautionnement et hypothèque légale spéciale — service-public.gouv.fr. Fiche officielle sur le cautionnement exigé par le prêteur, dont le coût s'ajoute au montage sans apport. Aucun barème n'encadre le coût d'une caution mutuelle. Consulté le 2026-08-21.
- Source 06
Frais de notaire — fiche officielle — service-public.gouv.fr. Composition des frais d'acquisition : émoluments réglementés, droits et taxes, débours. Le barème des émoluments étant dégressif par tranches, le taux dépend du prix : 8,13 % à 221 565 €, contre 8,31 % à 180 000 €. Le détail figure dans notre guide dédié, à partir des barèmes publics. Consulté le 2026-08-21.
Avertissement
Information éditoriale — pas un conseil personnalisé.
<pTransparence. Hagnéré Investissement commercialise un accompagnement en investissement locatif et perçoit des honoraires si vous faites appel à nous. Ce guide conclut qu’un montage sans apport suppose un rendement rarement atteint par un bien ordinaire, ce qui exclut une part des projets que nous recevons. Les montants cités valent pour le cas construit décrit et se recalculent sur le vôtre. Aucun accord bancaire, aucun taux et aucune pondération de loyer ne sont garantis.</p